Le Forum Catholique
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( 853709 )
Obseques ordinaires par Aigle (2018-09-19 20:55:20)
Il y a peu de semaine, le père d'un de mes voisins diminué par l'âge a mis fin à ses jours. Un suicide proche de l'euthanasie.
Évidemment
- obseques à l'Eglise : pas de messe (il ne pratiquait plus depuis longtemps)
- animés par une mamie bigoudi
- qui nous a assuré sans l'ombre d'un doute que le défunt suicidé était déjà au Ciel auprès du Père.
On en conclut que dans ce diocèse du sud Ouest (Auch), le suicide des octogénaires est normal et donne lieu à la cérémonie habituelle de style Polnareff.

( 853720 )
Obsèques... par Sacerdos simplex (2018-09-19 22:30:05)
[en réponse à 853709]
Certes, il y a des régions où on pourrait faire un peu plus et/ou un peu mieux.
Mais il y a aussi des secteurs avec très peu de prêtres, chacun desservant 10, 20 ou 30 clochers. Avec beaucoup de gens "très-très-croyants-mais-pas-pratiquants", qui ne pratiquent donc plus mais qui veulent être enterrés à l'église.
Et le prêtre ne peut pas assurer tout cela, même avec beaucoup de bonne volonté et d'esprit de sacrifice.
Alors si vous ne supportez pas les mamies qui célèbrent des enterrements (et qui, me semble-t-il, ne portent plus de bigoudis depuis la fin du dernier Concile), proposez vos services, je suis sûr que vous serez accueilli à bras ouvert. Et qui sait, vous pourriez peut-être devenir diacre un jour ?...
De mon côté, j'en célèbre un certain nombre.
A chaque fois, je parle de la vie éternelle, du jugement, du Ciel, du Purgatoire et de l'enfer, de l'éternité, de notre rôle pour prier pour le défunt et pour plaider sa cause auprès de Dieu, comparant notre intervention à celle d'un avocat qui va mettre en valeur toutes les qualités et mérites de l'accusé, ses circonstances atténuantes, les mérites du Christ, etc.
Et je leur rappelle que Dieu étant en dehors du temps, il voit et il voyait nos prières, et il a pu en tenir compte pour donner des grâces (notamment de conversion et de repentir) dans les derniers centièmes de secondes au défunt. D'où l'importance de prier abondamment.
Les suicidés ? Autrefois il était interdit de les "enterrer à l'église". Et cela aurait été un scandale. Mais de nos jours, le scandale a changé de camp : après 50 ans d'endoctrinement, les gens seraient scandalisés si on refusait !
De plus, très souvent on me confie un enterrement : "Pouvez-vous célébrer... tel jour à telle heure à tel endroit ?..." mais évidemment sans me donner de détail sur les causes du décès. Et il arrive que je ne sois mis au courant que la veille, ou le jour même, alors que la cérémonie a été annoncée urbi et orbi : impossible d'imaginer annuler.
Et très curieusement, les deux dernières fois, l'église était archi-pleine.
Occasion véritablement unique de leur parler des choses de Dieu !
J'ai eu ainsi un jeune de 30 ans, suicidé. Les paroissiens, me connaissant, avaient un peu peur de ce que j'allais dire ! Mais ils furent grandement satisfaits de la manière dont j'avais parlé - sans rien lâcher sur la doctrine.
Evidemment, je déconseille absolument la célébration de la messe dans de telles circonstances. Je sais bien que des confrères recommandent au maximum la célébration d'une messe pour le salut du défunt, mais il y a trop de gens qui prétendent communier alors que manifestement ils ne sont pas en état de le faire, et qu'on le leur avait pourtant dit.
L'opinion de la mamie - "qui nous a assuré sans l'ombre d'un doute que le défunt suicidé était déjà au Ciel auprès du Père" est évidemment aux antipodes de mes explications.
Proposez-vous donc, et en agissant avec prudence, fermeté doctrinale et diplomatie, vous arriverez à remonter le niveau moyen de l'Eglise !

