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images/icones/abbe2.gif  ( 836704 )Correction filiale : « les accusations d’hérésie ne sont pas fondées » par gégé81 (2017-10-12 23:26:23) 

Correction filiale : « les accusations d’hérésie ne sont pas fondées »


Le texte a fait grand bruit. Dans une correction filiale adressée au pape François le 11 août, rendue publique le 24 septembre, un groupe de laïcs, de clercs et de théologiens l’accuse de propager sept hérésies avec son exhortation Amoris Lætitia. Ces accusations sont-elles fondées ? Amoris Lætitia porte-t-elle atteinte au magistère de l’Église ? Éléments de réponses du père Thomas Michelet op., professeur à l’Angelicum, l’Université Pontificale Saint-Thomas d’Aquin à Rome.



La correction filiale affirme que le pape François a propagé sept hérésies. Il s’agit d’une accusation grave. Est-ce une première ?

N’exagérons rien. Ce n’est pas la première fois que des chrétiens accusent le pape d’hérésie. C’est même habituel de la part de groupes schismatiques, ou en passe de le devenir, qui justifient ainsi leur rupture.

Dans le cas d’Amoris Lætitia, il y avait déjà eu en juin 2016 un texte de 45 signataires auquel celui-ci fait d’ailleurs référence. Il dressait une liste de 19 propositions assorties de censures : 11 jugées hérétiques et contraires à la Révélation (scandalosa, prava, perversa, perniciosa, impia, blasphema, etc.) ; d’autres tombant sous des qualificatifs moins graves (contraires à la foi, téméraires, ou simplement fausses). La presse s’en était fait un peu l’écho à l’époque, puis on n’en a plus du tout parlé. C’est retombé comme un soufflé.

Le présent texte constitue une sorte de relance, 18 des premiers signataires étant les mêmes. Pour l’instant, il semble avoir plus de succès. Peut-être est-ce dû à un « choc de simplification » : de onze hérésies, on passe à seulement sept (excusez du peu !) Il y a la force du symbole, le chiffre sept ayant des résonances apocalyptiques. Sans doute aussi le fait qu’il s’agit d’une pétition que l’on peut signer sur un site internet dédié (233 signataires à ce jour). Mais souvenons-nous qu’une « supplique au pape François en vue du Synode » à l’initiative du cardinal Burke avait recueilli en 2015 près de 500 000 signatures…

On pourrait se laisser impressionner par la qualité des signataires, souvent des autorités académiques ou civiles, ou des pasteurs. Mais à y regarder de plus près, il ne s’y trouve aucun théologien de renom, aucun évêque en poste. Les fameux dubia des quatre cardinaux étaient autrement plus sérieux, s’agissant de proches collaborateurs du pape. Accuser le pape d’hérésie, c’est évidemment grave. Mais ça le serait beaucoup plus si ces accusations étaient fondées ; ce qui n’est pas le cas.

Le pape a-t-il « directement ou indirectement approuvé les croyances selon lesquelles l’obéissance à la loi de Dieu peut se trouver être impossible ou non souhaitable » comme le laisse entendre la correction ?

L’Abbé Guillaume de Tanoüarn, de l’Institut du Bon Pasteur, déclarait récemment sur les ondes : « Tout cela me semble disproportionné et déplacé. Le pape est le pape […] Je n’ai jamais vu sous sa plume, ou entendu dans sa prédication, la moindre chose qui puisse ressembler à une hérésie. En réalité, on juge un silence. […] On peut contester les raisons pour lesquelles le pape garde le silence, mais on ne peut pas de ce silence tirer une hérésie. Cela ne me semble pas logique. »

Ce qui est frappant dans ce texte de dénonciation, c’est que contrairement au texte précédent des 45, il ne s’agit pas de citations d’Amoris Lætitia, mais de propositions qui ne se trouvent nulle part dans le texte alors qu’on les met entre guillemets. Procédé parfaitement malhonnête. Qu’ils produisent donc leurs sources ; et s’ils ne le peuvent, qu’ils se taisent.

Selon les signataires, le pape approuverait que « l’adultère soit considéré comme compatible avec le fait d’être un catholique pratiquant ». Est-ce juste ?

Ce sont eux qui le disent. Mais ce n’est pas ce que dit le texte, qui parle bien de « situations objectives de péché » (AL 305). C’est donc toujours un péché, et ça le reste. Mais il faut distinguer le plan objectif et le plan subjectif, l’acte extérieur et les intentions et circonstances.

