Le Forum Catholique
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( 832949 )
Anecdote sur la perte de la Foi par Aigle (2017-08-10 08:02:08)
Il est effrayant de voir comme certains points fondamentaux de notre Foi sont perdus de vue de nos jours.
Hier soir je dînais avec des gens sympathiques, cultivés, qui avaient entre 50 et 70 ans et se présentaient comme catholiques pratiquants.
Ils avaient Néanmoins décidé de boycotté le curé du lieu de leurs vacances au motif que celui ci était intégriste. La preuve qu'ils m'en ont donné était simple. Au moment de la Communion, ce curé indiquait au Peuple que seuls pouvaient communier les Catholiques et les Orthodoxes, les autres chrétiens pouvant recevoir une simple bénédiction.
Ce point de vue (que pour ma part je juge bien "light") les indignait. En effet en tenant de tels propos, ce prêtre "excluait". Il refusait d'assumer sa fonction qui était tenez vous bien "d'unir les hommes entre eux". "Le prêtre doit être un homme de concorde" m'a t on expliqué...
Une dame a même précisé que son gendre était protestant ...et que s'il était venu assister à cette messe et avait entendu de tels propos, il aurait alors "fait un scandale" (sic) dans l'église ! Et on a pas manqué de s'indigner d'un prêtre dont la position était aux antipodes de ce que pensait le pape François...qui a garanti le droit à la communion pour les protestants, les homosexuels et les divorces ..
Je suis stupéfait par la banalisation de propos qui reposent finalement sur une à doctrine non catholique bien établie : le prêtre ne doit plus avoir aucune autorité, il doit prêche une sorte de credo humanitaire consensuel, chacun a le droit de communier , ..et le pape l'a d'ailleurs dit !

( 832950 )
une des raisons de fond par jejomau (2017-08-10 08:12:39)
[en réponse à 832949]
de ce que vous appelez "le manque de foi" vient souvent plutôt d'un manque de connaissances sur cette Foi.
Il y a en effet deux sortes de gens.
Ceux qui n'ont rien reçu. Pas de catéchisme, pas de milieu chrétien, etc... Alors qu'ils ont été quand même baptisés à leur naissance
Ceux qui ont reçu.... MAIS uniquement dans l'enfance, voire l'adolescence.
Souvent, la catéchèse s'arrête après la confirmation. Les prêtres s'imaginent qu'ils ont accompli leur devoir et que tout est fini. C'est là une grave erreur.
C'est justement à partir de 17 ans environ et jusqu'à 25 ans que ces jeunes ont besoin de connaissances solides. De connaissances apprises. C'est à cet âge qu'ils se posent de nombreuses questions et qu'ils cherchent les réponses...
On remarquera aussi que c'est justement à cet âge que les sectes recrutent, que de nombreux jeunes abandonnent la pratique ou se détournant de l'Eglise..

( 832978 )
Je pense aussi à bien des homélies absolument indigentes. par Scrutator Sapientiæ (2017-08-10 17:55:36)
[en réponse à 832950]
Bonjour jejomau,
Vous avez bien raison d'écrire ce que vous formulez dans votre message, mais je pense aussi à bien des homélies absolument indigentes, y compris quand ces homélies émanent d'évêques.
J'en ai connu certains qui ont commencé par être d'accord avec presque tout le monde, sauf, évidemment, avec les catholiques conservateurs ou traditionnels, et qui ont fini par n'avoir plus rien d'un tant soit peu fortifiant et nourrissant à dire à personne.
Ce que je comprends, c'est le comment de cette auto-décatholicisation, ainsi que le pourquoi des origines de cette auto-décatholicisation, mais j'avoue ne pas comprendre le pourquoi de la persistance, ou de la résilience, de cette auto-décatholicisation, en aval de la fin des années 1970 ou de la fin des années 1980, de la part de clercs qui ont bien vu, tout de même, que cette stratégie les conduit au désastre...
Merci beaucoup pour tout éclairage sur les raisons profondes de cette persévérance et bonne journée.
Scrutator.

( 832994 )
Cher SS bonnes questions par Aigle (2017-08-10 19:33:35)
[en réponse à 832978]
Merci Scrutator. Pourquoi cette auto destruction perdure t elle ? Deux pistes possibles.
Primo peut être parce que les évêques et théologiens qui la promeuvent sont convaincus qu'après 1700 ans d'erreurs, ils ont enfin trouvé la Vérité catholique qui consiste à tendre la joue gauche, à voir en Notre Seigneur un sympathique hippie épris de Tolérance , etc ...à l'inverse les tradis ont tout faux en restant attachés aux erreurs "constantiniennes".
Secundo, parce qu'ils aiment être des notables. Pensez que Mgr Aillet est déteste par France 3 et Sud Ouest. Il y a des manifestations dans la rue contre lui. Alors qu'un évêque mondain pourra bénéficier d'interviews complaisantes dans la presse locale, passera de temps en temps à la télé et sera couvert d'éloges par les élus et tous les notables (y compris l'imam). Avec à la clef une invitation à dîner à la préfecture ?

