Le Forum Catholique
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( 843441 )
Faut-il être contre-révolutionnaire? par le torrentiel (2018-01-27 20:18:22)
Extrait de mon journal politique.
Suis-je contre-révolutionnaire ?
Cette question vaut bien un sous-titre comme j’en ai émargé mon premier livre pour peser mes impensés.
Je suis séduit par ces expérimentations d’écriture collective où, comme les péripéties sont autant de routes entre lesquelles les héros d’un roman doivent choisir, on explore chacuned’elles, qui se ramifient en autant d’embranchements.
Je me sentis frustré quand, regardant Dalas sur Jimmy, je m’aperçus qu’il y avait plusieurs fins et que je devais choisir la mienne.
Saint Augustin était un ancien manichéen. Son maître-livre LA CITE DE DIEU détaillait ces ramifications pourle roman biblique. La route de la cité de Dieu devenait plus étroite à mesure que sedivisaient les routes de la cité de Satan, le diviseur.
Ce n’est qu’ultimement que qui espère trouver le salut se met en peine de faire une fin dernière. Le péché originel a toujours d’abord entravé sa route. Celui de la République est d’avoir coupé la tête du roi pour préfigurer la mort de Dieu. La horde révolutionnaire, qui pourtantétait loin d’être primitive, réalise l’absurde hypothèse freudienne du repas totémique, où les frères consomment le père pour lui voler sa femme. La horde civilisée des révolutionnaires pleins de Lumières et de raison détourne donc le fratricide de la première chute pour consommer leur réconciliation fraternelle sur la tête du père.
Le péché originel de la République est dans une moindre mesure la Terreur à laquelle la fondation du royaume des Francs par les troupes barbares de clovis n’a rien à envier. La République reçoit les répliques tardives de son populicide (vendéen) et de son terrorisme. ON dit même que, puisque la France a répandu ses erreurs dans toute l’Europe, la seconde Guerre mondiale serait de sa faute.
Or il y a peu de chances que la monarchie soit rétablie un jour en France. Et ce que je crois impossible ne me paraît pas davantage souhaitable. Provocateur incorrigible, me promenant dans la crypte de la basilique de Saint-Denis où nos rois reposent en paix dans leurs cénotaphes, visités par les versaillais, tandis que la ville de leur pèlerinage dominical est la Babylone du village d’Astérix, trouvant que celui de François Ier était aussi solide qu’un comptoir, je commandai au roi : « Dis donc, François Ier, tu peux nous servir deux demis ? », au frémissement furibard des Versaillais scandalisés.
Je plaide coupable de ne point souhaiter ce dont je ne puis croire que ce soit un bien. Je ne me range pas derrière la bannière des royalistes qui nous promettent un prince arbitral tout en échafaudant le programme du roiqui ne doit pas gouverner, mais qu’il entendent gouverner. Et si la France est empêchée tant qu’elle vivra dans ce péché de République, qui a montré sa nocivité par le meurtre du père, existe-t-il une seule réalité humaine capable de se sanctifier ou de se convertir, qui n’ait pas commencé par une perversion ? Grand Dieu ! Pourquoi saint Augustin était-il si manichéen ? Si tout ce qui s’accuse par un péché originel est jeté loin de la cité sainte, dont la voie est étroite comme la Porte du Christ, quelle organisation humaine, quel corps politique pourra-t-il subsister ? Le Christ ne serait Il venu sauver que nos âmes et, en dehors de l’Église, aucun de nos corps politiques, aucune de nos réalités humaines, et nulle de nos tentatives en-dessous de la charité, de cimenter la communauté humaine ? « Domine, fac salvam rem publicam », cette prière est-elle possible ?

( 843458 )
Ce qu'il faut etre par Mauwgan (2018-01-27 23:48:13)
[en réponse à 843441]
c'est etre Chretien.

