« Nous avons certainement entendu parler de la sévérité des saints pour les maux du monde. Beaucoup sont encore familiarisés avec les livres d’ascèse qui portent un jugement globalement négatif sur la corruption terrestre. Mais il est aussi certain que nous vivons dans un climat spirituel différent, étant invités, spécialement par le récent concile, à porter un regard optimiste sur le monde moderne, ses valeurs, ses conquêtes. Nous pouvons regarder avec amour et sympathie l’humanité qui étudie, qui travaille, qui souffre, qui progresse. Plus encore, nous sommes nous-mêmes invités à favoriser le développement civil de notre temps, en tant que citoyens désireux de s’associer à l’effort commun en vue d’assurer à tous un bien-être plus grand et plus large. La célèbre constitution « Gaudium et Spes » est tout entière un encouragement à cette attitude spirituelle nouvelle (si l’on peut dire). Mais ceci à deux conditions que nous rappellerons en les simplifiant.Paul VI, Discours du 3 juillet 1974 (Documentation catholique du 21 juillet 1974, p. 661).
« Première condition : il faut maintenir une ligne de démarcation entre la vie chrétienne et la vie profane. Entre le spirituel et le temporel ne peut exister cette communion — ou plutôt cette confusion — d’intérêts et de manières de vivre que l’ancienne conception unitaire du christianisme rendait plus facile et plus habituelle. Plus le chrétien saura etc.¹
« La seconde condition de cette attitude optimiste, c’est d’aiguiser le sens critique etc.¹ »
Jean VII, 7 : Le monde me hait parce que je rends de lui ce témoignage que ses œuvres sont mauvaises.
Jean XV, 18 : Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait son bien. Mais comme vous n’êtes pas du monde et que je vous ai fait sortir du monde par mon choix, c’est pour cela que le monde vous hait.
Jean XVI, 20 : En vérité, en vérité, je vous le dis, vous pleurerez et vous vous lamenterez et le monde se réjouira.
Jean XVI, 33 : Je vous ai dit ces choses pour que vous ayez la paix ; dans le monde vous allez être opprimés ; mais ayez confiance, j’ai vaincu le monde.
Jean XII, 31 (le jour des Rameaux après la voix du Père) : C’est maintenant le jugement de ce monde ; c’est maintenant que le prince de ce monde va être jeté dehors.
Jacques IV, 4 : Ne savez-vous pas que l’amour pour le monde est inimitié contre Dieu ?
1re Jean II, 15 : N’aimez pas le monde, ni ce qui est dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour de Dieu n’est pas en lui : car tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie n’est pas du Père mais est du monde. 17. Or le monde passe ainsi que sa convoitise, mais qui fait la volonté de Dieu demeure pour l’éternité.
1re Jean V, 4 : Car tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde, et telle est la victoire qui a triomphé du monde : notre fol. Qui est le vainqueur du monde sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu.
1re Jean V, 19 : Nous savons que nous sommes de Dieu, et que le monde entier est soumis au Malin.
1re Jean IV, 3 : Et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu, mais c’est l’esprit de l’Antichrist dont vous avez entendu dire qu’il vient et qui maintenant est déjà dans le monde.
1re Jean IV, 4 et 5 ; Vous mes petits enfants, vous êtes de Dieu et vous les avez vaincus parce que Celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde. Eux ils sont du monde ; c’est pourquoi ils parlent le langage du monde et le monde les écoute. 6. Mais nous, nous sommes de Dieu.
Paul, Gal. VI, 14 : Quant à moi, puissé-je ne me glorifier que de la Croix de Notre Seigneur Jésus-Christ par qui le monde m’est crucifié et mois au monde.
Paul, 1re Cor. XI, 32 : Mais jugés par le Seigneur nous sommes corrigés pour n’être pas condamnés avec le monde.
Paul VI, Discours du 3 juillet 1974 (Documentation catholique du 21 juillet 1974, p. 661)
Abbiamo certo sentito parlare della severità dei Santi circa i mali del mondo; è tuttora a molti familiare la lettura di libri ascetici circa il giudizio negativo globale della corruzione terrestre; ma è pur certo che noi ora viviamo in un clima spirituale diverso, invitati come siamo, specialmente dal recente Concilio, ad una visione ottimistica sul mondo moderno, sui suoi valori, sulle sue conquiste. Possiamo guardare con amore, con simpatia all’umanità che studia, che lavora, soffre, progredisce; anzi siamo noi stessi invitati a favorire lo sviluppo civile del nostro tempo, come cittadini che desiderano associarsi allo sforzo comune per un migliore e più diffuso benessere di tutti. La ormai celebre Costituzione Gaudium et Spes tutta ci conforta a questo nuovo (si può dire) atteggiamento spirituale. Ma a due condizioni, che noi, tutto ora semplificando, ricordiamo.
La prima condizione è quella di mantenere una linea di demarcazione fra la vita cristiana e la vita profana. Fra lo spirituale e il temporale non può esistere quella comunione, o meglio confusione d’interessi e di costumi, che l’antica concezione unitaria della cristianità rendeva più facile e abituale. E quanto più il cristiano saprà (...)
La seconda condizione di questa visione ottimistica è il perfezionamento critico del giudizio morale cristiano.(...)
“Ces paroles de Paul VI sembleraient une claire invitation à abandonner ‘la sévérité des Saints’, les ‘livres d’ascèse’, pour choisir cette ‘nouvelle attitude spirituelle’, en regardant ‘le monde avec plus d’optimisme’ ; en fin de compte : rendre un jugement positif ‘sur la corruption terrestre’ ! Et ceci parce que nous vivons aujourd’hui dans un ‘climat spirituel différent’ !”Jean Madiran, de son côté, parle des “paroles qu’a prononcées Paul VI dans son discours du 3 juillet 1974”, sans autre précision.