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Que nous demandent les hommes d'Eglise consensualistes et inclusivistes ? par Scrutator Sapientiæ (2018-08-04 10:39:11)
Bonjour,
1. J'ai découvert, samedi dernier, le message suivant, de Jean-Paul PARFU :
"Pastor Aeternus s'adressait aux catholiques libéraux infestés par l'esprit du monde.
Personne ici ne nie qu'il faille a priori être bien disposé envers la papauté, même si elle n'engage pas son infaillibilité.
Mais Pastor Aeternus ne me demande pas d'admirer Luther et d'honorer sa statue que le pape Bergoglio a placée au Vatican à l'occasion du 5ème centenaire de la Réforme ; Pastor Aeternus ne me demande pas d'admirer la réunion d'Assise, Pastor Aeternus ne me demande pas d'embrasser le Coran à la suite du pape, Pastor Aerternus ne me demande pas de prier en direction de la Mecque comme l'a fait le pape dans la mosquée bleue, Pastor Aeternus ne me demande pas de ne pas juger l'homosexualité, Pastor Aeternus ne me demande pas de trouver bien la communion aux divorcés remariés ou aux conjoints protestants de fidèles catholiques ; Pastor Aeternus ne me demande pas de réfléchir au bien fondé de diaconnesse dans l'Eglise ou de marier les prêtres, Pastor Aeternus ne me demande pas de croire que toutes les religions doivent pouvoir s'exercer dans le domaine public, Pastor Aeternus ne me demande pas de croire que la messe est un repas, Pastor Aeternus ne me demande pas de réviser l'encyclique Humanae Vitae, Pastor Aeternus ne me demande pas de recevoir tous les immigrés du monde entier chez moi !"
2. Ce message m'amène à me poser, devant vous, la question suivante : en définitive, que nous demandent les hommes d'Eglise consensualistes et inclusivistes auxquels nous avons droit, de plus en plus souvent, au moins depuis la clôture du Concile ?
3. En l'occurrence, je ne suis pas sûr du tout que ces hommes d'Eglise, nous demandent, en priorité :
- d'admirer Luther et d'honorer sa statue que le pape Bergoglio a placée au Vatican à l'occasion du 5ème centenaire de la Réforme ;
- d'admirer la réunion d'Assise ;
- d'embrasser le Coran à la suite du pape ;
- de prier en direction de la Mecque comme l'a fait le pape dans la mosquée bleue ;
- de ne pas juger l'homosexualité ;
- de trouver bien la communion aux divorcés remariés ou aux conjoints protestants de fidèles catholiques ;
- de réfléchir au bien fondé de diaconesses dans l'Eglise ou au bien fondé du mariage des prêtres ;
- de croire que toutes les religions doivent pouvoir s'exercer dans le domaine public ;
- de croire que la messe est un repas ;
- de réviser l'encyclique Humanae Vitae ;
- de recevoir tous les immigrés du monde entier chez nous.
4. Et je suis convaincu que ces hommes d'Eglise nous demandent, en priorité, de ne pas essayer de continuer à réfléchir, et de réussir à devenir des suivistes, ces clercs étant déjà des suivistes.
5. En d'autres termes, je suis persuadé que, pour ces clercs,
- ce qui importe n'est pas que les fidèles trouvent "fécond", ou "génial", leur consensualisme fraternitaire et leur inclusivisme périphériste,
- ce qui importe est que les fidèles ne réfléchissent pas et "suivent", même si, ici ou là, ils sont de moins en moins nombreux à "suivre".
6. Ces clercs me rappellent d'autres clercs qui, en d'autres temps, ne tenaient pas particulièrement à ce que les catholiques essaient de connaître et de comprendre le communisme, tel qu'il existe et fonctionne vraiment, mais tenaient particulièrement à ce que les catholiques réussissent à "AIMER", ou à ne pas tenter de contrer
- d'une part, le communisme, tel qu'il n'existera et ne fonctionnera jamais,
- d'autre part, et peut-être même surtout, le regard, le discours, et les actes irénistes de ces clercs, en direction du communisme.
7. Ce que je laisse assez clairement entendre, c'est que ces clercs ne croient pas, ou ne croient plus, en la fécondité et en la génialité de leur volonté de soumettre l'Eglise et les fidèles à une dynamique de postmodernisation ou de protestantisation, alors que je n'ignore pas que certains de leurs prédécesseurs ont cru en cette fécondité et en génialité, dans les années 1960 et 1970.
8. Si vous préférez, ce que je laisse entendre, c'est que nous avons avant tout affaire à des gestionnaires au service du suivisme, qui gèrent un portefeuilles de prises de paroles, de décisions et de positions à caractère suiviste ou d'inspiration suiviste, les fidèles
- pouvant ne pas admirer, pouvant ne pas approuver,
mais
- devant ignorer pourquoi il est nécessaire et salutaire de réfléchir, puis de résister,
et
- devant, avant tout, "suivre",
a) "PAR AMOUR" pour les catholiques non orthodoxes, les non catholiques, les non chrétiens, les non croyants, les jeunes, etc.,
ou, au moins,
b) par absence de résistance à la préservation ou à la propagation du regard, du discours et des actes irénistes de ces clercs, en direction des mêmes catégories de destinataires de leur "pastorale".
Merci beaucoup pour tout point de vue sur cette idée, d'après laquelle les hommes d'Eglise dont il est question ici veulent avant tout que les fidèles soient des suivistes qui ne réfléchissent pas.
Bonne journée.
Scrutator.

( 850805 )
Abandonner 2000 ans de paperasseries et suivre l'esprit du monde par Gaspard (2018-08-04 17:55:39)
[en réponse à 850760]
Merci pour vos posts. Vous avez donné les incroyables nouveaux principes de réflexion de François. Il affirme :
Le développement harmonieux de la doctrine demande cependant d’abandonner des prises de position liées à des arguments qui apparaissent désormais réellement contraires à une nouvelle compréhension de la vérité chrétienne
puis :
Cette loi du progrès (...) et ne signifie absolument pas un changement de doctrine. (sic)
car :
On ne peut garder la doctrine sans la faire avancer. On ne peut davantage l’enfermer dans une lecture rigide et immuable, si ce n’est en méprisant l’action de l’Esprit Saint
Concrètement l'article sur la peine de mort dans le Catéchisme passe de son acceptation de principe mais extrêmement restrictive dans son application (ce qui pouvait donc convenir aux adversaires de la peine de mort et gardait la cohérence du magistère), à son refus par principe et donc à la condamnation de 2000 ans de magistère - de paperasserie autoréférentielle à en croire François. Le vrai sujet comme vous le soulignez est bien cette condamnation du magistère et non pas la peine de mort.
Il n'y a pas de contradiction s'il s'agit simplement de suivre l'Esprit saint selon la compréhension qu'on en a, et en supposant de plus que la compréhension qu'on en avait était non seulement limitée mais même fausse. Nous avons enfin un pape en communication directe avec le Saint-Esprit et qui comprend pour la première fois l'Evangile correctement. Et quelle chance, il se trouve que sa compréhension correspond exactement à l'esprit du monde actuel !