Le Forum Catholique
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=846946

( 846946 )
L'eau bénite est-elle seulement... par Sacerdos simplex (2018-04-20 10:47:27)
Dans l' "actuel" rituel de bénédiction de l'eau bénite, la bénédiction, ultra-brève, demande à Dieu de bénir cette eau qui nous rappelle l'eau de notre baptême.
C'est un peu court.
Quelqu'un peut-il m'en dire plus sur les fondements théologiques de ce changement (j'allais dire : de cet appauvrissement...) ?
Merci !
Un simple prêtre.

( 846977 )
Personne ne répond ? par Avila (2018-04-22 08:37:10)
[en réponse à 846946]
Etonné que ce sujet n'intéresse personne sur le forum !
A moins qu'aucun liseur ne soit capable de répondre ?!
La question de Sacerdox simplex semblait pourtant pertinente et et aurait dû appeler de nombreuses réponses.

( 846979 )
L'enjeu de cette question... par Sacerdos simplex (2018-04-22 09:40:50)
[en réponse à 846946]
Selon la conception de la nouvelle formule de bénédiction, l'eau bénite n'est là "que" pour nous rappeler l'eau de notre baptême.
Par conséquent il n'y a/aurait pas de raison de l'utiliser envers des gens non-baptisés.
Cependant, on utilise bien envers le démon, alors pourquoi pas envers un non-baptisé ?...
***
Sinon, il y a 3 jours, je parlais de l'eau bénite avec un saint confrère (quoique "N.O.M.") et il me disait que pour bénir une maison "chargée" (où la présence du démon est soupçonnée), il voyait nettement une différence entre l'eau "exorcisée" (il voulait sûrement dire bénite "à l'ancienne") et l'eau bénite "ordinaire".

( 846982 )
Mgr Jean-Joseph Gaume ... par Louisneuf (2018-04-22 12:22:49)
[en réponse à 846946]
... dans son livre : "L'eau bénite" aux Editions Saint-Rémi indique qu'il y a trois espèces d'eau bénite : "l'eau pour la consécration et la réconciliation des églises ; l'eau baptismale ; l'eau bénite ordinaire. elles diffèrent entre elles, soit par la nature des éléments dont elles se composent, soit par la bénédiction spéciale donnée à chacune, en vue des usages auxquels cette eau mystérieuse est destinée." (p.70)

( 846984 )
La nature des éléments dont elles se composent ? par Rémi (2018-04-22 12:48:54)
[en réponse à 846982]
C'est à dire ?

( 846987 )
Pour résumer ... par Louisneuf (2018-04-22 13:08:52)
[en réponse à 846984]
... selon Mgr Gaume :
- l'eau bénite pour la consécration des églises se compose d'eau, de sel, de cendre et de vin.
- l'eau baptismale se compose d'eau, d'huile des catéchumènes et du Saint-Chrême.
- l'eau bénite ordinaire : d'eau et de sel.
Pour toutes explications complémentaires données par Mgr Gaume je vous renvoie au livre qui fait 15,00 € et 202 pages.

( 846991 )
Je vous remercie par Rémi (2018-04-22 13:45:29)
[en réponse à 846987]
Je l'ignorais absolument, en particulier pour l'eau consécratoire et surtout pour l'eau baptismale dont il me semblait qu'elle devait être de l'eau pure !

( 846995 )
Non, ça ne va pas ! par Rémi (2018-04-22 14:02:13)
[en réponse à 846987]
Quelle est la matière du Baptême ?
La matière du Baptême est l’eau naturelle qu’on verse sur la tête de celui qu’on baptise, en assez grande quantité pour qu’elle coule.
Qu'est-ce qui m'échappe ??

( 846998 )
Je crois effectivement qu'il y a confusion par Meneau (2018-04-22 14:15:26)
[en réponse à 846995]
Le rituel du Baptême prévoit effectivement des onctions avec l'huile des catéchumènes et le Saint-Chrême, mais l'eau baptismale elle-même est de l'eau pure.
Cordialement
Meneau

( 847001 )
Cela concerne l'eau baptismale de la nuit pascale par Sacerdos simplex (2018-04-22 14:48:22)
[en réponse à 846998]
me semble-t-il, bien que cela fasse un bon moment que je n'ai pas célébré une nuit pascale St Pie V avec baptême de catéchumènes.
Cette eau était conservée un certain temps pour les baptêmes de bébés.
Pour un baptême de bébés, on prend de l'eau naturelle, qui est simplement bénite pendant la cérémonie.

