''La réforme du bréviaire sous Pie X, en 1911, était malheureusement aussi une réforme révolutionnaire. C'est pour moi une énigme de savoir comment il a pu faire cela, le pape Pie X, car il a complètement changé toute la structure de la distribution du psautier que l'Église romaine avait gardée presque inviolable depuis l'époque - même avant - du Pape Grégoire. À partir du VIe siècle, peut-être même plus tôt, l'Église romaine avait, depuis cette époque, substantiellement, pendant au moins 1300 ans, gardé l'ordre de la distribution des psaumes dans le bréviaire pendant la semaine. L'ordre des psaumes s'appelait le cursus romanus - le cursus, c'est-à-dire le cours ou la séquence: les psaumes parcourant la semaine, du dimanche au samedi. C'était très harmonieux, très logique quand on l'observe. Et Pie X a complètement et radicalement changé la distribution entière des psaumes. Cela ne s'est jamais passé ainsi dans l'Église romaine. C'est pour moi une énigme. Comment a-t-il pu faire une telle révolution?
Bien sûr, il avait des motifs pastoraux pour libérer les prêtres séculiers, alléger leur fardeau. Mais cela aurait pu se faire d'une manière qui ne touche pas, en substance, à l'ordre des psaumes que l'Église romaine a toujours gardé. Le problème était Matines, car il y avait 12 psaumes dans l'office hebdomadaire et, pour certains prêtres diocésains, c'était trop. Le pape aurait pu éviter de toucher le cursus romanus psalmorum et permettre aux prêtres diocésains de ne prier que la moitié d’entre eux, six par exemple. (…)''
''La réforme de l'ancien rite de la Semaine Sainte, celui d'avant 1955, était déjà une révolution, ce qui n'était jamais arrivé dans toute l'histoire de l'Église. (…)
Malheureusement, la réforme de 1955, dans ses éléments et sa structure, montre des changements révolutionnaires, qui ne sont pas comparables aux beaux rites de la Semaine Sainte. Les modifications apportées n'étaient pas nécessaires. Peut-être que quelques petits éléments auraient pu être raccourcis, mais sans changer le rite lui-même. Ce qui a été mis à sa place a été fabriqué. Et c'était déjà un exercice précédant la réforme révolutionnaire post-conciliaire de l'Ordo de la messe et de toutes les liturgies des sacrements - de toute la liturgie, même du bréviaire.''
''J’espère qu’à l’avenir, l’Église reviendra sensiblement à la traditionnelle Semaine Sainte, celle d'avant 1955, peut-être avec quelques légères modifications qui ne toucheront pas au fond. Et de même avec le bréviaire : revenir au bréviaire d'avant Pie X, que j'appelle le «Bréviaire de tous les âges», avec peut-être quelques modifications qui seraient raisonnables. Mais je le répète: ne pas en toucher le fond. Je le répète: l'Église doit faire toutes choses avec beaucoup de soin et elle l'a toujours fait avec sagesse. Les papes doivent être conscients qu'ils ne sont pas les propriétaires de la liturgie et des rites, mais les gardiens.''
Comme Pie IX, lorsque certains évêques lui ont demandé d'introduire le nom de saint Joseph dans le canon de la messe, il a refusé de le faire, même s'il était déjà un grand dévot de saint Joseph. Il a répondu aux évêques: «Je ne suis que le pape, je ne peux pas le faire.» Cela devrait être l'attitude de l'Église envers ce qui est le plus sacré pour nous, la sainte liturgie. Je ne suis pas contre la croissance sage de la liturgie, mais cela doit être fait avec beaucoup de soin et sur le long terme, sans problèmes ni contenus révolutionnaires.''
''Au moment de la consécration se renouvelle en quelque sorte le mystère de l'Incarnation du Fils de Dieu, et cela par l'opération du Saint-Esprit, comme lors de la salutation de l'archange (S. Jean Damascène). Ainsi que Marie, le prêtre par quelques paroles attire le Fils de Dieu du haut du ciel. À la messe, Jésus-Christ semble s'incarner de nouveau, et c'est pourquoi on lit à la fin du sacrifice l'Évangile de S. Jean où il est dit : ''Et le Verbe s'est fait chair, et il a habité parmi nous.'' C'est pour le même motif qu'à la grand'messe, pendant le Credo, on chante sur un ton particulier: ''Et il s'est incarné de la bienheureuse Vierge Marie, par l'opération du Saint-Esprit.'' À la sainte messe se renouvelle d'une certaine manière la naissance de Jésus-Christ, car par la bouche du prêtre, Jésus-Christ apparaît sur l'autel (S. Jérôme); (…) C'est pourquoi l'Église récite à la messe, le cantique des anges, le Gloria in excelsis, qui retentit à Noël dans les campagnes de Bethléem. C'est encore pour cela que Jésus, après la consécration, est souvent apparu sous la forme d'un petit enfant, par ex. à S. Pierre d'Alcantara et à d'autres saints (…).'' (page 434)
Il semble donc bien que, dans les délibérations de Trente, le décret pro Armenis ait pris rang purement et simplement parmi les grands documents dogmatiques de l’Eglise. Et c’est aussi la place qu’il conserve chez les Théologiens qui suivent immédiatement.