Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=837242
images/icones/vatican.gif  ( 837242 )Le Pape aspire à une pleine communion avec les méthodistes par Sacerdos simplex (2017-10-19 21:05:57) 



D'après Radio-Vatican



images/icones/nounours.gif  ( 837250 )Le titre complet serait plutôt par BK (2017-10-20 00:27:10) 
[en réponse à 837242]

Le pape François aspire à une pleine communion avec l'humanité entière - et par lui, Pontifex, de l'humanité entière avec le Christ.

C'est son boulot, pas de quoi s'étonner...

C'est son boulot, pas de quoi lui en savoir gré, peut-être...

Tiens, les amis, si on tapait encore sur le pape ?
images/icones/neutre.gif  ( 837253 )Dites... par Meneau (2017-10-20 01:51:28) 
[en réponse à 837250]

... cela à Radio-Vatican.

Cordialement
Meneau
images/icones/1a.gif  ( 837261 )Fut un temps où je le faisais à l'occasion par BK (2017-10-20 09:25:46) 
[en réponse à 837253]

mais ça a été sans résultat.

Du coup, je préfère porter ces remarques devant les liseurs, dont le sérieux et la rigueur sont notoires.
images/icones/heho.gif  ( 837276 )Très curieux par Peregrinus (2017-10-20 15:44:54) 
[en réponse à 837242]


Les chrétiens des différentes confessions ne peuvent pas «grandir dans la sainteté sans grandir dans une plus grande communion», a martelé François.



Sans doute faudrait-il vérifier que la relation faite par Radio Vatican est exacte ; mais telles qu'elles sont rapportées, les paroles de François sont pour le moins étranges : on ne pourrait pas se sanctifier sans être davantage uni de communion avec ceux qui, précisément, se sont séparés de l'unité catholique.

Peregrinus
images/icones/hum2.gif  ( 837282 ) C'est vrai par Steve (2017-10-20 16:23:48) 
[en réponse à 837276]

C'est vrai qu'il faut vérifier ces propos-là. Au risque de les voir confirmés.

Le goût du paradoxe, celui de secouer l'auditoire... Passons. Vérifions avant de continuer.
images/icones/1f.gif  ( 837283 )Si vous lisez bien ce que vous citez par BK (2017-10-20 16:27:53) 
[en réponse à 837276]


Les chrétiens des différentes confessions ne peuvent pas «grandir dans la sainteté sans grandir dans une plus grande communion», a martelé François.



1. Les chrétiens non catholiques ne peuvent grandir sans une plus grande communion au Siège de Pierre.

2. Les catholiques ne peuvent grandir sans une plus grande communion avec l'humanité entière pour laquelle le Christ est mort et ressuscité, et à qui Il les envoie pour leur faire connaître sa Vérité et son Amour.

Il est certain que l'annonce de l'Evangile est entravée par un manque d'amour. Sainte Catherine de Sienne s'accusait ainsi d'être par son manque d'amour, par le manque de rayonnement et de chaleur de son amour, responsable des péchés de tous ceux qui l'entouraient.

Je ne vois rien là de très ébouriffant...
images/icones/fleche2.gif  ( 837288 )Il n'y rien de plus logique et vrai par Ion (2017-10-20 17:45:06) 
[en réponse à 837276]


Les chrétiens des différentes confessions ne peuvent pas «grandir dans la sainteté sans grandir dans une plus grande communion», a martelé François.



- Grandir dans la sainteté => se rapprocher du Christ (se convertir)
- Se rapprocher du Christ => se rapprocher les uns des autres (par la force des choses)
- Se rapprocher les uns des autres => grandir dans une plus grande communion

QED

Que cela ne paraisse pas évident à certains, c'est cela qui est très curieux.

Ion
images/icones/1n.gif  ( 837293 )Oui mais cela! par Miserere (2017-10-20 18:17:12) 
[en réponse à 837288]


C'est votre évidence, l'affiche est un scandale pour le Chrétien.

Quand à la grande communion,on ne sait pas trop de quelle communion il parle.

