Le Forum Catholique
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( 849390 )
Mgr Jordan, 1 archevêque (de Reims) comme le Monde les aime... par Sixte (2018-07-07 01:31:16)
Découvrant atterré "Chemins d'été", la revue du diocèse de Reims-Ardennes, je tombe, entre autres propos border-line, sur 2 pages consacrées à Mgr Jordan, qui quitte sa fonction après presque 20 ans à la tête du prestigieux archevêché des sacres des rois de France, atteint par la limite d'âge des 75 ans.
Je cite (p.4-5), avant de commenter :
Quels sont les événements marquants de votre épiscopat ?
L'évêque a la délicate mission d'ajuster ses intuitions personnelles aux pratiques diocésaines déjà en place. En tant qu'archevêque de Reims, il fait aussi le lien avec les autorités civiles dans une bonne acception de la laïcité. Lien d'autant plus important que Reims est une cathédrale historique à plus d'un titre : réconciliation franco-allemande De Gaulle-Adenauer en 1962, en présence du cardinal Marty, l'anniversaire de cet événement avec François Hollande et Angela Merkel en 2012, réception des vitraux de Knobel en présence des autorités de l'Etat, monsieur Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, et de son homologue allemand.
Commentaire : dingue que ce sympathique légaliste ne dise rien du baptême de Clovis, des sacres des rois de France, de sainte Jeanne d'Arc...
Puis cela continue dans la foulée ainsi :
Mon action a été guidée par le souci des personnes en situation de fragilité : les migrants, les pensionnaires de la maison d'arrêt de Reims, les gens du voyage. J'ai entretenu avec elles des relations régulières. Et surtout, j'ai essayé d'être toujours disponible pour les jeunes et leurs familles.
Là aussi, sidérant que Dieu et l'évangélisation ne sont pas évoqués (alors que l'on est dans la revue diocésaine...), par ailleurs, seules certaines catégories de population trouvant grâce aux yeux du "père" Thierry.
Exit les malades, les vieux, les sédentaires, les chômeurs, Vincent Lambert et tous les handicapés en risque de génocide.
Rien sur la grande mosquée qui a ouvert à Reims dernièrement, la plus grande de France, construite quasi pile dans l'alignement et face à la basilique Saint-Remi, à 700 m de distance...
Bref, un condensé d'humanitarisme et de mollesse, et de tout ce que l'Eglise en France a fait de pire depuis bien longtemps

( 849391 )
Grand opposant à la messe traditionnelle par Sixte (2018-07-07 01:38:32)
[en réponse à 849390]
Mgr Jordan a la particularité, rare aujourd'hui en France, de faire partie des derniers évêques a avoir tout fait pour empêcher le droit à la messe traditionnelle, n'ayant concédé qu'une messe par mois, célébrée à Reims dans une chapelle périphérique, et proche de celle de la FSSPX, par l'ICRSP.
Pour le reste, drôle de voir que son nom est une variante de celle du nom du Jourdain, fleuve n'ayant fait que ralentir un temps le retour des Hébreux en Terre Promise.
De même, ayant constitué un obstacle au retour de la Tradition de l'Eglise, on peut espérer que son départ verra le tarissement de ses eaux saumâtres et stérilisantes, et un renouveau du diocèse, bien stérilisé par lui (plus de séminaristes, les seuls actuellement étant dans des instituts traditionnels).
Bon vent donc Mgr, et que souffle en vous l'Esprit, le saint !

( 849392 )
Pour info par Non volumus ignorare (2018-07-07 09:34:05)
[en réponse à 849391]
il y a belle lurette me semble -t-il que Reims n'est plus desservie par l'ICRSP non remplacé.....on n'a pas aidé au maintien de la plante naissante

( 849401 )
Erreur par Guadalupe (2018-07-07 18:12:54)
[en réponse à 849392]
la messe n'a pas été supprimée ! Elle a lieu le 3ème dimanche du mois et pour les Rameaux. C'est actuellement le chanoine Boinet qui célèbre dans l'église Sainte Jeanne d'Arc à 10h30

( 849411 )
C'est bien lui, par Vassilissa (2018-07-08 00:45:42)
[en réponse à 849391]
si je ne me trompe, qui était auparavant à Amiens, et grâce à qui nous avions eu une messe de Minuit en plein air, car il avait refusé d'ouvrir sa cathédrale vide…
On avait eu bien froid, mais c'était aussi bien émouvant - et significatif.

