Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=839245
images/icones/1h.gif  ( 839245 )Méfiance méfiance par Jean-Paul PARFU (2017-11-29 11:28:38) 

Les titres habituels, chaque année à la même période


images/icones/flagD.gif  ( 839246 )Le titre du Spiegel spécial par Jean-Paul PARFU (2017-11-29 11:34:04) 
[en réponse à 839245]

signifie :

"Le Christianisme, la religion qui a connu la plus grande réussite".

Je tenais à le préciser pour les non germanistes ou/et non germanophones !
images/icones/fleche2.gif  ( 839247 )Le titre par Jean-Paul PARFU (2017-11-29 11:36:48) 
[en réponse à 839246]

"Le christianisme, la religion qui a connu le plus grand succès (ou la plus grande réussite) dans le monde".

J'avais oublié "dans le monde".
images/icones/1d.gif  ( 839250 )Forcément ! par Exocet (2017-11-29 11:52:43) 
[en réponse à 839247]

Si ça n'avait pas été dans le monde, on ne voit pas où ça aurait pu être .
Ach ! Kolossale finesse !
images/icones/flagD.gif  ( 839290 )Das Christentum über alles par Turlure (2017-11-30 09:00:04) 
[en réponse à 839250]

Über alles in der Welt.

images/icones/1a.gif  ( 839298 )Christentum et Christenheit par Jean-Paul PARFU (2017-11-30 12:15:49) 
[en réponse à 839290]

Le mot "Christentum" en allemand signifie en français: "christianisme" et le mot "Christenheit" en allemand signifie en français : chrétienté.

Il faudrait demander à notre ami Lycobates si le mot : "Christianismus" est recevable en allemand ou compris des Allemands ou des Germanophones de manière générale, car cela peut aussi être différent d'un pays à l'autre et notamment en Suisse alémanique ou au Luxembourg par exemple.

Quant à votre "Christentum über alles", il est très drôle. Il fait effectivement référence aux anciennes paroles de l'hymne allemand, interdites aujourd'hui, et peut signifier que le christianisme est au-dessus du reste, soit parce que ce serait un fait, notamment en raison du nombre des baptisés, soit parce que, pour nous, le christianisme est ce qu'il y a de mieux ou/et la seule vraie religion.

Je précise enfin que les paroles du "Deutschland über alles" ne signifiaient pas, à l'origine en tout cas, que les Allemands considéraient ou devaient considérer que leur pays était mieux que les autres ou devait diriger les autres pays, mais que les Allemands devaient avant tout aimer l'Allemagne unifiée, c'est-à-dire aimer l'Allemagne avant leur région, principauté, duché ou royaume d'origine : Bavière, Saxe, Prusse etc ... Il s'agissait donc plutôt, à l'origine, d'un hymne à l'unité allemande ou de l'Allemagne.
images/icones/fleche2.gif  ( 839304 )Christianismus par Lycobates (2017-11-30 13:13:11) 
[en réponse à 839298]

Ce mot n'existe pas vraiment en allemand, si ce n'est très récemment, comme terme péjoratif (comme pendant de Islamismus), pour signifier une vision politique militante et violente du christianisme (comme cela pourrait être le cas dans certains milieux "évangélicaux"), ainsi j'ai vu récemment même le terme "Christianist" comme pendant de "Islamist".

Les trois exemples que relève le fichier du vocabulaire journalistique de l'Université de Leipzig proviennent de la Suisse.
Voir ICI.


A la rigueur "Christianismus" pourrait servir comme archaïsme pour "Christentum", sans cette connotation négative récente, mais le dictionnaire des frères Grimm, 16 volumes de 1854 à 1961, une référence, ne le connaît pas.
images/icones/bravo.gif  ( 839306 )Très intéressant ! par Jean-Paul PARFU (2017-11-30 13:33:17) 
[en réponse à 839304]

Merci cher Lycobates! Vous nous êtes, sur beaucoup de sujets, d'une aide précieuse.
images/icones/1a.gif  ( 839319 )"Deutschland über alles" ? par Lycobates (2017-11-30 16:53:06) 
[en réponse à 839298]


Je précise enfin que les paroles du "Deutschland über alles" ne signifiaient pas, à l'origine en tout cas, que les Allemands considéraient ou devaient considérer que leur pays était mieux que les autres ou devait diriger les autres pays, mais que les Allemands devaient avant tout aimer l'Allemagne unifiée, c'est-à-dire aimer l'Allemagne avant leur région, principauté, duché ou royaume d'origine : Bavière, Saxe, Prusse etc ... Il s'agissait donc plutôt, à l'origine, d'un hymne à l'unité allemande ou de l'Allemagne.



