Le Forum Catholique

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images/icones/neutre.gif  ( 844626 )Matthieu 16-23 par Louisneuf (2018-02-22 18:35:42) 

Roland Minnerath dans son livre « La primauté de l’Evêque de Rome et l’unité de l’Eglise du Christ », Beauchesne indique page 29 :

« Le mandat de Pierre est illustré à partir une exégèse post-pascale de son nouveau nom. Tous les peuples auxquels les Apôtres ont été envoyé (Mt 18, 16-20) sont l’Eglise de Jésus, bâtie sur le roc qu’est le premier des Apôtres, comme garant suprême de la révélation de Dieu. Aussi longtemps qu’il se conforme à la révélation de Dieu, il est le roc de l’Eglise, s’il s’en écarte, il est objet de « scandale » (Mt 16, 23) »

Le passage en question d’après la Jérusalem (1973) :

« 21 A dater de ce jour, Jésus commença de montrer à ses disciples qu’il lui fallait s’en aller à Jérusalem, y souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter. 22 Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner en disant : « Dieu t’en préserve, Seigneur ! Non, cela ne t’arrivera point ! « 23 Mais lui, se retournant, dit à Pierre ! « Passe derrière moi, Satan ! tu me fais obstacle, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! »

Le même passage selon la Vulgate :

« 21 Dès lors Jésus commença à découvrir à ses disciples qu’il fallait qu’il allât à Jérusalem, qu’il souffrit beaucoup de la part des anciens, des scribes et des princes des prêtres ; qu’il fût mis à mort et que le troisième jour il ressuscitât. 22 Et, le prenant à part, Pierre se mit à le reprendre, disant ! « A Dieu ne plaise, Seigneur ! Cela ne vous arrivera pont ». 23 Mais Jésus se retournant dit à Pierre : « Retire-toi de moi, Satan ; tu es un scandale pour moi, parce que tu ne goûtes pas ce qui est de Dieu, mais ce qui est des hommes. »

Ce passage fait suite à ce que Dieu le Père révèle à Pierre que Jésus est « le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mt 16-16).

Pierre, institué le premier des Apôtres et Pape de la future Eglise du Christ dévoile deux types de pensées : la première venant de Dieu et la seconde des hommes. Or cette dernière s’oppose à la mission de Jésus Christ, voulue par Dieu le Père, c’est-à-dire la Rédemption des Hommes par la Passion, la mort et la Résurrection du Christ.

Avec Amoris Laetitia et certains de ses propos, peut-on appliquer la sentence de Jésus Christ à Pierre, sur ses pensées toutes humaines donc opposées à la volonté divine, au pape François ?
images/icones/1b.gif  ( 844630 )Ben sauf que Pierre... par Etienne (2018-02-22 19:00:34) 
[en réponse à 844626]

...n'a reçu la plénitudes des grâces propres à l'évêque de Rome qu'à la Pentecôte. Il y a un avant et un après dans l'autorité et dans l'exercice de celle-ci. Ce que bien sûr JPP et consors ne voudront jamais reconnaitre : trop pratique de voir le bon Simon-Pierre se faire houspiller par son Maitre et de considérer qu'ils peuvent en faire autant.
images/icones/neutre.gif  ( 844631 )Ben sauf que ... par Louisneuf (2018-02-22 19:16:07) 
[en réponse à 844630]

... la grâce ne suffit pas, même après la Pentecôte, s'il y manque la bonne volonté. Et même après la Pentecôte, Pierre a été contredit par Paul sur son attitude lorsqu'il vivait avec des gentils puis avec des Juifs.
images/icones/1d.gif  ( 844654 )Bon sang mais c'est bien sûr! par Etienne (2018-02-23 13:35:39) 
[en réponse à 844631]

Et donc quand le pape parle ex cathedra mais sans bonne volonté, hé ben c'est pas infaillible ma bonne dame! C'est même Monsieur l'abbé qui l'a dit!