( 847011 )
Mea culpa effectivement par Meneau (2018-04-22 18:02:29)
[en réponse à 847001]
Ca fait un bail que je n'ai pas assisté à la veillée pascale avec bénédiction des fonts baptismaux. Mon missel dit :
Le célébrant verse ensuite dans l'eau de l'huile des catéchumènes en forme de croix, en disant :
Sanctificetur, et fecundetur fons iste Oleo salutis renascentibus ex eo, in vitam aeternam. Amen.
Il y verse du saint-chrême de la même manière
Infusio Chrismatis Domini nostri Jesu Christi, et Spiritus Sancti Paracliti, fiat in nomine sanctae Trinitatis. Amen.
Prenant enfin de l'huile des catéchumènes et du saint-chrême, il verse des deux à la fois, en disant :
Commixtio Chrismatis sanctificationis, et Olei unctionis, et Aquae baptismatis, pariter fiat in nominie Patris, et Filii, et Spiritus Sancti. Amen.
En mélangeant le tout, il l'étend avec la main sur toute la surface des fonts
Cordialement
Meneau

( 847014 )
Très intéressant, par Rémi (2018-04-22 18:20:21)
[en réponse à 847011]
d'autant plus que cela montre que l'huile et le Chrême saints ne troublent en rien la "pureté" de la matière du sacrement qui demeure l'eau.
Reste que si je comprends que le catéchisme de saint Pie X, en raison de sa forme brève, ne fasse pas mention de ces éléments, c'est plus étonnant pour celui de Trente, qui parle bien du saint Chrême mais non de l'huile des catéchumènes. On pourrait supposer qu'il s'agit d'un ajout post-tridentin au rituel, mais cela semble douteux.

( 846999 )
Un petit coup de Wiki ... par Cath...o (2018-04-22 14:16:08)
[en réponse à 846995]
... peut-être ?
L’eau bénite est une eau naturelle consacrée au service divin par un rite de bénédiction. On peut y ajouter du sel, également béni (le sel bénit), qui rappelle le sel jeté dans les eaux par le prophète Élisée pour les guérir de leur stérilité. Elle sert aux aspersions des fidèles et aux diverses bénédictions. Elle peut être bénie à tout moment, mais sa bénédiction plus solennelle se fait avant l’aspersion dominicale.
L’eau baptismale est l'eau servant à l'administration du baptême. Cette eau est traditionnellement bénie pendant la vigile pascale et elle sert pendant toute l'année. Cependant, là où l'on ne célèbre pas cette vigile, on peut bénir l'eau avant chaque baptême. Avant les réformes liturgiques post-conciliaires, on y infusait l'huile des catéchumènes et le Saint-Chrême.
L’eau grégorienne, est une eau lustrale qui sert à la consécration des autels et des églises. À l’eau on ajoute du sel, principe de santé et de fécondité, élément de saveur et de conservation ; de la cendre, en signe de contrition et d’humilité ; et du vin, symbole d'abondance spirituelle, de force, de vie et de joie. Elle servait également à la réconciliation des églises profanées.
(
source)
Ca vaut ce que ça vaut ...

( 847000 )
Problème : par Rémi (2018-04-22 14:45:35)
[en réponse à 846999]
Le catéchisme que j'ai cité est celui de saint Pie X, vous l'aurez reconnu, antérieur aux réformes post Vatican II évidemment. Au reste, même Vatican II, si j'ose dire, n'a pas changé les matières des divers sacrements.
Je crois plutôt que la confusion est celle que relève Meneau : eau baptismale, pure et matière propre du sacrement depuis toujours, donc // onctions.

