Le Forum Catholique
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( 829655 )
Qui sont ces messieurs souriants ? par Lycobates (2017-06-20 13:22:06)
En revanche, on connaît le château


( 829661 )
Ce sont les évêques allemands par Jean-Paul PARFU (2017-06-20 14:46:14)
[en réponse à 829655]
évêques catholiques, au moins de nom, reçus par le nouveau président de la République Fédérale d'Allemagne, Franz-Walter Steinmeier.
Le problème Lycobates, c'est que les Français ne connaissent pas l'Allemagne et ne s'y intéressent pas spécialement et qu'il en va de même des Allemands pour la France.
En outre, ce sont les gens de droite ouverts à l'Europe qui s'intéressent en France à l'Allemagne, tandis que ce sont les gens de gauche en Allemagne qui s'intéressent à la France.
Il n'y a donc pas de dialogue possible.
Et comment se nomme cet apparemment gentil et inoffensif papy ?


( 829662 )
Jean Gabin ! par zejack (2017-06-20 15:10:12)
[en réponse à 829661]

( 829665 )
Une autre image par Lycobates (2017-06-20 16:26:54)
[en réponse à 829661]
de 1931.
Voici la conférence épiscopale de Bavière, qui a existé dans le royaume de façon formelle depuis 1873 et s'est associée à partir de 1933 à la conférence épiscopale de Fulda qui réunissait depuis 1867 tous les autres évêques de l'Empire allemand, et dont le président (de 1914 à 1945), le cardinal Bertram, est aussi présent ici, assis le deuxième à gauche, entre les deux métropolites bavarois et à côté du doyen d'âge des évêques, l'évêque bénédictin de Eichstätt, âgé ici de 84 ans.
Ils sont entre eux. Je présume qu'ils auraient au moins mis le
ferraiolo (sauf peut-être le bénédictin) s'ils étaient conviés par le chef de l'État.

( 829666 )
Eh oui par Lycobates (2017-06-20 16:33:47)
[en réponse à 829661]
évêques catholiques, au moins de nom, reçus par le nouveau président de la République Fédérale d'Allemagne, Franz-Walter Steinmeier
Tout à fait, et je signale à toutes fins utiles que M. Steinmeier (Frank-Walter, pas Franz-Walter), de religion réformée (pas luthérienne), est le laïc habillé comme tel au centre de la photo.
Les liquidateurs attitrés des diocèses allemands quant à eux se sont déguisés en clergyman.
c'est que les Français ne connaissent pas l'Allemagne et ne s'y intéressent pas spécialement et qu'il en va de même des Allemands pour la France.
C'est un peu simplifié, mais ce n'est pas tout à fait faux, comme beaucoup de ce que vous dites ici


( 829692 )
Sur l'Allemagne et la France par Jean-Paul PARFU (2017-06-21 10:56:28)
[en réponse à 829666]
Et sur l'intérêt ou le désintérêt relatif ou l'indifférence qui existe entre les deux pays, j'ajouterai une chose, cher Lycobates :
Pour les Français, il y a, bien entendu, le problème des deux guerres mondiales et de l'occupation. Pour eux l'Allemagne est un pays énigmatique et qui ne présente pas beaucoup d'intérêt touristique, contrairement à l'Autriche par exemple.
De leur côté, les Allemands sont souvent surpris de constater que les Français en soient, aujourd'hui encore, à la Guerre, à la Résistance, à la Libération etc ...
En réalité, le conquérant, lorsque tout est terminé (même après finalement une défaite ou un autre évènement) passe rapidement à autre chose, tandis que le vaincu, l'occupé, même libéré, n'en finit plus de ressasser les évènements. Il y a beaucoup de ressentiments chez celui qui a été conquis et occupé.
C'est ce qui s'était passé pour l'Allemagne après les guerres de la Révolution et de l'Empire. La Prusse qui y avait intérêt, mais aussi les poètes et autres nationalistes, faisaient croire aux populations allemandes que le danger français était toujours vivant, voire imminent, et ont célébré tout au long du XIXème siècle : "die Wacht am Rhein" (la garde sur le Rhin), et cela au même moment où les Français, qui avaient depuis longtemps oublié Napoléon, ne pensaient plus qu'aux colonies.
En réalité, les Allemands comme les Français s'ignorent, d'une part parce qu'ils sont subjugués par les Anglo-Saxons et d'autre part parce que les Français ont toujours peur des Allemands et que les Allemands méprisent un peu les Français. Pour beaucoup d'Allemands, comme le remarquait Jean-Pierre Chevènement, "la France, c'est comme la Pologne".

