Le Forum Catholique
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( 842819 )
Bienfait d'un vrai mariage civil naturel, celui à l'Eglise pour les vrais croyants ? par Aétilius (2018-01-17 11:48:24)
Chers liseurs,
Parcourant tous les échanges ces derniers jours concernant les problèmes des validités des mariages naturels, de la canonicité du mariage à l'église de divorcés civils..., j'en arrive à me poser cette question :
Même si le mariage civil, à l'origine, et en France du moins, est une arme de guerre contre l'Eglise, ne peut-on se dire, après tout, qu'il vaut mieux que des gens qui n'y croient pas ne se marient pas devant un prêtre, ce qui tient souvent aujourd'hui lieu de "messe-carade".
Bref, mariage civil sain (entre un homme et une femme, pour avoir des enfants, et pour la vie) pour les non-croyants, mais indissoluble dans ce cas-là aux yeux de l'Eglise, la seule dissolution, exceptionnelle, étant si l'un des deux (re)découvre la foi chrétienne, et veut la vivre, mais que l'autre cherche à l'en empêcher.
Pour les croyants, mariage religieux saint, mais sans besoin de passer par la mairie, indissoluble encore plus, l'idée étant, en rechristianisant la société qu'au final l'immense majorité des couples se marient à l'Eglise, mais en étant vraiment catholiques.
Pour finir, taxation à fond des concubins et des pacsés, qui aujourd'hui veulent le beurre (les avantages fiscaux du mariage) et l'argent du beurre (ne pas avoir à prendre d'engagement solennel, pour la vie), pour les inciter à s'engager vraiment.

( 842820 )
Ce que dit le Code... par Sacerdos simplex (2018-01-17 13:46:55)
[en réponse à 842819]
Can. 1055 – § 1. L’alliance matrimoniale, par laquelle un homme et une femme constituent entre eux une communauté de toute la vie, ordonné par son caractère naturel au bien des conjoints ainsi qu’à la génération et à l’éducation des enfants, a été élevée entre baptisés par le Christ Seigneur à la dignité de sacrement.
§ 2. C’est pourquoi, entre baptisés, il ne peut exister de contrat matrimonial valide qui ne soit, par le fait même, un sacrement.
Et le "Code Oriental" (c. 776) réaffirme cette vérité en précisant :
"...par l'institution du Christ, il ne peut exister..."
Ceci s'applique à tous les baptisés, croyants ou incroyants.
Donc votre idée d'un mariage purement naturel (indissoluble) pour les baptisés non-croyants est impossible et contraire à la disposition du Christ.
Et un petit rappel :
Can. 1059 – Le mariage des catholiques, même si une partie seulement est catholique, est régi non seulement par le droit divin, mais aussi par le droit canonique, restant sauve la compétence du pouvoir civil pour les effets purement civils de ce même mariage.
***
taxation à fond des concubins et des pacsés, qui aujourd'hui veulent le beurre (les avantages fiscaux du mariage) et l'argent du beurre (ne pas avoir à prendre d'engagement solennel, pour la vie), pour les inciter à s'engager vraiment.
: impraticable dans le régime actuel où on divorce "ad nutum", sans délai et sans formalités.

( 842821 )
Comment cela se passe-t-il par Jean-Paul PARFU (2018-01-17 13:50:30)
[en réponse à 842820]
pour les Protestants dont le baptême est valide, c'est-à-dire pour la plupart d'entre eux, lorsqu'ils se marient entre eux, entre Protestants ?

( 842822 )
Bonne question... par Sacerdos simplex (2018-01-17 13:58:29)
[en réponse à 842821]
Ils ne sont pas tenus à la "forme canonique".
Du coup, s'ils échangent leur consentement selon les règles de leur communauté, ils sont mariés devant Dieu et ils reçoivent le sacrement, sauf s'ils l'excluent totalement, et aussi en fonction de leurs dispositions intérieures.
Dès lors, je pense que leur mariage est considéré comme valide du point de vue de l'Eglise ("jusqu'à preuve du contraire" pour un cas particulier).

( 842823 )
Merci pour cette réponse ! par Jean-Paul PARFU (2018-01-17 14:00:50)
[en réponse à 842822]
Très intéressant !