La sienne?
images/icones/1n.gif  ( 837295 )Désolé! par Miserere (2017-10-20 18:21:28) 
[en réponse à 837293]

Je mélange ma remarque avec l'affiche homosexuel plus haut.
images/icones/fleche2.gif  ( 837344 )Non par Peregrinus (2017-10-21 10:08:13) 
[en réponse à 837288]

Ce qui est très curieux, c'est que pour comprendre la communion au Christ, vous fassiez l'économie de l'unique Eglise qu'il a fondée pour tout réduire à l'unité, afin que tous soient un comme lui et son Père sont un.

En effet, vous inversez la condition telle que la formule la relation faite par Radio Vatican (dont on peut toujours espérer qu'elle soit infidèle), du moins interprété selon son sens obvie. C'est l'accroissement de la communion avec les séparés qui est donné comme condition de celui de la sainteté ; ce qui est manifestement faux.
Et il est parfaitement scandaleux de mettre sur le même pied "les chrétiens des différentes confessions", comme si les uns n'étaient pas dans l'unité, tandis que les autres l'ont quittée. C'est cette confusion qui empêche de comprendre simplement la fin de la phrase comme la conséquence de son début (le retour des séparés à l'unité catholique comme conséquence surnaturelle et mystérieuse de la sanctification des membres de l'Eglise).

On ne peut pas croître dans la sainteté en se plaçant dans la "communion" de ceux qui sont hors de l'unité. Il n'y a pas de communion possible entre ceux qui sont dans l'unité et ceux qui en sont sortis par l'hérésie et par le schisme. Prétendre le contraire, c'est renverser l'unité de l'Eglise.

Peregrinus
images/icones/fleche2.gif  ( 837346 )Vous déformez la phrase par Ion (2017-10-21 10:44:58) 
[en réponse à 837344]

- Dans la formulation originale, il s'agit pour les chrétiens de grandir dans dans une plus grande communion, a martelé François.
- Dans la vôtre, il s'agit d'accroissement de la communion avec les séparés

Contrairement à ce que vous dites, l'objectif évoqué par le Pape n'est pas de se placer dans la communion de ceux qui sont hors de l'unité, mais dans la communion du Christ. Cet objectif est bien la conversion de tous les chrétiens, car n'oubliez pas que nous avons tous besoin de nous convertir. Sur le plan de ce besoin conversion, nous sommes tous sur le même pied. Il me semble très présomptueux de trouver cela scandaleux.

Ion
images/icones/fleche2.gif  ( 837347 )Prenez l’exemple ... par Ion (2017-10-21 10:56:52) 
[en réponse à 837346]

... d’un disque dont le Christ est le centre (un peu comme l’image des cercles concentriques du Bx Paul VI dans son encyclique Ecclesiam Suam).

Sur ce disque se trouve toute l’humanité, les chemins vers le centre étant divers et variés, plus ou moins faciles, glissants, pentus, semés d’obstacles mais aussi d’aides puissantes (sacrements, …).

Le seul et unique moyen pour que toute l’humanité se rapproche (accroissement de la communion, salut offert à tous) est que les uns et les autres se rapprochent du centre, le Christ.

Ce que le Pape dit n’est, à mon avis, pas autre chose.

Ion
images/icones/fleche2.gif  ( 837352 )Justement par Peregrinus (2017-10-21 11:18:23) 
[en réponse à 837347]

Précisément, tous ne se trouvent pas sur le disque. Il faut d'abord y entrer.

Tous les hommes sont en puissance membres du Corps mystique du Christ. Mais pour qu'ils soient membres de ce Corps, pour se trouver sur le disque, pour reprendre votre image, il faut que cette puissance soit réduite à l'acte par la première conversion.

Peregrinus
images/icones/fleche2.gif  ( 837360 )Le disque, tout comme les cercles ... par Ion (2017-10-21 11:37:52) 
[en réponse à 837352]

... de Paul VI, englobe a priori toute l'humanité.

Premier cercle: l'humanité comme telle
Deuxième cercle: les croyants en Dieu
Troisième cercle: les Frères Chrétiens séparés

Ion
images/icones/colombe2.png  ( 837362 )Il ne faut en effet pas oublier que dans l'anthropologie de l'Église par BK (2017-10-21 12:00:45) 
[en réponse à 837360]

la conscience comme telle est le lieu où Dieu parle au cœur de l'homme.

