Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=847151
images/icones/neutre.gif  ( 847151 )Extrême-onction : question par Meneau (2018-04-26 20:07:16) 

J'ouvre un nouveau fil pour éviter de polluer le fil de prières pour Alfie.

Alexandre a publié ici Sacram unctionem qui revisite le sacrement des malades.

On y voit que, comme d'ailleurs pour la confection du Saint-Chrême, toute huile végétale peut remplacer l'huile d'olive. Questions :

1. L'Eglise peut-elle changer la matière d'un sacrement ?
2. L'huile d'olive serait "difficile à trouver". Je ne comprends pas cet argument à notre époque ? A mon avis l'huile d'olive était beaucoup plus difficile à trouver en dehors des pays méditerranéens aux premiers temps de l'Eglise, et pourtant...

Cordialement
Meneau
images/icones/1n.gif  ( 847153 )Vous répondez à votre propre question par Ion (2018-04-26 20:24:16) 
[en réponse à 847151]

Vous rapportez que :
- l'Eglise a changé la matière du sacrement des malades
Puis vous demandez :
- L'Eglise peut-elle changer la matière d'un sacrement

Bizarre ...

Ion
images/icones/neutre.gif  ( 847154 )Bizarre, je ne vous le fais pas dire par Meneau (2018-04-26 20:31:58) 
[en réponse à 847153]

Cela dit, j'aurais présenté la chose autrement :

- Sacram unctionem prétend changer la matière du sacrement.
- L'Eglise peut-elle vraiment faire cela ?

Cordialement
Meneau
images/icones/fleche3.gif  ( 847160 )interessant par jejomau (2018-04-26 22:24:19) 
[en réponse à 847154]

d'autant qu'on a aussi un exemple bien connu avec l'eucharistie qui doit être faite avec de la farine de blé et uniquement avec cette matière....

Je ne trouve pas Sacram Unctionem en Français. Avez-vous ce lien ?

Dans la version Anglaise toutefois je remarque que Paul VI use de son Autorité Apostolique (par deux fois même) pour bien spécifier les choses. Voici l'extrait en question qui - remarquons le quand même - conserve à l'huile d'olive sa première place :

Par conséquent, puisque cette révision à un certain point touche au rite sacramentel lui-même, par notre autorité apostolique, nous établissons que ce qui suit doit être observé pour l'avenir dans le rite latin:

LE SACREMENT DE L'ONCTION DES MALADES EST ADMINISTRÉ À CEUX QUI SONT DANGEREUSEMENT MALADES, EN LES ORIENTANT SUR LE FRONT ET LES MAINS AVEC DE L'HUILE D'OLIVE OU, SI C'EST OPPORTUN, AVEC UNE AUTRE HUILE VÉGÉTALE, CORRECTEMENT BÉNIE, ET N'INDIQUANT QUE LES MOTS SUIVANTS: "PAR ISTAM SANCTAM UNCTIONEME ET SUAM PIISSIMAM MISERICORDIAM ADIUVET TE DOMINUS GRATIA SPIRITUS SANCTI, UT A PECCATIS LIBERATUM TE SALVET ATQUE PROPICE ALLEVIET".

En cas de nécessité, cependant, il suffit qu'une seule onction soit donnée sur le front ou, à cause de l'état particulier du malade, sur une autre partie du corps plus appropriée, la formule entière étant prononcée.
Ce sacrement peut être répété si le malade, après avoir reçu l'onction, se rétablit et tombe à nouveau malade, ou si, au cours de la même maladie, le danger devient s'accroît.
Ayant établi et déclaré ces éléments concernant le rite essentiel du sacrement de l'Onction des Malades, nous, par notre autorité apostolique, approuvons aussi l'Ordre de l'Onction des malades et de leur soin pastoral, tel qu'il a été révisé par la Sacrée Congrégation pour le Culte Divin. Dans le même temps, nous révoquons, le cas échéant, les prescriptions du Code de droit canonique ou d'autres lois jusqu'ici en vigueur, ou nous les abrogeons; les autres prescriptions et lois, qui ne sont ni abrogées ni modifiées par l'arrêté susmentionné, restent valables et en vigueur. L'édition latine de l'Ordre contenant le nouveau rite entrera en vigueur dès sa publication. Les éditions vernaculaires, préparées par les conférences épiscopales et confirmées par le Siège Apostolique, entreront en vigueur le jour qui sera fixé par les conférences individuelles. L'ancien ordre peut être utilisé jusqu'au 31 décembre 1973. Toutefois, à partir du 1er janvier 1974, le nouvel ordre ne doit être utilisé que par tous ceux qu'il concerne.
Nous désirons que ces décrets et nos prescriptions soient pleinement et efficacement appliqués dans le Rite latin, malgré les Constitutions apostoliques et les directives émises par nos prédécesseurs et d'autres prescriptions, même si elles sont dignes de Mention spéciale.


