Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=838680
images/icones/neutre.gif  ( 838680 )la gravité intrinsèque du péché de fornication par Mboo (2017-11-18 14:23:46) 

Si j'ai bien compris saint Thomas D'Aquin, ce qui rend le péché de fornication grave c'est le mal fait à l'enfant à naître.
Eh ben dans ce cas François a raison de dire qu'il y a des situations de concubinage qui ne sont pas des péchés graves! notamment lorsque ce sont des contraintes extérieures (sociales, financière etc) qui empêchent deux tourtereaux qui sont de bonne foi dans leur relation de se marier.
Et si François a raison alors le CEC a tord car le CEC a dit que l'acte sexuel en dehors du mariage est toujours un péché grave!

Et si le CEC a raison alors la gravité intrinsèque du péché de fornication n'est pas dû au mal qu'on fait à l'enfant à naître. Dans l'hypothèse où le CEC a raison, qu'est ce qui rend donc intrinsèquement mauvais le péché de fornication ?
images/icones/hein.gif  ( 838683 )Peut-être par Rémi (2017-11-18 15:05:04) 
[en réponse à 838680]

pourriez-vous citer les passages de saint Thomas, de François et du CEC auxquels vous vous référez ?
images/icones/neutre.gif  ( 838694 )Tenez par Mboo (2017-11-18 20:21:54) 
[en réponse à 838683]


St Thomas
ARTICLE 2: La fornication simple est-elle péché mortel?
Objection:
Le péché mortel est contraire à la charité. Or la fornication simple n'est pas contraire à la charité: ni
à l'amour de Dieu, car elle n'est pas directement un péché contre Dieu; ni non plus à l'amour du
prochain, car, en la commettant, on ne fait tort à aucun autre homme. La fornication simple n'est donc
pas péché mortel.
Solution:La fornication simple est contraire à l'amour du prochain en ce qu'elle s'oppose au bien de la
progéniture à naître, nous venons de le montrer. Si elle contribue à la génération, ce n'est pas selon ce
qu'il faut à l'enfant qui va naître.




CEC
2390 Il y a union libre lorsque l’homme et la femme refusent de donner une forme juridique
et publique à une liaison impliquant l’intimité sexuelle.
L’expression est fallacieuse : que peut signifier une union dans laquelle les personnes ne s’engagent pas l’une envers l’autre et témoignent ainsi d’un manque de confiance, en l’autre, en soi-même, ou en l’avenir ?L’expression recouvre des situations différentes : concubinage, refus du mariage en tant que
tel, incapacité à se lier par des engagements à long terme (cf. FC 81). Toutes ces situations offensent la dignité du mariage ; elles détruisent l’idée même de la famille ; elles affaiblissent le sens de la fidélité. Elles sont contraires à la loi morale : l’acte sexuel doit prendre place exclusivement dans le mariage ; en dehors de celui-ci, il constitue toujours un péché grave et
exclut de la communion sacramentelle
.





AL -François)
301. Pour comprendre de manière appropriée pourquoi un discernement spécial est possible et nécessaire dans certaines situations dites
‘‘irrégulières’’, il y a une question qui doit toujours être prise en compte, de manière qu’on ne
pense jamais qu’on veut diminuer les exigences
de l’Évangile. L’Église a une solide réflexion sur
les conditionnements et les circonstances atté-
nuantes. Par conséquent, il n’est plus possible
de dire que tous ceux qui se trouvent dans une
certaine situation dite ‘‘irrégulière’’ vivent dans
une situation de péché mortel, privés de la grâce
sanctifante.



Et quand je lis bien François "il dit il n'est PLUS possible de dire..."
Donc cela était possible jusqu'à lors et maintenant ce n'est plus possible... et après on dit qu'il n'a rien changer dans la doctrine...
images/icones/neutre.gif  ( 838698 )Une clé de compréhension par Turlure (2017-11-18 21:19:07) 
[en réponse à 838694]

Il peut être utile de se souvenir que si la définition du mariage ne change pas, le formalisme exigé pour le contracter a évolué entre saint Thomas et le CEC. A l'époque de saint Thomas, la fornication n'est pas le "refus de donner une forme juridique et publique à une liaison" mais le fait, pour deux personnes dont aucune des deux n'est mariée ou liée par des voeux ou l'état clérical, de s'unir sexuellement sans qu'il y ait pour autant de volonté réciproque d'établir entre eux une communauté de vie, d'être fidèle l'un à l'autre et de pourvoir ensemble à l'entretien et à l'éducation des enfants qui pourront naître de leur union. En effet, dans la doctrine théologique et canonique médiévale, il y a mariage à partir du moment où l'homme et la femme décident chacun de s'engager pour le présent (par opposition aux fiançailles où on s'engage pour le futur), et ce sans formalité et publicité particulière (même si la célébration publique du mariage et la bénédiction des noces par le prêtre sont le mode ordinaire de conclusion du mariage).

Ainsi, le manquement à la charité que représente la fornication réside dans l'absence d'engagement. Le fait de brûler (c'est le sens étymologique du mot "fornication") sans souci de l'avenir (ce qui était particulièrement vrai à l'époque pas si lointaine où la contraception efficace n'existait pas).

