
( 848425 )
Pour comprendre l'attitude de François à l'égard de la FSSPX par Candidus (2018-06-06 10:18:30)
Les paroles de François qui suivent ont été adressées le 30 mai au patriarche russe orthodoxe. Je pense qu'on peut les appliquer verbatim aux sentiments de François à l'égard de la FSSPX :
Certains pensent - mais ce n'est pas une bonne chose - qu'il doit d'abord y avoir un accord doctrinal, sur tous les points de division, et ensuite un cheminement. Cela ne marche pas pour l'œcuménisme, car nous ne savons pas quand l'accord surviendra. J'ai entendu un jour un homme d'Église, un homme de Dieu, qui disait: "Je sais quel jour l'accord doctrinal sera signé". On lui a demandé: "Quand?" - "Le lendemain de la venue du Christ glorieux".
Nous devons continuer à étudier la théologie, à clarifier les points obscurs, mais en attendant cheminons ensemble, n'attendons pas que ces difficultés soient résolues pour cheminer ensemble, non. Nous cheminons et en même temps nous faisons cela [étudier, clarifier], nous cheminons dans l'amour, dans la prière.
Source en
anglais, en
italien.
Dans le texte complet de l'allocution de François, on trouve aussi une condamnation radicale de l'"uniatisme", qui soulève des difficultés.

( 848433 )
Autre enseignement par Candidus (2018-06-06 15:59:18)
[en réponse à 848425]
A la lecture de ce texte qui condamne dans les termes les plus forts toute démarche "uniatiste", on comprend aussi pourquoi François éprouvera toujours plus de sympathie pour la FSSPX que pour les divers instituts Ecclesia Dei. Après tout, la créations de ces instituts, et tout particulièrement de la FSSP, mutatis mutandis, procède d'une espèce de démarche uniatiste : "on vous concède généreusement l'usage de vos traditions, de vos rites, de votre discipline dans la mesure où vous vous placez sous l'autorité du pape".
Voici avec quels mots sévères, François signifie son rejet de l'uniatisme :
Je voudrais réitérer devant toi, mon cher frère et devant vous tous, que l'Église catholique ne permettra jamais qu'apparaisse une attitude de division. Nous ne nous autoriserons jamais à faire cela, je ne le veux pas. A Moscou - en Russie - il n'y a qu'un seul Patriarcat: le vôtre. Nous n'en aurons pas d'autre. Et quand des fidèles catholiques, laïcs, prêtres ou évêques, prennent la bannière de l'Uniatisme qui ne fonctionne plus, qui est obsolète, c'est aussi une douleur pour moi. Les Églises unies à Rome doivent être respectées, mais l'uniatisme comme chemin d'unité aujourd'hui ne convient pas.

( 848440 )
Tous les mariages sont tellement nuls par le torrentiel (2018-06-06 22:20:35)
[en réponse à 848433]
qu'il est interdit de revenir vers celui, indissoluble, de sa jeunesse.
C'est aussi, accessoirement, un reniement du "subsistit in" de "Dominus Iesus" au nom de l'impératif que, quand on aime, il ne faut surtout pas vexer celui qu'on aime.
Ci-dessous, pour ce qu'elle vaut, ma réaction à chaud reproduite sur ma page Fb lorsque j'ai découvert cette information dans "La Croix":
Pourquoi le pape François rejette-t-il l’uniatisme des gréco-catholiques d’Ukraine pour « rassurer Moscou » comme le titre « La Croix » ? Comme s’il n’y avait pas quantité de voies possibles d’unité de l’Eglise et que le rattachement à Rome de ceux qui le souhaitent n’était plus légitime aujourd’hui. Un simple respect de ce qu’endura et vécut la dissidence soviétique commanderait pourtant une autre attitude : « Qualifiées péjorativement d’« uniates » par les orthodoxes, qui leur reprochent d’être des « loups déguisés en agneaux », ces Églises catholiques orientales ont subi la persécution à l’époque communiste, étant souvent réintégrées de force dans leurs Églises orthodoxes d’origine. Après la chute du Mur, elles sont demeurées des pierres d’achoppement entre catholiques et orthodoxes, ceux-ci leur reprochant leur prosélytisme en terre orthodoxe. » Or des journalistes qui n’étaient pas conspirationnistes, mais documentés ([j'ose à peine citer] le nom de Pierre de Villemarest) ont démontré que le patriarcat de Moscou avait été infiltré par le KGB et que le patriarche actuel, sur lequel s’appuie Poutine en même temps que sur un reste de nomenklatura, aurait participé à cette infiltration. L’Ukraine fut certes le berceau de la Russie et on pourrait pousser l’optimisme jusqu’à dire que cette façon pour le pape d’exclure les gréco-catholiques ukrainiens du giron catholique est une façon de reconnaître pleinement le poumon orthodoxe et de se désoccidentalo-centrer. Mais pourquoi l’unité de l’Eglise ne passerait-elle pas aussi par la réintégration dans la pleine communion avec Rome des frères séparés s’ils en expriment le désir ? C’est en outre se tromper sur la vraie nature de l’œcuménisme, qui n’est plus un dialogue d’appareils confessionnels, mais la capacité de se parler et de s’entendre que doivent acquérir les différentes sensibilités spirituelles du christianisme.