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images/icones/mitre4.png  ( 837942 )Enrichissement mutuel des 2 formes - Mgr N'Koué par Abbé Laurent Guimon (2017-11-03 11:12:00) 

"Bien Célébrer" de Mgr N'Koué, archevêque de Parakou

Petite plaquette donnant des directives très pratiques pour bien célébrer la liturgie dans l’archidiocèse de Parakou
Rédigée par Monseigneur Pascal N'Koué et publiée en avril 2017

Plaquette "Bien célébrer" à télécharger - pdf


Quelques extraits :


n°1 La liturgie vient de Dieu "Trop souvent, la liturgie est devenue fabrication exclusive des hommes. On se met en équipe, on compose, on choisit arbitrairement les lectures, on modifie les paroles de la messe… La religion semble réduite à une expression cultuelle et même culturelle pour animer et faire plaisir aux assistants. C'est oublier que la religion chrétienne est d'abord Révélation ! Dieu a l'initiative. Il nous a aimés le premier (cf. 1Jn 4, 19). C'est lui qui nous convoque, c'est lui le grand ordonnateur de la liturgie. Elle ne peut être enfermée dans un cadre culturel ou dans les actes culturels ; c'est plutôt elle qui bouleverse l'ordre purement humain à cause du mystère qui vient de Dieu, même si comme la Révélation, elle utilise notre humanité et sa culture.

n°2. La célébration orientée "Il est légitime et même normal qu’à partir de l’offertoire, le prêtre soit tourné vers l’Orient, face au Christ, Soleil levant, Soleil de justice sans déclin, Soleil salutaire, qui reviendra de l’Orient (cf. Ac 3, 11 ; Za 14, 4). Ne banalisons pas ce symbole qui fait appel à la participation du cosmos : "Acclamez le Seigneur, terre entière"… (Ps 97,7). Le Saint Sacrifice prend en compte tout l’univers. "L’orientation vers le Seigneur s’avère non seulement plus conforme à la tradition la plus établie mais riche de significations mystagogiques très profondes"[1]. [1] Joseph RATZINGER, La célébration de la foi, p.137. (...)

n°5. Les petits autels secondaires "Le Concile Vatican II n’a pas demandé de supprimer les petits autels dans les églises mais de les diminuer. Par ailleurs, l’Eglise recommande au prêtre de célébrer la messe chaque jour, même en l’absence de fidèles[1], "sine populo". Or, là où il n’y a qu’un seul autel face à la grande nef, le prêtre qui ne concélèbre pas ne comprend pas pourquoi il faut célébrer individuellement. [1] "Il est nécessaire de rappeler la valeur irremplaçable qu’a pour le prêtre la célébration quotidienne de la messe, même sans le concours des fidèles", Directoire pour le ministère et la vie des prêtres, 49. "Les autels secondaires seront peu nombreux et, dans les nouvelles églises, on les placera dans des chapelles quelque peu séparées de l’espace principal" PGMR, 267. Les concélébrations se sont généralisées après le Concile Vatican II et cela risque de priver les prêtres de cette intimité exceptionnelle avec le Seigneur.

n°11. La soutane "La soutane (ou robe longue) qui descend jusqu’aux talons (talare) est toujours le vêtement normatif du clergé séculier, au Bénin, qu’elle soit noire, kaki ou blanche. Aux prêtres, je dis : portez sans honte votre soutane ou tout au moins votre col romain, quand vous sortez de votre lieu d’habitation, et quand vous êtes en service quelque part. Ne vous contentez pas de porter une croix. Serait-ce pour le folklore que vous avez fait le rite de la prise de soutane ? N’ayez pas honte de votre identité. L’habit fait aussi le moine. C’est une pastorale muette.