Saint Augustin a été repris en ce sens par Léon XIII.

RAUR
images/icones/fleche2.gif  ( 837350 )Non par Peregrinus (2017-10-21 11:12:41) 
[en réponse à 837346]

1° Lorsque l'on dit que les chrétiens des différentes confessions ne peuvent se sanctifier sans grandir dans la communion, on désigne évidemment la communion horizontale entre les chrétiens, ou alors on s'exprime fort mal.
Quant à la communion au Christ, elle n'est possible que dans et par l'Eglise catholique et suppose donc la communion avec tous les enfants de l'Eglise. Nul n'aura jamais Dieu pour Père s'il n'a l'Eglise pour Mère.

2° Il est vrai de dire que tous nous avons besoin de nous convertir pour correspondre au dessein de Dieu sur nous ; il est faux de dire que nous sommes sur le même pied. Vous savez très bien que la conversion se dit de plusieurs manières ; les auteurs spirituels distinguent plusieurs conversions. La conversion continuée et renouvelée des chrétiens qui sont dans l'unité catholique n'est pas la conversion des chrétiens qui sont hors de cette unité, et qui doivent y entrer pour y avoir part à l'héritage des saints.

Un chrétien, même en état de grâce, a toujours besoin de se convertir, parce que l'on peut toujours croître dans la charité de Dieu, qui est infinie et peut toujours dilater plus avant notre cœur. S'ensuit-il que sa conversion peut être mise sur le même pied que celle de l'homme qui est en état de mort spirituelle, à plus forte raison de celui qui n'est pas même membre de l'Eglise ? Poser la question, c'est y répondre.

Peregrinus
images/icones/hein.gif  ( 837356 )Qu'appelez-vous ... par Ion (2017-10-21 11:32:13) 
[en réponse à 837350]

... "communion horizontale" ?

La seule communion qui vaille est la communion au Christ. C'est bien de celle-là qu'il s'agit quand le pape évoque la nécessité d'une plus grande communion. C'est celle que l'Eglise du Christ forme. Cette Eglise, qui selon la formule, subsiste dans l'Eglise catholique.

Dans une réunion avec les méthodistes, il n'est pas question de repartir dans un débat théologique dans la mesure où nous savons tous que cette communion n'est pas parfaite. Mais il est en revanche fondamental de tout recentrer sur le Christ, car nous ne pouvons que tous adhérer à cette vision. Le chemin le plus sûr de l'unité n'est pas d'essayer d'aller d'une structure ecclésiale à l'autre, mais d'aller vers le Christ.

Il n'y rien de plus vrai.

Quant au terme converion, son sens noble et vrai est le premier que vous citez. Nous sommes bien tous sur le même pied quand il s'agit de se tourner vers le Christ, même si les moyens qui sont à la disposition de certains sont, visiblement, plus efficaces que pour d'autres. De toute manière, Dieu supplée et envoie à chacun les grâces nécéssaires en fonction de son état.

Ion
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 837363 )Une précision importante de Rodolphe par BK (2017-10-21 12:03:15) 
[en réponse à 837356]

"La communion avec le Pape est la communion de toute l'Eglise, sans quoi il n'y a pas de communion avec le Christ".
images/icones/1a.gif  ( 837371 )Bien sûr ... par Ion (2017-10-21 15:51:45) 
[en réponse à 837363]

... ceux qui se seront rapprochés du Christ, se seront par là-même rapprochés du ... Pape ! Nous le savons, nous, et cela ne nous pose pas de difficulté ... quoique pour certains ici ce ne soit pas si évident ..

Ion
images/icones/neutre.gif  ( 837379 )Effectivement par Bertrand (2017-10-21 21:06:15) 
[en réponse à 837371]

Je dirais plutôt que dans la mesure où ils se rapprocheront du pape, ils se rapprocheront du Christ...ce qui n'est pas exactement, ni tout à fait la même chose, que ce que vous dites! Mais ça, vous en êtes parfaitement conscient...
images/icones/fleur.gif  ( 837382 )Vous savez, Bertrand par BK (2017-10-21 21:23:56) 
[en réponse à 837379]

Sainte Jeanne d'Arc enseignait que "du Christ et de l’Église, c'est tout un".

