Le Forum Catholique

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images/icones/carnet.gif  ( 844722 )Comment notre monde a cessé d'être chrétien par Jean Kinzler (2018-02-24 18:04:54) 

« On nous a changé la religion ! » : le grand effondrement de 1965

Réflexions à propos de la parution du livre Comment notre monde a cessé d'être chrétien, Anatomie d'un grand effondrement (Seuil, février 2018), un livre de Guillaume Cuchet.

Ce livre-diagnostic, qui vient à peine de sortir, fera date. L'auteur, professeur d'histoire contemporaine à l'université Paris-Est Créteil, entend préciser à quel moment et pour quelles raisons a commencé, en France, le recul spectaculaire du catholicisme.

Pour lui – et c'est sous cet aspect qu'il intéresse particulièrement Paix Liturgique – le catholicisme d'une population se mesure extérieurement, qu'on le veuille ou non, par sa pratique dominicale régulière, qui mani feste et entretient, avec bien entendu des variantes et des nuances, un attachement à l'Église et à son corpus doctrinal. À défaut de cette pratique, une culture chrétienne peut persister un certain temps (ainsi Emmanuel Todd, dans Qui est Charlie ? Sociologie d'une crise religieuse, Seuil, 2015, a montré que les anciennes provinces françaises catholiques avaient plus fortement manifesté contre l'Islam radical), mais par la force des choses cette culture catholique elle-même va disparaissant.

C'est entre 1965 et 1966, que la pratique dominicale a décroché, c'est-à-dire à la fin du concile Vatican II, alors que la réforme liturgique avait commencé. Guillaume Cuchet combat l'idée reçue qui veut que Mai 68 et l'encyclique Humanæ Vitæ de Paul VI condamnant la contraception, publiée en juillet 68, aient été les déclencheurs de ce décrochement. Ils l'ont accentué, mais il a eu lieu avant, en 1965.



Cet effondrement a été d'autant plus spectaculaire que les enquêtes sociologiques précédentes, jusqu'en 1962, étaient plutôt optimistes. Lancées après la guerre, de manière très systématique, dans les diocèses et les paroisses, par le célèbre chanoine Boulard, sur un projet initial du sociologue Gabriel Le Bras, elles avaient abouti, à partir de 1947, à l'édition successives de cartes (les « cartes Boulard »), qui distinguaient les paroisses chr&eacut e;tiennes (Ouest, Pays Basque, sud, sud-est du Massif Central, cantons du Nord, Alsace), et les « pays de mission », où la pratique tombait à 40% et moins. Elles montraient que la période d'après-guerre a correspondu à une embellie pour le catholicisme français. Ce mieux se plaçait dans une série de flux et de reflux que Gérard Cholvy et Yves-Marie Hilaire ont mis en évidence dans leur Histoire religieuse de la France contemporaine (Privat, 1988) : hautes eaux vers 1760 ; reflux considérable avec la Révolution jusque vers 1830 ; remontée très notable jusqu'à l'installation de la Troisième République ; déclin à l'époque des lois anticléricales, qui cesse vers 1910 ; nouvelle remontée, enfin, qui culminera en 1960. Hauts et bas, cependant, sur une longue courbe constamment descendante depuis la Révolution, montrant une laïcisation progressive de la société. Une embellie donc, après la guerre, où on recueillait les fruits d'un réseau dense d'œuvres catholiques, d'un moindre anticléricalisme, d'une immigration italienne et polonaise pratiquante, d'un investissement considérable du clergé dans les patronages, écoles, œuvres de jeunesse. La transmission catholique était assurée : les jeunes devenant adultes pratiquaient dans la même proportion que leurs parents et même légèrement mieux. Et puis, patatras !

En mars 1975, entre bien d'autres études et sondages, une enquête révélait une chute de 47% de la pratique dans le diocèse de Paris depuis 1954. En 1974, à Lille, on constatait qu'un tiers des pratiquants avait disparu depuis les dernières années. Des analyses plus fines permettant de dater la chute de 1965-1966, plutôt en 1965.

De travaux en travaux, toutes les instances ecclésiastiques devaient convenir, tout en cherchant d'abord à minimiser, qu'un incroyable décrochement s'était produit. Qui plus est, il affectait tout particulièrement les jeunes de familles pratiquantes du baby-boom. Autrement dit, la génération de catholiques qui arrivait à 20 ans en1965, pour la première fois dans l'histoire, n'a pas bénéficié de la transmission de l'héritage catholique. Et bien entendu, ce fait colossal va désormais se démultiplier.

En définitive, d'une pratique dominicale, juste avant le Concile, en moyenne, de 25% des Français (avec 80% des enfants faisant leur communion solennelle, c'est-à-dire pratiquant et étant catéchisés jusqu'à l'âge de 12 ans), on est passé aujourd'hui, si on considère les vrais chiffres, ceux de la pratique tous les dimanches et non pas une fois par mois, à moins de 2% de pratiquants (très exactement : 1,8%, enquête Ipsos pour La Croix, 12 janvier 2017), les femmes pratiquant désormais aussi peu que les hommes. Et cet arasement est général : toutes les provinces, les villes comme les campagnes sont désormais à égalité, à ceci près que la société française s'est considérablement urbanisée et que les assemblée dominicales des villes sont de ce fait numériquement plus importantes que celles des chefs-lieux de cantons où est encore célébrée la messe le dimanche.

Vatican II, « événement déclencheur »

Précisons que Guillaume Cuchet voudrait exonérer le Concile comme tel des causes du phénomène. Il le considère cependant comme « événement déclencheur » de l'effondrement : « On ne voit pas en effet quel autre événement contemporain aurait pu engendrer une telle réaction. La chronologie montre que ce n'est pas seulement la manière dont le concile a été appliqué après sa clôture qui a provoqué la rupture. Par sa seule existence, dans la mesure où il rendait soudainement envisageable la réforme des anciennes normes, le concile a suffi à les ébranler, d'autant que la réforme liturgique, qui concernait la partie la plus visible de la religion pour le plus grand nombre, a commencé à s'appliquer dès 1964. » (p. 130)

Dans le Concile, cependant, il incrimine le texte fameux sur la liberté religieuse, Dignitatis Humanæ, qui concernait en définitive les rapports de l'Église et des États chrétiens, mais qui a été entendu, non sans raison, comme une consécration de la liberté de la conscience de chaque catholique. D'où le développement d'une « religion à la carte », où chacun module en quelque sorte son propre Credo.