n°16. La croix au centre de l'autel "La croix sur l’autel rappelle le calvaire. C’est le point focal du culte divin. Elle doit être grande et visible de loin. Remettons-la à l’honneur, c’est-à-dire au centre de l’autel.[1] Qu’elle porte l’effigie du Christ crucifié pour rappeler la passion rédemptrice de notre Seigneur. C’est pour nous le symbole d’espérance le plus éloquent. N’ayons pas peur qu’elle domine sur l’autel. Elle n’est pas un obstacle entre le peuple et le prêtre. Elle est plutôt le signe qui nous rassemble (petits et grands, justes et pécheurs, catéchumènes et baptisés, laïcs, consacrés, prêtres…) et qui nous unit en Jésus-Christ. Et pour cela, elle doit avoir sa "personnalité" sur l’autel et même s’imposer. [1] "(La croix) devrait se trouver au milieu de l’autel et représenter le point focal commun pour le prêtre et les fidèles en prière… Ainsi (tous tournés vers le Seigneur) nous regarderions ensemble vers Celui dont la mort a déchiré le rideau du Temple", Card. Ratzinger, L’esprit de la liturgie, pp. 70-71.

n°23. L'inculturation "Comme on le perçoit, l’inculturation n’est pas ce qu’on pense. Elle ne peut pas se faire sans discernement. Ce n’est surtout pas la confusion ni le raccommodage entre la Bonne Nouvelle du Christ et toute culture humaine. Jésus a été clair là-dessus une fois pour toutes : "Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas". Or les cultures passent ou se transforment… L’inculturation suppose la lumière de la foi qui vient du ciel et son accueil humble et total de la part de l’homme. On pourrait dire que l’inculturation c’est le baptême de la culture.[1] C’est la foi en Jésus qui purifie nos coutumes. [1] La définition du Pape Jean-Paul II est contraignante : "L’inculturation signifie une intime transformation des authentiques valeurs culturelles par leur intégration dans le christianisme, et l’enracinement du christianisme dans les diverses cultures humaines", Redemptoris missio, 52.

n°27. Le chant grégorien "Une place de choix doit donc être accordée au chant grégorien, ne serait-ce que le Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Pater, Agnus Dei.[1] Le grégorien est "le chant propre de la liturgie romaine"[2]. Il mérite de reprendre toute sa place dans nos liturgies sans supprimer nos rythmes africains. Le chant grégorien est plein de douceur, d’onction, de majesté et de piété. C’est le modèle suprême de la musique sacrée dans l’Eglise latine. Ces sublimes mélodies ont été composées à genoux, c’est-à-dire dans la prière, et elles ne servent que pour Dieu. [1] "Et comme les rassemblements entre fidèles de diverses nations deviennent de plus en plus fréquents, il est nécessaire que ces fidèles sachent chanter ensemble, en latin, sur des mélodies assez faciles, au moins quelques parties de l’ordinaire de la messe, notamment la profession de foi et l’oraison dominicale " PGMR 2002, 41.[2] Cf. Sacrosanctum Concilium, 36, 54 et 115 et Sacramentum Caritatis, 62.

n°57. La communion "Les fidèles communient à genoux[1] ou debout, de préférence sur la langue[2]. Toutefois, quand ils communient debout, il est recommandé, qu’ils fassent une inclination profonde ou même une génuflexion en signe de respect avant de se présenter pour recevoir le Corps du Christ[3]. [1] "Là où l’agenouillement et la génuflexion ont disparu de la liturgie, ils doivent être rétablis, en particulier pour la réception de notre Seigneur dans la Sainte Communion", Card. Robert SARAH, Vers une authentique mise en œuvre de Sacrosanctum Concilium. [2] "On a oublié que la distribution de la Sainte Communion dans la main est liée à un indult – une exception, pourrait-on dire – accordé par le Saint-Siège aux conférences épiscopales qui en font la demande… Recevoir l’hostie dans la bouche met en lumière la vérité de la présence réelle dans l’Eucharistie, elle aide la dévotion des fidèles et introduit plus facilement au sens du mystère", Cérémonial de la Sainte Messe à l’usage des paroisses ordinaires, 159-160.[3] Redemptionis Sacramentum, 90.

n°64 Les deux formes du rite romain "S’il fallait schématiser ces deux formes, ce qui est forcément réducteur, on pourrait dire que la forme ordinaire ressemble plus à la Cène du Jeudi saint, alors que la forme extraordinaire insiste plus sur le Vendredi saint, au pied de la Croix du Golgotha. S’il y a eu ces deux moments voulus par le Christ, c’est qu’ils nous sont nécessaires. Gardons-les. Dieu ne permet rien pour rien.

