Le Forum Catholique

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images/icones/neutre.gif  ( 834667 )Feu la Chrétienté ? par Cathether (2017-09-11 13:30:09) 

Chronique intéressante de Mgr Wintzer, dans La Croix

Chronique

images/icones/attention.gif  ( 834674 )Pour se connecter à l'article ! par vistemboir2 (2017-09-11 14:54:42) 
[en réponse à 834667]

http://www.la-croix.com/Debats/Forum-et-debats/Feu-chretiente-2017-09-11-1200875872

images/icones/sacrecoeur.gif  ( 834678 )J'aime ces lignes-là : la guerre à faire c'est ... par Glycéra (2017-09-11 15:06:35) 
[en réponse à 834674]

le XX° était devenu ...


un monde de « clients » où le benchmarking devient la règle d’évaluation des succès et des échecs, où le nombre l’emporte et devient critère pour mesurer la force de l’Évangile et de sa pertinence.

À cela je préfère cette attitude qu’exprimait le patriarche Athénagoras : « Il faut mener la guerre la plus dure qui est la guerre contre soi-même. Il faut arriver à se désarmer. J’ai mené cette guerre, pendant des années. Elle a été terrible. Mais maintenant, je suis désarmé. Je n’ai plus peur de rien, car “l’amour chasse la peur”. Je suis désarmé de la volonté d’avoir raison, de me justifier en disqualifiant les autres. Je ne suis plus sur mes gardes, jalousement crispé sur mes richesses. J’accueille et je partage. Je ne tiens plus particulièrement à mes idées, à mes projets. Si l’on m’en présente de meilleurs, je les accepte sans regret. Ou plutôt, non pas meilleurs, mais bons. J’ai renoncé au comparatif. »

(Olivier Clément, Dialogues avec le patriarche Athénagoras, Fayard, 1976, p. 183).



Cela rejoint l'analyse terrible pour un catholique : la catastrophe n'est pas venue d'un manque de savoir dans les séminaires, mais d'un manque de vie intérieure. Personne ne nous enseignait à prier, ni comment y arriver.

Il est urgent d'y parvenir !
La guerre sainte, la seule vraie, la "grande" est l'intérieure. L'autre est la "petite", et, seule, elle ne produit jamais de grands fruits.
images/icones/carnet.gif  ( 834677 )Sinon voici le texte par vistemboir2 (2017-09-11 15:03:45) 
[en réponse à 834667]


Feu la chrétienté ?

La Croix, le 11/09/2017 à 10h56

Mgr Pascal Wintzer, archevêque de Poitiers

Feu la chrétienté. Tel est le titre d’un ouvrage publié par Emmanuel Mounier en 1950, réédité et commenté par Guy Coq en 2013. J’y ajoute un point d’interrogation, non pour nier cette réalité qui marque la France et sans doute l’ensemble des pays européens, mais afin d’ouvrir à un questionnement sur les conséquences de ce fait.


Dans un texte du soir de sa vie, le père Congar partait du même constat de la fin de la chrétienté. Il parlait lui de la fin du « tridentisme », pour insister sur l’ancrage dans la personne de Jésus-Christ. « Le sort de l’Église me semble de plus en plus être lié à une vie spirituelle et même surnaturelle, celle de la vie chrétienne. Je pense qu’actuellement seuls peuvent tenir le coup les chrétiens qui ont une vie intérieure. Dans le tridentisme (le modèle d’Église hérité du concile de Trente et qui a duré jusqu’au milieu du XXe siècle), il y avait une espèce de mise en condition, sans donner de sens péjoratif à ce terme, je veux dire une sorte d’enveloppement, de cadre, dans lequel on entrait et on restait. Tandis qu’aujourd’hui (…) étant donné que nous vivons dans un monde sécularisé (et particulièrement sous l’influence des médias), je crois qu’il est impossible de garder une vie chrétienne sans une certaine vie intérieure. » (Entretiens d’automne, Cerf, 1987, p. 11-12.)