( 833009 )
Ce qu'il faut bien comprendre... par Signo (2017-08-10 21:38:38)
[en réponse à 832978]
... c'est que la génération 68 a définitivement rompu avec tout ce qui a fait l'Eglise pendant 2000 ans: la Tradition, la spiritualité traditionnelle, les Apôtres, les Pères, les Docteurs, le Magistère des Papes, la doctrine, les dogmes, la Liturgie, la théologie. Il s'agit pour beaucoup d'une rupture brutale, profonde et radicale avec tout le passé de l'Eglise. Evidemment, il y a des nuances, chez certains la rupture est moins nette. Mais dans l'ensemble, il y a effectivement (et quand bien même les intéressés diraient le contraire) un rejet de tout le passé du christianisme au profit d'une sorte de simili-religiosité vaguement chrétienne mais très clairement progressiste et post-moderne.
Ces clercs n'ont rien vu du désastre; mieux même, ils s'en sont félicités, y voyant l'occasion de faire advenir un christianisme sans institution, sans clergé, sans doctrine, modèle qui correspondait à leurs aspirations.
Il faut bien comprendre qu'il n'y a strictement rien à attendre de cette génération: elle disparaîtra dans sa cécité et ses illusions.

( 833194 )
N'en sommes-nous pas à la troisième génération ? par Scrutator Sapientiæ (2017-08-13 09:53:12)
[en réponse à 833009]
Bonjour et merci, Signo.
Je vous remercie pour votre réponse, qui m'aide à prendre encore plus conscience de l'ampleur de cette "rupture brutale, profonde et radicale avec tout le passé de l'Eglise", comme vous l'écrivez.
Je crois vraiment que nous en sommes à la troisième génération de théologiens partisans et promoteurs de cette rupture, puisque nous avons connu, pour le dire rapidement, successivement :
- la génération des Chenu, Congar, Rahner, Teilhard,
- la génération des Dupuis, Duquoc, Geffré, Moingt,
- la génération des Salenson, Theobald, Thomasset, etc.
A partir de là, je partage avec vous les deux questions ou réflexions suivantes :
- d'abord celle-ci : qui sont actuellement les formateurs des formateurs des futurs prêtres et des futurs évêques, dans les séminaires, notamment et surtout (inter)diocésains ? Qui sont aujourd'hui les auteurs, et quelles sont aujourd'hui les idées, qui inspirent les enseignants qui enseignent aux futurs prêtres et aux futurs évêques, en philosophie et en théologie ?
- ensuite celle-ci : il se trouve que j'ai lu, cet été, le livre de Hans Kung intitulé "Une théologie pour le troisième millénaire (pour un nouveau départ oecuménique)", et que le contenu de cet ouvrage, paru à la fin des années 1980, m'inspire la remarque suivante :
a) d'une part, ce n'est pas un nouveau départ oecuménique, mais un nouveau départ unanimiste, globalement approbateur de presque tout, sauf du patrimoine dogmatique, liturgique, spirituel, spécifique au christianisme catholique, notamment en ce qu'il a de prescripteur de ce qui est vrai, juste et bon, et en ce qu'il a de proscripteur de ce qui est faux, injuste et mauvais ;
b) d'autre part, ce nouveau départ est légitimé par une certaine forme d'axiologisme historiciste ou par un certain type de déterminisme historique : dans l'histoire du christianisme en général, et dans celles du catholicisme, de l'orthodoxie, du protestantisme, en particulier, d'après Hans Kung, des paradigmes n'ont pas cessé de succéder les uns aux autres, et il convient, dans les deux dernières décennies du XX° siècle, et en vue du troisième millénaire, de mettre en avant et en valeur un nouveau paradigme, celui de la post-modernité, puis de faire en sorte que les chrétiens, en général, les catholiques, en particulier, s'y rallient ou s'y soumettent...
Si je comprends bien ce que vous écrivez, il semble bien que ce soit cela que les théologiens et les évêques concernés ont en tête : l'élaboration puis l'organisation du ralliement, voire de la soumission, des catholiques à la post-modernité, et je trouve cette perspective absolument effrayante, et difficile à contre-carrer...
Je dirais même qu'il est probablement extrêmement difficile de faire prendre conscience, à des catholiques de bonne volonté, de la dangerosité de cette perspective, puisqu'une telle perspective sera toujours jugée moins identitaire, donc moins illégitime, qu'une perspective alternative, globalisante, et placée, elle, sous le signe de la résistance catholique, face à la post-modernité.
Bon dimanche.
Scrutator.