( 847002 )
Ah, non, vous avez raison, par Rémi (2018-04-22 15:40:40)
[en réponse à 846999]
et c'est très étonnant. Non pas que vous ayez raison ... mais ce qui suit, du catéchisme de Trente :
La matière, ou l’élément de ce Sacrement, c’est toute espèce d’eau naturelle, eau de mer, de rivière, de marais, de puits, de fontaine, en un mot tout ce qui porte simplement le nom d’eau, et rien de plus. [...]
Mais si l’eau naturelle et sans aucun mélange est une matière suffisante pour administrer le Baptême dans tous les cas de nécessité, cependant c’est un usage constant dans l’Eglise catholique, fondé sur la tradition des Apôtres, d’ajouter à l’eau le saint Chrême, quand on donne ce Sacrement avec les cérémonies prescrites ; ce qui en représente plus clairement encore les effets.
Remarquons qu'il n'est toutefois pas question ici d'ajouter l'huile des catéchumènes comme l'évoque Mgr. Gaume.

( 847003 )
3l'eau bénite" de Mgr Gaume est sortie en 1865 par Louisneuf (2018-04-22 16:12:05)
[en réponse à 847002]
Dan le livre un passage d'une lettre de Pie IX :
"Nous vous félicitons d'avoir consacré vos études à le [l'usage de l'eau bénite] persuader aux fidèles, en appelant à votre aide pour leur en démontrer l'utilité, l'érudition sacrée, les raisonnements et les faits ; et comme espérance des fruits abondants que Nous souhaitons à votre ouvrage, et comme gage authentique de Notre Bienveillance, Nous vous donnons dans l'effusion de notre coeur la Bénédiction apostolique." (14 mars 1866).
Vous pouvez lire le livre :
ICI

( 847005 )
Ce n'est pas la question. par Rémi (2018-04-22 16:47:48)
[en réponse à 847003]
On imagine que Mgr. Gaume (que je n'entends pas lire par ailleurs, ne perdez pas votre temps à essayer de me vendre vos fameux auteurs "anti-modernistes" du XIXè siècle) sait un tout petit peu de quoi il retourne, pour des sujets somme toute peu complexes.
L'argument d'autorité n'a donc aucun intérêt ici dans la mesure où il n'explique absolument rien, et j'espère tout de même qu'il ne vous satisfait pas non plus.

( 847006 )
Je ne cherche pas à vendre ... par Louisneuf (2018-04-22 17:10:31)
[en réponse à 847005]
.. . ce livre puisque j'indique un lien qui vous permets de le lire gratuitement chose que vous pouviez trouver vous-même avec google.
Mais si cela ne vous satisfait pas, libre à vous. Si l'argument d'autorité n'explique rien, en effet, le livre, lui, explique bien des choses mais comme vous ne le lirez pas, je ne peux rien pour vous. Et à trop attendre des autres on finit par être déçu et comme on dit : "on n'est jamais mieux servit que par soi-même".

( 847007 )
C'est une expression ... par Rémi (2018-04-22 17:16:51)
[en réponse à 847006]
Passons.
Puisque vous êtes à même de citer un éloge bien inutile du bienheureux Pie IX, il serait bien plus intéressant que vous expliquiez grâce à vos lectures et votre maîtrise du sujet pourquoi tel auteur ajoute l'huile des catéchumène à l'eau baptismale quand Trente ne la mentionne pas, ne croyez-vous pas ?

( 847009 )
@ Rémi... par Louisneuf (2018-04-22 17:50:11)
[en réponse à 847007]
... Si Pie IX s'est permit de remercier Mgr Gaume pour son livre et d'y ajouter un Bref indiquant 100 jours d'indulgences (voir le livre en question que vous ne lirez pas) c'est que ce livre ne contient pas d'erreur.
Je n'ai pas la prétention de maîtriser ce sujet mais sachez que si je l'avais je ne vous donnerais pas d'explication car vous ne faites pas l'effort de lire ce livre pour vous faire votre propre opinion.
Si "Sacerdos Simplex" lit ce livre peut-être en saurez vous davantage...

( 847010 )
Dites ... par Rémi (2018-04-22 17:55:20)
[en réponse à 847009]
J'ai moi-même souligné qu'il n'y a que peu de chance pour que Mgr. Gaume raconte des bêtises à ce propos ! A nouveau là n'est pas la question, à propos de laquelle vous n'avez manifestement rien à dire. Commme évidemment il est hors de question que je me tape tout le pavé du dit Monsignor, mais que je suis de bonne composition est sincèrement curieux, je vous serais reconnaissant d'indiquer au moins à quelle page il donne l'explication que vous refusez de livrer, et que j'irai donc lire, puis copier-coller pour le bénéfice de tous les liseurs.
Si tant est qu'il la donne. Et s'il ne le fait pas, c'est que décidément vous brassez du vent.