La disparition de la « société chrétienne » a pour conséquence que les institutions sociales ne sont plus porteuses de la foi chrétienne. Peut-on s’en satisfaire si l’on mesure ce que cela produit ? Certes, la foi naît avant tout d’une rencontre, mais celle-ci ne dépend-elle pas de nombre de médiations ? C’est parce qu’il y a des institutions (paroisse, école catholique, mouvement apostolique, communauté…) que le Christ est annoncé, que des hommes et des femmes accèdent à une rencontre avec Jésus-Christ. La plupart de celles et ceux qui sont aujourd’hui disciples du Christ ont été engendrés à la foi par l’Église et ses expressions institutionnelles.

La chrétienté était le lieu, pour une large population, de ces médiations ; elle inscrivait aussi la vie et la pratique chrétiennes dans des formes collectives, communautaires si l’on veut, et aussi dans la société, rurale et villageoise le plus souvent. La seule rencontre personnelle avec le Seigneur, si elle est certainement la source de l’acte de foi, ne peut donc se satisfaire d’elle-même pour édifier une vie chrétienne. Elle n’est qu’un premier pas, bien entendu décisif, mais qui ne peut oublier les défis offerts par les mentalités du temps.

Par ailleurs, ne retenir que la dimension personnelle de l’expérience chrétienne, ou même simplement en faire le point d’insistance privilégié, ne conduit-il pas à faire son deuil d’une présence sociale des chrétiens et même d’une « société chrétienne » (expression bien sûr à préciser) ? Ne seraient alors chrétiens que les personnes en capacité de faire des choix (dont celui de la foi), de se démarquer de la culture main­stream, et des diktats médiatiques ; qu’en est-il du « petit peuple » ? Du christianisme populaire ? Ceci risque de dessiner une sociologie du christianisme : non seulement le nombre des croyants est et sera plus restreint, mais surtout ce sont et ce seront de plus en plus les classes éduquées, élevées, en capacité de vivre des démarcations d’avec les modes, qui composeront l’essentiel des communautés chrétiennes. Plus identitaires, ces personnes attendront de l’Église qu’elle soit davantage un soutien pour vivre une identité plus forte et plus démarquée. On pourrait aussi parler d’un catholicisme affinitaire, lequel développe les affinités et sépare les croyants.

Feu la chrétienté, en effet, feu le christianisme comme modèle d’unité sociale, et vive les appartenances selon les affinités et les goûts ! Un monde nouveau est là, un monde de « clients » où le benchmarking devient la règle d’évaluation des succès et des échecs, où le nombre l’emporte et devient critère pour mesurer la force de l’Évangile et de sa pertinence. À cela je préfère cette attitude qu’exprimait le patriarche Athénagoras : « Il faut mener la guerre la plus dure qui est la guerre contre soi-même. Il faut arriver à se désarmer. J’ai mené cette guerre, pendant des années. Elle a été terrible. Mais maintenant, je suis désarmé. Je n’ai plus peur de rien, car “l’amour chasse la peur”. Je suis désarmé de la volonté d’avoir raison, de me justifier en disqualifiant les autres. Je ne suis plus sur mes gardes, jalousement crispé sur mes richesses. J’accueille et je partage. Je ne tiens plus particulièrement à mes idées, à mes projets. Si l’on m’en présente de meilleurs, je les accepte sans regret. Ou plutôt, non pas meilleurs, mais bons. J’ai renoncé au comparatif. » (Olivier Clément, Dialogues avec le patriarche Athénagoras, Fayard, 1976, p. 183).

Bien entendu, mon propos ne vise en rien à restaurer ce qui ne peut l’être, mais il souligne que je n’entends pas, pour ma part, encourager l’éclatement du monde catholique que génère la fin de la chrétienté. Je comprends ma mission comme devant encourager non seulement la communion mais l’unité. Oui, je suis catholique : l’unité de l’Église, telle que je la comprends et entends la servir ne sera jamais sur le modèle de celle des Églises issues de la Réforme. Ce n’est pas un modèle fédératif qui est mon idéal ou mon projet.

images/icones/neutre.gif  ( 834694 )Je ne lirai pas ce texte. par Yves Daoudal (2017-09-11 17:36:17) 
[en réponse à 834667]

J'ai lu un texte de Mgr Wintzer, je n'en lirai pas deux.

