Le Forum Catholique
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=830898

( 830898 )
Blaise Pascal béatifié ? Le pape François y est favorable par semper felix (2017-07-08 23:04:19)

( 830938 )
Très bien ! par Luc de Montalte (2017-07-10 00:26:48)
[en réponse à 830898]
Cela m’a d’ailleurs toujours étonné qu’aucun procès en béatification ne lui fut intenté…

( 830944 )
Janséniste n'est-ce pas ? par Regnum Galliae (2017-07-10 09:18:18)
[en réponse à 830938]
Quelle que soit la qualité de ses écrits, il me semble qu'il a tout de même explicitement pris parti pour une hérésie, n'est-ce pas ?

( 830947 )
En même temps! par Miserere (2017-07-10 10:29:59)
[en réponse à 830944]
Même si Louis XIV a mis fin au Jansénisme qui lui fessait de l'ombre à la cour.
L'Eglise à l’époque n'a pas vraiment condamné le Jansénisme.

( 830953 )
Quand même par Turlure (2017-07-10 12:29:12)
[en réponse à 830947]
Plusieurs bulles papales pour condamner les ouvrages de Jansénius puis de Quesnel.
Ne refaisons pas l'histoire non plus.

( 830955 )
En effet par gégé81 (2017-07-10 12:41:59)
[en réponse à 830953]

( 830958 )
Merci par Turlure (2017-07-10 12:57:09)
[en réponse à 830955]
Répondant avec mon téléphone et un cathéter à l'autre bras, j'ai renoncé à vérifier les noms et dates et à mettre les liens.

( 830959 )
Et alors ? par Yves Daoudal (2017-07-10 13:11:07)
[en réponse à 830955]
C'était le triste temps où Rome condamnait à partir de citations fausses ou hors contexte (Cum occasione - l'un des célèbres précédents avait été Maître Eckhart) ou à partir de vraies citations sans donner la moindre explication. Or, si vous vous en sentez, je vous mets au défi de montrer, puisque Rome ne le fait pas, en quoi plusieurs des 101 propositions condamnées par Unigenitus, telles quelles, sont hérétiques.
Mais peu importe. Pour ce qui nous occupe, il vous reste d'abord à montrer dans lesquels de ses écrits Pascal reprend une des propositions condamnées ou dit quelque chose d'équivalent.
Et je ne vois pas pourquoi le jésuitisme serait moins condamnable que le jansénisme. A moins que ce ne soit seulement que parce que la critique de Pascal touchait où ça faisait mal ?

( 830960 )
Calmos par gégé81 (2017-07-10 13:39:08)
[en réponse à 830959]
Sieur Daoudal, je n'ai jamais dit que "Pascal reprend une des propositions condamnées", verstanden ?
J'espère que vous ne voyez pas un crime à restituer des bulles pontificales auxquelles le sieur Turlure avait fait allusion sans les nommer.
Sur ce que Rome a dit du jansénisme plus récemment, voyez
ici.

( 830966 )
Je vous remercie par Yves Daoudal (2017-07-10 15:14:49)
[en réponse à 830960]
pour l'étendue et la profondeur de vos explications, qui éclairent assurément le débat.
Sur mon blog aussi j'ai des gens qui réagissent par des liens. C'est devenu la mode, semble-t-il.
Il va devenir urgent d'expliquer la différence entre synapse et lien hypertexte.
Accessoirement, si vous intervenez dans un fil sur Pascal en donnant le lien vers la bulle Unigenitus tout en affirmant que vous ne dites pas que Pascal a repris des propositions condamnées, on ne voit pas à quoi ça rime...

( 830968 )
C’est pourtant simple par Vianney (2017-07-10 17:34:27)
[en réponse à 830966]
Accessoirement, si vous intervenez dans un fil sur Pascal en donnant le lien vers la bulle Unigenitus tout en affirmant que vous ne dites pas que Pascal a repris des propositions condamnées, on ne voit pas à quoi ça rime...
Comme chacun peut s’en apercevoir, gégé81 et Turlure voulaient répondre à
Miserere qui prétendait que l’Église “n’a pas vraiment condamné le jansénisme”.
V.

( 830971 )
Votre réponse est en effet très simple. par Yves Daoudal (2017-07-10 18:29:23)
[en réponse à 830968]
Mais on ne sait toujours pas ce que Rome a condamné ni ce que les écrits de Blaise Pascal ont à voir avec ce qui a été condamné.
Or un fil de discussion qui discute du bien fondé d'une éventuelle béatification de Pascal en rapport avec le jansénisme devrait donner l'occasion à ceux qui savent d'expliquer de quoi il retourne. Au lieu de donner lieu à des affirmations qui n'apportent rien.
Je suis désolé, mais le vieil anarchiste qui est en moi ne supporte toujours pas les raisonnements par pétitions de principe et arguments d'autorité.

( 830973 )
Je suis bien d'accord par Turlure (2017-07-10 19:02:14)
[en réponse à 830971]
Pour avoir étudié (trop peu) le jansénisme à l'occasion d'un mémoire à l'université, je ne suis pas capable plus qu'auparavant de répondre à la question : "qu'est-ce que le jansénisme" ?
Arnauld disait déjà à l'époque où les jésuites le fustigeait que le jansénisme était un fantôme.
On met sous se vocable à la fois les thèses prétendues contenues dans l'Augustinus, l'abbaye de Port-Royal et tous les laïcs qui y étaient liés d'une façon ou d'une autre (Pascal, Domat, Nicole, Racine...), l'opposition en réalité surtout gallicane à la bulle Unigenitus (promulguée alors que Port-Royal est rasé depuis plusieurs années, pour condamner une traduction du Nouveau Testament accompagné de "réflexions morales"), la sensibilité protestantisante des bourgeois parisiens du milieu du XVIIIe (alors qu'à l'inverse Port-Royal est un mouvement de contre-réforme), le rigorisme de certains prêtres du XIXe...

( 830977 )
opinion de Dom Guéranger par Praecantor (2017-07-10 19:29:50)
[en réponse à 830973]
Sur cette question du jansénisme, je serais heureux d'avoir votre opinion sur la positon prise par Dom Guéranger.
Merci.

( 830979 )
Puisque vous l'évoquez, par Yves Daoudal (2017-07-10 19:54:35)
[en réponse à 830973]
il me semble que Racine est infiniment plus "janséniste" que Pascal si tant est que Pascal le soit de quelque manière.
La traduction des hymnes du bréviaire par Racine est imprégnée de jansénisme (insistance outrancière sur la colère de Dieu et la culpabilité de l'homme), avec même la fameuse expression "grâce invincible" qui fut modifiée ensuite par son fils dans Consors Paterni luminis. (Or Arnauld donnait un sens me semble-t-il catholique à cette expression.)