Voici ce que dit le pape : « À cause des conditionnements ou des facteurs atténuants, il est possible que, dans une situation objective de péché – qui n’est pas subjectivement imputable ou qui ne l’est pas pleinement – l’on puisse vivre dans la grâce de Dieu, qu’on puisse aimer, et qu’on puisse également grandir dans la vie de la grâce et dans la charité, en recevant à cet effet l’aide de l’Église » (AL 305).

C’est plutôt une bonne nouvelle. Ce n’est pas parce que l’on est engagé dans une situation peccamineuse que l’on ne peut pas recevoir des grâces – à commencer par des grâces de conversion. Qu’y trouve-t-on à redire ? En quoi cela n’est-il pas catholique ?

Souvenons-nous de Jésus qui proclamait déjà : « les publicains et les prostituées vous précèdent au Royaume de Dieu ». Lui aussi a été jugé hérétique et blasphémateur. La logique de l’Évangile bouscule souvent nos habitudes de pensée et nos conceptions de la morale. Prêchez l’amour, et l’on vous crucifiera.

Sur quels textes se basent les signataires ? Ont-ils la même valeur ?

Précisément, on est en peine de trouver à quoi ces signataires peuvent faire allusion. Au moins, dans le texte de 2016, on citait réellement le texte d’Amoris Lætitia, puis on en donnait une interprétation qui paraissait possible et l’on présentait des textes du magistère dans le sens contraire. Ici, rien de tel. On prête au pape des propos qu’il n’a pas tenu ; ou s’il l’avait fait, on n’en donne pas les sources, ce qui ne permet pas de les vérifier. On est très deçà du minimum requis pour un travail universitaire ou journalistique. Ce n’est pas sérieux.

Pourquoi Amoris Lætitia suscite-t-elle autant d’oppositions ?

Il faut du temps pour comprendre les changements. Car il y a bien un changement. D’abord d’attitude pastorale : accueillir plutôt que rejeter ; ne pas fermer des portes, mais ouvrir des chemins. Accompagner dans la durée plutôt que de se satisfaire d’une solution instantanée (que ce soit pour donner la communion ou la refuser). Bref, rechercher le salut des âmes, plutôt que le confort du pasteur. Ensuite, il y a un changement d’appréciation : il faut discerner pastoralement. Autrefois, si l’on était engagé dans une situation de péché public, on était jugé d’office coupable, interdit de communier. À présent, on nous demande de discerner à la lumière des consciences, ne pas se contenter des apparences mais voir la réalité des cœurs. Ne pas condamner en bloc, mais voir le bien qui est possible, pour faire progresser vers le bien (via caritatis). Faut-il s’en offusquer ?

On peut regretter que le texte de l’Exhortation, très long, ne soit pas très précis quant au parcours concret de l’accompagnement, quant aux étapes à franchir et aux conditions à remplir pour retrouver l’accès à la communion pour les divorcés remariés civilement. Certains ont cru que le pape voulait brader l’enseignement traditionnel, proposer une nouvelle conception du mariage qui ne soit plus catholique, autorisant le divorce ou la communion aux pécheurs publics. C’est lui faire un mauvais procès. Le texte ne dit rien de tel, et affirme régulièrement le contraire. Ce qui est certain, c’est que le pape ne veut pas donner la communion à quelqu’un qui ait un péché grave sur la conscience. Tout ce qu’il demande, c’est de vérifier que tel est bien le cas in concreto, sans se contenter de juger in abstracto.

Amoris Lætitia porte-t-elle atteinte à l’enseignement traditionnel de l’Église ?

Dom Basile Valuet, préfet des études de l’Abbaye du Barroux, a publié dans la Revue thomiste un long article qui montre qu’Amoris Lætitia n’est en rien une révolution. Il y voit plutôt un développement homogène de l’enseignement du Magistère sur l’erreur invincible, autrefois appliquée aux seuls païens, et désormais reconnue pour les chrétiens eux-mêmes. Les vérités autrefois évidentes en pays de chrétienté ne sont plus forcément accessibles à tous dans des pays en voie de déchristianisation où les mentalités sont de plus en plus gravement déformées par l’esprit du monde qui les imprègne. Il faut en tenir compte.