Les normes gênantes sont désormais passées sous silence dans l'enseignement, la principale en l'espèce étant l'obligation faite par le commandement de l'Église d'assister à la messe le dimanche, sous peine de péché grave. C'est le clergé lui-même qui a « désinstallé » les règles qu'il avait tant œuvré à faire respecter depuis le Concile de Trente. Du coup, le milieu pratiquant, qui se « reproduisait » en transmettant de génération en génération ce catalyseur de l'être catholique (voir saint Justin, au IIe siècle, expliquant que le chrétiens se distinguent en pratiquant leur culte le jour de la semaine où le Seigneur est ressuscité), a cessé de transmettre cette pratique fondamentale et tout ce qui allait avec.

S'agit-il toujours de la même religion ?

En 1952, 51% des adultes baptisés déclaraient se confesser une fois par an. En 1974, ils sont 29%, presque la moitié en moins. Quant au groupe des pénitents fr& eacute;quents (une fois par mois), il s'est évaporé entre 1952 et 1974. Le décrochage, ici aussi, a eu lieu à la fin du Concile.

Ceci s'est conjugué avec un silence sur les fins dernières : « Le clergé a cessé assez brutalement de parler de tous ces sujets délicats, comme s'il avait arrêté d'y croire lui-même, en même temps que triomphait dans le discours une nouvelle vision de Dieu, de type plus ou moins rousseauiste : le "Dieu Amour" (et non plus seulement "d'amour") des années 1960-1970 » (p. 216). On a assisté à une entreprise de démythologisation de l'ancien catéchisme, « dont le jugement, l'enfer, le péché mortel, Satan ont plus ou moins fait les frais » (p. 265). Et cela au moment où le Concile s'achevait (cf. Yves Lambert, dans Dieu change en Bretagne, Cerf, 1985).

Bien entendu, pour s'être effondré si rapidement, et avec si peu de résistance, il fallait bien que cet ensemble catholique ait été miné de l'intérieur depuis longtemps. La nouvelle ligne doctrinale sur l'œcuménisme et les relations avec les religions non-chrétiennes ont alors fait sauter l'édifice : « Vatican II a été, de ce point de vue, le théâtre d'une sorte de nuit du 4 août dans l'au-delà qui a mis fin aux privilèges des catholiques quant au salut. Désormais, l'Église ne se concevrait plus que comme l'instrument du salut pour tous, sans discrimination ni privilège, même si les fidèles qu'on avait formés jusque-là dans une tout autre théologie risquaient de s'en trouver un peu déstabilisés et de s'interroger, dans ces conditions, sur les bén&eacu te;fices réels de l'affiliation. » (p. 257)

Au total, la fracture au sein de la prédication catholique est « si manifeste qu'un observateur extérieur pourrait légitimement se demander si, par-delà la continuité d'un nom et de l'appareil théorique des dogmes, il s'agit bien toujours de la même religion » (p. 266).

La rupture liturgique

Même s'il y insiste peu, ne voulant pas vraiment mettre en cause les textes de Vatican II et sa réforme liturgique, Guillaume Cuchet, indique à plusieurs reprises que le moment du grand décrochement est lié aux bouleversements cultuels : « La réforme liturgique, qui concernait la partie la plus visible de la religion pour le plus grand nombre, a commencé à s'appliquer dès 1964 & raquo; (p. 130). La crise de la communion solennelle a été une sorte de révélateur : les éléments réformateurs du clergé avaient tendance à critiquer un rite « formel, hypocrite, "sociologique", sans véritable valeur spirituelle ». Rares ont été ceux qui, comme le P. Serge Bonnet, dominicain, défendaient la qualité spirituelle de la religion populaire, dont la communion solennelle était devenue un élément important (*).

« Dans le domaine de la piété, écrit l'auteur p. 134, des aspects de la réforme liturgique qui pouvaient paraître secondaires, mais qui ne l'étaient pas du tout sur le plan psychologique et anthropologique, comme l'abandon du latin, le tutoiement de Dieu, la communion dans la main, la relativisation des anciennes obligations ont joué un rôle important. &raqu o; Au total, c'est un monde qui a disparu presque d'un coup. Sonnés par des modifications à jet continu dans la messe dominicale, désarçonnés par l'abandon de la soutane par le clergé, dont une partie va même abandonner le sacerdoce, dégoûtés par une prédication politique socialisante, les paroissiens ne s'y retrouvaient plus et quittaient leur vieille maison familiale sur la pointe de pieds.

Le recul du catholicisme en France depuis les années 1960 est un des faits les plus marquants et pourtant les moins expliqués de notre histoire contemporaine. S’il reste la première religion des Français, le changement est spectaculaire : au milieu des années 1960, 94 % de la génération en France étaient baptisés et 25% allaient à la messe tous les dimanches ; de nos jours, la pratique dominicale tourne autour de 2% et les baptisés avant l’âge de 7 ans ne sont plus que 30%. Comment a-t-on pu en arriver là ? Au seuil des années 1960 encore, le chanoine Boulard, qui était dans l’Église le grand spécialiste de ces questions, avait conclu à la stabilité globale des taux dans la longue durée. Or, au moment même où prévalaient ces conclusions rassurantes et où s’achevait cette vaste entreprise de modernisation de la religion que fut le concile Vatican II (1962-1965), il a commencé à voir remonter des diocèses, avec une insistance croissante, la rumeur inquiétante du plongeon des courbes.
Guillaume Cuchet a repris l’ensemble du dossier : il propose l’une des premières analyses de sociologie historique approfondie de cette grande rupture religieuse, identifie le rôle déclencheur de Vatican II dans ces évolutions et les situe dans le temps long de la déchristianisation et dans le contexte des évolutions démographiques, sociales et culturelles des décennies d’après-guerre.

