Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=850924
images/icones/vatican.gif  ( 850924 )Veritatis Splendor: la vérité est dynamique selon Mgr Fisichella par Chicoutimi (2018-08-06 23:23:49) 

''Pour Mgr Fisichella, ceux qui critiquent le Pape François en faisant référence à ce document ne sont pas fidèles à la tradition de l’Église.'' Il affirme qu’il n’y a «aucun point d’appui pour contester le magistère du Pape François à la lumière du magistère précédent».

Pour Mgr Fisichella, la vérité est dynamique:


''Avant tout, quand on parle de la vérité, nous devons toujours en avoir une conception dynamique. La vérité n’est pas une dimension fixiste. La vérité, pour les chrétiens, est avant tout cette Parole vivante que le Seigneur nous a laissés.''



Il affirme que le Magistère de François est incontestable:


''Je pense qu’il n’y a aucun point d’appui pour devoir contester le magistère du Pape François à la lumière du magistère précédent. Il faut rappeler, au contraire, quelle continuité il y a dans le développement.''



Au prochain consistoire, parions que Mgr Fisichella aura son chapeau de cardinal!

Source
images/icones/1d.gif  ( 850938 )le cardinal Fisichella par Aliocha (2018-08-07 10:42:24) 
[en réponse à 850924]

Non, justement, il en fait des tonnes, et il ne l'est toujours pas. Le pauvre homme !
images/icones/1f.gif  ( 850939 )Poncifs par Peregrinus (2018-08-07 11:58:35) 
[en réponse à 850924]

Préférer systématiquement (au nom de quoi, d'ailleurs ?) ce qui est "dynamique" à ce qui est fixe, fixiste ou statique, c'est un poncif de mauvaise dissertation de sciences humaines.

Il est bien triste qu'un homme d'Eglise occupant d'aussi hautes responsabilités verse dans de tels travers.

On se demande également ce qu'il en est dans une telle perspective du Père des lumières, en qui il n'existe ni changement, ni l'ombre d'une altération, ou de Jésus-Christ, qui est le même hier, aujourd'hui et pour l'éternité, et qui est lui-même l'immuable vérité.

Peregrinus
images/icones/fleche2.gif  ( 851046 )Docilité et fidélité ou Discernement dynamique, il faut choisir. par Scrutator Sapientiæ (2018-08-10 15:32:00) 
[en réponse à 850939]

Bonjour Peregrinus,

Docilité et fidélité, propices à la prise en compte honnête et loyale de plusieurs textes majeurs de Jean-Paul II et de Benoît XVI,

ou

Discernement dynamique, propice au contournement, au dépassement, à la "consensualisation" ou à la "contextualisation" de ces textes majeurs,

j'ai l'impression que bien des catholiques vont devoir commencer, ou continuer davantage, à choisir, car j'ai aussi l'impression que nous sommes en présence de deux modes de raisonnement incompatibles, inconciliables, voire IRRECONCILIABLES (comme dirait Manuel VALLS).

Avant d'aller plus loin, je salue "l'honnêteté intellectuelle" avec laquelle un homme d'Eglise fait comprendre ou laisse entendre qu'un document tel que Veritatis splendor peut et doit donner lieu à la subordination de son contenu à un discernement dynamique, adaptateur de sa prise en compte, alors que Veritatis splendor a précisément été écrit comme il a été écrit, sur la forme comme sur le fond, pour inciter les évêques et, à travers eux, les fidèles, à faire preuve de vigilance et de résistance, face à la tendance à soumettre la doctrine de l'Eglise, sur les fondements de la morale, à un discernement dynamique dénaturateur ou, en tout cas, fragilisateur.

