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images/icones/fsspx.gif  ( 828257 )Pour une entente doctrinale ?, abbé Jean-Michel Gleize – 29 mai 2017 par La Porte Latine (2017-05-28 10:11:48) 

Pour une entente doctrinale ?, abbé Jean-Michel Gleize – 29 mai 2017



1. Dans un récent entretien, Mgr Guido Pozzo a déclaré que « la réconciliation se fera lorsque Mgr Fellay adhérera formellement à la déclaration doctrinale que lui a présentée le Saint-Siège. C'est aussi la condition nécessaire pour procéder à la régularisation institutionnelle, avec la création d'une prélature personnelle ». Et lors de son retour du récent pèlerinage à Fatima (12-13 mai) à l'occasion d'une une conférence de presse donnée dans l'avion, le Pape François fait allusion à ce document, mis au point par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, lors de sa dernière séance du mercredi 10 mai. Il s'agirait donc bien, dans l'esprit de Rome, d'une entente doctrinale. L'expression est cependant équivoque ; elle peut en effet s'entendre en deux sens.

2. Dans un premier sens, le but poursuivi est que la Tradition retrouve tous ses droits à Rome, et que par conséquent le Saint-Siège corrige sérieusement les erreurs doctrinales qui sont à la source de la crise sans précédent qui sévit encore dans la sainte Église. Cette correction est le but que recherché, but en soi et cause finale, principe de tout l'agir subséquent dans le cadre des relations avec Rome. Et ce but n'est autre que le bien commun de toute l'Église. En ce sens, l'entente doctrinale signifie que Rome doit s'entendre non point avec la Fraternité Saint Pie X, mais avec la doctrine de toujours et revenir de ses erreurs.

3. Dans un deuxième sens, il s'agirait que Rome s'entendît avec la Fraternité Saint Pie X, en vue d'une reconnaissance canonique. Cette reconnaissance serait le but en soi, principe de tout l'agir subséquent. Ce but ne serait autre que le bien particulier apparent d'une société telle que la Fraternité. La formulation d'une position doctrinale commune suffisamment acceptable par les deux parties, Rome et la Fraternité, en serait seulement le moyen. Et il suffirait que ce moyen fût proportionné au but : il ne serait donc pas nécessaire que Rome corrige toutes les erreurs du Concile ; il suffirait qu'elle n'impose pas la profession de ces erreurs. En ce sens, l'entente doctrinale signifie que la Fraternité s'accorde avec Rome sur un certain nombre d'affirmations doctrinales exemptes d'erreurs.

4. Il est à craindre et il est même évident que Rome entend l'entente doctrinale au second sens, et envisage au mieux un régime de tolérance à l'égard de la Fraternité, mais nullement de corriger les erreurs du Concile. Jusqu'ici, les héritiers de Mgr Lefebvre se sont fait un devoir d'envisager les choses du point de vue du premier sens. Dès lors, il est clair qu'une pareille « base d'entente » restera toujours insuffisante, tant que Rome n'y aura pas intégré la correction des erreurs du Concile.

5. En effet, l'adage vaut ici comme ailleurs : « bonum ex integra causa, malum ex quocumque defectu ». L'adage doit bien sûr s'entendre au sens moral, et par rapport à des actes humains. Si nous prenons Vatican II comme un ensemble de textes, bien évidemment, nous pouvons toujours faire le tri entre la vérité, l'équivoque et l'erreur et chaque passage concerné peut être pris isolément. Ce tri peut avoir lieu dans le cadre d'un dialogue d'experts – ou d'une commission de révision. Cependant, l'usage de l'Église est de considérer les textes non en tant que tels mais d'un point de vue moral, c'est-à-dire en tant que ces textes font globalement l'objet d'une adhésion de la part de l'Église et de ses fidèles (donc d'un acte humain moralement considéré) et risquent, à cause de leurs erreurs ou de leurs équivoques, de leur causer du scandale. De ce point de vue, il ne suffit pas de signer un texte qui exprime une partie seulement de la vérité ; il est nécessaire que Rome professe l'intégralité de toute la vérité et condamne par le fait même les erreurs qui vicient de fond en comble toutes les vérités partielles qui peuvent se rencontrer dans le magistère conciliaire et post-conciliaire.

[...]

Lire l'intégralité de cette étude ici
images/icones/fleche2.gif  ( 828264 )Un après-Concile orthodoxe n'aurait pas plus aux clercs néo-catholiques. par Scrutator Sapientiæ (2017-05-28 13:34:58) 
[en réponse à 828257]

Bonjour, bon dimanche et merci.

Ce qui suit complète, le moins mal possible, ce qu'écrit Monsieur l'abbé Jean-Michel Gleize.

A. Un après-Concile orthodoxe, qui aurait pris appui, le plus possible, sur Dei verbum, sur Lumen gentium, sur Sacrosancto concilium, sur Ad gentes, et qui aurait pris appui, avec un maximum de conceptions et de distinctions orthodoxes, de patience et de prudence, de précautions et de précisions, sur les textes les plus rénovateurs du Concile ou les plus spécifiques à Vatican II, n'aurait pas plu aux clercs néocatholiques, et cette approche n'a même pas effleuré leur conscience, avec effet utile, non seulement sous Paul VI, mais aussi sous Jean-Paul II.

B. Par exemple, je ne sais pas dans quelle mesure et jusqu'à quel point il est possible de dire

- oui, bien sûr, à Dei verbum, oui bien sûr à la prise en compte orthodoxe de l'Ancien Testament et du Nouveau Testament, de chacune des composantes de la Tradition, et du Magistère,

donc

- non, bien sûr, à la réduction ou à la soumission de l'exégèse et de la théologie catholiques à telle méthode contextualiste, culturaliste, herméneutiste ou historiciste,

mais je sais bien que nous sommes en présence de clercs qui, pour la plupart, ne sont ni capables, ni même désireux de se positionner en disant OUI à Dei verbum, donc NON à toute exégèse et à toute théologie qui ont pour effet (ou pour objet...) d'édulcorer, de fragiliser, de démanteler ou de dénaturer la foi catholique.

C. Autre exemple : je ne sais pas dans quelle mesure et jusqu'à quel point il est possible de dire

- oui, bien sûr, à Lumen gentium, oui bien sûr à la prise en compte et à la mise en oeuvre de LG 17, dont je recommande la relecture,

donc

- non, bien sûr, aux expressions et aux omissions qui contribuent, depuis l'intérieur de l'Eglise, et depuis le début du pontificat de Jean-Paul II, à la formation d'un certaine forme d'égalitarisme, d'évolutionnisme, d'horizontalisme ou d'humanitarisme interreligieux,

mais je sais bien que nous sommes en présence de clercs qui, pour bon nombre, ne sont ni capables, ni même désireux de se positionner en disant OUI à Lumen gentium, donc NON à tout concordisme interreligieux, oh pardon : à tout dialogue interreligieux, qui repose souvent sur du confusionnisme théologique et débouche souvent sur du consensualisme axiologique.

D. Je ne sais donc pas si une "entente doctrinale" est envisageable ou réalisable avec des hommes d'Eglise qui ne sont pas eux-mêmes toujours d'accord entre eux, mais je sais bien que certains d'entre eux ne veulent

- ni entendre parler des idées intrinsèquement fausses, dans l'ordre du croire humain en Dieu, qui éloignent de la foi surnaturelle ou opposent à la foi surnaturelle,

- ni entendre parler des actes intrinsèquement mauvais, dans l'ordre de l'agir humain en ce monde, qui éloignent de la loi naturelle ou opposent à la loi naturelle.

Je vous remercie pour votre compréhension, au contact de ces quelques mots, et vous souhaite un bon dimanche.

Scrutator.
images/icones/mitre4.png  ( 828266 )Pour la Vérité par BK (2017-05-28 13:49:28) 
[en réponse à 828257]

Or, dans cette unique Eglise du Christ, personne ne se trouve, personne ne demeure, si, par son obéissance, il ne reconnaît et n'accepte l'autorité et le pouvoir de Pierre et de ses légitimes successeurs. N'ont-ils pas obéi à l'Evêque de Rome, Pasteur suprême des âmes, les ancêtres de ceux qui, aujourd'hui, sont enfoncés dans les erreurs de Photius et des novateurs? Des fils ont, hélas ! déserté la maison paternelle, laquelle ne s'est point pour cela effondrée et n'a pas péri, soutenue qu'elle était par l'assistance perpétuelle de Dieu. Qu'ils reviennent donc au Père commun, qui oubliera les insultes proférées jadis contre le Siège Apostolique et les recevra avec la plus grande affection. Si, comme ils le répètent, ils désirent se joindre à nous et aux nôtres, pourquoi ne se hâteraient-ils pas d'aller vers l'Eglise, " mère et maîtresse de tous les fidèles du Christ " (Conc. Latran IV, c. 5).

Qu'ils écoutent Lactance s'écriant: " Seule... l'Eglise catholique est celle qui garde le vrai culte. Elle est la source de vérité, la demeure de la foi, le temple de Dieu; qui n'y entre pas ou qui en sort, se prive de tout espoir de vie et de salut. Que personne ne se flatte d'une lutte obstinée. Car c'est une question de vie et de salut; si l'on n'y veille avec précaution et diligence, c'est la perte et la mort " (Divin. Instit., IV. 30, 11-12).