( 833288 )
Ce qu'il faut bien comprendre... par Signo (2017-08-14 01:19:55)
[en réponse à 833194]
...c'est que le processus de destruction du catholicisme (et plus généralement de la civilisation européenne) suit deux grandes étapes:
I/ LA MODERNITE:
Première étape de la "déconstruction": la soi-disante
"Renaissance", avec son humanisme qui entend concevoir un monde dans lequel l'homme s'autonomise par rapport à la vérité divine; (XVe s.). On ne nie pas encore Dieu, mais on l'écarte de la place centrale qui doit être la sienne;
Deuxième étape: la
"Réforme" protestante: au nom du libre-examen, on remet frontalement en cause la Tradition, au profit d'une soumission fondamentaliste et exclusive à la Bible(le
sola Scriptura de Luther); (XVIe s.)
Troisième étape:
le libéralisme théologique et le modernisme du XIXe s., fruits du rationalisme du XVIIIe s., qui remettent en cause l'Ecriture elle-même au profit de la Raison.
C'est à partir de ce troisième courant que va se développer le mouvement de remise en cause qui va dévaster l'Eglise après Vatican II: on "déconstruit", après les avoir soumis à la critique, tous les aspects les plus fondamentaux de la foi. Le domaine dans lequel ce mouvement produit les effets les plus spectaculaires est la liturgie. Ces idées profiteront de l'immense
"fatigue d'être soi" des européens occidentaux, qui les conduit à une auto-destruction complète. C'est le temps de la mode marxiste et tiers-mondiste dans les structures écclésiales, de l'abandon des pratiques liées à la piété populaire au nom du rationalisme, etc.
II/ LA POST-MODERNITE:
La modernité créée le vide par la critique puis par la déconstruction, la post-modernité assume ce vide et le considère comme le summmum du Progrès.
La modernité c'est l'idéologie, le faux oecuménisme, mais dans le cadre d'une pensée encore structurée, développée par des gens qui baignent encore dans la culture chrétienne traditionnelle qu'ils critiquent;
la post-modernité, c'est le néant, l'incohérence, l'absence de toute forme de culture solide, la "fluidité" et l'unanimisme, comme l'explique très bien le R.P Thierry Dominique Humbrecht (O.P) dans cette vidéo à partir de la 7e minute:
ICI.
Hans Kung est un penseur moderne dont les derniers écrits témoignent de ce passage vers la post-modernité: ces écrits consacrent, comme l'avait constaté Hans Urs von Balthasar, l'abandon final du christianisme lui-même au profit d'une post-religiosité unanimiste.
Dans le domaine liturgique, le passage de la
modernité à la
post-modernité correspond au passage d'une liturgie rationnalisante, intellectualisante et très idéologique (années 1970), à une liturgie "molle" et mièvre, submergée de sentimentalisme et d'irrationalité (un excès appelant toujours l'excès inverse; exemple: les liturgies du P. David Gréa à l'église Sainte-Blandine à Lyon,
voir ici)
Et le Concile dans tout ça? Et la réforme liturgique?
La difficulté pour l'Eglise dans ce contexte est de continuer sa mission (l'évangélisation pour le salut du plus grand nombre) dans un contexte qui lui est de plus en plus hostile (hostilité puis indifférence). Elle doit naviguer entre deux écueils:
-celui qui consisterait à se considérer comme une
forteresse assiégée au milieu d'un monde mauvais auquel il ne faudrait rien concéder, au risque de voir s'installer un décalage avec le monde actuel tel que toute évangélisation devienne impossible;
-celui qui consisterait à faire à la modernité des concessions telles qu'elle en perdrait et sa pureté doctrinale ("le bon combat de la foi" dont parle Saint Paul) ainsi que son
identité et sa
nature profonde.
La bonne voie dans ce contexte étant de faire à la modernité un certain nombre de concessions sur des points secondaires pour préserver la pureté de l'essentiel et ainsi rendre la foi chrétienne authentique communicable aux hommes de notre temps. Cela a été l'ambition (louable et nécessaire) du Concile, et c'est cette vision que reflète les textes conciliaires. Exemple: pour "annoncer l'Evangile à toutes les nations", il est bien plus constructif, par exemple, d'encourager l'engagement des chrétiens dans les nouveaux moyens de communication modernes pour en faire des canaux d'évangélisation, plutôt que de se contenter de réitérer stérilement les condamnations de la liberté de la presse et d'expression édictées par les Papes de la fin du XIXe siècle dans un contexte bien différent.
La réforme liturgique a souhaité quant-à elle faire des concessions limitées à un certain pastoralisme nécessaire (exemple: une introduction limitée du vernaculaire dans les célébrations, ce que concevait tout à fait même Mgr Lefebvre au moment du Concile) tout en maintenant (et même en restaurant) l'idée que la liturgie s'adresse à Dieu et qu'elle ne doit pas se faire "avaler" par ce pastoralisme. Sage démarche, complètement incomprise aussi bien par les traditionnalistes (qui s'empressèrent d'y voir une protestantisation de la liturgie) que par la majorité acquise aux idées progressistes, qui s'empressèrent d'oublier les 3/4 des recommandations conciliaires pour appliquer le reste dans un esprit de rupture complète avec la Tradition, débouchant dans les paroisses, sur un ralliement
de facto à une forme de néo-protestantisme particulièrement libéral...
Hélas, au sein même de la réforme liturgique, à côté de certains éléments allant indéniablement dans le sens d'un retour à la Tradition (comme le montre l'exemple développé
ICI, mais il y en a beaucoup d'autres),
un certain nombre d'aspects de cette réforme expriment une certaine influence du rationalisme (suppression de certaines vigiles, de certains rites pourtant hautement significatifs, etc) mais de manière assez limitée au final. On a donc une réforme ambivalente, allant tout de même globalement dans le bons sens, mais dont les intuitions furent complètement incomprises du fait du contexte de l'époque et qui déboucha donc sur un fiasco total.
Morale de l'histoire: quand on envisage une réforme, il ne faut pas seulement se demander si cette réforme est bonne et va dans le bon sens, il faut aussi se demander si le contexte dans lequel elle va être appliquée est favorable à une bonne compréhension et donc à une bonne mise en oeuvre. De toute évidence, ce ne fut pas le cas des années post-conciliaires...