Au fond, le CEC dit la même chose : "elles détruisent l’idée même de la famille ; elles affaiblissent le sens de la fidélité", mais s'ajoute effectivement une dimension plus formaliste. On peut maintenant parler d' "union libre" pour désigner une union qui ressemble au mariage mais à laquelle manque la célébration exigée par l'Eglise qui, désormais, peut seule créer le lien conjugal. Au temps de Saint-Thomas, un homme et une femme qui s'engageaient sérieusement entre eux à la fidélité, à la communauté de vie et à l'accueil des futurs enfants, étaient, de ce simple fait, des époux. Et aujourd'hui, s'ils ne passent pas devant le maire et le curé, je dirais (peut-être que je choquerai certains liseurs) qu'ils commettent d'avantage une faute contre la discipline actuelle de l'Eglise que contre le droit naturel. Cela n'en demeure pas moi une désobéissance et (en connaissance de cause) un péché bien entendu !

Peut-être justement le propos de François revient-il à dire que le catéchisme actuel, à condamner indistinctement l' "union libre" en elle-même, a le défaut de mettre dans le même panier la fornication au sens propre, à savoir le fait de sauter à pieds joints dans une passion amoureuse au mépris des conséquences inscrites dans la loi naturelle, et le refus ou la négligence de coller aux prescriptions juridiques de l'Eglise.
images/icones/neutre.gif  ( 838712 )Cela va faire pas mal de chose à "corriger" dans le CEC.. par Mboo (2017-11-19 07:35:48) 
[en réponse à 838698]

il y a déjà la justice de la peine de mort que François a demandé de faire corriger dans le CEC, maintenant il faut relativiser le caractère intrinsèquement mauvais du concubinage affirmé dans le CEC...
Le problème de fond du concubinage est qu'en fait il y a négligence ou mépris de la grâce de Dieu et présomption sur la force de l'homme.
Deux tourtereaux peuvent en toute honnêteté s'engager à fonder une famille en dehors du mariage non par mépris du mariage, mais à cause de certaines contraintes sociales et financières (cela est surtout vrais dans certaines cultures Africaines..).
Seulement si par exemple après deux ans de cohabitation il n' y a pas d'enfants, l'un peut facilement quitter l'autre sans aucune contrainte! et même s'ils restent "fidèle" pendant 30 ans comme dans l'exemple pris par François cela n'est pas un signe de la grâce, car on a vu des couples divorcer après plus de 30 ans de mariage!
Donc même si dans le concubinage il n' y a pas forcement mépris explicite du mariage au moment où on s'y engage, il y a comme une imprudence grave sur la stabilité de la famille qu'on veut ainsi créer, car il n' y a pratiquement aucunes contraintes extérieures, pour nous obliger à rester fidèle à nos engagements pris implicitement , ni aucune garantis d'avoir la grâce de Dieu pour nous aider à cet effet, alors que sont en jeux la stabilité des enfants qu'on veut avoir et la stabilité affective du conjoint avec qui on vit.
images/icones/neutre.gif  ( 838717 )Le passage de St Thomas en entier... par Louisneuf (2017-11-19 12:27:46) 
[en réponse à 838694]

"Article 2

La fornication simple est-elle péché mortel ?

Objections : 1. Il ne semble pas. En effet, les choses qui sont énumérées ensemble paraissent être de la même espèce. Or la fornication est citée à côté de certaines pratiques qui ne sont pas des péchés mortels. Ainsi on peut lire au livre des Actes (15, 29) : " Abstenez-vous des viandes immolées aux idoles, du sang, des chairs étouffées et de la fornication. " Mais l'usage de ces viandes n'est pas un péché mortel, si l'on en croit S. Paul (1 Tm 4, 4) : " Tout ce que Dieu a créé est bon, et aucun aliment n'est à proscrire si on le prend avec action de grâce. " La fornication n'est donc pas péché mortel.

2. Aucun péché mortel ne tombe sous un précepte divin. Or Osée reçoit ce commandement du Seigneur (Os 1, 2) : " Va, prends une femme portée à la fornication et des enfants de fornication. "

3. Aucun péché mortel n'est mentionné dans la Sainte Écriture sans une réprobation. Or la fornication simple est mentionnée sans réprobation dans l'Écriture à propos des anciens Pères. Ainsi dit-on d'Abraham qu'il alla vers Agar, sa servante (Gn 16, 4), de Jacob qu'il s'unit aux servantes de ses femmes, Bilha et Zilpa (30, 5), de Juda qu'il s'approcha de Tamar (38, 15) qu'il avait prise pour une prostituée. La fornication simple n'est donc pas péché mortel.

4. Le péché mortel est contraire à la charité. Or la fornication simple n'est pas contraire à la charité : ni à l'amour de Dieu, car elle n'est pas directement un péché contre Dieu ; ni non plus à l'amour du prochain, car, en la commettant, on ne fait tort à aucun autre homme. La fornication simple n'est donc pas péché mortel.

5. Tout péché mortel conduit à la perdition éternelle. Or cela, la fornication simple ne le fait pas. En effet de ce passage de S. Paul (1 Tm 4, 8) : " La piété est utile à tout ", la glose d'Ambroise donne ce commentaire : " Tout l'ensemble de la conduite chrétienne se trouve dans la miséricorde et la piété. Celui qui leur reste fidèle, même s'il subit les périls de la chair, subira sans aucun doute des défaites mais ne périra pas. " La fornication simple n'est donc pas péché mortel.

6. S. Augustin dit que " la nourriture sert au salut du corps, et l'union charnelle au salut du genre humain ". Or l'usage désordonné des nourritures n'est pas toujours péché mortel. Il en est donc de même de l'usage désordonné de l'union charnelle. Et cela semble particulièrement vrai de la fornication simple, qui est la moindre parmi les espèces de la luxure qu'on a énumérées.