( 843459 )
Holisme chrétien? par Signo (2018-01-28 00:05:35)
[en réponse à 843441]
Le Christ est-il venu sauver uniquement les individus? Ou bien est-il venu sauver toute réalité humaine, y compris les communautés?
Longtemps j'ai partagé l'idée moderne que le christianisme s'adresse d'abord à l'individu, et que l'idée de christianiser le corps social et le corps politique avait été une dérive médiévale particulièrement nocive.
Depuis peu, j'ai évolué sur ce point. Je pense que le Christ est venu sauver, non pas l'individu, mais la personne humaine dans son ensemble et dans sa globalité, tout l'homme donc. L'homme, cet animal spirituel, mais aussi animal social et animal politique.
C'est l'Evangile qui m'a fait changer mon point de vue: le Sauveur nous a dit: "Allez, et de toutes les nations faîtes des disciples" (Matthieu, XXVIII, 19.) Et non pas: "de chaque individu faîtes un disciple". Evidemment, le terme nation ne doit pas être ici compris au sens moderne du terme (Etat-nation), mais au sens traditionnel (nation au sens de peuple, tribu, ethnie, c'est à dire communautés de personnes...). En effet, si le christianisme s'adresse à "tout homme venant en ce monde", la prédication du Christ s'effectue dans le contexte d'une mentalité holiste, c'est à dire une mentalité dans laquelle "l'individu" pris isolément tel que l'entend le monde moderne est tout simplement impensable. L'homme s'inscrit naturellement dans des communautés naturelles -famille, communauté villageoise, ethnie, peuple...- et n'est pas fait pour vivre seul.
Donc les nations (au sens large) peuvent elles aussi être "christianisées", et ce jusque dans la forme de l'organisation politique qu'elles prennent.
Ce raisonnement amène à fonder la légitimité, dans le contexte français par exemple, de l'idée d'une royauté sacrée, au sein de laquelle un homme, par la grâce d'une onction divine (conférée lors du sacre), est appelé à exercer un pouvoir royal qui est une participation à la royauté universelle du Christ.
Dans cette optique, le droit divin n'est pas un blanc-seing donné au roi pour qu'il puisse agir à sa guise, comme on le croit trop souvent aujourd'hui, au contraire. Le droit divin oblige lourdement le roi et fait peser sur lui une grave responsabilité, celle d'exercer le pouvoir qui lui est confié par Dieu à l'image du Christ: faire régner la Justice, rechercher la Paix et la concorde, travailler à la prospérité et au progrès moral et spirituel de son peuple. S'il manque gravement à ses devoirs et oublie ses obligations et le sens de sa charge, il encourt la colère divine.
C'est ainsi que l'Ancien Régime est tombé: oublieux de sa vocation chrétienne, il était devenu un système injuste et profondément corrompu. La tragédie de la Révolution fut un châtiment mérité.

( 843473 )
[réponse] par jejomau (2018-01-28 09:48:56)
[en réponse à 843459]
vous dites:
Donc les nations (au sens large) peuvent elles aussi être "christianisées", et ce jusque dans la forme de l'organisation politique qu'elles prennent.
Comment faites vous pour christianiser une organisation... si vous ne christianisez pas d'abord et surtout les individus qui la composent ?
C'est ainsi que l'Ancien Régime est tombé: oublieux de sa vocation chrétienne, il était devenu un système injuste et profondément corrompu. La tragédie de la Révolution fut un châtiment mérité.
Est-ce l'organisation de la société (monarchique) qui a oublié sa vocation... Ou les hommes qui la composaient ?

( 843531 )
Châtiment de l'Ancien régime et péché originel de la République. par le torrentiel (2018-01-29 12:24:18)
[en réponse à 843459]
Merci, signo, pour votre message très développé et comme toujours très réfléchi.
Si donc la Révolution fut le châtiment permis par Dieu de l'Ancien régime qui s'était écarté de ce pour quoi fut octroyé le droit divin, Dieu peut-Il sauver une République qui a commis de tels péchés originels que le meurtre du roi-père et la Terreur qui prend place dans la genèse de ce régime comme le meurtre d'Abel, des contre-révolutionnaires comme Jean Ousset allant jusqu'à postuler que c'est à la Révolution française (selon moi couplée à l'accélération de l'histoire et à la globalisation des échanges et donc de la diplomatie) que nous devons les régimes totalitaires en raison desquels le monde s'est embrasé pendant la seconde guerre mondiale?
En un mot, Dieu peut-Il sauver la République?
Je voudrais le croire, mais il s'agit d'en être sûr.