( 832953 )
Benoît XVI par Ritter (2017-08-10 08:50:09)
[en réponse à 832949]
N'avait-il pas déclaré, l'Europe terre de mission.
ceux qui la mettent en esclavage, ont été un peu agacé, la suite on la connait...
Comme le dit, un de ceux qui travailla activement à cette mise en esclavage: il n'y a plus de place pour les chrétiens, au moyen orient. Il n'y en aura bientôt plus en Europe.
Que voulez-vous, la (re)constitution d'une élite des temps avant le Christ, poursuit son cours.
Alors il n'y a plus rien d'étonnant.
Une dame a même précisé que son gendre était protestant ...et que s'il était venu assister à cette messe et avait entendu de tels propos, il aurait alors "fait un scandale" (sic) dans l'église !
Encore une belle mère frustrée.

( 832954 )
Quand le fils de l'homme reviendra trouvera t'il la Foi sur terre ? par Mboo (2017-08-10 09:17:06)
[en réponse à 832949]
Ici on a à faire à ceux qui sont juste catholique de nom, et sont totalement ignorant des vérités de la Foi catholique, ces cas ne me scandalisent pas vraiment.
Mais quand aujourd’hui j'écoute certain religieux, certains prêtres et même....certain Pape, mon inquiétude est à son paroxysme, et je me demande toujours ce qui se passe. Je trouve la situation comparable à une société où tout d'un coup les professeurs de maths quand ils calculent font 1+1=5 et non 2, et presque tout le monde trouve normal...

( 832965 )
2X2=4... par Marchenoir (2017-08-10 13:18:47)
[en réponse à 832954]
« Deux fois deux : quatre », à mon avis, respire l’imprudence. « Deux fois deux : quatre » me dévisage insolemment. Les poings sur les hanches, il se plante au milieu de notre route et nous crache au visage. J’admets que « deux fois deux : quatre » est une chose excellente, mais s’il faut louer, je vous dirais que « deux fois deux : cinq » est aussi parfois une petite chose bien charmante » (Les Carnets du Sous-Sol)
(je rigole, hein...)

( 832956 )
Le dit pape par Steve (2017-08-10 09:30:56)
[en réponse à 832949]
Le dit pape (pour autant qu'il ait été validement élu) n'a pas (encore) énoncé ces âneries qu'on lui attribue ; mais, dépassé par le message médiatique parallèle (comme le dernier Concile l'a été), il sert d'alibi pour des "avancées" qu'il ne souhaite (peut-être) pas.
Décidément, un certain nombre de chrétiens européens sont devenus cinglés de chez cinglés.