( 829706 )
Point de vue intéressant par Turlure (2017-06-21 12:11:36)
[en réponse à 829692]
Mais j'aurais une lecture un petit peu différente de tout cela.
En réalité, le conquérant, lorsque tout est terminé (même après finalement une défaite ou un autre évènement) passe rapidement à autre chose, tandis que le vaincu, l'occupé, même libéré, n'en finit plus de ressasser les évènements. Il y a beaucoup de ressentiments chez celui qui a été conquis et occupé.
Mais l'Allemagne n'a-t-elle pas elle-même été vaincue et occupée ? La raison de ce contraste vient plutôt à mon avis de ce qu'il y a d'un côté un récit qui se prête à être enjolivé et romancé (la défaite, l'armistice dont on fait une trahison, la glorieuse résistance, le débarquement, la libération) et de l'autre une histoire qui a posteriori inspire plutôt la honte à la nation allemande qui s'est donc efforcée d'oublier.
A l'inverse, en 1914-1918, l'Allemagne n'a connu aucune invasion sur son sol, et le ressentiment fut immense : le "coup de poignard dans le dos" donné par les nouvelles autorités civiles à l'armée du Reich.
C'est ce qui s'était passé pour l'Allemagne après les guerres de la Révolution et de l'Empire. La Prusse qui y avait intérêt, mais aussi les poètes et autres nationalistes, faisaient croire aux populations allemandes que le danger français était toujours vivant, voire imminent, et ont célébré tout au long du XIXème siècle : "die Wacht am Rhein" (la garde sur le Rhin), et cela au même moment où les Français, qui avaient depuis longtemps oublié Napoléon, ne pensaient plus qu'aux colonies.
Justement,
Die Wach am Rhein, c'est 1840 et la crise du Rhin. C'est l'époque où la monarchie de Juillet renoue avec l'héritage napoléonien : Thiers émet des revendications sur la rive gauche du Rhin, fait fortifier Paris, ramène les cendres de l'Empereur aux Invalides etc. C'est justement la fin d'une parenthèse pacifique de l'histoire de France.

( 829710 )
En partie également d'accord par Jean-Paul PARFU (2017-06-21 12:30:30)
[en réponse à 829706]
Cependant :
1) être vaincu par le monde entier après avoir fait trembler le monde entier n'est pas la même chose que d'être balayé en quelques semaines. Il y a donc vaincus et vaincus. Ceux qui sont vraiment des vaincus et ceux qui ont tout conquis, mais dont l'"hubris" a finalement été rattrapée par la réalité : on ne peut pas se battre et gagner contre le monde entier !
2) L'Espagne a également ressassé tout le XIXème siècle les guerres napoléoniennes et l'occupation française. Pensez au célèbre tableau de Goya, "les fusillés du Tres de Mayo"
3) Enfin, la "Wacht am Rhein" a duré bien après la crise de 1840 que vous avez raison d'évoquer. Les statues pangermanistes, tournées par défi vers la France, comme celle à la gloire d'Arminius et de son combat contre les Romains et la romanisation des Germains au "Teutoburger Wald", date de 1875. Pour le nationalisme allemand, les Français sont assimilés aux Romains. Ce sont les nouveaux Romains.


