Le Forum Catholique

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images/icones/coeurbrise.gif  ( 832058 )Les aumôneries catholiques à l'hôpital par Ewondo (2017-07-23 18:26:26) 

Quelle est la présence des aumôneries catholiques dans les hôpitaux aujourd'hui ? Il existe sans doute des écrits bien documentés à ce sujet, et je ne vous livre ici que trois expériences personnelles:

- Le 31 mai dernier, j'étais admis à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière pour une opération d'onco-chirurgie prévue le lendemain. Ce n'était pas une petite opération, toujours à risques lorsqu'il s'agit d'une tumeur importante et avancée et je voulais prendre toutes mes précautions.

Les formulaires d'admission tout à fait classiques remplis, je souligne un manque dans les questions sur les personnes à prévenir ... Je dis alors à une infirmière que je suis Catholique romain et compte tenu de la durée assez longue prévue pour l'hospitalisation, je souhaiterais de temps en temps la visite d'un aumônier.

Très gentiment l'infirmière me répond que tout le nécessaire serait fait pour leur communiquer le nom du pavillon et le numéro de chambre. Je dois souligner ici l'extrême compétence de tout le personnel médical que j'ai rencontré dans les hôpitaux français et son très grand dévouement lorsqu'un patient formule une requête.

Mais là j'avais un doute, car j'avais consulté le site de l'aumônerie de la Pitié-Salpêtrière installée dans la chapelle Saint-Louis datant de Louis XIV. Veuillez cliquer sur le lien ci-dessous :

Aumônerie Pitié-Salpêtrière

Deux personnes à l'aumônerie, un père et un frère seulement pour le plus grand hôpital de France, avec environ deux mille lits. Pas un instant je mettrai en doute leur dévouement, mais visiter seulement les Catholiques parmi les malades alités serait déjà "mission impossible" ! Notre Dame de la Pitié (ancien nom des lieux), priez pour nous ...

J'ai heureusement la chance d'avoir là où j'habite un abbé de la tradition qui m'honore de son amitié et qui m'a rendu visite à l'hôpital. Un merveilleux secours spirituel, même si je ne pouvais, pour des raisons techniques incombant à l'opération, me confesser ni communier. Un abbé en soutane impose beaucoup plus qu'un simple col romain sur un clergyman et ne passe pas inapperçu ...

Après son passage, plusieurs infirmières sont venues me voir, le soir même et le lendemain matin, très intriguées, me disant toutes que c'était merveilleux de voir un aumônier alors que depuis bien longtemps on n'en voyait plus et que même, elles n'en avaient jamais vu à la Pitié-Salpêtrière ! Deux d'entre elles ont même ajouté que j'avais bien de la chance jusqu'à ce que je parvienne à leur expliquer (par écrit, car je ne pouvais pas parler) que M. l'abbé n'était pas de l'aumônerie mais notre abbé dans la ville où j'habitais.

- "Pas d'aumônier à l'hôpital", voici une remarque que j'avais entendue, pourtant fin 2000, à l'hôpital Sainte-Anne quand je cherchais un prêtre pour donner à ma mère le sacrement des malades au service de neurologie où elle était hospitalisée. un prêtre a été in extremis trouvé grâce au dévouement de deux religieuses et d'un ami qui sont allés le chercher ... à Notre-Dame de Paris (nous étions un dimanche).

J'étais sidéré par cette absence d'aumônier à Sainte-Anne, qui est la référence en France pour la psychiatrie et la neurologie, deux spécialités où il me semble que les malades ont plus que jamais besoin de secours spirituels ...

Et pourtant j'ai trouvé hier ce lien sur lequel vous pouvez cliquer :

Aumônerie Hôpital Sainte-Anne

Il existe bien une aumônerie à Sainte-Anne. Peut être en 2000 l'infirmière était-elle mal renseignée.

