Le Forum Catholique
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( 831118 )
comment et pourquoi Mgr Müller a été "limogé" par jejomau (2017-07-12 08:15:09)
Les informations qui vont suivre proviennent d’une source allemande fiable qui s’est livrée à OnePeterFive sous couvert d’anonymat. Il cite un témoin oculaire qui était à table avec le cardinal Müller lors d’un déjeuner à Mayence en Allemagne. Au cours du repas, le cardinal Müller aurait révélé en présence de ce témoin des informations concernant sa dernière rencontre avec le Pape, rencontre au cours de laquelle il avait été informé que son mandat en tant que Préfet de la CDF ne serait pas renouvelé.
Selon ce compte-rendu, le cardinal Müller a été convoqué au Palais apostolique le 30 juin et s’y était donc rendu avec ses dossiers sous le bras, s’attendant à ce qu’il s’agisse d’une session de travail ordinaire. Le pape lui dit en revanche qu’il n’avait que cinq questions à lui poser :
• Êtes-vous pour ou contre un diaconat féminin ? « Je suis contre », a répondu le cardinal Müller.
• Êtes-vous pour ou contre l’abandon du célibat ? « Bien sûr que je suis contre », a répondu le cardinal.
• Êtes-vous pour ou contre les femmes prêtres ? « Je suis tout à fait contre », répondit le cardinal Müller.
• Êtes-vous prêt à défendre Amoris Laetitia ? « Autant que cela m’est possible » a répondu le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi : « il y a encore des ambigüités ».
• Êtes-vous prêt à retirer votre plainte concernant le licenciement de trois de vos employés ? Le cardinal Müller répondit : « Saint-Père, c’étaient des hommes de valeur et irréprochables, ils me manquent, ce n’était pas correct de les licencier dans mon dos, peu avant Noël, en exigeant qu’ils aient vidé leur bureau pour le 28 décembre. Leur absence me pèse ».
Sur ce, le Pape lui répondit : « Bien. Cardinal Müller, je voulais seulement vous faire savoir que je ne renouvellerai pas votre mandat [i.e. au-delà du 2 juillet] en tant que préfet de la Congrégation pour la foi. »
Le pape quitta ensuite la pièce sans dire au revoir et sans aucune explication. Le Cardinal Müller pensa tout d’abord que le Pape était parti lui chercher un cadeau d’adieu et attendit donc patiemment. Mais il n’y eut pas de cadeau, pas même une expression de gratitude pour son service. Le préfet de la maison pontificale, l’archevêque Georg Gänswein, dut alors lui expliquer que l’entretien était terminé et qu’il était temps pour lui de partir.
LIEN

( 831126 )
Invraisemblable ! par Candidus (2017-07-12 09:38:21)
[en réponse à 831118]
On cite une source anonyme qui cite une autre source anonyme qui affirme avoir été présente dans le bureau du pape avec Mgr Gänswein lors d'une réunion hautement confidentielle entre François et le cardinal Müller. Ce n'est vraiment pas sérieux !

( 831128 )
[réponse] par MG (2017-07-12 09:44:59)
[en réponse à 831118]
Le pape ne travaille plus dans le Palais apostolique...
Le dialogue est surréaliste...
et j'en passe.
Et c'est relayé par... l'ineffable jejomau ! Vous devriez prendre un peu de vacances !!!!

( 831134 )
Sixième question par Mingdi (2017-07-12 11:03:03)
[en réponse à 831118]
Q : Êtes-vous pour la prélature personnelle à la FSSPX?
R : Non, violemment contre!

( 831194 )
Effectivement ! par Miserere (2017-07-12 17:57:40)
[en réponse à 831134]
C'est une honte de l'avoir viré car il a raison la FSSPX ne mérite pas ça.

( 831139 )
seule l'ambiance par Adso (2017-07-12 11:50:04)
[en réponse à 831118]
est vraissemblable, tant François nous a habitué à ce genre d'ambiance avec le petit personnel et ses sulbaternes !

( 831155 )
bien vu par Luc Perrin (2017-07-12 14:02:00)
[en réponse à 831139]
si cette audience a eu lieu, elle a dû être glaciale.
Maintenant je vois très mal ce Souverain Pontife en particulier mais aussi ses prédécesseurs poser ce type de questions façon quizz.
Sauf peut-être celle sur Amoris Laetitia.