Guillaume Cuchet est professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris-Est Créteil. Il a notamment publié Penser le christianisme au XIXe siècle. Alphonse Gratry (1805-1872) (Presses universitaires de Rennes, 2017).
Sciences humaines
Histoire
La Couleur des idées
Date de parution 01/02/2018
21.00 € TTC
288 pages
EAN 9782021021295le seuil
images/icones/bravo.gif  ( 844724 )Excellente référence par Aigle (2018-02-24 18:21:51) 
[en réponse à 844722]

Je suis justement en train de lire ce livre !
images/icones/fleche3.gif  ( 844727 )cette analyse est certainement entièrement juste par jejomau (2018-02-24 18:55:04) 
[en réponse à 844722]

car, de façon tout à fait inverse, c'est parce que la FSSPX (puis ensuite les communautés ED) n'a pas souscrit à l'application du Concile Vatican II, en continuant à exiger de ses ouailles la confession régulière, la pratique dominicale sous peine de péché mortel, ainsi que d'autres règles établies de longue date au sein de l'Eglise ... qu'elle s'est développée sur tous les continents. Comme les communautés ED .

En fait il suffit de voir chez les Tradis ce qui a été abandonné par les Conciliaires pour comprendre ce qui pèche chez eux et ce qui constitue l'essor constant des autres.

Ce qui pose problème, c'est surtout que l'initiative de la mise à mort de l'Europe Chrétienne est le fait de la Hiérarchie. C'est cela qui est inexplicable. Les sociétés ont été touchées, ont perdu la Foi et se sont paganisées . Le Continent Africain a renoué avec l'Islam et ses marchés aux esclaves.

Il me semble enfin qu'aujourd'hui, avec le pontificat de François, l'Eglise "du Concile Vatican II" entre dans une phase ultime d'auto-destruction... Il faut bien spécifier en effet en disant l'Eglise "du Concile V II" car on voit bien que les Tradis dans leur ensemble, eux, ne sont pas touchés par quelque mal que ce soit : ni chaos, ni zizanie, ni troubles, ni absence d'autorité ou de respect . Le petit troupeau demeure solide comme le roc




images/icones/fleche2.gif  ( 844745 )Voici la véritable provenance de ce texte. par Scrutator Sapientiæ (2018-02-25 09:13:14) 
[en réponse à 844722]

Bonjour et bon dimanche, Jean Kinzler.

Voici la véritable provenance de ce texte :

Paix liturgique.

Et voici la partie du même texte que vous ne citez pas :

"LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE

1 – Guillaume Cuchet est tout le contraire d'un anti-conciliaire, ce qui rend son propos d'autant plus percutant. On peut tout de même ajouter à ce qu'il dit, que le concile Vatican II a globalement représenté une transaction de l'Église avec le libéralisme qu'elle avait théoriquement condamné jusque-là avec la dernière énergie. De même la traduction liturgique du Concile qu'a été tout naturellement la réforme liturgique équivaut aussi à un passage, jusqu'à un certain point, au libéralisme moderne : effacement des doctrines qui fâchent (messe-sacrifice, sacerdoce hiérarchique, etc.) et relativisation de toute règle, rubrique, obligation. Du coup, Mai 68 aura un effet encore plus dévastateur dans l'Église : toutes les défenses avaient déjà craqué, c'est ainsi qu'il apparut à beaucoup que la réforme liturgique fut en réalité, plus qu'un simple réforme liturgique, la canonisation d'un changement de la Foi.

2 – 1965, moment du grand décrochement : il est certain que, du point de vue liturgique, l'avalanche de réformes qui a précédé le missel nouveau à partir de 1964 (date du démarrage de la réforme), a été dévastatrice. De 1964 et de la messe face-au-peuple avec de nombreuses parties en langue vernaculaire à 1974 (nouveau rituel du sacrement de pénitence), en dix ans, les suppressions ont succédé aux allégements, les abandons aux simplifications, ce qui a donné aux catholiques l'impression de changements qui ne cesseraient plus. On avait l'impression que de haut en bas les ecclésiastiques avaient à cœur de bousculer les habitudes de leurs ouailles : ils devaient entrer dans une autre époque, et c'était le signe que la liturgie nouvelle donnait.

3 – Comment en sortir n'est pas le sujet de Guillaume Cuchet, qui se livre seulement à une « anatomie » de l'effondrement. Une étude aussi aiguë du catholicisme d'aujourd'hui, avec ses forces nouvelles au sein d'une grande faiblesse, serait particulièrement intéressante et importante à mener. L'auteur dit au passage, à juste titre, que contrairement à ce que pense Emmanuel Todd, le catholicisme n'est pas aujourd'hui dans une « phase terminale ». Par ailleurs la rupture est encore fraîche pour un certain nombre de pratiquants. Dans Ces fidèles qui ne pratiquement pas assez… Quelle place dans l'Église (Lessius, 2017), Valérie Le Chevalier voudrait que les catholiques pratiquants « sortent » pour aller à la rencontre des catholiques non pratiquants. Elle aurait raison si c'était dans le but de les inviter à « rentrer », ce qui n'est pas son propos. Mais c'est assurément encore possible pour beaucoup d'entre eux. Il faudrait préalablement accepter de faire un sérieux examen de conscience sur les erreurs passées. En outre, on pourrait prendre en compte les « signes des temps », que sont aujourd'hui l'attrait des formes liturgiques traditionnelles pour les jeunes, comme aussi l'attrait des filières traditionnelles pour les vocations. Ou encore, ces masses de chrétiens jeunes et même très jeunes qui se manifestent, y compris dans la rue, mais qui sont un troupeau sans pasteurs, qui ne demande qu'à être guidés par des pasteurs. Des pasteurs et non plus des démissionnaires.