En sens contraire, 1. il est écrit dans le livre de Tobie (4, 13) : " Garde-toi de toute fornication, évite de commettre ce crime, et contente-toi de ta femme. " Or le crime constitue un péché mortel. Donc la fornication, et toute union charnelle avec une autre que son épouse, est péché mortel.

2. Seul le péché mortel exclut du royaume de Dieu. Or c'est ce que fait la fornication. S. Paul, après avoir cité la fornication et quelques autres vices, conclut (Ga 5, 19) : " Ceux qui commettent ces fautes-là n'hériteront pas le royaume de Dieu. "

3. On trouve dans les Décrets de Gratien : " Il faut savoir qu'on doit imposer pour le faux serment la même pénitence que pour l'adultère et la fornication, pour l'homicide spontanément commis et pour les autres vices criminels. " Ainsi donc la fornication est un péché criminel, c'est-à-dire mortel.

Réponse : Il faut tenir sans aucune hésitation que la fornication est péché mortel, bien que, sur ce passage du Deutéronome (23, 17) : " Il n'y aura pas de prostituée sacrée parmi les filles d'Israël... ", la Glose ajoute : " Il défend d'approcher celles dont la turpitude est vénielle. " Car il ne faut pas dire " vénielle ", mais " vénale ", ce qui est la caractéristique des prostituées.

Pour le comprendre, on doit considérer que tout péché commis directement contre la vie de l'homme est péché mortel. Or la fornication simple comporte un désordre qui tourne au détriment de la vie chez celui qui va naître d'une telle union charnelle. Nous voyons en effet que chez tous les animaux où la sollicitude du mâle et de la femelle est requise pour l'éducation des petits, il n'y a pas chez eux d'accouplement au hasard des rencontres, mais du mâle avec une femelle déterminée, que cette femelle soit unique ou multiple ; on le voit bien chez tous les oiseaux. Mais il en est autrement chez les animaux dont la femelle suffit à élever seule sa progéniture ; chez ceux-là, l'accouplement a lieu au hasard des rencontres, comme on le voit chez les chiens ou chez d'autres animaux. Or il est manifeste que pour l'éducation d'un être humain, non seulement sont requis les soins de la mère, qui le nourrit de son lait, mais aussi, et bien plus encore, les soins du père, qui doit l'instruire et le défendre, et le faire progresser dans les biens tant intérieurs qu'extérieurs. Et c'est pourquoi il est contraire à la nature de l'homme de s'accoupler au hasard des rencontres ; mais il faut que cela se fasse entre le mâle et une femme déterminée, avec qui il demeure longtemps, ou même pendant toute la vie. Il s'ensuit qu'il est naturel aux mâles de l'espèce humaine de chercher à être certains de leurs enfants, parce que l'éducation de ceux-ci leur incombe. Or, cette certitude serait impossible s'il y avait accouplement fortuit. - Mais ce choix d'une femme déterminé s'appelle mariage. C'est pourquoi l'on dit qu'il est de droit naturel. Mais parce que l'union charnelle est ordonnée au bien commun du genre humain tout entier, et que, d'autre part, les biens communs tombent sous la détermination de la loi, nous l'avons vu, il en résulte que cette union de l'homme et de la femme, qui s'appelle le mariage, est déterminée par la loi. De quelle façon se fait chez nous cette détermination, nous le dirons dans la troisième Partie de cet ouvrage, lorsque nous traiterons du sacrement de mariage. - Puisque la fornication est un accouplement fortuit, ayant lieu en dehors du mariage, elle est donc contre le bien de l'enfant à élever. C'est pourquoi elle est péché mortel.

Cette conclusion conserve sa valeur même si le fornicateur qui a connu la femme pourvoit suffisamment a l'éducation de l'enfant. Car ce qui tombe sous la détermination de la loi est jugé selon ce qui arrive communément, et non ce qui peut arriver dans tel cas particulier.

Solutions : 1. La fornication est mise au nombre de ces pratiques, non parce qu'elle constitue une même espèce de faute, mais parce que de telles pratiques pouvaient diviser juifs et païens et les empêcher de s'entendre. En effet, chez les païens, la fornication simple n'était pas considérée comme illicite, à cause de la corruption de la raison naturelle, tandis que les Juifs, instruits par la loi divine, l'estimaient illicite. Quant aux autres pratiques, les Juifs les avaient en horreur, à cause d'habitudes héritées de l'observance de la Loi. C'est la raison pour laquelle les Apôtres les interdirent aux païens, non comme étant en elles-mêmes illicites, mais comme faisant horreur aux Juifs, nous l'avons déjà dit.

2. On dit que la fornication est un péché en tant qu'elle est contraire à la droite raison. Mais la raison de l'homme est droite selon qu'elle se règle sur la volonté divine, qui est la première et suprême règle. C'est pourquoi ce que l'homme fait parce que Dieu le veut, en obéissant à son commandement, n'est pas contraire à la droite raison, quoique semblant aller contre l'ordre commun de la raison de même que ce qui se fait miraculeusement par la puissance divine n'est pas contraire à la nature, quoique ce soit contre le cours commun de la nature. Et c'est pourquoi Abraham ne pécha point en voulant immoler son fils innocent, car il obéissait à Dieu, quoique cela, considéré en soi, fût communément contraire à la rectitude de la raison humaine ; et de même Osée ne pécha pas en forniquant sur l'ordre de Dieu. Une telle union charnelle ne doit pas être appelée proprement une fornication, quoiqu'elle soit appelée ainsi par référence à l'usage commun.