Je conçois que le "Deutschland über alles" donne des frissons (et la petite pique du cher Turlure est bien reçue !) mais ce que vous écrivez est très juste. Même s'il faut voir aussi l'origine de cet hymne dans le contexte des caprices bonapartistes et post-bonapartistes de s'approprier des parties de la Rhénanie. (Quelle idée !)

Les paroles de ce poème en trois strophes (dont la troisième est chantée aujourd'hui exclusivement, en tout cas officiellement depuis 1952), intitulé Das Lied der Deutschen (Le Chant des Allemands), sont dues au poète romantique August Heinrich Hoffmann von Fallersleben et datent de 1841.
En plein essor romantique donc.

La mélodie est celle de la Kaiserhymne de Joseph Haydn de 1797, qui avait un autre texte : Gott erhalte Franz, den Kaiser : Dieu préserve François, l'Empereur. Il s'agit de François II (du Saint-Empire) et I (de l'Empire d'Autriche depuis 1804, notez-bien Kaistertum Österreich, pas Kaiserreich pour faire la différence). Ce texte sur la mélodie de Haydn existait au XIXe s. dans les différentes langues de l'Empire et connut plusieurs variantes lors des successions au trône (notamment le nom de l'Empereur devait être changé). Par ailleurs à côté de cela, les divers Kronländer (pays de la Couronne) qui constituent l'Empire avaient (ont) leur propre hymne, le cas échéant dans leur propre langue. Nous ne sommes pas en France !

Ce n'est qu'en 1922 que le président de la "république de Weimar", Friedrich Ebert, notons-bien un social-démocrate (et soit dit en passant un honnête homme), décida que cet hymne avec les trois strophes de Fallersleben serait celui de sa république. Pendant le régime nazi, on n'en chantait que la première strophe, suivie du fameux Horst Wessel-Lied. Aujourd'hui seulement la troisième, suivie de rien.
(J'aurais proposé, mais je n'ai rien à dire bien entendu, depuis la venue au pouvoir d'Angela Merkel, de changer pour la deuxième strophe. Non, rien !)

Bref.
Tous ces sursauts romantico-républico-maçonnico-révolutionnaires ne me passionnent pas outre mesure.

Avant 1918 il n'y avait pas vraiment d'hymne national unifié.
Il y avait, depuis 1871, la Kaiserhymne sur les notes du God save the King, on en a parlé ici à quelques reprises, mais c'était plutôt officieux. Chaque entité souveraine gardait jalousement ses prérogatives, aussi musicales, comme chez les voisins en Autriche-Hongrie, et c'est très bien comme-ça.
images/icones/hein.gif  ( 839321 )et le Gott mit uns ? par Regnum Galliae (2017-11-30 16:59:26) 
[en réponse à 839319]

comment doit-il se comprendre dans un régime païen ?
images/icones/fleche2.gif  ( 839322 )Nobiscum Deus par Lycobates (2017-11-30 17:13:14) 
[en réponse à 839321]

Le "Gott mit uns" est héritier du Nobiscum Deus des batailles du Saint-Empire et est utilisé dans cette forme allemande sur les boucles des ceinture prussiennes depuis 1847.
Les changements de régime de 1871, 1918, 1933 et 1945 n'y ont rien fait.
La Bundeswehr actuelle l'a utulisé jusque dans les années 60 et 70. Cela ne doit avoir rien de choquant.

Par "régime païen" je suppose que vous voulez dire le régime nazi de 1933 à 1945. Il fut certes païen (même gnostique), mais pas athée. Cela ne les gênait pas de parler de "Dieu" et de la "Providence".
Leur "Gott" n'était certainement pas le Dieu trinitaire, même si pour beaucoup de soldats qui ont servi ces années-là cela n'a pas été clair.

Voir ICI
images/icones/neutre.gif  ( 839327 )intéressant merci par Regnum Galliae (2017-11-30 18:26:51) 
[en réponse à 839322]

étrange d'avoir attendu les années 60/40. En 1945, on aurait compris, mais que s'est-il passé en 1960 pour donner une telle idée ?
Cela a-t-il été conservé en RDA, où l'uniforme de l'infanterie rappelait encore celui de la Wehrmacht jusqu'à la chute du mur (si l'on en croit le film la Vie des autres) ?
images/icones/hein.gif  ( 839332 )Effet de la sécularisation ? par Lycobates (2017-11-30 18:50:00) 
[en réponse à 839327]

Je n'ai pas de réponse mais je crois que l'abandon du Gott mit uns à partir de 1962 dans la Bundeswehr et quelques années plus tard dans les forces de la police est dû à la sécularisation croissante, la mention de "Dieu" dans la réalité publique n'étant plus perçue comme convenante.
Mais ce n'est qu'une conjecture.