Et le Vénérable Pie XII que "le Christ et son Vicaire ne forment qu'une seule Tête."

Du coup, il ne doit pas y avoir de différence substantielle entre "se rapprocher du Christ parce qu'on se rapproche du pape" et "se rapprocher du pape parce qu'on se rapproche du Christ".

Non plus qu'entre "se rapprocher de l’Église parce qu'on se rapproche du Christ", et "se rapprocher du Christ parce qu'on se rapproche de l’Église".

Non plus qu'entre "se rapprocher du pape parce qu'on se rapproche de l’Église", et "se rapprocher de l’Église parce qu'on se rapproche du pape".

C'est tout simple, de la simplicité divine que le Christ communique par l'Esprit-Saint à Son Épouse qui est Son Corps mystique.
images/icones/neutre.gif  ( 837410 )Je connais par Bertrand (2017-10-22 16:44:31) 
[en réponse à 837382]

moi aussi cette fameuse réparti de Sainte Jeanne, comme d'ailleurs tous les lecteurs de ce forum!

Ceux qui semblent l'avoir oublié sont ceux qui depuis 50 ans, voire plus, nous rabâchent jusqu'à l'écoeurement leur faux oecuménisme ranci et leur soi-disant esprit d'ouverture.... en nous expliquant que finalement il n'est pas plus utile de s'attacher à la vraie doctrine qu'à l'Eglise pour espérer un jour jouir de la vision béatifique.

Du coup, même si s'il n'y a pas de différence sur le fond entre "se rapprocher du Christ parce qu'on se rapproche du pape" et "se rapprocher du pape parce qu'on se rapproche du Christ", il y a, me semble-t-il, une différence de forme aussi importante que celle qui consiste à ne pas mettre la charrue avant les boeufs.

Après... les chemins de la divine Providence font bien toute chose....
images/icones/fleur.gif  ( 837414 )Vous savez bien que je ne tombe pas dans ce travers du faux œcuménisme par BK (2017-10-22 16:59:53) 
[en réponse à 837410]

J'ai assez cité Pie XI, mais au cas où :


" Seule l'Eglise catholique est celle qui garde le vrai culte. Elle est la source de vérité, la demeure de la foi, le temple de Dieu; qui n'y entre pas ou qui en sort, se prive de tout espoir de vie et de salut. Que personne ne se flatte d'une lutte obstinée. Car c'est une question de vie et de salut; si l'on n'y veille avec précaution et diligence, c'est la perte et la mort ".

Dans cette unique Eglise du Christ, personne ne se trouve, personne ne demeure, si, par son obéissance, il ne reconnaît et n'accepte l'autorité et le pouvoir de Pierre et de ses légitimes successeurs.

Que les fils dissidents reviennent donc au Siège Apostolique, établi en cette ville que les princes des Apôtres, Pierre et Paul, ont consacrée de leur sang, au Siège " racine et mère de l'Eglise catholique ".




Mais j'en conviens bien volontiers : aller du Christ à l'Eglise ou de l'Eglise au Christ, du Christ au pape ou du pape au Christ, etc., est essentiellement une question de chemin.
images/icones/fleche2.gif  ( 837373 )La seule communion qui vaille par Peregrinus (2017-10-21 17:42:46) 
[en réponse à 837356]

Je suis extrêmement surpris de lire que selon vous la seule communion qui vaille est celle avec le Christ. Il est bien clair que sans communier au Christ, par les moyens qu'il a établis afin que nous soyons un avec lui, il n'y a pas de communion valable et vraie. Il n'en est pas moins vrai que parce que tous ceux qui communient au Christ, ceux qui y communient réellement, en étant membres de son Eglise, sont aussi en communion entre eux. Réciproquement, il n'est pas possible d'être un avec le Christ sans être un avec les membres de son Eglise : d'où la gravité du péché de schisme.