( 843545 )
Réponses à plusieurs : différence entre chose et personne ... par Glycéra (2018-01-29 14:52:32)
[en réponse à 843459]
Holisme est si rarement employé que j'accroche tout de suite ...
Une question : "De toutes les nations, faites des disciples !" quels sont les mots d'origine ? Est-ce que c'est "parmi chaque nation, sans faire d'exception, trouvez des disciples à enseigner ? Cela change-t-il le sens de votre réflexion ?
Cela rejoint la suite : ce n'est pas le christianisme qui s'adresse, qui offre une parole, c'est le Christ qui parle de son être qui est Parole!
L'homme complet est individué (capable de devenir un en lui-même en face de Dieu Un) ET relié, à Dieu et à ses frères. St Dominique souffrait des frères humains dans le péché et en pleurait profondément ... L'holisme de l'homme, pour le sens que je connais à holistique, est là. Il ne dissout pas l'homme dans une marmite nommée humanité. Il est vue de Dieu sur chaque individu entier, complet, donc, avec le temps, accompli, dans les douleurs de son propre enfantement d'âme immortelle qu'il peut être, ou Dieu, achèvement de l'holisme, lui rendra son corps. L'homme peut exister seul : s'il n'y en avait eu qu'un sur terre, il serait tout de même complet.
Chose // individu : nation-communauté-pays = chose.
Même à une époque où on écrit : "Total vous souhaite bonne route", chacun, salarié de Total ou client, comprend que c'est le sourire de la personne revêtue du blouson imprimé "Total" qui parle et souhaite ! Apprendre la grammaire aux enfants devient de plus en plus décalé, donc difficile ... Comment voulez-vous qu'ils ne boivent pas les sodas du matérialisme à voir toutes ces bourdes répétées partout ?
chose // personne : matérialisme-islamisme-christianisme-libéralisme = des choses, pas des coeurs à convertir.
On ne christianiserait donc pas un corps social. Ce corps est une chose. Seul le Corps de l'Eglise est autre, épouse du Christ. N'y a-t-il pas là une différence semblable à ce qu'on observe entre un animal et un homme, entre un cadavre et un vivant ?
Un chrétien assainira, rendra la santé, au corps social, ou au petit organe dont il est en charge. Je vois là l'enseignement de St François de Sales aussi, qui n'a pas combattu le protestantisme ni la république (de Genève), mais adouci les consciences des Genevois ...
L'Ancien Régime ... mot que ce "régime" n'employait pas, et pour cause de date !
Oui le peuple a failli, car aussi, oui des rois s'étaient révoltés contre Dieu, -Philippe IV dit le Bel en fut le premier explosif- de roi qui refuse l'autorité spirituelle. Oui, les révoltés de la Révolution administrèrent la fessée méritée depuis des siècles ! Oui, Louis XIV aurait pu changer ce cours des choses. Mais cela résoud-il notre question ?
Pour répondre à tout ce qui précède, et y intégrer la royauté : cette administration d'un peuple par un responsable agréé des hommes et de Dieu, un lieu-tenant de Dieu, j'ai repensé au "Mandat du Prince" des Chinois. Mais mieux encore voici :
Un texte tout juste lu ce matin pour faire cette différence entre choses et consciences :
"Dans un royaume traditionnel, le Roi gouverne, avec ses Conseillers et ses Ministres et personne d'autre ne fait de politique, si ce n'est aux plus mauvais jours, les factieux qui déchirent le pays. Le régime démocratique, issu des révolutions, est celui des factions qui s'arrachent ou se partagent le pouvoir sous le nom de part-is, avec la prétention de représenter les volontés du peuple, et tout homme, veuille ou non, sache ou non, se trouve forcé de faire de la politique. Car, on en fait si on vote, on en fait encore si on ne vote pas, on en fait en s'agitant, et l'on en fait en acquiesçant à ce que les autres font et défont."
Il me semble souligner la différence entre administrer : être ministre des structures sociales et connexes, ces choses outils au service des conditions de vie. L'objectif de l'administrateur-prince n'est-il pas de permettre les conditions voulues pour que chaque individu de son pays s'accomplissent en sainteté (sauf son refus individuel et décidé) ? Il fait donc de l'administration, tâche comme une autre, selon la liste de St Paul. Et non de la politique comme nous la subissons, et qui pollue toutes nos relations en communautés humaines actuellement.
Que pensez-vous de ces arguments et de ces aspects-là ?
Avec mes bonnes salutations
Glycéra
qui sait de même qu'on ne combat pas une maladie, mais qu'on aide une personne à guérir, en l'aidant à se renforcer, à s'équilibrer. Les administrateurs de santé devraient, eux, administrer un système social de mode de vie sain... et non rétribuer des laboratoires qui combattent des symptômes morbides résultants. (je parle en généralités, et non en cas devenus urgences médicales)