( 847012 )
Fin 9ème et début 10ème lettre par Meneau (2018-04-22 18:14:50)
[en réponse à 847010]
Mais il ne donne pas d'explication quant à l'altération ou pas de la matière du sacrement. Il donne juste l'explication suivante :
Guérir, éclairer, adoucir et fortifier, sont des propriétés de l'huile. Si l'Église la mêle à l'eau du baptême, si elle en fait des onctions sur la poitrine et les épaules du catéchumène et de l'enfant, elle leur dit : la grâce, dont cette huile est le symbole, va guérir votre âme de la maladie du péché; elle va éclairer votre entendement, adoucir, avec votre caractère, la croix que vous aurez à porter et fortifier votre courage. Athlètes de la vertu, candidats du ciel, je fais pour vous ce que les combattants aux Jeux Olympiques avaient soin de faire pour se préparer à la lutte.
(...)
Le chrême est appelé saint à cause de la bénédiction qui le consacre au culte de Dieu : rien n'est plus vénérable. Il représente le Christ lui-même, le Verbe incarné, venant en personne sanctifier l'eau baptismale, comme il sanctifia l'eau du Jourdain (1).
Cordialement
Meneau

( 847016 )
En effet. par Rémi (2018-04-22 18:25:01)
[en réponse à 847012]
Ce sont plus là des explications quant au sens des saintes huiles et de leur usage.
Je vous remercie.

( 847015 )
En revanche, St Thomas d'Aquin répond à l'objection par Meneau (2018-04-22 18:21:31)
[en réponse à 847010]
En III,q66:
Article 4 : Faut-il de l'eau pure ?
Objection 2 : Dans la célébration solennelle du baptême, on mélange du chrême à l'eau. Mais cela corrompt la pureté et la simplicité de l'eau.
Réponse : 2. Le mélange de chrême ne change pas la nature de l'eau. Il en est de même pour l'eau de cuisson des viandes, ou autres préparations semblables, à moins que les matières qui ont ainsi cuit dans l'eau n'y soient tellement dissoutes que le liquide ainsi obtenu soit moins de l'eau qu'une substance étrangère? on pourra en juger à sa consistance. Cependant si de cette gelée on peut extraire de l'eau limpide, on pourra s'en servir pour le baptême, ainsi qu'on peut le faire avec l'eau exprimée de la boue, bien qu'on ne puisse pas baptiser avec de la boue
Cordialement
Meneau

( 847017 )
Certainement, par Rémi (2018-04-22 18:28:38)
[en réponse à 847015]
mais là non plus, encore que ce ne soit pas le propos du saint Docteur dans ce contexte, je le comprends bien, rien à propos de l'huile des catéchumènes mêlée aussi à l'eau baptismale. Faudrait-il donc pencher pour un ajout plus tardif, comme je répugnais pourtant plus haut à l'envisager ?
Merci à nouveau.

( 847020 )
Postérieur à 1840 ? par Meneau (2018-04-22 19:19:19)
[en réponse à 847017]
Postérieur à 1840 si j'en crois
ce livre, puisqu'il fait mention du Saint-Chrême comme remontant au moins à St Grégore, mais pas de l'huile des catéchumènes.
Cordialement
Meneau

( 847021 )
Page 91 en bas par Meneau (2018-04-22 19:23:56)
[en réponse à 847020]
JE ne sais pas si on peut faire un
lien direct.
Cordialement
Meneau

( 847023 )
Un détail de l'histoire de la liturgie par Rémi (2018-04-22 19:37:13)
[en réponse à 847020]
mais néanmoins passionnant à mon sens. S'il s'agit bien d'un ajout relativement récent ça n'a rien d'anodin, c'est une décision prise par la sacrée Congrégation des Rites et approuvée spécifiquement par le Pontife, si tant est même qu'il n'en ait pas décidé lui-même d'abord comme c'est probable.
Il serait intéressant je pense de creuser le pourquoi de la chose, en tant qu’événement de l'histoire de nos rites les plus importants, le premier des sacrements reçus tout de même, qui fait de nous des chrétiens, et au niveau de sa portée symbolique, au sens profond du terme, quant à la "valeur ajoutée" , au "plus" , que cela apporte au rituel et au sacrement proprement dit, dont le texte du rituel que vous nous proposiez tout à l'heure nous dit d'ailleurs déjà beaucoup. Mais voilà, à un moment l'Eglise a semble-t-il voulu augmenter le rite du baptême de cet ajout, c'est déjà en soi fascinant et je suis sûr que nous serions beaucoup à vouloir savoir pourquoi et comment cela s'est fait.
Et en tout cas voilà qui semble confirmer pourquoi Trente n'en fait pas mention, aussi surprenant que cela ait pu me paraître il s'agirait donc d'un ajout tardif.