Très difficile de donner un sens aux mots anglais entre les virgules et qui sont écrits ainsi : "OR, IF OPPORTUNE, WITH ANOTHER VEGETABLE OIL".

"Google traduction" traduit en Français par : "OU, SI POSSIBLE, AVEC UNE AUTRE HUILE VÉGÉTALE".... Ce qui me parait être un contre-sens. Il me semble que Paul VI dit plutôt qu'il faut donner l'absolution avec de l'huile d'olive mais que s'il n'y en a pas, on peut utiliser une autre huile végétale


images/icones/1e.gif  ( 847162 ) Vous me faites penser à cette histoire... par Sacerdos simplex (2018-04-26 22:41:17) 
[en réponse à 847160]


Un homme va dans un restaurant, s'installe, regarde la carte et dit au serveur :
" Donnez-moi des fautes d'orthographe !
- Des quoi ???....
- Des fautes d'orthographe !
- Mais je... nous... euh... nous n'en avons pas...
- Alors pourquoi est-ce que vous en mettez dans votre menu ?..."

Ce sont vos fautes dans le texte latin qui m'y ont fait penser.

Quant à votre "...donner l'absolution avec de l'huile d'olive...", je sais que Paul VI avait tendance à... Oui, bon, non rien.

Un simple prêtre.

PS. Puisque je suis dans les histoires drôles, en voici une vraie et récente.
On connaissait le "Louis-croix-vé-bâton" des révolutionnaires.
Mais là, dans une vidéo dont les paroles étaient prononcées par un ordinateur, j'ai eu droit à :
Benoît-iks-vé-i.
Vous aurez reconnu Benoît XVI.


images/icones/neutre.gif  ( 847167 )Ben... par Meneau (2018-04-27 00:43:14) 
[en réponse à 847160]

Le lien est dans mon premier post !

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 847155 )St Thomas par Meneau (2018-04-26 20:41:38) 
[en réponse à 847151]


Le remède le plus commun doit être donné là où le danger est plus grand. Or, l’huile d’olive n’est pas un remède commun, car on ne la trouve pas dans tous les pays. Puisque ce sacrement est donné à ceux qui partent, et qui se trouvent donc dans le plus grand danger, il semble que l’huile d’olive ne soit pas une matière convenable.
Réponse: Bien que l’huile d’olive ne soit pas cultivée partout, elle peut facilement être apportée en tout lieu

Sentences, IV, 23, 3


Le cinquième sacrement est l'extrême-onction dont la matière est l'huile d'olive bénite par l'évêque.

Concile de Florence, Dz 1324

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 847156 )Concile de Trente par Meneau (2018-04-26 20:50:55) 
[en réponse à 847151]


O R, cette Onction sacrée des malades a esté établie par nostre Seigneur Jesus-Christ, comme un Sacrement propre & véritable du Nouveau Testament, dont l'usage se trouve insinué dans Saint Marc (Marc. 6. 13.), & se voit manifestement établi, & recommandé aux Fidelles par Saint Jacques Apostre, & frere de nostre Seigneur : Quelqu'un, dit-il, est-il malade parmi vous, qu'il fasse venir les Prestres de l'Eglise, & qu'ils prient sur luy, l'oignant d'huile au Nom du Seigneur ; & la priere de la Foy sauvera le malade ; & le Seigneur le soulagera ; & s'il est en estat de péché, ses péchez luy seront remis (Jabob. 5. 14.15.). Par ces paroles que l'Eglise a receûës, comme de main en main, de la tradition des Apostres, elle a appris elle-mesme, & nous enseigne ensuite, quelle est la matiere, la forme, le Ministre propre, & l'effet de ce Sacrement salutaire. Car, pour la matiere, l'Eglise a reconnu que c'estoit l'huile beniste par l'Evesque ; & en effet, l'Onction représente fort justement la grace du Saint Esprit, dont l'ame du malade est comme ointe invisiblement : Et pour la forme, qu'elle consistoit en ces paroles : Par cette Onction, &c.