Que les fils dissidents reviennent donc au Siège Apostolique, établi en cette ville que les princes des Apôtres, Pierre et Paul, ont consacrée de leur sang, au Siège " racine et mère de l'Eglise catholique " (S. Cypr., Ep. 48 ad Cornelium, 3).

Qu'ils y reviennent, non certes avec l'idée et l'espoir que " l'Eglise du Dieu vivant, colonne et fondement de la vérité " (I Tim. II, 15) renoncera à l'intégrité de la foi et tolérera leurs erreurs, mais, au contraire, pour se confier à son magistère et à son gouvernement. Plaise à Dieu que cet heureux événement, que tant de nos prédécesseurs n'ont pas connu, Nous ayons le bonheur de le voir, que nous puissions embrasser avec un coeur de père les fils dont nous déplorons la funeste séparation; plaise à Dieu notre Sauveur, " qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité " (I Tim. II,4), d'entendre Notre ardente supplication pour qu'il daigne appeler tous les égarés à l'unité de l'Eglise. En cette affaire certainement très importante, Nous faisons appel et Nous voulons que l'on recoure à l'intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de la divine grâce, victorieuse de toutes les hérésies et Secours des chrétiens, afin qu'elle Nous obtienne au plus tôt la venue de ce jour tant désiré où tous les hommes écouteront la voix de son divin Fils " en gardant l'unité de l'Esprit dans le lien de la paix " (Eph. IV, 3).

Pie XI, Mortalium Animos
images/icones/1f.gif  ( 828270 )Ce qui est beaucoup plus urgent par Romanus (2017-05-28 18:10:01) 
[en réponse à 828266]

La vraie Foi étant le premier critère de catholicité, ce qui est beaucoup plus urgent est que nos pasteurs se remettent à enseigner cette vraie Foi. Bizarrement, le problème que vous semblez regretter, à juste titre, se résoudra de lui même...

Ceux qui semblent aujourd'hui éloignés du Siège apostolique ne sont pas des dissidents, mais des fidèles et les défenseurs de la Foi.
Aucune de vos citations ne s'applique à eux...

Ils ne demandent pas que l'Eglise "renonce à l'intégrité de la Foi et tolère leurs erreurs". Ils demandent précisément l'inverse et s'ils prêchent des erreurs de doctrine, il vous reste à nous expliquer lesquelles.

Mais est-ce utile de vous répondre sachant que vous êtes enfermé dans un autisme d'obéissance aveugle qui n'existe pas dans notre religion?
images/icones/mitre4.png  ( 828291 )Ce qui est fondamental par BK (2017-05-28 22:25:54) 
[en réponse à 828270]

34 - Lorsqu'on trace les limites de l'obéissance due aux pasteurs des âmes et surtout au Pontife Romain, il ne faut pas penser qu'elles renferment seulement les dogmes auxquels l'intelligence doit adhérer et dont le rejet opiniâtre constitue le crime d'hérésie. Il ne suffirait même pas de donner un sincère et ferme assentiment aux doctrines qui, sans avoir été jamais définies par aucun jugement solennel de l'Eglise, sont cependant proposées à notre foi, par son magistère ordinaire et universel, comme étant divinement révélées, et qui, d'après le Concile du Vatican, doivent être crues de foi catholique et divine. Il faut, en outre, que les chrétiens considèrent comme un devoir de se laisser régir, gouverner et guider par l'autorité des évêques, et surtout par celle du Siège Apostolique. Combien cela est raisonnable, il est facile de le démontrer. En effet, parmi les choses contenues dans les divins oracles, les unes se rapportent à Dieu, principe de la béatitude que nous espérons, et les autres à l'homme lui-même et aux moyens d'arriver à cette béatitude. Il appartient de droit divin à l'Eglise et, dans l'Eglise, au Pontife Romain, de déterminer dans ces deux ordres ce qu'il faut croire et ce qu'il faut faire. Voilà pourquoi le Pontife doit pouvoir juger avec autorité de ce que renferme la parole de Dieu, décider quelles doctrines concordent avec elle et quelles doctrines y contredisent. De même, dans la sphère de la morale, c'est à lui de déterminer ce qui est bien, ce qui est mal, ce qui est nécessaire d'accomplir et d'éviter si l'on veut parvenir au salut éternel ; autrement, il ne pourrait être ni l'interprète infaillible de la parole de Dieu, ni le guide sûr de la vie humaine.

Léon XIII, Sapientiae Christianae
images/icones/1f.gif  ( 828294 )Psittacisme par Romanus (2017-05-28 22:36:17) 
[en réponse à 828291]

Vous ne semblez avoir lu qu'un seul texte dans votre vie. Nous le connaissons par cœur désormais puisque vous vous contentez de le copier à chacun de vos posts.

Faut il vous répéter que nous adhérons parfaitement aux propos de Léon XIII mais que ce texte ne répond en rien au problème aujourd'hui posé?
Vous êtes hors sujet et il devient désormais inutile de vous lire.

"Hélas, hélas! Saint Père, ceux qui vous obéissent se perdent dans le désordre et dans l'iniquité" (lettre de sainte Catherine de Sienne au pape Grégoire XI).

Romanus
images/icones/hein.gif  ( 828298 )Le pape, interprète infaillible, guide sûr ? par BK (2017-05-28 22:42:18) 
[en réponse à 828294]

Clic

Clic
images/icones/1y.gif  ( 828299 )Hélas par Romanus (2017-05-28 23:10:08) 
[en réponse à 828298]

"Hélas, hélas! Saint Père, ceux qui vous obéissent se perdent dans le désordre et dans l'iniquité" ( lettre de sainte Catherine de Sienne au pape Grégoire XI).

Je vais faire comme vous...me contenter d'un seul texte.
images/icones/op2.gif  ( 828305 )Citation déformée ? Ce serait bien honteux... par BK (2017-05-29 00:24:53) 
[en réponse à 828299]

Il semblerait que votre citation ne soit pas exacte...

Pour information, s'il s'agit bien du passage :
Oimé oimé, dolcissimo babbo mio, questa è la cagione ch'e' sudditi sono tutti corrotti, pieni di immondizia e di iniquità

1. vous avez ajouté un pronom personnel "vous" qui est absent du texte, et qui en corrompt gravement le sens :


2. O douce et bonne connaissance, qui portes avec toi le glaive de la haine cette haine te fait tendre la main du saint désir, pour arracher et détruire le ver de l'amour-propre. Ce ver gâte et ronge la racine de notre arbre, tellement, qu'il ne peut plus produire des fruits de vie, mais qu'il dessèche et qu'il perd sa verdure. Car celui qui s'aime, nourrit en lui ce funeste orgueil, source et principe de tout mal dans toutes [142] les conditions, que l'on commande ou qu'on obéisse. Celui qui s'isole dans l'amour de lui-même, celui qui s'aime pour lui et non pour Dieu, ne peut que mal faire, et toute vertu est morte en lui. Il ressemble à une femme qui met au jour des enfants morts. Car il ne possède pas la vie de la charité; il songe à sa propre gloire, et non pas à celle du nom de Dieu. Aussi, je le dis, s'il commande, il fait mal, parce que, par amour de lui-même et pour ne pas déplaire aux créatures, dont l'intérêt et l'amour-propre le rendent esclave, il étouffe en lui la sainte justice. Il voit les défauts et les péchés de ceux qui lui sont soumis, et il fait semblant de ne pas les voir, pour ne pas les reprendre; ou, s'il les reprend, c'est avec une telle nonchalance et une telle lâcheté de coeur, qu'il ne produit aucun effet. Il ménage ainsi le vice, parce qu'il craint de déplaire et de s'attirer des ennemis. Il s'aime lui-même, et il ne fait rien pour avoir la paix, et c'est la plus grande cruauté qu'il puisse commettre. Si la plaie, quand il le faut, n'est pas brûlée avec le feu et taillée avec le fer, si on y met seulement du baume, non seulement elle ne guérit pas, mais encore elle se corrompt et elle donne la mort.
3. Hélas ! hélas ! mon très doux Père (Dolcissimo babbo mio. - Baibo était le nom tendre que les petits enfants donnaient à leurs pères), c'est ce qui fait que ceux qui obéissent se perdent dans le désordre et l'iniquité. Hélas ! je le dis en gémissant, combien est dangereux ce ver rongeur de l'amour-propre, qui non seulement donne la mort au pasteur, mais en fait périr aussi tant d'autres !



2. texte qui évoque en fait dans le contexte les dangers de l'amour-propre.

Amour-propre dont le remède est précisément l'obéissance au Christ, pour le pape, et au pape pour les fidèles.

Voir par exemple cette autre lettre de Sainte Catherine de Sienne, toujours à Grégoire XI.