( 842828 )
Il n'y a pas de « mariage » protestant par Goupillon (2018-01-17 14:43:53)
[en réponse à 842822]
Comment des protestants qui rejettent tous le sacrement de mariage pourraient-ils se donner le dit sacrement, en outre en dehors des formes prescrites requises pour sa validité ?
L'absurdité de la thèse du prétendu mariage protestant soit disant valide est évidente : on ne peut pas se donner ce qu'on ne veut pas se donner. Les protestants ne veulent pas du sacrement ; ils n'ont donc pas le sacrement, un sacrement dont la validité de plus dépend de certaines formes.
Les baptisés ne connaissent qu'un mariage qui est à la fois contrat et sacrement. Ces deux aspects sont indissociables.

( 842829 )
Du coup... par Etienne (2018-01-17 14:57:16)
[en réponse à 842828]
...vous considérez qu'il ne peut pas y avoir de mariage valide (ni naturel, ni sacramentel) entre protestants?

( 842833 )
Absolument par Goupillon (2018-01-17 15:06:53)
[en réponse à 842829]
Vous avez tout à fait compris.

( 842836 )
Et donc... par Etienne (2018-01-17 15:14:43)
[en réponse à 842833]
...quand un tribunal ecclésiastique (catholique s'entend), juge de la validité d'un mariage entre deux protestants, il perd son temps?
Et quand il se prononce sur la validité dudit mariage, il se trompe dans tous les cas?

( 842854 )
Dans un cas précis uniquement par Goupillon (2018-01-17 21:59:31)
[en réponse à 842836]
Les officialités ne se prononcent à ma connaissance que sur des supposés mariages entre protestants devenus catholiques.
Sinon, il serait absurde qu'un couple de protestants, ne reconnaissant pas le mariage sacrement, s'adressent à un tribunal canonique qu'ils récusent, de bien vouloir reconnaître ce sacrement dont ils ne veulent pas...
Le « mariage » protestant n'existe pas : 1) ni sur le plan naturel ; 2) ni sur le plan sacramentel. Et sur ce point, hérésie protestante et droit canonique sont d'accord.

( 842857 )
Tsss... par Sacerdos simplex (2018-01-17 22:19:13)
[en réponse à 842854]
Un Tribunal ecclésiastique peut se prononcer sur n'importe quel cas qui lui est soumis, pourvu que le demandeur ait une raison de le lui demander (cela peut être le cas d'un enfant au sujet du mariage de ses parents défunts, si par exemple il existe une clause dans un testament, ou bien une clause très ancienne pour bénéficier de tel avantage dans le cadre d'une fondation) ;
le mariage étant tenu pour valide tant qu'il n'a pas été déclaré invalide, on ne demande jamais à un Tribunal de reconnaître la validité d'un mariage, on demande au contraire de déclarer son invalidité (ou bien il s'agit de faire appel d'un jugement précédent qui le déclarait invalide)
Or vous disiez : "Sinon, il serait absurde qu'un couple de protestants, ne reconnaissant pas le mariage sacrement, s'adressent à un tribunal canonique qu'ils récusent, de bien vouloir reconnaître ce sacrement dont ils ne veulent pas..."
De plus, il y a autant de protestantismes que de protestants, et il est difficile de parler d'une manière générale.
"Le « mariage » protestant n'existe pas" : oui, mais il existe des mariages entre personnes protestantes qui ont bel et bien l'intention de fonder une famille qui soit conforme à la volonté du Christ. Et il arrive même que la Communauté soit invitée à prier pour ces mariés.

( 842859 )
Faux par Goupillon (2018-01-17 22:34:22)
[en réponse à 842857]
Il me semble que les tribunaux canoniques se prononcent sur la validité des mariages quand il y a des doutes. Notamment je connais un cas de mariage dont les consentements ont été reçus et bénis par un prêtre qui ne pouvaient recevoir délégation du curé absent ce jour-là. L'officialité a enregistré les informations tout en considérant que les formes requises pour la validité n'étaient pas remplies. Les mariés ont découvert l'affaire des années après quand ils ont demandé un certificat de mariage. Dès lors, c'est bien à l'officialité qu'ils se sont adressés pour valider leur mariage, et non au curé toujours en place, ni au Souverain Pontife qui a autre chose à faire.