( 829720 )
[réponse] par Turlure (2017-06-21 13:54:50)
[en réponse à 829710]
3) Enfin, la "Wacht am Rhein" a duré bien après la crise de 1840 que vous avez raison d'évoquer. Les statues pangermanistes, tournées par défi vers la France, comme celle à la gloire d'Arminius et de son combat contre les Romains et la romanisation des Germains au "Teutoburger Wald", date de 1875. Pour le nationalisme allemand, les Français sont assimilés aux Romains. Ce sont les nouveaux Romains.
Le ressentiment contre l'ennemi français est évident, et d'ailleurs plus ancien que la Révolution et Napoléon : pensons aussi aux conquêtes louis-quatorziennes et à l'abominable sac du Palatinat.
Au delà de cela, il est toujours intéressant de remarquer que le nationalisme allemand occupe le vide laissé par la disparition du Saint-Empire. Le grand facteur d'unité n'est ainsi plus la forme politique lointainement héritée des romains mais la langue allemande et la filiation avec les antiques tribus germaines. Les romains ne sont donc plus les ancêtres mais les ennemis.
Sans doute peut-on voir, côté français, dans la statue de Sainte-Geneviève du pont de la Tournelle (élevée en 1928) un pendant à cet Arminius avec une transposition semblable : la sainte protège le Paris gallo-romain contre l'envahisseur venu de l'est, qu'il soit hun ou allemand.


( 829723 )
Sans compter que les Allemands ne se sentent pas vaincus par Regnum Galliae (2017-06-21 14:31:54)
[en réponse à 829710]
Pour eux, le monde a vaincu les nazis (et non les Allemands) et libéré l'Allemagne du nazisme. C'est une perspective qui montre qu'ils ont avalé la pilule sans problème

( 829711 )
vaste débat en effet par Lycobates (2017-06-21 12:35:38)
[en réponse à 829706]
Justement, Die Wacht am Rhein, c'est 1840 et la crise du Rhin. C'est l'époque où la monarchie de Juillet renoue avec l'héritage napoléonien : Thiers émet des revendications sur la rive gauche du Rhin, fait fortifier Paris, ramène les cendres de l'Empereur aux Invalides etc. C'est justement la fin d'une parenthèse pacifique de l'histoire de France.
Sans oublier l'après-1871 qui a nourri l'esprit de revanche français avec une troisième république de surcroît anti-catholique, anti-féodale et anti-monarchique, sur cette pente glissante qui allait amener l'Europe à l'an 1914.

( 829722 )
Pas si simple par Regnum Galliae (2017-06-21 14:29:52)
[en réponse à 829692]
Vous avez vos raisons de dire que les Allemands méprisent les Français et c’est peut-être le cas, mais je ne vois pas ce qui le justifierait. Sauf exception, la France a le plus souvent eu le dessus sur ses voisins germaniques. Sans remonter trop loin, la France a d’abord dompté son rival autrichien. En Allemagne, le traité de Westphalie, chef d’œuvre de Richelieu, a totalement neutralisé l’Allemagne, la morcelant en plusieurs dizaines d’inoffensives principautés. La Prusse a même quasiment disparu sous Napoléon ! Il a fallu attendre 1870 pour voir l’Allemagne prendre le dessus sur la France. Si 1914-18 fut plus équilibré, il n’en reste pas moins que c’est la France qui a fini par gagner. La supériorité allemande finalement, ce n’est que 1940 puis la période actuelle au plan économique, et encore. Aujourd’hui, l’Allemagne n’est forte que de notre faiblesse. Un chef d’Etat compétent et qui aurait le sens de l’intérêt national aurait vite fait de nous mettre au niveau de l’Allemagne d’un point de vue économique.
Comparer la France à la Pologne n’est pas un signe d’intelligence et dénote une profonde méconnaissance de l’histoire et de la réalité actuelle. Le proverbe "Heureux comme Dieu en France" aurait-il disparu ?

( 829731 )
Sur les traités de Westphalie par Turlure (2017-06-21 15:45:58)
[en réponse à 829722]
En Allemagne, le traité de Westphalie, chef d’œuvre de Richelieu, a totalement neutralisé l’Allemagne, la morcelant en plusieurs dizaines d’inoffensives principautés
Chef d'oeuvre de Richelieu, vous en êtes sûr ? Celui-ci est mort en 1642, plus de cinq ans avant la paix de Westphalie. Richelieu a engagé la France dans la guerre de Trente ans mais n'en a pas vu la fin, même si elle a vu ses objectifs se réaliser.
Le morcellement politique de l'Allemagne ne date pas de 1648 : il est au départ la conséquence de l'absence de volonté politique des empereurs médiévaux de se construire une souveraineté réelle au sein du
Regnum teutonicum, trop "occupés" à disputer à la papauté le rêve d'être politiquement à la tête de toute la chrétienté occidentale.
Les réformes luthérienne et calviniste accentueront cette diversité territoriale et, les traités de Westphalie, cent ans après la paix d'Augsburg, accompagnent cette évolution.
Si le Saint-Empire n'est plus un espace politique, il demeure jusqu'à sa mort un espace juridique dont les sujets et princes territoriaux sont dans le ressort du
Reichsofrat et de la
Reichskammergericht.