( 830951 )
Le jansénisme par Turlure (2017-07-10 12:26:33)
[en réponse à 830944]
A d'abord été créé par ceux qui l'ont condamné.
Au XVIIe siècle, il n'y a pas de controverse sur la véracité des fameuses cinq propositions mais sur le point de savoir si Jansénius (avec lequel Port-Royal n'a qu'un lien indirect, via Saint-Cyran) les a énoncées ou non.
C'est la bulle Unigenitus, en 1713, qui donne naissance à un jansénisme vraiment séditieux, lequel n'a pas grand-chose à voir avec Jansénius ou Pascal.

( 830984 )
Réponse de Pascal lui-même par Luc de Montalte (2017-07-10 20:19:27)
[en réponse à 830944]
Pascal vous répond lui-même dans la XVIIe Provinciale :
Voilà le sujet de votre dispute présente. Il ne vous suffit pas qu’ils condamnent les cinq propositions, et encore tout ce qu’il y aurait dans Jansénius qui pourrait y être conforme et contraire à saint Augustin ; car ils font tout cela. De sorte qu’il n’est pas question de savoir, par exemple, si Jésus-Christ n’est mort que pour les prédestinés ; ils condamnent cela aussi bien que vous ; mais si Jansénius est de ce sentiment-là, ou non. Et c’est sur quoi je vous déclare plus que jamais que votre dispute me touche peu, comme elle touche peu l’Église. Car, encore que je ne sois pas docteur non plus que vous, mon Père, je vois bien néanmoins qu’il n’y va point de la foi, puisqu’il n’est question que de savoir quel est le sens de Jansénius. S’ils croyaient que sa doctrine fût conforme au sens propre et littéral de ces propositions, ils la condamneraient ; et ils ne refusent de le faire que parce qu’ils sont persuadés qu’elle en est bien différente ; ainsi, quand ils l’entendraient mal, ils ne seraient pas hérétiques, puisqu’ils ne l’entendent qu’en un sens catholique.

( 831004 )
L’Église a répondu à Pascal par Vianney (2017-07-10 22:29:48)
[en réponse à 830984]
...en enseignant que c’est bien “selon le sens visé par” Jansénius lui-même qu’Elle a condamné les cinq propositions visées par le pape Innocent X :
“Nous déclarons et définissons que ces cinq propositions ont été tirées du livre du précité Cornelius Jansen, évêque d’Ypres, qui porte le titre
Augustinus, et qu’elles ont été condamnées selon le sens visé par ce même Cornelius Jansen, et Nous les condamnons à nouveau comme telles, c’est-à-dire en imprimant à chacune la même marque que celle qui a été imprimée à chacune d'entre elles dans la déclaration et la définition précitée.” (Alexandre VII, constitution
Ad sacram Petri sedem, 16 octobre 1656.)
Formulaire de soumission proposé aux jansénistes (constitution
Regiminis apostoli du 15 février 1665) :
“Moi N., je me soumets à la constitution apostolique du souverain pontife Innocent X en date du 31 mars 1653 et à la constitution du souverain pontife Alexandre VI en date du 16 octobre 1656, et je rejette et condamne d'un cœur sincère les cinq propositions tirées du livre de Cornelius Jansen qui porte le nom d’Augustinus, et au sens visé par l’auteur lui-même, comme le Siège apostolique les a condamnées par lesdites constitutions, et je jure donc : Que Dieu me soit en aide et ces saints évangiles.”
V.

( 831006 )
Justement par Turlure (2017-07-10 22:35:28)
[en réponse à 831004]
L'Eglise ne peut se tromper lorsqu'elle précise la doctrine de l'Eglise et condamne des propositions qui lui sont contraires.
Par exemple, si une bulle dit :
"La proposition de Vianney, selon laquelle il y a 3,14 personnes dans la Trinité, doit être condamnée pour hérétique"
On doit adhérer filialement au fait que "La proposition selon laquelle il y a 3,14 personnes dans la Trinité, doit être condamnée pour hérétique"
Mais l'Eglise ne peut-elle pas se tromper lorsqu'elle affirme : "Selon la proposition de Vianney, il y a 3,14 personnes dans la Trinité" ?

( 831014 )
Fait dogmatique par Lycobates (2017-07-10 23:18:27)
[en réponse à 831006]
Mais l'Eglise ne peut-elle pas se tromper lorsqu'elle affirme : "Selon la proposition de Vianney, il y a 3,14 personnes dans la Trinité" ?
Non, elle ne peut pas se tromper.
L'infaillibilité du Magistère s'étend sur la
quaestio iuris (la proposition est-elle condamnable en tant que telle ?) autant que sur la
quaestio facti (la propostion condamnable est-elle ainsi contenue dans l'intention d'un auteur cité ?).
Le pape Alexandre VII définit (
definimus !) sans équivoque que les cinq thèses sont à proscrire
in sensu ab eodem Cornelio Iansenio intento.
L'Église peut ainsi definir infailliblement un fait dogmatique (une vérité historique non révélee, mais intimement liée à un dogme qui ne tiendrait pas si le fait historique ne s'avérait pas), et elle l'a fait ici.

( 831019 )
précision par Lycobates (2017-07-11 00:11:09)
[en réponse à 831014]
la quaestio facti (la proposition condamnable est-elle ainsi contenue dans l'intention d'un auteur cité ?).
Ce qu'il faut bien entendu comprendre, non pas dans le sens de la conviction intime de l'auteur (sur laquelle seul Dieu est juge,
de internis non iudicat Ecclesia), mais dans le sens de l'acception commune (obvie) des formulations qu'un auteur assume nécessairement comme siennes en les utilisant.
Et cela est bien le cas ici.
On peut lire l'article de J. Carreyre dans le DTC VIII, précisément 476-494 (mais que je n'ai pas sous la main ce soir, je crois ma source).

( 831020 )
C’est exactement cela par Vianney (2017-07-11 00:48:37)
[en réponse à 831019]
Ce qu’il faut bien entendu comprendre, non pas dans le sens de la conviction intime de l'auteur (sur laquelle seul Dieu est juge, de internis non iudicat Ecclesia), mais dans le sens de l’acception commune (obvie) des formulations qu’un auteur assume nécessairement comme siennes en les utilisant.
L’Église ne peut pas se tromper quand elle soutient que tel écrit contient une doctrine vraie ou une erreur en matière de foi ou de mœurs, sans quoi elle s’exposerait à ne paraître condamner que des hérésies “imaginaires”.
Dans l’introduction à sa condamnation des thèses du synode de Pistoie (
Auctorem fidei), Pie VI rappelait que Nestorius usait déjà du même argument pour tenter d’échapper aux décisions du concile d’Éphèse. Des libéraux aux modernistes en passant par les américanistes, le procédé a continué d’être employé par les auteurs condamnés, mais en vain : en ce domaine, les jugements de l’Église sont irréformables.
V.