4 – On n'insistera d'ailleurs jamais assez sur le fait que le « pastoral » est la grande marque de l'ère conciliaire, où le dogme a cédé la place à une doctrine souple. Qu'est-ce à dire, sinon que l'autorité s'est diluée d'elle-même ? Et cela est vrai pour l'ensemble de la discipline et du culte : plus d'obligations infrangibles, mais des invitations, des sollicitations dans un grand climat de liberté. En liturgie, rien n'est plus vraiment obligatoire, et des choix comme à l'infini permettent à chaque prêtre d'organiser sa célébration et de faire passer les messages qu'il veut. Tout cela participe de la grande crise d'autorité, ou de « paternité » par laquelle la modernité a basculé dans l'ultra-modernité. La grande conséquence est que le principe de la transmission par l'éducation ne fonctionne plus. On savait tout cela, mais ce que Guillaume Cuchet souligne est que cette rupture phénoménale a eu lieu dans l'Église avant d'avoir eu lieu dans la société. On s'est souvent gaussé des hommes d'Église, qui couraient derrière le monde moderne mais avaient toujours un train de retard. Eh bien c'est faux ! La révolution doctrinale et liturgique du Concile a précédé la révolution de Mai 68. Et ce fut un suicide."

Bon dimanche.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 844752 )Bryan Houghton ... par Louisneuf (2018-02-25 15:08:18) 
[en réponse à 844745]

... s'est posé la question de ce changement.

« Il indiffère à l’historien que les conséquences d’un changement soient heureuses ou malheureuses. Il cherche seulement pourquoi ce changement s’est produit dans telles conditions plutôt que dans telles autres, à tel moment plutôt qu’à tel autre. Qu’est-ce qui caractérisait l’Avent de 1964 et faisait défaut en 964 ? Comment se fait-il ensuite qu’un évêque ait prescrit un jour ce qu’il proscrivait la veille ? Même question à propos des prêtres ordonnés selon et pour le rite latin, qui ont célébré cette messe quotidiennement pendant des années, qui l’on expliquée et défendue lorsqu’ils instruisaient des convertis, qui l’ont exaltée en chaire : comment se fait-il qu’ils l’aient abandonnée sans sourciller ou même vilipendée sans rougir ? Il n’y aurait pas de problème s’il s’agissait seulement de quelques évêques ou de quelques prêtres ici ou là. Mais c’est la hiérarchie dans son ensemble et une telle majorité de prêtres qu’elle rend inaudible toute protestation. On ne peut pas alléguer la pression des fidèles sur le clergé. Avant le Concile, les associations nationales en faveur des langues vernaculaires étaient toutes appuyées par les clercs et d’ailleurs presque entièrement constituées de clercs, c’est un fait historique. Elles tendaient de plus à exclure la messe de leurs programmes. A l’inverse, la Latin Mass Society [association anglaise pour la messe ancienne] est peut-être au sein de l’Eglise la seule organisation d’action catholique que des laïcs aient organisée spontanément.
Il serait absurde de traiter tous les évêques et la majorité des prêtres de gredins ou d’idiots. Il doit exister une cause suffisante qui explique un changement à la fois soudain et universellement acclamé. Inconsciemment sans doute, une disposition d’esprit défavorable à la messe latine avait dû se développer, d’une façon ou d’une autre, un peu partout. Le grand monolithe qui semblait intact, ne tenait peut-être debout que par la force de l’habitude. Sans doute avait-il été miné. Une simple pression sur un bouton et il s’était effondré. Bien. Mais qui avait appuyé sur le bouton ? Qui avait foré les galeries ? Et quand ? »

Bryan Houghton, « Prêtre rejeté »,DMM, édition 2005, p.74-75

Une hypothèse serait que beaucoup de prêtres étaient des agents anti-catholiques entrés en sacerdoce pour mieux détruire l'Eglise de l'intérieur (on peut ajouter les prêtres-ouvriers et marins condamnés par Pie XII) voir aussi le livre de Marie Carré "E.S. 1025 ou les mémoires d'un anti-apôtre". A la faveur du Concile Vatican II, l'ordre général (des F.M. ecclésiastiques ?) a été donné de bouleverser la liturgie et la morale. Les loups déguisés en agneaux étaient entrés dans la Bergerie.
images/icones/heho.gif  ( 844777 )Pas d'accord... par Signo (2018-02-25 22:43:21) 
[en réponse à 844752]

... avec l'idée selon laquelle les prêtres de terrain qui du jour au lendemain ont tout jeté par la fenêtre aient été des "comploteurs" infiltrés dans l'Eglise pour mieux la détruire de l'intérieur. C'est une vision simpliste du problème, et je pense que la réalité est plus prosaïque: la génération qui a eu une vingtaine d'années en 1960-1970 était composée d'Occidentaux fatigués d'être eux mêmes, se sentant étouffés par leur héritage culturel dont ils étaient dépositaires, dans lesquelles ils ont été élevés mais qu'ils ne comprenaient plus, qu'ils n'aimaient plus. Cet héritage était pourtant d'une inestimable richesse, et en même temps pouvait être perçu, sous certains de ses aspects, comme trop contraignant, composé de règles tellement nombreuses et lourdes qu'elles obscurcissaient ce qu'elles s'étaient données comme objectif de préserver: règles éducatives, familiales, sociales, professionnelles, religieuses... et liturgiques.

Par ailleurs, les nouveaux modes de vie venus d'outre-atlantique (société du plaisir, de la jouissance, de la consommation effrénée, société de l'individualisme et du divertissement, avec toutes les idéologies que ces modes de vie apportaient dans leur sillage: libéralisme, matérialisme, etc), avec leur immense puissance séductrice, accentuaient l'écart déjà bien large entre la vision traditionnelle du monde prônée par l'Eglise et une modernité de plus en plus irrésistible. Cette tension entre tradition chrétienne et libéralisme moderne a explosé à l'occasion du Concile, mais pas à cause du Concile, ce qui est très facile à démontrer, puisque comme je l'ai démontré dans un fil précédent, sur bien des points les progressistes de terrain sont allés, non pas plus loin que les préconisations conciliaires, mais dans un sens complètement opposé.