2. O Père, la paix pour l'amour de Dieu! afin que tant de fils ne perdent pas l'héritage de la vie éternelle. Vous savez que Dieu a remis entre vos mains le pouvoir de donner ou d'ôter cet héritage comme le voudra votre bonté. Vous tenez les clefs; il est ouvert à qui vous ouvrez, et la porte sera fermée à qui vous la fermerez. Le doux et bon Jésus l'a dit à Pierre, dont vous tenez la place : " Tout ce que vous délierez sur la terre sera [156] délié dans le ciel. " Vous êtes donc le vrai Père et Pasteur; vous voyez que c'est maintenant le temps de donner sa vie pour les brebis qui sont sorties de la bergerie; il faut les chercher et les reconquérir par la patience et par la guerre contre les infidèles, en élevant l'étendard de la très ardente et très douce Croix. Mais pour l'élever il ne s'agit pas de dormir; il faut se tenir debout et le déployer avec courage. J'espère de la miséricorde infinie de Dieu que vous gagnerez les infidèles, et que vous corrigerez la malice des chrétiens, parce que tous courront à l'odeur de la Croix, même ceux qui ont été les plus rebelles envers vous. Oh! quel bonheur si nous voyons le peuple chrétien donner le trésor de la foi aux infidèles, qui, après avoir reçu la lumière, s'avanceraient vers la perfection! Semblables à une plante nouvelle, ils perdraient le froid de l'erreur pour recevoir la chaleur et la lumière du Saint-Esprit par la sainte Foi, et ils produiraient des fleurs et des fruits de vertu dans le corps mystique de la sainte Église, et le parfum de leurs vertus aiderait à étouffer les vices, les péchés, l'orgueil et l'impureté, qui règnent tant à cette époque parmi les chrétiens, et surtout parmi les prélats, les pasteurs et les chefs de la sainte Eglise, qui perdent et dévorent les âmes. Oui, ils ne les convertissent pas, ils les dévorent (Les scandales étaient flagrants, les saints les pleuraient et les Souverains Pontifes faisaient tous leurs efforts pour les faire cesser. Dialogue, CXXI. - Sainte Brigitte, Révél., liv.IV, ch. cxxxi.). Et cela à cause de l'amour-propre qui est en eux, et qui engendrent' l'orgueil, l'ambition, l'avarice [156] et la souillure de l'esprit et du corps. Ils voient les loups de l'enfer emporter leurs brebis, et ils ne paraissent pas s’en occuper, tant ils sont appliqués à se procurer les plaisirs, les délices, les louanges et les faveurs du monde. Tout ce mal vient de leur amour-propre ; car s'ils s'aimaient pour Dieu et non pour eux-mêmes, Ils rechercheraient l'honneur de Dieu et non pas le leur, l'utilité du prochain et non pas leur bien-être.

images/icones/fleche3.gif  ( 828310 )Il semble en effet par Romanus (2017-05-29 00:53:45) 
[en réponse à 828305]

Merci de votre recherche qui met à jour une erreur évidente dans cette citation. Cet ajout du "vous" qui semble absent du texte original, n'est pas de mon fait mais de celui de l'étude d'où j'ai extrait cette citation.
Étant malheureusement à 8000 km de chez moi, je ne peux malheureusement vérifier.

Je confesse donc cette erreur, la citation ne s'appliquant pas au pape.

Pour le reste et ce que vous appelez ma méthode, je me contente de contester que le pape ait en toute circonstance et en tout domaine l'autorité que vous lui prêtez.
Il reste aussi à savoir comment vous conciliez cette conception totalitaire de l'autorité du pape avec les interrogations de docteurs de l'Eglise sur le cas d'un pape qui erre, et même chez Saint Robert Bellarmin, d'un pape qui deviendrait hérétique.

Donc le texte de Léon XIII que vous nous servez à chaque fil, encore une fois, ne me pose aucun problème. Parce que le pape ne dispose pas de l'autorité de Pierre en n'importe quelle circonstance. Qu'il agisse en pape, en affirmant avec son infaillibilité, et il sera suivi.
images/icones/neutre.gif  ( 828312 )Dur de tant citer et de n'être jamais lu... par BK (2017-05-29 01:03:44) 
[en réponse à 828310]

si vous retournez à la citation faite, vous verrez que Léon XIII condamne l'attitude de ceux qui prétendent s'en tenir au seul magistère extraordinaire (c'est probablement ce que vous voulez dire par "affirmer avec son infaillibilité").

Allez, une synthèse, à vous lire après toutes ces redites c'est encore nécessaire...


[Non] seulement les dogmes auxquels l'intelligence doit adhérer et dont le rejet opiniâtre constitue le crime d'hérésie ;

[Non seulement] un sincère et ferme assentiment aux doctrines qui, sans avoir été jamais définies par aucun jugement solennel de l'Eglise, sont cependant proposées à notre foi, par son magistère ordinaire et universel, comme étant divinement révélées, et qui, d'après le Concile du Vatican, doivent être crues de foi catholique et divine ;

Il faut, en outre, que les chrétiens considèrent comme un devoir de se laisser régir, gouverner et guider par l'autorité des évêques, et surtout par celle du Siège Apostolique.




Par ailleurs, merci pour votre erratum.

Croyez-en un ancien, les citations des sites de nos milieux ne sont pas toujours fiables. Il est préférable de toujours les contrôler.

images/icones/neutre.gif  ( 828358 )Léon XIII ne l'a pas dit non plus dans le cadre de l’infaillibilité par Mboo (2017-05-29 12:27:07) 
[en réponse à 828312]

Donc ce texte de Leon XIII ne doit pas être brandi comme s'il s'agissait d'un dogme. Vatican 1 a définit clairement le contexte de l'infaillibilité du Pape, et ce texte de Léon 13 ne rentre pas dans ce cadre. C'est le serpent qui se mord la queue là!
images/icones/mitre4.png  ( 828383 )Navré que plus je cite les papes, plus vous vous écartez d'eux par BK (2017-05-29 14:38:26) 
[en réponse à 828358]

Pie XII touchera peut-être votre cœur et votre intelligence. Peut-être n'aurez-vous pas le cran de rejeter les enseignements et avertissements d'un si vénérable Pontife.


le divin Rédempteur gouverne son Corps mystique visiblement et ordinairement par son Vicaire sur la terre. Vous savez, en effet, Vénérables Frères, que le Christ Notre-Seigneur, qui durant sa vie mortelle avait dirigé lui-même visiblement son petit troupeau (60), au moment de quitter ce monde pour retourner à son Père, confia au Prince des Apôtres le gouvernement visible de toute la société fondée par lui. Lui, si sage, ne pouvait nullement laisser sans tête le corps social de l'Eglise qu'il avait constitué.

Et l'on ne peut soutenir, pour nier cette vérité, que par un primat de juridiction établi dans l'Eglise, ce Corps mystique serait pourvu d'une double tête. Car Pierre, par la vertu du primat, n'est que le Vicaire du Christ, et il n'y a par conséquent qu'une seule Tête principale de ce Corps, à savoir le Christ; c'est lui qui sans cesser de gouverner mystérieusement l'Eglise par lui-même, la dirige pourtant visiblement par celui qui tient sa place sur terre, car depuis sa glorieuse Ascension dans le ciel, elle ne repose plus seulement sur lui, mais aussi sur Pierre comme sur un fondement visible pour tous. Que le Christ et son Vicaire ne forment ensemble qu'une seule Tête, Notre immortel Prédécesseur, Boniface VIII, l'a officiellement enseigné dans sa Lettre apostolique Unam sanctam (61) et ses successeurs n'ont jamais cessé de le répéter après lui, Ceux-là se trompent donc dangereusement qui croient pouvoir s'attacher au Christ Tête de l'Eglise sans adhérer fidèlement à son Vicaire sur la terre. Car en supprimant ce Chef visible et en brisant les liens lumineux de l'unité, ils obscurcissent et déforment le Corps mystique du Rédempteur au point qu'il ne puisse plus être reconnu ni trouvé par les hommes en quête du port du salut éternel.



Mystici Corporis
images/icones/neutre.gif  ( 828497 )Le problème c'est qu'il me semble que par Mboo (2017-05-30 10:47:07) 
[en réponse à 828383]

Vous ne comprenez pas ce que vous citez
images/icones/hein.gif  ( 828535 )Je vous en prie, éclairez-moi par BK (2017-05-30 13:23:45) 
[en réponse à 828497]

comment devrais-je comprendre les enseignements des papes de Pie IX à Pie XII sur le ministère du pape et l'obéissance qui est due au Vicaire du Christ ?
images/icones/hum2.gif  ( 828313 )Quant à vos remarques de fond par BK (2017-05-29 01:22:22) 
[en réponse à 828310]

Pour ma part, je conteste que l'on puisse s'abstraire du magistère des cinquante dernières années...

L'abbé Gleize va plus loin que la position modérée que vous proposez, et au principe de laquelle je souscris tout à fait : tous les propos du pape n'ont pas la même autorité, tous les Actes du Magistère eux-même n'ont pas la même autorité.

Mais l'obéissance au Souverain Pontife est requise "comme à Dieu Lui-même" dit Léon XIII, car, dit Pie XII, le Christ avec le pape ne forme qu'une seule Tête.

Vous parlez de totalitarisme : en réponse à des enseignements magistériels de différents pontifes, c'est fâcheux.

D'autant que c'est précisément l'inverse : l'obéissance filiale est la parfaite liberté.

Il est vrai que l'obéissance filiale n'est pas la sinistre caricature qui prédomine dans nos milieux dès qu'un abbé ou un évêque "reconnu" a parlé.

Voyez par exemple cette homélie du P. Cantalamessa, qui abonde en références.


Quant aux hypothèses de certains Docteurs de l'Eglise (non pas tous, vous ne citez que ceux qui vont dans un sens), elles sont absentes du Magistère, et notamment, à la lecture des papes de Pie IX à Pie XII, l'hypothèse d'un pape tombant dans l'hérésie semble tout à fait exclue. "Le Siège de Pierre demeure pur de toute erreur".

