Le Forum Catholique
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( 843359 )
Le miracle bergoglien par Candidus (2018-01-26 10:46:43)
J’ai déjà eu l’occasion de l’écrire sur le FC, le pontificat de François est une grande grâce pour l’Eglise dont il permettra la Renaissance par une réappropriation de sa Tradition. C’est tellement vrai que même un progressiste comme JP Denis semble s’en inquiéter dans l’article dont il a été question récemment.
François agit comme un catalyseur, il éveille les consciences et permet à des conservateurs d’ouvrir les yeux sur les origines du chaos actuel.
Pour vous en donner un exemple, je citerai 3 réactions publiées hier sur un des blogs catholiques conservateurs américains les plus connus et visités :
Fr Z’s Blog.
Voici la traduction des trois témoignages :
arga dit :
25 janvier 2018 à 4h01
C’est seulement durant le pontificat de François, c’est-à-dire à cause de lui, que j’ai commencé à revoir mon opinion sur Mgr Lefebvre. A cause de François, je considère Lefebvre d’une manière entièrement différente aujourd’hui. Une figure héroïque ? C’est tout à fait possible. Canonisable ? Je n’en serais pas surpris même si je ne le verrai pas de mon vivant. Merci mon Dieu pour Mgr Lefebvre.
SenexCalvus dit :
25 janvier 2018 à 4h21
Avant la promulgation d’Amoris Laetitia, j’avais scrupuleusement éviter de lire la littérature sur Mgr Lefebvre. Maintenant, je suis curieux. Lire ce post [sur Mgr Schneider]
m’a conduit à faire une recherche online et ce que j’ai trouvé ce sont les photos d’un homme au sourire joyeux. J’ai hâte d’en savoir plus sur lui.
Benedict Joseph dit :
25 janvier 2018 à 5h59
Comme d’autres l’ont mentionné, moi aussi j’ai scrupuleusement évité jusqu’à présent Mgr Lefebvre et la FSSPX. Il devient tout à fait clair qu’au train où vont les choses cela devienne impossible. En écrivant ces mots, je ne peux pas m’empêcher de grimacer. Mais c’est la vérité. Nous ne sommes plus sur la Voie. La Voie a été abandonnée.

( 843362 )
Un bon coup de rein.... par Justin Petipeu (2018-01-26 11:21:29)
[en réponse à 843359]
quand on touche le fond. J'admire votre optimisme. Souhaitons seulement qu'il reste quelque chose à sauver à la fin de ce pontificat ; heureusement que la Foi nous l'assure.
A mon humble avis, le prochain conclave choisira surtout un Italien sorti du sérail et au sujet duquel on sera certain qu'il ne fera pas de vagues. Ni dans un sens, ni dans l'autre.

