
( 847743 )
Les sermons en latin, cela existe effectivement par Sixte (2018-05-13 23:59:16)
Découvrant la polémique sur la comparaison par un porte-parole du gouvernement entre les prêches en arabe dans les mosquées un peu chaudes et les sermons en latin, je lis partout sur des sites "catho" que c'est n'importe quoi, et qu'il n'existe nulle part des sermons en latin.
C'est faux : au moins une fois, en 2012, j'ai assisté à une messe Paul VI, tout en latin, dite par un prêtre de l'Opus Dei, à Rome, qui parlait couramment latin, comme on devrait l'attendre logiquement d'au moins tout prêtre catholique un minimum cultivé. Comme le public était international et constitué de beaucoup de savants versés dans cette langue, il a donc employé la langue de Virgile pour commenter les textes de ce dimanche.
Et croyez-moi que ce n'est pas dur, à partir du moment où on a travaillé cette langue, tout sauf mystérieuse.
Après, la logique est différente : le prêche en arabe en Europe est un moyen pour empêcher les kouffars que nous sommes de comprendre, alors que le sermon en latin était là une manière de rassembler les hommes.

( 847745 )
Le latin du Ier siècle, bien vivant = équivalent de l'arabe littéraire, bien différent des dialectes arabes actuels par Sixte (2018-05-14 00:22:03)
[en réponse à 847743]
Juste un dernier point là-dessus :
Souvent, je discute avec des "cathos" jeunes branchés qui adorent s'exprimer en anglais dès qu'ils peuvent, dont à la messe international de tel ou tel endroit, ou des plus anciens, qui adorent chantouiller des phrasettes en hébreu moderne, en italien..., mais considèrent que le latin, c'est has been, car "mort".
Je leur fais alors remarquer que le latin est bien vivant, étant parlé par 1 milliard 500 millions de personnes (les locuteurs des évolutions différentes de cette langue que sont suivant les pays le français, espagnol, portugais, italien...), voire plus si on additionne tous les locuteurs de l'anglais, sorte de métissage entre le germanique et le latin, par le biais du français médiéval).
Des langues mortes, il y en a à la pelle, comme l'étrusque, le gaulois, l'akkadien...A un moment, elles ont cessé d'exister, et donc d'évoluer, pour être remplacées par d'autres.
Par ailleurs, pour une langue morte, être langue officielle d'un Etat (le Vatican), et langue officielle d'une religion, avec des gens qui sont capables de s'exprimer par son biais, à l'écrit comme à l'oral, est un peu illogique.
Le plus simple est de comparer avec ce qu'on appelle l'arabe, langue parlée soi-disant par 300 millions de personnes.
En réalité, il y a l'arabe littéraire, forme figée de l'arabe du septième siècle, soit la conquête musulmane, qui, évoluant, a donné naissance à l'égyptien, le syrien, le maghrébin...
La seule différence est que l'on ne dit pas le latin de France pour désigner le français, le latin d'Espagne..., mais le français, l'espagnol, qui ont acquis le statut de langue depuis des siècles, alors que le prestige du "latin de l'islam" est tel que ses évolutions n'ont droit qu'au titre d'arabe dialectal.
Bref, l'arabe, langue de 300 millions de personnes est en fait une langue, comme le latin, figée grammaticalement et morphologiquement, mais s'adaptant aux nouvelles réalités, ce que fait le latin, avec cette différence que les peuples chrétiens, pris de folie il y a 50 ans, ont craché sur leur langue de communication religieuse, ce qui n'est pas le cas de ce latin de l'islam qu'est l'arabe littéraire.
S'il est bien plus pratiqué, c'est qu'il est utilisé à la télévision, à la radio. Mais c'est une langue savante, incompréhensible pour l'arabophone dialectal de la rue...
Vive donc le latin, langue officielle de l'Eglise, utilisé comme langue de communication, et non à ceux qui veulent en faire une pièce de musée !
PS : dernière différence : la période de différenciation de l'arabe étant beaucoup plus récente que celle du latin (le VIIème siècle pour le premier, le Ier pour l'autre), les dialectes arabes ont pris moins de distance que les langues latines avec leur forme-mère. C'est un peu la situation des langues slaves, restées au bout de 1300 ans, assez proches les unes des autres. Par ailleurs, le prestige de la langue coranique est tel dans les pays arabophone d'islam que cela a contribué à ralentir le processus naturel d'évolution. Mais encore une fois, des locuteurs de formes dialectales de l'islam, qui ont grand mal à se comprendre entre eux, parfois entre pays voisins, ne peuvent pas sans étude comprendre l'arabe littéraire.

( 847746 )
Sans parler du fait par Meneau (2018-05-14 00:36:50)
[en réponse à 847745]
que le latin est encore employé aussi dans le monde scientifique (biologie - taxonomie) et médical (classification des maladies, nom des os et des organes, etc).
Ce qui d'ailleurs pour l'anecdote me rend bien des services en tant que français vivant à l'étranger : la plupart des médecins allemands comprennent les noms d'organes ou de parties du corps en français (ex : clavicule - clavicula, intestin - intestinum) alors qu'ils ont aussi des noms courants en allemand (ex: Schlüsselbein, Darm) qui n'ont pas grand chose à voir.
Bon, pour la rate (splenium - là on est plutôt dans le grec), c'est à moi de m'adapter !
Cordialement
Meneau

( 847770 )
Délatiniser l'Eglise = déraciner l'Eglise par Aétilius (2018-05-14 19:11:27)
[en réponse à 847743]
Chers amis,
Pour aller dans votre sens, je suis atterré de rencontrer de jeunes prêtres, souvent pieux, mais d'une inculture anté-Vatican II abyssale.
Ma conclusion : ceux qui ont cherché à détruire l'usage du latin dans l'Eglise savaient très bien qu'ainsi, c'était l'idéal pour couper la foi catholique authentique de ses racines, et la transformer profondément de l'intérieur.
En effet, une bonne partie de la littérature théologique d'avant 1950 est en latin, surtout dans les pays n'ayant pas une langue de grande dissémination. Qu'un prêtre ne maîtrise pas cette langue voire la méprise, et il n'a plus accès à des auteurs sûrs.
Conclusion : l'usage du latin n'est pas anodin, mais vital pour l'Eglise, non pas comme langue liturgique morte, mais comme langue liturgique et langue de communication.
Pour finir, faire du latin fait fonctionner les neurones, là où les grandes langues internationales ouest-européennes ont un fonctionnement grammatical très simplifié par rapport.