Avec les méthodistes, il n'y a tout simplement aucune communion, d'aucune sorte. Ils sont hors de l'unité, aussi bien en ce qui touche la foi qu'en ce qui touche les sacrements ou encore le régime ecclésiastique. Chez eux le schisme est total, consommé et aggravé par la profession de doctrines hérétiques et l'abandon des sacrements.

Le chemin le plus sûr de l'unité, pour ne pas dire le seul, c'est l'Eglise catholique, parce que c'est dans l'Eglise que Jésus-Christ réduit toutes choses à l'unité. Il ne s'agit pas d'une structure ecclésiale. Il s'agit du Corps mystique, de l'Epouse de Jésus-Christ. Il s'agit au fond de Jésus-Christ lui-même. On ne va pas à Jésus-Christ lorsque l'on ne va pas à son Eglise.

Peregrinus
images/icones/fleche2.gif  ( 837376 )Pardon ? par Ion (2017-10-21 19:02:15) 
[en réponse à 837373]

Comment pouvez-vous affirmer Avec les méthodistes, il n'y a tout simplement aucune communion, quand le baptême nous est commun ? Contrairement au baptême conféré par certaines communautés ecclésiales, celui conféré par les communautés méthodistes est officielement reconnu par l'Eglise catholique quand il est célébré selon les normes officielement établies par cette communauté.

Je vous rappelle l'enseignement du Magistère à ce sujet :

CEC 1271 Le Baptême constitue le fondement de la communion entre tous les chrétiens, aussi avec ceux qui ne sont pas encore en pleine communion avec l’Église catholique : " En effet, ceux qui croient au Christ et qui ont reçu validement le Baptême, se trouvent dans une certaine communion, bien qu’imparfaite, avec l’Église catholique ... Justifiés par la foi reçue au Baptême, incorporés au Christ, ils portent à juste titre le nom de chrétiens, et les fils de l’Église catholique les reconnaissent à bon droit comme des frères dans le Seigneur " (UR 3). " Le Baptême est donc le lien sacramentel d’unité existant entre ceux qui ont été régénérés par lui " (UR 22).



Ion
images/icones/vatican.gif  ( 837415 )Sur la notion de communion par BK (2017-10-22 17:05:37) 
[en réponse à 837373]




3. Le concept de communion est "au cœur de l'autoconnaissance de l'Eglise"(4), en tant que mystère de l'union personnelle de chaque homme avec la Trinité divine et avec les autre hommes, commencée par la foi(5), et orientée vers la plénitude eschatologique dans l'Eglise céleste, tout en étant déjà une réalité en germe dans l'Eglise sur terre(6).

Afin que le concept de communion, qui n'est pas univoque, puisse servir de clé d'interprétation ecclésiologique, il doit être compris à l'intérieur de l'enseignement biblique et de la tradition patristique, dans lesquelles la communion implique toujours une double dimension: verticale (communion avec Dieu) et horizontale (communion entre les hommes). Il est donc essentiel, pour avoir une vision chrétienne de la communion, de la reconnaître avant tout comme don de Dieu, comme fruit de l'initiative divine réalisée dans le mystère pascal. Le nouveau rapport entre l'homme et Dieu, établi dans le Christ et communiqué dans les sacrements, se prolonge aussi par un nouveau rapport entre les hommes. Par conséquent, le concept de communion doit être en mesure d'exprimer aussi, d'une part, la nature sacramentelle de l'Eglise tandis que "nous vivons en exil loin du Seigneur"(7), et d'autre part l'unité particulière qui fait des fidèles les membres d'un même Corps, le Corps mystique du Christ(8), communauté organiquement structurée(9), "peuple rassemblé dans l'unité du Père, du Fils, et du Saint-Esprit"(10), doté en outre des moyens permettant son union visible et sociale(11).

