Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=848880
images/icones/barbu2.gif  ( 848880 )Communion accordée aux protestants : le tour de passe-passe bergoglien par Candidus (2018-06-22 20:31:24) 

A la surprise des catholiques qui ne se font plus guère d'illusions sur le pape François, ce dernier a semble-t-il approuvé la décision de Mgr Ladaria, préfet de la CDF, d'empêcher la Conférence Episcopale Allemande d'autoriser les protestants mariés à des catholiques de recevoir la communion.

L'illusion n'aura tenu que quelques jours ; dans l'avion qui le conduisait de Genève à Rome, François a clarifié le sens qu'il faut donner à la décision de Mgr Ladaria :

"... selon le Code de Droit Canonique, il revient à l'évêque local de décider sous quelles conditions la communion peut être administrée à des non-catholiques, ce n'est pas du domaine des conférences épiscopales".

Autrement dit, l'autorisation que voulait accorder la CEA n'a plus d'objet puisque n'importe quel évêque, n'importe où dans le monde, peut l'accorder.

Passez muscade, le tour est joué !

Source en anglais
images/icones/hum2.gif  ( 848883 )Que les papes repartent par AVV-VVK (2018-06-22 20:56:06) 
[en réponse à 848880]

dans un avion: seuls, à part leurs secrétaire(s) et quelques-uns de leur entourage immédiat. Qu'ils prient, meditent, se parlent. Mais pas de tribunal médiatique, pas de "selfies", etc.
images/icones/1i.gif  ( 848884 )Pardon, mais ce n'est pas François par Rémi (2018-06-22 21:05:51) 
[en réponse à 848880]

qui a établi le CIC ... promulgué par saint Jean-Paul II.


Si (là je ne vois pas, j'ose encore espérer qu'il n'invente pas, tout de même ... ) cette disposition se trouve dans le droit de l'Eglise, on ne va quand même pas reprocher à François de s'en tenir à ce dernier et de le rappeler.
images/icones/1n.gif  ( 848885 )Ce que dit le Code a déjà été rappelé ici... par Sacerdos simplex (2018-06-22 21:16:21) 
[en réponse à 848884]

Canon 844 :
§ 4. En cas de danger de mort ou si, au jugement de l’Évêque diocésain ou de la conférence des Évêques, une autre grave nécessité se fait pressante, les ministres catholiques peuvent administrer licitement ces mêmes sacrements aussi aux autres chrétiens qui n’ont pas la pleine communion avec l’Église catholique, lorsqu’ils ne peuvent pas avoir recours à un ministre de leur communauté et qu’ils le demandent de leur plein gré, pourvu qu’ils manifestent la foi catholique sur ces sacrements et qu’ils soient dûment disposés.

Effectivement, ce canon mentionne aussi l'Evêque.
Mais les conclusions sont inacceptables.
images/icones/hein.gif  ( 848890 )La confession par Aigle (2018-06-22 22:16:11) 
[en réponse à 848885]

Me semble être obligatoire pour communier (sauf danger de mort?).

Le cas bizarre du protestant qui adhérait à la doctrine catholique de l'eucharistie n'impliquerait elle pas que ce protestant se confesse avant de communier ?
images/icones/1n.gif  ( 848893 )Effectivement! par Miserere (2018-06-22 22:34:02) 
[en réponse à 848890]

Je me posais la même question, il me semble que le protestant ne se confesse pas.

Mais pourquoi le protestant voudrait communier alors qu'il n'embrasse pas la religion catholique et que Luther l'a renié?
images/icones/fleche2.gif  ( 848896 )Non seulement la confession n'est obligatoire que si... par Sacerdos simplex (2018-06-22 23:13:06) 
[en réponse à 848890]

Non seulement la confession n'est obligatoire que si on a un péché mortel sur la conscience (de telle sorte que quelqu'un qui ne commettrait jamais de péché mortel pourrait théoriquement communier sans jamais se confesser, ce qui au demeurant n'est pas du tout conseillé)
mais on pourrait s'interroger sur le point de savoir si cette obligation est "de droit divin" ou disciplinaire.

En effet, ce qui est certainement de droit divin, c'est de communier en état de grâce (et il est possible de retrouver l'état de grâce par un acte de contrition parfaite, jointe au désir de ce confesser - si tant est qu'on ait quelque idée de ce qu'est la confession !...).

Mais pour ce qui est de l'obligation de la confession, est-ce qu'elle concerne aussi les protestants ?...

En tout état de cause, on est ici dans un cas de figure totalement improbable, avec cette problématique du conjoint qui veut communier chez les catholiques uniquement pour des raisons de convenance personnelle et d'unité du couple (cas qui n'est pas du tout celui envisagé par le c. 844).

Rappelons que l'Eglise conseille vivement d'épouser un conjoint catholique (au point qu'il faut une dispense de l'évêque pour faire autrement).

images/icones/neutre.gif  ( 848902 )Confession annuelle obligatoire par Denis SUREAU (2018-06-23 07:14:47) 
[en réponse à 848896]

Pour Sacerdos simplex : "tout fidèle parvenu à l'âge de discrétion est tenu par l'obligation de confesser fidèlement ses péchés graves au moins une fois par an." (CIC 989)
images/icones/1i.gif  ( 848905 ) ...eh bien justement ! par Sacerdos simplex (2018-06-23 07:47:55) 
[en réponse à 848902]


Le Code annoté commence ainsi le commentaire de ce canon :
"Le canon souligne de manière expresse que l'obligation de se confesser au moins une fois l'an concerne ceux qui ont commis des péchés mortels" (et le commentaire poursuit pour parler de la confession des enfants, et mentionne certaines dispositions pour la confession des enfants en vue de la première communion, en réprouvant toute coutume visant à ne pas les confesser).