( 842832 )
C'est pourquoi j'ai parlé des "dispositions intérieures" par Sacerdos simplex (2018-01-17 15:01:45)
[en réponse à 842828]
Effectivement, sonder les coeurs pour savoir si la volonté de se marier était ou non supérieure à la volonté de ne pas (donner et) recevoir de sacrement, c'est assez délicat.
Mais il semble que la volonté de se marier l'emporte dans un grand nombre de cas !
Par ailleurs, les lois positives de l'Eglise ne concernent que les Catholiques : c'est ce que dit le canon 1059 que j'ai justement cité.
Les protestants ne veulent pas du sacrement ; ils n'ont donc pas le sacrement,
Pour un certain nombre d'entre eux, ils veulent se marier, ils veulent un vrai mariage ; est-ce qu'ils excluent
positivement de recevoir un sacrement ? C'est peu probable, en fait ils ne pensent même pas à cette question.
un sacrement dont la validité de plus dépend de certaines formes.
Non, l'obligation de respecter les formes canoniques ne concerne que les catholiques : c. 1059.
Les baptisés ne connaissent qu'un mariage qui est à la fois contrat et sacrement. Ces deux aspects sont indissociables.
Mais je n'ai pas dit le contraire !
Un simple prêtre.

( 842834 )
Il ne s'agit pas de sonder les cœurs par Goupillon (2018-01-17 15:09:17)
[en réponse à 842832]
Publiquement, les hérétiques protestants rejettent le sacrement du mariage et ne le reconnaissent en aucune manière. C'est un fait indubitable contre lequel on ne peut argumenter.

( 842837 )
Mais ils veulent se marier, oui ou non ? par Sacerdos simplex (2018-01-17 15:18:58)
[en réponse à 842834]
Y a-t-il un seul leader protestant qui ait interdit le mariage ?
Qu'ils se trompent sur l'aspect sacramentel du mariage ne les empêche pas de vouloir se marier, avec les propriétés essentielles du mariages que sont l'unité et l'indissolubilité.
Et donc - à moins de rejeter explicitement et positivement la réception d'un sacrement - ils réalisent l'échange des consentements, et c'est le consentement qui réalise le mariage (canon 1057 § 1).
Je parle de rejet de la réception, du refus explicite de recevoir un sacrement - ce qui ne doit pas se produire souvent !... - qui est autre chose qu'une erreur théorique sur la question de la sacramentalité.
Et enfin, je vous renverrai à la pratique des officialités !...
Un tel débat est surréaliste !

( 842858 )
Surréaliste en effet ! par Goupillon (2018-01-17 22:20:42)
[en réponse à 842837]
Les protestants ne « veulent pas se marier » puisqu'ils ne veulent pas recevoir le sacrement de mariage (seul mariage réel entre baptisés selon le droit canonique).
Ils ne veulent pas recevoir le sacrement de mariage, puisqu'ils ne croient pas à ce sacrement : les protestants pour une bonne part ne reconnaissent que deux sacrements (baptême et cène). En aucun cas le mariage. Ne pas croire à réalité d'un sacrement, c'est en « rejeter explicitement et positivement la réception ».
Consentir à vivre en couple (signification véritable des unions protestantes) ne saurait réunir les « propriétés essentielles du mariage que sont l'unité et l'indissolubilité ». Le divorce, mettant un terme à la vie commune, est d'ailleurs admis et pratiqué par toutes les sectes protestantes.

( 842863 )
Croire ou ne pas croire ? Quelle importance ? par Marquandier (2018-01-17 23:13:26)
[en réponse à 842858]
Un nourrisson baptisé ne croit pas à grand chose, et celui qui baptise peut aussi ne pas croire à grand chose.
La question est : faut-il croire que tout mariage (le contrat de droit naturel) entre baptisés réalise, ipso facto, le sacrement ; ou bien que seul le sacrement, entre baptisés, réalise le mariage ?
Le code est tout de même assez clair sur le sens de la relation :
C’est pourquoi, entre baptisés, il ne peut exister de contrat matrimonial valide qui ne soit, par le fait même, un sacrement.
Il ne faut pas confondre ce que
pensent faire les protestants et ce qu’ils
font réellement (à condition que le contrat matrimonial en soit un). Ne pas prendre leurs désirs pour des réalités. À ce petit jeu-là, un protestant serait incapable de réaliser une profanation eucharistique s’il ne croit pas à la présence réelle ? Ce n’est pas sérieux.