Pour Paul IV, demandez à FerdinandP.
images/icones/hum2.gif  ( 828434 )Quant à vos remarques de fond... par Romanus (2017-05-29 19:53:49) 
[en réponse à 828313]

Il ne s'agit nullement de nier le magistère des cinquante dernières années.
Vous dites ne pas attribuer la même autorité à tous les actes du pape mais c'est pourtant ce que vous faites parfois.
Pour ma part, ne vous en déplaise, j'adhère pleinement aux propos de Léon XIII que vous vous plaisez à rabâcher. Et j'aimerais pouvoir suivre aveuglément le pape en toute circonstance. Mais il existe aujourd'hui des circonstances exceptionnelles. Dans ces circonstances, les pharisiens s'en tiennent aux textes bruts, au détriment des lois divines. Des sortes de positivistes en somme.

Il existe une justice supérieure, pour des circonstances exceptionnelles (l'Epikie). Il existe une prudence supérieure (la syndérèse) pour les circonstances exceptionnelles. Et celle ci semble vous faire totalement défaut en raison de votre autisme de l'obéissance absolue. Seules les vertus theologales n'ont ni excès ni défaut. L'obéissance est soumise à la fin poursuivie par l'autorité. Quand il n'y a aucune question à se poser, il n'y a qu'à suivre ce que dit Léon XIII.

Aujourd'hui il y a une réalité qui reste un mystère, mais "contra factum non datur argumentum" : Libre à vous de ne pas être choqué par la vidéo des réunions d'Assise. Libre à vous de penser que Léon XIII aurait applaudi. Tout chrétien ne peut pourtant les regarder sans en être revolté, à la mémoire de tous les martyrs qui se sont fait tués plutôt que de prêter la moindre ambiguïté à des cérémonies blasphématoires.
L'autorité, à plus forte raison celle de Pierre, n'a qu'un seul but : le Bien commun de ses subordonnés. Donc au dessus de l'obéissance à Pierre, il y a de toute façon l'obéissance à Dieu.

L'obéissance filiale est la parfaite liberté, dites vous. C'est très vrai mais l'obéissance filiale n'est due qu'en vue d'une fin : le salut de son âme. Et je me sens fils de Dieu avant d'être fils du pape, parce qu'actuellement, il est clair que ce n'est pas toujours totalement conciliable. Plus exactement, je continue à obéir à Pierre à défaut d'obéir à Simon. Et je préfère, lors d'événements comme Assise, ceux qui s'opposent à Pierre en face, à l'exemple de saint Paul. Et s'ils le font, c'est précisément en dignes fils, non pour assouvir leur soif d'autonomie.

S'il existe aujourd'hui une dérive vers une crise de l'obéissance, c'est parce qu'il y a depuis trop longtemps désormais une vraie crise de l'autorité. Vous inversez les choses, d'où certainement l'inutilité de poursuivre ces discussions.

Romanus
images/icones/hein.gif  ( 828436 )Adhérez-vous aux enseignements magistériels des 50 dernières années ? par BK (2017-05-29 20:40:18) 
[en réponse à 828434]

Si non, vous pouvez dire tout ce que vous voulez, vous n'êtes en rien fidèle aux enseignements des papes d'avant le Concile sur la fidélité due au Vicaire du Christ.

Votre appel à une justice et une prudence supérieures pour passer outre les papes de Pie IX à Pie XII est tristement révélateur : c'est le primat de votre subjectivité, inévitable dès lors qu'on a renoncé à suivre le pape avec qui le Christ choisit et ne fait qu'une seule Tête.

Mais on peut adhérer à ces enseignements sans accepter les excès inacceptables des réunions d'Assise, etc.
images/icones/3f.gif  ( 828440 )La fidélité est due au vicaire du Christ par Jean-Paul PARFU (2017-05-29 20:51:40) 
[en réponse à 828436]

lorsqu'il agit en vicaire du Christ et non lorsqu'il agit en vicaire des idées du monde !
images/icones/1f.gif  ( 828444 )Laissez tomber par Romanus (2017-05-29 21:06:12) 
[en réponse à 828440]

Vous ne convaincrez pas notre ami. Je crois que c'est le plus grand intégriste de ce forum. Mais c'est la lettre qui tue et l'esprit qui vivifie.

Il me reproche d'en appeler à la Prudence supérieure, comme si c'était moi qui avais inventé ces notions.

Je ne crois pas que Jésus ait réussi à convertir un pharisien, alors n'essayons pas de convaincre BK. Cessons simplement de lui répondre et prions pour lui.
images/icones/marie.gif  ( 828451 )Je vous remercie pour vos prières par BK (2017-05-29 21:21:08) 
[en réponse à 828444]

et vous reproche d'en appeler à une justice et prudence supérieures pour légitimer de désobéir et refuser d'écouter les enseignements magistériels du Vicaire du Christ - quand les papes de Pie IX à Pie XII vous y conjurent sans ambiguïté.

Ces derniers jours, j'ai effectivement l'impression d'être (avec Vianney en un sens) l'un des rares tradis du forum.

Bonne journée de travail à 8000 km de chez vous.
images/icones/fleche2.gif  ( 828484 )Cela dit, la question soulevée est fondamentale par Regnum Galliae (2017-05-30 10:14:50) 
[en réponse à 828444]

Le pape est le roc sur lequel s'appuyer, qui a le pouvoir de lier et délier, mais il n'est pas infaillible en tout. Entre les deux, il se trouve une marge de manoeuvre délicate à gérer où existe le danger de se laisser influencer par sa propre subjectivité.
images/icones/fleche2.gif  ( 828563 )Nous sommes pleinement d'accord par Romanus (2017-05-30 20:39:29) 
[en réponse à 828484]

Il existe évidemment un danger réel, dans la situation présente, que vous avez raison de souligner.
Lors de son premier entretien avec mgr Fellay, Benoit XVI lui avait dit que s'il n'existait pas de schisme au sens propre de la part de la FSPX, il existait un risque de schisme sociologique, avec un enfermement. Cette parole s'avère très vraie et je pense que mgr Fellay l'a faite sienne.
Comme vous le soulignez, il est en effet nécessaire de rester vigilant et surtout humble. Mais quoi qu'il en soit, la Foi primera toujours sur l'obéissance. Et quand on fait ce choix, on obéit de toute façon, à Dieu principalement.

Romanus
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 828449 )Le magistère sert toujours le Christ par BK (2017-05-29 21:18:06) 
[en réponse à 828440]

il sert toujours le Christ venu sauver les hommes,
et il ne sert jamais le monde (au sens johannique).

Le Catéchisme de l'Eglise Catholique est-il pour vous un exposé sûr de la Foi catholique ?
images/icones/4a.gif  ( 828307 )Quant à votre méthode... par BK (2017-05-29 00:31:03) 
[en réponse à 828299]

Votre réponse montre qu'en fait vous ne croyez pas Léon XIII, quand il rappelle que le pape est l'interprète infaillible de la Parole de Dieu et le guide sûr de la vie humaine : vous pensez pouvoir vous appuyer sur une citation (déformée et détournée) pour nier le sens évident du texte que je citais.
images/icones/fleche2.gif  ( 828272 )Le Catéchisme de 1992 est-il aimé à la fois à Ecône et à Rome ? par Scrutator Sapientiæ (2017-05-28 19:01:50) 
[en réponse à 828257]

Rebonjour,

Je profite de ce fil pour poser la question suivante, que je me pose depuis déjà au moins dix ans, ou depuis la publication du Compendium du Catéchisme de l'Eglise catholique, en 2005.

Le Catéchisme de l'Eglise catholique publié en octobre 1992, il y aura bientôt 25 ans, est-il connu, compris, aimé, apprécié, respecté, suivi, à la fois à Ecône et à Rome ?

Ce Catéchisme ne devrait-il pas ou ne pourrait-il pas constituer une "plate-forme" nécessaire et préalable à la concrétisation de toute perspective d'entente doctrinale entre Ecône et Rome, alors que la concrétisation d'une telle perspective est vraisemblablement inenvisageable, en cas de prise d'appui sur "le Concile" ?

Merci beaucoup pour toute réponse et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/idee.gif  ( 828275 )Question légitime par Romanus (2017-05-28 19:58:31) 
[en réponse à 828272]

Il me semble qu'il y a une opposition de la part de la FSPX sur certains textes du dit catéchisme, notamment sur la liberté religieuse. Je ne suis malheureusement pas chez moi pour vous trouver les références.

Romanus
images/icones/fsspx.gif  ( 828276 )Sur le catéchisme de l'Eglise catholique par Jean-Paul PARFU (2017-05-28 20:09:09) 
[en réponse à 828272]

Je précise que l'édition typique est celle de 1998.

Lire la position de la FSSPX ici
images/icones/mitre4.png  ( 828295 )Sur la Foi de l'Église catholique par BK (2017-05-28 22:37:12) 
[en réponse à 828276]

Il appartient de droit divin à l'Eglise et, dans l'Eglise, au Pontife Romain, de déterminer dans ces deux ordres ce qu'il faut croire et ce qu'il faut faire. Voilà pourquoi le Pontife doit pouvoir juger avec autorité de ce que renferme la parole de Dieu, décider quelles doctrines concordent avec elle et quelles doctrines y contredisent. De même, dans la sphère de la morale, c'est à lui de déterminer ce qui est bien, ce qui est mal, ce qui est nécessaire d'accomplir et d'éviter si l'on veut parvenir au salut éternel ; autrement, il ne pourrait être ni l'interprète infaillible de la parole de Dieu, ni le guide sûr de la vie humaine.

