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images/icones/fsspx.gif  ( 835491 )Correction filiale : premières réactions romaines par Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (2017-09-28 09:01:18) 

Prise de distance du cardinal Müller ; ironie du directeur de la Salle de presse du Saint-Siège ; précisions du cardinal Burke : FSSPX.Actualités recense les premières réactions à la Correctio filialis rendue publique le 24 septembre 2017.

« D’un côté, le successeur de Pierre mérite le respect, autant dans sa personne qu’en raison du mandat divin qui lui a été confié ; d’un autre côté, les critiques, lorsqu’elles sont formulées avec honnêteté, exigent une réponse adéquate ». C’est en ces termes confiés au journal The Register que le préfet émérite de la Congrégation pour la doctrine de la foi a réagi, sans faire allusion directement, à la Correction filiale adressée au Saint-Père le 11 août 2017, et rendue publique le 24 septembre.

Pour le cardinal Müller, c’est de « plus de confiance et de dialogue réciproque » que l’Eglise a besoin, et non pas de « cristallisation et de polémique » : une solution pour résoudre la controverse serait ainsi, selon le prélat, que le pape désigne un groupe de cardinaux ayant pour mission de mener à bien une « dispute théologique » avec les tenants des objections les plus sérieuses à Amoris lætitia.

L’urgence pour le préfet émérite est « d’éviter un nouveau schisme au sein d’une Eglise dont le fondement de l’unité et de la communion en Jésus-Christ est incarné par le pape François et les évêques en pleine communion avec lui ». - Est-il permis de regretter le fait que le cardinal ait omis de rappeler ici que le mandat confié par le Christ au successeur de Pierre est indissociablement lié au fait de transmettre dans son intégralité et sa pureté doctrinale l’Evangile du divin Fondateur ?

The Register croit savoir que le Saint-Siège ne répondra pas à la Correction filiale au moins pour deux raisons : d’abord parce que le nombre et la qualité des signataires serait « quantité négligeable » ; d’autre part parce que l’un des signataires est « Mgr Bernard Fellay, un évêque rebelle qui dirige une fraternité sacerdotale en rupture de communion avec Rome ».

Pourtant le Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X a bien pris soin de préciser dans l’entretien qu’il a accordé à FSSPX.Actualités, le 26 septembre, que « ce sont moins les noms des signataires de la Correctio filialis que la valeur objective des arguments exposés qui doit être prise en compte ».

Mais la Correction filiale a tout de même été entendue au Vatican : Greg Burke, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège y a fait allusion lorsque le bruit a couru dans la journée du lundi 25 septembre que le Vatican aurait bloqué sur son territoire l’accès à la page Internet de la Correction filiale : « vous pensez que ça vaut vraiment le coup de bloquer une page web pour une lettre qui contient une soixantaine de noms ? », a-t-il ironisé dans les colonnes du quotidien Il Giornale. - Est-il exagéré d’y voir l'indice que le texte a tout de même bien atteint sa cible ?

« La Correction filiale est une initiative indépendante de celle que les regrettés cardinaux Caffara et Meisner, et que le cardinal Brandmüller et moi-même avons prise avec les Dubia », a réagi pour sa part le cardinal Burke dans les colonnes du Register.

Le professeur Joseph Shaw qui est le porte-parole de la Correction filiale a expliqué au même journal que c’était délibérément que les auteurs des Dubia n’avaient pas été impliqués dans l’adresse faite au pape, afin de conserver à cette initiative son caractère indépendant.

Robert Royal, Président de l’institut Raison et Foi résume à sa manière la situation : « je n’ai aucun conseil à donner au Vatican », précise-t-il, « mais le fait de manifester respect et écoute envers ceux qui ont adhéré pendant tant d’années à l’enseignement de l’Eglise serait un bon signe pour rétablir ce fameux dialogue dont on entend parler partout ailleurs ».

