Le Forum Catholique

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images/icones/francis1.gif  ( 828861 )Lumière sur les Paroles du Notre Père par origenius (2017-06-04 12:07:43) 



Désormais, c’est la version du Notre Père adoptée en 1966 par le Saint Siège qui a remplacé toutes les variantes locales, soit :

"Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite, sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal."

Toutefois, cette traduction, dite œcuménique, très proche de la traduction Segond de Matthieu 6, 9-13, s'écarte en un point essentiel de la plupart des manuscrits d'origine. Et alors que le texte liturgique français dit : "Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés", le texte latin, pour sa part, correspondant à la majorité des manuscrits grecs, dit littéralement : "Remets-nous nos dettes, comme nous les remettons aussi à nos débiteurs".

[Traduction latine des manuscrits grecs : Pater noster, qui es in caelis sanctificetur nomen tuum adveniat regnum tuum fiat voluntas tua sicut in caelo et in terra. Panem nostrum quotidianum da nobis hodie et dimitte nobis debita nostra sicut et nos dimittimus debitoribus nostris et ne nos inducas in tentationem sed libera nos a malo. Amen.]

Voici le texte de la traduction de la Bible de Jérusalem de Matthieu 6, 9 13, proche par ailleurs de la traduction adoptée par la Bible de la liturgie :

"Notre Père qui es dans les cieux, que ton Nom soit sanctifié, que ton Règne vienne, que ta Volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien. Remets-nous nos dettes comme nous-mêmes avons remis à nos débiteurs. Et ne nous soumets pas à la tentation ; mais délivre-nous du Mauvais."

Évidemment, la question est de savoir en quoi la différence de traduction peut créer problème. Et de comprendre par là pourquoi la traduction orthodoxe a cru devoir s'écarter de la traduction œcuménique, et pourquoi nous aurions intérêt à faire de même.

Un message récent de Jésus à un petit prophète colombien, en date du 6 juin 2013, nous apporte là-dessus un éclairage décisif, et nous indique pourquoi nous devons adopter une traduction proche de la traduction orthodoxe, par exemple le texte de la traduction de la Bible de Jérusalem. Voici des extraits de ce message intitulé :

"Parole de Jésus au Saint-Sacrement à Sa Hiérarchie Ecclésiastique".

Jésus parle : "Paix à vous, Hiérarques de mon Église.

Hiérarchie Ecclésiastique, pourquoi avoir changé la prière du Notre Père que J'ai enseignée à mes disciples ?

La prière du Notre Père que vous priez aujourd'hui n'est pas celle que J'ai enseignée à mes disciples, quand ils m'ont demandé : "Maître enseigne-nous à prier", et que Je leur ai dit de dire ainsi :

"Notre Père qui es dans les cieux, que ton Nom soit sanctifié, que ton Règne vienne, que ta Volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien. Remets-nous nos dettes comme nous-mêmes avons remis à nos débiteurs. Et ne nous soumets pas à la tentation; mais délivre-nous du Mauvais." (Matthieu 6, 9-13)

[Texte espagnol original : "Padrenuestro que estás en el cielo, santificado sea tu nombre, venga a nosotros tu reino, hágase tu voluntad en la tierra como en el cielo. Danos hoy nuestro pan de cada día, perdona nuestras deudas, como perdonamos a nuestros deudores, no nos dejes caer en tentación y líbranos del mal". (Mateo 6. 9 al 13)]

Mon troupeau, les mots dettes et débiteurs couvrent non seulement vos dettes personnelles et spirituelles, mais aussi les dettes de vos ancêtres et de vos défunts. Quand vous dites : pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés, vous vous référez à des fautes strictement personnelles, sans tenir compte de la dimension intergénérationnelle, Je veux dire, de vos défunts et de vos ancêtres.