( 832957 )
Les gens se contentent de répéter le discours à la mode par Jean-Paul PARFU (2017-08-10 10:08:06)
[en réponse à 832949]
Et qu'ils appliquent ensuite à la religion par exemple.
Dans l'Allemagne des années 30, vous auriez eu le discours inverse du style : "on en a marre de ces curés judéophiles qui nous prêchent un pseudo amour universel".
Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que la plupart des gens ne sont pas des meneurs d'opinion, mais suivent ce qu'ils comprennent comme étant le discours qui "fait consensus", le discours officiel, le discours majoritaire et à la mode.
Il ne faut pas toujours comprendre les termes "élite" et "peuple" dans un sens seulement ou purement socio-économique. Appartient au "peuple", au sens où je l'emploie ici, celui qui suit et à "l'élite", celui qui mène ou qui résiste à la pensée dominante.

( 832964 )
Merci maître par Aigle (2017-08-10 12:43:30)
[en réponse à 832957]
Oui maître vous avez parfaitement raison de dénoncer la pénétration des idées de la société civile dans l'Eglise et parmi les fidèles.
Mais j'ajoute d'autres points
- l'ignorance radicale de la discipline sacramentelle par des pratiquants âgés
- la sottise de cette revendication de voir communier des Protestants. Est ce que moi je voudrais communier au temple ?
- L'argumentaire employé est effrayant : il n'a pas un moment été question d'oecumenisme mais simplement d'ouverture à l'autre, de concorde, d'union, thèmes maçonniques d'ailleurs me semble t il qui pouvaient ouvrir la porte à la communion des non chrétiens ...
- le rôle très nocif des ambiguïtés pontificales ...
J'ai oublié de préciser qu'il était ici question de fidèles "ordinaires".
On peut se demander si nous faisons encore partie de la même Église. Tout cela ne va t il pas aboutir au fait que nous n'aurons bientôt rien en commun avec ces gens !
Sans oublier que l'arrivée dans les paroisses ordinaires d'une nouvelle génération de prêtres crypto tradis ou simplement classiques va provoquer des frictions avec ce genre d'ouailles ...

( 832982 )
Il y a bien des théologiens qui 'christianisent' telle philosophie à la mode. par Scrutator Sapientiæ (2017-08-10 18:17:18)
[en réponse à 832957]
Bonjour Jean-Paul PARFU,
Il y a bien des théologiens qui, de génération de théologiens en génération de théologiens, consacrent une grande partie de leur temps à la "christianisation", ambivalente ou hétérodoxe, de telle philosophie (post)moderne à la mode, ou à la "catholicisation", artificielle ou superficielle, de telle théologie protestante à la mode, alors pourquoi bien des fidèles ne se contenteraient-ils pas "de répéter le discours à la mode", comme vous-même l'écrivez ?
Avec les années, j'ai acquis la conviction que la plupart des gens, catholiques ou non, adhèrent, sans trop le dire ouvertement, à une certaine forme de conformisme et de court-termisme à la fois axiologisant, consensualiste et évolutionniste, en politique, en religion, et en morale, l'aveuglement collectif et l'ignorance étant sans doute jugés préférables à la connaissance et à l'isolement personnel, si je puis le dire ainsi.
Par exemple, la plupart des gens ne réfléchissent presque sur jamais les origines, la provenance, les fondements, la nature, les composantes, le contenu des informations qu'ils reçoivent, ni sur les raisons pour lesquelles ils disposent de ces informations (et pas d'autres informations...), alors que ces mêmes informations sont pourtant à l'origine de leurs conceptions et de leurs décisions personnelles, dans des domaines qui sont parfois très importants.
Et puis, il faut bien le dire, il n'y a presque aucune "culture commune" propice à la controverse explicite, au débat public, dans l'Eglise catholique...
Bonne journée.
Scrutator.

( 832963 )
Il vous appartenait par Rémi (2017-08-10 12:41:41)
[en réponse à 832949]
de les instruire sinon de les convaincre, et de leur montrer que dans leur orgueilleuse ignorance ce sont eux qui se montrent intolérants à la vérité et à la bonté (car il est bon, il est charitable, pour eux-mêmes, de refuser l'Eucharistie à ceux qui la recevraient indignement et par là-même mangeraient leur propre condamnation selon la parole de l'Apôtre) des pratiques et des enseignements réels de leur propre Eglise.
Ne maugréez pas et recevez de grand cœur les devoirs que Dieu place sur votre chemin, se lamenter sur la misère des temps ne sert de rien.