Léon XIII, Sapientiae Christianae
images/icones/4b.gif  ( 828320 )Le pontife romain n'est pas Dieu ! par Jean-Paul PARFU (2017-05-29 08:26:39) 
[en réponse à 828295]

Il est lui-même limité par la Vérité, c'est-à-dire Dieu Lui-même, par l'Ecriture, par la Tradition, par le Magistère universel.

Ce n'est pas parce que le pape la dit qu'une chose est vraie, mais c'est parce qu'elle est vraie que le pape la dit !

Je précise enfin que les papes du XIXème siècle ont parfois été un peu loin dans leur façon de s'exprimer et qu'ils l'ont fait contre le modernisme ou les idéaux révolutionnaires. Aujourd'hui, vous vous servez de ces expressions pour défendre l'attitude plus que complaisante des papes à l'égard du modernisme.
images/icones/4a.gif  ( 828365 )Le Christ et le Pontife Romain ne forment qu'une seule Tête par BK (2017-05-29 12:56:00) 
[en réponse à 828320]

C'est le pape qui enseigne avec une absolue sûreté la Foi de l'Église, ni l'Abbé Gleize, ni tel évêque a fortiori sans siège.

Que Léon XIII vous arrache de telles protestations est bien triste...

Léon XIII savait mieux que vous la grandeur et les limites du ministère de Pierre, il a pourtant enseigné au nom du Christ qu'il faut obéir au pape comme à Dieu Lui-même.

images/icones/4a.gif  ( 828388 )Le mystère d'iniquité par Jean-Paul PARFU (2017-05-29 14:43:23) 
[en réponse à 828365]

Beaucoup de choses vous échappent, à vous qui vous croyez supérieur et prétendez avoir réponse à tout.

1) Vous laissez croire que vous évacuez avec facilité les arguments de vos contradicteurs, mais en réalité, vous tentez seulement de manipuler les esprits faibles et surtout de vous rassurer vous-même, car vous êtes perdu et incapable de savoir ce qui est catholique, ou ne l'est pas, sans vos formules apprises par cœur et le plus souvent hors sujet !

2) Le pape n'est pas le successeur du Christ, mais celui de St Pierre, ce qui n'est pas tout à fait la même chose.

L'obéissance au pape n'est pas inconditionnée. Elle est conditionnée par le fait que le pape doit lui-même être fidèle et respecter l'Ecriture, la Tradition, le Magistère universel de l'Eglise (dans l'espace et dans le temps). Encore une fois, le pape n'est pas Dieu et l'Eglise catholique n'est pas une tyrannie. Le pape, ce n'est pas la pythie de Delphes, "le vieux de la montagne", chef de "la secte des Assassins" ou "le grand chaman chrétien", directement et continuellement en prise avec la divinité, grâce à sa mitre magique qui sert aussi de paratonnerre, et qui rend continuellement des oracles ! Entre Paul VI qui a interdit de fait la messe de toujours et Benoît XVI qui l'a à nouveau autorisée, qui devons-nous suivre ? L'un et l'autre d'après vous car il aurait été bon de l'interdire "de fait" un moment, avant de la réautoriser "de jure" ensuite ? De qui vous moquez-vous ? En tout état de cause, les chrétiens ne sont pas des "béni-oui-oui" dépourvus de "Sensus fidei" ou de "Sensus fidelis" et qui devraient accepter sans broncher n'importe quoi en disant toujours merci. Les fidèles ne sont pas des espèces d'esclaves ou des enfants immatures qui devraient toujours admirer ceux "d'en haut" et dire encore merci quand on leur donne des coups de pied au cul !


3) Enfin, vous oubliez le reniement de Pierre dans les Ecritures et vous oubliez le mystère d'iniquité et l'Apostasie de la fin des temps prédite par les Ecritures, évoquée par "Notre-Dame du Bon succès" au XVIIème siècle en Equateur, à La Salette ("Rome perdra la foi"), le trouble ressenti par Léon XIII, pape que vous aimez citer à tout propos et hors de propos, après une vision qu'il eut le 13 octobre 1884 sur la destruction de l'Eglise par le diable et qui le conduisit à instaurer une prière à St Michel à la fin de la messe, le 3ème secret de Fatima qui commence par ces mots (dont nous ne connaissons toujours pas la suite) : "Au Portugal, se conservera toujours le dogme de la Foi, etc ...") et Akita au Japon en 1973.

"Que personne ne vous séduise d'aucune manière; car il faut que l'apostasie soit arrivée auparavant, et qu'on ait vu paraître l'homme du péché, le fils de la perdition, l'adversaire qui s'élève au-dessus de tout ce qu'on appelle Dieu ou de ce qu'on adore, jusqu'à s'asseoir dans le temple de Dieu, se proclamant lui-même Dieu.…". St Paul, 2ème épître aux Thessaloniciens ici
images/icones/neutre.gif  ( 828347 )Une réponse a déjà été donnée à votre rhétorique fallacieuse par Mboo (2017-05-29 11:32:49) 
[en réponse à 828295]

Que François nous dise avec clarté son enseignement, en répondant aux dubias, ou aux interrogations que des théologiens lui ont fait part, là on saura exactement ce qu'il enseigne et on pourra alors lui obéir.
images/icones/1d.gif  ( 828362 )Absurde Mboo... par BK (2017-05-29 12:50:11) 
[en réponse à 828347]

L'abbé Gleize et 'La Tradition' rejettent les enseignements magistériels des 50 dernières années.

Se cacher derrière François est 'fallacieux'.

Vous reconnaissez le Catéchisme de l'Église Catholique comme enseignant avec sûreté la Foi de l'Église, Mboo ?
images/icones/neutre.gif  ( 828372 )Je ne vois pas le lien avec ma remarque par Mboo (2017-05-29 13:56:26) 
[en réponse à 828362]

Car vous passez le temps à insistez sur l’obéissance qu'on doit à François, que le magistère ne peut pas se tromper etc. Alors que le problème n'est, pas là! Le magistère ne peut pas se tromper encore faut il savoir ce que ce magistère enseigne! c'est là le problème, car visiblement on ne peut plus interpréter au premier degré les enseignements de François, et François ne peut pas non plus nous dire avec clarté ce qu'il enseigne, car ce n'est pas lui qui a écrit mais l'Esprit Saint. On doit donc patienter (combien de temps?) jusqu'au jour ou l'Esprit Saint va lui même se décider à donner l'interprétation de ce qu'il écrivait en espérant que cette interprétation ne demandera pas une autre interprétation...
Voilà la réalité de la situation quand on veut nier les faits. Et pour répondre à votre question sur l'enseignement du catéchisme,mais lequel? le CEC ? eh ben j'ai l'impression qu'il faut que j'ai une interprétation du CEC, car il y a des passages qui me semblent en contradiction avec la tradition, mais je ne sais pas vers quelle autorité infaillible je dois me tourner pour avoir la juste interprétation, car si par extraordinaire la seule autorité censée être infaillible me donne une explication, elle va la donner en privé, et en privé cette autorité est faillible...
images/icones/1f.gif  ( 828379 )Vous passez votre temps à rejeter les enseignements des papes par BK (2017-05-29 14:20:29) 
[en réponse à 828372]


Il appartient de droit divin à l'Eglise et, dans l'Eglise, au Pontife Romain, de déterminer dans ces deux ordres [de la Foi et de la morale] ce qu'il faut croire et ce qu'il faut faire.

31 - Quant à déterminer quelles doctrines sont renfermées dans cette révélation divine, c'est la mission de l'Eglise enseignante, à laquelle Dieu a confié la garde et l'interprétation de sa parole; dans l'Eglise, le docteur suprême est le Pontife Romain. L'union des esprits réclame donc, avec un parfait accord dans la même foi, une parfaite soumission et obéissance des volontés à l'Eglise et au pontife Romain, comme à Dieu lui-même.

32 - L'obéissance doit être parfaite, parce qu'elle appartient à l'essence de la foi, et elle a cela de commun avec la foi qu'elle ne peut pas être partagée. Bien plus, si elle n'est pas absolue et parfaite de tout point, elle peut porter encore le nom d'obéissance, mais elle n'a plus rien de commun avec elle. La tradition chrétienne attache un tel prix à cette perfection de l'obéissance, qu'elle en a toujours fait et en fait toujours le signe caractéristique auquel on peut reconnaître les catholiques. C'est ce que saint Thomas d'Aquin explique d'une manière admirable dans le passage suivant :


33 - " L'objet formel de la foi est la vérité première, en tant qu'elle est manifestée dans les Saintes Ecritures et dans la doctrine de l'Eglise, qui procèdent de la vérité première. Il suit de là que quiconque n'adhère pas, comme à une règle infaillible et divine, à la doctrine de l'Eglise, qui procède de la vérité première manifestée dans les Saintes Ecritures, n'a pas la foi habituelle, mais possède autrement que par la foi les choses qui sont de son domaine... Or, il est manifeste que celui qui adhère à la doctrine de l'Eglise comme à une règle infaillible donne son assentiment à tout ce que l'Eglise enseigne; autrement, si, parmi les choses que l'Eglise enseigne, il retient ce qui lui plaît et exclut ce qui ne lui plaît pas, il adhère à sa propre volonté et non à la doctrine de l'Eglise, en tant qu'elle est une règle infaillible. La foi de toute l'Église doit être Une, selon cette parole de saint Paul aux Corinthiens (I Cor., 1) : "Ayez tous un même langage et qu'il n'y ait pas de division parmi vous". Or, cette unité ne saurait être sauvegardée qu'à la condition que les questions qui surgissent sur la foi soient résolues par celui qui préside à l'Eglise tout entière, et que sa sentence soit acceptée par elle avec fermeté. C'est pourquoi à l'autorité du Souverain Pontife seul il appartient de publier un nouveau symbole, comme de décerner toutes les autres choses qui regardent l'Eglise universelle ".