( 829732 )
en effet par Regnum Galliae (2017-06-21 16:03:48)
[en réponse à 829731]
pourquoi donc ai-je associé Richelieu à cela ? J'ai dû confondre avec Mazarin qui en fut la continuité.

( 829733 )
Et sur le reste par Turlure (2017-06-21 16:14:16)
[en réponse à 829722]
La Prusse a même quasiment disparu sous Napoléon !
Mais elle est ressortie forte du Congrès de Vienne, avec des possessions rhénanes comprenant la vallée de la Ruhr.
Si 1914-18 fut plus équilibré, il n’en reste pas moins que c’est la France qui a fini par gagner.
Non, c'est l'alliance de la France et du Royaume-Uni (avec leurs régiments coloniaux respectifs) rejoints à la fin par les Etats-Unis, alors que l'Allemagne se bat sur deux fronts. S'il n'y avait eu que la France contre l'Allemagne, la seconde - première puissance économique et militaire du continent européen en 1914 - aurait écrasé la première au cours d'une guerre qui n'aurait pas duré quatre ans !
Si on se contente d'examiner la démographie, on constate que la population de la France et celle du nouvel Empire allemand sont équivalentes en 1871, alors qu'il y a en 1911 une différence de quinze millions (
données chiffrées).

( 829809 )
mépris ou méconnaissance ? par Lycobates (2017-06-22 18:44:27)
[en réponse à 829692]
Pour eux [les Français] l'Allemagne est un pays énigmatique et qui ne présente pas beaucoup d'intérêt touristique, contrairement à l'Autriche par exemple.
Le dernier point est a priori surprenant.
Évidemment, l'Est est détruit ou perdu et de toute façon ne plus perçu par la multitude comme (historiquement) allemand, alors que l'Allemagne centrale,
Mitteldeutschland : la Saxe, les états de la Thuringe, ainsi que le Brandebourg, les deux Mecklembourg et le bout de la Poméranie qui nous est resté, ont longtemps été plus difficilement accessibles pour des raisons politiques, malgré les joyaux touristiques que l'on y trouve, même encore aujourd'hui.
Mais quand-même, le Guide vert d'Allemagne, même l'édition d'avant la "réunification", est suffisamment épais pour repérer quelques "méritent le voyage". Je l'ai moi-même souvent consulté avec profit.
les Français ont toujours peur des Allemands et que les Allemands méprisent un peu les Français. Pour beaucoup d'Allemands, comme le remarquait Jean-Pierre Chevènement, "la France, c'est comme la Pologne".
Oui, peut-être, mais ce mépris, s'il existe, n'est pas du même ordre.
Le mépris germanique envers toute chose romane est un mépris moral, justifié ou pas (c'est une autre question, et j'ai hâte de dire que je ne le partage généralement pas), pas un mépris culturel, car toute chose bien considérée, il n'y a pas de doute que culturellement l'Empire romain et ses héritiers actuels, même décadents, l'emportent sur les habitants des champs décumates et forcément des territoires encore au-delà. Aussi culturellement, bien sûr, le rattrapage a bien eu lieu, et ce depuis bien des siècles et ce n'est pas pour rien que l'étude de l'antiquité romaine et de sa culture et littérature est non seulement solidement ancrée en terre germanique, elle est même impensable sans l'apport académique allemand, surtout du XIXe siècle. Cela vaut même en partie pour l'étude des philologies romanes, sans parler du grec et des cultures d'orient.
Par mépris
moral je veux dire ce sens de supériorité, de condescendance, de pédanterie, que ressent l'adepte de la rigueur, de l'ordre et du système, le pinailleur, si vous voulez