( 843584 )
Je fais amende honorable... par Signo (2018-01-29 22:20:55)
[en réponse à 843545]
... car je me rends compte que j'ai peut-être fait un contre-sens sur l'interprétation de la parole du Christ rapportée par Saint Matthieu: il semble qu'elle signifie "faites des disciples au sein de toutes les nations", et non pas "transformez les nations en disciples".
Par ailleurs, si le christianisme a été prêché dans un contexte mental holiste, il n'est pas d'abord un message holiste; on peut même dire que l'un de ses aspects révolutionnaires réside dans le fait qu'il introduit l'idée de personne individuelle (l'individualisme moderne peut être vue comme une "hérésie" déviant du christianisme en le radicalisant) ce qui est une nouveauté dans le contexte culturel d'alors.
Ainsi, dans cette perspective, l'Etat n'aurait pas pour fonction d'assurer le salut de tous les citoyens (rôle de l'Eglise), mais de mettre en place les conditions minimales du Salut (ordre, paix, justice, liberté religieuse). Cette idée permettrait de relativiser fortement les expressions telles que "Etat chrétien", "société chrétienne". On a vu des sociétés soi-disant chrétiennes basculer du jour au lendemain dans la sauvagerie la plus abominable, et des Etats soi-disant chrétiens se livrer à des crimes particulièrement abjects. La religion est naturellement au coeur de la vie des sociétés? C'est un fait, et il ne s'agit pas de demander au christianisme de renoncer à ce rôle social central pour se replier uniquement sur la sphère privée (comme l'exige le laïcisme), car toute société a besoin de la religion pour "fonctionner". Mais le christianisme n'est pas qu'une religion naturelle, il est une religion surnaturelle, et donc il exige bien plus que d'être reconnu comme la religion de l'Etat ou de la société: il exige une véritable conversion des cœurs, qui ne peut s'effectuer que dans une relation personnelle de chaque homme et de chaque femme avec Dieu. C'est le plus difficile.

( 843591 )
Holisme ... vient de Holos (entier) par Glycéra (2018-01-29 23:06:03)
[en réponse à 843584]
Il me semble, si vous me permettez que vous faites une confusion dans ce mot.
Holisme s'emploie pour ne rien oublier d'un être.
Donc, pour dire que cet être a quelque chose de plus que la collection de ses parties.
Un traitement holistique en médecine prend en compte chaque partie de l'homme, et inclut les relations entre les parties, ainsi que les échanges entre cet être et son environnement.
Mais cela ne contient pas l'environnement.
Le message du Christ est un message holiste, car il prend l'homme entier, sans oublier de remettre l'esprit en place, avant de guérir les jambes...
Les matérialistes ne sont pas holistes, rejettant l'insivisble âme qui donne la forme au corps. Les laïcistes ne sont pas holistes, qui rejettent les relations entre les individus et l'Etre créateur et Père présent à chaque instant en chacun de ses enfants (sauf en ceux qui comme eux se mutilent en le refusant).
On a dévié quand on a prétendu que le rassemblement des individus était plus puissant que la somme des capacités de chacun : cela voudrait dire que les quantités produisent de l'énergie ?
Cela conduit à dire que l'assemblée des fidèles fait la Présence réelle... ou que les lois sociétales feront émerger une religion ...
Erreur de Teilhard, et des matérialistes, dit le père Molinié.
Donc je remets holisme comme la justesse de rétablir l'entièreté d'un être, et de n'oublier aucune de ses capacités, ni fonctionnelles, ni relationnelles, ni ontologiques, dans l'accomplissement de lui-même.
Je vous remercie de votre réponse précédente.
Avec mes bonnes salutations
Glycéra

