Qui se dessine est selon moi la suivante. Deux lignes sont arrivées à maturité et en confrontation, avec des partisans de plus en plus hostiles les uns envers les autres.
- L'une va vers le déni, le pourrissement de la situation, l'ouverture au monde, l'endurcissement. Cette ligne va finalement se voir rejetée par les fidèles. Les sources de financement de l'Eglise vont se tarir. Ce qui est terrible est la désertification des églises par ces scandales, un échec apparent.
- L'autre va vers un retour plus ou moins conscient à la Tradition, va faire pénitence, va essayer de chercher Dieu plus que le monde. Il serait assez logique que la partie adverse persécute comme jamais cette partie qui progresse. Il reste à savoir si cette partie va être réduite comme peau de chagrin au final.
Personnellement, je suis assez heureux que l'on en arrive là. Car le statu-quo pendant de si longues années a été mortifère pour l'Eglise. C'est une grande miséricorde de Dieu que ce statu-quo disparaisse, et la pauvreté qui guette l'Eglise sera sans doute une grande grâce.
"L'endurcissement au péché traîne une mort funeste, et les grâces du ciel que l'on renvoie ouvrent un destin à sa foudre." (Dom Juan de Molière)
Et en même temps, st Augustin dit justement:
"5. Placé au milieu des méchants, tourmenté par leurs procédés haineux, quelle prière le Prophète adresse-t-il à Dieu? Que dit-il? « Je suis affligé dans mon exercice». Après avoir essayé de porter la charité jusqu'à aimer ses ennemis, il a été accablé de tristesse en se voyant en butte à l'inimitié d'une foule d'adversaires, et, comme assailli par autant de chiens enragés, il a défailli sous le fardeau de la faiblesse humaine. Une tentation affreuse s'est présentée alors à son esprit; il a senti son âme envahie par une pensée diabolique, celle de prendre en haine ses ennemis. Alors il a lutté contre ce mouvement désordonné de son coeur; il a voulu porter sa charité jusqu'à la perfection; et, au milieu de ce combat, au milieu de cette lutte, il est tombé dans le trouble. Il avait déjà dit dans un autre psaume: «La colère a troublé mes yeux»; et il avait ajouté: «J'ai vieilli au milieu de mes ennemis». La tempête l'avait assailli, et il avait, comme Pierre, commencé à s'enfoncer dans les flots. Celui qui aime ses ennemis, marche d'un pas ferme sur les vagues de cette vie. Le Christ marchait sans crainte sur les eaux de la mer, parce que nulle épreuve ne peut éteindre en lui l'amour qu'il éprouve pour ses ennemis.(...)Lorsque le chrétien se sent en butte à de pareilles tribulations, il ne doit ni se laisser conduire par le sentiment de la haine, ni se raidir contre ses persécuteurs: il lui est inutile de lutter contre la tempête: recourir à la prière pour conserver la charité, tel est son devoir. Ton âme doit en effet demeurer inaccessible à la crainte des mauvais procédés de ton ennemi. Quel mal pourrait-il te faire? Il peut te dire beaucoup d'injures, t'accabler de reproches sanglants, te noircir par ses calomnies: mais, en définitive, n'as-tu pas pour toi cette parole du Sauveur: "Réjouissez-vous et tressaillez d'allégresse, parce que votre récompense sera grande dans le ciel ?""
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