Tout en sachant que l'expression "péché grave" n'est pas particulièrement définie, et qu'il aurait préférable de s'en tenir dans ce canon à "péché mortel".


images/icones/neutre.gif  ( 848916 )Précision intéressante par Denis SUREAU (2018-06-23 17:46:27) 
[en réponse à 848905]

Effectivement l'obligation de se confesser n'existe que s'il y a une matière nécessaire (des péchés mortels). Rien n'a d'ailleurs changé par rapport au CIC précédent, la formulation est seulement plus précise. Cela étant, celui qui a conscience d'avoir commis un péché mortel doit se confesser au plus tôt.
images/icones/ancre2.gif  ( 848917 )La confession n'est-elle pas obligatoire... par Paterculus (2018-06-23 17:54:42) 
[en réponse à 848896]

... avant la première communion ?
Car pour un protestant, communier chez les catholiques, c'est communier pour la première fois.
Votre dévoué Paterculus
images/icones/neutre.gif  ( 848929 )Confession avant communion par Denis SUREAU (2018-06-24 07:32:26) 
[en réponse à 848917]

Oui par analogie avec ce que l'Eglise demande pour la premi-re communion des enfants : « La première communion des enfants doit toujours être précédée de la confession sacramentelle et de l’absolution », pouvait-on lire en 2004 dans l’instruction Redemptionis Sacramentum (n°87), qui citait en référence pas moins de cinq documents romains récents tout aussi explicites. Parmi eux, le Code de Droit Canonique : « Les parents en premier, et ceux qui tiennent leur place, de même que le curé, ont le devoir de veiller à ce que les enfants qui sont parvenus à l’âge de raison soient préparés comme il le faut et soient nourris le plus tôt possible de cet aliment divin, après avoir fait une confession sacramentelle » (canon 914).
images/icones/rose.gif  ( 848919 )ce canon est pittoresque car déjà par Luc Perrin (2018-06-23 18:21:40) 
[en réponse à 848885]

si on l'exigeait des "catholiques" nominaux qui communient tous les dimanches, bien peu en France et en Europe de l'Ouest rempliraient la condition.

- notion de sacrement lié à la grâce
- notion de sacrifice propitiatoire
- notion de présence réelle et substantielle
- notion de transsubstantiation.

Je ne suis pas certains qu'une majorité de mes étudiants ayant acquis la licence de théologie catholique puisse expliquer ces 4 points.

Quelques anglicans et luthériens catholicisants doivent y parvenir mais je doute fort que les évêques allemands inscrivent leur hospitalité eucharistique dans ce délicieux et suave canon 844 §4.

Hyper-restrictif en fait.
images/icones/info2.gif  ( 848921 )voici le résumé que donne le portail catholique suisse par Luc Perrin (2018-06-23 18:35:07) 
[en réponse à 848919]

"Le guide d’orientation suppose que “dans certains cas de mariages de confessions différentes, la faim spirituelle de communier est si urgente qu’elle pourrait mettre en danger le mariage et la foi des époux, s’ils ne sont pas autorisés à la satisfaire”.

Avant l’admission effective des partenaires non-catholiques concernés à l’Eucharistie, le document précise qu’il est indispensable que ces personnes parlent de leur foi et partagent leur compréhension de l’enseignement eucharistique catholique avec le prêtre qui accompagne leur couple."

parlent et partagent ... was ist das ? On est dans le flou par rapport au can. 844.
images/icones/neutre.gif  ( 848930 )Le Cardinal Brandmüller "corrige" à nouveau François par Candidus (2018-06-24 08:28:40) 
[en réponse à 848880]

Le Cardinal Brandmüller s'est exprimé le 23 juin concernant les propos de François durant le vol Genève-Rome.

Je rappelle que François a fait l'éloge de la déclaration de la Conférence Episcopale Allemande concernant son souhait de permettre l'accès à la communion des protestants mariés à des catholiques. François n'a émis qu'une seule réserve : ce que propose la CEA, c'est en fait à chaque évêque de le mettre en pratique. Le pape estime que la déclaration de la CEA sera un guide pour aider les évêques à mettre en pratique ce que prévoit déjà le Code de Droit Canonique.

Le Cardinal Brandmüller rappelle que le canon 844§4 prévoit qu'un chrétien non catholique puisse recevoir la sainte communion en « danger de mort » ou dans une « situation de danger » similaire, à condition qu'il partage « la foi catholique dans la Sainte Eucharistie », qu' « il n'ait pas accès à son propre ministre du culte » et qu' « il soit en état de grâce ».

L'Église catholique visait par ce canon « des chrétiens orthodoxes et du Proche-Orient, qui partagent déjà la foi eucharistique catholique » et vivent souvent dans des situations de diaspora où ils rencontrent rarement un de leurs propres prêtres.

Ce canon ne peut pas être appliqué aux conjoints protestants des catholiques dans les situations de la vie quotidienne :

« Il est évident que les conditions préalables à l'application du can. 844§4 ne sont nullement donnés pour le cas spécifique des conjoints non catholiques de catholiques. »

Source en anglais