Concile de Trente, 14è Session.

On voit que le mot "olive" n'est pas présent. Cependant le Catéchisme du Concile de Trente, lui, précise :

L’élément, ou la matière de ce Sacrement, comme l’ont déclaré plusieurs Conciles, et spécialement le Concile de Trente, c’est l’huile consacrée par l’Evêque, non toute sorte d’huile en général, extraite d’une substance adipeuse, mais seulement l’huile d’olive.



Cordialement
Meneau
images/icones/nounours.gif  ( 847161 ) Une question de définition ? par Sacerdos simplex (2018-04-26 22:29:06) 
[en réponse à 847156]

D'après le wiktionnaire, voici l'étymologie d'oleum :

Du grec ancien ??????, élaion (« huile d’olive »), dérivé de ?????, elaía (« olive »).


On notera une parenté semblable en latin entre oleum et oliua.

On peut donc considérer que, au sens strict, ?????? / oleum désigne l'huile d'olive, mais comme - je le suppose - il ne doit pas exister de mot pour désigner les autres huiles (colza, tournesol... voire petroleum...), au sens large ce mot pourrait désigner l'huile en général.
St Jacques ne précise pas : huile d'olive.
Vous me direz que pour lui la question ne se posait peut-être pas.

On pourrait se mettre d'accord sur le fait qu'il faut privilégier autant que possible l'huile d'olive.
Et que là où on n'en trouve vraiment pas, l'Eglise semble compétente pour prendre une telle détermination.
Au passage, je me demande bien quels sont les pays où on a de l'huile d'autres végétaux et pas d'huile d'olive ! Au fin fond de l'Afrique ?
Y a-t-il réellement des sièges épiscopaux où on ne trouve pas d'huile d'olive ?
Je me souviens de la réaction des tradi, à l'époque, devant cette décision romaine, qui laissait supposer que les transports de nos jours sont devenus beaucoup plus difficiles que dans les siècles passés...

images/icones/neutre.gif  ( 847175 )?????? par Yves Daoudal (2018-04-27 12:20:03) 
[en réponse à 847161]

Quand saint Jacques dit ?????, il s'agit de l'huile d'olive puisque le mot veut dire "huile d'olive". Mais par extension le mot désigne toute huile, comme en latin oleum désignait l'huile d'olive puis toute huile. Mais il semble qu'en grec pour parler d'une autre huile que celle d'olive on précisait huile de ceci ou huile de cela.

Je ne sais pas si les orientaux ont une doctrine arrêtée sur le sujet, mais ce qui est certain est que j'ai reçu l'onction de l'huile des malades plus souvent que la plupart des liseurs : chaque fois que j'ai participé à l'office du mercredi saint à Saint Julien le Pauvre... (Selon un étonnant symbolisme inversé, le pécheur est oint avant Pâques en souvenir de la pécheresse qui avait oint le Seigneur, chantée dans la liturgie du jour.)
images/icones/1d.gif  ( 847176 )C'est du grec ! par Yves Daoudal (2018-04-27 12:21:36) 
[en réponse à 847175]

Ce n'est pas une série de points d'interrogations, mais le mot grec ??????. Il me semblait qu'auparavant on pouvait utiliser les caractères grecs dans les titres...
images/icones/5a.gif  ( 847177 )Ah ben alors... par Yves Daoudal (2018-04-27 12:24:45) 
[en réponse à 847176]

on ne peut plus les utiliser non plus dans le texte. C'est bien dommage. Le mot était donc élaion. Mot neutre. Olive étant féminin (bien sûr, Popeye): élaia.
images/icones/1a.gif  ( 847163 )Si les confirmands par Turlure (2018-04-26 23:12:30) 
[en réponse à 847151]

sont nombreux à se présenter devant l'évêque, l'huile d'olive ne suffira pas, il faudra aussi un peu d'huile de coude.
images/icones/neutre.gif  ( 847168 )Importance de votre question par Candidus (2018-04-27 03:35:36) 
[en réponse à 847151]

C'est cette possibilité d'avoir recours à de l'huile végétale autre que celle d'olives qui est à l'origine des reconfirmations pratiquées par Mgr Lefebvre et ses évêques. Ils considèrent que les confirmations célébrées avec un saint chrême composé à partir d'un autre oléagineux que l'olive sont douteuses. Vous faites bien d'aborder cette question.