( 843736 )
Les egregors par le torrentiel (2018-02-01 17:48:44)
[en réponse à 843591]
sont davantage une idée des maçons ou d'Elifaz Levi que de Teilhard.
Mais si je me confronte à cette idée, je confesse avoir dit un jour, sur la route de Montligeon, à une amie antillaise qui brassait des origines de native Americans et de noirs importés en Amérique pour devenir esclaves (ele tenait à ces origines multiples, et ma réponse pourrait aussi bien valoir pour Michel Onfray qui nie l'existence historique de Jésus-Christ) qu'après tout, je ne savais pas si Jésus avait historiquement existé; mais que j'étais certain qu'Il existait spirituellement, car il m'apportait tant de choses après avoir fait vivre des milliards d'êtres tels que moi, leur avoir fait du bien et avoir sauvé leur âme. De là à dire que Jésus aurait été une production spirituelle de ces milliards de chrétiens destiné à les sauver, il y aurait quelque chose qui pourrait paraître étroitement blasphématoire à qui ne considérerait cette affirmation qu'en y cherchant l'hérésie caractérisée. Le peuple ne produit pas l'objet de son besoin spirituel, comme le dit le modernisme. Mais son besoin spirituel peut lui donner l'intuition de s'orienter vers l'être qui existe, au plan visible ou invisible, pour lui apporter le bien qu'il espère et auquel il aspire. Mais loin de moi de dire que le Verbe-Christ Jésus ne S'est pas incarné visiblement et réellement. Je ne posais là qu'une hypothèse d'école, telle qu'il arrive aux rabbins de discuter de l'existence de dieu. Et, dans une histoire juive qu'on m'a rapportée, de conclure par la négative, et après avoir bien ergoté, de décider: "Et maintenant, allons prier" ce Dieu qui se met à l'école de rabby Hakiba", car le talmud douterait quelquefois des fondements bibliques!!!
J'ignorais qu'on était allé jusqu'à dire que l'assemblée des fidèles produisait la Présence réele. L'assemblée des fidèles produit les conditions de réceptivité de la Présence réelle qui prend racine dans l'acte objectif de Jésus-Christ Qui S'est livré pour nous. Le "mémorial juif", tel que l'explique par exemple le P. François Brune (pour prendre encore une référence sulfureuse) dans Pour que l'homme devienne Dieu (un livre qui ne l'est pas), mémorial à travers lequel il faut comprendre selon lui l'actualisation eucharistique, n'est que la condensation à tous les instants du temps d'un acte qui s'est produit une seule fois, mais qui contenait une telle densité, et par lui-même, et par l'intensité avec laquelle on s'en souvient, que cela lui donne puissance de rayonnement nucléaire, comme eût dit Benoît XVI, dans tous les lieux et dans tous les temps, puissance mise en œuvre par le prononcé des paroles sacramentelles et la stricte observance du rite prescrit.
Je ne sais donc pas si c'est la quantité qui produit de l'énergie, mais la densité assurément: densité de notre présence au Sacrement, densité de la réalité sacramentelle et densité du rite, qu'on hésite à dire magique, qui produit la puissance du sacrement, de par la Volonté de Dieu.

( 843599 )
La question du bien commun cher Signo par Aigle (2018-01-30 08:20:54)
[en réponse à 843584]
Est centrale selon mon humble analyse.
Le message du Christ est adressé aux individus dont la vocation personnelle est de devenir chrétien et de marcher vers la sainteté !
Mais cette vocation personnelle des individus de même que les commandements du Seigneur (Tendre la joue gauche...aimez vous les uns les autres) doivent être distingués des mesures nécessaires au bien commun de l'Etat et qui, elles en revanche, peuvent être violentes (armée, police, justice...).
La difficulté vient de la question de savoir si au nom de la distinction du bien commun et de la morale évangélique personnelle on peut aller très loin dans la violence collective...urbain II , l'inquisition et Louis XIV ont répondu oui...Jean Paul II a dit non ...