"L’histoire de la liturgie est faite de croissance et de progrès, jamais de rupture" [2]. Aussi est-il nécessaire de connaître la forme ancienne, dite "extraordinaire", pour bien pénétrer le sens du rituel de la messe dans sa forme "ordinaire". La forme ordinaire (missel de Paul VI) et la forme extraordinaire (missel de saint Pie V réédité par saint Jean XXIII) sont deux mises en œuvre de l’unique rite romain[3]. Il serait souhaitable que les jeunes prêtres soient initiés aux deux formes au cours de leur formation[4]. Pour le Card. SARAH c’est tout simplement une question de bon sens: "La célébration pleine et riche de la forme ancienne du rite romain, l’"usus antiquior", devrait être une part importante de la formation liturgique du clergé. Sans cela comment commencer à comprendre et à célébrer les rites réformés dans l’herméneutique de la continuité si l’on n’a jamais fait l’expérience de la beauté de la tradition liturgique que connurent les Pères du Concile eux-mêmes et qui a façonné tant de saints pendant des siècles" ?[5] [1] PGMR, 6 [2] Benoît XVI, Lettre aux Evêques qui accompagne le Motu Proprio Summorum Pontificum.[3] Pape Benoît XVI, Summorum Pontificum : « Ces deux expressions de la "lex orandi" de l’Eglise n’induisent aucune division de la "lex credendi" de l’Eglise », art 1.[4] Au Grand Séminaire diocésain "Providentia Dei" de Parakou, on a introduit la forme extraordinaire. Cela se passe bien pour les professeurs et séminaristes.[5] Card. R. SARAH, Vers une authentique mise en œuvre de Sacrosanctum Concilium.
Plaquette "Bien célébrer" à télécharger - pdf
images/icones/mitre4.png  ( 837961 )Merci par Théotime (2017-11-03 19:20:59) 
[en réponse à 837942]

Merci Monsieur l'Abbé.

"La Croix au centre"

"Le silence"

"La simplicité des gestes et la sobriété des signes"

"La liturgie est faite pour nous stabiliser et nous reposer en Dieu, dans l’union et la contemplation"

En union de prières
images/icones/neutre.gif  ( 837962 )Les deux formes par Mingdi (2017-11-03 19:28:27) 
[en réponse à 837942]

"On pourrait dire que la forme ordinaire ressemble plus à la Cène du Jeudi saint, alors que la forme extraordinaire insiste plus sur le Vendredi saint, au pied de la Croix du Golgotha."

C'est certainement ce que Bugnini avait en tête!
images/icones/hum2.gif  ( 837963 )La célébration orientée par AVV-VVK (2017-11-03 20:25:17) 
[en réponse à 837942]

Même les papes s' en abstiennent généralement.
images/icones/1n.gif  ( 837977 )Oui et non par Signo (2017-11-04 15:01:26) 
[en réponse à 837963]

Je rappelle que du temps de S. Jean-Paul II et Benoit XVI, le Pape disait sa messe quotidienne dans la chapelle privée des appartements pontificaux, dans laquelle il n'y a pas d'autel "face au peuple", la messe était donc tous les jours célébrée par les pontifes ad orientem.

A cela s'ajoute le fait que la messe est nécessairement orientée dans les quatre basiliques majeures (l'Orient étant du côté de la porte dans les basiliques romaines construites sur le modèles antique, et non du côté de l'abside) contrairement aux églises construites ultérieurement.

En outre je rappelle que Benoit XVI et même François ont occasionnellement célébré versus Deum dans la chapelle Sixtine ou d'autres chapelles du Vatican.