Et je reviens à présent sur la conviction d'après laquelle nous sommes bel et bien en présence de deux modes de raisonnement potentiellement IRRECONCILIABLES, à savoir

- le mode de raisonnement "intégraliste personnaliste" qui a eu cours, globalement, de Jean XXIII à Benoît XVI (sauf, probablement, à partir de 1979, dans un domaine, le dialogue interreligieux, que je n'évoquerai pas ici),

et

- le mode de raisonnement "inclusiviste périphériste", dans le cadre duquel c'est à l'Eglise qu'il appartient et qu'il incombe de se convertir, quitte à courir le risque de renier une partie non négligeable de son enseignement et de ses exigences.

Et s'il était réellement vrai que ces deux modes de raisonnement sont potentiellement IRRECONCILIABLES ?

Ecoutez, nous sommes en présence, depuis, à présent, plus d'un demi-siècle, de clercs catholiques qui ne sont pas d'accord avec les catholiques les plus orthodoxes et réalistes qui soient, mais qui ne sont pas non plus d'accord entre eux, alors qu'ils n'ont que les mots DIALOGUE et UNITE à la bouche.

Je ne suis pas en train de me réjouir par avance du fait que "cela va mal finir", mais je me demande parfois si, après tout, il n'y a pas, dans tout cela, un cheminement jusqu'à un terme prévisible.

Par exemple, à qui donc fera-t-on croire que les évêques qui sont plutôt d'accord avec le texte "inséré" ci-dessous et les évêques qui sont plutôt pas d'accord avec au moins une partie du même texte souscrivent encore, pour le dire ainsi, au même "univers mental" ?

Ici.

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/carnet.gif  ( 850941 )La vérité comme dynamique par Jean-Paul PARFU (2018-08-07 13:19:49) 
[en réponse à 850924]

c'est le modernisme à l'état chimiquement pur condamné par le pape St Pie X en 1907 dans l'encyclique Pascendi ici
images/icones/neutre.gif  ( 850961 )Pie XI et les Juifs par Aigle (2018-08-08 06:39:37) 
[en réponse à 850941]

Heureusement que le pape Pie XI n'a pas adopté cette vision dynamique à propos de l'antisémitisme des années 1930...
images/icones/3b.gif  ( 850987 )Mon commentaire… par Jeanne Smits (2018-08-09 08:03:53) 
[en réponse à 850924]

J'ai consacré un long commentaire à cet entretien très révélateur sur reinformation.tv :

C'est par là.

Avec l'éclairage du Pr Peter Kwasniewski.

Amitiés
Jeanne Smits
images/icones/fleche2.gif  ( 850996 )Vous avez raison, il s'agit bien d'un parti pris, presque systématique. par Scrutator Sapientiæ (2018-08-09 11:17:32) 
[en réponse à 850987]

Bonjour Jeanne Smits

Je me permets de vous citer :

"En réalité, c’est tout l’ensemble de l’entretien qui laisse comprendre le parti pris de Fisichella, au nom de sa fidélité au pape François, en faveur d’une vérité qui ne serait que partiellement immuable, et capable au moins pour partie d’évoluer, comme on parle de la théorie de l’évolution. D’où le choix du mot « fixiste », habituellement utilisé pour dénigrer ceux qui ne croient pas en cette théorie."

Vous avez raison, il s'agit bien d'un parti pris, du parti pris d'après lequel l'Eglise peut et doit s'inspirer des concepts et des valeurs qui font autorité, et qui ont de l'influence, dans le monde contemporain, pour soumettre sa conception officielle de la foi catholique et de la morale chrétienne ou, en tout cas, sa relation effective à la foi catholique et à la morale chrétienne, au moyen de changements de regards et de discours qui correspondent à un mouvement qui va toujours dans la même direction, libératoire, à l'égard de bien des repères et de bien des structures pourtant indispensables à la survie du catholicisme.