, envers ce qui est considéré ou perçu, à tort ou à raison, comme un laisser-aller, un laxisme, une certaine paresse, une indulgence trop prononcée.
Mais ce mépris est surtout allemand du nord et souvent protestant (l'affect anti-romain joue encore très fort), les Allemands du sud, Bavarois et Autrichiens, avec leur sympathique
Schlamperei, n'y échappent pas. Nul besoin d'être Français pour être méprisé de la sorte !
Je crois que la méconnaissance est la clef de ce mépris; quand on voyage beaucoup, et même vit, fût-ce temporairement, dans l'aire de la Romania, quand on apprend ses langues, on constate que ce genre d'idées reçues s'évapore et qu'on commence à comprendre et apprécier, même sans tout pouvoir ou vouloir partager.
Le contraire est vrai aussi, vous en êtes un exemple, et il y en a quelques autres dans ce Forum. C'est en quelque sorte rassurant.

( 829839 )
Merci Lycobates par Jean-Paul PARFU (2017-06-22 23:36:15)
[en réponse à 829809]
pour votre post et vos précisions !

( 829849 )
Deux choses cependant par Jean-Paul PARFU (2017-06-23 09:46:37)
[en réponse à 829809]
1) Je ne vous dis pas qu'il n'y a pas de belles choses à voir en Allemagne; je vous dis simplement que les Français ne vont pas en Allemagne en vacances, dans la mesure où ce pays ne présente pour eux, à tort sans doute, aucun attrait touristique.
2) Pour un Français, surtout un Français du nord de la France, il n'y a pas de Romania, ou en tout cas, il n'en a pas conscience. C'est une façon de voir allemande. Un Normand, un Breton seraient surpris d'apprendre que pour un Allemand, il est plus proche d'un Sicilien que de lui. Cette perception est à l'origine d'un malentendu persistant entre Les Français et les Allemands. Ce malentendu n'a pas toujours existé. Il est né au XIXème siècle. Le Normand pense être un Celto-Franc-Wiking, assez proche des Anglais qu'il a conquis, tandis que le Breton sait qu'il descend des Celtes de Grande-Bretagne et que ses ancêtres ne parlent français que depuis récemment.

( 829851 )
Les Français ont tout de même des caractères très latins par Regnum Galliae (2017-06-23 10:13:25)
[en réponse à 829849]
Il est difficile de catégoriser les influences. Par exemple, le Lombard a gardé un côté autrichien qui le rapproche plus de Vienne que de Palerme. L'Espagnol est un latin dont le caractère discipliné et austère semblerait presque nordique.
Le Français est la synthèse de l'Europe. Nos racines plongent dans les légendes celto-germaniques, et la terre ne ment pas, mais nous avons malgré tout une culture très latine. Moins la Bretagne ou l'Alsace bien sûr, mais les zones de langue d'oil et plus encore de l'angue d'oc sont très éloignées de votre Germania qui nous est aussi étrangère que la Russie. Evidemment, si vous prenez les régions frontalières vous arriverez à une conclusion différente, mais ce sont justement des exceptions (sinon il vous faut également considérer la Corse, le pays basque ou la Savoie). Et encore, l'Alsace, qui passe chez nous pour une région germanique et protestante devait être à l'époque du IIè Reich prussien une province catholique et latine en comparaison du reste du pays ! Quant à la Bretagne, vous y avez un amour de la bonne chère et du vin qui n'est pas typiquement celte, là où l'Irlandais se contentera d'une bière et un fish and chips.

( 829853 )
Caractères latins? par Jean-Paul PARFU (2017-06-23 10:31:44)
[en réponse à 829851]
Faire bonne chère serait un caractère latin? Les Bavarois sont-ils des Latins? Les Latins, comme vous dites, sont habituellement graves, ils aiment la tragédie et leurs femmes sont habillées en noir.
Je vous rappelle enfin que "latin" signifiait, au Moyen-Age chrétien, "occidental" et un "Occidental" qui dépendait de Rome, par opposition aux Grecs, les Chrétiens orientaux, relevant de Constantinople.
On sent chez vous Bainville et Maurras. Ce dernier a confondu la France, le pays des Francs, avec la Provence et Martigues.