En revanche la "RDA" a toujours été athée militante. À n'en pas douter.
Pour l'uniforme, en dehors du symbolisme communiste, et l'esthétique militaire vous avez raison : la "RDA" s'inscrit dans la tradition du militarisme prussien, jusque dans l'hommage aux morts des guerres de libération, comme nous appelons les guerres de 1813-1815 contre les prétentions de Bonaparte, hommage que la "RDA" maintint jusqu'à la fin, encore en 1988 pour les 175 ans, et que la république unifiée abolit d'un trait de plume peu après.

J'en avais fait mention en mettant un lien, ICI.
Il faut dire, foin d'idéologie, que, techniquement, militairement parlant, c'est de la grande classe.
images/icones/fleche2.gif  ( 839345 )C'est parfaitement exact par Jean-Paul PARFU (2017-11-30 21:47:53) 
[en réponse à 839322]

Et Hitler ne pouvait pas prononcer un discours sans parler de la Providence (die Vorsehung en allemand).
images/icones/1a.gif  ( 839328 )Reich/Kaiserreich/Kaisertum par Turlure (2017-11-30 18:27:03) 
[en réponse à 839319]

Cette distinction me semble très intéressante (peut-être nous en direz-vous plus), alors qu'en français nous avons le terme indisctinct d' "empire" qui désigne soit une forme politique dans laquelle un monarque est qualifié d'empereur ou d'un titre traduit comme tel (Premier et Second empires, principat romain, empire du Japon...) soit un grand territoire dominé par un pouvoir politique unique (empire romain dans un sens englobant la fin de l'ère républicaine, "empires" des Plantagenêt ou des Habsbourg, empires coloniaux...). Sans compter les empires industriels et financiers.

En fait d'empires allemands, nous avons donc :
Heiliges römisches Reich : le Saint Empire romain
Kaisertum Österreich : L'Empire d'Autriche
Deutsches Kaiserreich : L'Empire wilhelmien

Il serait bien sûr une erreur de toujours traduire Reich par Empire (ou alors ce serait dans un sens qui s'est perdu et qui veut plutôt dire "Etat" ou "empire de la loi" : "Veillons au salut de l'Empire"). Le Reichspräsident de la République de Weimar n'est pas le président de l'Empire !

Dans le cas de l'Autriche, Kaisertum succède à l'Erzherzogtum qu'il englobe. On n'insiste pas sur le territoire mais sur la qualité impériale du souverain. Peut-être faudrait-il traduire par "impériauté", de même qu'on distingue royaume et royauté ? Du reste Kaiserreich Österreich serait un peu redondant.

A l'inverse, on a ajouté des distinctions sémantiques là où la langue allemande n'en fait pas en traduisant Bund par "ligue" (Städtebund der Hanse : Ligue hanséatique), "confédération" (Rheinbund : Confédération du Rhin, Deutschbund : Confédération germanique) ou "fédération" (Bundesrepublik Deutschland : République fédérale d'Allemagne). Pourtant, des mots précis (souvent plus que le français) existent aussi en allemand pour qualifier ces réalités : Genossenschaft, Eidgenossenschaft...
images/icones/find.gif  ( 839329 )quelques éléments ici par Regnum Galliae (2017-11-30 18:34:41) 
[en réponse à 839328]


Reich est un terme de la langue allemande désignant à l’origine le territoire sur lequel s’exerçait la puissance et la souveraineté d’un prince, d’un roi ou d’un empereur, et plus tard celle d’un État. Il correspond au latin imperium, qui désigne le pouvoir suprême de commandement et le territoire sur lequel il s’étend.

Le terme a un équivalent formé sur la même racine dans plusieurs langues germaniques (Rike en norvégien, Rige en danois, Rijk en néerlandais, etc.). Il n’a pas de traduction exacte en français ; il est parfois traduit par empire, mais ne désigne pas de régime en particulier, et la république de Weimar et le régime nazi se qualifiaient officiellement de Reich. Un empire au sens constitutionnel du terme est un Kaiserreich (Reich d’un empereur), et un royaume est un Königreich (Reich d’un roi). Selon les contextes, il peut également être traduit par État, pays, nation, domaine ou territoire. En anglais, il est parfois traduit par realm, issu du français royaume.