Ainsi S. Augustin écrit-il : " Quand Dieu étonne un ordre qui heurte les moeurs ou les habitudes de qui que ce soit, même si cela ne s'est jamais fait, il faut le faire. " Et peu après il ajoute : " De même que dans la société humaine le pouvoir supérieur doit être obéi des pouvoirs inférieurs, de même Dieu doit être obéi par tous. "

3. Abraham et Jacob s'approchèrent de ces servantes, mais ce n'était pas pour un acte de fornication, comme nous le verrons plus tard quand il sera question du mariage. - En revanche, il n'est pas nécessaire d'excuser Juda de péché, lui qui fut aussi responsable de la vente de Joseph.

4. La fornication simple est contraire à l'amour du prochain en ce qu'elle s'oppose au bien de la progéniture à naître, nous venons de le montrer. Si elle contribue à la génération, ce n'est pas selon ce qu'il faut à l'enfant qui va naître.

5. En accomplissant des oeuvres de piété, celui qui subit la lubricité de la chair se libère de la perdition éternelle ; en effet, par ces oeuvres, il se dispose à obtenir une grâce de conversion, et par elles il fait réparation pour le péché sensuel qu'il a commis. Mais il ne faut pas croire qu'il serait libéré par ses oeuvres de piété s'il persévérait dans son péché jusqu'à la mort, sans se convertir.

6. Un seul accouplement peut donner naissance à un être humain. C'est pourquoi le désordre de l'acte charnel, qui fait obstacle au bien de l'enfant à naître, est péché mortel en raison même de l'acte, et non seulement en raison du désordre de la convoitise. Tandis qu'un seul repas ne fait pas obstacle au bien de toute la vie d'un homme ; et c'est pourquoi un acte de gourmandise n'est pas, à considérer seulement son genre, péché mortel. Il le serait en revanche si quelqu'un mangeait sciemment une nourriture qui changerait la condition de sa vie tout entière : ce qui fut le cas pour Adam. - Cependant, la fornication n'est pas le moindre des péchés appartenant à la luxure. En effet, l'union charnelle avec son épouse lorsqu'elle se fait sous la poussée d'un désir désordonné, est moins grave."

images/icones/neutre.gif  ( 838722 )Et cela apporte quelles informations de plus.. par Mboo (2017-11-19 14:47:00) 
[en réponse à 838717]

Par rapport aux problèmes posés? sinon on aurait pu aussi copier coller tout son enseignement sur la luxure en générale...
images/icones/neutre.gif  ( 838724 )Le passage que vous citez ... par Louisneuf (2017-11-19 15:29:19) 
[en réponse à 838722]

.. est bien trop réducteur pour se faire une idée de la pensée de Thomas d'Aquin sur le sujet de votre message. Une citation trop courte pourrait être mal interprétée et une trop longue hors sujet.

Dans votre 1er et 2è message vous semblez appuyer essentiellement sur le rapport fornication-péché et le mal sur l'enfant à naître. Je vous cite :

"Si j'ai bien compris saint Thomas D'Aquin, ce qui rend le péché de fornication grave c'est le mal fait à l'enfant à naître."

puis vous citez Thomas d'Aquin suite à la demande de Rémi :

"Solution: La fornication simple est contraire à l'amour du prochain en ce qu'elle s'oppose au bien de la progéniture à naître, nous venons de le montrer. Si elle contribue à la génération, ce n'est pas selon ce qu'il faut à l'enfant qui va naître."

Par votre réduction vous sous-entendez que AL de François est dans le vrai, je vous cite :

"François a raison de dire qu'il y a des situations de concubinage qui ne sont pas des péchés graves! notamment lorsque ce sont des contraintes extérieures (sociales, financière etc) qui empêchent deux tourtereaux qui sont de bonne foi dans leur relation de se marier."


Bref vous utilisez de manière tendancieuse la pensée du Docteur Angélique pour lui faire dire ce qu'il n'a pas dit or celui-ci indique dans sa conclusion que vous ne citez pas :

"Cependant, la fornication n'est pas le moindre des péchés appartenant à la luxure."

Cela contredit les propos du Pape sur des situations de concubinage qui ne sont pas des péchés graves.
images/icones/neutre.gif  ( 838725 )Et la conclusion que vous citez.. par Mboo (2017-11-19 15:38:46) 
[en réponse à 838724]

A quoi à voir avec le problème posé? le fait que la fornication ne soit pas le moindre des péchés graves justifie en quoi le caractère intrinsèquement mauvais du concubinage?
Le fait que l'acte d'union soit contraire à la procréation est un péché selon St Thomas que ce soit dans le mariage ou en dehors du mariage. C'est pour cela qu'il a dit que la fornication n'est pas le moindre des péchés sur la luxure. Mais deux concubins qui respectent la loi naturelle de la procréation ne sont pas concerné non plus par cet argument!
images/icones/neutre.gif  ( 838733 )Pour vous quelle est la définition ... par Louisneuf (2017-11-19 18:35:30) 
[en réponse à 838725]

... du concubinage ?
images/icones/neutre.gif  ( 838736 )il y a concubinage par Mboo (2017-11-19 18:59:52) 
[en réponse à 838733]

lorsque l'union entre deux personnes n'a pas eu une forme juridique et publique, donc en ce qui concerne un catholique lorsqu'il n'y a pas eu de sacrement du mariage.
Mais sans cette forme un couple peut très bien s'engager implicitement à fonder une famille en attendant que les obstacles qui empêchent actuellement un mariage officiel disparaisses.
images/icones/1n.gif  ( 838737 )Fornication=péché grave! par Miserere (2017-11-19 19:16:39) 
[en réponse à 838736]

Dans tout les sens du mot, vous pouvez essayer de tricher ou dévier mais vous serez toujours dans le péché grave.