( 831201 )
François laxiste, mais autoritaire à la Pie XI par Athanase (2017-07-12 18:53:43)
[en réponse à 831118]
Avec le pape, on n'est pas à un paradoxe près: un laxisme sur différents sujets, un souci de ne pas brider sur les questions de foi (ou sur les "questions qui fâchent" pour reprendre le jargon familier), mais, de l'autre côté, un pontife aussi peu collégial et très autoritaire, qui peut rappeler Pie XI ou Pie IX. Bref, une volonté d'être "cool", mais, de l'autre, plus de bonjour ou d'au revoir: "j'ai décidé, parce que j'ai raison".
Si on devait établir un podium dans l'autoritarisme, François aurait la première place, et Pie XII ferait figure de personnalité collégiale (on dit que Pie XII avait des difficultés à trancher). Personnellement, je vois aussi un fossé entre la vieille Europe et le reste du monde: nous, européens, sommes policés et rafinés. Pour un prélat du tiers-monde, on peut aisément imaginer les hurlements, les parapheurs jetés, les coups de sang, etc.
Cela me rappelle un sociologue qui, au sujet de certaines pratiques de la société moderne, parlait de la "manifestation hard d'une société soft".

( 831203 )
Collégialité ? par Rémi (2017-07-12 19:26:59)
[en réponse à 831201]
Dites, le Pape ne va quand même pas réunir un synode pour savoir s'il doit ou non reconduire ses cardinaux dans leurs fonctions, si ?
D'ailleurs si Benoît XVI avait lui aussi un peu plus gouverné ne serait-ce que sa curie, non seulement nos aurions applaudi des deux mains, mais peut-être n'en serions nous pas là aujourd'hui.

( 831205 )
Une façon de parler pour dire... par Athanase (2017-07-12 19:51:58)
[en réponse à 831203]
... que le pape actuel décide et agit seul, consulte le moins possible et n'aime guère s'embarrasser avec les avis contraires et les réticences. Je prends le terme lato sensu, même si la tendance pontificale contemporaine à s'isoler durant ces 200 ans dernières années a tout de même créé des difficultés. Je ne dis pas que ses prédécesseurs ne savaient pas trancher ou décider rapidement, mais avec François, on tranche dans le vif, rapidement, quitte à faire beaucoup de déçus.
Quant au passif bénédictin qui apparaît en filigrane dans l'actuel pontificat, il est hélas réel. Benoît XVI est arrivé à 78 ans, comme successeur de Jean-Paul II. La difficulté est qu'il avait déjà "gouverné" en tant que Cardinal Ratzinger et que Benoît XVI a été un peu plus en retrait. Les vati-leaks, l'affaire du majordome du pape Benoît ont été à l'origine d'un discrédit du pontificat ratzingérien. Mais avec François, le nettoyage des écuries d'Augias ont abouti aussi à une déception (les soirées feutrées de tel cardinal bien en vu)... On ne peut nier que le pape est plus que seul: il est solitaire et isolé. Les réformes entreprises ont été incomplètes ou trop médiatiques.
Mais, peut-être, verrons-nous plus clair ultérieurement, avec du recul.

( 831210 )
A nouveau, oui, par Rémi (2017-07-12 20:32:32)
[en réponse à 831205]
bien sûr que le Pape décide et agit seul lorsqu'il s'agit de nommer les cardinaux-préfets ! Enfin, tout de même ! C'est le minimum pour un souverain indépendant ! Et en l'occurrence il ne sort pas non plus de son chapeau le successeur du cardinal Müller.
Un ministre s'en va, un autre arrive, il n'y a pas à tortiller six mois pour nommer au poste, tandis que oui, peut-être que tel ou tel qui le briguait sera forcément déçu. Maintenant on n'est pas là pour faire carrière, normalement.
Et puisque sur ce plan - la fermeté avec ses collaborateurs et dans le choix qu'il en fait - vous le comparez à Pie XI, à juste titre je pense, pour ma part je trouve cela plutôt flatteur.

( 831227 )
Habitudes par Aigle (2017-07-13 02:59:31)
[en réponse à 831210]
Les cardinaux préfets ne sont pas des ministres. Avant Paul VI ils étaient nommés à vie me semble t il et même si Paul VI posé la règle quinquennale en fait elle n'a guère été appliquée... Un alors sans brutalité : un prefet écarte était en général promu à un autre poste ...rarement révoqué

( 831217 )
assez d'accord avec votre analyse par Luc Perrin (2017-07-12 22:42:22)
[en réponse à 831205]
Je ne dirais toutefois pas que le pape François ne consulte pas : c'est un reproche qui ne tient pas, avec le conseil de cardinaux qu'il a créé, les deux synodes réunis.
Mais il tranche plus vite et plus nettement que tous ses prédécesseurs depuis 1939 et la mort de Pie XI.
Il y a du Ratti, un autre l'a relevé, chez François.