Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=851038
images/icones/mitre4.png  ( 851038 )Le Cardinal Müller parle de schisme et du prochain conclave par Chicoutimi (2018-08-10 10:21:43) 

Le journal The Australian a publié, les 28-29 juillet 2018, une entrevue avec le Cardinal Müller qui a, entre autre, rappelé ''le besoin de « clarté », d’une clarté qui doit se fonder sur « la parole de Dieu », donnée par le Christ'':


''Cette « clarté » doit venir du pape et des évêques : on l’attend d’eux, pour surmonter le « schisme » qui, de facto, existe déjà et que l’on décrit communément par la division de l’Église entre une aile « progressiste » et une aile « conservatrice ».



Il a également mentionnée que:


''Beaucoup des cardinaux qui devront élire le successeur du pape François ne se connaissent pas. François a modifié les habitudes qui avaient cours jusqu’ici en ce qui concerne les nominations cardinalices, en nommant beaucoup d’évêques inconnus, provenant de diocèses inconnus. Le problème, dit le cardinal, c’est que le pape François a organisé cinq consistoires pour créer des cardinaux ; mais, depuis quatre ans, il n’a convoqué aucune assemblée plénière du collège cardinalice. Une telle déficience contredit tout de même la profession de « style moderne », collégial et « synodal » que François disait vouloir promouvoir.''




Pour lire en entier c'est ICI
images/icones/1n.gif  ( 851039 )Une chose est absolument certaine par jejomau (2018-08-10 12:39:45) 
[en réponse à 851038]

C'est que ce pape crée la zizanie. Ce qui est un très mauvais signe, contraire mëme ? la Charité.... les papolâtres en penseront ce qu'ils veulent mais je trouve ça bizarre pour un pape...
images/icones/1g.gif  ( 851064 )C'est un intrus par Pétrarque (2018-08-10 22:05:31) 
[en réponse à 851039]

Le pape est Benoît XVI jusqu'à sa mort. Foin du reste.
images/icones/1d.gif  ( 851041 )Le Cardinal n'a pas lu Pastor Aeternus ! par Jean-Paul PARFU (2018-08-10 14:13:03) 
[en réponse à 851038]

IBK vite !
images/icones/fleche2.gif  ( 851043 )Les conséquences du schisme de 1989 sont devenues ingérables. par Scrutator Sapientiæ (2018-08-10 14:43:17) 
[en réponse à 851038]

Bonjour Chicoutimi,

A mon avis, le schisme date de janvier 1989 ; je pense ici à la Déclaration de Cologne, et au fait que les essayistes, journalistes, philosophes, théologiens, cardinaux, évêques, proches des signataires de cette déclaration, ont presque tout fait pour que le Catéchisme de l'Eglise catholique, les exhortations apostoliques et les lettres encycliques de la deuxième partie du pontificat de Jean-Paul II ne bénéficient pas d'une prise en compte en plénitude, au sein de l'Eglise catholique, entre autres en Occident.

Ici.

En d'autres termes, à mon avis, le schisme a déjà eu lieu, et tant que les conséquences de ce schisme ont été à peu près gérables, sous Jean-Paul II puis sous Benoît XVI, elles ont été plus ou moins gérées.

Il est même envisageable que si un continuateur de Benoît XVI, et pas seulement un successeur de Benoît XVI, avait été élu, en 2013, ces conséquences auraient continué à être gérables et à être gérées, au moins jusqu'à la fin de cette décennie.

Mais l'élection du pape François a mis en évidence le fait qu'il est impossible, avec un tel pape, avec de telles idées et avec de telles actions, les siennes ou celles de ses "amis", de continuer à faire comme on a fait, de la fin des années 1980 au début des années 2010, puisque, faut-il le rappeler, pendant, en gros, un quart de siècle, nous avons eu droit à la coexistence, au sein de l'Eglise, entre les deux tendances suivantes : la tendance relativement partisane du recentrage et la tendance absolument réfractaire au recentrage.