Par ailleurs, tout texte du magistère doit être lu dans la lumière de la foi catholique, de l’Écriture, de la Tradition et du Magistère précédent, en marquant davantage la continuité et le développement homogène que la rupture. C’est une règle constante d’interprétation. Partir du principe qu’il contredit l’enseignement traditionnel de l’Église, c’est se mettre soi-même en rupture avec la Tradition, car c’est adopter une « herméneutique de rupture » que partagent ceux qui veulent la Révolution dans l’Église. Plus on soutiendra qu’Amoris Lætitia permet de faire ce qui était auparavant interdit, plus on donnera du poids à ceux qui le revendiquent. Les contestataires des deux bords se rejoignent ; les extrêmes sont dans un même genre.

Le pape doit-il répondre aux contestataires, ceux de la correction filiale comme aux cardinaux des dubia ?

On ne peut pas reprocher aux quatre cardinaux d’avoir écrit au pape ces fameux dubia. Ils en avaient parfaitement le droit, et ils l’ont fait selon les règles. Mais en aucun cas, ils ne devaient les publier. C’est là une faute grave, qui compromet définitivement les chances d’une réponse.

D’une certaine manière, le pape a répondu un an après, le 8 septembre dernier, en supprimant l’Institut Jean-Paul II dont le cardinal Caffara était le fondateur, soit deux jours après sa mort. Désormais, c’est un nouvel Institut Jean-Paul II qui prend la place, avec un nouveau fondateur. Si l’on veut savoir comment interpréter Amoris Lætitia, c’est de ce côté-là qu’il faut regarder. Dans le fait que l’on ne se contente pas d’un modèle idéal des familles, mais que l’on doit partir de leur réalité concrète, existentielle, avec les difficultés qui sont les leurs, pour montrer comment un chemin de croissance évangélique peut s’ouvrir pour elles, quelle que soit leur situation.

Dans le cas de la « correction filiale », la lettre aurait été remise au pape le 11 août 2017, et elle a été publiée dès le 24 septembre 2017. Ce n’est pas raisonnable. Même pour l’administration française, il faut au moins deux mois de silence pour que l’on puisse considérer qu’il s’agit d’un refus (d’ailleurs, depuis 2014, le principe est renversé : le silence vaut accord, sauf exceptions). Cela montre qu’on ne cherchait pas au fond une vraie réponse, mais plutôt à créer un mouvement d’opinion. Or l’Église n’est pas une démocratie ; encore moins une société de consommation régie à coups de pressions médiatiques ou de lobbies.

Le pape est souverain : il est libre de répondre ou non. Exiger de lui une réponse, c’est le mettre à notre niveau. Le mettre publiquement en situation d’accusé, ce n’est pas faire preuve de respect filial envers notre Saint-Père. S’il y a manque de respect de la tradition, c’est plutôt là qu’il se trouve.


Famille chrétienne
images/icones/1d.gif  ( 836716 )Luther a fait "pire", le Pape l'honore! par ptk (2017-10-13 06:32:26) 
[en réponse à 836704]


Comparé à la réaction de Luther à son excommunication, cette lettre est plutôt tendre.
Dans cinq siècles le Pape alors régnant fera peut-être son éloge!