( 829856 )
Noblesse-Tiers-État par Turlure (2017-06-23 12:32:57)
[en réponse à 829849]
Ajoutons qu'au XVIIIe siècle, la noblesse se considérait comme franque, et en réponse, le Tiers-Etat comme gallo-romaian.
Boulainvilliers : la liberté est née dans les forêts de Germanie
Siéyès : les Germains en Germanie !

( 829859 )
Intéressant... par origenius (2017-06-23 14:19:28)
[en réponse à 829856]
Ajoutons qu'au XVIIIe siècle, la noblesse se considérait comme franque, et en réponse, le Tiers-Etat comme gallo-romaian.
Mille pardons ! Pas franque... Fran
k. Respectons l'orthographe d'origine.
Boulainvilliers : la liberté est née dans les forêts de Germanie
Siéyès : les Germains en Germanie !
Les Germains en FranKonie, plutôt...
Ni l'un ni l'autre ne sont des références, certes. Mais cela nous ramène à l'invasion de la Gaule chrétienne par des hordes... Et surtout,
nolens volens le début d'un Roman National particulièrement falsifié.
Rien ne presse, tout vient à son heure...
Bonne continuation.
Origenius

( 829861 )
Ce qui est absurde par Regnum Galliae (2017-06-23 14:25:01)
[en réponse à 829856]
Dans la noblesse du XVIIIè siècle, bien peu peuvent se targuer d'une famille anoblie avant l'an mil. La plupart avaient donc des ancêtres qui appartenaient encore au "tiers-état" (pardonnez-moi cet anachronisme) alors que les invasions germaniques étaient terminées depuis longtemps. Gallo-romains donc si j'ai bien suivi, à moins que les anoblissements n'aient pendant mille ans concerné que des personnes à l'ascendance franque ? On dit que Robert le Fort, ancêtre des capétiens, était le fils d'un boucher. Lequel ne serait donc pas franc ?
Arrêtons ici la discussion sinon quelqu'un va nous ressortir le coup de l'ascendance davidique des rois francs et nous n'en sortirons pas !

( 829862 )
La conception allemande par Jean-Paul PARFU (2017-06-23 14:36:24)
[en réponse à 829856]
les Germains d'un côté, les "Romans" de l'autre, date essentiellement du XIXème siècle.
Pourquoi ?
1) Parce qu'au tout début du XIXème siècle, le nationalisme allemand va se construire par opposition au nationalisme français qui repose sur une idéologie universaliste, abstraite et classique.
Le nationalisme allemand reposera sur une idéologie particulariste, enracinée et romantique.
2) Le moyen de cette affirmation est la victoire de l'Angleterre et de la Prusse sur la France ne 1815. Le XIXème siècle sera le siècle de l'Angleterre et de la montée en puissance de la Prusse jusqu'à l'unité allemande.
Dans la propagande prussienne et nationaliste allemande, l'Allemagne et l'Angleterre sont en outre des nations sœurs, des nations germaniques, puisqu'aussi bien, les Anglais parlent une langue germanique. Les Allemands appellent d'ailleurs les Anglais: "nos cousins" et accordent une importance énorme au fait que la famille royale britannique soit d'origine allemande. Ils aiment les Anglais et croient que les Anglais les aiment.
En réalité, une partie importante des habitants de la Grande-Bretagne n'est pas d'origine germanique, mais celtique (voire pré-celtique), le fait que la famille royale britannique soit d'origine allemande n'est pas le signe d'un lien spécial entre les deux nations, mais le jeu d'alliances traditionnelles entre familles princières et royales européennes et enfin, les Anglais n'aiment pas les Allemands.
3) Dans la représentation allemande nationaliste, enracinée et particulariste, on est germanique, d'abord parce qu'on parle une langue germanique. C'est plus objectif et plus simple que la taille ou la couleur des yeux (bien que ces derniers éléments comptent également bien entendu).
De même, on est donc "roman" si l'on parle une langue romane. Il y a confusion entre culture linguistique et origines ethniques. Ce qui est vrai dans un cas, avec toutefois de fortes limites pour la Grande-Bretagne, nous l'avons vu, est totalement ou presque totalement faux pour les pays romanisés, dont les peuples totalement différents les uns des autres ont dû supporter l'occupation romaine. Mais le besoin d'un ennemi et d'un bloc humain distinct, par rapport auquel se définir, a fini par créer ce monde "roman" (au sens où il existe un monde "germain") qui pour les Allemands existe bel et bien. Les origines celtiques et même en partie germaniques de la France, sont ainsi totalement niées. Le nationalisme allemand rejoint ainsi un certain nationalisme français qui affirme, soit que l'identité de la France est précisément de ne pas en avoir, soit que les Français sont des Latins (des Romans). Tout est ainsi prêt pour l'ignorance mutuelle, l'indifférence et peut-être un jour l'affrontement !