( 831025 )
Mais alors ? par Luc de Montalte (2017-07-11 01:38:33)
[en réponse à 831020]
Comment par exemple saint Zosime a-t-il pu lui même se contredire sur une question de fait ? A-t-il cessé
magiquement d’être pape pendant un an ?
Voir
l’article « Célestius » sur wikipédia.

( 831112 )
Faut pas croire tout ce que dit Wikipédia par Meneau (2017-07-12 00:30:21)
[en réponse à 831025]
Zozime ne s'est pas contredit. Il a dans un premier temps fait preuve de mansuétude envers Pélage et Célestius qui prétendaient abjurer toutes leurs erreurs passées, et a accepté de les entendre à nouveau, nonobstant les déclaration du Concile de Carthage. Mais il n'a jamais déclaré leurs hérésies "orthodoxes", au contraire, loin de se contredire, il a suspendu son jugement le temps d’instruire le dossier, pour finalement renouveler les condamnations précédentes.
Si le sujet vous intéresse, je vous engage à lire le chapitre I de l’ «
Histoire apologétique de la papauté » de Mgr Fèvre, vol 5. pp 13-28 (21-36 du PDF) consacré intégralement à la question.
Cordialement
Meneau

( 831023 )
Réponse tirée de Pascal par Luc de Montalte (2017-07-11 01:29:30)
[en réponse à 831014]
Admettons que cela soit comme vous dites : les papes sont infaillibles sur les questions de fait.
Or Zozime, Damase et Honorius ont fait erreur sur des questions de fait.
Mais ils étaient papes.
Quod est absurdum.
-----------------------------------------------------------------
Ou, comme l’explique encore Pascal (toujours la XVIIIe provinciale – dans l’orthographe originale) :
Je m’imagine, mon Pere, que cela commence à vous perſuader, que les Papes ſont expoſez à eſtre ſurpris. Mais pour vous le montrer parfaitement, ie vous feray ſeulement reſſouuenir des exemples que vous meſmes rapportez dans votre livre, de Papes & d’Empereurs que des heretiques ont ſurpris effectivement. Car vous dites qu’Apollinaire ſurprit le Pape Damaſe, de meſme que Celeſtius ſurprit Zozime. Vous dites encore qu’vn nommé Athanaſe trompa l’empereur Heraclius, & le porta à perſecuter les catholiques ; & qu’enfin Sergius obtint d’Honorius ce decret qui fut brûlé au 6. Concile, en faiſant, dites-vous, le ton vague auprès de ce Pape.
Il eſt donc coſtant par vous meſme que ceux, mon Pere, qui en viſent auprés des Roys des Papes, les engagent quelquefois artificieuſement à perſecuter ceux qui deffendent la verité de la foy, en penſant perſectuer des hereſies. Et de là vient que les Papes, qui n’ont rien tant en horreur que ces ſurpriſes, ont fait d’une lettre d’Alexandre III. une loy Eccleſiaſtique, inſeree dans le droit canonique, pour permettre de ſuſpendre l’executió de leurs bulles & de leurs decrets, quand on croit qu’ils ont eſtés trōpez.

( 831115 )
Faux par Meneau (2017-07-12 00:54:22)
[en réponse à 831023]
Or Zozime, Damase et Honorius ont fait erreur sur des questions de fait.
Nego. En tout cas pour ce qui concerne les faits dogmatiques.
C'est ce qu'on colporte, en particulier sur Wikipedia qui ne se fait en général que le relais de l'opinion majoritaire (croyez-vous aussi tout ce que dit Wikipédia sur l'affaire Galilée ou sur les Croisades ?). C'est ainsi qu'on prête à Zozime d'avoir accepté le pélagianisme ou à Libère d'avoir professé l'arianisme.
Lisez l'ouvrage cité juste au-dessus dans ce fil, vous y verrez un tout autre point de vue, documenté et appuyé sur des preuves.
Cordialement
Meneau

( 831033 )
Ce que vous dites est ennuyeux par Regnum Galliae (2017-07-11 09:18:51)
[en réponse à 831014]
J'ai toujours pensé que l'expression de Jean-Paul II "nos frères aînés dans la foi" pouvait être rejetée car elle reposait sur une méconnaissance de ce qu'est le judaïsme actuel, à ne pas confondre avec le judaïsme vétéro-testamentaire définitivement mort après la destruction du temple.
De même, lorsque Vatican 2 dit qu'avec les Musulmans nous partageons l'adoration d'un Dieu unique, j'y vois une méconnaissance de l'Islam qui ne nous engage pas, le Pape étant infaillible en matière de foi chrétienne et non en matière de foi juive ou musulmane...
En lisant vos citations, je comprends que je me trompe...

( 831041 )
Sédévacantisme par Luc de Montalte (2017-07-11 10:23:30)
[en réponse à 831033]
Mettre l’infaillibilité là où elle n’est pas ne peut en effet mener qu’au sédévacantisme… Votre exemple le montre bien.

( 831045 )
A ceux qui connaissent bien Pascal par Regnum Galliae (2017-07-11 11:16:16)
[en réponse à 831041]

( 831059 )
Wikipédia... par Luc de Montalte (2017-07-11 13:14:40)
[en réponse à 831045]
... dispose d'articles plutôt bons sur le jansénisme, car des doctorants dont c'était le sujet de recherche y sévissaient il y a quelques années.

( 831132 )
De façon générale par Turlure (2017-07-12 10:36:23)
[en réponse à 831059]
Wikipedia est une source extrêmement riche et en fait assez sûre. La possibilité pour tout le monde de participer à la construction de cette encyclopédie permet certes (ce qui a beaucoup fait grogner) au premier venu d'écrire quelque chose de faux ou d'insuffisamment étayé, mais permet aussi un contrôle par la communauté de la qualité des articles. Le résultat est une bonne qualité scientifique du contenu et la couverture de tous les sujets possibles et imaginables.
On a du mal à mesurer la facilité d'information que nous avons aujourd'hui. Lorsque je souhaite en apprendre un peu sur un sujet sur lequel je suis ignorant, je tape quelques mots sur Google et me voilà à peu près instruit de l'essentiel en quelques secondes ou minutes, via Wikipedia. Bien sûr, cela ne donne pas une connaissance profonde du sujet abordé et ne dispense pas d'aller vers les ouvrages faisant autorité si on veut aller plus loin.

( 831050 )
Parfois ... par Lycobates (2017-07-11 11:49:58)
[en réponse à 831033]
... il faut dire des choses ennuyeuses.