( 842865 )
Ce qu'il est nécessaire de savoir, d'après le Code !... par Sacerdos simplex (2018-01-17 23:28:28)
[en réponse à 842858]
Ce qu'il est nécessaire de savoir :
Can. 1096 – § 1. Pour qu’il puisse y avoir consentement matrimonial, il faut que les contractants n’ignorent pas pour le moins que le mariage est une communauté permanente entre l’homme et la femme, ordonnée à la procréation des enfants par quelque coopération sexuelle.
§ 2. Cette ignorance n’est pas présumée après la puberté.
Comme on le voit, le Code est on ne peut plus "ouvert". On ne demande pas de savoir si le mariage est un sacrement ou non, s'il est indissoluble ou non, et ainsi de suite !...
Et s'il y a erreur sur la sacramentalité ?...
Eh bien :
Can. 1099 – L’erreur concernant l’unité ou l’indissolubilité ou bien la dignité sacramentelle du mariage, pourvu qu’elle ne détermine pas la volonté, ne vicie pas le consentement matrimonial.
La question est donc réglée !

( 842867 )
Oui ! par Jean-Paul PARFU (2018-01-18 00:42:58)
[en réponse à 842865]
Car cela signifierait sinon, en réalité et en outre, que tous les Protestants, je veux dire ceux qui sont nés et vivent dans le Protestantisme sans faute de leur part (et ils sont nombreux), vivraient automatiquement en état de péché mortel par le simple fait de vouloir mener une vie normale, se reproduire et continuer à exister. Ce qui n'est raisonnablement pas possible.

( 842875 )
Protestantisation des esprits par Goupillon (2018-01-18 09:54:29)
[en réponse à 842867]
Il y a quelque incongruité chez certains « catholiques », clercs ou laïcs, à vouloir absolument donner aux hérétiques protestants ce qu'ils ne réclament pas. Nous sommes bien en « crise ». Les esprits errent.
Rappel de doctrine : « Dans le mariage chrétien, le contrat ne peut être séparé du sacrement et il ne saurait y avoir de contrat vrai et légitime [entre baptisés] sans qu'il y ait, par cela même, sacrement » (Léon XIII, encyclique Arcanum, 10 février 1880).
Or, tous les Protestants nient l'existence des sept sacrements, n'en reconnaissant que deux, et rejetant le mariage.
Nous savons que « chez les adultes, l'intention au moins habituelle implicite de recevoir un sacrement, est toujours requise » pour la validité (Abbé A. Boulenger, La Doctrine catholique, Lyon, Vitte, 1923, t. II, p. 43). Il n'y a donc pas de « mariage » protestant : on ne peut recevoir malgré soi ce qu'on ne veut pas recevoir. Le contraire serait absurde.
Le fait pour deux protestants de vouloir vivre ensemble, et même d'avoir des enfants, ne signifie pas vouloir se marier (c'est-à-dire vouloir recevoir le mariage-sacrement). Il y a confusion entre mariage et concubinage (état de l'homme et de la femme qui vivent ensemble sans être validement mariés) : ce n'est pas parce que l'état de vie et le résultat biologique de cet état (procréation) sont identiques, que mariage et concubinage s'identifient (dans un cas il y a sacrement, dans l'autre il n'y en a pas).
Chez les protestants, le divorce est admis et largement pratiqué. Plus encore, la grande majorité des protestants admet également les « unions » des invertis. Si deux sodomites protestants veulent se marier, seraient-ils mariés validement parce qu'après tout, ce qui compte, c'est de vouloir vivre ensemble ? L'absurdité du prétendu mariage protestant soit disant valide aboutit à donner un semblant de pertinence aux excès les plus scandaleux des sectes protestantes.

( 842883 )
Vous ne pouvez affirmer par Jean-Paul PARFU (2018-01-18 12:06:40)
[en réponse à 842875]
que tous les Protestants vivent en concubinage, que leurs enfants sont des enfants naturels ou illégitimes aux yeux de l'Eglise.
D'ailleurs, les Protestants qui se convertissent et veulent devenir prêtres catholiques ne sont pas considérés comme des enfants naturels ou/et illégitimes par l'Eglise.
Il serait paradoxal de moins bien traiter les non-catholiques que les non-chrétiens, simplement parce que l'Eglise les considère comme des traîtres ou/et des Apostats.
Comme pour le baptême, l'Eglise affirme qu'il faut être baptisé pour aller au Ciel, mais nous savons aussi que des baptisés n'iront pas au Ciel et que des non-baptisés iront.

