Le Forum Catholique

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images/icones/bravo.gif  ( 853377 )Bon sang ne peut mentir ! par jl d'André (2018-09-15 20:49:53) 

Le maréchal de Rochambeau commandait le corps expéditionnaire français qui a soutenu les troupes de Georges Washington dans la guerre d'indépendance des Etats-Unis.
Les Etats-Unis, mais aussi la France, lui doivent une reconnaissance éternelle !
images/icones/3d.gif  ( 853385 )Reconnaissance éternelle ! On nous prend pour des c... par baudelairec2000 (2018-09-15 23:47:30) 
[en réponse à 853377]

Vous en avez d'autres des motifs de satisfaction comme celui-ci? Cette guerre d'indépendance à laquelle Louis XVI a participé, vous en connaissez les conséquences pour le royaume de France?

Conséquences désastreuses pour le royaume qui connaissait depuis longtemps une grave crise financière; les guerres incessantes de Louis XIV contre l'Europe eurent un coût dont le royaume ne se remit jamais. la guerre de Sept ans sous Louis XV n'arrangea rien. Vergennes, le ministre de Louis XVI, voulait rendre à la France sa grandeur passée, venger les humiliations de la guerre de Sept ans. Cela passait par une revanche contre les Anglais; aussi un coup de mains aux Insurgés d'Amérique ne se refusait pas.

Relisez- les ouvrages de Bernard Faÿ (Benjamin Franklin, Calmann-Lévy,2 vol. et Georges Washington gentilhomme, Grasset)et vous comprendrez à quel point la maçonnerie progressa en France grâce à la propagande de Benjamin Franklin qui, sitôt arrivé, réserva ses premières visites à Vergennes et à Mirabeau (fin décembre 1776). Le vieux monsieur Franklin se vit promettre rapidement une aide de deux millions de livres au nom du Roi. Le docteur Franklin, qui séduit tout ce que la France compte parmi les beaux esprits, se retire à Passy à l'ouest de Paris. Or, si l'on en croit Bernard Faÿ, Passy était le centre d'une chapelle philosophique, économiste et franc-maçonnerie. Les Loges y travaillaient activement. C'était là pour Franklin un poste d'observation et un poste de commandement d'où il lui était facile de faire de la bonne besogne. Ainsi l'accès à la presse lui était facilité, les rédacteurs des journaux et gazettes étant maçons et philosophes. Répétons-le, son action la plus efficace s'exerçait par le canal de la maçonnerie; il était tout à fait installé dans la F.M. française: membre de la Loge des Neuf Soeurs, il en sera le Vénérable (1179-1781).

Aussitôt, les journaux, surtout ceux publiés hors de France, tonnèrent contre l'Angleterre et incitèrent à ce que des dons soient faits en direction des Insurgents.

L'opinion publique française, inlassablement préparée depuis des mois, ne tarda pas à se déclarer en faveur des Etats-Unis. Franklin, poursuit B. Faÿ, obtint un total de 18 millions de livres en prêt à un moment où la Caisse de la France était à sec: en combinant ses efforts avec ceux de La Fayette, il fit envoyer une armée française en Amérique en 1780, et une grande flotte en 1781.

La guerre d'indépendance en Amérique, la naissance d'un nouvel état, autant de facteurs qui permirent progressivement mais sûrement l'embrasement final de la France.





images/icones/rose.gif  ( 853404 )certes mais in fine le bien est sorti du mal par Luc Perrin (2018-09-16 12:47:35) 
[en réponse à 853385]

avec la 4ème nation catholique au monde, les États-unis d'Amérique.

Bon tant que le néfaste et peccamineux club épiscopal et cardinalice McCarrick ne détruit pas tout ce qui a été construit pas à pas depuis l'Indépendance de 1776.

Avec l'aide notable de catholiques français pendant le premier XIXe : les Sulpiciens français fondant le premier séminaire, de nombreux évêques français bâtissant les diocèses américains (Mgr Maréchal 3ème archevêque du Premier siège américain Baltimore), des religieux et religieuses françaises édifiant l'Église américaine avec un incroyable audace missionnaire comme Philippine Duchesne dans le Missouri.

Les USA et le Canada ont aussi, en retour, accueilli des religieux/gieuses français chassés après 1903.
images/icones/1f.gif  ( 853453 )La guerre d' Indépendance américaine ou les liaisons dangereuses par baudelairec2000 (2018-09-16 22:57:10) 
[en réponse à 853385]

J'avais oublié hier soir de conseiller sur le sujet qui nous occupe un autre ouvrage de Bernard Faÿ - toujours lui, car il savait de quoi il parlait - La Franc-Maçonnerie et la Révolution intellectuelle du XVIIIe siècle paru à la Librairie Française (1961).

L'auteur montre que la guerre d'Indépendance menée contre les Anglais fut essentiellement un combat maçonnique dont les chefs furent Washington et Franklin. Un combat qui contamina les élites françaises. Franklin, selon l'auteur, est le meilleur exemple que l'on puisse citer et étudier pour comprendre l'audience sociale de la maçonnerie au XVIIIe s. Dans le chapitre V de son ouvrage, Faÿ nous explique que c'est dans l'Amérique anglaise que la maçonnerie, installée assez tôt et fortement, répand un esprit anti-catholique, anti-bourbonnien, parlementaire et économique qui finira très vite par se tourner contre l'Angleterre.