( 849412 )
Non, ce n'est pas lui ! par Sacerdos simplex (2018-07-08 00:56:08)
[en réponse à 849411]

( 849413 )
Lui par AVV-VVK (2018-07-08 07:52:40)
[en réponse à 849411]
Serait-ce Mgr. Jean-Luc Bouilleret? Voir aussi les posts de Firminus.

( 849423 )
[réponse] par Mingdi (2018-07-08 15:20:38)
[en réponse à 849413]
Oui, c'est l'illustrissime Mgr Bouilleret, passé depuis à Besançon où il est archevêque. Pensez-donc, obliger ces parias intégristes à se les cailler sur le parvis de la cathédrale, quel exploit, quelle bonne action, quelle charité! Cela méritait une récompense. A bientôt le cardinal Bouilleret? Et pas qu'une fois. Moi c'était en plein jour et j'y avais accompagné le regretté abbé Schaeffer de Couloutre.

( 849440 )
Oui, vous avez raison. par Vassilissa (2018-07-08 23:30:53)
[en réponse à 849411]
Je lis néanmoins sur le site fourni par Sacerdos simplex que le diocèse d’Amiens, "suffragant de l'archidiocèse métropolitain de Reims, relève de la province ecclésiastique de Reims qui couvre les régions Champagne-Ardenne et Picardie ». Il y a peut-être eu accord entre les deux !! Je crois me souvenir que le nom de Mgr Jordan avait été mêlé à cette affaire.

( 849395 )
Les continuateurs de clercs qui se sont fait laver le cerveau. par Scrutator Sapientiæ (2018-07-07 11:28:39)
[en réponse à 849390]
Bonjour Sixte,
Je ne vois pas très bien en quoi nous sommes en présence d'un "sympathique légaliste", d'autant plus que vous avez peut-être voulu dire que nous sommes plutôt en présence d'un "sympathique LEGITIMISTE", ce qui n'est pas du tout la même chose, mais en un sens peu importe, car là n'est pas le plus frappant.
Ce qui est le plus frappant, c'est ceci : plus çà va (mal), et plus nous sommes en présence de clercs qui sont bien, dans les faits, en notre temps, les continuateurs d'autres clercs, qui ont eux-mêmes été, de facto, en leur temps, les continuateurs d'autres clercs, qui se sont fait laver le cerveau, ou qui ont approuvé l'altération, l'amputation, l'écrémage ou le lessivage de bon nombre de leurs convictions chrétiennes.
C'est surtout cette réponse qui m'inspire cette remarque :
"Mon action a été guidée par le souci des personnes en situation de fragilité : les migrants, les pensionnaires de la maison d'arrêt de Reims, les gens du voyage. J'ai entretenu avec elles des relations régulières. Et surtout, j'ai essayé d'être toujours disponible pour les jeunes et leurs familles."
Un élu local, le maire d'une ville, au soir de son engagement politique, n'aurait peut-être pas eu une autre réponse.
En d'autres termes, ces clercs ne se positionnent plus ad extra avant tout comme des pasteurs chrétiens catholiques, mais se positionnent ad extra avant tout comme des accompagnateurs agnostiques et humanistes, et ne voient pas ou, en tout cas, ne semblent pas voir, où est le problème.
Cela me rappelle le témoignage d'un prêtre de la Mission de France, entendu à la radio, au printemps 2016 : pour ce prêtre, apparemment, l'évangélisation, par la prédication, par le témoignage, était seconde, par rapport à une approche accompagnatrice synonyme d'enfouissement décatholicisateur du regard, du discours, des actes, cet accompagnement étant légitimé par des mots d'ordre aussi simples que ceux-ci : prendre les gens comme ils sont, vivre avec les gens comme ils sont, rejoindre les gens dans la vie qui est la leur, etc.
Il y a une part de vérité dans cette attitude, mais la même attitude constitue seulement une composante ou une dimension de l'évangélisation, et le moins que l'on puisse dire est que la mise en avant d'une telle attitude risque souvent de faire aller en direction d'une évangélisation akérygmatique et anthropocentrique, pour ainsi dire.
Je me demande parfois si la tragédie de l'Eglise catholique, au moins depuis 1945, ne découle pas du fait que les clercs catholiques ont commencé puis continué à consentir à l'abandon, par eux-mêmes, d'une grande partie de leurs moyens d'agir (dans les domaines de la catéchèse, de la dogmatique, de la liturgie, de la prière, des sacrements), mais aussi d'une grande partie de leur raison d'être.
Toute la question est de savoir qui a réussi à leur faire croire que cet abandon est d'inspiration "authentiquement chrétienne" ou "vitalement chrétienne".
Puisque nous en sommes là, il ne faut pas que ces clercs se plaignent, s'ils ont, ici où là, de moins en moins de baptêmes, de fidèles, de futurs prêtres et de prêtres, mais justement, s'en plaignent-ils au point d'essayer de remonter de ces conséquences à leurs origines, qui ne sont pas avant tout ni seulement extra-ecclésiales ?
Bonne journée.
Scrutator.