Notez que théologiquement ça résout bien des problèmes effectivement.
images/icones/neutre.gif  ( 844656 )Grossier. par Marquandier (2018-02-23 13:53:29) 
[en réponse à 844654]

Il faut de la bonne volonté pour parler ex cathedra. Demandez aux intéressés.
images/icones/1n.gif  ( 844669 )Ah... par Etienne (2018-02-23 17:29:53) 
[en réponse à 844656]

Un nouveau critère de l'infaillibilité pontificale : la bonne volonté, dont tout un chacun peut bien sûr juger du haut de son autorité.

On vit une époque merveilleuse.

images/icones/neutre.gif  ( 844681 )Je ne suis pas au courant… par Marquandier (2018-02-23 20:31:04) 
[en réponse à 844669]

…des dernières déclarations solennelles ex cathedra du pape François. C’est ce que je voulais dire. Pour le faire, il faut vouloir le faire.
images/icones/livre.gif  ( 844632 )Je crois que la réponse par Jean-Paul PARFU (2018-02-22 20:04:16) 
[en réponse à 844626]

est la suivante, s'agissant des principes généraux, j'entends.

Elle est très bien exprimée, par l'abbé Don Mauro Tranquillo, dans son article du "Courrier de Rome" annexé à l'article présenté par La Porte Latine dans un post un peu plus bas :

"Le dogme de l’infaillibilité défini par Vatican I, logiquement, ne contredit ni ne dépasse ces anciennes déterminations canoniques, et il ne rend pas le Pape exempt de péché, ne serait-ce que dans un seul domaine (la foi). Il garantit simplement que, quand il confirme l’Église dans la foi avec l’intention d’enseigner, le Pape ne peut pas errer, c’est-à-dire que certains de ses actes spécifiques et volontaires sont revêtus d’infaillibilité.

Je dis « certains » non parce qu’ils sont rares ou nombreux : ce sont exactement les actes que le Pape veut comme tels, c’est-à-dire comme enseignement formel destiné à l’Église tout entière. L’existence d’actes accomplis par le Pontife en dehors de son autorité et en tant que tels sujets au jugement humain, et éventuellement acceptables ou dénonçables comme scandale, ne devrait poser aucune difficulté. Les enseignements des Docteurs et les exemples des Saints en ce sens n’ont pas manqué, et ils ont souvent été cités.

Le problème réel, nous le verrons, se posera au moment de déterminer quels actes (dans l’abstraction ou la pratique), spécialement dans la situation actuelle, peuvent se dire investis d’autorité ou non (et donc passibles ou non de jugement selon ce qui a déjà été défini).

Seule une conception de l’infaillibilité comme Providence ou impeccabilité peut s’opposer à ces simples principes, ou une théologie hégélienne de l’histoire, pour laquelle tout acte du Pontife serait une manifestation du divin. Cela réduirait la structure juridique de l’Église à un prophétisme mal dissimulé, complètement étranger à la notion des Saintes Clefs.

Nous le répétons : qu’il y ait des actes de la personne du Pape que chacun peut évaluer (non au sens juridique mais moral) comme bons ou mauvais, parce que non revêtus de l’infaillibilité, est un fait manifeste et indiscuté (ou cela devrait l’être) ; la discussion portera sur comment déterminer l’usage de l’autorité." ici
images/icones/neutre.gif  ( 844634 )Vous écrivez ... par Louisneuf (2018-02-22 20:59:34) 
[en réponse à 844632]

...

Le dogme de l’infaillibilité défini par Vatican I, logiquement, ne contredit ni ne dépasse ces anciennes déterminations canoniques, et il ne rend pas le Pape exempt de péché, ne serait-ce que dans un seul domaine (la foi). Il garantit simplement que, quand il confirme l’Église dans la foi avec l’intention d’enseigner, le Pape ne peut pas errer, c’est-à-dire que certains de ses actes spécifiques et volontaires sont revêtus d’infaillibilité



Si tel est le cas un pape ne peut pas contredire l'enseignement de l'Eglise depuis Notre Seigneur Jésus Christ ni ses prédécesseurs en matière de dogme et de morale sans être objet de scandale. Je pense ici à la communion des divorcés-remariés.
images/icones/fleche2.gif  ( 844636 )C'est clair ! par Jean-Paul PARFU (2018-02-22 21:18:30) 
[en réponse à 844634]