( 831056 )
Pourtant par Regnum Galliae (2017-07-11 12:53:52)
[en réponse à 831050]
la Déclaration commune sur la justification par la foi a bien considéré qu'il y avait eu un malentendu et que les propositons de Luther avaient peut-être été mal comprises.
Elle dit même
7. Tout comme les dialogues, cette déclaration commune est portée par la conviction que le dépassement des condamnations et des questions jusqu’alors controversées ne signifie pas que les séparations et les condamnations soient prises à la légère ou que le passé de chacune de nos traditions ecclésiales soit désavoué. Elle est cependant portée par la conviction que de nouvelles appréciations adviennent dans l’histoire de nos Eglises et y génèrent des évolutions qui non seulement permettent mais exigent que les questions séparatrices et les condamnations soient vérifiées et réexaminées sous un angle nouveau.
Puis plus loin au point 13
La réception des données des sciences bibliques, de l’histoire de la théologie et de l’histoire des dogmes a permis de parvenir, dans le dialogue œcuménique depuis le deuxième Concile du Vatican, à un rapprochement significatif à propos de la doctrine de la justification. Ce rapprochement permet de formuler dans cette déclaration commune un consensus sur des vérités fondamentales de la doctrine de la justification à la lumière duquel les condamnations doctrinales correspondantes du XVIe siècle ne concernent plus aujourd’hui le partenaire.
Et enfin :
41. Il en découle que les condamnations doctrinales du XVIe siècle, dans la mesure où elles se référent à l’enseignement de la justification, apparaissent dans une lumière nouvelle : l’enseignement des Eglises luthériennes présenté dans cette déclaration n’est plus concerné par les condamnations du Concile de Trente. Les condamnations des Confessions de foi luthériennes ne concernent plus l’enseignement de l’Eglise catholique romaine présenté dans cette déclaration.
42. Cela n’enlève rien au sérieux des condamnations doctrinales liées à la doctrine de la justification. Certaines n’étaient pas simplement sans objet ; elles conservent pour nous « leur valeur d’avertissements salutaires » dont nous avons à tenir compte dans l’enseignement et la pratique.
La phrase soulignée me semble mal formulée. On comprend que certaines condamnations étaient sans objet. Difficulté de gérer les doubles négations...

( 831061 )
Si cela était vrai... par Vianney (2017-07-11 13:32:48)
[en réponse à 831056]
Pourtant la Déclaration commune sur la justification par la foi a bien considéré qu'il y avait eu un malentendu et que les propositons de Luther avaient peut-être été mal comprises.
Si cette déclaration était digne de confiance, de quelle autorité jouirait-elle
logiquement ? Exactement de la même autorité que celle qu’elle accorde au concile de Trente. Il n’y a aucune raison
logique que les occupants actuels du siège de Pierre soient mieux immunisés contre les erreurs que leurs prédécesseurs.
La phrase soulignée me semble mal formulée. On comprend que certaines condamnations étaient sans objet. Difficulté de gérer les doubles négations...
Je comprends que leur phraséologie vous embrouille, mais je pense que les signataires ont tenu malgré tout à créditer le concile de Trente d’un reste d’autorité, ayant pigé que sans cela, la leur s’effondrerait par le fait même.
Quoi qu’ils disent et qu’ils fassent, les remises en question actuelles aboutissent inéluctablement, comme dans les sectes protestantes, à l’anéantissement de l’autorité doctrinale de l’Église fondée par le Christ et assistée par le Saint-Esprit. On le constate chaque jour un peu plus de tous côtés.
Et il ne faut pas chercher plus loin la cause de la perte de la foi que tout le monde peut constater dans nos pays, même s’il est clair que les ennemis de longue date en profitent pour pousser leurs propres pions...
Reste que Dieu aura le dernier mot, et que la crise actuelle est une épreuve. À nous d’en hâter le dénouement, veillant et priant !
V.

( 831088 )
Infaillibilité par Turlure (2017-07-11 19:58:13)
[en réponse à 831014]
L'Eglise a été dotée par le Christ d'une grâce d'infaillibilité pour expliquer la Révélation et ainsi empêcher les fidèles d'errer.
Mais je ne vois pas pourquoi l'Eglise aurait une grâce semblable pour interpréter ce qui ne vient pas de la Révélation et de son propre magistère, de même qu'elle n'est pas infaillible sur des question scientifiques, politiques etc. qui ne relèvent pas directement de la foi.

( 831114 )
L'Eglise est aussi assistée divinement par Meneau (2017-07-12 00:44:14)
[en réponse à 831088]
lorsqu'elle atteste un fait dogmatique. Comme on vous l'a dit plus bas, vous pouvez trouver cela dans n'importe quel manuel de théologie dogmatique.
Cordialement
Meneau

( 831021 )
Pascal vous répond encore par Luc de Montalte (2017-07-11 01:04:18)
[en réponse à 831004]
Dans la XVIIIe Provinciale :
Je sais, mon Père, le respect que les Chrétiens doivent au Saint-Siège, et vos adversaires témoignent assez d’être très résolus à ne s’en départir jamais. Mais ne vous imaginez pas que ce fût en manquer que de représenter au Pape, avec toute la soumission que des enfants doivent à leur père, et les membres à leur chef, qu’on peut l’avoir surpris en ce point de fait ; qu’il ne l’a point fait examiner depuis son pontificat, et que son prédécesseur Innocent X avait fait seulement examiner si les propositions étaient hérétiques, mais non pas si elles étaient de Jansénius. Ce qui a fait dire au Commissaire du Saint-Office, l’un des principaux examinateurs, qu’elles ne pouvaient être censurées au sens d’aucun auteur : non sunt qualificabiles in sensu proferentis ; parce qu’elles leur avaient été présentées pour être examinées en elles-mêmes, et sans considérer de quel auteur elles pouvaient être : in abstracto, et ut praescindunt ab omni proferente, comme il se voit dans leurs suffrages nouvellement imprimés : que plus de soixante docteurs, et un grand nombre d’autres personnes habiles et pieuses ont lu ce livre exactement sans les y avoir jamais vues, et qu’ils y en ont trouvé de contraires ; que ceux qui ont donné cette impression au Pape pourraient bien avoir abusé de la créance qu’il a en eux, étant intéressés, comme ils le sont, à décrier cet auteur, qui a convaincu Molina de plus de cinquante erreurs ; que ce qui rend la chose plus croyable, est qu’ils ont cette maxime, l’une des plus autorisées de leur théologie, qu’ils peuvent calomnier sans crime ceux dont ils se croient injustement attaqués ; et qu’ainsi leur témoignage étant si suspect, et le témoignage des autres étant si considérable, on a quelque sujet de supplier sa Sainteté, avec toute l’humilité possible, de faire examiner ce fait en présence des docteurs de l’un et de l’autre parti, afin d’en pouvoir former une décision solennelle et régulière. Qu’on assemble des juges habiles, disait saint Basile sur un semblable sujet, Ep. 75 ; que chacun y soit libre ; qu’on examine mes écrits, qu’on voie s’il y a des erreurs contre la foi ; qu’on lise les objections et les réponses, afin que ce soit un jugement rendu avec connaissance de cause et dans les formes, et non pas une diffamation sans examen.
Ne prétendez pas, mon Père, de faire passer pour peu soumis au Saint-Siège ceux qui en useraient de la sorte. Les Papes sont bien éloignés de traiter les Chrétiens avec cet empire que l’on voudrait exercer sous leur nom. L’Église, dit le pape saint Grégoire, In Job., lib. 8, c. I, qui a été formée dans l’école d’humilité, ne commande pas avec autorité, mais persuade par raison ce qu’elle enseigne à ses enfants qu’elle croit engagés dans quelque erreur : recta quoe errantibus dicit, non quasi ex auccoritate proecipit, sed ex ratione persuadet. Et bien loin de tenir à déshonneur de réformer un jugement où on les aurait surpris, ils en font gloire au contraire, comme le témoigne saint Bernard, Ep. 180. Le Siège Apostolique, dit-il, a cela de recommandable, qu’il ne se pique pas d’honneur, et se porte volontiers à révoquer ce qu’on en a tiré par surprise ; aussi est-il bien juste que personne ne profite de l’injustice, et principalement devant le Saint Siège.