Paul VI a décrété "par [son] autorité apostolique" (ce qui engage l'Eglise) que le Saint Chrême pouvait être confectionné avec un autre oléagineux que l'olive.

Il y a donc trois réponses possibles à votre question :

1- Oui, l'Eglise peut modifier la matière d'un sacrement puisque Paul VI "par [son] autorité apostolique" l'a fait.

2- Non, l'Eglise ne peut pas modifier la matière d'un sacrement mais modifier l'origine de l'huile n'en modifie pas la nature qui est d'être un oléagineux. Un peu comme le fait de modifier l'espèce de raisin avec lequel est confectionné le vin eucharistique n'a pas d'incidence sur la validité du sacrement.

3- Et la position sédévacantiste que l'on pourrait résumer par ce syllogisme :
Majeur : Non, l'Eglise ne peut pas modifier la matière d'un sacrement
Mineur : or Paul VI en déclarant le faire "par [son] autorité apostolique" aurait dû engager l'Église,
Conclusion : donc il a manifesté qu'il ne pouvait pas en être la tête.

A vous de choisir. Personnellement, jusqu'à plus ample informé, j'opte pour la seconde option. Il serait intéressant de connaître la pratique des Églises orthodoxes et orientales sur cette question. Sont-elles unanimes à considérer que l'huile utilisée pour la confection de ces deux sacrements (ou "mystères") doit nécessairement provenir d'olives ?
images/icones/neutre.gif  ( 847170 )Pareil pour la Consécration par Justin Petipeu (2018-04-27 09:35:24) 
[en réponse à 847168]

Il me semble qu'au départ, la Consécration se faisait avec du vin rouge. Et maintenant avec du vin blanc...
images/icones/neutre.gif  ( 847172 )Blanc ou rouge, ce ne sont que des "accidents" par Sacerdos simplex (2018-04-27 10:08:50) 
[en réponse à 847170]

La substance, vin, est bien la même, seule change la couleur, qui fait partie des accidents au sens d'Aristote, qui compte 9 catégories d' "accidents" (la quantité, la qualité, la relation, le lieu, le temps, la position, la possession, l'action et la passion).
De la même manière qu'un baptisé est un homme, quelle que soit sa couleur !


Par contre, il est très important de bien noter que lorsque l'Eglise parle de transsubstantiation, elle ne fait absolument pas référence à cette conception d'Aristote. Elle utilise le mot substance au sens courant du terme, et constate qu'une substance a été changée en quelque chose d'autre, une autre substance.




images/icones/neutre.gif  ( 847173 )Substance et accidents de l'huile végétale ? par Candidus (2018-04-27 10:40:52) 
[en réponse à 847172]

On pourrait avancer que la substance de l'huile végétale, quelle qu'en soit l'origine, ce seraient les triglycérides ; les accidents, ce seraient les acides gras dont la nature et le pourcentage varient d'une huile à l'autre.

Le problème c'est que cela s'applique aussi aux huiles d'origine animale (huile de foie de morue, de pied de boeuf...), or celles-ci, selon Paui VI, ne sont pas aptes à constituer la matière du saint chrême.

Un liseur ayant des connaissances en chimie pourrait-il nous indiquer ce qui, selon lui, constitue la substance d'une huile végétale ? Une substance qui ferait donc défaut aux huiles d'origine animale (huile de phoque par exemple qu'un évêque missionnaire au pôle nord ne pourra pas utiliser pour confectionner du saint chrême).

Quand je vous disais, Meneau, que votre question est intéressante... Vous voyez à quels développements et considérations elle nous conduit ?
images/icones/1i.gif  ( 847174 )Ohlalala... par Turlure (2018-04-27 11:52:25) 
[en réponse à 847173]

Je pense qu'un liseur chimiste vous répondra qu'Aristote est sans doute passionnant à étudier mais que la science a un peu évolué depuis et que ses distinctions ne sont pas forcément adéquates pour faire une classification des huiles selon leur composition.