( 842887 )
Les protestants sont des baptisés par Goupillon (2018-01-18 12:17:47)
[en réponse à 842883]
Ainsi l'Église les considère parce que c'est un fait indubitable
Or, pour tout baptisé, seul le mariage-sacrement est union légitime.
Donc les protestants, qui rejettent le dogme des sept sacrements, ne peuvent pas recevoir un sacrement de mariage dont ils nient l'existence.
Ils ne peuvent pas non plus contracter un mariage naturel valide, car en tant que baptisés, ce mariage-contrat est n'a aucune valeur.

( 842890 )
Ce que vous n'avez pas l'air de comprendre ... par Ion (2018-01-18 12:49:57)
[en réponse à 842887]
... c'est que le mariage, avant d'être un sacrement, est d'abord ... un mariage naturel. Entre baptisés, ce mariage naturel est élevé à la dignité de sacrement, qu'on le veuille ou non, dès lors que ces baptisés ont les dispositions intérieures conformes aux conditions qui font un vrai mariage (liberté, fidélité, indissolubilité, fécondité), conditions ou définitions qui sont aussi, a priori, celles des protestants. Cela veut dire que le Christ, par l'Eglise, confère à ces époux chrétiens les grâces sacramentelles, c'est-à-dire leur communique les fruits de Son Mystère Pascal.
Qu'un protestant ne reconnaisse pas le mariage comme sacrement au même titre que le baptême ou l'eucharistie ne change rien à cette réalité dans la mesure ou cette non reconnaissance n'est liée qu'à la définition de ce qu'est un sacrement. Pour les protestants, seul ce qui est nécessaire à la conversion ou au salut peut être appelé un sacrement ... ce qui n'est pas le cas du mariage.
Les mariages existaient validement avant la définition du septénaire canonique.
En revanche, si un protestant se mariait sans tenir à l'exigence de fidélité ou à l'indissolubilité de son mariage, là ce ne serait pas un mariage valide.
Ion

( 842919 )
Non vous faites erreur par Goupillon (2018-01-18 18:17:36)
[en réponse à 842890]
Le mariage sacramentel n'est pas d'abord un mariage naturel, en tout cas au sens théologique des termes. Il n'existe pas de mariage naturel pour les baptisés, mais un unique mariage sacramentel. Au risque de me répéter je redonne la citation de Léon XIII que vous n'avez pas l'air de comprendre : « Dans le mariage chrétien, le contrat ne peut être séparé du sacrement et il ne saurait y avoir de contrat vrai et légitime [entre baptisés] sans qu'il y ait, par cela même, sacrement » (Léon XIII, encyclique Arcanum, 10 février 1880).
C'est l'enseignement de l'Église.

( 842923 )
Un mariage sacramentel par Jean-Paul PARFU (2018-01-18 18:35:13)
[en réponse à 842919]
est un mariage naturel (car nous sommes en matière mixte) élevé à la dignité surnaturelle. Mais la dignité surnaturelle n'enlève pas au mariage son caractère naturel. Cette dignité se greffe sur la réalité naturelle. Il ne s'agit pas d'un surnaturel "suspendu dans les airs" !
Enfin, en matière religieuse, il faut certes avoir une solide formation doctrinale, mais il ne faut pas être un idéologue.
Le cardinal Müller s'est très bien exprimé à ce sujet récemment :
"Si d’une part nous devons savoir saisir l’efficacité de l’Esprit Saint dans ces autres chrétiens non catholiques qui sont de bonne volonté, qui n’ont pas commis personnellement ce péché de séparation d’avec l’Eglise, de l’autre, nous ne pouvons pas changer l’histoire, ce qui est arrivé il y a cinq cents ans. Une chose est le désir d’avoir de bonnes relations avec les chrétiens non-catholiques d’aujourd’hui, afin de se rapprocher d’une pleine communion avec la hiérarchie catholique, et aussi avec l’acceptation de la tradition apostolique selon la doctrine catholique, autre chose est de ne pas comprendre ou de falsifier ce qui s’est passé il y a cinq cents ans, et l’effet désastreux que cela a eu."
ici
En un mot, le Protestantisme est une grave erreur, mais les Protestants sont nos frères et ne se sont pas tous forcément des démons intouchables, situés dans les ténèbres extérieures.

