Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=846292
images/icones/bible.gif  ( 846292 )Bref historique de l’introduction de nouvelles prières eucharistiques dans le NOM par Candidus (2018-04-04 15:50:09) 

Je propose à ceux qui lisent l’anglais et que la question intéresse, la lecture d'un article du Père Cassian Folsom, O.S.B. où l’on apprend que Hans Küng a été à l’origine de la dynamique qui a conduit à l'introduction de nouvelles prières eucharistiques dans le NOM. On constate que cette introduction révolutionnaire, tout à fait étrangère à la tradition du rite romain, s’est réalisée exactement comme a été introduite la communion dans la main : certains évêques hollandais en ont pris l'initiative, Rome et notamment Paul VI s'y sont tout d'abord opposé, puis petit à petit ont cédé sous la pression.

Voici un résumé de l’article :

Les Pères conciliaires n’ont jamais sollicité l’introduction de nouvelles prières eucharistiques. Ils auraient été horrifié si on leur avait dit que dix ans plus tard, le Canon Romain serait pratiquement disparu de la célébration de la liturgie latine.

Dès 1963, le funeste Hans Küng a été à l’origine des premières remises en question du Canon Romain et de la composition de nouvelles prières eucharistiques. Rapidement la Hollande a suivi le mouvement et a basculé dans un prurit d’initiatives de ce type. Des évêques hollandais et flamands ont commencé à utiliser, sans l’accord de Rome, de nouvelles prières eucharistiques.

Pendant ce temps, le Concilium, commission chargée de l’application de Sacrosanctum Concilium, organisait le “Groupe d’étude numéro 10” dont la tâche était de réviser le missel. Ce groupe partait du principe (totalement étranger à la lettre et à l’esprit de Sacrosanctum Concilium) que le Canon Romain était plein d’imperfections : qu’il serait ennuyeux et terriblement répétitif de l'entendre réciter quotidiennement en langue vernaculaire, que les listes de saints qu’il comportait était trop “locales”, que son style était trop indigeste et sa composition disparate.

Dès le début de ces initiatives, Paul VI avait manifesté sa réticence à ce que l’on touchât à la partie la plus ancienne et la plus noble du rite romain. Par la suite, son entourage est parvenu à le persuader que l’on permît “deux ou trois” alternatives “pour une utilisation lors de moments particuliers et spécifiques” sans que jamais ceux-ci fussent précisés. Dès que Paul VI eut donné sa permission, le Concilium s’est mis au travail, et à partir du 15 août 1968 l’usage de 3 nouvelles prières eucharistiques était autorisé, avant même la publication du NOM.

Trois ans plus tard, la Congrégation du Culte Divin expliquait à Paul VI que l’Institut Liturgique de Paris recensait environ 200 prières eucharistiques en circulation et qu’il fallait mettre un peu d’ordre dans cette anarchie, ce qui conduisit à l’introduction, officielle cette fois-ci, de "nouvelles nouvelles prières eucharistiques”.
images/icones/ancre2.gif  ( 846296 )Merci... par Paterculus (2018-04-04 17:54:15) 
[en réponse à 846292]

... pour ces précisions.
On peut noter la tendance, en tout cas en France, à se contenter des quatre premières prières eucharistiques, mais le canon romain est en fait peu employé.
Votre dévoué Paterculus
images/icones/1b.gif  ( 846297 )A une lettre près par Turlure (2018-04-04 18:04:13) 
[en réponse à 846292]


Pendant ce temps, le Concilium, commission chargée de l’application de Sacrosanctum Concilium



Il s'agit du Consilium qui est un conseil spécial nommé par les Pères du Concilium.
images/icones/1r.gif  ( 846299 )Oh ! Oh ! Monsieur fait l’important... par XA (2018-04-04 18:21:31) 
[en réponse à 846297]

Dans quel camp Monsieur se range-t-il ?

XA
images/icones/1n.gif  ( 846302 )Je me permets de préciser par XA (2018-04-04 20:29:56) 
[en réponse à 846299]

que je plaisante. Sait-on jamais ?

XA
images/icones/1a.gif  ( 846312 )Rassurez-vous par Turlure (2018-04-04 22:34:22) 
[en réponse à 846302]

Je n'en ai pas douté une seconde !
images/icones/bravo.gif  ( 846314 )Au moins ... par Lycobates (2018-04-04 23:24:38) 
[en réponse à 846312]

vous avez de la classe.
Une qualité en danger d'extinction.