( 832967 )
L'exemple que vous évoquez... par Signo (2017-08-10 14:42:17)
[en réponse à 832949]
... illustre une tragédie: l'ignorance généralisée d'éléments fondamentaux de la foi, non seulement chez ceux qui ne pratiquent plus depuis longtemps, mais même chez ceux qui vont à la messe tous les dimanches (et qui sont déjà une infime minorité).
Dans une grande partie des paroisses diocésaines, personne ne se confesse... mais tout le monde communie systématiquement. Je pense que le sacrement de la confession a quasiment disparu de nombreuses paroisses.
Le sens de la communion est complètement perdu, y compris dans des milieux plus "cultivés" que la moyenne (chez les gens ordinaires je n'en parle même pas).
Evidemment, le clergé a une part immense de responsabilité dans cette situation: une certaine génération de prêtres et d'évêques a
délibérément refusé de dispenser à tous les fidèles (et pas seulement aux enfants)l'enseignement du catéchisme.
Je ne parle même pas des gens qui ne mettent jamais les pieds à l'église durant toute l'année, voire même qui ne sont pas croyants, mais qui communient lors des messes de mariage ou d'enterrement auxquels ils sont invités, parce que "ça se fait". Pratique encore très courante.
La difficulté pour le clergé actuel,en particulier pour le jeune clergé attaché à restaurer une pratique plus orthodoxe, c'est qu'il faut lutter contre des habitudes aujourd'hui solidement ancrées dans les paroisses, au risque d'apparaître comme trop "rigoriste"... ce qui peut vite tourner au scandale public, car dans nombre de diocèses il existe encore des groupes ou des associations progressistes (évidemment appartenant à une certaine génération sur le déclin) prêts à provoquer une levée de boucliers en dénonçant dans la presse locale ou sur internet "l'intégrisme" de tel ou tel curé (
exemple ici)
En fait, la situation actuelle est rendue difficile car nous sommes dans une période de transition, dans laquelle la pratique a considérablement baissé mais où un certain catholicisme purement culturel continue d'exister ( sans être chrétien vraiment convaincu on se marie à l'église, on célèbre ses funérailles à l'église, on va peut-être encore à la messe de minuit à Noel...); or ce catholicisme culturel provoque un malentendu entre des fidèles qui sans avoir véritablement la foi, attendent de l'Eglise des "prestations" pour les grands évènements de la vie, et un jeune clergé de moins en moins indifférent au respect de la doctrine et du Magistère.
Mais cette situation est à mon sens provisoire: le catholicisme culturel est en train de disparaître (exemple: ces entreprises privées se spécialisant dans l'organisation de funérailles "laiques" qui connaissent un succès croissant), tout comme la génération progressiste qui a volontairement refusé de transmettre les données élémentaires de la foi (moyenne d'âge supérieure à 70 ans). Par ailleurs on note chez les jeunes catholiques (peu nombreux évidemment) un certain retour à la confession plus ou moin régulière, comme le montre cet
article (qui décrit bien une réalité, mais de manière un peu trop optimiste car la situation dans la plupart des paroisses reste calamiteuse, je l'ai constaté par moi-même)
Je pense que la situation aura nettement évolué dans le sens d'un retour général à une pratique plus orthodoxe d'ici trente ans. Mais à ce moment là, le nombre de pratiquants réguliers aura encore probablement fondu de moitié par rapport à ce qu'il est actuellement... alors ne fréquenteront les églises que des fidèles vraiment convaincus, mais en tout petit nombre.

( 832972 )
Recherche de solennité par PEB (2017-08-10 17:31:26)
[en réponse à 832967]
Le catholicisme culturel résiste car les gens ont besoin de solenniser les évènements marquants de l'existence: de la naissance à la mort.
Or, l’Église propose des rites éminents capables de sacraliser l'instant. Et le public est sensible à leur majesté séculaire (même sous la forme modernisée du NOM!).
Mais, on en est arrivé au point où mon petit frère, pourtant candidat au diaconat permanent, doit présider prochainement avec sa femme une cérémonie séculière de mariage (hors mairie donc car le mariage a été préalablement enregistré à l'étranger).