SOURCE : FSSPX.Actualités
images/icones/attention.gif  ( 835527 )Retour sur un contresens par BK (2017-09-28 22:28:38) 
[en réponse à 835491]


Est-il permis de regretter le fait que le cardinal ait omis de rappeler ici que le mandat confié par le Christ au successeur de Pierre est indissociablement lié au fait de transmettre dans son intégralité et sa pureté doctrinale l’Evangile du divin Fondateur ?



Votre remarque peut avoir un double sens.

Un sens catholique, et un sens qui ne l'est pas.

Il est vrai que le mandat confié par le Chris au Successeur de Pierre est indissociablement lié au fait de transmettre dans son intégralité et sa pureté doctrinale l'Evangile du divin Fondateur.

Car il est certain, quand on lit Pastor Aeternus, et non une phrase isolée de son contexte et comprise à rebours, que le pape est assisté divinement dans l'exercice de son Ministère, et que, selon la Foi des Pères apostoliques rappelée par Vatican I, "le Siège de Pierre demeure pur de toute erreur."


La phrase indûment retirée de son contexte, et isolée dans un paragraphe indépendant sur la Porte Latine :


Car le Saint Esprit n'a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu'ils fassent connaître, sous sa révélation, une nouvelle doctrine, mais pour qu'avec son assistance ils gardent saintement et exposent fidèlement la révélation transmise par les Apôtres, c'est-à-dire le dépôt de la foi.



Huic pastorali muneri ut satisfacerent, Praedecessores Nostri indefessam semper operam dederunt, ut salutaris Christi doctrina apud omnes terrae populos propagaretur, parique cura vigilarunt, ut, ubi recepta esset, sincera et pura conservaretur. Quocirca totius orbis Antistites nunc singuli, nunc in Synodis congregati, longam ecclesiarum consuetudinem et antiquae regulae formam sequentes, ea praesertim pericula, quae in negotiis fidei emergebant, ad hanc Sedem Apostolicam retulerunt, ut ibi potissimum resarcirentur damna fidei, ubi fides non potest sentire defectum (Cf. S. Bern. Epist. CXC). Romani autem Pontifices, prout temporum et rerum conditio suadebat, nunc convocatis oecumenicis Conciliis aut explorata Ecclesiae per orbem dispersae sententia, nunc per Synodos particulares, nunc aliis, quae divina suppeditabat providentia, adhibitis auxiliis, ea tenenda definierunt, quae sacris Scripturis et apostolicis Traditionibus consentanea Deo adiutore cognoverant. Neque enim Petri successoribus Spiritus Sanctus promissus est, ut eo revelante novam doctrinam patefacerent, sed ut eo assistente traditam per Apostolos revelationem seu fidei depositum sancte custodirent et fideliter exponerent. Quorum quidem apostolicam doctrinam omnes venerabiles Patres amplexi et sancti Doctores orthodoxi venerati atque secuti sunt; plenissime scientes, hanc sancti Petri Sedem ab omni semper errore illibatam permanere, secundum Domini Salvatoris nostri divinam pollicitationem discipulorum suorum principi factam: Ego rogavi pro te, ut non deficiat fides tua, et tu aliquando conversus confirma fratres tuos.