( 843619 )
Quant à Jésus, Il n'a rien dit par BK (2018-01-30 14:31:28)
[en réponse à 843599]
cela étonnait Pilate, d'ailleurs.

( 843732 )
D'accord avec vous, mais selon l'endroit où vous placez le curseur du régalien, par le torrentiel (2018-02-01 16:52:47)
[en réponse à 843584]
vous pouvez faire de l'Etat ou du corps politique plus qu'une chose utile.
En général, les gens de droite considèrent que le régalien se lmite à la paix, la sécurité et la justice (judiciaire) de l'Etat. Mais dans ces conditions, l'Etat ne relie pas les citoyens qui composent la nation, et on ne voit pas pourquoi . la religion ne devrait pas être cantonnée à la sphère privée, comme le veut le laïcisme.
Il en va autrement si vous étendez le régalien de la justice judiciaire à la justice sociale et si vous admettez que l'Etat, organe vivant expression de cette chose vivante qu'est la société, peut vouloir incarner ses desseins.

( 843731 )
Ne confondez-vous pas nation et République? par le torrentiel (2018-02-01 16:30:18)
[en réponse à 843545]
Comme son nom l'indique,la République est res, tandis que la nation est gens.
Suite à une perversion idéologique du régime républicain en une idéologie de régime, la République fait subir ses valeurs de sorte que quiconque ne voudrait pas faire de politique se trouve contraint d'en faire malgré lui, mais surtout que l'administration prend rang d'idée générale.
L'administration n'est pas un sot métier. Elle ne l'est pas pour le prince-administrateur, et elle pourrait ne pas l'être pour le citoyen co-administrateur, pourvu qu'une répartition plus sage des pouvoirs lui permette d'être véritablement décideur de ce qui, pour lors, s'impose à lui sous prétexte de représentativité.
Je pense qu'un corps politique, qui n'est pas une chose, qu'une nation qui a une âme, peut répondre oui ou non à Dieu tout comme un individu. Et n'était cette idolâtrie républicaine, ou l'idolâtrie de ce qui se cache derrière l'idéologie républicaine, qui a donné lieu à ces péchés originels de parricide et de fratricide, la démocratie pourrait être un bon instrument de mesure de cette adhésion ou de ce refus de la Volonté de dieu. Car ramenée à elle-même, la démocratie n'est pas un régime répressif et est conforme à l'usage que dieu veut que nous fassions de la liberté qu'Il nous offre. Ne mettait-Il pas en garde Son peuple lorsqu'Il lui demandait un roi? La solution ne serait-elle pas de revenir à une démocratie dont les citoyens soient les acteurs qui expriment l'âme de la nation par leur participation à la vie politique?

( 843461 )
Le problème de la Contre-Révolution... par Signo (2018-01-28 00:15:53)
[en réponse à 843441]
... c'est qu'elle est incapable de se définir autrement que comme "contre". Elle est incapable de se fonder sur une affirmation positive et donc constructive. De ce fait, elle court le risque de se dénaturer en singeant le comportement de ceux qu'elle prétend combattre (c'est ainsi par exemple qu'une Terreur blanche répond généralement à la Terreur rouge, comme on l'a vu avec les révolutions françaises et bolcheviques, mais aussi durant la guerre civile espagnole).
Par ailleurs, la notion de contre-révolution suppose la volonté de s'opposer au mouvement révolutionnaire en cours pour rétablir la situation précédente, ce qui apparaît comme de plus en plus illusoire.
Il me semble préférable de dépasser la Révolution -en montrant en quoi cette dernière est arrivée au bout de sa logique-, et refonder un ordre nouveau sur des bases saines et vraiment traditionnelles.