« On m'apprend qu'une bulle a été lancée contre moi : le monde, la connaît, elle n'est pas venue jusqu'ici.
Peut-être que, fille de la nuit, elle aura eu peur de me regarder en face... Enfin, il m'a été donné de la voir, cette chouette.. et dans toute sa beauté. En vérité, je ne sais si les papistes se moquent de moi. ... Celui qui a écrit cette bulle, je le tiens pour l'Antéchrist; je la maudis comme une insulte et un blasphème contre le Fils de Dieu. Amen. Je reconnais, je proclame en mon âme et conscience comme vérités les articles qui y sont condamnés; je voue tout chrétien qui la recevrait, cette bulle infâme, aux tortures de l'enfer. Je le tiens pour païen, pour l'Antéchrist en personne. Amen. Voilà comme je me rétracte, moi. Bulle, fille d'une bulle de savon; mais dis-moi donc, ignorantissime Antéchrist, tu es donc bien bête pour croire que l'humanité va se laisser effrayer! S'il suffisait, pour condamner, de dire: ceci me déplait, non je ne veux pas; mais il n'y a pas de mulet, d'âne, de taupe, de souche, qui ne pu faire le métier de juge. Quoi! ton front de prostituée n'a pas rougi d'oser ainsi avec des paroles de fumée se prendre aux foudres de la Parole divine!... »
« On dit souvent, continue Luther, que l'âne chante mal parce qu'il entonne trop haut. Cette bulle eût bien mieux chanté, si d'abord elle n'avait posé sa bouche de blasphème contre le ciel... Ah! bullistes, vous ne tremblez pas que la pierre et le bois ne suent du sang à l'ouïe des blasphèmes que vous vomissez! Où êtes-vous donc,empereurs? Où êtes-vous, rois et princes de la terre? Vous avez donné votre nom à Jésus dans le baptême, et vous supportez cette voix tartaréenne (infernale) de l'Antéchrist? Où êtes vous, évêques? Vous tous qui prêchez le christianisme, garderez-vous le silence devant un tel prodige d'impiété? Malheureuse Eglise, devenue le jouet et la proie de Satan! Misérables, qui vivez dans ce siècle! Voici la colère de Dieu sur tout ce qui a nom papiste. (Pape) Léon X, et vous, nos seigneurs les cardinaux romains, écoutez, je vous le dis en face: si c'est vous qui avez enfanté cette bulle, si vous l'avouez comme votre œuvre, j'use, moi, de la puissance que Dieu m'a faite au baptême en m'instituant son fils et son héritier. Appuyé sur ce roc qui ne craint ni les portes de l'enfer, ni le ciel, ni la terre, je vous le répète, revenez à Dieu, renoncez à vos sataniques blasphèmes contre Jésus-Christ, et tout de suite. Autrement, sachez le bien le Christ vit et règne encore. Voici venir le Seigneur qui d'un souffle de sa bouche dissipera cet homme d'iniquité, ce fils de perdition. Si le pape a écrit cette bulle, je le proclame l'Antéchrist venu pour bouleverser le monde. »
images/icones/1v.gif  ( 836719 )il y a un fait certain par jejomau (2017-10-13 07:20:06) 
[en réponse à 836704]

C'est que AL a immédiatement troublé tous les épiscopats.

Premièrement

Ensuite, c'est que lorsque des épiscopats ont demandé au pape dans quel sens il fallait interpréter AL, celui-ci a clairement fait comprendre sa position "progressiste" Pour simplifier .

Deuxièmement

Cela fait qu'aujourd'hui, des épiscopats sont parfaitement divisés sur la question

Troisièmement

Enfin : pourquoi ne pas répondre aux Dubia ? Cela n'aurait-il pas évité tout ce charivari ?

Si tout est si clair....
images/icones/neutre.gif  ( 836723 )À ce train là par Eti Lène (2017-10-13 08:39:00) 
[en réponse à 836704]

Il va finir par demander au pape de professer la foi et de penser à sa place. Somme toute le vent fait tourner les girouettes. Mais la pierre c'est le Christ qui a prié pour que la foi de Pierre ne defaille pas. Pourquoi l'a t Il fait?
images/icones/bravo.gif  ( 836725 )Excellente mise au point ... par Ion (2017-10-13 09:03:48) 
[en réponse à 836704]

... qui montre très bien comment la pseudo correction filiale n'est :
- ni filiale
- ni sérieuse
- ni honnête

Quant aux dubia, s'ils pouvaient être plus sérieux, c'est le fait de les publier qui n'était pas honnête.

Bref, aucune réponse directe du pape n'est à attendre. En revanche, des réponses indirectes, il y en a et il y en aura pour ceux qui accueillent avec respect et confiance les enseignements magistériels.

Ion
images/icones/neutre.gif  ( 836726 )S'il l'on peut partager votre avis par Ritter (2017-10-13 09:17:50) 
[en réponse à 836725]

Avouez tout de même, que selon les auteurs des Dubia, c'est le silence du Saint Père, qui serait à l'origine de leur publication.
Ensuite le fait de trop s'intéresser à la correction filiale, qui ne serait ni ceci ni cela, semble éviter la réponse au Dubia, ce qui est tout de même dommage.
images/icones/fleche2.gif  ( 836729 )Commele dit le P. Michelet, ... par Ion (2017-10-13 09:55:16) 
[en réponse à 836726]

... il ne peut plus y avoir de réponse directe aux Dubia, du fait même qu'il ont été publiés alors qu'il s'agissait d'un texte privé. Il faudra donc se contenter de réponses indirectes et des enseignements qui ne manqueront pas de suivre. Par ailleurs, que ce soit le silence du pape qui ait déclenché la publication ne légitime pas pour autant cette publication.