Dans la prière du Notre Père que J'ai enseignée à mes disciples se manifeste la miséricorde, l'amour, le pardon et la protection de Dieu le Père pour ses enfants. La prière du Notre Père telle que vous la priez aujourd'hui ne tient pas compte de vos ancêtres et de vos défunts. Lorsque vous changez les mots dettes par offenses et débiteurs par offensés, cela manipule et déforme le plan de salut de Dieu. La prière du Notre Père, telle que mon Père me l’a enseignée pour être donnée à ses enfants, a le pouvoir de libérer vos âmes, ainsi que celles des défunts et des ancêtres de vos familles, si vous priez avec foi. C'est une prière d'exorcisme qui vous libère des attaques du malin, et vous protège de ses pièges, c'est aussi une prière de vie et une nourriture pour votre esprit. C'est la prière qui vous apporte non seulement la nourriture corporelle, mais, le plus important, la nourriture spirituelle que Je suis.

Hiérarques de mon Église, bergers de mon troupeau, Je vous demande de tout mon cœur de recommencer à prier le Notre Père comme mon Père me l'a enseigné, parce que tel que vous êtes en train de le prier et de l’enseigner à mon troupeau, il n’a pas la même valeur et le même pouvoir spirituel. En changeant les mots dettes par offenses et débiteurs par offensés se perd l'action miséricordieuse et libératrice du Père envers ses enfants ici-bas, et envers les âmes de vos ancêtres et de vos défunts dans l'éternité.

La prière du Notre Père jointe au Credo et au Magnificat constituent un ensemble de puissantes prières qui rassemble tout le plan de Salut que mon Père a préparé pour l'humanité.

C'est ma paix que Je vous laisse, c'est ma paix que Je vous donne. Repentez-vous et convertissez-vous, car le royaume de Dieu est proche. Votre Maître et Pasteur, Jésus au Saint-Sacrement."

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Soulignons que ce qui est enseigné ici - à savoir que la prière du Notre Père, telle qu'elle fut donnée à Jésus par son Père, si elle est priée avec foi, a un pouvoir libérateur pour nos âmes, ainsi que pour celles de nos défunts et de nos ancêtres, - ne concerne pas tant ce qu'une nouvelle doctrine appelle la guérison de l'arbre généalogique, que l'universalité du pardon dans la communion des saints, à travers l'espace et le temps.

Autrement dit, nous ne devons pas nous contenter de pardonner à nos contemporains - pensons aussi à nos parents défunts et à nos ancêtres, et de façon plus large à tout défunt à qui nous pouvons être liés par une dette, de quelque façon qu'on l'entende. Le pardon doit s'étendre aussi loin que s'étend l'Église dans sa triple dimension militante (ici-bas), souffrante (au Purgatoire), et glorieuse (au Ciel).

Pour illustrer ces propos voici un témoignage de Maria Simma, une âme charismatique en contact avec les âmes du Purgatoire, qui nous parle du refus de pardonner par delà la mort :

Question : Maria, pouvez-vous me donner un exemple où le refus de pardonner a entraîné l’apparition d’une maladie?

Réponse de Maria : "Oh! C’est si souvent la cause d’une maladie. Oui, je me souviens d’un cas à Innsbruck où une jeune femme ne pouvait pas pardonner à son père. La situation était la suivante: lorsque son père vivait, il ne procurait jamais aucune joie à ses enfants et, dans le cas de cette jeune femme, lorsqu’une bonne position s’est présentée, il a refusé de la lui laisser prendre. C’était un travail qui lui aurait donné une bonne formation et le fait de le lui interdire l’a obligée à errer dans la vie sans une éducation adéquate.

Et c’est cela qu’elle ne pouvait tout simplement pas lui pardonner. Peu de temps après sa mort, il lui est apparu - pas seulement une fois, mais trois fois - en la suppliant de lui pardonner. Mais non, sa fille ne le pouvait tout simplement pas. Elle est alors tombée malade et durant sa maladie, l’idée lui est soudain venue qu’elle devrait lui pardonner. C’est ce qu’elle a fait, et très profondément, de tout son cœur. La maladie a rapidement disparu.