Pour s'acquitter de leur charge pastorale, nos prédécesseurs ont travaillé infatigablement à la propagation de la doctrine salutaire du Christ parmi tous les peuples de la terre, et ils ont veillé avec un soin égal à sa conservation authentique et pure, là où elle avait été reçue. C'est pourquoi les évêques du monde entier, tantôt individuellement, tantôt réunis en synodes, en suivant la longue coutume des églises et les formes de la règle antique, ont communiqué au Siège apostolique les dangers particuliers qui surgissaient en matière de foi, pour que les dommages causés à la foi fussent réparés là où elle ne saurait subir de défaillance. Les Pontifes romains, selon que l'exigeaient les conditions des temps et des choses, tantôt convoquèrent des conciles œcuméniques ou sondèrent l'opinion de l'Église répandue sur la terre, tantôt par des synodes particuliers, tantôt grâce à des moyens que leur fournissait la Providence, ont défini qu'on devait tenir ce qu'ils reconnaissaient, avec l'aide de Dieu, comme conforme aux saintes Lettres et aux traditions apostoliques. Car le Saint Esprit n'a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu'ils fassent connaître, sous sa révélation, une nouvelle doctrine, mais pour qu'avec son assistance ils gardent saintement et exposent fidèlement la révélation transmise par les Apôtres, c'est-à-dire le dépôt de la foi. Leur doctrine apostolique a été reçue par tous les Pères vénérés, révérée et suivie par les saints docteurs orthodoxes. Ils savaient parfaitement que ce siège de Pierre demeurait pur de toute erreur, aux termes de la promesse divine de notre Seigneur et Sauveur au chef de ses disciples : " J'ai prié pour toi, pour que ta foi ne défaille pas ; et quand tu seras revenu, affermis tes frères " [Lc 22, 32].


Le sens de la phrase citée est inverse de celui qui lui est prêté dans l'autoproclamée "correctio" : le "car le Saint Esprit n'a pas été promis..." n'est pas une restriction, mais une confirmation de l'assistance divine prêtée au pape.

Pour information, c'est un contresens qui avait été signalé ici-même à plusieurs reprises depuis des années.

Voir une restriction, et se croire autorisée à juger le pape, c'est agir comme si Vatican I s'était trompé. Fâcheux... et terriblement inquiétant.




Si on veut une tournure comparable : Sapientiae Christianae


De même, dans la sphère de la morale, c'est à lui de déterminer ce qui est bien, ce qui est mal, ce qui est nécessaire d'accomplir et d'éviter si l'on veut parvenir au salut éternel ; autrement, il ne pourrait être ni l'interprète infaillible de la parole de Dieu, ni le guide sûr de la vie humaine.



Un moderniste voudrait lire que le pape peut "déterminer" arbitrairement du bien et du mal. Mais là encore, il s'agit uniquement d'une confirmation du pouvoir plénier donné au pape, rendu possible et véritable par l'indéfectible assistance divine - "interprète infaillible de la parole de Dieu et guide sûr de la vie humaine".



Enfin, Saint Thomas d'Aquin, cité par Léon XIII, qui enseigne qu'il n'y a que la soumission religieuse de l'intelligence et du cœur ou le libre examen moderniste (et passéiste) :

33 - " L'objet formel de la foi est la vérité première, en tant qu'elle est manifestée dans les Saintes Ecritures et dans la doctrine de l'Eglise, qui procèdent de la vérité première. Il suit de là que quiconque n'adhère pas, comme à une règle infaillible et divine, à la doctrine de l'Eglise, qui procède de la vérité première manifestée dans les Saintes Ecritures, n'a pas la foi habituelle, mais possède autrement que par la foi les choses qui sont de son domaine... Or, il est manifeste que celui qui adhère à la doctrine de l'Eglise comme à une règle infaillible donne son assentiment à tout ce que l'Eglise enseigne; autrement, si, parmi les choses que l'Eglise enseigne, il retient ce qui lui plaît et exclut ce qui ne lui plaît pas, il adhère à sa propre volonté et non à la doctrine de l'Eglise, en tant qu'elle est une règle infaillible. La foi de toute l'Église doit être Une, selon cette parole de saint Paul aux Corinthiens (I Cor., 1) : "Ayez tous un même langage et qu'il n'y ait pas de division parmi vous". Or, cette unité ne saurait être sauvegardée qu'à la condition que les questions qui surgissent sur la foi soient résolues par celui qui préside à l'Eglise tout entière, et que sa sentence soit acceptée par elle avec fermeté. C'est pourquoi à l'autorité du Souverain Pontife seul il appartient de publier un nouveau symbole, comme de décerner toutes les autres choses qui regardent l'Eglise universelle ".
images/icones/interdit.gif  ( 835538 )Le contresens de la correctio pour les latinistes par BK (2017-09-29 02:29:29) 
[en réponse à 835527]

1. 'Neque enim' peut se traduire 'car' ou 'en effet' : il exprime la cause, et non une restriction.