Bravo, cher Monsieur.
Et encore merci pour l'autre jour.
images/icones/fleur.gif  ( 846339 )C'est un réel plaisir par Turlure (2018-04-05 11:18:04) 
[en réponse à 846314]

De vous relire, cher Lycobates !
images/icones/neutre.gif  ( 846315 )Je vous propose un jeu par Candidus (2018-04-04 23:41:38) 
[en réponse à 846297]

Auriez-vous filtré le moucheron et laissé passer le chameau ?

Relisez bien mon post, j'ai fait une faute bien plus grave que celle que vous signalez et une autre plus subtile. Sauriez-vous les trouver ?

J'invite Jean-Paul Parfu à participer au jeu...
images/icones/hein.gif  ( 846316 )s'y sont ... par Lycobates (2018-04-04 23:48:38) 
[en réponse à 846315]

opposés ?

C'est le chameau ?
images/icones/neutre.gif  ( 846320 )Non, je ne pense pas par Candidus (2018-04-05 00:11:39) 
[en réponse à 846316]

Ils s'y sont opposéS ?

Le verbe s'opposer est occasionnellement pronominal, son participe passé ne peut et ne doit s'accorder qu'avec le COD placé avant, or il n'y a pas de COD.
images/icones/neutre.gif  ( 846340 )Eh si par Meneau (2018-04-05 11:24:00) 
[en réponse à 846320]

Ils ont opposé quoi/qui? "se", c'est à dire eux-mêmes.

"se" s'analyse donc comme un COD, placé avant le verbe, et le participe passé s'accorde en conséquence.

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 846343 )Ouais... par Candidus (2018-04-05 11:56:07) 
[en réponse à 846340]

Je crois que vous avez raison.
images/icones/1p.gif  ( 846344 )Pas un COD... par Alexandre (2018-04-05 12:47:40) 
[en réponse à 846340]

C'est un attribut. Les verbes d'état n'ont pas de complément d'objet...
images/icones/neutre.gif  ( 846345 )Je n'ai pas dit par Meneau (2018-04-05 13:15:17) 
[en réponse à 846344]

que c'était un COD, mais que ça s'analysait comme un COD.

De même que la règle d'accord à appliquer est celle de l'auxiliaire avoir (COD placé avant le verbe = accord avec le COD), alors qu'il s'agit de l'auxiliaire être.

Cordialement
Meneau
images/icones/hein.gif  ( 846317 )Deux moucherons ? par Lycobates (2018-04-04 23:59:18) 
[en réponse à 846315]

que les listes de saints qu’il comportait était trop “locales” : étaient ?

Dès que Paul VI eut donné sa permission : eût circonflexe ?

images/icones/neutre.gif  ( 846324 )Oui pour le premier, non pour le second par Candidus (2018-04-05 00:22:11) 
[en réponse à 846317]

Le premier m'avait échappé, mais je ne suis pas d'accord pour l'accent circonflexe sur eut. Si vous mettiez la phrase au pluriel, vous diriez :

Dès qu'ils eurent donné leur permission

et non pas :

Dès qu'ils eussent donné leur permission.

C'est un passé antérieur de l'indicatif et non pas un plus-que-parfait du subjonctif.
images/icones/fleche2.gif  ( 846333 )Accent circonflexe par Alexandre (2018-04-05 09:53:17) 
[en réponse à 846317]

Il y aurait eu un accent circonflexe si le verbe de la proposition principale eût (!) été au conditionnel. La phrase eût alors dû être la suivante :

Dès que Paul VI eût donné sa permission, le Concilium (graphie d'origine !) se serait mis au travail.

Or, la proposition principale est à l'indicatif. En latin, on eût employé l'ablatif absolu

Donc, pas d'accent.
images/icones/1e.gif  ( 846319 )deux petits chameaux... par Sacerdos simplex (2018-04-05 00:10:17) 
[en réponse à 846315]

"le Canon Romain serait pratiquement disparu..." : aurait


"deux ou trois alternatives" :
L’utilisation du mot pour désigner chaque élément d’un choix est ancienne (cf. la phrase de Balzac ci-dessus) et est devenue plus courante sous l’influence de l’anglais, mais reste critiquée par l'Académie française et l'OQLF. https://fr.wiktionary.org/wiki/alternative


images/icones/1e.gif  ( 846321 ) ah, et aussi ... par Sacerdos simplex (2018-04-05 00:13:01) 
[en réponse à 846319]

Ils auraient été horrifié ...s !


images/icones/neutre.gif  ( 846323 )Oui, bien sûr ! par Candidus (2018-04-05 00:16:36) 
[en réponse à 846321]