( 842989 )
Cette citation de Léon XIII par ptk (2018-01-19 14:37:35)
[en réponse à 842919]
est-elle vraiment incompatible avec ce que dit Ion?
Le Saint Père de glorieuse mémoire ne conteste pas le caractère contractuel du mariage. Il affirme que ce contrat, lorsqu'il concerne des chrétiens (je ne sais quelle est la valeur de la citation entre crochets [entre baptisés]), emporte nécessairement valeur sacramentelle lorsqu'il est vrai et légitime.
Le fait, pour des protestants, lorsque leur baptême est reconnu par l'Eglise, de ne pas reconnaitre le sacrement de mariage est sans incidence sur les conséquences au Ciel de leur engagement, sous les réserves dites par le Pape (vrai et légitime).
Cette affirmation de SS Léon XIII explique peut-être aussi ce qui s'est passé dans l'avion pontifical et dont la presse s'est fait l'écho.
Le Saint-Père actuellement régnant a pu simplement donner acte au nom de l'Eglise d'une union qu'il considérait comme sacramentellement suffisamment établie par la volonté manifeste des conjoints et la vie qu'il menaient depuis un temps suffisant. Ses commentaires sur les usages latino-américains (on se marie à l'Eglise quand naissent les petits enfants) tendraient à confirmer cette hypothèse.
Les époux sont les ministres du sacrement, le représentant de l'Eglise n'est qu'un témoin institué par le Concile de Trente pour des raisons principalement juridiques (difficulté de la preuve).

( 842888 )
Je précise aussi par Jean-Paul PARFU (2018-01-18 12:28:18)
[en réponse à 842883]
que le Bon Dieu a voulu me marier à une Protestante, à une Luthérienne allemande. Cela m'a d'ailleurs posé un problème parce que lorsque j'ai fait sa connaissance, j'ai tout de suite compris, "senti" qu'elle était protestante. J'ai été très sévèrement sanctionné par Dieu pour m'être finalement "opposé" à la grâce de Dieu qui avait consisté pour moi en :
- l'obtention d'une place au sein d'une grande banque en relation avec l'Allemagne ;
- la rencontre, le 18 août 1990 avec cette jeune femme en Allemagne, ... sachant que je suis né le 19 août et elle le 20 août.
Plus tard, j'ai même écrit à cette jeune femme : "tu me semblais arrogante, libérale, protestante !"
Dieu a considéré que je n'avais pas cru à Sa grâce, que je n'avais pas espéré et que j'avais manqué de charité. J'ai été pardonné le 24 mars 1991, mais j'expie toujours cette faute aujourd'hui, 27 ans après.
Certes, il est probable que nous nous serions mariés aussi catholiquement, mais il me semble que le Bon Dieu n'a jamais considéré cette jeune femme, qui est aujourd'hui médecin urologue, chef de clinique, dans un hôpital de la Ruhr, comme une enfant naturel.

( 842876 )
Le Code n'est pas un menu par Goupillon (2018-01-18 10:04:54)
[en réponse à 842865]
Tous les mots comptent. On ne choisit pas ce qui arrangerait.
Can. 1099 – L’erreur concernant l’unité ou l’indissolubilité ou bien la dignité sacramentelle du mariage, pourvu qu’elle ne détermine pas la volonté, ne vicie pas le consentement matrimonial.
Précisément : les protestants
ne veulent pas recevoir le mariage-sacrement car pour eux c'est une invention de l'Église romaine, datant du XIIe siècle, qui n'a aucune espèce de
réalité sacramentelle.

( 842877 )
Et sinon? par Etienne (2018-01-18 10:15:08)
[en réponse à 842876]
Auriez vous sous la main un seul canoniste sérieux pour étayer vos propos, lesquels vont à l'encontre de la pratique commune?

( 842882 )
Quelle « pratique commune » ? par Goupillon (2018-01-18 12:01:34)
[en réponse à 842877]
Depuis quand l'Église catholique reconnaît-elle un sacrement de mariage entre protestants qui en nient l'existence et donc le rejettent ?
L'absurdité de cette question démontre l'inanité de la théorie du prétendu mariage protestant soit disant valide.
Il se trouve que je connais un Docteur en Droit canonique exerçant des fonctions juridiques.
Je vais lui écrire pour lui demander son avis selon le droit. Dès que j'aurai sa réponse, je vous en ferai part.