Cet effondrement de la liturgie est d'abord et avant tout le symptôme d'une profonde crise de civilisation et d'une "fatigue d'être soi" typiquement occidentale, et non pas le fruit d'un hypothétique complot moderniste, qui, en admettant qu'il ait existé, n'a certainement joué qu'un rôle très secondaire.

Cette question est essentielle, car de la sortie de la crise actuelle dépendra du bon diagnostic établi: il ne faut pas se tromper de combat. Il est parfaitement vain et insuffisant de vouloir "combattre les erreurs modernistes", ou bien réclamer simplement le retour à l'ancien rite, à l'ancienne discipline etc. Le problème est bien plus profond: c'est l'homme lui-même qui doit être réformé; c'est l'humanité traditionnelle elle-même qui doit être rétablie. Concrètement, cela signifie retrouver le sens du silence et d'une certaine lenteur à la place de la frénésie moderne; restaurer le primat de la contemplation sur l'action, de l'écoute sur le bavardage; retrouver le sens du réel et de la nature; retrouver la signification profonde et originelle du rite, préférer la force du symbole au discours soi-disant rationnel etc. C'est à cette condition seulement que la liturgie pourra à nouveau être comprise et vécue dans son authenticité.

Sans cette réforme de l'homme lui-même, les tentatives de restauration liturgique ne pourront que répéter les erreurs du passé, en imposant des rites et des règles à des individus incapables d'en saisir la signification profonde, et qui finiront donc un jour par les rejeter...
images/icones/bravo.gif  ( 844782 )Merci Signo par Aigle (2018-02-26 07:45:28) 
[en réponse à 844777]

Cela est très bien analysé et bien exprimé.
images/icones/neutre.gif  ( 844786 )vous faites une réponse sociologique ... par Louisneuf (2018-02-26 12:21:21) 
[en réponse à 844777]

... d'un problème spirituel.

Ecoutez ceci:

ICI
images/icones/rose.gif  ( 844789 )mauvaise lecture de Bryan Houghton par Luc Perrin (2018-02-26 14:35:39) 
[en réponse à 844786]

Il ne sombre aucunement dans la théorie amusante des "illuminati", à laquelle Mgr Lefebvre s'est parfois laisser aller : ce n'est pas ce qui restera de plus solide dans ses écrits.

La "haute vente", les machinations d'une loge, de la grande prêtresse Diana Vaughan de l'impayable libre-penseur faussement converti "Léo Taxil", tout cela a fait l'objet d'études historiques détaillées. J'y renvoie tout un chacun.

Houghton pointe un aspect spirituel qui n'est pas celui-là : lui-même qui s'était impliqué dans le Mouvement liturgique pré-conciliaire. Il observe que la liturgie traditionnelle était massivement perçue dans le jeune et moins jeune clergé comme sans intérêt et un obstacle à l'évangélisation.

Là est le problème spirituel pour Houghton et il ne l'explique pas justement et c'est ce qui le trouble et le tourmente profondément. Il ne joue pas au Léo Taxil du tout. Ce serait bien trop simple !

C'est là qu'interviennent l'histoire et la sociologie car elles rendent compte de façon sérieuse et convaincante du "mystère" apparent soulevé par B. Houghton : une dévitalisation interne du catholicisme occidental. Saint Pie X n'avait pas fait de dom Chautard avec L'âme de tout apostolat son livre de chevet pour rien. Le danger était bien présenté, comme au XVIIIe siècle.

Quand l'activisme forgé dans la dérive de l'Action catholique spécialisée dès les années 1940-1950 s'est imposé à la hiérarchie, quand le P-O. est devenu modèle sacerdotal, quand la sociologie religieuse est devenue "la science" de référence pour guider "la" pastorale, le sel a commencé à s'affadir. La voie était libre pour Bugnini et ses Rapetout destructeurs.

La crise spirituelle, ce sont l'histoire et la sociologie qui vous en donnent la clef : pas les fantasmes façon Léo Taxil (qui ont berné jusqu'à Léon XIII). Ces fantasmagories étaient partagées par les ennemis de l'Église d'ailleurs : c'est ainsi que les Communards en 1871 traquaient les cadavres des femmes violées et tuées par les prêtres dans les églises, qu'ils imaginaient des souterrains permettant aux moines emplis de luxure de retrouver leurs maîtresses, qu'ils fouillaient le couvent des Carmélites à la recherche des armes et stocks de poudre qu'elles garderaient pour les Prussiens etc.

L'imagination délirante se trouve partout.

Ce qui ne veut pas dire que des réseaux, pour la plupart connus et étudiés, n'ont pas existé pour propager les idées et pastorales progressivement déviantes entre 1938 et 1965. Réseaux d'abbayes, réseaux de revues, congrès de pastorale liturgique, rencontres de pastorales catéchétiques, formation/déformation d'aumôniers, groupes au sein d'ordres et congrégations religieuses en Europe et dans une plus discrète façon aux États-Unis (à Chicago notamment), dans quelques centres théologiques ... la liste n'est pas exhaustive.
En 1962, Jean XXIII après le renvoi du schéma de Fontibus Revelationis choisit le schéma sur la liturgie car il fait consensus très largement. Ce n'est pas par hasard.
Louis Bouyer, ardent partisan et acteur du Mouvement liturgique, pense dès 1961-1962 que celui-ci a été dévoyé, détourné de son objectif initial et qu'il est devenu alors un outil au service des activistes. La suite a amplement confirmé son intuition.
images/icones/hein.gif  ( 844794 )Merci Luc par Aigle (2018-02-26 15:39:38) 
[en réponse à 844789]

Quand le moyen remplace la fin.

Je crois que PIE XI pensait que diverses initiatives, action catholique spécialisée, scoutisme , patronages, etc ...auraient pour effet de ramener (ou au moins de garder) à la Foi des milieux qui tendaient à s'en éloigner (jeunes adultes, ouvriers, etc..).