Ceci dit il est vrai que dans les célébrations ayant lieu ailleurs, notamment au cours des voyages pontificaux, le Pape célèbre versus populum, ce qui est extrêmement regrettable.

Et je ne parle pas de la messe quotidienne à Sainte-Marthe, qui liturgiquement parlant est une catastrophe.
images/icones/1b.gif  ( 837979 )Merci de votre réponse circonstanciée par AVV-VVK (2017-11-04 20:00:50) 
[en réponse à 837977]


...ce qui est extrêmement regrettable

.
Absolument. Sans un signal de la part de la hierarchie supérieure la demande pour une célébration ad orientem fréquentée dans les églises paroissiales reste sans réponse et est considérée comme dépassée. Un fidèle assez âgé disait récemment qu' heureusement le temps du célébrant-sorcier est révolu en, il est vrai, ne pensant qu' à la messe ancienne.
images/icones/4c.gif  ( 838051 )Dieu nous en préserve... par Pétrarque (2017-11-06 19:17:07) 
[en réponse à 837942]

Il n'y a pas deux "formes", il y a deux messes.

La messe traditionnelle, et la messe de Luther.

L'une qui fait des saints, l'autre qui vide les églises et amène, lentement mais sûrement, à la perte de la foi.
images/icones/neutre.gif  ( 838057 )et la messe de L. par AVV-VVK (2017-11-06 20:50:38) 
[en réponse à 838051]

Je dirais: n'exagérez pas. Je comprends très bien votre irritation au sujet d 'un tas de célébrations (eucharistiques) mais en observant ces quelques photos d' une messe en latin et ad Orientem, célébrée dans la forme ordinaire, on ne peut songer à Luther! La messe a eu lieu lors d' une "journée pour la liturgie en latin" (rénovée), aux Pays-Bas. Ici
images/icones/1n.gif  ( 838058 )Vraiment ? par Lycobates (2017-11-06 21:03:46) 
[en réponse à 838057]


en observant ces quelques photos d' une messe en latin et ad Orientem, célébrée dans la forme ordinaire, on ne peut songer à Luther!



et ICI ?

Un service, une messe, de Luther, classique, esthétique, sérieuse, pieuse, ad Orientem, et parfaitement hérétique.

(déjà posté, mais je re-poste)
images/icones/1e.gif  ( 838059 )vous aimez les chasubles baroques ? par Lycobates (2017-11-06 21:35:17) 
[en réponse à 838057]

Certains luthériens aussi

ICI

Service du jour de Noël, partie 3: service de communion
(à genoux)
images/icones/neutre.gif  ( 838099 )Un office charmant et par AVV-VVK (2017-11-07 20:48:01) 
[en réponse à 838059]

plus digne (idem pour les autres fragments) que beaucoup de nos célébrations modernes.
images/icones/1a.gif  ( 838060 )... et si c'est du latin qu'il vous faut ... par Lycobates (2017-11-06 21:48:24) 
[en réponse à 838057]

c'est ici (à partir de 3:25) [je re-poste]

ICI

Tout cela est accessoire.
Il nous faut leur signature sous les anathèmes du Concile de Trente et du Vatican.
Après on reparlera de dentelles (denticulatum en latin).
images/icones/1n.gif  ( 838071 )Un dernier exemple, très instructif par Lycobates (2017-11-07 02:02:21) 
[en réponse à 838057]

ICI

Canon de la messe luthérienne classique (très classique), à Berlin, tout chanté (et bien chanté).
Très "digne", orienté (comme toujours pour le "Abendmahl", le service de communion), chasuble gothique, pieux, "beau" si l'on veut, tout ce que vous voulez, sauf l'essentiel.
Voyons le détail.