Je ne me souviens pas exactement de quelle maladie il s’agissait, mais il était devenu très clair qu’elle était due à ce long refus de pardonner. On ne peut pas toujours oublier les choses, mais on doit toujours pardonner. Le refus du pardon est le plus lourd fardeau dont nous puissions nous charger et la cause des plus grandes limitations que nous puissions nous imposer en cette vie.
En apportant tout cela à Dieu, nous redevenons tellement plus libres et plus comblés. Et le pardon sera suivi d’une compréhension bien plus profonde de ce qui s’est réellement passé. Cela aussi est une grâce immense et très importante".

Communiqué de Jean-Louis Bolte du 30 juillet 2013

En ce jour de Pentecôte,
Cordialement à tous
Origenius
images/icones/1h.gif  ( 828863 )Fausse révélation! par Jean-Paul PARFU (2017-06-04 13:22:12) 
[en réponse à 828861]

Qui de surcroît ne porte pas sur le point litigieux!
images/icones/1f.gif  ( 828904 )L'avant-dernière demande par Steve (2017-06-05 11:07:00) 
[en réponse à 828863]

Depuis hier, l'avant-dernière demande du Notre Père est devenue officiellement : ne nous laisse pas entrer en tentation.

Ce retour au bon sens n'a pas été beaucoup commenté dans les églises, et pour cause.
Pendant quelque 50 ans on nous a fait répéter, des millions et des millions de fois, la même ânerie évidente.
Et, pendant quelque 50 ans, le bon peuple a brait comme on lui imposait de braire.

Cette docilité de zombie de mes frères chrétiens catholiques me dérange infiniment.
images/icones/fleche3.gif  ( 828905 )Oui, probablement par Quodvultdeus (2017-06-05 11:08:20) 
[en réponse à 828863]

Cher Maître,
Oui, il s'agit très probablement d'une fausse révélation comme il en circule beaucoup actuellement. Mais le "petit prophète colombien" (sic) étant de langue espagnole, le "point litigieux" n'existe pas dans cette langue.
Le Notre Père en espagnol dit bien : no nos dejes caer en la tentación (ne nous laisse pas tomber dans la tentation).
Les versions catalane et portugaise disent à peu près la même chose, avec le vouvoiement par-dessus le marché.
Le point litigieux n'existe que dans la version française des années 60.

Quodvultdeus
images/icones/neutre.gif  ( 828908 )Vraie expérience ! par Sabaoth (2017-06-05 11:24:43) 
[en réponse à 828861]

Première remarque : la traduction de l'espagnol en français est fausse : "no nos dejes caer en tentación" ce n'est pas "ne nous soumets pas"....), c'est plutôt l'équivalent de la nouvelle traduction française : "ne nous laisse pas tomber (entrer) en tentation".

Deuxième remarque. Par expérience personnelle, je peux témoigner qu'un refus ou une demande de pardon peuvent mystérieusement lier ou délier l'âme d'un défunt (et d'un vivant), car le monde visible et invisible, les Eglises militante, souffrante et glorieuse sont unies très concrètement dans le Corps du Christ ressuscité.

Voici mon expérience. Il y a quelques semaines, j'apprends par un bulletin paroissial, la mort d'une ancienne collègue de travail. Or, j'avais eu l'occasion de me fâcher vertement contre cette femme et réciproquement, sans qu'une réconciliation formelle n'ait jamais lieu : nous avons continué à nous croiser avec indifférence dans les corridors, pendant des années, sans plus jamais échanger sur ce sujet. Quand j'ai appris la mort de cette femme, j'ai immédiatement pensé à ce "non pardon" et j'ai élevé une prière spontanée dans laquelle je lui demandais pardon pour ces frictions ; je lui pardonnais moi-même pour sa part négative dans ces tensions. Je demandai au ciel de la libérer de cette dette et de m'en libérer moi-même. Or, la nuit suivante, j'ai rêvé de cette femme : elle était assise devant moi et me regardais paisiblement, nous avons parlé calmement (je ne sais plus de quoi). Bref, la réconciliation s'était opérée dans l'invisible et elle me le faisait savoir.
On peut lire en S. Matthieu qu'il existe un pardon dans l'autre monde (Mt 12, 32).
images/icones/neutre.gif  ( 828989 )Débiteurs insolvables ou offenseurs insatiables? par le torrentiel (2017-06-06 11:53:19) 
[en réponse à 828861]