( 849428 )
le MASDU encore et toujours par Luc Perrin (2018-07-08 16:19:12)
[en réponse à 849395]
ce "bon" abbé Georges de Nantes, qui avait bien des défauts, était étonnamment perspicace quand il a identifié cette dérive où l'on est passé dans les années 1960 avec éclat mais dès les années 1945-1960 avec l'enfouissement et les P-O., la déliquescence du Mouvement social catholique (MRP non confessionnel, SGEN laïcisé puis CFDT ...) à ce MASDU, Mouvement d'animation spirituelle de la démocratie universelle.
L'Abbé était encore "optimiste" puisqu'il gardait l'adjectif spirituel que les clercs désormais ont remisé à l'enfer de la Bibliothèque Nationale.
Il faudrait presque dire le MACDU et remplacer le S par Culturelle.
L'évangile du jour résonne avec une particulière acuité dans toute sa sévérité : vous les jugerez comme l'arbre à ses fruits ...
Que dirait Mgr l'Archevêque de son ministère rémois pour répondre à l'interpellation pressante et sans échappatoire du bienheureux et futur saint Paul VI qui atomise le MASDU/MACDU :
"Une telle Exhortation Nous est apparue capitale, car la présentation du message évangélique n’est pas pour l’Eglise une contribution facultative : c’est le devoir qui lui incombe, par mandat du Seigneur Jésus, afin que les hommes puissent croire et être sauvés. Oui, ce message est nécessaire. Il est unique. Il ne saurait être remplacé. Il ne souffre ni indifférence, ni syncrétisme, ni accommodation. C’est le salut des hommes qui est en cause. C’est la beauté de la Révélation qu’il représente. Il comporte une sagesse qui n’est pas de ce monde. Il est capable de susciter, par lui-même, la foi, une foi qui repose sur la puissance de Dieu[11]. Il est la Vérité. Il mérite que l’apôtre y consacre tout son temps, toutes ses énergies, y sacrifie, au besoin, sa propre vie."
Evangelii nuntiandi, n° 5 §3, 1975.

( 849437 )
Oui Mr l'abbe de Nantes avait vu clair .... par Marie-France (2018-07-08 22:40:50)
[en réponse à 849428]
avec son MASDU.Sur ce point il avait vu clair avant tout le monde.