Un précepte divin relatif à l'institution d'un sacrement n'a pas besoin d'être fondé scientifiquement. Je pense que vous coupez les cheveux en quatre et "naturalisez" le surnaturel, un peu comme sur la question de l'apparition des premiers hommes.

Le simple sens commun permet de comprendre sans difficultés ce qu'est une huile végétale. D'ailleurs, il n'y a probablement pas que la composition qui entre en jeu mais aussi l'état physique : consacrerait-on de la margarine ?
images/icones/neutre.gif  ( 847178 )Matière à réflexion par Candidus (2018-04-27 13:33:06) 
[en réponse à 847174]

Pourquoi une Eucharistie célébrée avec du pain fait avec de la farine de riz ou de pois chiche serait invalide, alors qu'une confirmation célébrée avec un saint chrême confectionné avec de l'huile de colza ou de tournesol ne le serait pas ?

Le riz ou le pois chiche sont-ils plus éloignés du blé que le tournesol ou le colza de l'olive ? C'est loin d'être évident, et dans les deux cas, l'Ecriture Sainte précise pour l'un que la matière est le pain de froment et pour l'autre l'huile d'olive. Il y a tout de même matière à réflexion.
images/icones/neutre.gif  ( 847179 )Mon sentiment par Turlure (2018-04-27 13:46:55) 
[en réponse à 847178]

Est qu'on peut bien sûr y réfléchir et se poser des questions mais qu'on se heurtera tôt ou tard au mur du mystère. La transsubstantiation, le baptême, les diverses onctions sacramentelles ou sacramentales, ne sont pas des choses rationnelles et descriptibles scientifiquement. Il se passe quelque chose AU DELA de la réalité sensible que nous appelons "accidents".

Je pense que la question du "pourquoi" est aussi sans autre issue que "parce que le Christ a institué les choses ainsi". L'Eglise ne fait au fond que répéter ces gestes. Je serais tenté de dire "avec opiniâtreté".
images/icones/neutre.gif  ( 847181 )Mon sentiment par Abbé Jacques Olivier (2018-04-27 14:00:36) 
[en réponse à 847179]

Mon sentiment est que dans une période de confusion il est difficile d'avoir des certitudes dans les sujets d'ordre ecclésiologique
images/icones/nounours.gif  ( 847185 )Quelques petits points de détail par Sacerdos simplex (2018-04-27 15:34:31) 
[en réponse à 847179]


Est qu'on peut bien sûr y réfléchir et se poser des questions mais qu'on se heurtera tôt ou tard au mur du mystère.


Oh, ça c'est ben vrai !...

La transsubstantiation, le baptême, les diverses onctions sacramentelles ou sacramentales, ne sont pas des choses rationnelles...


Un peu quand même, puisque la théologie est une "science", une connaissance organisée de manière rationnelle. Sinon, toute théologie serait impossible.

...et descriptibles scientifiquement.


Si vous limitez la science à la physique et à la chimie, voui. Mais dans ce fil, on a aussi fait appel à la philosophie (scholastique, of course) ; rappelons que selon l'enseignement de l'Eglise "la philosophie est la servante de la théologie".

Il se passe quelque chose AU DELA de la réalité sensible que nous appelons "accidents".


Voui.
Etant cependant précisé qu'il ne faut pas confondre d'une part les accidents (prédicamentaux), auxquels j'ai fait une brève allusion pour rappeler que la couleur (de même que la température, le lieu, etc.) d'une chose n'est pas constitutive de sa substance, et d'autre part ce qu'on appelle les "espèces", par exemple les "espèces eucharistiques", qui sont les apparences sensibles : les apparences du pain et du vin pour les Saintes Espèces.
Espèces vient du latin species (apparence, aspect, espèce...) qui vient de specio, regarder.

images/icones/fleche2.gif  ( 847180 )Toutefois par Turlure (2018-04-27 13:57:59) 
[en réponse à 847178]

Je suis d'accord avec vous qu'il est surprenant que l'Eglise sorte ici de l'attitude traditionnelle de prudence extrême qui l'a plutôt caractérisée en la matière (c'est le cas de le dire) et paraisse décréter, comme une norme nouvelle, que d'autres huiles que l'huile d'olive puisse être utilisée.

Elle ne paraît pas ici se fonder sur un précédent remontant à la Révélation, ce qui pourrait l'assurer de la validité de l'utilisation d'une telle huile. Au contraire, il semble que l'huile d'olive ait toujours été utilisée.