Si ce qui précède intéresse qui que ce soit, je rappellerai, au moyen d'un deuxième message, quels ont été les textes des années 1980, en provenance de la CDF et de Jean-Paul II, au contact desquels les futurs signataires de la Déclaration de Cologne se sont préparés à rédiger, puis à faire circuler et à faire approuver cette Déclaration.

Chacun aura compris

- qu'il ne s'agit pas ici de conférer à cette Déclaration un caractère fondateur ou normatif qu'elle n'a pas, ni d'accorder à cette Déclaration une autorité ou une importance qu'elle n'a pas,

- qu'il s'agit bien, ici, de préciser ou de rappeler à ceux qui semblent dire, aujourd'hui : "Si cela continue, cela va finir par un schisme", qu'une première rupture instauratrice a déjà eu lieu, en 1989, et qu'elle s'est déjà produite, à l'initiative de clercs qui ont, pour ainsi dire, "prévenu par avance" qu'ils n'obéiraient pas, et inciteraient à désobéir, en l'occurrence à Jean-Paul II et au futur Benoît XVI, dans les années 1990 puis dans les années 2000.

Petit rappel :

Ici..

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 851047 )L'écolo-gauchisme : un symptôme, mais pas l'origine de la pathologie. par Scrutator Sapientiæ (2018-08-10 16:26:02) 
[en réponse à 851038]

Rebonjour à Chicoutimi,

Je vous prie de bien vouloir m'excuser pour ce message, qui sera sans doute trop long.

Tout d'abord, ceci :

Ici.

Ensuite, ce qui suit.

Je n'ai aucun mérite à enfoncer une porte ouverte, mais je le fais quand même : "l'écolo-gauchisme" est un symptôme, mais n'est pas à l'origine de la pathologie, c'est-à-dire à l'origine de l'auto-dénaturation ou de l'auto-fragilisation de l'Eglise catholique à laquelle nous avons droit depuis, à présent, plus d'un demi-siècle.

Il me semble vraiment ou, si vous préférez, je crois pouvoir dire que ce qui est à l'origine de cette pathologie est situé à l'intérieur d'un état d'esprit qui est lui-même placé,

- d'une part, sous le signe de la conformation des structures ad intra, notamment liturgiques, et des relations ad extra de l'Eglise catholique, avec l'esprit du monde ou avec l'esprit du temps,

- d'autre part, sous le signe du consensus fraternel, hyperbolique ou inflationniste, de l'Eglise catholique, non seulement avec les chrétiens non catholiques, mais aussi avec les confessions chrétiennes non catholiques, non seulement avec les croyants non chrétiens, mais aussi avec les croyances non chrétiennes, et non seulement avec les hommes et les femmes de ce monde et de ce temps, mais aussi avec bien des concepts et bien des valeurs de ce monde et de ce temps.

Globalement, tant que cette stratégie en faveur du "consensus fraternel" ne s'est manifestée, je le schématise, que

- sur le plan "épistémique", en philosophie et en théologie,

- sur le plan "ecclésiologique", dans le cadre du dialogue interconfessionnel,

et

- sur le plan "pneumatologique", dans le cadre du dialogue interreligieux,

certains clercs n'ont pas bien vu où est le problème, ou ont fait semblant de ne pas voir où est le problème, alors que le problème est situé au coeur des postulats sur lesquels repose cette stratégie, et au sein des résultats qui découlent du déploiement de cette stratégie.

Mais maintenant que cette stratégie en faveur du consensus fraternel envisage de se manifeste aussi sur le plan "anthropologique", au point de menacer de soumettre des textes tels que Humanae vitae, Veritatis splendor, Evangelium vitae et Fides et ratio à une "herméneutique" inclusiviste, propice au relativisme et au subjectivisme, une partie des clercs qui sont les continuateurs de ceux qui, au cours des décennies précédentes, n'ont pas été capables ou désireux de voir où est le problème, commence enfin à entrer en résistance ou, en tout cas, à envisager, à voix haute, de le faire.