Cher origenius et chers liseurs qui êtes intervenus dans ce fil avant moi,

Vraie ou fausse prophétie que celle de ce "petit prophète colombien"? Pourquoi reconnaît-on si aisément qu'une théophanie catastrophiste est vraie et si malaisément qu'une épiphanie apaisante puisse avoir un degré de vérité aussi probable?


Celle-ci nous décentre de nos faux débats à propos de la sixième demande du "notre Père", dont la traduction française affaiblit plutôt le latin, qui suggère que Dieu puisse nous "inducare in temptationem", donc non seulement nous y soumettre ou nous y faire entrer, mais nous y induire, et nous recentre sur la cinquième demande concernant ce que nous sommes accoutumés à appeler le pardon des offenses.


Elle le fait avec une expression charismatique due peut-être principalement à l'auteur du communiqué, mais avec une rare prudence éclésiastique, Jésus s'adressant aux "hiérarques de son Église" à travers son "petit prophète colombien", et rappelant par là que ce n'est pas aux fidèles de transformer une prière aussi fondamentale et fondatrice que celle du "notre Père", mais que c'est à la hiérarchie de l'Église de mettre sur leurs lèvres la traduction la plus juste.


Jésus a encore raison, si j'ose dire, qu'Il ait parlé de façon spectaculaire ou par locution intérieure, ce que je crois plutôt du niveau de ce message, d'appuyer sur le fait que tout est contenu dans ces trois trésors que sont le credo,le "Pater" et le "magnificat", et que d'adhérer sans réserve aux vérités qui y sont révélées fait plus assurément un catholique que de commenter à l'infini la jurisprudence magistérielle de notre religion antijuridique. Nous avons ces trois chartes de la lex credendi et de la lex orandi, auxquelles on peut ajouter ces trois autres que sont les béatitudes, tout le sermon sur la montagne qui les suit, et le comportement induit par la "parabole(?" du jugement dernier contenue en Mathieu XXV, tout cela donnant l'esprit du décalogue, dont la lettre a été gravé par Moïse sur les tables de la loi.


La notion d'offense n'est guère contenue dans l'Évangile, sinon pour convaincre Pierre qu'il ne doit pas s'inquiéter du nombre de fois qu'il doit les pardonner, pourvu que ce nombre soit infini. En revanche, l'Évangile met souvent l'accent sur la notion de dette, du débiteur insolvable à qui le créancier, son maître, remet tout et qui gâche tout en se montrant lui-même intraitable, ce qui lui vaudra d'être jeté en prison jusqu'à ce qu'il ait tout remboursé, à l'intendant roué qui se paie sur les dettes de son maître et dont celui-ci fait l'éloge, précisément parce qu'il entre dans la logique de la rémission de la dette et des péchés, même pour de mauvaises raisons, puisqu'il commence par remettre pour qu'il lui soit remis, et n'a donc pas ce qu'on a appelé par la suite la contrition parfaite.


Qu'Est-ce qui distingue l'offense de la dette? Quand je parle d'offense, je me place de mon point de vue. C'est mon ego qui est blessé d'avoir offensé; je suis déshonoré et souffre dans mon orgueil. Je demande à être pardonné de mes offenses pour être rétabli dans mon droit d'offenser de rechef.