Préface et Sanctus, en allemand bien entendu, le latin étant réservé pour les occasions vraiment très spéciales, une prière du canon, puis, attention, on agite les cloches, 3:25, c'est le récit de l'institution, oui on l'appelle comme-ça : Einsetzungsworte, suivent après les paroles, je ne dirai pas de la consécration, 3:50, puis l'élévation, et notez-bien, seulement après celle-ci, la génuflexion (4:06 - 4:10), de même pour le calice (4:57 - 5:04), suit (cela ne vous dit-il rien ?) l'invocation Geheimnis des Glaubens, ou Mysterium fidei, mais décalé de sa place originale au milieu de la consécration, pour permettre l'acclamation du peuple (5:12).

Le dogme lutherien prétend que la présence réelle (à laquelle ils croient, contrairement aux réformés) se réalise, non point par le prêtre agissant in persona Christi et prononçant les paroles de la forme du sacrement, mais seulement par la foi exprimée des fidèles présents, ainsi donc, il faut seulement génuflecter après l'élévation (qui permet aux présents de formuler leur foi, d'abord de façon interne, individuelle), et le "mystère de la foi" ne se realise complètement qu'après, à l'acclamation collective. Avant il n'y a pas de présence réelle.
Bref, je vous laisse à vos conclusions.

Suit le Pater à 7:00, chanté ensemble, avec l'embolisme.
Pax 8:00.
Intéressant encore la communion (après l'Agnus Dei 8:55 chanté en allemand aussi et à genoux devant la présence devenue réelle par l'acclamation), à partir de 10:00, distribuée à genoux, sur la langue, et séparément, quoique sub utraque specie.

Tout cela est très luthérien, et c'est parfaitement hérétique.
images/icones/hein.gif  ( 838094 )Merci... par Quodvultdeus (2017-11-07 19:41:32) 
[en réponse à 838071]

Cher Lycobates,

Merci pour ces vidéos auxquelles vous renvoyez. Mais il y a une chose que je voudrais savoir :

- Est-ce la messe luthérienne qui a copié la nouvelle messe catholique, ou bien est-ce l'inverse ? En d'autres termes : de quand date ce rituel luthérien que l'on voit dans ces vidéos ?

Votre réponse nous permettra de nous faire une meilleure idée de la chose.
D'avance, un très grand merci.

Quodvultdeus
images/icones/fleche2.gif  ( 838111 )éléments de réponse par Lycobates (2017-11-07 23:46:59) 
[en réponse à 838094]

La réponse à votre question n'est pas facile, cher Quodvultdeus, car il existe une grande variété aussi liturgique chez les protestants (comme chez les NOMistes) et je me suis limité à nos luthériens classiques (que je connais un peu), les réformés étant tout autre chose.

Le dernier fragment donné, avec l'office à Berlin, chez la SELK (Selbständige Evangelisch-Lutherische Kirche), se base sur un livre de 1957, réédité en 1997 (Evangelisch-Lutherische Kirchenagende, Bd. I: Der Hauptgottesdienst mit Predigt und Heiligem Abendmahl), qui bien entendu a pu être modifié sur certains points. J'en ignore les détails, mais vu la position doctrinale jamais modifiée de cette communauté, d'éventuelles modifications entre 1957 et 1997 ne sauraient être des rapprochements avec d'autres communautés (dont la conciliaire) dont ils rejettent le dogme. En effet, la SELK (même s'ils sont très gentils sur le plan personnel, ce que nous autres catholiques de la diaspora sommes aussi bien entendu) est très anti-oecuménique et ils ne maintiennent même pas de communion ecclésiastique avec d'autres réformés et d'autres luthériens dont ils estiment (non à tort par ailleurs) qu'ils ont abandonné des parties importantes du dogme luthérien. Voir p.ex. ICI où il est dit p.ex. (je souligne)
So hat die SELK keine Abendmahlsgemeinschaft mit den orthodoxen Kirchen des Ostens, der römisch-katholischen Kirche, den Kirchen der reformierten Tradition Zwinglis und Calvins, den unierten Kirchen und auch denjenigen lutherischen Kirchen, die wesentliche Lehren der lutherischen Bekenntnisse praktisch aufgegeben haben. In der SELK ist es kirchliche Ordnung, daß jemand nur dann am heiligen Abendmahl teilnehmen soll, wenn er sich vorher beim Pfarrer persönlich angemeldet hat.