34 - Lorsqu'on trace les limites de l'obéissance due aux pasteurs des âmes et surtout au Pontife Romain, il ne faut pas penser qu'elles renferment seulement les dogmes auxquels l'intelligence doit adhérer et dont le rejet opiniâtre constitue le crime d'hérésie. Il ne suffirait même pas de donner un sincère et ferme assentiment aux doctrines qui, sans avoir été jamais définies par aucun jugement solennel de l'Eglise, sont cependant proposées à notre foi, par son magistère ordinaire et universel, comme étant divinement révélées, et qui, d'après le Concile du Vatican, doivent être crues de foi catholique et divine. Il faut, en outre, que les chrétiens considèrent comme un devoir de se laisser régir, gouverner et guider par l'autorité des évêques, et surtout par celle du Siège Apostolique. Combien cela est raisonnable, il est facile de le démontrer. En effet, parmi les choses contenues dans les divins oracles, les unes se rapportent à Dieu, principe de la béatitude que nous espérons, et les autres à l'homme lui-même et aux moyens d'arriver à cette béatitude. Il appartient de droit divin à l'Eglise et, dans l'Eglise, au Pontife Romain, de déterminer dans ces deux ordres ce qu'il faut croire et ce qu'il faut faire. Voilà pourquoi le Pontife doit pouvoir juger avec autorité de ce que renferme la parole de Dieu, décider quelles doctrines concordent avec elle et quelles doctrines y contredisent. De même, dans la sphère de la morale, c'est à lui de déterminer ce qui est bien, ce qui est mal, ce qui est nécessaire d'accomplir et d'éviter si l'on veut parvenir au salut éternel ; autrement, il ne pourrait être ni l'interprète infaillible de la parole de Dieu, ni le guide sûr de la vie humaine.

images/icones/neutre.gif  ( 828385 )Merci de me rappler le droit canon par Mboo (2017-05-29 14:41:01) 
[en réponse à 828379]

Mais je le connais, vous bottez en touche comme d'habitude, on vous pose des questions pratiques vous revenez aux formules abstraites que tout le monde connait au moins implicitement.
Votre attitude frise la pharisaïsme qui s'accroche sur des textes quand on lui parle des faits qui relève du bon sens. Face aux contradictions avec les faits on continue dans l'aveuglement des textes, on s'y accroche, on nie les faits évidents et ainsi on place les textes au dessus de la vérité, et notre Dieu devient ces textes abstraits, ces formules abstraites.
Un rappel, la sainteté ce n'est pas d'abord l’obéissance, à tel autorité, l’obéissance au Christ, ni même l’obéissance à Dieu! La sainteté c'est la droiture! un Djihadiste qui est droit finira par désobéir à Dieu tel qu'on le lui présente!
images/icones/5b.gif  ( 828391 )Je n'ai pas cité le droit canon par BK (2017-05-29 14:49:24) 
[en réponse à 828385]

mais des encycliques, M. l'Abbé.

Votre vision de la droiture comme fondement (et non de l'obéissance comme Léon XIII et Saint Thomas d'Aquin le rappelaient dans le texte cité), confirme votre glissade du catholicisme au protestantisme, via le plus regrettable et condamnable libre examen.

C'est la Foi soutenue et fortifiée par celle de Pierre qui éclaire et purifie le regard sur "les faits", et non mon opinion qui doit informer ma foi, comme vous le proposez.

Refuser d'obéir au pape, disent Léon XIII et Saint Thomas, c'est choisir de suivre sa propre volonté - ce n'est alors plus la Foi, mais l'adhésion à ses propres et fumeuses lumières, c'est-à-dire du libre examen.
images/icones/neutre.gif  ( 828394 )Il n,'y a pas contradiction par Mboo (2017-05-29 15:00:50) 
[en réponse à 828391]

C'est Dieu qui parle aux hommes droits, St Thomas D'Aquin lui même qui le dit. C'est impossible d'être droit et de s'éloigner de l'enseignement de l'Eglise. Impossible. Car Dieu ne peut pas se contre-dire, c'est le même Dieu qui parle aux hommes droits qui parle aussi à son Eglise.
St Thomas lui même fixe les limites de l’obéissance, comme toutes les vertus, elle doit s'appliquer dans le cadre de la prudence, et dans le règne de la charité pour ne pas tomber dans des excès qui sont des fautes.
La Foi de l'Eglise est raisonnable, si vous êtes incapable de montrer en quoi votre Foi est en cohérence avec des faits il faut avoir l'humilité d’accepter cette inaptitude plutôt que de nier les faits en question, et passer le temps à réciter les formules..
images/icones/coeurbrise.gif  ( 828395 )Vous êtes dans l'impossibilité par BK (2017-05-29 15:04:14) 
[en réponse à 828394]

de montrer que vous obéissez au pape, vous rejetez les enseignements très clairs des papes d'avant le Concile, vous usurpez la belle dénomination de Tradition.
images/icones/neutre.gif  ( 828396 )Vous bottez encore en touche par Mboo (2017-05-29 15:19:01) 
[en réponse à 828395]

Le problème n'est pas ma sainteté, de savoir si je rejette ou non les enseignements du Pape, et avant de dire que je rejette les enseignements des papes et il faut déjà les comprendre et les savoirs, et ce n'est pas en récitant comme vous le faites qu'on sait qu'on a la compréhension de ces enseignements. Vous êtes donc mal placé pour me juger à ce propos.
Et c'est cela la reaction quand on n'a pas d'arguments raisonnables, on menace, on juge son interlocuteur au lieu de réfuter raisonnablement ses arguments..

images/icones/1f.gif  ( 828399 )Quand l'abbé Gleize par BK (2017-05-29 15:36:32) 
[en réponse à 828396]

parle des erreurs du concile, quand la Porte Latine ou vous-même voyez des erreurs dans le Catéchisme de l'Eglise Catholique (où il est certain que Jean-Paul II avait l'intention d'enseigner), voyez-vous, cela va contre la Foi de l'Eglise, qui est que le Siège de Pierre demeure pur de toute erreur.

Si vous voulez lancer un nouveau fil sur tel ou tel sujet - si vous êtes un de ces opposants farouches à la collégialité mordu de Primauté qui en pratique rejettent la primauté du Pontife régnant, libre à vous. Eventuellement j'interviendrai.

Ici, j'essaye simplement d'en appeler à revenir au fondement que le Christ a donné à son Eglise.

Et je déplore que plus je cite les papes de Pie IX à Pie XII, plus vous rejetez leurs enseignements.

Question connexe : que pensez-vous du Credo du Peuple de Dieu de Paul VI ? Une telle proclamation par le Pontife à qui revient de définir un nouveau Symbole (Saint Thomas) est traditionnellement du Magistère extraordinaire.

Accessoirement, M. l'Abbé, votre revendication de n'être fidèle qu'aux seuls enseignements extraordinaires (et rejet de la lettre comme de l'esprit de Léon XIII et Pie XII notamment, qui vous gênent profondément, et auxquels vous n'avez rien à répondre) est condamné par Pie IX dans son Syllabus :

XXII. L'obligation qui concerne les maîtres et les écrivains catholiques, se borne aux choses qui ont été définies par le jugement infaillible de l'Église, comme des dogmes de foi qui doivent être crus par tous (30).
images/icones/2e.gif  ( 828409 )Vous répétez toujours les mêmes erreurs par Jean-Paul PARFU (2017-05-29 17:21:10) 
[en réponse à 828399]

Le Siège de Pierre est pur de toute erreur ... quand il s'exprime dans les conditions de l'infaillibilité ! Point !

Vous êtes ici sur un site traditionaliste avec des gens qui ont contribué à sauver la messe, le sacerdoce, la vraie doctrine et les vrais sacrements, notamment contre un pape comme Paul VI. Alors ne nous racontez pas d'histoires. Il n'y aurait plus rien aujourd'hui si nous ne nous étions pas levés contre des décisions et des sanctions iniques de Rome.

Vous ne ferez pas passer, d'un trait de plume et comme une pseudo évidence, 50 de combats pour l'Eglise pour inutiles et pure désobéissance.

En ce qui me concerne, je suis Mgr Lefebvre depuis août 1976. Ce n'est pas vous, qui n'étiez de surcroît pas né à l'époque, qui allez me faire changer d'avis.

Vous n'êtes pas ici sur le site de La Croix, de La Vie, de Pèlerin, voire de Famille chrétienne !
images/icones/1g.gif  ( 828412 )Vous aussi, Jean-Paul, que n'avez-vous prêté par BK (2017-05-29 17:27:55) 
[en réponse à 828409]

Attention aux textes cités : le magistère ordinaire et universel engage la foi divine et catholique.

Étonnant, une fois de plus, de voir que ce qui est cité ad nauseam dans ce fil n'est pas assimilé.

Je vous assure que je tiens le même discours sur la fidélité due aux papes sur les sites que vous évoquez, et d'autres, et m'attire les mêmes injures.