( 843373 )
Vous vous êtes trompé de fil, Candidus par Aliocha (2018-01-26 15:36:32)
[en réponse à 843359]
C'est plus bas, sous la publication de l'article de Jean-Pierre Denis, qu'il fallait intervenir.
Le temps presse, Candidus, comme vous dit JP Denis : même la gauche catho ne croit plus trop au miracle bergoglien...
Le trou d'air du pape
Jean-Pierre Denis, directeur de la rédaction publié le 22/01/2018
Son enviable popularité serait-elle en train de s’altérer ? Le pape traverse en tout cas un sérieux trou d’air. Pour la première fois, un de ses voyages s’est soldé par un échec, pourtant dans une région qu’il devrait connaître, l’Amérique latine. Au Chili, les affaires d’abus sexuels pèsent lourd et ne sont pas réglées. Notamment l’indéfectible soutien de François à un évêque accusé d’avoir couvert les abus commis par un prêtre est vivement critiqué. Or, loin d’avoir tiré profit de son séjour pour solder les comptes, François a envenimé les choses, estimant qu’il n’existait aucune preuve contre ledit évêque, essayant maladroitement de clore le débat par une parole d’une particulière sécheresse.
Poussé par les médias et les réseaux sociaux, le vent de colère est tel que l’un des cardinaux les plus déterminés à faire le ménage, l’Américain Sean O’Malley, a publié un communiqué se désolidarisant des propos du pape. Dans l’Église, ce type de démarche est rarissime, surtout venant de celui qui passe pour l’un des « grands électeurs » de Jorge Mario Bergoglio au conclave, et l’un de ses plus indéfectibles collaborateurs. Dans l’avion qui le ramenait à Rome, le chef de l’Église catholique a été contraint de se justifier et de s’excuser. Or, quand on en relit le verbatim, la justification semble laborieuse. Quant aux excuses, elles risquent de ne pas suffire, car ce qui est en cause est plus profond. C’est précisément le sentiment formulé par certaines victimes : la fameuse « tolérance zéro » n’est pas réelle, en tout cas les actes sont en retard sur les mots.
Qui l’eût cru ? François est sur la défensive. Arrivé seul à Rome, peu soutenu par un appareil qu’il n’a cessé de morigéner, le pape ne se trouve pas dans une situation facile. Depuis le début de son pontificat, et de plus en plus, il fait face à un procès rampant en illégitimité. Celui-ci est instruit pour l’essentiel par l’aile la plus conservatrice de l’Église – diaboliquement émoustillée à l’idée de devenir rebelle et antipapiste. Mais il touche parfois au-delà, chez des prêtres perplexes ou des fidèles perdus. Un détail parmi tant d’autres, pris tout récemment : même lorsqu’il marie un steward et une hôtesse au cours d’un vol chilien, le pape doit se justifier d’avoir bradé un sacrement alors qu’il passe son temps à en souligner l’importance. Ce qui aurait été naguère un génial acte de communication missionnaire se transforme en vraie-fausse controverse.
“ On touche bel et bien aux limites d’un pontificat qui mise moins sur la réforme des structures que sur la parole spontanée, directe.”
Déplorer ces attaques ne suffit pas. Car on touche bel et bien aux limites d’un pontificat qui mise moins sur la réforme des structures que sur la parole spontanée, directe, adressée à l’opinion publique sans filtre et sans fusible. En positif, on a retenu et on retiendra la dimension prophétique du message – sur les migrants, sur la « culture du déchet », sur les sacrements « faits pour l’homme », sur la nécessité pour les chrétiens de rejoindre les périphéries, ou sur les droits des Indiens, comme au Pérou. Le pape reste la seule et unique conscience universelle. Mais en négatif, il faut compter quelques affirmations trop rapides, des propos contradictoires, un certain flou parfois, et parfois aussi des déclarations nettes mais peinant à déboucher sur des décisions concrètes, en particulier sur les abus sexuels. L’Argentin fêtera bientôt ses cinq ans à Rome. Un quinquennat à l’issue duquel il n’est pas soumis à réélection. Mais pour que soient donnés corps et durée à des intuitions fondamentalement bonnes pour l’Église catholique, et pour que le prochain pontificat ne soit pas marqué par un contrecoup réactionnaire, le temps commence à presser.

( 843465 )
L'autre "miracle" bergoglien par Babakoto (2018-01-28 01:13:14)
[en réponse à 843359]
La possibilité que le siège soit vacant du vivant même du pape qui aurait perdu la foi catholique devient crédible.
La faible réaction des cardinaux en place jette une lumière terrible sur le Vatican.
Une fois la porte ouverte, toutes les ambiguïtés de Benoît XVI, Jean-Paul II et d'autres remontent à la surface. Et si c'était juste une question de tempérament et d'habilité?
Dans le fond, Vatican II...
Merci qui?