- En 2006, au CRLC Val d'Aurelle à Montpellier où j'avais déjà subi une intervention, une dame est venue juste après mon admission me demander si je souhaitais recevoir la visite d'un aumônier qui me donnerait la Sainte Communion. Ce qui fut fait, non par l'aumônier mais par un laïc, ce qui m'a beaucoup gêné, ainsi que de recevoir la Sainte Eucharistie en pyjama ... Cette aumônerie existe-t-elle encore ? Je l'ignore.

Voilà pour trois témoignages. Peut-être pouvez-vous en faire connaître d'autres. Merci d'avance.

Pierre.
images/icones/neutre.gif  ( 832062 )Mais brave et bon M. Ewondo… par Minger (2017-07-23 21:23:44) 
[en réponse à 832058]



Il y a belle lurette que les aumôniers prêtres diocésains ne vont plus dans les hôpitaux dans mon diocèse !
C’est pratiquement que les Dames dites aumônières ou moins des messieurs qui s’emploient à cette tâche : Saint Matthieu 25:36 « 36j'étais malade, et vous m'avez visité »

C’est la nouvelle pastorale :les prêtres ne vont plus visités les malades , les prêtres ne vont plus accompagner les affligés ( funérailles), les prêtres n’ont plus le temps de donner les sacrements , les prêtres n’en peuvent plus de ne plus rien faire…

Par contre , ils peuvent bénir des défilés des motos harley-davidson avec ces êtres oh combien harnachés et bardés de cuir à Morzine …Ou il est vrai ,dans les folklores des fêtes de montagnes , certains trouvent le temps pour bénir les vaches …

Alors si par exception!Vous en trouvez un, il sera sans doute d’une grande témérité !

Eh bien dans ce cas rendez grâce au ciel, car ça devient très rare en pratique !
images/icones/neutre.gif  ( 832069 )"aumonières" par AVV-VVK (2017-07-23 23:37:46) 
[en réponse à 832062]

Un aumônier, n'est-il pas par définition un prêtre? Même pas un diacre (permanent)?
images/icones/nounours.gif  ( 832070 ) Non, le concept d'aumônier est... par Père M. Mallet (2017-07-23 23:41:13) 
[en réponse à 832069]

...essentiellement un concept de Droit français,
lequel Droit ne reconnaît pas vraiment ni le sacerdoce, ni le catholicisme.
Les aumôniers musulmans, protestants et israélites ne sont pas prêtres.

images/icones/neutre.gif  ( 832063 )Mon expérience personnelle par Candidus (2017-07-23 21:24:22) 
[en réponse à 832058]

J'ai travaillé jusqu'en 2013 à l'Assistance Publique des Hôpitaux de Paris et je peux vous dire qu'il existe des "aumôniers" catholiques (et d'autres confessions), rémunérés par la fonction publique hospitalière, mais tous ceux que j'ai rencontrés étaient des laïcs et en général des femmes.

Je suppose qu'ils appellent un prêtre de la paroisse la plus proche lorsqu'une demande de sacrement leur est présentée, mais ce sont ces "aumôniers" laïcs qui apportent la communion aux malades.

Il est bien triste de voir que les chapelles catholiques des hôpitaux, qui jouissent je crois du même statut que celui des églises construites avant 1905, progressivement perdent leur caractère cultuel et tendent à devenir des lieux d'animation où l'on mange et où l'on danse (je pense notamment à l'hôpital Chardon Lagache dans le XVIème). De temps en temps une messe y est célébrée mais le cadre est complètement désacralisé.
images/icones/hum2.gif  ( 832082 )des laics , des femmes par AVV-VVK (2017-07-24 09:46:14) 
[en réponse à 832063]

Chez nous, dans des hôpitaux catholiques: appelé(e)s (à tort) des pasteurs= pastores
images/icones/1a.gif  ( 832066 ) Mon expérience personnelle... par Père M. Mallet (2017-07-23 22:18:28) 
[en réponse à 832058]