ce qui a le mérite d'être clair. Ces luthériens n'auront donc pas pu s'inspirer aussi liturgiquement de ceux dont ils rejettent le dogme, et qu'ils excluent de leur communion (il est clair qu'avec "römisch-katholische Kirche" ils veulent d'abord dire l'église conciliaire, donc de post-"Vatican II"), même si, je le concède tout de suite, chez d'autres communautés plus libérales un certain brassage avec le NOM a certainement pu avoir lieu après 1969. Pour ces derniers il faudrait creuser la question dans un peu plus de détail.
Mais ici, pour le fond, et certainement pour la théologie luthérienne à sa base, pure et dure, et telle qu'elle est exprimée dans leur liturgie (ici aussi vaut l'adage: lex orandi, lex credendi) nous sommes donc bien avant le NOM.

Par ailleurs nous savons qu'à l'élaboration du NOM, à partir d'août 1966, plusieurs pasteurs protestants ont activement collaboré, officiellement comme simples "observateurs", mais comme le disait Mgr Baum en 1967 (cité chez Cekada, Work of Human Hands, p. 75), en utilisant le présent, "they participate fully".
Et par conséquent le malheureux père Bugnini (nous en parlions en 2013 ICI) avait pour principe de base d'enlever de sa liturgie réformée toute "pierre d'achoppement" pour ses "fratelli separati".
On a vu plus haut que ce n'est pas la pratique de la SELK.

Ce qui je crois répond en grande mesure à votre question. D'ailleurs le Breve esame critico en fait déjà état en 1969 (se basant sur l'édition typique de l'Ordo missae et de l'IG, sans encore avoir pu prendre connaissance d' "abus" dans sa pratique :

II est évident que le nouvel ORDO MISSAE renonce en fait à être l'expression de la doctrine que le Concile de Trente a définie comme étant de foi divine et catholique. Et cependant la conscience catholique demeure à jamais liée à cette doctrine. Il en résulte que la promulgation du nouvel ORDO MISSAE met chaque catholique dans la tragique nécessité de choisir.



Ce qui me fait répéter ce que j'ai dit dans un autre fil, que tout refus et toute critique tant soit peu sérieuse du NOM ne peut pas être simplement circonstantielle, mais essentiellement et nécessairement dogmatique.
images/icones/neutre.gif  ( 838144 )Vielen Dank! par Quodvultdeus (2017-11-08 15:04:42) 
[en réponse à 838111]

Merci pour cette réponse très détaillée. Ce n'est finalement pas aussi simple qu'on aurait pu le croire...
Merci encore.
images/icones/3d.gif  ( 838075 )Non merci ! par JFB33 (2017-11-07 07:08:03) 
[en réponse à 837942]

Et je réitère ce qui a déjà été dit : il y a la messe qui a permis à des milliers de fidèles de devenir des saints et il y a la cérémonie (adaptée avec les protestants anti catholiques) et dont on connait les fruits très rances.

Pour rappel, théologiquement la messe :
1. Doit être le renouvellement du Saint Sacrifice sur l'Autel
2. Doit permettre la présence réelle
3. Lie le rôle unique du prêtre entre Dieu et les fidèles

De plus, la messe en latin est universelle et Satan a horreur du latin... parlez-en aux exorcistes !

On peut rajouter beaucoup d'autres choses :
- On sait ce qui nous attend (pas des kermesses)
- Le sanctoral traditionnel est supérieur à celui modifié (pour le plus grand bonheur de qui ?)
- Le temporal traditionnel est supérieur à celui modifié (pour le plus grand bonheur de qui ?)
- il y a une meilleure introduction de la Bible
- La dévotion envers la Sainte Eucharistie est plus importante
- Elle est l'expréssion la plus parfaite du mystère de la foi
Etc... etc...