( 831029 )
Mais ce n’est pas aux jésuites qu’il fallait répondre... par Vianney (2017-07-11 07:41:07)
[en réponse à 831021]
C’est à l’Église, et son bullaire montre qu’elle n’a pas attendu Pascal (ni les jésuites) pour condamner infailliblement les
écrits des fauteurs d’hérésie : non seulement ceux de Nestorius auxquels j’ai déjà fait allusion, mais la
Thalie d’Arius (concile de Nicée), les “Trois Chapitres” de Théodore de Mopsueste, Théodoret et Ibas (concile de Constantinople), les écrits de Luther par la bulle
Exsurge Domine de Léon X...
Admettons que cela soit comme vous dites : les papes sont infaillibles sur les questions de fait.
Or Zozime, Damase et Honorius ont fait erreur sur des questions de fait.
Mais ils étaient papes.
Quod est absurdum.
L’Église ne prétend pas transformer tout point d’histoire en fait dogmatique¹. Mais elle
peut incontestablement le faire, comme le soulignait plus haut
Lycobates :
“L’Église peut ainsi definir infailliblement un fait dogmatique (une vérité historique non révélee, mais intimement liée à un dogme qui ne tiendrait pas si le fait historique ne s’avérait pas), et elle l’a fait ici.”
C’est elle qui aura toujours le dernier mot dans les controverses, n’en déplaise à
Pascal...
V.
_____________
(1) Sinon saint Pie X ne se serait certainement pas permis de traiter de
diffamation calomnieuse la légende de la défaillance du pape saint Marcellin, qui figurait dans le bréviaire romain jusqu’à sa réforme par le saint pape.

( 831039 )
Admettons par Luc de Montalte (2017-07-11 10:21:16)
[en réponse à 831029]
Posons que je prétends rejeter toutes les hérésies de Calvin tout en prétendant qu’elles ne sont pas dans tel ouvrage de Calvin.
Suis-je :
- hérétique ?
- en train de faire une erreur sur une question de fait, ce qui n’engage en rien mon salut ?
Dans le premier cas, je réussirais le tour de force de ne pas être catholique tout en l’étant. Ce qui est absurde d’après le principe de non-contradiction.
----------------------------------------------------
Notre religion n’est pas une religion juridique comme celle des juifs talmudiques ou des mahométans. Vos prétentions à mettre l’infaillibilité partout où elle n’est pas ne peut conduire qu’au sédévacantisme…

( 831048 )
Aucun “tour de force” par Vianney (2017-07-11 11:41:12)
[en réponse à 831039]
Il suffit, selon moi, de distinguer, comme le suggérait déjà
Lycobates :
– l’erreur
réellement condamnée par l’Église
– de l’
intention de la personne qui tombe dans cette erreur.
Cette intention, à part vous, Dieu seul la connaît, et c’est lui qui, en définitive, vous condamne ou qui vous innocente : il se peut que vous imaginiez sincèrement défendre l’Église malgré elle, et je n’ai bien entendu aucune espèce d’autorité pour vous convaincre du contraire, ni aucune intention de le faire, croyez-le bien. Simplement, j’examine vos arguments, et je vous fais part de mes objections.
Je lisais dernièrement un ouvrage sur Nestorius qu’un historien catholique fit paraître du temps de saint Pie X. Il répondait notamment à un anglican qui soutenait que Nestorius n’avait jamais été vraiment nestorien, en ce sens qu’en dépit des apparences, il n’aurait pas vraiment dédoublé le Christ en deux personnes :
“Il serait facile de défendre l’autorité du pape et du concile dans l’hypothèse de l’orthodoxie subjective de Nestorius. L’Église enseignante en effet, lorsqu’elle porte une condamnation doctrinale, vise directement les formules, non les convictions subjectives de celui qui les a écrites, et juge de celles-ci par celles-là. Or le pape Célestin et le concile d’Éphèse, qui n’ont pas connu le Livre d’Héraclide, écrit vingt-ans après le concile, ont basé leurs sentences sur des lettres et des homélies de Nestorius dont nous possédons des extraits. Ces extraits pris dans leur ensemble et non à l’état isolé éveillent naturellement, sensu obvio — et à cela nous ne croyons pas qu’on puisse sérieusement contredire — l’idée hétérodoxe de deux sujets, de deux personnes dans le Christ. Voilà qui suffit pour que l’Église enseignante ait eu le droit, et même le devoir, de proscrire ces formules et de condamner comme hérétique quiconque refuserait obstinément de les repousser. (...) Quiconque, d’ailleurs, refuse d’obéir à l’Église, quand la doctrine est en jeu, peut être légitimement soupçonné de nier l’infaillibilité de l’Église et mérite d’être condamné comme hérétique, s’il s’obstine.” (Martin Jugie, Nestorius et la controverse nestorienne, 1912, p. 9, note 1.)
V.

( 831060 )
Vous ne me contredisez pas. par Luc de Montalte (2017-07-11 13:31:20)
[en réponse à 831048]
Il suffit, selon moi, de distinguer, comme le suggérait déjà Lycobates :
– l’erreur réellement condamnée par l’Église
– de l’intention de la personne qui tombe dans cette erreur.
C’est-à-dire respectivement le point de droit (les cinq propositions dans notre cas,
l’erreur réellement condamnée par l’Église) et le point de fait (si elles sont ou non dans Jansénius,
l’intention de la personne qui tombe dans cette erreur). Donc les défenseurs de l’évêque d’Ypres qui admettaient le droit en récusant le fait n’étaient pas hérétiques.
Lycobates parle dans son message d’acception commune : or le problème est justement qu’il n’y avait pas d’acception commune puisque les uns y lisaient ce que les autres n’y trouvaient pas.