2. 'Neque enim' introduit une incise entre deux phrases d'un même exposé. Il donne la justification de l'attitude (1e phrase) des papes et (dernière phrase) des évêques qui les ont fidèlement écoutés.

3. En suivant de près l'ordre et la ligne de la phrase latine, on a ceci :

Les Pontifes romains, selon que l'exigeaient les conditions des temps et des choses, tantôt convoquèrent des conciles œcuméniques ou sondèrent l'opinion de l'Église répandue sur la terre, tantôt par des synodes particuliers, tantôt grâce à des moyens que leur fournissait la Providence, ont défini qu'on devait tenir ce que, conforme aux saintes Lettres et aux traditions apostoliques, ils reconnaissaient avec l'aide de Dieu. Car le Saint Esprit n'a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu'ils fassent connaître, sous sa révélation, une nouvelle doctrine, mais pour qu'avec son assistance ils gardent saintement et exposent fidèlement la révélation transmise par les Apôtres, c'est-à-dire le dépôt de la foi. Leur doctrine apostolique a été reçue par tous les Pères vénérés, révérée et suivie par les saints docteurs orthodoxes. Ils savaient parfaitement que ce siège de Pierre demeurait pur de toute erreur, aux termes de la promesse divine de notre Seigneur et Sauveur au chef de ses disciples : " J'ai prié pour toi, pour que ta foi ne défaille pas ; et quand tu seras revenu, affermis tes frères " [Lc 22, 32].

4. J'ignore qui historiquement a commencé, de l'erreur de lecture ou de l'erreur d'ecclésiologie. Mais on a nettement ici dans la correctio une fausse ecclésiologie appuyée sur un texte détourné de son sens.
images/icones/op2.gif  ( 835536 )Réaction de Dieu le Père à Sainte Catherine de Sienne par BK (2017-09-28 23:43:33) 
[en réponse à 835491]


CXVI.- Dieu regarde comme dirigées contre lui les persécutions faites contre l'Église et ses ministres.


1.- Si tu me demandes pourquoi la faute de ceux qui persécutent l'Église est plus grande que toutes les autres fautes, et pourquoi je ne veux pas que les défauts des ministres affaiblissent le respect qu'on leur doit, je te répondrai que le respect qu'on leur doit ne s'adresse pas à eux mais à moi, à cause de lit vertu du sang que je les ai chargés d'administrer. Sans cela, vous ne leur devriez pas plus de respect qu'aux autres hommes ; mais leur ministère vous oblige à un plus grand respect, car il faut que vous vous adressiez à eux, non pas pour eux, mais à cause de la vertu que je leur ai donnée, si vous voulez recevoir les (201) sacrements de la sainte Église ; et si pouvant les recevoir vous ne le vouliez pas, vous seriez et vous mourriez en état de damnation.

2.- Votre respect s'adresse donc à moi et au glorieux sang de mou Fils, qui est une même chose avec moi par l'union de la nature divine à la nature humaine. Comme ce n'est pas à eux, mais à moi que s'adresse ce respect, c'est à moi aussi que le manque de respect s'adresse. Je te l'ai déjà dit, vous ne leur devez pas le respect pour eux, mais pour l'autorité que je leur ai donnée ; et en les offensant, c'est moi et non pas eux qu'on offense je l'ai formellement défendu en disant : Je ne veux pas qu'on touche à mes Christs.

3.- Personne ne peut s'excuser en disant : Je ne fais pas injure à l'Église et je ne me révolte pas contre elle, mais contre les défauts des mauvais pasteurs. Celui qui parle ainsi se ment à lui-même et s'aveugle par amour-propre ; il voit la vérité, mais il veut paraître ne pas la voir, pour cacher les remords de sa conscience. Il voit bien qu'il persécute le Verbe, mon Fils, et non pas de simples hommes ; l'injure s'adresse à moi comme le respect. Je reçois tous les torts, les mépris, les affronts, les reproches, les opprobres dont ils sont l'objet ; car je regarde comme fait à moi-même tout ce qu'on leur fait.