Mais il me semble qu à un certain moment la DSE et l'action sociale ont fini par paraître plus importante que la Foi et les Sacrements.

Il faut dire que la Foi tendait à devenir une simple énumération de devoirs très formels et rigides (le poisson du vendredi ) et que les sacrements étaient distribués de façon peut être un peu trop mécanique.

Bref une Église despiritualisée ou vue comme telle par les éléments les plus motivés qui ont cru lui rendre son tonus en appuyant sur l'accélérateur de l'action catholique et en confondant la,lésés et la réunion activiste !.

Il y a peut être là un phénomène important .
images/icones/neutre.gif  ( 844800 )Mauvaise présentation de ma part... par Louisneuf (2018-02-26 17:33:05) 
[en réponse à 844789]

... après avoir cité Houghton qui s'interrogeait sur le retournement du clergé sur la liturgie, j'ai émis une hypothèse personnelle qui expliquerait que du jour au lendemain les prêtres qui ont défendu et célébré la messe de St Pie V, ont subitement appliqué la nouvelle messe issue du Concile Vatican II. Ce que Houghton pointe c'est la rapidité et quasiment l'uniformité d'exécution temporelle et géographique de la pratique de la nouvelle messe. Pour arriver à ce résultat il faut obéir à un ordre venu de quelque part.

Dans Pascendi Dominici Gregis, St Pie X l'explique très bien :
"Ce qui exige surtout que Nous parlions sans délai, c'est que, les artisans d'erreurs, il n'y a pas à les chercher aujourd'hui parmi les ennemis déclarés. Ils se cachent, et c'est un sujet d'appréhension et d'angoisse très vives, dans le sein même et au coeur de l'Eglise, ennemis d'autant plus redoutables qu'ils le sont moins ouvertement. Nous parlons, Vénérables Frères, d'un grand nombre de catholiques laïques, et, ce qui est encore plus à déplorer, de prêtres, qui sous couleur d'amour de l'Eglise, absolument courts de philosohie et de théologie sérieuses, imprégnés au contraire jusqu'aux moelles d'un venin d'erreur puisé chez les adversaires de la foi catholique, se posent, au mépris de toute modestie, comme rénovateurs de l'Eglise ; qui, en phalanges serrées, donnent audacieusement l'assaut à tout ce qu'il y a de plus sacré dans l'oeuvre de Jésus-Christ, sans respecter sa propre personne, qu'ils abaissent, par une témérité sacrilège, jusqu'à la simple et pure humanité."

Texte prophétique. Alors St Pie X complotiste aussi ?
images/icones/neutre.gif  ( 844837 )un ordre donné quelque part ? par Luc Perrin (2018-02-27 21:03:51) 
[en réponse à 844800]

Non ce n'est nullement nécessaire.

Quand la possibilité pour les pays anglophones de traduire s'ouvre, les prêtres s'y engouffrent. Si "ordre", en fait signal ici, il y a, il est venu de Rome.

Maintenant deux observations :

a) comme je l'ai dit précédemment, les esprits ont été préparés amplement dans les 20-30 ans qui précèdent par une littérature assez répandue : je l'avais vue dans ma thèse répercutée dans les ... bulletins paroissiaux parisiens avant l'ouverture de Vatican II en 1962.

Un des prêtres témoins croyait, de bonne foi, avoir toujours célébré en français, ce qui a mon sens n'était pas possible car il était vicaire quelques années avant 1965. Il avait effacé de sa mémoire son apprentissage de la messe latine, c'est dire à quel point le mythe du "Renouveau" a été puissant sur cette génération de prêtres ordonnés dans les années 1960-1965.

Les évêques parisiens multiplient les rappels à l'ordre entre 1964 et 1967 à ce sujet.

b) Pie X décrit les cercles modernistes qui sont des réseaux comme les cercles intégristes de Mgr Benigni. On n'est pas pour les uns et pour les autres dans un phénomène de masse touchant tout le clergé occidental à 90%. 1964/1965 et 1903-1910 ne sont pas de ce fait en analogie valable.

Une idée m'est venue à l'occasion de notre conversation. Les années 1960 inaugurent une massification de l'enseignement supérieur en France en tout cas (il faudrait voir pour la GB) qui est passée par une valorisation de la filière technique puis "moderne" au détriment des "classiques".
L'Angleterre fut longtemps très élitiste et il semble qu'après 1945 une vague de création d'universités ait existé. Le latin et les humanités étaient très à l'honneur dans les vieilles universités et leurs prestigieux collèges qui formaient l'élite britannique.

La dévalorisation du latin et des humanités qui est nette entre 1950 et 1970 se produit au moment où Rome a donné le signal qu'on pouvait l'abandonner aussi dans l'Église.

La ruée vers le vernaculaire de 1964 n'est donc pas aussi mystérieuse que ne le pensait l'abbé Houghton. Ce qui l'a troublé et même meurtri, c'est que la messe pour le prêtre n'est pas un ornement.
Rappelons-nous que l'activisme - dénoncé par Jean XXIII en 1959 dans son encyclique sur le sacerdoce Sacerdotii nostri primordia - s'est vite transformé en passion pour la "déclergification" et la volonté pour les prêtres d'être "des laïcs comme les autres". La messe elle-même, a fortiori le latin et la messe traditionnelle, devenait superflue par rapport à l'animation politico-syndicale barbouillée de versets évangéliques.

ps. il suffit d'écouter Alain Finkielkraut se plaindre de cet oubli massif dans l'enseignement des "classiques" pour mesurer pour le coup le "changement de paradigme" éducatif qui a été accompli. Jean XXIII le sent d'ailleurs en tentant d'aller à contre-courant avec la Veterum sapientia de 1962 qui étendait les cours en latin.
images/icones/bravo.gif  ( 844848 )Très juste! par Signo (2018-02-27 23:24:32) 
[en réponse à 844837]

La rupture puis l'effondrement de la liturgie dans l'Eglise est à mettre en rapport avec la rupture qui a lieu simultanément dans tous les secteurs de la société, en particulier l'enseignement (abandon des humanités et de la culture classique dont le latin et le grec étaient les piliers, pédagogisme, néo-rousseauisme, déconstructionisme) mais aussi d'autres domaines comme par exemple l'agriculture (les paysans deviennent des "exploitants", machinisation, usage massif des engrais et pesticides chimiques, exploitation intensive des sols, volonté de s'affranchir des rythmes de la nature...).