Quand je parle de dette, je me place du point de vue de l'autre. Je constate que, non pas mon offense à mon orgueuil, mais mon péché contre mon frère, m'a fait contracter à son égard une dette, non d'honneur, mais de cœur, qui demande réparation. Je prie pour lui avant de prier pour moi. Et je prie, non pas pour être rétabli dans mon droit d'offenser de rechef, malgré l'hypocrite ferme propos de ne pas recommencer, mais pour être réparer afin de pouvoir réparer mon frère, car je ne pourrai pas le réparer si mon orgueuil est encore blessé d'avoir pu l'offenser.

Je peux vouloir traiter l'autre comme je voudrais être traité, mais la faiblesse de ma nature fait que je dois commencer par me sentir aimé moi-même pour aimer mon prochain comme je suis aimé, et de là aimer Dieu parce qu'Il est la source de l'amour que je reçois en surcroît d'avoir été créé, et que je veux Lui rendre en gratitude d'être rédimé, par reconnaissance d'être racheté, pour lui rendre grâces de m'avoir libéré, et non pas rétabli dans mes droits d'offenseur.


Donc oui, Seigneur, "remets-nous nos dettes comme nous-mêmes avons remis à nos débiteurs", comme nous-mêmes leur avons pardonné dans notre coeur avant même que d'avoir pu, à tous coups, leur présenter notre solde de tout compte avant de nous présenter à l'Autel. Nous ne réclamons pas contre eux vengeance. Nous ne voulons pas savoir qui a raison. Nous remettons les compteurs à zéro pour un jubilé des relations qui pourront recommencer quand nous pourrons et quand Dieu voudra. Mais notre cœur est prêt pour la sainte Cène de l'amour fraternel.


Merci, Origenius, de m'avoir permis de réfléchir à cela.

Le torrentiel qui vous en sait gré
images/icones/neutre.gif  ( 828991 )Et selon les révélations à Maria Valtorta sur le "Notre Père" par Louisneuf (2017-06-06 13:18:08) 
[en réponse à 828989]

"Écoutez. Quand vous priez dites ainsi : "Notre Père qui es aux Cieux, que soit sanctifié ton Nom, que vienne ton Royaume sur la terre comme il l’est dans le Ciel, et que sur la terre comme au Ciel soit faite ta volonté. Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien, remets-nous nos dettes comme nous les remettons à nos débiteurs. Ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du Malin."

Jésus s’est levé pour dire la prière et tous l’ont imité, attentifs, émus.

"Il ne faut pas autre chose, mes amis. Dans ces mots est renfermé comme en un cercle d’or tout ce qu’il faut à l’homme pour l’esprit, pour la chair et le sang. Avec cela demandez ce qui est utile à celui-là ou à ceux-ci. Et si vous faites ce que vous demandez, vous acquerrez la vie éternelle. C’est une prière si parfaite que les vagues des hérésies et le cours des siècles ne l’entameront pas. Le christianisme sera morcelé par la morsure de Satan et beaucoup de parties de ma chair mystique seront détachées, séparées, formant des cellules dans le vain désir de se créer un corps parfait comme le sera le Corps mystique du Christ, c’est-à-dire formé de tous les fidèles unis dans l’Église apostolique qui sera, tant que la terre existera, l’unique véritable Église. Mais ces petits groupes séparés, privés par conséquent des dons que je laisserai à l’Église Mère pour nourrir mes enfants, garderont toujours le titre d’églises chrétiennes à cause de leur culte pour le Christ et, au sein de leur erreur, elles se souviendront toujours qu’elles sont venues du Christ. Eh bien, elles aussi prieront avec cette prière universelle. Rappelez-vous-en. Méditez-la continuellement. Appliquez-la à votre action. Il ne faut pas autre chose pour se sanctifier. Si quelqu’un était seul, dans un milieu païen, sans églises, sans livres, il aurait déjà tout ce que l’on peut savoir en méditant cette prière et dans son cœur une église ouverte pour la dire. Il aurait une règle de vie et une sanctification assurée.

"Notre Père".