Celui que j'ai lu, c'est celui par lequel il rejetait fermement l'invitation du cardinal Sarah de célébrer ad orientem.

Un refus ferme et définitif, au motif unique que la messe doit être "festive".

Mgr Wintzer ne faisait aucune allusion à la tradition liturgique de l’Eglise, aux traditions tant d’Orient que d’Occident… Y compris Vatican II, qui n’a nullement édicté, ni demandé, que le prêtre tourne le dos à Dieu (O Oriens).

Quand un évêque catholique parle de ce qui doit se faire dans la liturgie sans évoquer le moindre élément de la tradition catholique, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche…

Et je suis toujours sidéré de voir un évêque afficher fièrement son mépris du symbolisme sacré.

Cette réaction montrait d'autre part que l'idéologie "œcuméniste" n'a rien à voir avec l'œcuménisme. Car il se trouve que toutes les Eglises orientales ont une liturgie orientée, et aussi les protestants les plus proches du catholicisme. Mgr Wintzer leur crachait à la figure.

Je ne lirai plus la prose de ce personnage.
images/icones/1p.gif  ( 834700 )Mgr Wintzer acte la disparition de ses ouailles progressistes et refuse les nouvelles par Gaspard (2017-09-11 19:05:47) 
[en réponse à 834667]

Mgr Wintzer le constate : les structures (écoles, paroisses etc.), qui lui fournissaient tranquillement baptêmes, confirmations, mariages, fidèles à la messe, intentions de prière, casuel, legs etc. ne le font plus; toutes ces "médiations" comme il dit ont disparu, ou n'existent plus que nominalement.

Il y a pourtant d'autres structures qui elles sont florissantes... mais il n'en veut pas. Bien sûr il ne les nomme pas, mais comment ne pas penser aux communautés tradi (le quart des prêtres ordonnés en 2017), classiques (communauté St Martin par exemple) ou autres charismatiques ?

Mais ces nouvelles forces vives, il n'en veut tout simplement pas. Elles menaceraient "l'unité" de son diocèse !

Mgr Wintzer ne prend même pas la peine d'appeler à une quelconque évangélisation selon sa sensibilité : il est trop évident que "c'est mort", la méthode Coué en vigueur pendant 50 ans ("les merveilleux fruits du Concile" etc.) ne peut plus décemment être encore utilisée.

Alors monseigneur déplore qu'il n'a plus rien à gérer, et refuse les nouveaux mouvements dynamiques - qui n'ont pas l'heur de lui convenir.

C'est que, comme il le déplore amèrement, les nouvelles ouailles sont "éduquées, élevées, en capacité de vivre des démarcations d’avec les modes" !!!

"Qu'en est-il du petit peuple" se lamente l'évêque de Poitiers. Sous-entendant donc : où sont passées mes ouailles peu éduquées, incapables de se démarquer des modes, obéissant sans sourciller aux désiderata modernistes de son évêque ? Eh bien, pour être peu éduqué, le petit peuple qui fréquentait les églises n'était pas idiot pour autant : il n' pas produit une critique intellectuelle des divagations liturgiques et théologiques auxquelles il assistait, mais il a été parfaitement capable de se démarquer de "l'esprit du concile" : il est tout simplement parti. Massivement déjà dans la génération qui a vécu l'après-concile, et pour la presque totalité dans les générations suivantes. Sans faire du bruit.

Mais lorsqu'un évêque affirme que son métier n'est que de gérer l'existant, qu'il constate que l'existant a pratiquement disparu, et qu'il refuse le nouveau, pourquoi rester évêque ?