( 831062 )
Non, la distinction ne porte pas... par Vianney (2017-07-11 13:47:12)
[en réponse à 831060]
...sur le “fait” par rapport au “droit” : les condamnations pontificales sont très claires à cet égard. Si on ne pouvait pas leur faire confiance, il faudrait en dire autant de l’Église elle-même... et du Saint-Esprit !
Il reste qu’elles sont limitées aux seuls éléments objectivement constatables : les écrits précisément¹. L’intention intime des contrevenants – sauf exception (aveu de leur part...) – ne peut être connue que de Dieu seul.
V.
__________
(1) Sinon, l’Église ne parlerait pas d’assistance infaillible, mais d’inspiration ou même de révélation.

( 831052 )
Non par Lycobates (2017-07-11 12:24:37)
[en réponse à 831039]
prétentions à mettre l’infaillibilité partout où elle n’est pas
La définibilité d'un fait dogmatique (selon le cardinal De Jong c'est Fénelon qui a conçu ce terme et apporté beaucoup à sa clarification) est au moins
théologiquement certaine.
La nier est au moins une erreur en théologie.
Voir tout manuel catholique de dogmatique pour les détails.

( 831065 )
Il faut cesser de citer les Lettres provinciales par Lycobates (2017-07-11 15:29:35)
[en réponse à 831021]
Comme on l’a mentionné dans ce fil, les Lettres provinciales de Pascal (parues sous pseudonyme) ont été mis à l’Index, par un Décret du Saint-Office du 6 septembre 1657 (et du 3 mars 1762), et y maintenues jusque dans l’édition actuelle (1948).
En 1900 le pape Léon XIII a réformé de fond en comble la législation de l’Index romain (car il existait d’autres Index non romains, l’espagnol p.ex., mais qui n’ont plus force de loi) et balayé beaucoup d’œuvres (au nombre de quelque 700) qui y figuraient souvent pour des raisons conjoncturelles. Pas les Provinciales. On est donc amené à penser que leur maintien en 1900, 1929, 1938 et 1948 (avec des actualisations jusqu’en 1961, mais qui ne concernent pas Pascal) se justifie par des raisons de morale et de doctrine, et que leur inclusion dans la liste ne fut pas simplement conjoncturelle.
Cela implique pour tout baptisé (cf. CIC 1398) qu’un livre proscrit de la sorte ne peut pas être édité, lu, retenu, vendu, traduit ou communiqué de quelque sorte que ce soit avec une tierce personne, sans licence dûment obtenue. Ce précepte oblige sous péché grave, per se ex genere suo, disent les moralistes.
Même si l’on accepte la notification et le décret du Saint-Office de 1966 (14 juin et 15 novembre) annonçant que l’Index ne serait plus actualisé (ce qui n’a rien changé pour les ouvrages qui y figurent à cette date !) et que les restrictions du droit canon (énoncées plus haut) cesseraient (non amplius vim legis ecclesiasticae habere cum adiectis censuris), demeure le fait que cette même notification affirme que l’Index, actualisé jusque-là, garde toute sa valeur morale, suum vigorem moralem servat (AAS 58 (1966), 445). Et ce en 2017 aussi.
En d’autres mots, tout ouvrage ainsi proscrit reste moralement proscrit, et peut entraîner un péché contre la foi, la justice, la pureté des mœurs, etc. même si sa lecture non-autorisée n’entraîne, pour qui accepte la notification et le décret de 1966 comme opérants, plus de censure canonique, en ne comporterait donc plus un péché supplémentaire contre l'obéissance (bien que cette lecture par elle-même peut bien évidemment demeurer gravement peccamineuse !)
Or, un catholique ne fera pas dépendre son attitude du fait si oui ou non une peine canonique est attachée à son comportement, mais du fait si ce comportement est oui ou non moralement acceptable aux yeux de l'Église et de son autorité légitime.
La réponse est donc facile.
Il faut cesser de citer les Provinciales en guise d’argument
(en dehors bien entendu d’une étude scientifique ou publication spécialisée, pour laquelle l’auteur, et le cas échéant ses lecteurs, disposeraient d’une dispense en bonne et due forme, mais nous sommes ici dans un Forum qui se veut catholique et qui est généraliste, non destiné aux spécialistes du XVIIe s.).
Pour un catholique les Lettres provinciales n’ont aucune autorité probante dans la discussion ici.
Et en faciliter la lecture non-autorisée, même par petites portions ce qui admet une parvitas materiae, peut devenir un peccatum alienum, une source de scandale et de péché d’autrui.
Réfléchissez !

( 831068 )
In Gallia Index non viget. par Luc de Montalte (2017-07-11 15:58:16)
[en réponse à 831065]
Pourrais-je vous répondre…
Ou vous demander en toute amitié s’il n’est pas bien pire de pousser au sédévacantisme que de citer des passages des Provinciales.

( 831070 )
Réponse au Communiqué du Grand Rabbinat d’Occident par origenius (2017-07-11 16:09:10)
[en réponse à 831065]
Désolé, je suis totalement non-augustinien [et pour cause !], je ne suis donc pas concerné par ce communiqué synagogal…
J’aurais certainement l’occasion de développer mais là, je n’ai pas le temps.
Origenius

( 831074 )
"Réfléchissez !" par Yves Daoudal (2017-07-11 16:55:56)
[en réponse à 831065]
Et pour cela il est interdit de réfléchir pièces en main.
A l'Index (je viens de vérifier) sont toutes les oeuvres de Balzac, de Stendhal, de Dumas, Mme Bovary et Salammbô (mais pas L'Education sentimentale!!!), ainsi que Les misérables et Notre-Dame de Paris...
Un enfant français respectueux de cette liste ne peut donc pas aller au lycée...
Et il n'y a pas un index des opéras ? Parce que là il y aurait de quoi faire aussi... Mais peut-être sont-ils tous interdits, "Omnes fabulae amatoriae"...

( 831075 )
Nuances ! par Lycobates (2017-07-11 17:06:21)
[en réponse à 831074]
toutes les oeuvres de Balzac, de Stendhal, de Dumas
Vérifiez à nouveau, ce n'est pas correct.
Et vous avez oublié les Essais de Montaigne.
Pour les collèges ou lycées, on fait (faisait) des éditions qui comportent des extraits choisis et qui faisaient l'objet d'un imprimatur (parfois tacite, quand on faisait foi au compilateur ou éditeur).
Pour les universités (en philologie romane) les étudiants de cette partie de la littérature reçoivent (recevaient) une dispense (comme ce fut le cas de feu mon père, à l'époque, qui était entre autres romaniste).
Il vous sied très mal de vous moquer de l'autorité et de la pratique de l'Église, en cette matière comme en d'autres.