( 842889 )
Eh bien c'est ça, écrivez-lui, et en attendant sa réponse, veuillez... par Sacerdos simplex (2018-01-18 12:30:12)
[en réponse à 842882]
...arrêter de nous bombarder d'énormités, avec en plus un smiley laissant supposer que vous vous marrez...
Un simple prêtre... ...qui connaît quand même le droit canonique et a déjà travaillé dans ce domaine pour son diocèse.
PS : Juste par curiosité, vous avez étudié pendant combien d'années :
- la philosophie ;
- la théologie ;
- et le droit canonique ?...

( 842824 )
Problème du Légal versus Moral par Aétilius (2018-01-17 14:06:55)
[en réponse à 842820]
Merci mon père, de cette contribution, qui soulève la question déjà évoquée :
N'est-ce pas choquant que des gens qui vivent, pensent, font... tout sauf catholiques, parce qu'ils ont été baptisés à leur naissance, cas de la plupart des plus de 30 ans aujourd'hui encore, puissent se marier à l'Eglise, alors que c'est manifestement juste pour faire plaisir à la vieille grand-mère, désir de faire de jolies photos, sentimentalisme...?
Ne faudrait-il dans ce cas-là que l'Eglise propose une simple bénédiction, sans fanfare ni musique, en comité réduit, les tourtereaux, en recherche sincère ou inconsciente, pouvant alors être touchés ?
Du moins faut-il pour cela que le prêtre leur explique pourquoi une messe ne semble pas approprié, ou honnête, à l'heure actuelle, les invitant à retrouver pour le reste le chemin de l'Eglise, et de la foi, vivante et pratiquée...

( 842826 )
Je ne vois pas comment… par Luc de Montalte (2018-01-17 14:14:06)
[en réponse à 842824]
… l’Église pourrait bénir une relation de concubinage…
D’ailleurs votre solution ne résout rien : si c’est le faste de la cérémonie que recherchent les mariés, ils ne se contenteront pas d’une bénédiction « sans fanfare ni musique, en comité réduit » !

( 842827 )
Certes, mais... par Sacerdos simplex (2018-01-17 14:42:24)
[en réponse à 842824]
Effectivement, on arrive à des situations absurdes, avec familles, ou plutôt couples, en perpétuelles recompositions.
Effectivement, j'ai connu le cas d'une femme enterrée à l'église : après des décennies de vie commune, le conjoint était incapable de dire si sa défunte femme était baptisée ou non.
"Super, comme la deuxième épouse de mon fiancé était baptisée, il en résulte que son mariage était nul et que nous allons pouvoir nous marier à l'église !..."
Effectivement, dans un grand nombre de cas, les futurs conjoints cherchent une belle cérémonie avec des belles voûtes, de l'orgue, si possible un peu d'encens. Et si une agence organisant les mariages leur proposait ce choix : ou bien une superbe cérémonie dans un cadre grandiose mais devant un prêtre (joli garçon, et excellent orateur) qui n'a pas les pouvoirs (et donc mariage invalide), ou bien un mariage valide dans une petite église tristounette avec un prêtre assez âgé, je pense qu'un certain pourcentage ferait le mauvais choix...
Bref, il y a un réel problème.
Ne faudrait-il dans ce cas-là que l'Eglise propose une simple bénédiction, sans fanfare ni musique, en comité réduit, les tourtereaux, en recherche sincère ou inconsciente, pouvant alors être touchés ?
Il est impossible de proposer une simple bénédiction qui ne soit pas un mariage valide. Sinon, ce serait bénir une situation irrégulière, voire bénir un adultère. On peut bénir chacun des deux en particulier, mais éviter tout risque de confusion avec un (vrai) mariage.
Par contre, effectivement, dans l'idéal -
du pur point de vue spirituel, pas nécessairement du point de vue pastoral - ce serait bien d'imposer des cérémonies beaucoup plus simples, en petit comité :
ainsi :
- on ferait le tri entre ceux qui veulent des fioritures, et ceux qui veulent le sacrement, et on rehausserait la valeur du sacrement ;
- on éviterait ces couples qui vivent 2 ou 3 ans en concubinage au motif qu'un mariage, ça coûte très cher et qu'il faut économiser pour cela.
Enfin, il faudrait que les prêtres comprennent mieux que marier à l'église des baptisés qui n'ont pas la foi et/ou qui ne vivent pas en état de grâce, cela ne produit pas de fruits (ou quasiment pas ?...), et en plus c'est faire un sacrilège dont ils auront à répondre devant Dieu.
Ils s'éloigneront de l'Eglise ? Possible. Mais cela peut aussi être l'occasion de les faire réfléchir. Et de toutes manières il y a des fois où il n'est pas possible d'accéder à leur demande.
"Vous ne savez pas ce que vous demandez..."
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Messe ?
A ma connaissance, actuellement, la grande majorité des cérémonies de mariage sont sans messe. Heureusement...