4. La communion ecclésiale est en même temps invisible et visible. Dans sa réalité invisible, elle est communion de chaque homme avec le Père, par le Christ, dans l'Esprit Saint, et avec les autres hommes, co-participants de la nature divine(12), dans la passion du Christ(13), dans la même foi(14), dans le même esprit(15). Dans l'Eglise sur terre, il existe un rapport intime entre cette communion invisible et la communion visible dans la doctrine des Apôtres, dans les sacrements et dans l'ordre hiérarchique. Par ces dons divins, qui sont des réalités visibles, le Christ exerce de manières diverses dans l'histoire Sa fonction prophétique, sacerdotale et royale pour le salut des hommes(16). Ce rapport entre les éléments invisibles et les éléments visibles de la communion ecclésiale constitue l'Eglise comme Sacrement de salut.

Il dérive de cette sacramentalité que l'Eglise est une réalité non pas repliée sur elle- même, mais plutôt ouverte de manière permanente à la dynamique missionnaire et œcuménique, puisqu'elle est envoyée au monde pour annoncer et témoigner, actualiser et diffuser le mystère de communion qui la constitue: rassembler tout et tous dans le Christ(17); être pour tous "sacrement inséparable d'unité"(18).

5. La communion ecclésiale dans laquelle chacun est inséré par la foi et le Baptême(19), a sa racine et son centre dans la Sainte Eucharistie. En effet, le Baptême est l'incorporation à un corps construit et vivifié à travers l'Eucharistie par le Seigneur ressuscité, de telle manière que ce corps peut être véritablement appelé Corps du Christ. L'Eucharistie est source et force créatrice de communion entre les membres de l'Eglise précisément parce qu'elle unit chacun d'eux avec le Christ lui-même: "participant réellement au Corps du Seigneur dans la fraction du pain eucharistique, nous sommes élevés à la communion avec lui et entre nous. 'Puisqu'il n'y a qu'un pain, à nous tous nous ne formons qu'un corps, car tous nous avons part à ce pain unique' (1 Cor 10,17)"(20).

C'est pourquoi l'expression de S. Paul l'Eglise est le Corps du Christ signifie que l'Eucharistie, dans laquelle le Seigneur nous donne son Corps et nous transforme en un seul Corps(21), est le lieu où l'Eglise s'exprime de manière permanente dans sa forme la plus essentielle: présente en tout lieu et, cependant, seulement une, comme le Christ est un.

6. L'Eglise est Communion des saints, selon l'expression traditionnelle qui se trouve dans les versions latines du Symbole des Apôtres depuis la fin du IVème siècle(22). La participation commune et visible aux biens du salut (les choses saintes), et spécialement à l'Eucharistie, est la racine de la communion invisible entre les participants (les saints). Cette communion comporte une solidarité spirituelle entre les membres de l'Eglise, en tant que membres d'un même Corps(23), et tend à leur union effective dans la charité en constituant "un seul cœur et une seule âme"(24). La communion tend aussi à l'union dans la prière(25), inspirée en tous par un même Esprit(26), l'Esprit Saint "qui remplit et unit toute l'Eglise"(27).

Cette communion, dans ses éléments invisibles, existe non seulement entre les membres de l'Eglise en pèlerinage sur la terre, mais aussi entre ceux-ci et tous ceux qui, ayant quitté ce monde dans la grâce du Seigneur, font partie de l'Eglise céleste, ou y seront incorporés après leur purification complète(28). Cela signifie, entre autres, qu'il existe une relation mutuelle dans la mission historico-salvifique entre l'Eglise en pèlerinage sur la terre et l'Eglise céleste. Il s'ensuit qu'on peut affirmer non seulement l'importance ecclésiologique de l'intercession du Christ en faveur de ses membres(29), mais aussi de celle des saints et, d'une manière éminente, de celle de la Vierge Marie(30). L'essence de la dévotion aux saints, si présente dans la piété du peuple chrétien, répond donc à la profonde réalité de l'Eglise comme mystère de communion.

[...]

17. "Avec ceux qui, étant baptisés, portent le beau nom de chrétiens sans professer pourtant intégralement la foi ou sans garder l'unité de la communion sous le Successeur de Pierre, l'Eglise se sait unie pour de multiples raisons"(72). Dans les Eglises et Communautés chrétiennes non-catholiques, il existe en effet de nombreux éléments de l'Eglise du Christ qui permettent de discerner avec joie et espérance une certaine communion, bien qu'imparfaite(73).