Mais comme on dit : Roma locuta est... Donc si nous croyons que Rome est dans Rome, il faut en effet reconnaître comme vraie cette décision qui est peu expliquée mais le sera peut-être plus tard.
images/icones/neutre.gif  ( 847187 )Ouais... Pour être plus clair par Meneau (2018-04-27 18:17:12) 
[en réponse à 847180]

Disons-le autrement, en forçant le trait, même si ce n'était pas forcément mon intention initiale, mais pour vous faire comprendre mon intention : ce que je cherche, ce sont plutôt des arguments éventuellement opposables à des sédévacantistes, pas des arguments à la BK / Ion "le pape l'a dit, donc c'est comme ça" car ceux-là rétorqueront à ceux-ci : "... ou bien c'est simplement que le pape n'est pas pape. Voire même c'en est la preuve !".

Cordialement
Meneau
images/icones/iphone.jpg  ( 847218 )Mouais par Vincent F (2018-04-29 21:36:51) 
[en réponse à 847180]

Je n’ai aucun doute que Paul VI avait des raisons théologiques de permettre cet usage. Mais il me semble que l’Eglise n’est pas constituée d’initie d’une part et de fidèles devant ignorer de telles raisons d’autre part.
images/icones/fleche2.gif  ( 847184 )On ne doit pas comparer avec le sacrement de l'Eucharistie... par Chicoutimi (2018-04-27 15:19:26) 
[en réponse à 847151]

La matière de l'Onction des malades n'est pas l'huile bénite elle-même, mais l'onction que le prêtre fait sur le malade. Autrement, si la matière était l'huile bénite elle-même (et non le geste de l'onction) un simple laïc pourrait administrer ledit sacrement validement (tout comme un simple laïc qui donne la sainte communion donne vraiment le corps et le sang du Christ).

Mais, à la différence de l'Eucharistie (où le sacrement est réalisé à la consécration), l'Onction des malades n'est pas réalisé au moment de la bénédiction de l'huile des malades mais au moment de l'onction du malade par le prêtre.

Ainsi, Paul VI n'a pas changé la matière du sacrement (qui demeure toujours le geste de l'onction) mais a fait en sorte que cette matière ne puisse jamais faire défaut.
images/icones/neutre.gif  ( 847186 )distinction par Lycobates (2018-04-27 15:34:38) 
[en réponse à 847184]

On distingue en théologie sacramentelle matière proche et matière éloignée.

La matière proche du sacrement de l'extrême onction est l'onction d'un infirme par les mains d'un prêtre valide ;
la matière éloignée est l'huile d'olive bénite par l'évêque ou par un prêtre ayant reçu cette faculté du Saint Siège.

Toutes les deux matière du Sacrement qui occupe ce fil et les esprits.
images/icones/neutre.gif  ( 847188 )J'admets la distinction par Meneau (2018-04-27 18:36:27) 
[en réponse à 847186]

entre matière prochaine et matière éloignée, effectivement classique en théologie des sacrements.

Cela induit-il une distinction quant au pouvoir du pape (ou de l'Eglise) de les modifier ?

Cordialement
Meneau
images/icones/fleche2.gif  ( 847248 )un élément de réponse par Lycobates (2018-04-30 22:53:14) 
[en réponse à 847188]


entre matière prochaine et matière éloignée, effectivement classique en théologie des sacrements.
Cela induit-il une distinction quant au pouvoir du pape (ou de l'Eglise) de les modifier ?



Nous savons, Saint Pie X l'a déclaré dans son Motu Proprio Ex quo nono aux hiérarques orientaux concernant quelques erreurs grecques, que l'Église n'a aucun pouvoir d'innover quoi que ce soit dans la substance des sacrements (AAS 3, 1911, p. 119 : Ecclesiae minime competere ius circa ipsam sacramentorum substantiam quidpiam innovandi).

Voilà pour le principe général.

Il faudrait voir maintenant dans le détail, en quoi consiste cette "substance des sacrements" dont parle le Pape et qui est soustraite même au pouvoir des Clefs.

La réponse n'est pas aisée, et surtout elle n'est pas univoque, car l'Église ne s'est pas prononcée définitivement sur beaucoup d'aspects dans le domaine sacramentel.