Or, dans ces trois domaines, l'application du progressisme forcené (avec un acharnement et un aveuglement qui rappelle les plans soviétiques ou le "Grand bon en avant" de Mao, à ceci près que désormais l'Etat suit un mouvement qui vient de la base et des idéologues de terrain au lieu de l'impulser) aura provoqué un désastre: dans l'Eglise, effondrement de la liturgie et donc de la foi, dans l'enseignement, dévalorisation des diplômes et dégradation du niveau général, enfin dans l'agriculture, désastre écologique et environnemental...

C'est pourquoi se contenter de verser dans "l'antimodernisme" tel que l'a théorisé S. Pie X pour faire face à la tourmente qui a débuté dans les années 1960 et qui se poursuit jusqu'à nos jours revient à être en retard d'une guerre. L'effondrement général des "Trente glorieuses" est non seulement un phénomène d'une tout autre ampleur, mais encore d'une nature sensiblement différente de la crise moderniste -limitée à quelques cercles restreints d'intellectuels- qu'avait affronté S. Pie X au début du XXe siècle.
images/icones/livre.gif  ( 844851 )Si vous ne l'avez jamais lu, c'était bien dit ... par Glycéra (2018-02-28 07:58:11) 
[en réponse à 844848]




vers 1927 dans "La Crise du monde moderne"
Son dernier chapitre sur ce qui se passe dans l'Eglise ou règne un "pseudo-religion" est étonnant de vue précoce !

L'auteur est marqué au fer rouge pour des raison "ad hominem" épidermiques souvent, ou "même pas lu" presque toujours.

Sa grande bibliographie d'ouvrages fouillés ne permet pas ce refus.
Son St Bernard, ou bien Le Symbolisme de la croix, sont des mines de réflexions et de remarques fines.

Le lire a converti un bon nombre de personnes à la foi réelle, solide. Même sur le FC !

Il existe intégralement sur Internet. Je ne peux donner le site, mais vous trouverez. Lire le dernier chapitre, vers les pages 83 et suivantes.

Il me semble que cela vous intéressera si vous ne connaissez pas.

Avec mes bonnes salutations
Glycéra


images/icones/neutre.gif  ( 844858 )Vous oubliez ... par Louisneuf (2018-02-28 12:58:57) 
[en réponse à 844848]

... la "Conjuration antichrétienne" (1910) de Mgr Delassus et le Cardinal Rampolla (F.M.) qui faillit être pape mais la Divine Providence nous donna St Pie X.
images/icones/1e.gif  ( 844849 )« Avant 1965... » par Alexandre (2018-02-28 00:22:47) 
[en réponse à 844837]


Un des prêtres témoins croyait, de bonne foi, avoir toujours célébré en français, ce qui a mon sens n’était pas possible car il était vicaire quelques années avant 1965.



Luc,

N’auriez-vous donc pas vu ce reportage diffusé le 18 décembre 1964, déjà évoqué sur ce Forum ?

A partir de 4 mn 20, on apprend qu’à la fin 1964, « ce que Vatican II a décidé et les bureaux ecclésiastiques longuement préparé, déjà, dans de nombreuses paroisses de France, on l’essayait. Ainsi, dans cette église de la rue de Belleville (...) »

Cette église est Saint-Jean-Baptiste de Belleville, à Paris (19°), tenue alors par les Fils de la Charité avec pour curé le célèbre Georges Michonneau, qui parle à la fin du reportage.
A noter qu’on y célébrait aussi déjà face au peuple, comme à Saint-Séverin (6°) ou encore Saint-Lambert (15°).

A noter que cette pratique jusque là interdite est devenue permise à partir du 3 janvier 1965, où entra en vigueur la deuxième Ordonnance de l’Épiscopat français sur la Liturgie (14 oct. 1964).
images/icones/neutre.gif  ( 844854 )"Qui a appuyé sur le bouton ?"... par Louisneuf (2018-02-28 12:08:24) 
[en réponse à 844837]

... disait l'Abbé Houghton.

Pour revenir sur votre explication sur l'apprentissage des Classiques et du Latin en particulier, il suffit d'aller sur youtube pour observer que les vidéos sur l'apprentissage de cette langue sont pratiquement toutes étrangères : anglaises, espagnoles. il en va de même des sites d'apprentissage du Latin, quasiment rien en Français.

vous écrivez :

les esprits ont été préparés amplement dans les 20-30 ans qui précèdent par une littérature assez répandue



C'est la suite de la crise moderniste dénoncée par St Pie X. Le travail de sape contre l'Eglise Catholique est un travail sur la longue durée. Selon la vision de Léon XIII vers 1864 il me semble, Satan demanda à Dieu une durée de 100 ans pour détruire l'Eglise. C'est à la suite de cette vision que Léon XIII publia l'exorcisme de ST Michel, prière qui devait être dite à la fin de la messe (je pense que c'est le petit exorcisme) mais elle fut supprimée après le Concile. Même les prêtres de la FSSPX ne la récitent pas à la fin de la messe.

voir ici

Je pense qu'il y a plusieurs facteurs qui ont contribué à détruire la liturgie. Et si dans la période que vous citez, 1950-1960, des responsables religieux (évêques ou responsables de séminaires) F.M. ont accepté des candidats au sacerdoce ayant des idées modernistes ou progressistes ?

Vous parlez de bulletins paroissiaux pour votre thèse, il faudrait que je me replonge sur les bulletins paroissiaux de l'Abbé Sulmont qui s'est toujours battu contre Vatican II.
images/icones/hum2.gif  ( 844791 ) Etant de cette génération par Steve (2018-02-26 14:55:20) 
[en réponse à 844777]

Bonjour Signo.