Wikipedia
images/icones/1a.gif  ( 839336 )Une précision ... par Lycobates (2017-11-30 19:34:23) 
[en réponse à 839328]

... concernant l'Empire wilhelmien (et je reprends un peu ce que j'avais dit ailleurs)

Le roi de Prusse, Guillaume I (1861-1888) n'accepta le titre d'Empereur, envisagé par son ministre Bismarck, en 1871 que très difficilement. Il ne voulait pas du titre Kaiser der Deutschen (Empereur des Allemands), puisqu'il se considérait (à juste titre d'ailleurs) souverain par la grâce de Dieu. Il favorisait plutôt, s'il en fallait un, le titre Kaiser von Deutschland (Empereur d'Allemagne), mais ce titre était exclu puisqu'il impliquait une autorité sur certains territoires allemands (Luxembourg, Suisse allemande, Autriche) qui ne faisaient pas partie, politiquement, de la nouvelle fédération, ce qui pourrait froisser leurs souverains, notamment l'autre Empereur, celui d'Autriche, François-Joseph qui disait de lui-même: Ich bin ein deutscher Fürst, je suis un souverain allemand.
S'imposa finalement le titre Deutscher Kaiser (Empereur allemand), à l'insistance des souverains fédéraux, parce que les rois de Bavière, de Saxe et du Wuerttemberg ne voulaient se soumettre au roi de Prusse comme chef de la fédération que s'il portait un titre plus élevé que le leur.
Guillaume I ne le porta jamais de bon gré, contrairement à son fils (Frédéric III, 1888) et petit-fils (Guillaume II, 1888-1918/1941).

Le titre devint ainsi "Deutscher Kaiser und König von Preußen", "Empereur allemand et roi de Prusse", tandis que l'héritier s'appelle "Kronprinz des Deutschen Reiches und von Preußen", "Prince héritier de l'Empire allemand et de Prusse".
Il ne faut donc jamais dire en français "l'empereur d'Allemagne", quand on parle de cette époque, mais "l'empereur allemand", au moins quand on veut être rigoureux.

Un petit point d'étiquette (on ne sait jamais si l'on vous invite au thé) : le Kronprinz est la seule "Altesse impériale", les autres princes de la maison de Prusse ne sont qu'Altesses royales, contrairement aux princes de l'archimaison d'Autriche, qui sont tous "Altesses impériales et royales" (depuis 1867).
Il y demeure donc un vestige de l'ancienne primauté de l'Empire, le seul jusqu'en 1806, jusque dans la titulation.

Je traduis Erzhaus par "archimaison", ce qui peut paraître bizarre, mais ce que j'ai trouvé dans un texte français du XVIIIe s. (ICI) ; ce terme est utilisé pour faire ressortir la préséance de la maison d'Autriche sur les autres maisons souveraines en Europe.
images/icones/1a.gif  ( 839337 )L'Empire allemand par Turlure (2017-11-30 20:02:53) 
[en réponse à 839336]

Est un objet institutionnel passionnant à étudier. Je crois que c'est Paul Laband qui l'a théorisé comme une "république de monarchies". En effet l'empereur n'est pas le souverain mais il a le praesidium de la collectivité des souverains qui composent l'Empire. En somme, le roi de Prusse est président-né de la petite Allemagne.

L'organe qui donne sanction aux lois (marque de la souveraineté pour les juristes allemand) est le Bundesrat, autrement dit l'assemblée des représentants de chaque souverain. Le Reichstag est quant à lui un organe délibératif : ce n'est pas le peuple qui fait la loi à travers ses représentants mais il participe à son élaboration.

Je vous remercie par ailleurs pour cette très précieuse précision protocolaire. L'idée d'être un jour invité pour un Kafee und Kuchen chez les Hohenzollern m'enchante !
images/icones/neutre.gif  ( 839349 )Kaiser der... par AVV-VVK (2017-11-30 22:06:42) 
[en réponse à 839336]

Philippe, roi des Belges, non pas de la Belgique. Son titre officiel.
images/icones/musique.gif  ( 839331 )Intermède musical ! par Luc de Montalte (2017-11-30 18:39:12) 
[en réponse à 839319]

C’est l’occasion ou jamais :

images/icones/fleche2.gif  ( 839338 )Une dernière pour Lycobates par Jean-Paul PARFU (2017-11-30 21:08:55) 
[en réponse à 839331]

Macron ne s'est pas pris les pieds dans le tapis comme Hollande, complètement perdu lors de sa première visite officielle de chef d'Etat à Berlin. Le "Ehrenbataillon" de la Bundeswehr (équivalent allemand de "la Garde républicaine"), va rendre les honneurs à Macron dans la plus pure tradition militaire prussienne. C'est impressionnant et c'est ici
images/icones/1e.gif  ( 839343 )J' ai installé cette musique, par AVV-VVK (2017-11-30 21:24:43) 
[en réponse à 839338]

"Preussens Gloria", comme son de sonnerie sur mon petit"Samsung".