4.- Je le répète, je ne veux pas qu'on touche à mes Christs ; c'est moi seul qui dois les punir. Les méchants montrent le peu de respect qu'ils ont pour le sang de mon Fils, et combien ils font peu de cas du trésor que je leur ai donné pour le salut et la vie de leurs âmes : pouvez-vous recevoir plus qu'un Homme-Dieu pour nourriture? Parce que je ne suis pas honoré par mes ministres, ils m'honorent moins encore en les persécutant à cause de leurs défauts et de leurs péchés. S'ils les respectaient véritablement, à cause de moi, ils ne cesseraient pas de le faire, à cause de leurs défauts, car aucun de leurs défauts ne diminue la vertu du sang de mon Fils et ne doit par conséquent diminuer le respect : quand ce respect diminue, on m'offense.

5.- Cette offense est plus grave que toutes les autres, pour beaucoup de raisons, dont voici les trois principales. Premièrement, ce qu'on leur fait est fait à moi-même. Secondement, on viole mon commandement, puisque j'ai défendu (202) de les toucher : on méprise ainsi la vertu du sang reçu dans le saint baptême ; car on désobéit en faisant ce qui est défendu et en se révoltant contre ce sang qu'on ne respecte plus et qu'on persécute. Ceux qui agissent ainsi sont des membres corrompus, séparés du corps mystique de la sainte Église ; et s'ils persistent dans leur révolte, s'ils demeurent dans leur mépris, ils tombent dans la damnation éternelle. Si dans leurs derniers instants ils s'humilient et reconnaissent leur faute, s'ils veulent se réconcilier avec leurs chefs sans le pouvoir, je leur ferai miséricorde mais ils ne doivent pas attendre ce dernier instant, parce qu'ils ne sont pas sûrs de l'avoir.

6.- La troisième raison qui rend leur faute plus grave que les autres, est que leur péché se commet avec malice et préméditation. Ils savent qu'ils ne peuvent agir ainsi en conscience, et ils m'offensent par un coupable orgueil, sans aucune jouissance corporelle. Ils perdent ainsi leur âme et leur corps. L'âme se meurt par la privation de la grâce, et souvent le ver de la conscience la dévore. Leurs biens temporels se consument au service du démon, et leur corps périt ensuite comme celui des animaux.

7.- Ce péché est commis directement contre moi, sans utilité et sans jouissance, mais par malice et par orgueil, Cet orgueil a sa racine dans l'amour-propre sensitif et dans cette crainte coupable qu'eut Pilate, lorsque, par peur de perdre son pouvoir, il fit mourir le Christ, mon Fils unique. Ainsi font ceux qui ne respectent pas mes ministres. Beaucoup de péchés sont commis par faiblesse ou par ignorance et faute de lumière, ou par malice lorsqu'on connaît le mal qu'on fait, et que pour un plaisir déréglé ou pour un avantage qu'on croit y trouver, on m'offense.

8.- Cette offense est commise contre moi, contre le prochain et contre l'âme. Contre moi, parce qu'on ne rend pas honneur et gloire à mon nom ; contre le prochain, parce qu'on n'accomplit pas envers lui la charité. Cet acte ne m'atteint pas, quoiqu'il se fasse contre moi ; mais l'homme se blesse, et cette offense me déplaît à cause du mal qu'il lui cause.

9.- Cette offense s'adresse à moi directement. Les autres péchés ont quelque prétexte, quelque apparence de raison, quelque intermédiaire ; car je t'ai dit que tout péché et toute (203) vertu s'accomplissaient par le moyen du prochain. Le péché se fait par le manque de charité envers moi et envers le prochain, tandis que la vertu vit de la charité. En offensant le prochain, on m'offense en lui. Mais entre toutes mes créatures raisonnables j'ai choisi mes ministres, et je les ai consacrés pour dispenser le corps et le sang de mon Fils unique, c'est-à-dire la nature divine unie à votre humanité. Aussi, dès qu'ils célèbrent, ils représentent la personne du Christ, mon Fils.