( 847041 )
L'eau baptismale chez les coptes orthodoxes... par Chicoutimi (2018-04-23 10:18:37)
[en réponse à 847023]
comporte elle aussi le saint chrême (appelé Myron) et l'huile des catéchumènes. En effet, lors de la consécration de l'eau baptismale, ''après avoir versé l'huile d'olive vierge, l'huile des catéchumènes et le Saint Chrême (Myron), dans l'eau baptismale, en invoquant le nom de la Sainte Trinité, le prêtre adresse à Dieu cette prière : « Nous te prions de transformer, de transfigurer, de sanctifier et de fortifier ton catéchumène... Que par cette eau et cette huile soient anéanties les puissances du mal » (
Source).
Or, comme l'Église copte orthodoxe est une Église non-chalcédonienne, on peut penser que le mélange de saint chrême ET d'huile des catéchumènes dans l'eau baptismale est un usage antérieur au Concile de Chalcédoine.

( 847145 )
Un rétablissement donc, par Rémi (2018-04-26 17:44:18)
[en réponse à 847041]
probablement, dans les usages latins, sinon même pour toute l'Eglise, Orientaux compris s'ils l'avaient aussi abandonnée, d'une antique pratique.
Merci cher Chicoutimi.

( 847022 )
On peut trouver des informations ... par Louisneuf (2018-04-22 19:28:19)
[en réponse à 846946]
... dans l'encyclopédie théologique publié par l'abbé Migne dont le tome 8 est consacré à la liturgie.
ICI

( 847024 )
Je doute fort par Meneau (2018-04-22 20:08:46)
[en réponse à 847022]
qu'on puisse trouver des explications sur un changement liturgique post Vatican II chez l'abbé Migne !
Cordialement
Meneau

( 847029 )
C'est vrai ! par Louisneuf (2018-04-22 21:01:10)
[en réponse à 847024]
Mais un rappel historique ne fait pas de mal.
Pour le code du droit canonique sur le baptême il est indiqué :
CHAPITRE I
LA CÉLÉBRATION DU BAPTÊME
Can. 850 - Le baptême est administré selon le rituel prescrit dans les livres liturgiques approuvés, sauf en cas d'urgente nécessité où il faut observer seulement ce qui est requis pour la validité du sacrement.
[...]
Can. 853 - L'eau utilisée pour administrer le baptême doit, sauf en cas de nécessité, être bénie selon les dispositions des livres liturgiques.
Can. 854 - Le baptême sera administré par immersion ou par infusion, en observant les dispositions de la conférence des Évêques.
----------------------------------------
Après Vatican II, il y a eu des abus en matière de liturgie donc la bénédiction de l'eau n'y a pas échappée. J'ai vu un prêtre, juste avant un baptême, bénir l'eau, en y plongeant les deux mains et disant : "je bénis cette eau, au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit" mais il n'a même pas fait un signe de croix et encore moins utiliser du sel. Bref j'avais l'impression qu'il se lavait les mains.
Des liturgistes pourraient répondre à la question de Sacerdos simplex.