( 829863 )
La France est un pacte civique par PEB (2017-06-23 15:38:01)
[en réponse à 829862]
Au départ, sur un substrat datant du paléolithique (dont descendrait les basques), des peuplades "celtes" installèrent une civilisation rurale brillante.
La conquête de César établit une urbanité nouvelle auquel les gaulois finirent par adhérer activement.
Parallèlement, la christianisation de saint Martin inventa la paroisse rurale, à l'origine du maillage communale actuelle.
Sur ce débarqua un ramassis de germains et de gallo-romains en rupture du ban (évasion fiscale notamment!): les Francs: littéralement ceux qui brisèrent (frangere, fractus) leur chaîne. Rome les appela à la rescousse contre les Huns. Aetius ne fut rien sans Mérovée.
A Reims se scella un pacte particulier: les structures sociales étaient maintenus par l’Église tandis que les Francs se substituaient à l'Empereur dans la protection du royaume.
Sur fond indo-européen, l'idée française repose sur une alliance civile où corps intermédiaires et État encadrent un citoyen libre et éclairé.
La Noblesse de l'An Mil n'était pas si germanique que l'on pensait!

( 829894 )
Le problème de la France par Jean-Paul PARFU (2017-06-24 10:54:03)
[en réponse à 829863]
par rapport à son identité, est illustré dans ce fil.
on a :
- d'un côté, Maurras et Bainville (on est des Latins) ;
- et de l'autre, Rousseau et Renan (on est un contrat du "vivre-ensemble") !

( 829864 )
Tout dépend en effet de quoi vous parlez par Regnum Galliae (2017-06-23 15:56:21)
[en réponse à 829862]
Ethniquement, nous ne sommes ni latins, ni celtes, ni germains, ni même indo-européens. Nous sommes tout simplement, et nous avons été celtisés puis latinisés. De même, les Espagnols ne sont pas latins, ni même les Italiens qui descendent des Etrusques.
C'est culturellement que nous sommes latins, mais au fond qu'est-ce que cela veut dire ? Le Italiens nous appellent leurs cousins et ils ont raison. Ceux du nord sont aussi des gaulois latinisés et les Vénètes ont donné leur nom aussi bien à la ville de Vannes qu'à celle de Venise.
Nous avons des apports germaniques puisque nos rois descendent de l'aristocratie franque, mais ils sont marginaux. Déjà sous Charles le chauve les habitants de Francie occidentale parlaient le roman. Sigurd, Wotan, Beowulf, Brunehilde n'ont jamais rien évoqué pour nous. La civilisation celtique en revanche a laissé une grande trace : nom de nos villes, imaginaire (elfes, fées, chevaliers de la table ronde, conte de Perrault), les menhirs, etc. Mais ces réminiscences celtiques ne font pas de nous des celtes puisque notre culture demeure essentiellement latine sans l'être tout à fait : elle est française, synthèse de tout le monde européen.

( 829667 )
Sepp par Sabaoth (2017-06-20 16:37:00)
[en réponse à 829661]
Dietrich Sepp, général nazi, mort dans son lit en 1966.
Le même pendant le tournage de la Grande Vadrouille.