La maçonnerie met le feu aux poudres à Boston (16 déc. 1773) en pillant les trois navires anglais qui mouillaient dans le port. Il s'agissait des membres de la Loge de Saint-André. "Puis la Révolution d'Amérique suivit son cours sous l'égide de la franc-maçonnerie... En Amérique l'unité nationale se fit autour d'un maçon, en Europe la propagande nationale fut faite par un maçon. Washington, Franklin sont les deux colonnes sans lesquelles le temple de la liberté américaine éût immédiatement croulé et Washington comme Franklin sont deux maçons éminents qui ne cessèrent durant tout ce long conflit de pratiquer la maçonnerie et d'en tirer parti. Quand le moment tragique arriva où les Américains eurent besoin d'une armée nationale et d'une diplomatie nationale, ils eurent recours au maçon G. Washington, le seul officier qui, grâce à ses relations maçonniques, eût une réputation nationale et des amis sur tout le continent et au maçon B. Franklin, le seul américain qui, grâce à la maçonnerie, eût des relations et une réputation mondiales."

L'auteur explique notamment comment Washington entretint le lien qui l'unissait à l'armée des insurgés. En favorisant la création de nombreuses loges militaires. Dans une armée qui ne devait pas compter pas plus de sept mille hommes, l'auteur a relevé la présence d'au moins onze loges et il donne les dates précises où Washington participa à leur activité. La Fayette lui-même fut admis dans la loge "Union américaine", cérémonie qui fut présidée par Washington. A partir de ce jour La Fayette reçut un commandement en chef fort important.

On a perdu l'habitude, dans certains milieux catholiques, de parler du rôle de la franc-maçonnerie parce que cela ne faisait pas assez scientifique et qu'on pouvait ainsi donner trop facilement dans le complotisme... Parfois, et c'est le cas ici, il est nécessaire d'évoquer le rôle néfaste de la maçonnerie. J'avoue que je ne m'en suis pas privé.

Voilà le genre d'individus que la France de Louis XVI entreprit de soutenir en employant ainsi un dénommé Beaumarchais, en envoyant à la tête d'un corps expéditionnaire Rochambeau. On apprend d'ailleurs que celui-ci appartenait à la Mère Loge écossaise du Contrat social de Grasse-Tilly au même titre que d'autres hommes qui s'illustrèrent dans la guerre d'Indépendance. La Fayette ne s'y affiliera qu'à son retour d'Amérique. "Ainsi, le Contrat social apparaît comme un creuset maçonnique où se retrouvèrent les Français qui eurent à jouer un rôle non négligeable dans la guerre d'indépendance et - au-delà - dans l'implantation de l'écossisme aux Etats-Unis." Cette dernière information, nous ne la tenons pas de B. Faÿ, mais d'un certain Jacques Brengues, auteur beaucoup moins douteux que le précédent ( "Les francs-maçons français et les Etats-Unis d'Amérique à la fin du XVIIIe siècle", article paru dans les Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest en 1977).



article disponible sur Persée

C'est donc bien accidentellement qu'un bien, comme l'affirme Luc Perrin, a pu sortir d'un tel contexte.
images/icones/colombe2.png  ( 853457 )oui un accident voulu par la Providence par Luc Perrin (2018-09-16 23:32:37) 
[en réponse à 853453]

Vous avez raison et c'est quand même TRÈS CONNU que les principaux chefs des Insurgents étaient certes protestants de baptême mais hommes des Lumières.C'est particulièrement vrai du déiste Thomas Jefferson si influent sur la constitution américaine.
Bien sûr Benjamin Franklin et les autres.

Du côté français oui aussi, mais Louis XVI était homme dévot.

Toutefois ne faisons pas d'anachronisme : les loges au XVIIIe ont des abbés et évêques en leur sein. Ce n'est que très tard dans les années 1860-1870 que le Grand Orient de France est devenu une citadelle de l'athéisme.

Et ceci n'a jamais été vrai de la franc-maçonnerie anglophone jusqu'à nos jours.

Au total, on a la 4ème nation catholique et cela n'aurait jamais été le cas si les 13 Colonies étaient restées sous le joug de l'hérésie anglicane et des autres variantes.
images/icones/neutre.gif  ( 853485 )c'est pour pouvoir caserner les alliés français en Rhode Island que l'interdiction du catholicisme y fut abolie par Presbu (2018-09-17 17:24:30) 
[en réponse à 853457]

Accueillir sur la terre ferme les troupes papistes de Rochambeau et leur aumôniers était une urgence de vie et de mort pour les Insurgents inexpérimentés et mal équipés du Rhode Island, incapables de tenir tête aux régiments coloniaux britanniques! Il a fallu que la liberté religieuse pour les catholiques soit édictée par les législateurs de Nouvelle-Angleterre en y abolissant les lois pénales transposées de l'ex-mère-patrie! Exemple salutaire pour l'avenir du catholicisme états-unien, "précédent" suivi et généralisé par les Constituants de 1787 (4ème Amendement) Merci imprévu à Louis XVI!