Il reste à trouver une dernière faute (sous réserve que je ne me trompe pas).
images/icones/neutre.gif  ( 846322 )Disparaître ? par Candidus (2018-04-05 00:15:13) 
[en réponse à 846319]

Je pense que "disparaître" peut se conjuguer indifféremment avec les deux auxiliaires.
images/icones/neutre.gif  ( 846325 )Être ou avoir disparu ? par Candidus (2018-04-05 00:31:56) 
[en réponse à 846319]

Disparaître peut effectivement se conjuguer avec les deux auxiliaires, mais avec être, on met l'accent sur le résultat, tandis qu'avec avoir on met l'accent sur l'action. Source
images/icones/neutre.gif  ( 846332 )Précieux... par Alexandre (2018-04-05 09:46:21) 
[en réponse à 846325]

Cet emploi de l'auxiliaire être est précieux, vieillot, désuet...
images/icones/1b.gif  ( 846336 )Alternative par Olivier Figueras (2018-04-05 10:57:09) 
[en réponse à 846319]

J'ai encore dans les oreilles ce que n'a cessé de me répéter mon père dès mon plus jeune âge : "L'aternativa, c'est une cérémonie de corrida."

Amitiés à tous,

Olivier Figueras
images/icones/1b.gif  ( 846331 )Réponses au jeu par Alexandre (2018-04-05 09:44:47) 
[en réponse à 846315]

« Rome et notamment Paul VI s'y sont tout d'abord opposé » ? opposés (accord du participe passé [verbe pronominal direct])

« Ils auraient été horrifié » ? horrifiés (accord du participe passé)

« le Canon Romain serait pratiquement disparu » ? aurait pratiquement disparu (erreur d'auxiliaire)

« que les listes de saints qu’il comportait était trop “locales” » ? étaient trop locales (accord du verbe avec le nombre du sujet)
images/icones/neutre.gif  ( 846335 )D'accord avec vous sauf... par Candidus (2018-04-05 10:29:05) 
[en réponse à 846331]

en ce qui concerne serait disparu ; bien que désuet, cela reste correct et permet d'insister sur le résultat de ces manigances et des renoncements de l'autorité.
images/icones/1b.gif  ( 846337 )Vénérable Candidus par Alexandre (2018-04-05 11:04:27) 
[en réponse à 846335]

Vous devez être d'une vénérable antiquité :

DISPARAÎTRE [dispaR?tR] v. intr. <57> – 1606 ; de dis- et paraître ; remplace a. fr. disparoir (XIII°).
REM. On emploie l’auxil. avoir ou (vieilli ou littér.) être (pour indiquer l’état : il est disparu depuis dix ans).
(...)
Le Nouveau Petit Robert – Dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française, Paris, 1993, p. 657.



Sinon, je crois que je me suis un peu emmêlé les pinceaux entre conditionnel et subjonctif, pour eût, mais peut-être le plus-que-parfait du subjonctif est-il parfois employé pour exprimé une condition ? A vérifier...
images/icones/5b.gif  ( 846338 )Et bien ! par Turlure (2018-04-05 11:17:03) 
[en réponse à 846315]

Je ne pensais pas générer toute une arborescence sur ces questions orthographiques et syntaxiques.

À vrai dire, je n'évoquais la distinction concilium/consilium que parce qu'il est facile de la faire si on n'y a pas prêté attention alors que cela désigne deux choses bien différentes : le conseil (qu'on traduit ici assez avantageusement par "commission" comme vous le faites) et le Concile.

Vu la ressemblance des deux mots et l'association de leur emploi ici (Sacrosanctum Concilium crée le Consilium), on peut facilement croire que c'est le même !
images/icones/5a.gif  ( 846334 )J'adore l'histoire "pieusement" racontée par Aliocha (2018-04-05 10:00:56) 
[en réponse à 846292]

Le bon Concile a été trahi et le saint Paul VI a été débordé par son mauvais entourage. Et à la fin, en promulguant la nouvelle messe, Paul VI s'est assis sur son trône, s'est fait apporter de l'eau et un bassin et se lavant les mains a dit au peuple : "Je suis innocent de cette abominable messe !", cependant que l'abominable Bugnini ricanait dans son dos.
images/icones/neutre.gif  ( 846341 )Pourra t-on m'expliquer par Ewe (2018-04-05 11:32:18) 
[en réponse à 846292]