Ion
images/icones/1i.gif  ( 836732 )Dubia privés ? par Exocet (2017-10-13 11:25:21) 
[en réponse à 836729]

Je ne comprends pas ... Le dubia portant sur un éventuel changement des dogmes de l'Eglise, il faudrait que les questions et les réponses ne soient pas publiques ? En fait de réponses "indirectes", chacun fait selon sa propre interprétation : il y a les diocèses qui accordent la communion aux divorcés soi-disant "remariés" et ceux qui continuent à la refuser. Donc en l'occurrence, on ne peut pas dire que le silence (papal) est d'or !
images/icones/fleche2.gif  ( 836756 )Justement par Ion (2017-10-13 14:06:23) 
[en réponse à 836732]

Il a été dit et répété qu'il n'y a pas de changement des dogmes de l'Eglise. Cela doit suffire aux auteurs des Dubia. Il serait donc inutile de répondre officiellement aux Dubia pour au moins les raisons suivantes :

- Sachant que les dogmes ne changent pas, les auteurs peuvent répondre eux-mêmes
- Une non-réponse est, en soi, une réponse, quand on cherche sincèrement à interpréter ce silence
- Ces sujets ne méritent de toute manière pas de réponse contraignate par Oui ou par Non comme le souhaitent les auteurs des Dubia, ils sont infiniment plus complexes ... c'est tout l'objet d'AL
- Ne répondre qu'à ces 5 questions irait donc à l'encontre de l'objectif d'AL, objectif qui est justement de reconnaître, comme nous le dit François que "

le temps est supérieur à l’espace [et que] tous les débats doctrinaux, moraux ou pastoraux ne doivent pas être tranchés par des interventions magistérielles. (AL 3)

- Enfin, le coeur d'AL n'est pas le chapitre 8. Répondre aux Dubia, aux pseudo-corrections ne ferait que restreindre AL à ce chapitre et aux controverses que certains semblent vouloir alimenter pour mieux attaquer le Pape.

Ne pas répondre pourra peut-être forcer ceux qui n'ont pas lu AL à le lire ... vraiment. Ils verront combien ce texte majeur du pontificat de François est riche et s'avèrera prophétique.

Ion
images/icones/1i.gif  ( 836759 )Le temps est supérieur à l'espace... par Regnum Galliae (2017-10-13 14:43:25) 
[en réponse à 836756]

qu'est-ce que cela veut dire ? Qu'est-ce que ça implique ? Est-ce une vérité révélée ?
images/icones/1a.gif  ( 836761 )C'est dans "La joie de l'Evangile"... par Ion (2017-10-13 15:30:10) 
[en réponse à 836759]

A partir du N° 222


Le temps est supérieur à l’espace

222. Il y a une tension bipolaire entre la plénitude et la limite. La plénitude provoque la volonté de tout posséder, et la limite est le mur qui se met devant nous. Le “temps” , considéré au sens large, fait référence à la plénitude comme expression de l’horizon qui s’ouvre devant nous, et le moment est une expression de la limite qui se vit dans un espace délimité. Les citoyens vivent en tension entre la conjoncture du moment et la lumière du temps, d’un horizon plus grand, de l’utopie qui nous ouvre sur l’avenir comme cause finale qui attire. De là surgit un premier principe pour avancer dans la construction d’un peuple : le temps est supérieur à l’espace.
223. Ce principe permet de travailler à long terme, sans être obsédé par les résultats immédiats. Il aide à supporter avec patience les situations difficiles et adverses, ou les changements des plans qu’impose le dynamisme de la réalité. Il est une invitation à assumer la tension entre plénitude et limite, en accordant la priorité au temps. Un des péchés qui parfois se rencontre dans l’activité socio-politique consiste à privilégier les espaces de pouvoir plutôt que les temps des processus. Donner la priorité à l’espace conduit à devenir fou pour tout résoudre dans le moment présent, pour tenter de prendre possession de tous les espaces de pouvoir et d’auto-affirmation. C’est cristalliser les processus et prétendre les détenir. Donner la priorité au temps c’est s’occuper d’initier des processus plutôt que de posséder des espaces. Le temps ordonne les espaces, les éclaire et les transforme en maillons d’une chaîne en constante croissance, sans chemin de retour. Il s’agit de privilégier les actions qui génèrent les dynamismes nouveaux dans la société et impliquent d’autres personnes et groupes qui les développeront, jusqu’à ce qu’ils fructifient en évènement historiques importants. Sans inquiétude, mais avec des convictions claires et de la ténacité.
224. Parfois, je me demande qui sont ceux qui dans le monde actuel se préoccupent vraiment de générer des processus qui construisent un peuple, plus que d’obtenir des résultats immédiats qui produisent une rente politique facile, rapide et éphémère, mais qui ne construisent pas la plénitude humaine. L’histoire les jugera peut-être selon le critère qu’énonçait Romano Guardini : «L’unique modèle pour évaluer correctement une époque est de demander jusqu’à quel point se développe en elle et atteint une authentique raison d’être la plénitude de l’existence humaine, en accord avec le caractère particulier et les possibilités de la même époque ».[182]