( 847036 )
Eau bénite: il y en a 4 formes au sein de la Tradition par Chicoutimi (2018-04-23 08:59:09)
[en réponse à 846946]
1- L'eau bénite ordinaire (dont l'eau et le sel ont été exorcisés). Tous les missels traditionnels comportent les prières pour bénir cette eau. Une traduction française se trouve
ICI
2- L'eau de l'Épiphanie. Cette eau bénite (dont l'eau et le sel ont été exorcisés) est réalisée lors de la fête l'Épiphanie. Le rite de bénédiction peut durer une bonne demi-heure. Le prêtre y récite la Litanie des saints et l'exorcisme contre Satan et les anges apostats. Il existe une coutume qui consiste à bénir les maisons avec cette eau durant le temps de l'Épiphanie. Au dessus de la porte, le prêtre inscrit avec une craie les symboles suivants: 20 + C + M + B + 18. Les chiffres montrent l’année en laquelle l’inscription est faite (en l'occurrence 2018). Les lettres ont deux significations. Elles sont les initiales des noms des trois Rois Mages : Caspar, Melchior et Baltazar. Elles sont aussi l’abréviation des mots latin
Christus mansionem benedicat, qui signifie ''Que le Seigneur bénisse cette maison.'' Certains exorcistes rapportent que cette eau serait encore plus puissante que l'eau bénite ordinaire (décrite au numéro 1).
Je n'ai trouvé qu'une version anglaise de la prière de bénédiction de cette eau
ICI (il s'agit de la 5e bénédiction).
3- L'eau grégorienne: Il s'agit d'une eau lustrale qui sert à la consécration des autels et des églises. À l’eau exorcisée est ajouté du sel exorcisé, de la cendre et du vin. Elle peut servir également à la réconciliation des églises profanées. On trouve les prières de bénédiction de cette eau
Là.
4- L'eau baptismale: Cette eau est bénite lors de la Veillée pascale. Le saint chrême et l'huile des catéchumènes y est ajouté (non pas dans la grande cuve) mais dans un récipient (la réserve d'eau baptismale) à part. Ainsi, le petit récipient contient l'eau qui servira aux baptêmes, alors que le reste de l'eau contenu dans la grande cuve pourra être utilisée pour asperger les fidèles. De plus, les fidèles pourront eux-mêmes apporter de cette eau de la grande cuve afin de bénir leurs maisons. Une autre coutume existe voulant que l'on bénisse les maisons avec cette eau pascale. Sur la manière de réaliser cette eau baptismale, c'est
ICI. Cette eau est également exorcisée puisque le prêtre prie en disant: ''
Donc, que sur votre ordre, Seigneur, tout esprit impur se retire loin d'ici; que toute la malfaisance de la ruse diabolique s'éloigne. (...) Que cette sainte et innocente créature soit délivrée de toute attaque de l'ennemi et purifiée par l'éloignement de toute malfaisance.'' (Les rites et prières se trouvent dans tout bon Missel traditionnel. J'ai utilisé ici la traduction du Missel du Barroux).
PS: Il existe, dans la forme ordinaire, d'autres formules pour réaliser de l'eau bénite. Ces nouvelles bénédictions, qui ont suivies la réforme liturgique, ne comportent pas d'exorcisme, contrairement à tous les rituels de bénédiction de l'eau qui ont précédées la réforme liturgique, et qui sont toujours valables.

( 847042 )
Merci Chicoutimi pour votre réponse par Avila (2018-04-23 11:52:00)
[en réponse à 847036]
Je pense que Sacerdos simplex et tous les liseurs doivent être satisfaits par votre réponse.
Dommage cependant que vous n'ayez pas indiqué les paroles rituelles en latin.
Le pouvez-vous ?
Beaucoup de liseurs qui ont répondu à la demande de Sacerdos simplex, n'ont malheureusement pas la chance de participer comme moi, chaque année, à la bénédiction de l'eau baptismale de la veillée Pascale.
Comme de nombreux autres rites d'avant 1962, celui de cette nuit est très émouvant.
La richesse de la liturgie traditionnelle "booste" assurément la Foi chez celui qui veut bien se laisser conduire par le Saint Esprit, dans l'amour et l'humilité.

( 847051 )
Cela dit, ça ne répond toujours pas à la question initiale par Meneau (2018-04-23 18:11:14)
[en réponse à 847042]
de Sacerdos Simplex qui était, je le rappelle :
Quelqu'un peut-il m'en dire plus sur les fondements théologiques de ce changement (j'allais dire : de cet appauvrissement...) ?
Mais bon, sur un forum attaché à la liturgie traditionnelle, on peut comprendre qu'on ne maîtrise pas forcément toutes les justifications théologiques de la nouvelle liturgie...
Cordialement
Meneau

( 847055 )
Certes ... par Louisneuf (2018-04-23 18:38:19)
[en réponse à 847051]
... mais nous avons avancer un peu.
Mais je m'étonne qu'un prêtre, apparemment, ne connaisse personne dans des institutions ou des séminaires catholiques qui pourraient répondre à la question. Ces instituions ou séminaires doivent posséder des livres traitant de la liturgie d'avant et après Vatican II. Nous pourrions ainsi connaitre les noms des personnes qui ont modifié le rite de la bénédiction de l'eau.