( 843472 )
la contre-révolution ne se décrit pas uniquement comme "contre" par jejomau (2018-01-28 09:45:09)
[en réponse à 843461]
Je vous invite à découvrir le Colonel Château-Jobert (héros de la résistance à l’occupant allemand, puis des guerres coloniales, fut condamné à mort (puis gracié) pour sa participation à l’OAS) qui décrit dans les détails la façon de procéder pour lutter contre la révolution, sa doctrine, sa mise en application sur le terrain et tous les drames qu'elle engendre partout où elle est mise en œuvre.
D'ailleurs il souligne aussi la remarque que vous faites. Il ne faut surtout pas, pour lui, entrer dans la même dynamique que les acteurs de la révolution tout en étant opposés à eux. Pour lui, il est clair qu'en étant "contre" (bien qu'opposé à eux) on a alors déjà perdu.... car on utilise tout simplement les mêmes armes, méthodes que les révolutionnaires. Tout simplement : nous sommes alors "avalés" par la Révolution et sans le savoir nous devenons des révolutionnaires...
Non, il faut répondre à la violence par la douceur, à leur méthodes par les méthodes enseignées par l'Eglise Catholique qui est le seul véritable vecteur Contre-révolutionnaire.
Il décrit ensuite comment faire et les méthodes à appliquer sur le terrain pour changer la donner et faire reculer la révolution , pacifier les esprits et par conséquent faire adhérer ensuite les populations à ce qui leur est proposé comme étant le Beau, le Bien, le Vrai

( 843478 )
Vrais et faux problèmes par Peregrinus (2018-01-28 13:47:58)
[en réponse à 843461]
Il me semble que votre commentaire appelle quelques remarques.
Tout d'abord, de l'avis même d'historiens peu suspects de sympathies contre-révolutionnaires, parfois robespierristes avérés, dans le cas français, la Terreur blanche ne peut pas être mise sur le pied de la Terreur "rouge". Dans un cas les victimes se chiffrent à plus de 200000, dans l'autre à 2000 tout au plus.
Il faut ajouter que les contre-révolutionnaires ont pu aussi proposer à une époque, pas nécessairement si éloignée, de véritables projets politiques et sociaux.
Le problème principal me semble en fait ce que l'on met derrière ce terme de contre-révolution, qui n'est pas toujours très clair.
Il existe à mon sens, relativement à la contre-révolution, deux dangers.
Le premier est de tomber dans une forme de mythologie fort peu constructive. Je pense par exemple aux hurlements d'indignation que l'on soulève dans certains milieux si l'on ose émettre le moindre doute quant à la pertinence de l'usage du mot de génocide pour parler des atrocités de la guerre de Vendée. Il y a parfois de notre côté une hystérisation du débat, une surenchère victimaire qui sont tout à fait malsaines (pour ma part je n'ai pas besoin de croire qu'un génocide a été perpétré en Vendée pour être personnellement opposé à la Révolution, à ses principes et à ses réalisations).
Le second problème est la faiblesse congénitale de bien des écrits du XIXe siècle qui font hélas autorité dans certains milieux, la confusion constante de l'ordre naturel et de l'ordre surnaturel, une mentalité d'idéologue qui doit beaucoup au mennaisisme.
Bon dimanche à vous,
Peregrinus

( 843587 )
Commencez par lire ou relire par Philippilus (2018-01-29 22:51:27)
[en réponse à 843461]
Cochin, Bernard Fay, Maurras, Bonald, Le Play, Beau de Lomenie, Fustel de Coulanges, Bernanos.
Cela vous évitera quelques "raccourcis" regrettables.
Philippilus

( 843735 )
Quels raccourcis? par le torrentiel (2018-02-01 17:10:50)
[en réponse à 843587]
Cher PHilippilus,
Pourriez-vous développer? Je serais intéressé de savoir lesquels, d'autant que les questions que je pose ne se situent dans aucune bien-pensance ou doxa, qu'elle soit révolutionnaire ou contre-révolutionnaire. Et en cela je ne crois pas faire vaine exhibition d'originalité. Il me semble que chaque ggénération de catholiques doit produire de l'ancien et du nouveau dans sa repensée des catégories politiques.