( 843468 )
Certains acquis mentaux "conciliaires" sont vraiment en danger. par Scrutator Sapientiæ (2018-01-28 08:35:11)
[en réponse à 843465]
Bonjour et bon dimanche, Babakoto.
Votre message suscite en moi les réflexions qui suivent.
"La possibilité que le siège soit vacant du vivant même du pape qui aurait perdu la foi catholique devient crédible."
Premièrement, ce n'est pas parce que, d'un point de vue que l'on peut qualifier de catholique orthodoxe, un pape n'est pas totalement opérationnel, pour défendre et promouvoir la foi catholique, pour faire connaître, comprendre, recevoir et transmettre la foi catholique, qu'il est totalement illégitime.
Au petit jeu des appréciations rétrospectives, qui peut dire quels papes ont été, à coup sûr, totalement légitimes, car totalement opérationnels, dans la communication et la consolidation de la foi catholique ? Après tout, et par exemple, n'est-ce pas du vivant du pape Pie XII qu'il y a eu toute une préparation des esprits, en amont du Concile Vatican II ?
"La faible réaction des cardinaux en place jette une lumière terrible sur le Vatican."
Deuxièmement, et en effet, on a vraiment l'impression qu'il y a fort peu de "forces de rappel" pour résister, au demeurant, non avant tout au pape François, mais avant tout à une double dynamique
- "d'émancipation" des catholiques, vis-à-vis de la conception catholique orthodoxe de la foi et des moeurs,
et
- "d'unification" interconfessionnelle et interreligieuse, au moyen du consensus et du dialogue, en vue de l'unité,
qui n'a certes pas attendu le début du pontificat actuel pour commencer à se manifester, le pape Jean-Paul II ayant été le premier pape intégralement post-conciliaire qui est allé encore plus loin que Paul VI, au sein de la deuxième composante de cette dynamique.
Je pense aussi à l'apparente "faible réaction des cardinaux en place" pour soutenir le pape François, faible réaction qui, elle aussi, "jette une lumière terrible sur le Vatican."
"Une fois la porte ouverte, toutes les ambiguïtés de Benoît XVI, Jean-Paul II et d'autres remontent à la surface. Et si c'était juste une question de tempérament et d'habilité ?"
Troisièmement, je ne sais pas s'il est possible de parler d'ambiguïtés des papes post-conciliaires, mais je sais qu'il est possible de parler en ces termes : au moins depuis le début du pontificat de Benoît XVI, certains acquis mentaux "conciliaires" sont vraiment en danger,
- en danger de dépassement, par ceux qui veulent aller encore plus loin, d'une manière encore plus décatholicisante, notamment en direction de l'émancipation et de l'unification mentionnées ci-dessus,
- en danger de destitution, par ceux qui veulent revenir encore plus vers les fondamentaux du catholicisme, dans la foi, les moeurs, la liturgie, les sacrements, voire la pastorale ad extra,
- en danger de remise en cause, pas encore complète et définitive, par tous ceux qui, d'une manière bien plus explicite que du temps de Jean-Paul II et de Benoît XVI, prennent acte de la relative "infécondité" ou "infructuosité" spirituelle de ces acquis mentaux.
En ce sens, oui, le pontificat actuel constitue une "bénédiction paradoxale"...
Bon dimanche.
Scrutator.

( 843470 )
Oui cher Scrutator par Aigle (2018-01-28 09:29:34)
[en réponse à 843468]
Votre analyse est très exacte.
On a d'un côté des gens qui sont prêts à aller très loin dans la rupture : mariage des prêtres, ordination des femmes, reconnaissance du mariage gay, etc ...ce n'est pas vraiment le cas en France toutefois où les défenseurs de ces idées sont finalement peu nombreux ...
Et d'un autre côté des jeunes qui vont à la messe quotidienne, des couples avec six ou huit enfants , les manifestants de LMPT, etc ...bref des catholiques (surtout en France ?) qui vivent vraiment en acte le magistère de saint Jean Paul II...
Bientôt ces deux groupes n'auront plus grand chose à se dire ...

