Le Forum Catholique

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images/icones/barbu2.gif  ( 854215 )Eglise : le droit des accusés par Paterculus (2018-09-27 23:04:56) 

Je vais sembler à certains être une sorte d'avocat du diable.
Je voudrais dire que les prêtres ayant commis des fautes du type de celles qui sont discutées en ce moment ont droit à un procès équitable.
J'ai connu le cas d'un prêtre qui a été accusé par deux jeunes paroissiennes. Il a toujours nié. Les policiers qui avaient accès au dossier lui disaient que celui-ci était inconsistant. Cela n'a pas empêché son évêque de lui retirer sa charge, de lui interdire tout ministère, au point que celui-ci a dû aller travailler de ses mains à l'autre bout de la France.
J'ai connu un autre cas, où le prêtre avait reconnu certaines fautes vis à vis d'adolescents. Mais il a nié les accusations les plus graves, et de fait il en a été relaxé lors de son procès civil. Seulement on avait bouclé son dossier canonique avant le jugement civil, et on l'avait envoyé à Rome sans même lui donner la possibilité de donner son point de vue et de se défendre. Résultat : il a été interdit de tout ministère, alors que d'autres prêtres dans le même cas que lui ont été autorisés à reprendre certains ministères après leur sortie de prison.
Il est à craindre qu'on ne passe d'un excès à l'autre. Les victimes ont droit à la justice, mais les accusés doivent pouvoir se défendre des accusations fausses.
Votre dévoué Paterculus
images/icones/bravo.gif  ( 854219 )c'est évident M. l'abbé par Luc Perrin (2018-09-27 23:23:03) 
[en réponse à 854215]

La recherche de la vérité ne se borne pas à des accusations du type de celle qui vise le juge Kavanaugh, sortie de nulle part, sans recoupement ni éléments de preuve.

En France, tout le monde doit avoir entendu l'horreur judiciaire que recouvre le mot "Outreau".
Les accusations sans fondement et malveillantes doivent être poursuivies par la justice tout autant.

On parle d'accusations "crédibles" donc avec des éléments objectifs. Concernant McCarrick, les preuves abondent en ce qui concerne ses abus sur majeurs. Pour le cardinal Wuerl, s'il est cité 169 fois pour des faits de dissimulation par le Grand jury de Pennsylvanie, on attend encore qu'il les réfute point par point.

Le Padre Grassi en Argentine a été condamné à de la prison, peine confirmée en appel. L'accusé a été entendu deux fois par un tribunal et le cardinal Bergoglio a même fait engager un cabinet d'avocats et d'enquêteurs pour rédiger une "contre-enquête" en sa faveur pour le disculper. On ne peut dire que l'accusé n'a pas pu faire valoir ses droits.
images/icones/abbe1.gif  ( 854224 )Je ne pensais pas aux cas connus par Paterculus (2018-09-28 00:06:26) 
[en réponse à 854219]

Je pensais aux simples prêtres démunis qui ont des ennemis prêts à tout...
Je ne pensais évidemment pas aux prédateurs en série, surtout quand ils ont été pris en photo, comme le cardinal McCarrick !
VdP
images/icones/bravo.gif  ( 854227 )Absolument par Aigle (2018-09-28 02:14:32) 
[en réponse à 854224]

Tout à fait d'accord M l'abbé.

Sont en cause : les principes fondamentaux de la Justice ( en gros le droit de se défendre) et le fait que bien des accusations manquent de crédibilité ou au minimum se réfèrent à des actes qui supposent un certain "accord" des "victimes". Sans exclure de pures et simples calomnies !
images/icones/fleche2.gif  ( 854231 )partir du principe par jejomau (2018-09-28 07:11:16) 
[en réponse à 854215]

que les prêtres ne peuvent pas être jetés en patûre : c'est faire le jeu des ennemis de l'Eglise qui s'acharnent sur Elle via les péchés des hommes à son service en vue de la PMA, GPA, etc...

que l'on ne peut parler que de ce qui est avéré, public et … DEJA JUGE !

qu'il faut laisser la police agir et ne pas substituer à eux dans une "chasse à l'homme" sur les réseaux..

Une histoire vraie:

c'est l'histoire d'un père de famille marié avec plusieurs enfants. Il s'aguiche d'une jeune fille (peut-être 17 ans) et la liaison dure 3 ans environ. Son mariage manque rompre. Ses enfants lui en veulent. Son épouse est meurtrie. Finalement tout s'arrangera mais là où c'est interessant, c'est de savoir que la jeune fille s'amusait en réalité de lui. Elle lui envoyait des SMS coquins auxquels il répondait benoîtement, croyant mener une idylle… alors qu'elle faisait partager ses SMS avec ses amies et en riait tant qu'elle pouvait, le menant ainsi en bateau pendant des mois…

Une histoire arrivée à un père de famille mais qui pourrait arriver à un prêtre.

Une histoire qui montre que lorsqu'on a 40 ans (le pere de famille) il est évident qu'on est responsable. Surtout devant la loi mais qui montre quand même que la jeunette en l'occurrence était déjà bien dégourdie et qu'en réalité, c'était elle qui le manipulait… Mineure ou pas !

A faire réfléchir, non ?
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 854243 )Bien d'accord par Eti Lène (2018-09-28 10:37:31) 
[en réponse à 854215]

Il n'y a rien à faire les prêtres transmettent ce qu'il y a de plus précieux dans nos vies: Jésus-Christ fils de Dieu. A y bien regarder il est assez légitime de ne pas tout rendre public, car les ennemis de l'Eglise s'auto justifient de leur refus de croire par là, et la crédibilité des bons prêtres (qui pour certains sont sans doute des saints avec un dévouement exceptionnel) en pâtie.

C'est assez étrange comme la corruption des meilleurs donne le pire. Mais ça ne rend pas ce qu'il y a de meilleur détestable pour autant. Bien au contraire.
images/icones/1w.gif  ( 854334 )Protection du prêtre et défense des intérêts de l'Eglise par PEB (2018-09-30 00:15:37) 
[en réponse à 854215]

Voici mon point de vue de publicain syndiqué:

Le droit canon pénal est, fondamentalement, un droit administratif disciplinaire. Il faut donc regarder aussi les pratiques préconisées dans la fonction publique pour savoir raison garder.

Quelle que soit la faute, tout accusé a droit à un avocat.
Afin de construire une défense sérieuse, il appartient au diocèse de financer la défense de ces clercs mis en cause.

Cette obligation de protection juridictionnelle, contrepartie du devoir d'obéissance, n'exclut pas, cependant, de prendre des mesures de suspension provisoire à titre conservatoire. Les censures définitives attendront utilement l'épuisement du bras séculier. Il faut donc que l'évêque se porte partie civile pour avoir un accès complet au dossier.

Quant au signalement, la hiérarchie peut s'inspirer de l'article 40 du code de procédure pénal obligeant les agents publics à signaler au procureur de la République tout délit ou crime dont ils auraient connaissance dans ou à l'occasion de l'exercice de leurs fonctions.
Or, un prêtre pour et dans l'éternité, ne cesse jamais d'exercer son ministère...