Le Forum Catholique

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images/icones/fsspx.gif  ( 844582 )A la lumière de la Tradition ? par La Porte Latine (2018-02-20 19:25:10) 



1. La formule selon laquelle il faudrait « interpréter le Concile à la lumière de la Tradition » est souvent attribuée à Mgr Lefebvre. Et de fait, dans une conférence spirituelle à Écône, celui-ci avait en effet déclaré :

« Dire qu’on voit, qu’on juge les documents du Concile à la lumière de la Tradition, ça veut dire évidemment qu’on rejette ceux qui sont contraires à la Tradition, qu’on interprète selon la Tradition ceux qui sont ambigus et qu’on accepte ceux qui sont conformes à la Tradition. C’est là une chose claire, je l’ai d’ailleurs mis dans une lettre au cardinal Ratzinger (1). »

Lire la suite sur La Porte Latine Ici
images/icones/bravo.gif  ( 844612 )Un passage très intéressant par Jean-Paul PARFU (2018-02-22 00:30:39) 
[en réponse à 844582]

Et très bien exprimé par l'abbé Don Mauro Tranquillo dans son article du "Courrier de Rome" annexé à l'article présenté par La Porte Latine:

"Le dogme de l’infaillibilité défini par Vatican I, logiquement, ne contredit ni ne dépasse ces anciennes déterminations canoniques, et il ne rend pas le Pape exempt de péché, ne serait-ce que dans un seul domaine (la foi). Il garantit simplement que, quand il confirme l’Église dans la foi avec l’intention d’enseigner, le Pape ne peut pas errer, c’est-à-dire que certains de ses actes spécifiques et volontaires sont revêtus d’infaillibilité.

Je dis « certains » non parce qu’ils sont rares ou nombreux : ce sont exactement les actes que le Pape veut comme tels, c’est-à-dire comme enseignement formel destiné à l’Église tout entière. L’existence d’actes accomplis par le Pontife en dehors de son autorité et en tant que tels sujets au jugement humain, et éventuellement acceptables ou dénonçables comme scandale, ne devrait poser aucune difficulté. Les enseignements des Docteurs et les exemples des Saints en ce sens n’ont pas manqué, et ils ont souvent été cités.

Le problème réel, nous le verrons, se posera au moment de déterminer quels actes (dans l’abstraction ou la pratique), spécialement dans la situation actuelle, peuvent se dire investis d’autorité ou non (et donc passibles ou non de jugement selon ce qui a déjà été défini).

Seule une conception de l’infaillibilité comme Providence ou impeccabilité peut s’opposer à ces simples principes, ou une théologie hégélienne de l’histoire, pour laquelle tout acte du Pontife serait une manifestation du divin. Cela réduirait la structure juridique de l’Église à un prophétisme mal dissimulé, complètement étranger à la notion des Saintes Clefs.

Nous le répétons : qu’il y ait des actes de la personne du Pape que chacun peut évaluer (non au sens juridique mais moral) comme bons ou mauvais, parce que non revêtus de l’infaillibilité, est un fait manifeste et indiscuté (ou cela devrait l’être) ; la discussion portera sur comment déterminer l’usage de l’autorité."
images/icones/idee.gif  ( 844615 )“Parce que non revêtus de l’infaillibilité” par Vianney (2018-02-22 09:36:35) 
[en réponse à 844612]


“Nous le répétons : qu’il y ait des actes de la personne du Pape que chacun peut évaluer (non au sens juridique mais moral) comme bons ou mauvais, parce que non revêtus de l’infaillibilité, est un fait manifeste et indiscuté (ou cela devrait l’être) ; la discussion portera sur comment déterminer l’usage de l’autorité.” (Abbé Tranquillo)


Je ne crois pas qu’en effet, le débat porte essentiellement sur l’infaillibilité personnelle du pape mais (entre autres) sur l’étendue concrète du “pouvoir plénier et souverain de juridiction” du souverain pontife, tel qu’il est défini (infailliblement !) par le concile Vatican I :
“(Canon) Si donc quelqu’un dit que le pontife romain n’a qu’une charge d’inspection ou de direction et non un pouvoir plénier et souverain de juridiction sur toute l’Église, non seulement en ce qui touche à la foi et aux mœurs mais encore en ce qui touche à la discipline et au gouvernement de l’Église répandue dans le monde entier, ou qu’il n’a que la part la plus importante et non pas la plénitude totale de ce pouvoir suprême ; ou que son pouvoir n’est pas ordinaire ni immédiat sur toutes et chacune des Églises comme sur tous et chacun des pasteurs et des fidèles : qu’il soit anathème.”(Denz. 3064)
Je manque passablement du temps nécessaire pour le faire en ce moment, mais il serait par exemple intéressant d’examiner comment les jésuites ont réagi à la suppression de leur ordre religieux par le pape Clément XIV – suppression qui a tellement réjoui les ennemis de l’Église – et surtout comment les successeurs de ce souverain pontife ont jugé de toute cette affaire.

V.
 
images/icones/hein.gif  ( 844616 )L'Eglise a un devoir d'enseignement par Glycéra (2018-02-22 11:10:51) 
[en réponse à 844615]



Je suppose que l'Eglise qui enseigne, pose un acte d'enseignement, a des formes pour dire qu'elle est en train d'enseigner, est-ce donc de parler infailliblement ?

(Je ne parle pas des usurpateurs qui errent et disent parler au nom de l'Eglise.)

Il m'a été dit, souvent, que les chrétiens ont le devoir de se faire enseigner, parce que l'Eglise a le devoir d'enseigner, qu'elle est chargée de cela. Voir le commandement de Jésus "Allez, enseignez toutes les nations" comme principe est évident.

Y a-t-il eu des textes précisément porté sur l'enseignement, donc l'infaillibilité de ce qu'elle enseigne ?

Est-ce le mot "magistère" qui remplace le mot enseignement dans ce concept ?

J'avoue ne pas savoir répondre à cette question, et je vous la pose, vous qui savez où trouver des références officielles, canoniques.

En vous remerciant déjà, je vous adresse mes bonnes salutations
Glycéra
images/icones/info2.gif  ( 844617 )Une réponse plus précise par Vianney (2018-02-22 11:41:33) 
[en réponse à 844616]

 
...a déjà été donnée par Abel pour le FC il y a quelques années, mais le lien ne fonctionne plus (momentanément ?).

Une version plus récente du même auteur : Notions élémentaires sur le Magistère.

Bonne lecture !

V.
 
images/icones/1a.gif  ( 844757 )Merci pour la note que vous donnez par Glycéra (2018-02-25 17:59:47) 
[en réponse à 844617]



Mais je n'y trouve pas l'obligation d'enseigner telle quelle.

J'y vois les justifications du Magistère selon ses modalités, j'y vois ses conditions de validité, mais pas l'angle que je cherchais.

Je le sais vrai, implicitement, intérieurement, mais je me demande si il existe des textes explicites sur l'obligation ecclésiale d'enseigner, versus la demande des fidèles d'être enseignés, en particulier qu'ils ont droit à une réponse quand ils posent une question au Magistère enseignant.

Merci de ce texte, je le garde.
Avec mes bonnes salutations
Glycéra