( 831076 )
D'ailleurs XA est formel !... par Père M. Mallet (2017-07-11 17:12:32)
[en réponse à 831075]

( 830946 )
François souffre d'une forme du syndrome de l'infirmière par Candidus (2017-07-10 10:01:37)
[en réponse à 830898]
Il est suffisamment clair à présent que François aime surprendre, brouiller les pistes, aller là où on ne l'attend pas. Je me demande s'il ne serait pas aussi atteint d'une forme du syndrome de l'infirmière. Cette pathologie affecte plus particulièrement, mais pas exclusivement, les femmes. Il s'agit d'une attraction paradoxale pour tout ce qui nous apparaît déficient, bancal, inadapté ; bref tout ce que François désigne comme "périphérique" (selon sa propre norme).
Pourquoi canoniser l'auteur des Provinciales, monument de mauvaise foi érigé à l'encontre des jésuites ? Pascal y caricature la casuistique de la Compagnie de Jésus qui n'était pourtant que l'art de résoudre les difficultés morales par la confrontation entre les principes et les circonstances. On ne peut pas avoir une vie morale sans casuistique.
Une telle béatification ferait aussi peu de cas du jansénisme de Pascal. Ce jansénisme qui a tant fait de mal à notre pays et qui avec le gallicanisme et la maçonnerie a préparé la Révolution.
C'est parce que c'est un jésuite aux antipodes de la pensée janséniste et qui souffre du syndrome de l'infirmière que François ne peut être qu'attiré, voire fasciné par Pascal comme je crois qu'il l'est aussi par la FSSPX. Le fait d'avoir lu deux fois la biographie de Mgr Lefebvre est significative ; tout en Mgr Lefebvre devrait lui déplaire et c'est pour cela en fait qu'il est attiré et fasciné par cet homme et par son oeuvre.
Je me demande même si on ne pourrait pas parler d'une forme de tératophilie concernant François. La tératophilie est une attirance sexuelle (mais qui peut être aussi d'ordre intellectuel) pour les individus déformés ou monstrueux. Ou du moins qui lui paraissent tels...

( 830950 )
Benoît XVI par Yves Daoudal (2017-07-10 12:12:10)
[en réponse à 830946]
le 3 décembre 2008
En conséquence de ce pouvoir du mal dans nos âmes s'est développé dans l'histoire un fleuve de boue, qui empoisonne la géographie de l'histoire humaine. Le grand penseur français Blaise Pascal a parlé d'une "seconde nature", qui se superpose à notre nature originelle, bonne. Cette "seconde nature" fait apparaître le mal comme normal pour l'homme. Ainsi, l'expression habituelle: "cela est humain" possède aussi une double signification. "Cela est humain" peut vouloir signifier: cet homme est bon, il agit réellement comme devrait agir un homme. Mais "cela est humain" peut également signifier la fausseté: le mal est normal, est humain. Le mal semble être devenu une seconde nature. Cette contradiction de l'être humain, de notre histoire doit susciter, et suscite aujourd'hui aussi, le désir de rédemption.
le 8 avril 2009
La mort du Christ rappelle l'accumulation de douleurs et de maux qui pèsent sur l'humanité de tout temps: le poids écrasant de notre mort, la haine et la violence qui aujourd'hui encore, ensanglantent la terre. La passion du Seigneur se poursuit dans la souffrance des hommes. Comme l'écrit à juste titre Blaise Pascal: "Jésus sera à l'agonie jusqu'à la fin du monde, il ne faut pas dormir pendant ce temps" (Pensées, 553).

( 830974 )
Contre-sens historique par Turlure (2017-07-10 19:12:08)
[en réponse à 830946]
Une telle béatification ferait aussi peu de cas du jansénisme de Pascal. Ce jansénisme qui a tant fait de mal à notre pays et qui avec le gallicanisme et la maçonnerie a préparé la Révolution.
Ce que vous écrivez est une énormité. Pascal est à des années lumières des "jansénistes" du XVIIIe auxquels vous vous référez. Il n'y a absolument rien de séditieux chez Pascal qui, plutôt augustinien, préconise de se résigner à obéir aux autorités humaines quelle que soit leur perfection et de rechercher Dieu dans la vie intérieure.
On pourrait aussi parler de son contemporain Domat, juriste et autre Clermontois, auteur des
Lois civiles dans leur ordre naturel dans lequel il s'efforce de relier entre elles lois divines et humaines dans un ensemble qu'il veut harmonieux.
Le XVIIIe siècle quant à lui est celui de toutes les sécularisation et les débats théologiques et ecclésiologiques n'y ont pas échappé. Une phrase amusante dont j'oublie l'auteur (peut-être un liseur le retrouvera-t-il) : "Untel est un athée jésuite. Moi, je suis un athée janséniste".

( 830983 )
Sujet plutôt complexe, en effet par Vianney (2017-07-10 20:12:32)
[en réponse à 830974]
La volonté sincère de soumission de Pascal ne permet pas pour autant de l’innocenter de toute erreur : il partage en tout cas avec les jansénistes (et avec les luthériens) un trop grand pessimisme à propos de la corruption opérée par le péché originel sur la nature humaine.
Quant à Jean Domat, bien que devenu l’ami de Pascal, il avait d’abord étudié la philosophie chez les jésuites – un oncle et un frère en étaient – et il est difficile de déterminer la part d’influence des uns et des autres dans son œuvre.
Il n’est d’ailleurs pas certain que Pascal lui-même soit demeuré jusqu’au bout dans la ligne des Provinciales. J’avais lu il y a quelques années – impossible, malheureusement, d’en retrouver la référence pour l’instant – une sentence où, sur un point précis, il blâmait finalement davantage les jansénistes que les jésuites.
V.

( 830985 )
Nicolas Boindin ? par Luc de Montalte (2017-07-10 20:38:35)
[en réponse à 830974]

( 830990 )
Merci par Turlure (2017-07-10 21:38:07)
[en réponse à 830985]
Tout est dans le titre

( 830976 )
Ouais.... par origenius (2017-07-10 19:25:15)
[en réponse à 830946]
Ce jansénisme qui a tant fait de mal à notre pays et qui avec le gallicanisme et la maçonnerie a préparé la Révolution.
Le mieux pour "préparer" la Révolution c'est d’être à la fois janséniste, gallican et surtout inévitablement maçon.Il faut mettre toutes les bonnes choses de son côté.
Au pifomètre, votre prose m'évoque les déconographies d"une certaine Marion Sigaut. Ah, la dissi danse avec les loups....