images/icones/fleche2.gif  ( 836765 )[réponse] par Regnum Galliae (2017-10-13 15:52:15) 
[en réponse à 836761]

Outre le fait que la formulation du point 222 est inutilement alambiquée, deux remarques :


Ne vous mettez donc point en peine, disant: Que mangerons-nous ou que boirons-nous, ou de quoi nous vêtirons-nous? c'est de tout cela en effet que les païens sont en quête, - car votre Père céleste sait que vous avez besoin de tout cela. Cherchez premièrement le royaume £ et sa justice, et tout cela vous sera donné en plus. N'ayez donc point de souci du lendemain, car le lendemain aura souci de lui-même: à chaque jour suffit sa peine.


Mt 6, 31-34


Et Dieu les bénit, et il leur dit: " Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre et soumettez-la, et dominez sur les poissons de là mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout animal qui se meut sur la terre. "


Gen, 1, 28

Je comprends la nécessité de penser aux conséquences à long terme de nos actions, mais à la lumière de ces deux extraits ci-dessus, peut-on vraiment affirmer comme un principe que le temps est supérieur à l'espace ?
images/icones/1d.gif  ( 836767 )Il n'y a pas de changement... par Justin Petipeu (2017-10-13 15:53:13) 
[en réponse à 836756]

...des dogmes de l'Eglise sauf que le mariage est maintenant dissoluble. Circulez, y a rien à voir...
images/icones/neutre.gif  ( 836733 )Réponse par fidelis (2017-10-13 11:27:03) 
[en réponse à 836729]

Le pape n'a-t-il pas donné une réponse qu'il jugeait suffisante et devait clore le débat en disant que pour comprendre, il fallait lire AL tout entière du début à la fin et se rapporter au besoin, aux explications du Cardinal Shonborn? Pour lui, donc, le débat est clos.
images/icones/hein.gif  ( 836735 )Réponse suffisante ? par Exocet (2017-10-13 11:41:18) 
[en réponse à 836733]

Pour un jésuite peut-être. Pas pour un pape. Une question claire demande une réponse claire. C'est précisément après avoir lu AL en entier que les dubia se sont posés. Donc suggérer que la relecture d'un texte qui pose problème donnera la réponse aux questions est tout simplement une ineptie. Ou alors le signe qu'on a délibérément choisi de rester dans la confusion, démarche qui n'est certainement pas d'inspiration divine ... Quant aux explications du cardinal Shonborn, il faut les prendre pour ce qu'elles sont : des explications qui n'engagent que lui. Les déclarations d'un cardinal ne fixent pas le magistère de l'Eglise. Et c'est heureux ...
images/icones/hum2.gif  ( 836737 )Donc... par In cruce salus (2017-10-13 11:47:46) 
[en réponse à 836726]

Votre raisonnement est , si j'ai bien suivi:
1. Le pape ignore les dubia qui lui sont remis par quatre éminents cardinaux et donc ne répond pas.
2. Les dubia sont publiés et donc le pape ne peut plus répondre !
La question est donc ,me semble-t-il : pourquoi ne répond-il pas, lui qui a conseillé aux fidèles d interpeler les pasteurs ? Pourquoi ?
La réponse ne serait-elle pas à chercher dans les méandres d'une personnalité complexe, très imbue d'elle-même et, me semble-t-il, d abord et foncièrement marquée au coin de l'orgueil qui est ,ainsi qu'on nous l à ressassé dans notre enfance, le péché de Satan.
images/icones/1e.gif  ( 836746 )Synode des jeunes 2018 par jejomau (2017-10-13 12:30:59) 
[en réponse à 836704]

on va s'amuser ! Vu comme ça c'est déroulé précédemment.

On a eu un texte ambiguë..

On va avoir un texte pour djeuns qui va casser la barraque ! Mdr à l'avance !