( 832975 )
Comment expliquez-vous que cela ait été ou soit délibéré ? par Scrutator Sapientiæ (2017-08-10 17:42:09)
[en réponse à 832967]
Bonjour Signo.
Je vous remercie vivement pour votre message, car cela fait toujours du bien de constater que l'on n'est pas seul et que l'on n'a pas tort de voir et d'entendre ce que l'on observe, et d'en penser ce que l'on en pense.
Comment expliquez-vous que "l'auto-décatholicisation" du catholicisme ait été délibérée, hier, et soit délibérée, encore aujourd'hui ?
1. J'ai un ensemble d'explications, en ce qui concerne
- la première vague de "l'auto-décatholicisation", qui s'est produite durant l'avant-Concile, sous Pie XII, à partir de 1945,
et
- la deuxième vague de "l'auto-décatholicisation", qui s'est produite pendant le Concile et l'après-Concile, sous Paul VI.
2. Mais j'avoue que les raisons profondes pour lesquelles les clercs concernés, après en avoir aperçu les conséquences désastreuses, à l'issue des années 1960-1970, ont délibérément et volontairement persisté, dans la même direction suicidaire, non seulement dans les années 1980 et 1990, mais aussi depuis le début du XXI° siècle, m'échappent quelque peu, aussi je vous remercie pour toute réponse.
3. Vous-même, ou un autre liseur, avez-vous déjà été en contact avec un argumentaire tel que celui-ci : "Eh bien oui, nous sommes plutôt pour que plutôt contre ce que vous appelez "l'auto-décatholicisation", parce que nous préférerons toujours une Eglise moins catholique, mais plus chrétienne, car plus ouverte sur l'avenir et sur l'extérieur, à une Eglise plus catholique, mais moins chrétienne, car trop conservatrice ou traditionnelle !" ?
4. Enfin, je me demande parfois s'il n'est pas plus facile de continuer à cheminer, le long d'une erreur, ou de passer d'une erreur à une autre, comme dans le cas des clercs qui seront passés, en ont-ils seulement conscience, de la lutte des classes au vivre-ensemble, en un demi-siècle, que de donner raison à l'adversaire, au catholique dit intégriste ou intransigeant, de donner tort à soi-même, et de tirer les conclusions nécessaires et salutaires qui s'imposent.
Merci beaucoup pour toute réponse et bonne journée.
Scrutator.

( 832983 )
“Cours camarade, le vieux monde est derrière toi !” par PEB (2017-08-10 18:17:33)
[en réponse à 832975]
1945-1970, cela représente une génération entière. Comment faire marche arrière.
La transmission a cessé puis s'est inversée. L'évolution des sociétés s'est accélérée. Il n'y a plus d'Histoire mais des instantanés de vie à capturer. Le selfie a triomphé du livre. Ce sont les plus jeunes et non plus les anciens qui ont la clef d'un monde globalisé et simultanément en pleine déconstruction et atomisation. Imaginez que tous les deux ou trois ans, l'humanité produit autant de signes que tous les siècles auparavant. Tous les jours, les réseaux consomment en octet l'équivalent de toute la patristique de l'Abbé Migne, cent fois décuplée!
Que voulez-vous expliquer des mystères à des gens qui n'en ont même plus idée? Comment parler de culture commune face au tsunami d'informations? Dans ces conditions, comment catéchiser?
La Religion est devenue une affaire de geeks sinon de nerds!