( 829669 )
Mort dans son lit par Lycobates (2017-06-20 16:41:41)
[en réponse à 829667]
après avoir purgé deux peines successives.

( 829673 )
Sepp Dietrich par Regnum Galliae (2017-06-20 17:16:50)
[en réponse à 829667]
Sepp étant le diminutif de Josef.

( 829675 )
diminutif par Lycobates (2017-06-20 17:45:25)
[en réponse à 829673]
Dans ce cas plutôt petit filou que grosser Filou, n'est-ce pas ?

( 829674 )
Mgr Marx par Mingdi (2017-06-20 17:39:31)
[en réponse à 829655]
est le 3ème à partir de la droite au 1er rang

( 829676 )
Les deux cardinaux entourent le président par Jean-Paul PARFU (2017-06-20 17:46:19)
[en réponse à 829674]
Le cardinal Marx, archevêque de Munich et le cardinal Woelki, archevêque de Cologne.

( 829678 )
Toujours par MG (2017-06-20 18:29:40)
[en réponse à 829655]
gentiment transgressif et avec cette fine culture inimitable...!

( 829690 )
Que fait Bernard Tapie en col romain ? par Regnum Galliae (2017-06-21 10:28:16)
[en réponse à 829655]
Le 7è en partant de la droite

( 829707 )
Stefan Oster SDB par Lycobates (2017-06-21 12:11:47)
[en réponse à 829690]
Il est frère salésien, né en 1965.
Il doit être la cadet de la troupe.
ICI

( 829826 )
Les évêques salésiens par AVV-VVK (2017-06-22 21:09:10)
[en réponse à 829707]
portent (portèrent)-ils un signe distinctif?

( 829830 )
Non, sauf ... par Lycobates (2017-06-22 22:11:52)
[en réponse à 829826]
La réponse est non, cher AVV-VVK, même si je vous dois avouer que nous avons un peu perdu la pratique des évêques ... réguliers (huhuhu).
Les évêques issus de congrégations avec des voeux non solennels (comme je crois que c'est le cas des salésiens) se conforment, quant à leur habit, aux évêques séculiers, sauf qu'ils ne portent pas de soie (sauf pour les doublures, les boutons, les bords des boutonnières, la ceinture ou le col).
Nabuco (un seul c !) écrit (
Jus pontificalium : Introductio in Caeremoniale Episcoporum, 1956) :
Clerici [congregationum ecclesiasticarum cum votis non solemnibus] quoad colorem vestium praelatitiarum sese omnino conformare debent clericis saecularibus, excluso serico excepto quoad subsuta, globulos, ocellos et zonam seu collarium.
C'est un peu différent pour les prélats bénédictins.
Il y a sur la photo un bénédictin, mais vous aurez de la peine de le découvrir, il est un peu caché, et il ne se distingue pas.
Revenons aux salésiens.
Voici le cardinal Giovanni Cagliero, salésien, copain de classe de Saint Dominique Savio, mais mort beaucoup plus tard, en 1926 :
(on le voit : tout y est, mais pas de soie moirée, et chaussures bouclées certes, mais noires)
Nabuco dit encore :
Quoad regulares omnes observa: Subsutum mantelleti vel pallioli humeralis, globuli et ocelli, necnon zona, collarium, chirothecae eiusdem coloris sint ac vestes ipsae quas ornant sed e serico. Sericum etiam erit subsutum cappae, quod aestivo tempore, pellibus depositis, eorum adhibetur loco. Eiusdem coloris ac vestes, excluso tamen serico, erunt caligae. Biretum et pileolum praelatorum ordinis episcoporum erunt violacei coloris.
J'ai un peu la flemme pour tout traduire, mais je le ferai, s'il en est besoin.
De toute façon, vous savez déjà ce qu'est le
subsutum (la doublure), et ce que sont les
globuli et les
ocelli (les boutons et les bords des boutonnières).
Le
palliolum humerale, c'est la mozette.

( 830423 )
Merci. De plus, mon évêque, un salésien par AVV-VVK (2017-07-03 20:30:52)
[en réponse à 829830]
n' ajoute jamais les lettres initiales "S.D.B." à son nom. On peut penser qu 'il est un évêque séculier.