( 843503 )
Au moins trois types de catholiques diocésains "a-conciliaires". par Scrutator Sapientiæ (2018-01-28 20:52:02)
[en réponse à 843470]
Bonsoir et merci, Aigle.
Ce que décrivez, à savoir un élargissement du fossé entre les catholiques "inclusifs" et les catholiques souvent dits "identitaires", me fait de plus en plus penser à l'élargissement du fossé entre les protestants "libéraux" et les protestants dits "attestants" ou "confessants".
Les inspirateurs originels de la conception actuellement dominante de l'oecuménisme n'avaient peut-être pas prévu cela...
Et les catholiques qui considèrent que tout le mal provient du Concile Vatican II, ont-ils bien conscience du fait que d'autres chrétiens, non catholiques, donc moins concernés et moins impactés par le Concile Vatican II, sont témoins et victimes du même mal, le protestantisme libéral ayant commencé à sévir avant le Concile Vatican I ?
Par ailleurs, et compte tenu de conversations et d'observations, je crois pouvoir dire que nous sommes aujourd'hui en présence d'au moins trois types de catholiques diocésains "a-conciliaires" :
- ceux qui n'en ont presque jamais entendu parler : ce n'est pas de leur faute, ni de la mienne, si le clergé diocésain est bien plus discret qu'entre 1965 et 2005 sur le Concile Vatican II,
- ceux qui en ont entendu parler, et qui se doutent plus ou moins, au vu de l'état dans lequel est aujourd'hui l'Eglise, que le Concile Vatican II est, au minimum, un demi-échec,
- ceux qui l'ont étudié, qui en ont tiré les conclusions qui s'imposent, et qui ont une vie chrétienne plus ou moins indépendante de ce qu'il y a de meilleur dans les textes du Concile.
Mais il est vrai que ce n'est certes pas ce qu'il y a de meilleur dans le Concile Vatican II qui a été le plus reçu et transmis, dans l'Eglise, en France, depuis la clôture de ce dernier Concile...
Bonne soirée.
Scrutator.
P S : Ce que vous écrivez, à la fin de votre message, fait un peu froid dans le dos, mais enfin c'est ainsi :
"Bientôt ces deux groupes n'auront plus grand chose à se dire ..."
Et sur ce coup-là, avec ou sans François, il n'y aura pas de "synthèse hollandaise"...

( 843521 )
Les conciliaires boudent leur plaisir par Babakoto (2018-01-29 01:37:05)
[en réponse à 843468]
Je ne partage pas vraiment votre point de vue sur le fait que des acquis du concile seraient en danger.
Au contraire, il me semble que la victoire s'annonce totale.
Quelle plus grande victoire pour la collégialité que la décrédibilisation du chef suprême?
Quant on en vient à souhaiter qu'un groupe de cardinaux redresse la barque, on ne fait que poser un pas supplémentaire dans la mauvaise direction. Saint Paul n'a pas sauvé l'Eglise, il a aidé saint Pierre à faire son boulot. Pierre reste la pierre d'angle.
Et je persiste et signe, au delà du pape actuel, c'est le principe même de la papauté qui se joue.
Et je persiste pour dire que la prochaine étape sera la démonétisation des papes précédents, ceux qu'on porte aux nues actuellement.
Mais si, vous allez voir: #balancetonpape
Un biopic sur le Père Maciel mettra tout le monde d'accord.

( 843929 )
Nous ne parlons pas tout à fait de la même chose. par Scrutator Sapientiæ (2018-02-06 13:08:10)
[en réponse à 843521]
Bonjour et merci, Babakoto.
Nous ne parlons pas tout à fait de la même chose, ce qui ne veut bien sûr pas dire que j'ai raison et que vous avez tort...
J'ai parlé d'acquis mentaux "conciliaires", mais j'aurais peut-être dû parler de positions doctrinales "montiniennes", ces positions étant aujourd'hui
- débordées sur leur "droite" par des catholiques qui constatent que ces positions sont peut-être nécessaires, mais ne sont sûrement pas suffisantes, pour tenter de sauver ce qui peut encore l'être,
et
- débordées sur leur "gauche" par d'autres catholiques, qui considèrent apparemment que ces positions n'ont eu une portée pratique, à un moment donné, que pour enclencher "leur" dynamique.
Sur le reste, je comprends ce que vous écrivez, notamment sur l'auto-démonétisation ou l'auto-disqualification de la papauté dont nous sommes souvent témoins, depuis à présent un peu plus de cinquante ans, et je ne vois évidemment pas la moindre perspective de reconsolidation.
Bonne journée.
Scrutator.