Or, il n'y a pas que "l'écolo-gauchisme" qui "dépriorise" ce qui est spécifiquement religieux, ce qui est spécifiquement spirituel, au sens de : ouvert sur le seul vrai Dieu et sur la transcendance divine ; en effet, que les uns et les autres se renseignent donc sur les tendances propices à l'akérygmatisme, à l'anthropocentrisme, à l'horizontalisme et à l'humanitarisme qui sont présentes dans bien des conceptions et des pratiques qui émargent au dialogue interconfessionnel et au dialogue interreligieux.

En d'autres termes, il ne faut pas que le cardinal Mueller se trompe, il ne faut pas qu'il ne cible que "l'écolo-gauchisme" qui n'est que le dernier symptôme en date, parmi les symptômes de la crise du christianisme catholique contemporain, et il ne faut pas qu'il ne cible pas les autres symptômes, qui sont apparus dès le début de l'après-Concile, sous Paul VI, et dont le pape François n'est certainement pas responsable.

Si vous préférez, je me demande parfois si ce n'est pas un peu "facile", pour certains hommes d'Eglise, de ne commencer à réagir publiquement que depuis quelques années, PARCE QUE LA CONCEPTION CATHOLIQUE DE L'ANTHROPOLOGIE CHRETIENNE COMMENCE, ELLE AUSSI, A ETRE ATTAQUEE, DEPUIS ROME, alors que cela fait quelques décennies, en réalité, que d'autres hommes d'Eglise ont commencé, puis continué à dire oui, de tout leur coeur, à une stratégie globale qui peut très finir par aboutir à ce que l'Eglise catholique ne donne plus tort à presque personne, dans le domaine de la religion et dans celui de la morale, sauf, notamment, aux fidèles catholiques qui essaient, avec l'aide de la grâce de Dieu, de penser, de prier, de vivre, dans la plus grande fidélité possible au catholicisme.

Je vous remercie pour votre compréhension, au contact de ces quelques mots, et je vous souhaite à nouveau une bonne journée.

Scrutator.
images/icones/bravo.gif  ( 851068 )Oui et de plus par Aigle (2018-08-10 22:49:26) 
[en réponse à 851047]

Cher Scrutator

Votre démonstration est très éclairante mais j'irai plus loin : c'est une tentation constante dans le clergé de chercher à convaincre par la séduction en refusant d aller à contre courant.

Le pape actuel et de nombreux clercs pensent sincèrement que la meilleure pastorale et la meilleure apologétique sont celles qui minimisent la fracture entre le message du Christ et les aspirations contemporaines.

Sur de nombreux sujets le pape parle comme La Republica ou Le Monde : peine de mort, écologie, immigration, homosexualité, laïcité, etc. ... certes il existe des sujets d opposition : avortement, finance, ...mais ces oppositions sont discrètes et minimisées tandis que les convergences sont mises en avant.

Cette pastorale repose depuis toujours sur deux idées :
- l.efficacité - si on veut convaincre il faut partir du plus facile ...
- la convergence objective de certains thèmes contemporains avec le message implicite ou explicite de l..Evangile (par exemple l Église a toujours préconise un usage raisonnable des biens de ce monde ...de là à condamner les gaspillages anti écologiques, il y a une déduction logique)


Cette méthode est associée à une autre : délaisser le peuple et privilégier la conversion des élites et des dirigeants ...qui ensuite imposeront leur choix au peuple.

Double stratégie typiquement jésuite....
images/icones/1e.gif  ( 851071 )typiquement jésuite par AVV-VVK (2018-08-10 23:56:42) 
[en réponse à 851068]

Pourtant je ne vois qu'en François le pape. Même pas un deuxième (!?) préposé général de la S.J.