« Il y a dans ce pays parmi les infidèles une race qui s’appelle les Brahmes. Toute la gentilité les entretient ; ils ont charge des demeures où se trouvent les idoles ; c’est la race la plus perverse du monde ; c’est bien d’elle que l’on peut entendre le psaume qui dit : “De la race impie, de l’homme méchant et trompeur, délivrez-moi” (De gente non sancta, ab homine iniquo et doloso eripe me. Ps. 42, 1). C’est une race qui ne dit jamais la vérité. Ils s’ingénient toujours à mentir subtilement et à tromper les pauvres gens, simples et ignorants, leur disant que les idoles leur ordonnent d’apporter en offrande certaines choses, celles précisément que les Brahmes imaginent et désirent pour l’entretien de leurs femmes, de leurs enfants et de leur maison. Ils font croire à ces gens simples que les idoles mangent, et il s’en trouve beaucoup qui avant de dîner et avant le souper viennent offrir quelque pièce de monnaie pour l’idole. Deux fois le jour, au son joyeux des cymbales, ils prennent leurs repas, faisant croire à ces pauvres gens que les idoles vont manger. (...)V.
« Ces Brahmes ont peu d’instruction, et ce qu’ils n’ont pas en vertu ils l’ont avec surabondance en iniquité et en méchanceté. Les Brahmes de la côte que je parcours voient avec grand déplaisir que je ne cesse de dévoiler leur malice ; eux-mêmes, quand nous sommes seuls, m’avouent la vérité, et la manière dont ils trompent le peuple : ils m’avouent en secret qu’ils n’ont d’autre patrimoine que ces idoles de pierre, dont ils vivent grâce aux mensonges qu’ils fabriquent. » (Lettre datée de Cochin, le 15 janvier 1544, dans : Saint François Xavier, Lettres spirituelles, éditées par le R.P. Brou, S.J., Spes, Paris 1939, pages 89 et 90.)
Il assure n'avoir jamais rencontré de brahmanes, étant en Europe fort éloigné des rives du Gange où ils vivent.