( 842860 )
Une question pour vous par Candidus (2018-01-17 22:40:30)
[en réponse à 842827]
Que conseiller à un catholique qui a totalement perdu la foi et qui souhaite se marier ?
Conseiller un mariage religieux serait encourager cette personne à réaliser une mascarade, un sacrilège.
De plus, si quelques années plus tard elle recouvre la foi, et qu'entre temps son mariage s'est soldé par un divorce, elle se retrouvera dans une impasse.
Mon sentiment est que dans ce cas de figure, le moindre mal est de déconseiller le mariage religieux. Qu'en pensez-vous ?

( 842866 )
Question pastorale difficile !... par Sacerdos simplex (2018-01-17 23:38:24)
[en réponse à 842860]
D'autant plus que bien souvent les "futurs" (généralement en concubinage, d'ailleurs...) viennent voir leur curé en déclarant : "Nous avons décidé de nous marier en juin de l'année prochaine ; la salle de réception est déjà retenue et des arrhes considérables ont été versés, etc.".
C'est à régler au cas par cas, mais c'est difficile !
Sinon, si on a vraiment le temps, il faut essayer de sauver ce qu'on peut, d'encourager cette démarche et d'encourager les intéressés à aller jusqu'au bout de leur logique, en essayant de faire comprendre qu'il faut certaines conditions pour cela.
Il faut donc conseiller la redécouverte de la foi, comme condition pour un mariage religieux.
Ne pas déconseiller le mariage religieux.

( 842825 )
Le mariage civil est… par Luc de Montalte (2018-01-17 14:07:27)
[en réponse à 842819]
… rendu nécessaire par le code pénal :
Article 433-21 Tout ministre d'un culte qui procédera, de manière habituelle, aux cérémonies religieuses de mariage sans que ne lui ait été justifié l'acte de mariage préalablement reçu par les officiers de l'état civil sera puni de six mois d'emprisonnement et de 7 500 euros d'amende.
Donc il est obligatoire de passer par la mairie avant
Mais je suppose que vous préconisez un retour à l’institution originelle du mariage civil, c’est-à-dire la permission faite par Louis XVI aux non-catholiques de se marier sans avoir à se convertir. Bien que non catholiques, les époux devaient néanmoins se jurer «
indissoluble fidélité » (termes de l’Édit de tolérance).
Pas sûr toutefois que tous accueillent avec calme ce retour, attendu que le même Louis XVI avait quelques années plus tôt prohibé les mariages entre «
blancs, noirs, mulâtres et autres gens de couleur (…) qu’il serait contre le bon ordre de tolérer ». J’en connais à qui cela hérisserait le poil !

( 842838 )
Sacrement ne rime pas avec protestant par Paratus semper doceri (2018-01-17 16:31:50)
[en réponse à 842825]
Il existe bien un mariage protestant. Il ne s’agit pas d’un sacrement. Mais plutôt d’une célébration où les mariés demandent la bénédiction divine sur leur union.
Pour les y préparer, le pasteur accompagne les couples afin de réfléchir à la valeur de leur engagement, de la vie, aux projets du couple.
Chaque célébration est unique, car la parole y circule, chaque couple ayant son cheminement propre. La célébration peut d’ailleurs être œcuménique, voire même proposer l’union de personnes du même sexe.
Le mariage est donc une reconnaissance sociale de l’union de deux personnes, au sein de l’Eglise réformée, après passage à la mairie. On appelle bien cela bénédiction du couple et pas mariage (qui a eu lieu juste avant devant Monsieur le Maire).
Parata

( 842861 )
Résoudre la confusion lexicale par Goupillon (2018-01-17 22:44:31)
[en réponse à 842838]
Ne pas confondre mariage, c'est-à-dire mariage valide naturel ou sacramentel, le seul dont nous puissions proprement parler ; et « mariage » au sens vulgaire signifiant vie en couple.