Je l’appelle "Père". C’est le Père du Verbe, c’est le Père de Celui qui s’est incarné. C’est ainsi que je veux que vous, vous l’appeliez parce que vous êtes un avec Moi, si vous demeurez en Moi.Il fut un temps où l’homme devait se prosterner pour soupirer au milieu des craintes de l’épouvante : "Dieu !" Celui qui ne croit pas en Moi ni dans ma parole est encore dans cette crainte paralysante...


374> Observez l’intérieur du Temple. Non seulement Dieu, mais aussi le souvenir de Dieu est caché aux yeux des fidèles par un triple voile. Séparation par la distance, séparation par les voiles, tout a été pris et appliqué pour dire à celui qui prie: "Tu es fange. Lui est Lumière. Tu es abject. Lui est Saint. Tu es esclave. Lui est Roi".

Mais maintenant !... Relevez-vous ! Approchez-vous ! Je suis le Prêtre Éternel. Je puis vous prendre par la main et vous dire : "Venez". Je puis saisir les rideaux du vélarium et les ouvrir, ouvrant tout grand l’inaccessible lieu fermé jusqu’à mainte­nant. Fermé ? Pourquoi ? Fermé à cause de la Faute, oui, mais encore plus étroitement fermé par la pensée avilie des hommes. Pourquoi fermé si Dieu est Amour, si Dieu est Père ? Je peux, je dois, je veux vous conduire non pas dans la poussière mais dans l’azur; non pas au loin, mais tout près; non pas comme esclaves, mais comme fils sur le cœur de Dieu. "Père ! Père !" dites cette parole et ne vous lassez pas de la dire. Ne savez-vous pas que chaque fois que vous la dites, le Ciel rayonne de la joie de Dieu ? Ne diriez-vous que ce mot, avec un amour véritable, vous feriez déjà une prière agréable au Seigneur. "Père ! Mon père !" disent les petits à leur père. C’est la parole qu’ils disent la première : "Mère, père". Vous êtes les petits enfants de Dieu. Je vous ai engendrés du vieil homme que vous étiez. Ce vieil homme, je l’ai détruit par mon amour, pour faire naître l’homme nouveau, le chrétien. Appelez donc du nom que les petits connaissent le premier le Père Très Saint qui est aux Cieux.

"Que soit sanctifié ton Nom".

Oh ! Nom, plus que tout autre, saint et suave, Nom que la terreur du coupable vous a appris à voiler sous un autre nom. Non, plus Adonaï, plus. C’est Dieu. C’est le Dieu qui dans un excès d’amour a créé l’humanité. Que l’Humanité de l’avenir, avec les lèvres purifiées par le bain que je prépare, l’appelle de son Nom, se réservant de comprendre avec la plénitude de la sagesse le sens de cet Incompréhensible lorsque, fondue avec Lui, l’Humanité avec les meilleurs de ses enfants, sera élevée jusqu’au Royaume que je suis venu fonder.

"Que vienne ton Règne sur la terre comme au Ciel".

Désirez de toutes vos forces cet avènement. Ce serait la joie sur la terre, s’il venait.

375> Le Règne de Dieu dans les cœurs, dans les familles, entre les citoyens, entre les nations. Souffrez, prenez de la peine, sacrifiez-vous pour ce Règne. Que la terre soit un miroir qui reflète en chacun la vie des Cieux. Il viendra. Un jour tout cela viendra. Des siècles et des siècles de larmes et de sang, d’erreurs, de persécutions, de brouillard traversé d’éclairs de lumière qu’irradiera le Phare mystique de mon Église - si elle est une barque qui ne sombrera pas, elle est aussi un rocher qui résistera aux vagues et elle tiendra bien haut la Lumière, ma Lumière, la Lumière de Dieu - tout cela précédera le moment où la terre possèdera le Royaume de Dieu. Ce sera alors comme le flamboiement d’un astre qui, après avoir atteint la perfection de son existence, se désagrège, fleur démesurée des jardins éthérés pour exhaler dans une rutilante palpitation son existence et son amour aux pieds de son Créateur. Mais cela viendra. Et ensuite, ce sera le Royaume parfait, bienheureux, éternel du Ciel.