10.- Tu vois donc que cette offense est faite au Verbe, et dès qu'elle est faite à lui, elle est faite à moi, car nous sommes une même chose : les malheureux persécutent le précieux Sang et se privent du trésor qu'ils pourraient en tirer. C'est pour cela que cette offense faite à moi, et non à mes ministres, m'est plus odieuse que les autres péchés ; car l'honneur ou la persécution s'adresse véritablement à moi, c'est-à-dire au glorieux sang de mon Fils, qui est un avec moi. Aussi je te dis que si tous les autres péchés étaient d'un côté et celui-là de l'autre, ce serait ce péché qui pèserait davantage.

11.- Je t'ai manifesté ces choses pour que tu aies plus sujet de pleurer l'injure qui m'est faite, et la perte de ces malheureux. Tes larmes amères et celles de mes serviteurs peuvent obtenir que ma miséricordieuse bonté dissipe les ténèbres où sont plongés ces membres corrompus, séparés du corps mystique de le sainte Église. Mais je ne trouve pour ainsi dire personne qui gémisse sur cet outrage qu'on fait au glorieux et précieux sang de mon Fils, tandis que j'en trouve beaucoup qui m'attaquent sans cesse avec les traits de l'amour déréglé, de la crainte servile et de la présomption. Ils sont si aveugles, qu'ils se glorifient de ce qui est mal, et rougissent de ce qui est bien, comme serait de s'humilier devant leur chef. Ce sont ces défauts qui les ont portés à persécuter le sang de mon Fils.
images/icones/op2.gif  ( 835537 )Réaction de Dieu le Père à Sainte Catherine de Sienne (2) par BK (2017-09-28 23:52:19) 
[en réponse à 835491]

CXV.- De la dignité du sacerdoce.- La vertu des sacrements ne diminue pas par les fautes de ceux qui les administrent, ou qui les reçoivent.


1.- Ainsi faisaient mes doux et glorieux ministres dont je te disais que je voulais te faire voir les mérites avec la dignité que je leur ai donnée en les faisant mes Christs, car en exerçant saintement cette dignité, ils sont revêtus de ce doux et glorieux Soleil que je leur ai donné à communiquer. Regarde Grégoire, Sylvestre et tous les papes qui, avant et après eux, ont succédé à Pierre, au premier Souverain Pontife qui reçut la clef du royaume des cieux, lorsque ma Vérité incarnée lui dit : " Je te donnerai les clefs du royaume du ciel, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans le ciel ; ce que tu lieras sur la terre sera lié dans le ciel " (S. Matth., XVI, 19).

2.- Considère, ma fille bien-aimée, qu'en te montrant la beauté de leur vertu, je te ferai mieux comprendre la dignité à laquelle j'ai élevé mes ministres. Cette clef est celle du sang de mon Fils unique, qui vous ouvre la vie éternelle, depuis longtemps fermés par le péché d'Adam, C'est pour cela que je vous ai donné ma Vérité, le Verbe mon Fils, qui, en souffrant et en mourant, a détruit votre mort et vous a fait un bain de son sang. Ce sang et cette mort, par la vertu de la nature divine unie à la nature humaine, a ouvert au genre humain la vie éternelle.

3.- A qui ai-je laissé les clefs de ce sang? Au glorieux apôtre Pierre et à tous ceux qui sont venus et qui viendront après lui jusqu'au jour du jugement. Tous ont eu et auront la même autorité que Pierre, et aucune de leurs fautes ne diminuera cette autorité et n'affaiblira la perfection du sang dans les sacrements ; car comme je te l'ai dit, ce Soleil n'est souillé par aucune impureté, et il ne perd pas sa lumière par les ténèbres du péché mortel qui se trouvent dans celui qui le distribue ou qui le reçoit. La faute d'un homme ne peut jamais nuire aux sacrements de l'Église ni diminuer leur vertu, elle diminue seulement la grâce, et la culpabilité augmente dans ceux qui les administrent ou les reçoivent indignement.