Crise de l'obéissance, où 'La Tradition' est tombée à pieds joints et pas redoublés.
images/icones/1f.gif  ( 828422 )Et vous alors ? Vous avez osé citer... par Vianney (2017-05-29 18:14:57) 
[en réponse à 828412]

 
...des passages du Syllabus et de Mortalium Animos, dont la plupart des enseignements sont contredits plus ou moins ouvertement par votre “église conciliaire” !

Et je suis convaincu que ça ne vous pose aucun problème, car votre conviction intime, c’est que ces enseignements ne sont pas vrais en eux-mêmes, mais uniquement dans la mesure où ils sont approuvés par le chef : un chef qui a toujours raison, même quand il affirme le contraire des chefs précédents, les uns et les autres étant pourtant supposés assistés infailliblement par le Saint-Esprit.

À vous suivre, on en viendrait donc à prendre le Saint-Esprit pour un menteur ou un inconstant... bref, pour une caricature de divinité !

V.


images/icones/neutre.gif  ( 828447 )Récapitulons par BK (2017-05-29 21:15:58) 
[en réponse à 828422]

nous sommes d'accord sur le sens des enseignements des papes que je citais,

mais vous me reprochez de les appliquer à celui qu'ailleurs vous appelez peut-être l'abbé Bergoglio ou comme d'autres fils de Satan.

Pour ma part, sachant que François est pape, qu'il ne saurait y avoir de contradiction dans les enseignements du magistère, et qu'il peut être difficile de déterminer le sens exact d'un texte passé ou même contemporain,

je m'en remets au jugement du Vicaire que le Christ a institué et assiste indéfectiblement pour déterminer en Son Nom, avec Lui et pour Lui ce qu'il faut croire et ce qu'il faut faire.
images/icones/neutre.gif  ( 828472 )Comment ça difficile à comprendre? par Mboo (2017-05-30 08:29:10) 
[en réponse à 828447]

je vous cite:

Pour ma part, sachant que François est pape, qu'il ne saurait y avoir de contradiction dans les enseignements du magistère, et qu'il peut être difficile de déterminer le sens exact d'un texte passé ou même contemporain,


Les mots ont des sens précis, et mieux il y a des mots dont la tradition a déjà développer de long en large tous les contours, ainsi quand on dit "obeïr" on sait ce que cela signifie.
Si François utilise un mot, en lui donnant un autre sens, qu'il nous le dise, car quand on le comprend dans le sens officiellement connu il y a erreur manifeste, et ça c'est un fait! ce n'est pas une opinion mais un fait, que toute personne droite peut constater.
Pour dire les chose autrement, si certains enseignements de François avaient été donné de façon anonyme, vous même auriez des objections, et des grandes réserves. Mais comme c'est le pape vous dite que ce n'est pas clair! pourtant c'est très clair, il dit des choses en utilisant des mots simples que toutes personnes comprend aisément! c'est cela que je ne trouve pas honnête, dire que c'est "obscure" alors que ce n'est pas obscure! c'est clair et c'est erroné sauf s'il donne aux mots un autre sens et dans ce cas c'est encore une erreur plus grave que de refuser de dire le sens nouveau qu'il donne aux mots, car les gens sont alors clairement induits en erreur, la preuve les dérives qu'on observe sur l'application de AL sur le terrain.
images/icones/fleche2.gif  ( 828424 )Cela dit cher ami par Regnum Galliae (2017-05-29 18:25:24) 
[en réponse à 828409]

il y a quand même un problème de cohérence entre le fait de reconnaître untel comme pape (Jean-Paul II et Benoît XVI en l'espèce) et dans le même temps accuser d'erreurs leurs très officiels catéchismes de l'Eglise catholique. Il y a intellectuellement un problème de cohérence et je préfère presque la position des sédévacantistes qui ont au moins le mérite d'aller au bout de leur logique. Avec un catéchisme de l'Eglise catholique, validé par la Congrégation pour la doctrine de la foi et promulgué par un Pape, nous ne sommes pas dans des propos d'avion. Comment retomber sur ses pieds cher maître ?
images/icones/neutre.gif  ( 828471 )Je ne vois pas d'incohérence par Mboo (2017-05-30 07:38:16) 
[en réponse à 828424]

Je constate des contradictions, c'est tout! et comment expliquer ces contradictions alors qu'ils sont Papes, je ne sais pas! les sédévacantistes eux disent qu'ils le savent à savoir qu'ils ne sont pas Pape, moi je dis que je ne sais pas, je n'ai pas toutes les données du problème je patiente dans mon ignorance que je porte comme une croix, en attendant que Dieu m'éclaire plus clairement. Voilà!

Et une précision, les passages du CEC que je trouve contradictoire, ne rentrent pas dans le cadre de l'infaillibilité pontificale définie par Vatican 1. Donc en dehors du cadre d’infaillibilité défini par V1, c'est possible qu'un pape se trompe, là c'est de la pure logique.
images/icones/vatican.gif  ( 828475 )Le premier concile du Vatican dit plusieurs choses... par BK (2017-05-30 09:07:06) 
[en réponse à 828471]

Monsieur l'Abbé, comme rappelé ailleurs citant le Syllabus à l'appui, il n'est pas catholique de vouloir ne s'en tenir qu'aux déclarations dogmatiques.

Pastor Aeternus

Le Pontife romain, lorsqu'il parle ex cathedra, c'est-à-dire lorsque, remplissant sa charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, il définit, en vertu de sa suprême autorité apostolique, qu'une doctrine sur la foi ou les mœurs doit être tenue par toute l'Église, jouit, par l'assistance divine à lui promise en la personne de saint Pierre, de cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que fût pourvue son Église, lorsqu'elle définit la doctrine sur la foi et les mœurs. Par conséquent, ces définitions du Pontife romain sont irréformables par elles-mêmes et non en vertu du consentement de l'Église.



Dei Filius

On doit croire d'une foi divine et catholique tout ce qui est contenu dans les saintes Écritures et dans la tradition, et tout ce qui est proposé par l'Église comme vérité divinement révélée, soit par un jugement solennel, soit par son magistère ordinaire et universel.




Il est dès lors certain que les rappels des conciles des premiers siècles faits dans Pastor Aeternus sont à prendre au sérieux :


" La condition première du salut est de garder la règle de la foi orthodoxe... On ne peut, en effet, négliger la parole de notre Seigneur Jésus-Christ qui dit : 'Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église' [Mt 16, 18]. Cette affirmation se vérifie dans les faits, car la religion catholique a toujours été gardée sans tache dans le Siège apostolique. Désireux de ne nous séparer en rien de sa foi et de sa doctrine... nous espérons mériter de demeurer unis en cette communion que prêche le Siège apostolique, en qui réside, entière et vraie, la solidité de la religion chrétienne "




Leur doctrine apostolique a été reçue par tous les Pères vénérés, révérée et suivie par les saints docteurs orthodoxes. Ils savaient parfaitement que ce siège de Pierre demeurait pur de toute erreur, aux termes de la promesse divine de notre Seigneur et Sauveur au chef de ses disciples : " J'ai prié pour toi, pour que ta foi ne défaille pas ; et quand tu seras revenu, affermis tes frères " [Lc 22, 32].



Monsieur l'Abbé, tenez-vous encore la foi du premier Concile du Vatican ?
images/icones/neutre.gif  ( 828476 )Bien sûr par Mboo (2017-05-30 09:18:20) 
[en réponse à 828475]

Mais au préalable , je ne suis pas Abbé.
Je ne vois aucune contradiction avec ce que je dis. Les passages du CEC en question ne sont pas présenté comme "vérité de Foi divinement révélé". Dans le CEC, il y a des enseignements purement pastoraux, et il y a des opinions de l'auteur. Il faut discerner et faire le trie.
images/icones/1f.gif  ( 828481 )Bien sûr que non... par BK (2017-05-30 10:00:01) 
[en réponse à 828476]


la religion catholique a toujours été gardée sans tache dans le Siège apostolique. Désireux de ne nous séparer en rien de sa foi et de sa doctrine...



Vous voyez des taches dans les enseignements du Siège apostolique.
Vous vous séparez de sa foi et de sa doctrine sur certains points.

Notez toutefois qu'il est tout à fait soutenable et catholique de demander que soient précisées certaines formulations...
images/icones/neutre.gif  ( 828494 )Personnes n'a nié par Mboo (2017-05-30 10:41:55) 
[en réponse à 828481]

les formules que vous récitez comme un robot, mais je me demande si vous comprenez ce que vous récitez
images/icones/vatican.gif  ( 828508 )Alors là, mon Révérend Père par BK (2017-05-30 11:06:04) 
[en réponse à 828494]

les phrases citées ont été niées, rejetées, écartées comme inactuelles ces derniers jours.

Et je vois mal comment vous conciliez le fait que le Siège de Pierre ait toujours conservé intacte la Foi de l'Eglise et les reproches que vous faites à un Catéchisme publié comme sûr par le pape Jean-Paul II.

Relisez Fidei Depositum (§4 Valeur doctrinale du texte)


Le Catéchisme de l’Église catholique, que j’ai approuvé le 25 juin dernier et dont aujourd’hui
j’ordonne la promulgation en vertu de l’autorité apostolique, est un exposé de la foi de l’Église
et de la doctrine catholique, attestées ou éclairées par l’Écriture sainte, la Tradition apostolique
et le Magistère ecclésiastique. Je le reconnais comme un instrument valable et autorisé au service de la
communion ecclésiale et comme une norme sûre pour l’enseignement de la foi. Puisse-t-il servir au
renouveau auquel l’Esprit Saint appelle sans cesse l’Église de Dieu, Corps du Christ, en pèlerinage
vers la lumière sans ombre du Royaume !