Le fait que tout sacrement consiste de res et verba (de choses et de paroles) pour être réalisé, est certainement de fide divina et catholica (quoique non definita), parce que la Tradition et le Magistère ordinaire l'enseignent constamment. Le nier serait hérétique.

Que ces res et verba se traduisent, dans le domaine sacramentel, en termes de matière et forme, est doctrine catholique, donc absolument certain en théologie. On ne saurait le nier au moins sans témérité.

Mais le contenu précis de ce qui est matière et forme n'a pas été précisé infailliblement, même si cela serait parfaitement possible, avec le même degré de certitude pour tous les sacrements. En nier l'un ou l'autre aspect n'entraîne donc pas dans tous les cas les mêmes conséquences.

Pour le sacrement qui vous occupe ici, les manuels de dogmatique et d'histoire de l'Église un peu fouillés en témoignent abondamment, personne n'a jamais considéré que l'Onction puisse être conférée en utilisant une autre huile que celle d'olive, exclusivement (en Orient avec l'ajout de vin).
Mais la question n'est pas définie dans toute son ampleur. Que de l'huile est nécessaire ad validitatem pour conférer le sacrement de l'Onction est de foi (au moins parce que la Tradition et le Magistère ordinaire l'enseignent, et de foi divine par le témoignage de Saint-Jacques), que cette huile doit être bénite et qu'elle doit être de l'huile d'olive est sententia communis et certa.
(on emploie ici les termes "certain" et "commun" bien entendu dans leur acceptation technique théologique, je le précise à toutes fins utiles, même si je ne vous apprends rien, donc une sentence acceptée unanimement par toutes les écoles de théologie, et pas certaine ou commune "chez les non-catholiques" ...)

Cela veut dire en l'occurrence que tout sacrement de l'Onction conféré avec une autre huile que l'huile d'olive ou non bénite est par ce fait même douteux.

Or, un sacrement douteux n'est jamais permis, et, cela est absolument certain, il n'est pas possible que l'Église permette de conférer un sacrement douteux, c'est-à-dire, de conférer un sacrement sans avoir recours à la matière que tous les théologiens de tous les temps, Orient et Occident confondus, sans exception, ainsi que le Magistère dans la mesure où il s'est prononcé, ont toujours considéré comme nécessaire ad validitatem. Il n'est pas possible qu'un point de doctrine considéré comme sententia communis et certa puisse cesser de l'être.
Il n'est pas possible, par conséquent, sans témérité absolue, de prôner ou de permettre un changement de matière du sacrement et de se dresser contre ce consensus théologique général de l'Orient et de l'Occident, même si sa négation pratique en l'occurrence n'est pas encore une hérésie formelle.

Ajoutons quand-même que le Concile de Trente a défini (sess. VII, can. 13 de sacramentis in genere) :

Can. 13. Si quis dixerit, receptos et approbatos Ecclesiae catholicae ritus in sollemni sacramentorum administratione adhiberi consuetos aut contemni, aut sine peccato a ministris pro libito omitti, aut in novos alios per quemcumque ecclesiarurn pastorem mutari posse: anathema sit


Si quelqu'un dit que les rites reçus et approuvés de l'Eglise catholique, en usage dans l'administration solennelle des sacrements, peuvent être ou méprisés ou omis sans péché, au gré des ministres, ou encore être changés en d'autres nouveaux par tout pasteur des églises : qu'il soit anathème.
images/icones/neutre.gif  ( 847189 )Un autre petit détail par Sacerdos simplex (2018-04-27 19:13:50) 
[en réponse à 847151]

Le "Code annoté" dit à propos du canon 998 :

...la matière convenable est l'huile d'olive ou, en cas de besoin, une autre huile végétale (cf. Ordo benedicendi oleum catechumenorum et infirmorum et conficiendi chrisma 3 ; Ordo unctionis infirmorum 20).



Il serait intéressant de creuser ce "en cas de besoin".


images/icones/neutre.gif  ( 847190 )[réponse] par Yves Daoudal (2018-04-27 19:49:40) 
[en réponse à 847189]

"en cas de besoin" traduit le "pro opportunitate" de Paul VI. Il le fait semble-t-il de façon restrictive, car "pro opportunitate" peut se traduire par "selon convenance", voire "par commodité"...

On note que le Code ne précise pas de quelle huile il s'agit, parce qu'il est en latin et que oleum veut dire huile d'olive... ou autre huile...