Ce parti pris, presque systématique, nous conduit tout droit en direction d'une Eglise catholique "inclusive"

- amnésique, en ce qui concerne des pans entiers de l'Ecriture et de la Tradition,

- aphasique, pour ce qui a trait à des pans entiers du Magistère pontifical le plus éclairant et exigeant qui soit,

- acritique, face aux erreurs sur Dieu et face à l'esprit du monde,

sauf, globalement, quand les conséquences de l'adhésion ou de la soumission à ces erreurs ou à cet esprit portent atteinte à la foi en l'homme, aux droits de l'homme, et au vivre-ensemble.

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 850993 )Le doute est-il encore possible, sur le sens de ce pontificat ? par Scrutator Sapientiæ (2018-08-09 10:40:43) 
[en réponse à 850924]

Bonjour Chicoutimi,

Il me semble vraiment ce qui suit.

Que ce soit dans le domaine de la foi ou en matière de moeurs, certaines "vérités premières" inhérentes au christianisme catholique ne sont pas "fixistes" ni "statiques", mais pérennes.

La formulation la plus complète, la plus précise, la plus explicite, la plus objective, la plus réaliste de ces "vérités premières", nous la trouvons, notablement, chez Saint Thomas d'Aquin, quoi qu'on en pense par ailleurs.

En effet, ce n'est pas parce qu'on la trouve chez Saint Thomas d'Aquin

- qu'il faut "dogmatiser" tout ce que Saint Thomas d'Aquin a écrit,

- qu'on la trouve absolument, et surtout uniquement, chez Saint Thomas d'Aquin,

- qu'il n'existe pas une diversité légitime, en théologie, en général, et en théologie faisant référence à Saint Thomas d'Aquin, en particulier, dans le respect de ces "vérités premières", assez peu nombreuses, au demeurant, mais incontournables et indispensables,

- qu'il n'a pas existé, dans l'histoire de la théologie thomiste, d'une part une tendance à un durcissement sans doute excessivement légaliste, d'autre part une tendance à une dégradation sans doute excessivement personnaliste, enfin une tendance à un concordisme sans doute imprécis ou imprudent avec telle composante de la philosophie contemporaine non réaliste.

En ce sens, de même qu'il existe une "philosophia perennis", il existe une "theologia perennis", bien des hommes d'Eglise ne voulant plus ni de l'une, ni de l'autre, les premiers signes de ce refus de la "philosophia perennis" et de la "theologia perennis" étant apparus, en aval de la crise moderniste des années 1893-1914, dans les années 1930.

Or, le refus de la "philosophia perennis" et de la "theologia perennis" (ou, en tout cas, le refus de cette conception, notamment thomiste, de chacune de ces deux disciplines de l'esprit) conduisent tout droit au rejet, entre autres choses, du chapitre IV de Fides et ratio et du chapitre II de Veritatis splendor.

En l'occurrence il s'agit, aujourd'hui comme hier, d'un refus par adaptation dynamique, ou plutôt par alignement dialectique sur une conception dominante de la philosophie et de la théologie, les tendances à l'adogmatisme, à l'agnosticisme, à l'herméneutisme, à l'historicisme, sinon à l'immanentisme(*), étant situées à l'intérieur de cette conception dominante.

Dans ces conditions, le doute est-il encore possible, sur le sens de ce pontificat, id est sur la signification de l'orientation dominante qui caractérise le pontificat actuel ?

Mais la décatholicisation des fondamentaux du catholicisme n'a-t-elle pas été, hier, "conciliaire", et n'est-elle pas, aujourd'hui, "évangélique" ?

Les théologiens et les évêques qui se veulent optimisateurs du catholicisme, et qui ne sont qu'édulcorateurs du catholicisme, n'ont qu'à nous dire, une bonne fois pour toutes, pourquoi ils ne veulent pas que les catholiques soient avant tout catholiques, et pourquoi ils veulent autant que les catholiques soient avant tout postmodernes, notamment au sens de : confortablement installés dans l'antichambre de la légitimation (oh pardon : de l'accompagnement) du relativisme et du subjectivisme, en religion et en morale.

Bonne journée.

Scrutator.