( 853726 )
Suicidés par Candidus (2018-09-20 00:10:33)
[en réponse à 853720]
Je pense que l'évolution de la pratique concernant les obsèques des suicidés peut, dans une certaine mesure, se justifier. L'ancienne pratique qui consistait à leur refuser presque systématiquement des obsèques chrétiennes à moins d'avoir un certificat médical attestant de la démence du suicidé manquait de nuance à mon avis.
Qu'on refuse des obsèques religieuses à un suicidé du type de Henri de Montherlant qui avait annoncé à l'avance son acte en théorisant sur le suicide, cela me paraît aller de soi.
Qu'on agisse de même à l'égard d'un dépressif dont il est difficile d'évaluer la responsabilité, cela me paraît plus problématique.

( 853762 )
Mais que font les prêtres ? par Emmanuel (2018-09-20 15:59:52)
[en réponse à 853720]
Sous cette question provocatrice, on finit par s'interroger.
À part les tâches administratives qui ont dû augmenter comme dans toutes les administrations modernes, les prêtres ne font plus les enterrements, ils ne font plus le catéchisme (il y a des équipes pour cela), ils ne s'occupent plus de la liturgie et des chants (il y a des équipes pour cela), ils ne passent plus de longues heures au confessionnal, ils ne visitent plus les malades (il y a des équipes pour cela), ils ne préparent plus aux sacrements (il y a des équipes pour cela), j'ai un doute sur la lecture quotidienne du bréviaire. Alors, il reste quoi?

( 853764 )
L'emploi du temps d'un simple prêtre par Sacerdos simplex (2018-09-20 16:37:28)
[en réponse à 853762]
Je dois avouer que par rapport à mes confrères, qui souvent s'occupent de multiples associations et mouvements, et qui rencontrent des quantités de gens qui en ont besoin, je ne suis pas, et de loin, le plus occupé ou actif.
Je récite mon bréviaire chaque jour, je célèbre la messe chaque jour, je fais ma lecture spirituelle, je prépare mes homélies, j'assure un certain nombre d'enterrements et de baptêmes - ce qui suppose de rencontrer les familles (même s'il existe aussi un cursus de formation pour les baptêmes), j'extrémise les personnes en fin de vie, j'essaye le plus possible de porter moi-même la communion aux malades, j'assure ma permanence de confessions (plus les confessions en dehors des horaires prévus à cet effet), je signale aux personnes qui s'en occupent ou qui auraient dû s'en occuper ce qui pose problème dans les sacristies et autres bâtiments : petits bricolages, nettoyage, entretien des vases sacrés, fuites d'eau (parce qu'il y a des équipes ad hoc, mais il faut bien superviser un peu, et recruter des bonnes volontés), contrôles des achats divers.
Ajoutons à cela une réunion hebdomadaire entre prêtres pour coordonner notre activité, se répartir les tâches, réfléchir sur tous les problèmes de la paroisse ou les orientations venues d'en-haut, décider des suites à donner à des demandes de manifestations, concerts, commémorations diverses.
Même chose avec les diverses équipes spécialisées.
Plus quelques réunions, oh, pas beaucoup, dans le cadre du diocèse.
Répondre aux questions des secrétaires.
Enfin, j'essaye de réciter 2 (minimum) ou plutôt 3 chapelets, dont un à l'église.
Ajoutons les déplacements entre toutes ces choses.
Le tout avec des horaires que peu de salariés ont : 6 jours par semaine, avec des activités qui s'étalent de 9 h à 21 h.
Cela dit, je reconnais que j'ai des confrères beaucoup plus occupés que moi...
Mais j'essaye de faire tout ce qu'on me demande de faire, et c'est déjà pas mal.

( 853769 )
Et le F C par Semper parati (2018-09-20 17:59:32)
[en réponse à 853764]
n'est pas noté dans l'emploi du temps ?
sp très taquin , donc pas méchant