Vous nous dites donc qu'un prêtre et un frère, c'est insuffisant pour un hôpital.
Soit.
Mais comme on a de moins en moins de prêtres, on ne peut pas en mettre plus.
C'est pourquoi à Compiègne il y a pour l'hôpital un "aumônier", une laïque ; et un prêtre spécialement chargé des malades qui le demandent (en fait, il s'agit du curé d'une paroisse voisine - enfin, voisine, ça veut dire 20 minutes de voiture... ; je pense qu'il bloque une demi-journée par semaine pour ça - avec en plus les "urgences" imprévues). Et quand il n'est pas disponible, c'est à moi qu'on fait appel (à peu près le même temps en voiture, plus encore 20 bonnes minutes pour trouver une place pour se garer, marcher dans les interminables couloirs...).
Il faut arriver à caser cela dans son emploi du temps...
===> clic !
Ce n'est pas toujours évident d'y arriver, car on a des quantités de rendez-vous, de messes (souvent à l'autre bout de la paroisse...), de confessions, d'adorations, d'enterrements, de préparations au baptêmes, aux mariages, aux enterrements, de réunions de coordination (eh oui, c'est indispensable, mais nous n'en abusons pas), plus le temps pour la prière, le bréviaire, le chapelet...

Vous me direz, et vous aurez parfaitement raison, que je ne fais pas grand chose en comparaison de mes confrères. Je le reconnais bien volontiers...


images/icones/1n.gif  ( 832091 )Mais mon père ... par Ewondo (2017-07-24 11:17:42) 
[en réponse à 832066]

Pas un instant l'idée m'a traversé l'esprit que vous puissiez ne pas faire grand chose en comparaison de vos confrères. Si dans ce que j'ai écrit quelques mots pouvaient être interprétés ainsi, je vous prie de bien vouloir me pardonner.

Ce que j'ai voulu exprimer dans mon post est que compte tenu du nombre de lits de la Pitié -Salpêtrière, l'équipe de l'aumônerie du CRLC de Montpellier avec trois personnes, était infiniment plus nombreuse que cele du plus grand hôpital de France et le cruel manque de prêtres en France n'est pas l'explication de cette curieuse arithmétique.

Avec mes sentiments respectueux.

Pierre..
images/icones/1d.gif  ( 832092 ) Mais ça n'a rien à voir !... C'est juste... par Père M. Mallet (2017-07-24 11:29:00) 
[en réponse à 832091]

...une constatation objective, avec un zeste d'autodérision.
De fait, mes confrères en font plus que moi.

Donc vous n'avez ni à vous excuser, ni à vous faire pardonner (d'autant plus que rien dans votre post ne pouvait me concerner personnellement !...)
images/icones/1n.gif  ( 832094 )Et après! par Miserere (2017-07-24 11:54:50) 
[en réponse à 832092]


Rome veut que des prêtres diocésains viennent assister aux consentements des mariages FSSPX.

Pas sur qu'ils aient le temps.
images/icones/iphone.jpg  ( 832413 )Et alors?! par grenouille (2017-07-28 21:55:38) 
[en réponse à 832094]