Vous devriez revoir votre catéchisme sur le mariage.

images/icones/neutre.gif  ( 838740 )Justement par Turlure (2017-11-19 19:43:22) 
[en réponse à 838737]

Tout concubinage tel qu'on l'entend aujourd'hui ne constitue pas nécessairement un cas de fornication au sens de saint Thomas.

Les mots sont proches mais leur sens n'est pas tout-à-fait identique.

cf. mon post plus haut.
images/icones/neutre.gif  ( 838772 )Hors sujet par Mboo (2017-11-20 06:49:46) 
[en réponse à 838737]

Tout le monde connait le catéchisme là n'est pas le problème. On veut avoir une Foi éclairée, une Foi raisonnable, et non une Foi du charbonnier.
images/icones/neutre.gif  ( 838730 )Je ne comprends pas où est votre problème par Meneau (2017-11-19 18:02:26) 
[en réponse à 838694]

La fornication, pour le CEC comme pour St Thomas, est toujours un péché mortel - du fait de sa matière. Il y a toujours matière grave.

Mais pour qu'il y ait péché mortel, il faut pleine connaissance et plein consentement, et c'est sur ces points que François introduit des distinctions.

Je ne vois donc pas ce qui vous permet de dire ce que vous dites. Que voulez-vous montrer ? Quel est votre argument ?

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 838734 )il ne me semble pas par Mboo (2017-11-19 18:48:30) 
[en réponse à 838730]

Quand je lis François dans AL, il me semble que un couple qui sait très bien que le concubinage est un péché, et à cause de certaine difficulté ne se marie pas ne sont pas dans le péché grave, voir ne peuvent ne même pas du tout être dans le péché, vous pouvez lire ce commentaire fait par lui même ICI
Ce ne sont pas les difficultés qui font qu'il ne puisse pas avoir plein consentement il ne semble, sinon tous les péchés causés par les passions ne sont pas des péchés mortels car la passion elle même est une difficulté un obstacle naturel qu'on subit.
Quelque soit les obstacles, une personne qui jouit parfaitement de tous ses sens et de toutes ses facultés peut toujours dire non! une personne peut toujours dire "j'arrête tout commerce charnel avec toi jusqu'au mariage"
Le défaut de plein consentement il me semble est dû à un défaut d'attention si par exemple je me met à parler de quelqu'un sans m'en rencontre compte que je calomnie, et c'est après coup que je me rend compte de cela alors il n' y a pas eu plein consentement au moment où je commettais le péché.
images/icones/neutre.gif  ( 838751 )[réponse] par Meneau (2017-11-19 22:08:18) 
[en réponse à 838734]


Quand je lis François dans AL, il me semble que un couple qui sait très bien que le concubinage est un péché, et à cause de certaine difficulté ne se marie pas ne sont pas dans le péché grave


Il me semble que vous lisez mal AL, ou tout au moins que vous généralisez un peu vite.

Par ailleurs, il y a plein de choses qui peuvent vicier le plein consentement et la pleine advertance. De sorte que St Thomas peut écrire :

Par exemple, éviter la fornication est un bien ; cependant la volonté ne l'accepte pour un bien que si la raison le lui propose comme tel. Donc si la raison erronée lui représente cette abstention comme un mal, elle l'adoptera sous la raison de mal. Aussi deviendra-t-elle mauvaise, parce qu'elle veut le mal ; non ce qui est mal en soi, mais ce qui est mal par accident, à cause du jugement de la raison.

I II, q19 a5.


vous pouvez lire ce commentaire fait par lui même ICI

De tels propos d'avion du pape n'ont aucune valeur magistérielle.

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 838773 )Ce n'était pas dans "l'avion" par Mboo (2017-11-20 06:57:07) 
[en réponse à 838751]

C'était pendant le congrès diocésains de Rome, lorsqu'il commentait lui même AL. Mais ces propos confirment très bien la compréhension normale qu'on a de AL. On n'est pas dupe, quand on lit AL on comprend très bien l'esprit et l'intention de l'auteur, même si on peut "tricher" sur la "lettre" en donnant des interprétations tout autre.
images/icones/neutre.gif  ( 838697 )Et j'oubliais ceci par Mboo (2017-11-18 20:35:28) 
[en réponse à 838683]

Lors de l’ouverture du Congrès ecclésial du diocèse de Rome le 16 juin 2016 voici ce que François a dit:

« A Buenos-Aires, (…), les curés, la première question qu’ils posaient : Combien de vous vivent en concubinage ? La majeur partie levait la main. Ils préfèrent cohabiter, et cela est un défi, demande du travail. Il ne faut pas dire tout de suite : Pourquoi tu ne te maries pas à l’église ? Non. Il faut les accompagner, attendre et faire mûrir. Faire mûrir la fidélité. Dans les campagnes argentines, il y a une superstition : quand les fiancés ont un fils, ils cohabitent. Puis quand le fils doit aller à l’école, ils se marient civilement. Et puis quand ils sont grands-parents, ils se marient religieusement. C’est une superstition, parce qu’il disent que de se marier religieusement épouvante le mari. Il faut lutter contre ces superstitions. Cependant, vraiment, je vous le dis, j’ai vu tellement de fidélité dans ces concubinages, tant de fidélité; et je suis sûr que ce sont des mariages vrais, qu’ils ont la grâce du sacrement, parce qu’ils sont fidèles. »

images/icones/1b.gif  ( 838699 )Ici par Turlure (2017-11-18 21:21:24) 
[en réponse à 838697]

François est dans la droite ligne des théologiens et juristes du XIIe siècle mais s'assoit de tout son poids sur le concile de Trente.
images/icones/fleche2.gif  ( 838686 )I Corinthiens 6, 15-20 par Yves Daoudal (2017-11-18 15:58:44) 
[en réponse à 838680]

Ne savez-vous pas que vos corps sont les membres du Christ? Prenant donc les membres du Christ, en ferai-je les membres d'une prostituée? Loin de là!

Ne savez-vous pas que celui qui s'unit à une prostituée devient un même corps avec elle? Car, est-il dit, ils seront deux dans une seule chair.

Mais celui qui s'unit au Seigneur est un même esprit avec Lui.

Fuyez l'impudicité. Quelque péché que l'homme commette, il est hors du corps; mais celui qui commet l'impudicité pèche contre son propre corps.

Ne savez-vous pas que vos membres sont le temple de l'Esprit-Saint qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous n'êtes plus à vous-mêmes?

Car vous avez été achetés à grand prix. Glorifiez et portez Dieu dans votre corps.
images/icones/fleche3.gif  ( 838691 )Oui mais ... par Exocet (2017-11-18 19:39:02) 
[en réponse à 838686]

Saint Paul parle d'une union à une prostituée ... Quid d'une union à une femme qui n'est pas une prostituée ? Faut-il assimiler une femme qui s'unit à un homme en dehors des liens du mariage à une prostituée, alors qu'il n'y-a pas de transaction financière
images/icones/hum2.gif  ( 838695 )gratuité ? par henri.p (2017-11-18 20:28:18) 
[en réponse à 838691]

la prostitution ne change rien au problème ( c'est d'ailleurs moins grave de pécher avec une prostituée qu'avec la femme d'un autre et de briser "gratuitement "une famille)
images/icones/1i.gif  ( 838701 )Ca ne change rien ? par Exocet (2017-11-18 21:57:58) 
[en réponse à 838695]

L'union avec une prostituée est un péché aggravé par le fait que la rémunération payée par le "client" servira à enrichir des réseaux maffieux. C'est comme avec la drogue : en la consommant, on ne fait pas que ruiner sa santé, on finance aussi une activité criminelle.
images/icones/1h.gif  ( 838702 )Il n'y a pas nécessairement par Turlure (2017-11-18 22:08:44) 
[en réponse à 838701]

un réseau mafieux derrière une prostituée.
images/icones/4b.gif  ( 838704 )Vous rigolez là ? par Exocet (2017-11-18 22:22:57) 
[en réponse à 838702]

Pas de réseau maffieux derrière une prostituée ? C'est aussi crédible qu'un dealer "indépendant" !
images/icones/neutre.gif  ( 838713 )Peut être c'est le cas en Europe par Mboo (2017-11-19 07:50:05) 
[en réponse à 838704]

Mais en Afrique les prostitués sont toutes indépendantes, du moins c'est le cas dans le milieu où je vis. C'est en général les difficultés de la vie, où la recherche de l'argent facile qui les poussent à se prostituer, et ce qui fait que c'est souvent très difficile pour une prostitué habituelle d'abandonner totalement, car même lorsqu'elle trouve une autre situation meilleur, il leur arrive de temps en temps de se prostituer pour arrondir d'avantage leur revenu.
Au début elles peuvent avoir un peu honte, mais avec le temps cette honte disparaît et elles trouvent que c'est un moyen très simple d'avoir de l'argent facile..
images/icones/neutre.gif  ( 838718 )Il existe aussi des réseaux de protitutions en Afrique par Louisneuf (2017-11-19 14:08:35) 
[en réponse à 838713]

Africaleadnews – (Senegal) Un réseau international de prostitution sénégalais de luxe a été démantelé par la brigade de la Sûreté urbaine de Dakar à la Sicap Liberté 6 Extension. Le patron d’une entreprise de sérigraphie dénommé Médoune Guèye dit Nino proposait des photos obscènes et des vidéos de mannequins nus, commerçantes, serveuses à des riches arabes et des sénégalais nantis.

Une affaire de mœurs a secoué la population de Sicap Liberté 6 Extension. Un patron d’une entreprise de sérigraphie avait mis en place un vaste réseau de prostitution de luxe dont des sénégalaises d’une certaine classe y sont impliquées. Cette histoire implique des mannequins, commerçantes, serveuses et jet-setteuses qui se faisaient photographier et filmer nues pour ferrer de vicieux pétrodollars et autres riches libidineux sénégalais.