( 853787 )
Vous oubliez les réunions ! par Paterculus (2018-09-20 22:35:12)
[en réponse à 853762]
Parce qu'il y a des réunions, encore des réunions, toujours des réunions !
Ensemble, ensemble, ... c'est la chanson !
Je me souviens de deux réunions diocésaines au sujet de la nouvelle évangélisation. Les invitations avaient ratissé large. Deux eudistes ont fait les pitres en donnant des conseils de bonne vie paroissiale : rien de nouveau, guère d'évangélisation...
Et les réunions du presbyterium. Pour passer du temps ensemble. Une par mois.
Je me souviens de réunions pour les finances du doyenné. Il y avait deux associations "loi 1901". L'une gérait les honoraires de messes (était-ce canonique ? Je n'ai pas eu le loisir de me renseigner). L'autre gérait le demi salaire de la LEME (l'autre moitié était payée par le diocèse, pour son activité au profit de la JOC). Non, LEME n'a rien à voir avec la fameuse Loi de l'Em... bêtement Maximum : cela veut dire Laïc En Mission Ecclésiale - les paroisses sont en déficit chronique, mais il faut encore gréver leurs finances avec ça : celle-ci sert à faire le travail des curés en matière de catéchèse. Donc, bien sûr, il y a eu des réunions pour chacune des structures décanales des finances.
Bon, mais n'oublions pas les réunions des EAP. Rien à voir avec les TAP, troupes aéroportés. Ce sont les Equipes d'animation pastorale. Y siègent des laïcs qui ne se sont plus confessés depuis des lustres, très exactement depuis qu'on a mis en place les absolutions collectives. Mais pourquoi les EAP au pluriel ? Parce qu'en réunissant les paroisses du coin, l'évêque en a fait deux au lieu d'une, alors que dans les trente ans prévisibles il n'y aura jamais qu'un seul curé pour les deux ensembles... D'où on a double comptabilité, doubles registres, et puis, comme je vous le disais, doubles réunions pour les EAP. Et si vous faites moins d'une réunion par mois pour chaque EAP, on vous accuse de ne pas jouer le jeu.
Et surtout n'oublions pas les réunions de doyenné, avec présence obligatoire de la LEME. Une par mois, de ces réunions.
Peut-être en oublié-je. Mais avouez que ce n'est déjà pas mal, non ?
Alors si vous comptez le bréviaire et la messe (avec ou sans équipe, c'est quand même le prêtre qui la dit), l'accueil des gens qui sonnent à la cure ou de ceux qui téléphonent, la préparation des homélies, et puis le temps passé à faire cuisine et vaisselle, sans oublier de s'occuper du chauffages des églises, de leur électricité, de leur entretien... Bref, on n'est pas au chômage.
Maintenant, si votre prédécesseur donnait les absolutions collectives pendant la messe et que vous avez rétabli les confessions personnelles, il vous faut répondre à la rombière qui a entrepris de vous harceler :
- Allo, la cure, c'est quand les messes de pénitence ?
- Mais qu'est-ce que c'est, une messe de pénitence ?
- Quoi !!!? C'est bien à la cure que je téléphone ! Et vous ne savez pas ce qu'est une messe de pénitence !?
Et de vous téléphoner tous les jours :
- C'est quand les messes de pénitence...?
Naturellement, il y a... la réunion, ensuite, avec l'évêque et le vicaire général, qui vous disent qu'il y a beaucoup de plaintes contre vous...
Voilà comment on traite les prêtres dans l'Eglise qui est en France aujourd'hui.
Et j'en passe...
Votre dévoué Paterculus

( 853800 )
N'oubliez pas que, malheureusement, par Donapaleu (2018-09-21 10:13:43)
[en réponse à 853762]
la majorité des prêtres en exercice a un âge auquel les laîcs sont à la retraite ! Arrivant à cet âge je peux vous assurer que le rendement, surtout physique, baisse !

( 853721 )
Diocèse par Adso (2018-09-19 22:34:03)
[en réponse à 853709]
A la limite du rouge ( politiquement parlant), où l’argent catholique finance les mosquées... Diocèse que je connais hélas, une partie de ma famille dormant au cimetière à Auch... un désastre dessiné. Me disait ma grand mère, bien avant le concile...

( 853795 )
Attention chers amis par Aigle (2018-09-21 08:10:21)
[en réponse à 853709]
Je comprends très bien que les rares prêtres gascons soient débordés. Ne les critiquons pas injustement.
Je note surtout pour ma part qu' on habitue (peut être involontairement) les fidèles à trouver normal
- de faire présider une cérémonie par une femme
- d'annoncer que le défunts est au paradis
- de considérer le suicide comme une forme admise de fin de vie.
C'est d'autant plus grave que la masse des présents etait certainement des non pratiquants mais qui ont du être catéchisés dans leur jeunesse (avant 1950). Ils doivent certainement être renforcés dans l'idée que l'Eglise, la Foi et la morale ont radicalement changé et vont encore changer pour accompagner la société ...