Cette communion existe spécialement avec les Eglises orientales orthodoxes qui, bien que séparées du Siège de Pierre, restent unies à l'Eglise Catholique par des liens très étroits, comme la succession apostolique et l'Eucharistie valide, méritant par conséquent le titre d'Eglises particulières(74). En effet, "par la célébration de l'Eucharistie du Seigneur dans ces Eglises particulières, l'Eglise de Dieu s'édifie et grandit"(75), parce que l'Eglise une, sainte, catholique et apostolique est vraiment présente dans toute célébration valide de l'Eucharistie(76).

Cependant, puisque la communion avec l'Eglise universelle, représentée par le Successeur de Pierre, n'est pas un complément extérieur à l'Eglise particulière, mais un de ses éléments constitutifs internes, la situation de ces vénérables communautés chrétiennes implique aussi une blessure de leur condition d'Eglise particulière. La blessure est plus profonde encore dans les communautés ecclésiales qui n'ont pas maintenu la succession apostolique ni conservé l'Eucharistie valide. D'autre part, ce fait comporte aussi pour l'Eglise Catholique, appelée par le Seigneur à devenir pour tous "un seul troupeau et un seul pasteur"(77), une blessure en tant qu'obstacle pour la réalisation pleine de son universalité dans l'histoire.

18. Cette situation exige un effort œcuménique de tous en vue de la pleine communion dans l'unité de l'Eglise: cette unité, "le Christ l'a accordée à son Eglise dès le commencement. Nous croyons qu'elle subsiste de façon inamissible dans l'Eglise catholique et nous espérons qu'elle s'accroîtra de jour en jour jusqu'à la consommation des siècles"(78). Dans cet engagement œcuménique, la prière, la pénitence, l'étude, le dialogue et la collaboration ont une importance prioritaire, afin que, grâce à une nouvelle conversion au Seigneur, il soit possible à tous de reconnaître la permanence du Primat de Pierre dans ses successeurs, les Evêques de Rome, et de voir réaliser le ministère de Pierre, tel qu'il est voulu par le Seigneur, comme un service apostolique universel, présent à l'intérieur de toutes les Eglises, et qui, restant sauve sa substance d'institution divine, peut s'exprimer de manières diverses, selon les temps et les lieux, comme l'histoire le prouve.

Joseph, Cardinal Ratzinger, Communionis notio
images/icones/neutre.gif  ( 837364 )Employer les mots mêmes du Menteur, c'est déjà s'intoxiquer... par Glycéra (2017-10-21 12:33:06) 
[en réponse à 837344]


Dire "communion" comme le disent ceux qui ne comprennent pas son sens, c'est faire leur jeu !

Communion n'est pas union. Soyons justes dans les mots.
Il y a un CUM en plus.

Ce vertical, vers le Ciel et vers le profond de l'âme, le coeur de chaque enfant de Dieu.

Discuter en prenant le sens des terre à terre, c'est nier Dieu dans ses propres tripes.

Alors les phrases prennent un autre sens.
Le réfuteriez-vous celui-là ?

C'est en refusant ces tromperies que nous resterons droit dans le Chemin.

images/icones/2e.gif  ( 837368 )Relisez le discours SVP ! par Rodolphe (2017-10-21 14:02:47) 
[en réponse à 837344]

Le Pape donne la raison pour laquelle on ne peut grandir en sainteté, sans grandir en communion:

«Nous ne pouvons pas parler de prière et de charité si, ensemble, nous ne nous travaillons pas pour la réconciliation et pour la pleine communion entre nous».

Autrement dit, on grandit en sainteté lorsqu'on grandit en charité et...on grandit en charité lorsqu'on cherche à combler la division, c'est-à-dire lorsque qu'on recherche la réconciliation et la pleine communion.

Cela me semble assez anodin dans un discours destiné à des protestants engagés dans le dialogue œcuménique avec les catholiques -il faut le préciser- ...et qui prend soin de n'aborder aucune des questions théologiques qui divisent.

Le propos est même compatible avec un œcuménisme de retour!