( 849400 )
Une autre phrase, au mieux ambivalente. par Scrutator Sapientiæ (2018-07-07 13:10:01)
[en réponse à 849390]
Rebonjour,
Voici une autre phrase, au mieux ambivalente :
"L'évêque a la délicate mission d'ajuster ses intuitions personnelles aux pratiques diocésaines déjà en place."
Certes, en un sens, que l'on pourrait presque qualifier de pastoral et de prudentiel, cette phrase comporte une part de vérité.
Mais en un tout autre sens, la même phrase peut aussi avoir une tout autre signification, et il n'est pas innocent ou, en tout cas, pas anodin, que ce soit cette phrase-là qui vienne à l'esprit de Mgr Jordan.
La mission d'un évêque peut-elle se réduire à cela, ou se soumettre à cela ?
Un évêque n'a-t-il pas pour mission d'annoncer et de faire annoncer l'Evangile, de confirmer et de faire confirmer dans la foi, d'expliquer et de faire expliquer l'enseignement de l'Eglise ?
Mgr Jordan n'en parle pas ou, en tout cas, n'en parle pas, dans cette partie du texte ; cela laisse-t-il entendre
- que, de son point de vue, cela va tellement de soi, et il le met tellement en oeuvre, qu'il n'est pas nécessaire d'en parler,
ou
- que cette approche orthodoxe, bien plus catholique, attestante, confessante, édificatrice que postmoderne, consensuelle, dialoguante, émancipatrice, est "dépassée" par l'évolution de l'humanité et des mentalités, ainsi que par la nécessité de s'y adapter, pour ne pas dire de s'y conformer ?
Merci beaucoup pour toute remarque à ce sujet et bonne journée.
Scrutator.

( 849416 )
Sa mission ? « Mettre en oeuvre ses intuitions personnelles » ! par Gaspard (2018-07-08 11:02:58)
[en réponse à 849400]
Bonjour Scrutator Sapientiae,
On est toujours tenté de rajouter l'essentiel qui manque, pour que telle ou telle déclaration soit orthodoxe. Mais de tout de même, qu'un évêque avec 31 ans d'épiscopat ne soit pas capable de définir correctement sa propre charge...
Pour Mgr Jordan, son opposition dinosauresque à la messe traditionnelle montre bien qu'il ne conçoit pas sa mission comme celle d'un humble ouvrier dans la vigne du Seigneur, mais bien comme celle d'un autocrate qui suit "ses intuitions personnelles".
Il n'est évidemment pas le seul évêque dans ce cas, ils sont même encore nombreux.
Comment a-t-on pu en arriver là ? à une indifférence pratique totale envers le contenu de la foi, au mieux, et au pire à une allergie envers tout ce qui ressemble à un dogme ? à ce que l'évêque se considère lui-même comme un simple moniteur social ? Au rejet total du passé - comment un archévêque de Reims peut-il évoquer le caractère historique de sa cathédrale en commençant en 1962 ?!
Quelle haine de soi faut-il avoir pour en arriver là ! Et pourquoi cette haine de soi ? Peut-être parce qu'ont été ordonnés des prêtres qui n'auraient pas dû l'être, dont la motivation était uniquement caritative horizontale, qui n'ont pas osé quitter l'état clérical, se sont retrouvés "piégés", et ont tout démoli par rancœur ?
Bon dimanche

( 849442 )
"Malheur à moi si je n'annonce pas l'Evangile!" par PEB (2018-07-09 00:36:21)
[en réponse à 849416]
1 Co 9, 16
C'est bien la mission de l'évêque, qui siège - una cum Papa Nostro Francisco - aussi sur la chaire de saint Paul.
A cela, répond le cri de la Pucelle: "Evêque, c'est par vous que je meurs!"
L'accompagnement des misères humaines n'est pas l'affaire des clercs mais des laïcs. C'est le sacerdoce commun des baptisés, comme le définit si bien le dernier Concile. Il n'y a pas besoin de Monseigneur pour cela.
En revanche, les clercs doivent soutenir la Foi, l'Espérance et la Charité des fidèles en les guidant sur le chemin exigeant de l'Evangile. Ils doivent se tenir prêt à ouvrir la porte des mystères à qui les demande de tout son cœur. Cela passe par l'enseignement mais aussi par la sanctification du Peuple de Dieu.
La raison de la crise est profonde. 1962, année de Vatican II, marque déjà la question de la transmission. Une génération commence à tourner le dos à ses parents: comment alors porter la Tradition apostolique?
La méthode a remplacé l'étude. Le "bête" disciple de Jésus cède la place au "savant" chercheur de Dieu. A la place de la rationalité tranquille des Pères, on s'excite sur les élucubrations sensationnelles du premier imbécile venu (qui peut être votre serviteur!). Le canal de la Grâce est encombré par les bavardages. Et ce n'est que la partie émergée.