Selon le journal l’Obs, le sieur Médoune Guèye âgé de 40 ans, déroulait son activité lucrative avec la complicité de sa copine Ndèye S. Diakhaté, serveuse au restaurant « Crystal Palace ». Il s’était doté d’appareils électroniques de dernière générations (Tablettes, téléphone de marques doté d’une grande résolution d’images » et avait créé une banque d’images (photos et vidéos) qui était ravitaillée par de jeunes femmes sénégalaises de moins de 30 ans.

Certaines filles se sont photographiées dans des positions à caractère pornographique, d’autres plus ambitieuses ont choisi de produire des films érotiques dignes de strip-teaseuses bombe latine. Ces images et vidéos obscènes à caractère pornographiques étaient remises à Nino Via WhatApp qui les utilisait pour appâter les riches arabes de Dubaï et du Sénégal.

En plus des images et vidéos, Nino jouait les médiateurs sexuels en organisant des parties de jambes en l’air en échange de liasses de billets de banque entre les filles et des personnalités nationales tirées de son carnet d’adresses.

Médoune Guèye et sa bande ont été tous arrêtés par les limiers de la Sûreté urbaine de Dakar et déférés au parquet pour respectivement, proxénétisme, traite de personne, diffusion d’images à caractère pornographique et défaut de carnet sanitaire.

http://africaleadnews.com/un-vaste-reseau-de-prostitution-senegalais-de-luxe-demantele-a-liberte-6/
images/icones/neutre.gif  ( 838719 )Elles restent libres... par Mboo (2017-11-19 14:41:41) 
[en réponse à 838718]

Du moins là où je vis elle sont libres! elles ne sont pas esclaves d'un proxénète. Les réseaux c'est juste des "facilités" pour permettre aux prostitués de "luxe" de rencontrer des clients "riches", ce n'est pas un trafic où elles sont "esclave" d'un bourreau. Et c'est celles qui veulent ce type de prostitution qui la pratique, sinon il y a beaucoup de prostitués qui se "débrouille" sans intermédiaire
images/icones/neutre.gif  ( 838715 )Non, je maintiens par Turlure (2017-11-19 09:50:46) 
[en réponse à 838704]

Elles peuvent être indépendantes ou être soutenues par un petit proxénète (parfois leur "compagnon"). Il n'y a pas que des filles de l'Europe de l'Est ou d'Asie kidnappées dès l'enfance.

Ce type d'argument est toujours dangereux car un cas contraire met en difficulté celui qui l'énonce. Comme de dire : tous les avortements causent des traumatismes irréparables, la contraception brise tous les couples, le divorce est toujours mal vécu par les membres d'une famille etc.

Du reste, le post d'henri.p me pose problème mais pour d'autres raisons.
images/icones/1h.gif  ( 838720 )Il ne faut pas triturer les textes Exocet par Jean-Paul PARFU (2017-11-19 14:43:03) 
[en réponse à 838691]

Prostituée signifie ici prostituée, mais aussi femme avec laquelle on n'est pas marié. Car à cette époque, dans le milieu dans lequel s'exprime St Paul, on ne pouvait avoir des relations sexuelles hors mariage qu'avec une prostituée.

Le texte signifie simplement que les relations hors mariage sont des péchés, à fortiori avec une prostituée, non en raison de la personne elle-même qui se prostitue, mais en raison de l'institutionnalisation du péché, visible et connu de tous, que représente cette "profession".
images/icones/neutre.gif  ( 838723 )Oui mais l'argument de St Paul par Mboo (2017-11-19 14:54:57) 
[en réponse à 838720]

Repose sur la prostitution et son caractère ignominieux! il est évident que cette situation n'est pas du tout comparable à celle de deux personnes qui de nos jours s'engagent à fonder une famille dans le cadre du concubinage...
images/icones/fleche3.gif  ( 838748 )C'est vous qui triturez les textes JPP ! par Exocet (2017-11-19 22:01:11) 
[en réponse à 838720]

Vous tirez ça d'où qu'une prostituée peut être une femme avec laquelle on n'est pas marié ? Bien sûr que Saint Paul condamnait les relations sexuelles hors-mariage, mais dans le texte qui nous intéresse, il entend condamner plus particulièrement le recours aux services d'une prostituée. En plus d'être un péché contre la pureté, cette pratique est une atteinte à la personne humaine puisqu'elle consiste à commercialiser le corps d'un être humain, acte qui offense donc gravement le Créateur.
Je suppose que les relations hors mariages existaient du temps de saint Paul, puisque l'Ancien Testament en parlait. Le Nouveau aussi d'ailleurs : voir l'épisode où Joseph songeait à adresser un billet de répudiation à Marie pour cause d'adultère !
images/icones/neutre.gif  ( 838767 )Moins convaincant. par Marquandier (2017-11-19 22:41:47) 
[en réponse à 838748]


puisqu'elle consiste à commercialiser le corps d'un être humain, acte qui offense donc gravement le Créateur



Quid de la location de son corps à l’usine, ou de l’achat et de la vente d’un esclave, pratiques courantes et non condamnées dans les Écritures ?

C’est moins le commerce du corps en général que de certaines de ses facultés dans certaines conditions qui doit offenser gravement le Créateur.
images/icones/fleche3.gif  ( 838775 )Une différence fondamentale ... par Exocet (2017-11-20 08:08:49) 
[en réponse à 838767]

Une prostituée commercialise son corps, alors qu'un ouvrier d'usine ne fait que louer sa force de travail. Le commerce du corps est radicalement illicite, et ne doit pas être confondu avec une activité consistant à mettre sa force de travail au service d'un tiers moyennant rémunération.
L'esclavage était une pratique courante (notamment) chez les hébreux, ainsi que la polygamie. Pour autant, ces pratiques sont condamnées par l'Eglise.
images/icones/neutre.gif  ( 838778 )Là, il faut définir plus précisément par Turlure (2017-11-20 09:06:17) 
[en réponse à 838775]

ce que signifie "commercialiser son corps".