Tout est dans le titre !
images/icones/neutre.gif  ( 844709 )Réponse à la question par Yann Esteveny (2018-02-24 12:12:35) 
[en réponse à 844626]

Message à avatar Louisneuf,

« Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. » (Matthieu 16:18)
Cette Eglise est l'Eglise du Christ, tel que Jésus l'initie par Pierre. Les chrétiens au sein d'elle doivent proclamer la Bonne Nouvelle tout en conservant l'orthodoxie et l'universalité du message.
L'étymologie du mot "Eglise" (ekklesia en grec koinè) nous indique d'une part que l'Eglise est une assemblée non une hiérarchie et d'autre part que nous sommes également appelés à aller au dehors pour nous assembler.

Si le joug de notre seigneur Jésus Christ était doux avec ses disciples, quelles places faut-il donner pour la domination et l'autorité au sein de l'Eglise du Christ ? De même, quels doivent être celles de Pierre et de ses successeurs ?
S'il est écrit que l'homme dominera la femme (Genèse 3:16) , ce message doit être compris à la lumière du Nouveau Testament, de la Tradition (qui comprend la vie des femmes : Marie, Marie de Magdala, Sainte Monique, Hildegarde de Bingen, Jeanne D'arc, etc...) et des apparitions mariales.
Après son reniement et lorsqu'il s'est repris de son désespoir et de sa lâcheté, Pierre rejoint Jean et rappelle les disciples à leur devoir. Conduit maintenant par Pierre, l'Eglise amène à la foi chrétienne les juifs et les païens.

L'humilité est la forme de domination la plus respectable au sein l'Eglise du Christ. Dieu s'est fait homme et a souffert pour nous le révéler. Les faiblesses scolaires de Jean Baptiste Vianney ont failli lui interdire l'accès à la prêtrise. Son autorité provenait de sa foi vivante et humble. C'est elle qui ramènera les paroissiens à leur église et fera de lui le saint patron des curés. De même Sainte Monique par son humilité et sa foi domine son mari violent et païen. Son homme finira par reconnaître que sa femme vaut mieux que lui.

L'exemplarité confère l'autorité et non le titre.
"Et vous que dites-vous qui je suis ?" (Matthieu 16,15). C'est toute la vie de Jésus qui permet à Pierre de répondre en reconnaissant le Christ. Ce n'est pas le titre d'homme qui domine la femme, ni celui du pasteur qui dirige le chrétien laïc. Il faut que l'homme comme le pasteur suivent Dieu pour obtenir une autorité limitée terrestre qui est sans commune mesure avec celle de Dieu.

Faire de la personne ou de l'autorité du pape une religion est religion d'homme non une religion de Dieu surtout quand s'y mêle obéissance servile voire aveugle ou infaillibilité.

Lorsque Rome croit d'abord en soi, perd la foi, puis construit la religion noachide du Nouvel Ordre Mondial, les chrétiens s'égarent à suivre ces mauvais pasteurs.
Nous n'avons pas à suivre Pierre reniant le Christ. L'histoire de l'Eglise est faite d'hommes et de femmes ayant parfois préféré un cloisonnement ou un ermitage pour protéger la foi de la corrosion du pouvoir et des honneurs. Aujourd'hui les ermitages deviennent de plus en plus proches des dernières nouvelles de Rome, et les éloignant autant de la sérénité de la foi en Dieu.
L'Eglise du Christ ne doit pas être éclipsée de votre vue par l'Eglise Triomphante Conciliaire de Rome. Si c'est le cas, vous êtes libre de vous replacer pour mieux voir et vous saurez mieux qui suivre.

Les chrétiens catholiques abandonnés par les autorités poursuivront l'oeuvre de Dieu quelles que soient les conditions. Bien sûr, les pièges tendus par Satan sont innombrables et le secours des pasteurs fidèles est providentiel. Ne pas poursuivre ce chemin et s'imaginer se passer d'épreuves serait encore plus grave. La force d'âme n'est pas vertu d'apparat car elle éprouve notre foi. L'espérance et la charité demeureront éternellement présents dans l'Eglise du Christ : "Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d'eux." (Matthieu 18:20)