Pourra t-on m'expliquer:
La Missa Criolla a été publiée et l'enregistrement diffusé en 1964 soit bien antérieurement au nouveau missel (entré en vigueur en France au 1er janvier 1970 - corrigez-moi si je me trompe).
Or, bien que n'étant pas hispanophone je crois comprendre que dans le Gloria le "de bonne volonté" a déjà été remplacé par le "qu'il aime" et que dans le Sanctus le "des armées célestes" a été remplacé par le "de l'univers". Je ne parle pas des versions récentes de la Missa Criolla mais bien de la version originale d'Ariel Ramirez et Los Fronterizos.
images/icones/neutre.gif  ( 846348 )1964, justement par Alexandre (2018-04-05 14:23:28) 
[en réponse à 846341]

Les traductions françaises du Gloria, du Credo et d'autres parties de la messe de Paul VI (1969) sont antérieures à la promulgation du nouvel Ordo. Elles ont été publiées à la suite de la seconde Ordonnance de l’Épiscopat français sur la Liturgie du 14 oct. 1964 qui en autorisait l'usage à partir du 3 janvier 1965 (La Documentation Catholique, n° 1436 [15 nov. 1964], colonnes 1525-1528).

Donc, c'est depuis le 3 janvier 1965 que l'on entend, dans nos églises, « paix sur la terre aux hommes qu'il aime » et de « même nature que le Père ».

La traduction du Notre Père (avec « ne nous soumets pas à la tentation ») est venue un peu plus tard, le 7 mars 1965 (troisième Ordonnance du 24 novembre 1964).

Quant au Canon de la Messe, c'est fin 1967, de mémoire (la damnation de l'Hanc igitur n'est plus éternelle, depuis lors !).
images/icones/fleche2.gif  ( 846351 )Ajoutons par Turlure (2018-04-05 16:04:26) 
[en réponse à 846348]

Que beaucoup de modifications de paroles qu'on pense être dues au nouveau rite le sont en fait aux traductions du missel, qui en effet, sont antérieures à 1969 puisque la messe entière peut être dite en vernaculaire depuis 1967.

Le Gloria de 1969 a bien bonae voluntatis.
Le Sanctus a bien Deus Sabaoth.
Le Confiteor a Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa, traduit en français par "Oui j'ai vraiment péché"
L'Orate fratres et sa réponse sont les mêmes que dans l'ancien missel, mais la traduction est complètement différente.
Sanabitur anima mea devient "Je serai guéri".
images/icones/flagIt.gif  ( 846352 )L'italien... par Alexandre (2018-04-05 16:38:48) 
[en réponse à 846351]

L'italien, d'ailleurs, est beaucoup plus fidèle au latin, pour ne parler que de lui.
Sauf pour le "pro multis" de la consécration du vin :
'per tutti' est quand même plus fort que 'pour la multitude'.
Cela dit, cela reste vrai dans l'intention du Sauveur,
sinon dans la réalité de la réponse des hommes libres...
images/icones/neutre.gif  ( 846620 )Apparemment par Ewe (2018-04-12 14:34:16) 
[en réponse à 846348]

Apparemment, si j'en crois Wikipedia, le texte de la Missa Criolla en espagnol est l'oeuvre de trois prêtres : Antonio Osvaldo Catena, Alejandro Mayol et Jesus Segade. Antonio Osvaldo Catena présidait la commission épiscopale pour l'Amérique du Sud, qui avait approuvée la traduction du latin en espagnol en 1963.
Cela reste à creuser mais il semblerait que ce soit cette traduction espagnole qui aurait dirigée les autres traductions.
A suivre.
images/icones/mitre4.png  ( 846349 )« Ne nous soumets pas à la tentation » + Canon en français par Alexandre (2018-04-05 14:52:24) 
[en réponse à 846341]

La traduction œcuménique du Notre Père a été adoptée par l’Episcopat français pour l’usage liturgique le 29 décembre 1965 (Quatrième ordonnance de l’Épiscopat français sur la Liturgie) avec entrée en vigueur à la vigile pascale (9 avril) 1966.

Quant au Canon de la Messe, la cinquième ordonnance de l’Épiscopat français sur la Liturgie (10 nov. 1967) en a autorisé la traduction française pour les messes avec peuple le 26 nov. 1967.

Je n’ai pas (encore) les références du document dans La Documentation Catholique.
images/icones/ancre2.gif  ( 846356 )Une petite précision par Paterculus (2018-04-05 19:53:31) 
[en réponse à 846341]

Le nouvel ordo n'est pas entré en vigueur le premier janvier 1970, mais le premier dimanche de l'avent 1969, c'est à dire en début d'année liturgique.
Votre dévoué Paterculus