( 830982 )
Marion Sigaut par Luc de Montalte (2017-07-10 20:07:25)
[en réponse à 830976]
Pseudo-historienne, qui – aux côtés d’une certaine F. Belghoul – fit (et fait encore) les choux gras d’Égalité & Réconciliation… et d’un certain Salon Beige.
Clairvoyant un jour…

( 830981 )
Contre-vérités ! par Luc de Montalte (2017-07-10 19:59:53)
[en réponse à 830946]
Étant donné mon pseudonyme, je ne peux pas ne pas réagir ! N’avez-vous donc lu ce chef-d’œuvre que sont les
Provinciales qu’à travers les malheureuses critiques de certains autres (grands) catholiques du XIXe siècle ? Maistre et Dom Guéranger notamment, qui poussaient le vice jusqu’à ne reconnaître que du bout des lèvres la beauté esthétique de ces lettres : un
joli libelle ne devant sa notoriété qu’à sa cible selon le premier, voire de simples
calomnies pour le second !
Passons outre les insultes inutiles contre le pape que jamais les jansénistes ne se permettaient : ils n’étaient pas Luther ou Calvin, mais bien catholiques. Simplement ils étaient fermement augustiniens. L’œuvre de Jansen n’est d’ailleurs qu’un compendium de l’œuvre de Saint Augustin.
Passons aussi sur le « déficient, bancal, inadapté » qui, attribué à l’auteur des
Pensées, est à l’évidence… inadapté !
Pourquoi canoniser l'auteur des Provinciales, monument de mauvaise foi érigé à l'encontre des jésuites ? Pascal y caricature la casuistique de la Compagnie de Jésus qui n'était pourtant que l'art de résoudre les difficultés morales par la confrontation entre les principes et les circonstances. On ne peut pas avoir une vie morale sans casuistique.
Avez-vous vraiment lu ce
monument de mauvaise foi ? Pourquoi, selon vous, les ouvrages cités par Pascal furent-ils ensuite condamnés – l’une des seules victoires d’ailleurs du camp augustinien ? Les citations relevées par Pascal (reprises pour la plupart du Grand Arnauld) sont
réellement scandaleuses. Lisez-les : vous serez horrifié !
Une telle béatification ferait aussi peu de cas du jansénisme de Pascal. Ce jansénisme qui a tant fait de mal à notre pays et qui avec le gallicanisme et la maçonnerie a préparé la Révolution.
Outre l’anachronisme déjà relevé par Turlure et M. Daoudal, cette affirmation – là-encore largement due aux ultramontains du XIXe siècle – est fausse. Comme le relève Augustin Gazier, naguère directeur de la très riche bibliothèque de Port Royal, la Constitution Civile du Clergé divisa les jansénistes tout comme elle divisa l’ensemble du clergé français : les
Nouvelles Ecclésiastiques elles-mêmes se scindèrent en deux camps durant la période révolutionnaire. On trouve des jansénistes chez les évêques jureurs tout comme chez les non-jureurs.
Par ailleurs, confondre gallicanisme et « jansénisme » est absurde, car ce sont deux thèmes différents. Rappelons simplement que Mgr Jansen était ultramontain – son
Mars Gallicus en atteste.

( 830998 )
Jansénisme/gallicanisme par Turlure (2017-07-10 22:09:33)
[en réponse à 830981]
Vous citez à raison le Mars Gallicus qui montre que Jansénius d'Ypres est avant tout un évêque des Pays-Bas espagnols et qu'on peut à ce titre le ranger dans le camp de l'Europe catholique des Habsbourg.
Mais il est vrai qu'au fond, le jansénisme a peu à voir avec Jansénius : on lui a rattaché artificiellement et après sa mort des catholicisme qui ne sont pas de son pays en considérant que leur théologie de la grâce et du salut s'inspirerait de son Augustinus, lequel comporterait des hérésies.
En effet, le jansénisme que Louis XIV a cherché à réduire à néant n'a par lui même rien de gallican. Au contraire, les deux évêques qui furent vent debout contre l'extension de la régale aux évêchés exempts (grand acte de gallicanisme royale) - Pavillon d'Alet et Caulet de Pamiers - sont réputés assez proches de Port-Royal. Ce sont donc des "jansénistes" qui défendent le droit de l'Eglise universelle contre l'ingérence du roi de France dans les droits de l'Eglise.
En fait, c'est la bulle Unigenitus qui fait s'ouvrir un conflit nouveau. Certaines de ses condamnations heurtent tellement les consciences que le chancelier d'Aguesseau disait vouloir l'enregistrer pour montrer à tous la faillibilité du pape ! Il se réveille alors dans l'opinion catholique française un fort courant s'insurgeant contre les deux absolutismes royal et papal, faisant en quelque sorte l'amalgame entre la destruction de Port-Royal et la bulle. Le mouvement des appelants se construit sur le souvenir des querelles du siècle précédent. C'est la grande époque des refus de sacrements, des convulsionnaires, des doctrines ecclésiologiques "néo-richéristes" rabaissant l'autorité des évêques par rapport aux prêtres (qui sont les successeurs des soixante-douze disciples) etc.
Jansénius, Saint-Cyran, la mère Angélique et Blaise Pascal n'ont évidemment pas grand chose à voir avec tout cela.

( 831082 )
Entièrement d'accord avec vous par The wild rover (2017-07-11 18:10:41)
[en réponse à 830998]
Le jansénisme n'a rien d'une hérésie, au moins avant que les choses ne s'enveniment au XVIIIe siècle, et encore pour des raisons assez politiques qui tiennent à la collusion du jansénisme avec le gallicanisme.
Il faut néanmoins rappeler que le gallicanisme ne pause pas de problèmes de foi, y compris dans l'expression qu'il reçoit dans la doctrine des 4 articles promulgués en 1682 par l'Assemblée du clergé. Bossuet en a même entrepris la défense dans sa Defension declarationis (à laquelle Aimé-Georges Martimort a consacré des passages substantiels de son ouvrage intitulé Le gallicanisme de Bossuet, publié en 1953). Le courant gallican sera progressivement vicié au XVIIIe siècle sous l'influence d'un jansénisme politique assez éloigné de l'esprit de Port-Royal, mais surtout par l'effet du retour en force du richérisme. Cet attelage intellectuel cohabite assez bien avec un anticléricalisme émergent et donnera naissance à la Constitution civile du clergé en 1790. Des juristes comme Lanjuinais, Durand de Maillane ou Expilly sont très représentatifs de cette tendance. Ils feront d'ailleurs partie du comité de législation chargé de rédiger le projet de Constitution civile du clergé.

( 831028 )
Provinciales à l'Index par sylvquin (2017-07-11 06:56:51)
[en réponse à 830981]
Permettez à un amateur du grand Blaise, depuis plus de 40 ans, de devoir quand même préciser que Les Provinciales ont été mises à l'Index et, sauf erreur de ma part, y étaient encore dans la dernière édition de ce dernier en 1966.
Après cela ne change rien à la très belle langue des Lettres.
Quand à la distinction du "Fait" et du "Droit", même si ces mots n'ont pas été utilisés dans ce fil, il s'agit de la défense classique des jansénistes de l'époque, qui a amené Rome à préciser les choses, en affirmant que les 5 propositions étaient dans l'Augustinus.