( 832999 )
Une tentative de réponse par Signo (2017-08-10 20:03:03)
[en réponse à 832975]
Mais j'avoue que les raisons profondes pour lesquelles les clercs concernés, après en avoir aperçu les conséquences désastreuses, à l'issue des années 1960-1970, ont délibérément et volontairement persisté, dans la même direction suicidaire, non seulement dans les années 1980 et 1990, mais aussi depuis le début du XXI° siècle, m'échappent quelque peu, aussi je vous remercie pour toute réponse.
Je pense qu'il s'agit pour cette génération d'un problème de fond qui remonte à des problèmes profonds qui caractérisaient l'Eglise avant le Concile:
- durant cette période (années 1950) il y avait encore beaucoup de vocations mais je pense que beaucoup de ces jeunes choisissaient le sacerdoce pour de mauvaises raisons;
- la formation dans les séminaires était souvent très déficiente: un cadre très rigide (comme dans toute institution de formation à l'époque), apprentissage de rites complexes à restituer au millimètre près sans en faire comprendre le sens profond et la signification pour la foi, règles souvent exagérément sévères (par exemple interdiction formelle d'absorber quoique ce soit pendant le jeûne eucharistique, pas même un verre d'eau!). Je pense que dans ces séminaires on formait non pas des prêtres aux convictions chrétiennes solidement enracinées, mais des fonctionnaires de la foi dont le critère d'évaluation est l'aptitude à restituer de manière mécanique un rituel liturgique dont seuls quelques théologiens érudits comprenaient encore le sens; évidemment il faudrait nuancer, mais je pense qu'il y a là quelque chose d'exact.
Conséquence: une génération entière a voulu rejeter (en partie à juste titre) ce modèle autoritaire et contraignant; parallèlement, c'est toute une société (surtout la jeunesse) qui aspirait à se libérer des contraintes pesantes de l'ancien monde qui tranchait avec les très séduisantes idéologies (marxisme,tiers-mondisme) et le mode de vie moderne importé d'Amérique.
Cette génération de chrétiens a donc jeté le bébé avec l'eau du bain, d'autant que souvent elle n'avait pas l'armature intellectuelle -et spirituelle- suffisante pour résister aux sirènes du Progrès et conserver l'essentiel de la Tradition chrétienne. La réforme conciliaire fut le prétexte (et non pas la raison, car ce qui a été mis en oeuvre dans les diocèses ensuite ne correspond en rien aux enseignements du Concile, ce qui est facile à démontrer) pour jeter 20 siècles de christianisme aux oubliettes.
Pour ce qui est de la suite, d'abord il faut bien constater que cette génération de rupture (sauf rares exceptions) n'a jamais vraiment réalisé que ces options ultra-progressistes menaient l'Eglise et la foi chrétienne à la catastrophe; elle a été tellement traumatisé par les rigidités de l'Eglise d'avant Vatican II que pour rien au monde elle ne souhaiterait revenir en arrière, même sur des points pour lesquels il est évident qu'elle est allé beaucoup trop loin! C'est pour cela que les gens de cette génération ne comprennent pas que, par exemple, beaucoup de jeunes prêtres remettent aujourd'hui la soutane: ils pensent que c'est un retour à l'Eglise d'autrefois, preuve qu'ils ne comprennent rien à cette soif de spiritualité traditionnelle, qui est totalement nouvelle, bien qu'elle nécessite de revenir à certaines formes anciennes.
Souvent, il est vrai, on entend ce discours qui oppose christianisme authentique et catholicisme traditionnel. C'est absurde, mais cela s'explique par le fait que cette génération de rupture ne voyait plus le lien qu'il y avait entre les Evangiles et, par exemple, les rites liturgiques traditionnels. Et de fait, le caractère "sclérosé" (le terme est de Mgr Lefebvre lui-même...) de la liturgie de l'avant concile obscurcissait le fait qu'elle s'enracine bien dans l'Ecriture sainte, aussi bien dans sa lettre que dans son esprit.
Aujourd'hui, quand j'assiste à la liturgie telle qu'elle est célébrée au Barroux, à Fontgombault, ou bien à une Divine Liturgie orientale, je suis frappé de voir à quel point liturgie et Ecriture forment un tout cohérent et harmonieux, l'une se développant à partir de l'autre dans un processus que je qualifierait d'
organique. Mais cette réalité ne se voyait plus à la veille des réformes des années 1960. L'Eglise donnait l'impression d'avoir déformé par ses rites et ses traditions le message chrétien originel.

( 833035 )
Merci cher Signo par Aigle (2017-08-10 23:33:42)
[en réponse à 832999]
Votre analyse est très convaincante

( 832969 )
Rectification, Aigle ... par Exocet (2017-08-10 16:22:48)
[en réponse à 832949]
Les divorcés et les homosexuels n'ont jamais été écartés de la communion.

( 832987 )
Les incantations "pastorales" ont emporté les définitions doctrinales. par Scrutator Sapientiæ (2017-08-10 18:37:38)
[en réponse à 832949]
Bonjour Aigle,
L'anecdote que vous racontez m'amène à penser ce qui suit : avant tout, vos interlocuteurs ne connaissent pas le vocabulaire, ou ne comprennent pas le sens du vocabulaire, qui est indispensable à l'intelligence, orthodoxe et réaliste, de ce dont ils parlent, ou de ce dont il est question.
Que voulez-vous... Les incantations "pastorales", eudémonistes jusqu'à l'immanentisme et oecuménistes jusqu'à l'unanimisme, ont emporté les définitions doctrinales les plus indispensables à l'intelligence de la foi catholique...
J'ajoute que pour beaucoup les croyants en général, les catholiques, en particulier, sont des consommateurs qui ont "des droits", à commencer par "le droit" de bénéficier du fait que l'Eglise catholique donne raison à presque tout le monde en général, et à eux en particulier, et ne déplaît plus à presque personne, pour des raisons explicitement et spécifiquement religieuses ou morales.
C'est devenu quasiment un "droit acquis", sur le marché du croire...
Bonne journée.
Scrutator.