4.- Ainsi le Pape, mon Christ sur terre, tient les clefs (200) du sang comme je te l'ai montré en figure lorsque je voulus te faire comprendre quel respect les séculiers devaient avoir pour mes ministres, bons ou mauvais, et combien ils m'offensaient en ne les respectant pas. Tu sais que je t'ai montré le corps mystique de la sainte Église sous la figure d'un cellier qui renfermait le sang de mon Fils unique, et c'est par ce sang que tous les sacrements ont leur vertu et contiennent la vie.

5.- A la porte de ce cellier est mon Christ sur terre ; il est chargé de distribuer le sang et de désigner ceux qui aideront son ministère dans toute l'étendue de la chrétienté. A lui seul appartient l'onction qui donne le pouvoir ; nul ne peut le faire que lui ; c'est de lui que sort tout le clergé, et il donne à chacun ses fonctions dans la distribution de ce précieux sang.

6.- Comme il les a choisis pour ses auxiliaires, il a le droit de les corriger de leurs fautes, et je veux qu'il en soit ainsi. A cause de la dignité et de l'autorité dont ils sont revêtus, je les ai affranchis du pouvoir et de la servitude des princes de la terre. La loi civile n'a pas à les punir de leurs infidélités, ils ne relèvent que de leur supérieur dans la loi divine. Je les ai sacrés, et il est dit dans l'Ecriture : " Ne touchez pas à mes Christs " (Ps. CIV,15).

Aussi, le plus grand malheur qui puisse arriver à l'homme, c'est de se faire leur juge et leur bourreau.
images/icones/neutre.gif  ( 835598 )C'est dans quel ... par Louisneuf (2017-09-29 14:11:39) 
[en réponse à 835537]

... livre de St Catherine de Sienne dont vous tirez les citations ?

Je reprends le point 6 :

"6.- Comme il les a choisis pour ses auxiliaires, il a le droit de les corriger de leurs fautes, et je veux qu'il en soit ainsi. A cause de la dignité et de l'autorité dont ils sont revêtus, je les ai affranchis du pouvoir et de la servitude des princes de la terre. La loi civile n'a pas à les punir de leurs infidélités, ils ne relèvent que de leur supérieur dans la loi divine. Je les ai sacrés, et il est dit dans l'Ecriture : " Ne touchez pas à mes Christs " (Ps. CIV,15).

Aussi, le plus grand malheur qui puisse arriver à l'homme, c'est de se faire leur juge et leur bourreau."


Donc les crimes de pédophilies, par exemple, devraient être jugés seulement pas l'Eglise et non par le pouvoir civil.
images/icones/1n.gif  ( 835622 )Dialogue de Sainte Catherine de Sienne par BK (2017-09-29 15:50:27) 
[en réponse à 835598]

je m'étonne que vous sembliez être passé à côté de l'enjeu du texte pour relever un point de détail historique.

Peut-être est-ce une manœuvre pour essayer d'ébranler ceux qui le liraient avec la bonne foi qui lui est due ?
images/icones/neutre.gif  ( 835660 )Pas du tout ... par Louisneuf (2017-09-29 18:04:15) 
[en réponse à 835622]

... et ce n'est pas une manoeuvre mais une simple remarque. Et ceux qui liront ce texte sont suffisamment intelligent pour ne pas être détournés de l'objet principal du texte cité.

Sinon merci pour la référence.
images/icones/neutre.gif  ( 835710 )N’avez-vous pas… par Marquandier (2017-09-29 21:45:39) 
[en réponse à 835537]

…des réactions (de Dieu le Père dites-vous !) sur l’absolution, la communion, les divorces, les réengagements etc. ?