Je reprends le fil de la discussion un peu tardivement.
Votre question me touche car je fais partie d'une equipe d'aumonerie d'hopital.
plusieurs reflexions, un peu decousues:
- Tout d'abord ce service est un service confié aux laics, dans l'esprit de la pratique d'une oeuvre corporelle de miséricorde (au meme titre que la distribution de nourriture, vetements...) aupres des malades sans distinction de religion, croyance, spiritualité... Nous sommes Catholiques au nom du Christ au chevet des malades pour leur offrir notre temps et s'il est nécessaire soulager leur souffrance spirituelle. Pour cela peu importe que nous soyons pretres ou pas dans un premier temps. Oui, nous appliquons a la lettre le "j'etais malade et vous m'avez visite".
- Pour cela, au cours de l'echange qu'il peut y avoir, nous pouvons leur proposer de prier avec eux dans leur chambre, leur proposer de recevoir un sacrement. C'est un cheminement qui demande beaucoup de patience, d'écoute, de délicatesse... pour les pauvres que nous sommes. Même si cela n'empeche pas la franchise...
- nous communiquons au pretre de la paroisse les demandes de sacrement. En ce qui concerne l'Eucharistie, sur la paroisse de mon equipe c'est une laïque consacrée qui se charge du service depuis plus de 20ans chaque dimanche matin, pendant que le curé et son vicaire assurent les 3 messes dominicales dans les trois clochers (seulement) de la paroisse.
- les malades ont accès depuis leur chambre a une feuille qui leur indique tous les contacts de cultes (catho, protestant, juif, musulman) dans les faits nous sommes les seuls, sous la bienveillance du directeur de l'etablissement, (privé donc pas obligatoire au regard de la loi a proposer un service aumonerie si j'ai bien compris) à proposer nos visites hebdomadaires. leurs demandes peuvent egalement passer par les infirmieres qui contacte l'aumonier (laïque, encore une femme, mais ou sont les hommes?).
- c'est un des trois pretres de la paroisse qui se deplace à l'hopital si necessaire. mais évidement il arrive que les malades appellent directement par eux meme un pretre de leur choix si tant est qu'ils en connaissent un.
- La majorite des gens que je croise sont d'abord des indifférents puis des catholiques-croyants-non-pratiquants
- selon les services, selon le personnel soignant, nous pouvons faire du porte a porte, ou n'entrer que dans les chambres qui nous ont ete designees.
- quand le personnel soignant ne realise pas la possibilite d'une souffrance spirituelle chez les malades voire qu'il puisse exister de simples questionnements spirituels chez l'être humain, nous sommes mis au meme plan que les psy. le service de visiteur s'adresse aussi au personnel soignant autant qu'aux malades où souvent nous sommes là pour etre present, ecouter et peut etre eveiller leur intelligence a l'existence de la vie de l'âme, l'existence de Dieu, et plus si affinite.
- les malades les plus catholiques pratiquants sont souvent les plus ronchons, allez savoir pourquoi?!
- Dans mon diocese des Yvelines, les postes d'aumoniers salaries sont tous occupes, mais certains meme par des imams. les restrictions budgetaires de la fonction publique risquent prochainement de couper dans ces lignes de budget. et aujourd'hui il y a une trentaine de place d'aumonier benevole en attente d'ame de bonne volonte... a bon entendeur, salut, veuillez contacter la paroisse la plus proche ou directement le service de la pastorale de la sante du diocese!!! Et pourtant nous ne sommes pas dans un diocese sinistré... avis aux amateurs qui souhaiteraient maintenir une présence chrétienne dans les hopitaux...
- a la maison auprès de mes enfants je leur donne a boire quand ils ont soif, je reponds a leur questions sur Dieu (quand je peux!), je leur fournis leurs vetemens et remplis leurs assiettes, je pourrais me contenter de ce devoir, mais pas apres le Jubile de la Misericorde, 2h hebdomadaires dans l'hopital de mon quartier c'est beaucoup mais cela procure beaucoup de joies.
Bien sur ma presence aupres de mes enfants prime sur cet apostolat, mais apres discernement et accompagnement, les graces recues dans ces moments de Verite ("quand deux ou trois sont reunis en mon Nom...") enrichissent mon quotidien au dela de mes esperances.
- il y a des cotes un peu plus difficiles et lassant: arriver aupres d'un mourant, les refus consecutifs dans un même apres midi, le n-ieme croyant-non-pratiquant, les revoltés, les reproches et les indifférents, et les quelques décalages entre les membres d'une même équipe car nous pratiquons des rites différents... equipe aupres de laquelle je recherche souvent un soutient et réconfort et non un autre terrain d'apostolat!!! Tout est grâce.