Etant exactement de cette génération que vous désignez (pour faire court) comme fatiguée, je ne suis pas sûr que vous ayez entièrement raison.
Voici des motifs.

- L'influence disons américaine.
Elle n'était pas seulement celle de "l'individualisme et du divertissement". Cela, ce n'était que l'outil du sabotage.
Elle comportait, fondamentalement, une vision politique hostile à la puissance européenne comme puissance coloniale.
C'est une autre vision du monde qui était promue (de manière très intéressée) par nos "amis".

- L'influence disons soviétique.
Celle-ci était particulièrement bien soutenue par la "des-mots-cratie dite chrétienne". A tel point que l'idée d'un complot appliqué par des taupes dans l'Eglise ne peut pas être écartée d'office.

L'effondrement liturgique, cause et/ou conséquence du délabrement actuel de notre Eglise ?

A la limite, peu importe : ce qui compte c'est "Comment remonter la pente".
A ce point de vue, vos derniers paragraphes sont intéressants.
images/icones/1b.gif  ( 844852 )et aussi cette génération nous a vu imbibés de ... par Glycéra (2018-02-28 09:08:42) 
[en réponse à 844791]


... dichotomisme.

Pas thomisme vrai, hélas, puisqu'elle l'a mis à la poubelle des obscurantismes.

On nous rabâchait qu'il fallait choisir entre
capitalisme/communisme
intégrisme/progressisme
américain/soviétique
prière/action
latin/langue courante
bourgeois/ouvriers
musique classique/yéyé-rock

etc. etc.

Il me souvient avoir souvent refusé de répondre quand on me sommait de choisir : je sentais que c'était couper le monde, et aussi les familles, les amitiés, les hiérarchies donc que Dieu n'était pas là-dedans.

J'ai refusé le schéma, et me suis tue, puisque trop peu outillée pour savoir faire comprendre ce que je sentais.

50 ans après, c'est clair. Mais le nez dedans, les bonnes volontés se sont fait prendre, et l'emploi exagéré de la méditation des deux étendards peut continuer le dilemme et couper ce que Dieu a fait, comme Satan l'a réussi en offrant de transférer en l'homme le jugement entre "bien" et "mal".

Les souffrances de Job sont-elles à classer un mal ou un bien ? Qui le sait ? Dieu le sait.

Nous somme peu ou prou dans les mêmes fumiers que Job. A nous de comprendre les cadeaux de Dieu, sans souper le monde en deux.

Notre génération, sachant ce qu'elel a subi, serait bienvenue d'éclairer les suivantes, et de reconstruire l'unité que Dieu souhaite. Un champ où poussent ivraie (se dit zizanie en latin) et bonne semence.

Seul le Seigneur triera !
Mais pas encore ...

Impatience de l'homme...

images/icones/4a.gif  ( 844748 )Et ce qu'il faudrait dire également par Jean-Paul PARFU (2018-02-25 10:44:33) 
[en réponse à 844722]

c'est la hargne avec laquelle un certain clergé a traité tous ceux qui tentaient d'alerter contre cette réalité et qui ont tenté de lutter contre cette situation ! Jusqu'à aujourd'hui !
images/icones/carnet.gif  ( 844753 )Mariages par Luc de Montalte (2018-02-25 16:52:18) 
[en réponse à 844722]

Merci pour cette recension tout à fait intéressante et qui donne envie d’acquérir l’ouvrage !

On peut aussi peut-être penser à un autre décrochage très net de la décennie 1970, celui du nombre de mariage. D’après les chiffres de l’INSEE :

images/icones/nounours.gif  ( 844768 )oui 1965 ne me semble pas une date absolue par Luc Perrin (2018-02-25 20:15:24) 
[en réponse à 844753]

comme je l'avais déjà écrit. Plutôt 1967-1975 comme une phase d'accélération majeure d'un processus en cours.

G. Cuchet peut être suivi dans les grandes lignes : il appelle un chat un chat et pas "renouveau" ou tout autre essai d'euphémisation.

Poulat avait écrit L'ère post-chrétienne. Un monde sorti de Dieu en 1994. Il y a un écho dans le titre de mon collègue.

Et j'ajoute "notre monde", la France, qui est un petit canton, tout petit de l'immense monde et des pays chrétiens.

Le bilan du "Printemps" de l'Église devenu en France automne de moins en moins flamboyant puis hiver de plus en plus décati, comme le reste de l'Europe et le Canada/Australie-Nouvelle Zélande, une partie des USA, refroidissement qui gagne l'Amérique latine de plus en plus, ce bilan fait par Guillaume Cuchet est toujours à remettre bien en vue sur le pupitre pour qu'on se souvienne que l'ex-fille aînée risque d'être déshéritée comme les enfants d'un chanteur populaire récemment disparu au jour du Jugement.

Au moment où ce soi-disant "Printemps" nous est présenté à nouveau comme "la" solution magique à tous nos problèmes. La 1ère dose vous a à moitié tué, on va vous faire une nouvelle injection pour voir ...
images/icones/neutre.gif  ( 844798 )Permettez-moi de ne pas être d'accord sur un point. par Ritter (2018-02-26 16:56:20) 
[en réponse à 844768]


pour qu'on se souvienne que l'ex-fille aînée risque d'être déshéritée comme les enfants d'un chanteur populaire récemment disparu au jour du Jugement



Pour déshériter, il faut avoir un autre héritier, comme dans le cas que vous citez.
Dans la situation présente, je crains qu'il n'y en ait point.

images/icones/neutre.gif  ( 844836 )concedo par Luc Perrin (2018-02-27 20:20:33) 
[en réponse à 844798]

mais ce n'est pas un désaccord.

Il y aura bien des groupes dispersés de catholiques en France, sur ce point je crois pas à une disparition totale.
images/icones/iphone.jpg  ( 844840 )Peut-être certains seront intéressés par Ritter (2018-02-27 21:54:04) 
[en réponse à 844722]

La carte du chanoine et d’autres