( 847059 )
Pas évident par Meneau (2018-04-23 21:28:06)
[en réponse à 847055]
Les saboteurs de la liturgie n'ont pas toujours laissé une justification théologique à leur forfait.
Cordialement
Meneau

( 847056 )
Une étude sur la bénédiction romaine de l'eau baptismale par Louisneuf (2018-04-23 19:57:29)
[en réponse à 846946]

( 847060 )
Des pistes par Abbé Jacques Olivier (2018-04-23 21:36:47)
[en réponse à 846946]
J'ai trouvé quelques pistes intéressantes (mais pas la réponse précise à votre question) dans les mémoires de Mgr Bugnini, artisan majeur de la réforme. Il parle des questions de la réforme du baptême et de ses motifs au n° 36 pp 638-652 (La réforme de la liturgie, éditions DDB), et même de la question de la bénédiction de l'eau de baptême faite par des laïcs. Mais il n'y a rien sur l'eau bénite dans la partie sur la refonte du rituel. Je n'ai pas le temps de tout relire, ni de vous faire un résumé, mais cela peut être une piste de recherche, pour ce sujet, comme pour beaucoup d'autres. On peut lire dans ce livre ce que les auteurs ont voulu faire. Libre à chacun d'adhérer ou non aux motifs et aux conclusions, mais c'est un document historique très intéressant.
Le livre en question

( 847080 )
Mais qui est Mgr Bugnini ? par Louisneuf (2018-04-24 13:25:10)
[en réponse à 847060]
Yves Chiron a écrit un livre sur Mgr Bugnini :
ICI
sur Mgr Bugnini :
ICI

( 847090 )
Le cynisme et la duplicité de Bugnini par Candidus (2018-04-24 21:41:36)
[en réponse à 847080]
Relevons que Bugnini a exposé avec des propos d’une duplicité cynique son approche de la réforme liturgique, à l’occasion d’une réunion de travail le 11 octobre 1961, en s’adressant à un groupe de membres et consulteurs du Consilium en ces termes :
« Le plus ennuyeux pour les articles de notre Constitution serait qu’ils fussent rejetés par la Commission centrale, voire par le Concile lui-même. C’est pourquoi il faut que nous marchions prudemment, et discrètement.
Que prudemment les choses soient proposées sous un biais acceptable (modo acceptabile), soit, à mon avis, en des termes tels qu’on dise beaucoup sans que rien paraisse dit : qu’on dise beaucoup en germe seulement (in nuce) et ainsi qu’une porte soit laissée ouverte à des déductions et des applications postconciliaires légitimes et possibles ; que rien ne soit dit qui sente trop la nouveauté, aucune de ces choses qui, même insignifiantes et innocentes, pourraient contredire tout le reste. Il faut avancer discrètement. Il ne faut pas tout demander au Concile ni trop exiger de lui, mais l’essentiel, les principes fondamentaux. »
Déclaration en latin du P. Bugnini à l'ouverture de la réunion du 11 octobre 1961, dans Angelo Lameri, La « Pontificia Commissio de sacra liturgia praeparatoria Concilii Vaticani II ». Documenti, Testi, Verbali, Rome, CLV?Edizioni Liturgiche, 2013, 882 pages, p. 433. Traduction revue par Benoît Le Roux.

( 847095 )
De quel Consilium parlez-vous? par AVV-VVK (2018-04-24 23:31:31)
[en réponse à 847090]
Déjà de Celui "ad exsequendam Constitutionem de sacra Liturgia"?

( 847096 )
Bien vu par Candidus (2018-04-25 00:14:48)
[en réponse à 847095]
Cette déclaration, qui date de 1961, n'a pas pu être faite devant des membres du Consilium proprement dit, puisque celui-ci n'a été créé par Paul VI qu'en 1964. Il s'agissait donc sans doute de la Commission Préparatoire pour la Liturgie, dont Bugnini à l'époque était le secrétaire.