"Et que sur la terre comme au Ciel soit faite ta volonté".

L’anéantissement de la volonté propre au profit de celle d’un autre ne peut se produire que lorsqu’on a atteint le parfait amour pour cette créature. L’anéantissement de la volonté propre au profit de celle de Dieu ne peut se produire que quand on a atteint la perfection des vertus théologales à un degré héroïque. Au Ciel, où tout est sans défauts, s’accomplit la volonté de Dieu. Sachez, vous, fils du Ciel, faire ce que l’on fait au Ciel.

"Donne-nous notre pain quotidien".

Quand vous serez au Ciel, vous ne vous nourrirez que de Dieu. La béatitude sera votre nourriture. Mais, ici-bas, vous avez encore besoin de pain. Et vous êtes les petits enfants de Dieu. Il est donc juste de dire: "Père, donne-nous le pain". Avez-vous peur qu’Il ne vous écoute pas ? Oh ! non ! Réfléchissez: supposez que l’un de vous ait un ami et qu’il s’aperçoive qu’il manque de pain pour rassasier un autre ami ou un parent arrivé chez lui à la fin de la seconde veille. Il va trouver l’ami son voisin et lui dit: "Ami, prête-moi trois pains, car il m’est arrivé un hôte et je n’ai rien à lui donner à manger". Peut-il s’entendre répondre de l’intérieur de la maison: "Ne m’ennuie pas car j’ai déjà fermé la porte et bloqué les battants, et mes enfants dorment déjà à mes côtés. Je ne peux me lever et te donner ce que tu veux" ? Non. S’il s’est adressé à un véritable ami et qu’il insiste, il aura ce qu’il demande. Il l’aurait même s’il s’était adressé à un ami pas très bon. Il l’aurait à cause de son insistance car celui auquel il demande ce service, pour n’être plus importuné, se hâterait de lui en donner autant qu’il en veut.

376> Mais vous, quand vous priez le Père, vous ne vous adressez pas à un ami de la terre, mais vous vous tournez vers l’Ami Parfait qui est le Père du Ciel. Aussi, je vous dis: "Demandez et l’on vous donnera, cherchez et vous trouverez, frappez et l’on vous ouvrira". En effet, à qui demande on donne, qui cherche finit par trouver, à qui frappe on ouvre la porte. Qui, parmi les enfants des hommes, se voit présenter une pierre, s’il demande du pain à son propre père? Qui se voit donner un serpent à la place d’un poisson grillé? Il serait un criminel le père qui agirait ainsi à l’égard de ses enfants. Je l’ai déjà dit et je le répète pour vous encourager à des sentiments de bonté et de confiance. De même donc que quelqu’un dont l’esprit est sain ne donnerait pas un scorpion à la place d’un oeuf, avec quelle plus grande bonté Dieu ne vous donnera-t-Il pas ce que vous demandez ! Puisque Il est bon, alors que vous, plus ou moins, vous êtes mauvais. Demandez donc avec un amour humble et filial votre pain au Père.

"Remets-nous nos dettes comme nous les remettons à nos débiteurs".

Il y a les dettes matérielles et les dettes spirituelles. Il y a encore les dettes morales. C’est une dette matérielle, l’argent ou la marchandise qu’on vous a prêtés et qu’on doit rendre. C’est une dette morale, l’estime que l’on exige sans réciprocité, et l’amour que l’on veut mais que l’on ne donne pas. C’est une dette spirituelle, l’obéissance à Dieu, de qui on exigerait beaucoup, quitte à Lui donner bien peu, et l’amour qu’on doit avoir pour Lui. Mais Il nous aime et doit être aimé comme on aime une mère, une épouse, un fils de qui on exige tant de choses. L’égoïste veut avoir et ne donne pas. Mais l’égoïste est aux antipodes du Ciel. Nous avons des dettes envers tout le monde. De Dieu au parent, de celui-ci à l’ami, de l’ami au prochain, du prochain au serviteur et à l’esclave, car tous sont des êtres comme nous. Malheur à qui ne pardonne pas ! Il ne sera pas pardonné. Dieu ne peut pas, par justice, remettre ce que l’homme Lui doit à Lui Très Saint si l’homme ne pardonne pas à son semblable.

"Ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du Malin".

L’homme qui n’a pas éprouvé le besoin de partager avec nous le souper de la Pâque m’a demandé, il y a moins d’un an : "Comment ? Tu as demandé de ne pas être tenté et d’être aidé dans la tentation contre elle-même ?" Nous étions nous deux, seuls... et j’ai répondu [2].

Une autre fois, nous étions quatre dans un endroit isolé, et j’ai répondu de nouveau. Mais il n’était pas encore satisfait, car dans un esprit compliqué, il faut d’abord ouvrir une brèche en démolissant la forteresse perverse de sa suffisance. Et, pour cette raison, je le dirai encore une fois, dix, cent fois jusqu’à ce que tout soit accompli.

377> Mais vous qui n’êtes pas cuirassés par des doctrines malheureuses et des passions plus malheureuses encore, veuillez prier ainsi. Priez avec humilité pour que Dieu empêche les tentations. Oh ! l’humilité ! Se connaître pour ce que l’on est ! Sans s’avilir, mais se connaître. Dire : "Je pourrais céder même s’il me semble que je ne le puisse pas car je suis, pour moi-même, un juge imparfait. Par conséquent, mon Père, délivre-moi, si possible, des tentations en me tenant tellement proche de Toi afin de ne pas permettre au Malin de me nuire". Car, souvenez-vous-en, ce n’est pas Dieu qui porte au Mal, mais c’est le Mal qui tente. Priez le Père pour qu’Il soutienne votre faiblesse au point qu’elle ne puisse être induite en tentation par le Malin.

Extrait du tome 3, chap. 64 de "L'Evangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta.
images/icones/bible.gif  ( 829012 )Textes comparés par PEB (2017-06-06 18:03:24) 
[en réponse à 828991]

En Luc 11, 2b-4

Père,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne.
Donne-nous le pain dont nous avons besoin pour chaque jour.
Pardonne-nous nos péchés, car nous-mêmes, nous pardonnons aussi à tous ceux qui nous ont des torts envers nous.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation.



En Matthieu 6, 9b-13

Notre Père,
qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du Mal.



Le verset: "Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés" est une interpolation des deux évangélistes sous réserve du présupposé "offense = péché = dette".
images/icones/barbu2.gif  ( 829019 )Comparés ? par Yves Daoudal (2017-06-06 19:12:50) 
[en réponse à 829012]

Mais comment peut-on comparer des traductions qui ne traduisent pas les mêmes mots grecs par les mêmes mots français ?

Si l'on donne la même traduction française aux mêmes mots grecs, voici ce que peut être une traduction littérale:

Matthieu
Et remets-nous nos dettes, comme nous aussi nous remettons à nos débiteurs.

Luc
Et remets-nous nos péchés, car nous aussi remettons à tous ceux qui nous doivent (qui ont des dettes envers nous).
images/icones/5b.gif  ( 829044 )AELF ou les septantes français... par PEB (2017-06-06 23:20:17) 
[en réponse à 829019]

Je prends toujours la traduction officielle liturgique.
images/icones/barbu2.gif  ( 829076 )[réponse] par Yves Daoudal (2017-06-07 12:14:46) 
[en réponse à 829044]

Je comprends mieux.

C'est une preuve de plus (s'il en était besoin) que la "traduction officielle liturgique" n'est pas une traduction de la Sainte Ecriture mais une adaptation fantaisiste.

Dont je vous rappelle qu'elle est sous copyright. Si c'était la parole de Dieu il y aurait simonie. Ce n'est donc pas la parole de Dieu. Mais le copyright oblige toute citation à être accompagnée de la mention © AELF.

La prochaine fois je vous dénonce...