Cela signifie-t-il abandonner complètement son corps à l'arbitraire de quelqu'un pour une somme d'argent ? Ce a priori n'est pas ce que fait une prostituée qui (excusez-moi d'être un peu cru), fait payer telle "prestation" pour tant de temps avec telles limites. D'ailleurs, on dit plutôt d'une prostituée qu'elle vend "ses charmes" que "son corps".

Si cela veut simplement dire exploiter les avantages de son corps à des fins commerciales, on en voudra autant de n'importe quel mannequin non ?

Il me semble que les données du problème de la prostitution pour un chrétien sont simplement les suivantes :
- Evidemment, l'immoralité intrinsèque de la fornication,
- Dans certains cas, l'exploitation de la femme ou sa mise en danger,
- Dans tous les cas, le très grave problème du rejet du désordre sexuel sur une partie de la population féminine (enfin, essentiellement) condamnée à vivre dedans. henri.p disait plus haut qu'une relation avec une prostituée était moins grave qu'une aventure avec une femme mariée. On en comprend bien la logique mais cela conduit accepter l'idée qu'il y a une catégorie de femmes qui restent "respectables" grâce à d'autres qui servent de "défouloir". Or les unes comme les autres ont une âme et une vocation au salut. Il y a quelque chose de terrible à mon sens au delà du péché ponctuel de l'homme qui commet le péché ponctuel d'aller voir une prostituée mais sait au fond de lui qu'agissant mal un jour, il lui reste la possibilité de se repentir et que la porte du salut lui demeure ouverte (je ne parle pas d'une confession sans contrition calculée d'avance, attention) alors que de l'autre côté, il y a une femme qui, pour vivre, continuera son activité. C'est une forme de déshumanisation. C'est la "fille de mauvaise vie" qu'on considère avec mépris, que pour rien au monde on ne voudrait pour épouse ou pour belle-fille, mais dont pas mal de monde est en réalité content qu'elle existe. Voilà bien une marque de la profonde blessure de l'humanité, dont, comme chrétien, il faut apprendre ou ré-apprendre à se révolter.

A l'inverse, si l'on admettais comme la majorité (ou en tous cas l'opinion médiatiquement dominante) de nos contemporains, l'amoralité de l'acte sexuel en lui-même, il n'y aurait à l'inverse à mon sens pas de raison de condamner moralement sa commercialisation dès lors qu'elle se fait dans des conditions sécurisées (client violent, risques de grossesse et de transmission de maladies...) et économiquement équitables.

Pourtant, passionnant paradoxe, ce sont les progressistes les plus acharnés qui se voulaient il y a quelques petites années "abolitionnistes" (!) de la prostitution, alors que des réactionnaires s'insurgeaient. Voir le débat sur la pénalisation des clients, le collectif "Touche pas à ma pute" (re : !)...
images/icones/fleche2.gif  ( 838779 )M. de Lapalisse... par Turlure (2017-11-20 09:09:57) 
[en réponse à 838778]


au delà du péché ponctuel de l'homme qui commet le péché ponctuel



J'ai ici confiance en votre magnanimité qui pardonnera volontiers cette négligence.
images/icones/attention.gif  ( 838781 )Je ne voudrais pas tomber dans les détails scabreux, Turlure, mais ... par Exocet (2017-11-20 11:44:51) 
[en réponse à 838778]

... si vous mettez sur le même plan un mannequin qui (pour schématiser) sert de porte-manteau, et une femme qui met son intimité au service d'un homme, fût-ce pour une durée limitée, c'est grave. Il vous faut un dessin ?
images/icones/1f.gif  ( 838787 )Vous ne comprenez pas par Turlure (2017-11-20 13:14:28) 
[en réponse à 838781]

Je ne les mets évidemment pas sur le même plan mais je vous explique que "commercialiser son corps" de veut rien dire en soi.

Mettre à disposition d'un employeur ou d'un client la force de ses bras, l'agilité de ses doigts, la beauté de son sourire ou ce que vous voulez d'autre, tout cela revient à "commercialiser son corps" d'une façon où d'une autre, si tant est que cette expression ait un sens.

Alors, pour qualifier l'activité d'une prostituée en particulier, il faut être plus précis... quitte à "tomber dans les détails scabreux".
images/icones/neutre.gif  ( 838808 )Sans détail (in)délicat… par Marquandier (2017-11-20 23:57:36) 
[en réponse à 838781]

…vous pouvez écrire simplement « plaisir vénérien » ou pudiquement « commerce charnel ». C’est quand même plus exact qu’une vague marchandisation du corps humain, qui ne se réduit pas au bas-ventre.
images/icones/neutre.gif  ( 838774 )François, pour la défense de AL .. par Mboo (2017-11-20 07:32:28) 
[en réponse à 838680]

Pour défendre Al contre les critiques, François s’appuie sur saint Thomas D'Aquin, il dit que ceux qui critiquent négativement AL n'ont pas compris saint Thomas, mais c'est dommage qu'il ne développe pas mieux en disant précisément les enseignements de St Thomas qui justifieraient la "pastorale" controversée proposée par AL.