L’approbation et la publication du Catéchisme de l’Église catholique constituent un service que le
successeur de Pierre veut rendre à la Sainte Église catholique, à toutes les Églises particulières en
paix et en communion avec le Siège apostolique de Rome : celui de soutenir et de confirmer la foi
de tous les disciples du Seigneur Jésus (cf. Lc 22, 32), ainsi que de renforcer les liens de l’unité
dans la même foi apostolique.

Je demande donc aux pasteurs de l’Église et aux fidèles de recevoir ce Catéchisme dans un esprit
de communion et de l’utiliser assidûment en accomplissant leur mission d’annoncer la foi et
d’appeler à la vie évangélique. Ce Catéchisme leur est donné afin de servir de texte de référence
sûr et authentique pour l’enseignement de la doctrine catholique, et tout particulièrement pour la
composition des catéchismes locaux. Il est aussi offert à tous les fidèles qui désirent mieux
connaître les richesses inépuisables du salut (cf. Jn 8, 32). Il veut apporter un soutien aux efforts
œcuméniques animés par le saint désir de l’unité de tous les chrétiens, en montrant avec exactitude
le contenu et la cohérence harmonieuse de la foi catholique. Le Catéchisme de l’Église catholique
est enfin offert à tout homme qui nous demande raison de l’espérance qui est en nous (cf. 1 P 3,
15) et qui voudrait connaître ce que croit l’Église catholique.
images/icones/1i.gif  ( 828539 )Révérend Père ? par Rémi (2017-05-30 14:17:40) 
[en réponse à 828508]

Pardonnez-moi, mais depuis quand votre interlocuteur n'est-il plus un laïc ??
images/icones/neutre.gif  ( 828541 )Il le fait exprès par Mboo (2017-05-30 14:28:28) 
[en réponse à 828539]

C'est ironique...
images/icones/neutre.gif  ( 828543 )Oh pardonnez-moi, vous n'êtes pas prêtre ? par BK (2017-05-30 14:51:02) 
[en réponse à 828541]

Je l'ignorais.
images/icones/neutre.gif  ( 828549 )j'ai pourtant attiré votre attention sur cette confusion par Mboo (2017-05-30 15:22:17) 
[en réponse à 828543]

Dans une de mes réponses précédentes, c'est pour cela que j'ai dis que c'est ironique quand vous avez continué à m’appeler ainsi. En fait vous n'aviez pas fait attention à cette réponse. Je m'excuse aussi d'avoir fait un jugement téméraire en vous prêtant des mauvaises intentions.
images/icones/neutre.gif  ( 828551 )Vous avez dit n'être pas Abbé par BK (2017-05-30 15:38:42) 
[en réponse à 828549]

Cela laissait penser que vous pouviez être religieux.
images/icones/fleche2.gif  ( 828477 )"sur la foi et les moeurs" par Regnum Galliae (2017-05-30 09:22:36) 
[en réponse à 828475]

En quoi Vatican II concerne-t-il la foi ou les moeurs ? C'était un concile pastoral. Dans le cas contraire, quel dogme a-t-il été énoncé ?

En revanche, le catéchisme est par nature un exposé de la foi catholique. Il semble toutefois être faillible, ou du moins prefectible, puisque la version de 1992 a été abondamment corrigée par la suite.

Et quid lorsque un pape contredit un autre pape ? Par exemple le métier d'acteur était autrefois une cause d'excommunication. Ce n 'est plus le cas. Demain, on nous dira peut-être que la peine de mort est un péché grave alors que la pratique a toujours été acceptée. Au contraire, la vie adultérine ne sera plus un obstacle à la réception des sacrements.
images/icones/1i.gif  ( 828480 )Je suis perplexe... par BK (2017-05-30 09:56:24) 
[en réponse à 828477]


En quoi Vatican II concerne-t-il la foi ou les moeurs ?



Comment vous dire ? Si vous l'ouvrez, vous verrez qu'il parle abondamment de la foi catholique.

Que la perspective de rédaction soit pastorale et non de la dogmatique technique ne change rien à l'objet présenté, qui est la foi catholique.

Qu'il n'y ait pas de nouveau dogme proposé ne change rien au fait que c'est la foi catholique que l'Eglise rassemblée en concile sous l'autorité du pape a voulu rappeler.

Toute formulation est toujours perfectible. Voyez par exemple les développements sur le Concile Vatican I proposés par les papes de Pie IX à Pie XII.
images/icones/neutre.gif  ( 828483 )Non par Regnum Galliae (2017-05-30 10:11:26) 
[en réponse à 828480]

Par exemple sur la manière d'appréhender les relations avec les autres religions, le concile a formulé des orientations qui ne relèvent pas de la foi. Elle peuvent s'appliquer à une époque ou à un lieu mais pas à d'autres.
images/icones/mitre4.png  ( 828485 )C'est vrai par BK (2017-05-30 10:16:05) 
[en réponse à 828483]

mais il reste vrai que ce Concile a promulgué deux constitutions dogmatiques.

Autant on peut discuter des degrés d'autorité des textes conciliaires, autant on ne peut rejeter un concile de l'Église catholique, apostolique et romaine.

Par ailleurs, postuler qu'il y a des précisions ou remises en perspective à faire n'est pas dire qu'il s'y trouve des contre-vérités.

Enfin, que des orientations soient discutables n'empêche qu'elles soient catholiques.
images/icones/neutre.gif  ( 828479 )Un exemple de vérité non divinement révélée.. par Mboo (2017-05-30 09:53:43) 
[en réponse à 828475]

Qui se trouvent dans des textes du magistère: le Limbe des enfants.

Benoit 16 a clairement réfuté cette hypothèse, pourtant clairement affirmée dans des enseignements du magistère des Papes avant Lui.

Voilà un cas clair, évident ou le magistère ordinaire c'est clairement contredit!

Conclusion,le magistère ordinaire peut donner des enseignements qui ne sont pas divinement révélés donc qui peuvent être erronés. Et dans le CEC il y a des enseignements de cet ordre; voilà!
images/icones/fleche2.gif  ( 828487 )À ma connaissance par BK (2017-05-30 10:18:33) 
[en réponse à 828479]

Benoît XVI n'a pas tranché sur les limbes, mais a demandé et reçu une note non magistérielle de la Commission Théologique Internationale.
images/icones/neutre.gif  ( 828489 )Benoît XVI supprime le concept des « limbes » par Mboo (2017-05-30 10:31:10) 
[en réponse à 828487]


ici/

Vous avez l'art de nier des évidences. Ah je sais la formule, vous allez dire que ce n'est pas le magistère, bien que ce soit un document pontificale...
images/icones/1j.gif  ( 828507 )Vous ne comprenez pas ce que vous lisez par BK (2017-05-30 11:00:44) 
[en réponse à 828489]

L'article évoque :
- une note de la Commission Théologique Internationale,
- sa publication par Benoît XVI.

Mais cette publication ne la fait pas pour entrer dans les Actes du Magistère. Votre titre était donc erroné, et votre accusation gratuite infondée. Votre excuse est probablement d'ignorer le service de la Commission Théologique Internationale.

Et au surplus, si vous relisez l'article et la note, vous verrez que les limbes n'ont jamais été présentées comme de Foi.
images/icones/neutre.gif  ( 828510 )Et je l'avais bien dit par Mboo (2017-05-30 11:10:38) 
[en réponse à 828507]

Que vous allez me sortir la carte du "magistère", tellement vous êtes prévisibles
D'abord le titre n'est pas de moi mais de Zenith, site très officielle lié au vatican.
B16 a bien signé ce document, comme document pontificale, c'est écrit clairement dans l'article.
Continuez avec votre mauvaise Foi à nier des évidences...
images/icones/neutre.gif  ( 828511 )Le titre est faux, et vous niez les évidences par BK (2017-05-30 11:14:23) 
[en réponse à 828510]

Les documents de la C.T.I n'ont qu'une valeur indicative, ses conclusions n'ayant vocation qu'à éclairer et conseiller le magistère dans les décisions que celui-ci doit poser à un niveau strictement doctrinal.

Le fait que Benoît XVI autorise la publication de ce document ne lui donne pour autant pas de valeur magistérielle.

D'ailleurs, si vous regardez le texte de la note, il n'est pas signé de la CDF ni promulgué au nom du pape.
images/icones/neutre.gif  ( 828516 )Voilà ce qui est écrit par Mboo (2017-05-30 11:34:31) 
[en réponse à 828511]

Dans cette article


Le document, signé par le pape Benoît XVI, précise que le sujet est devenu une « urgence pastorale » face au nombre croissant d’enfants morts sans avoir reçu le baptême et/ou « victimes d’avortements ».

Le document précise que « les petits enfants ne mettent aucun obstacle personnel sur le chemin du salut », c’est pourquoi « Dieu donne la grâce du baptême sans que le sacrement soit donné, et ce fait doit être particulièrement rappelé dans les cas où il serait impossible de conférer le baptême ».

Le document pontifical reprend et développe ce que le Catéchisme de l’Eglise Catholique a écrit au numéro 1261 : « Quant aux enfants morts sans baptême, l’Eglise ne peut que les confier à la miséricorde de Dieu, comme elle le fait dans le rite des funérailles pour eux. En effet, la grande miséricorde de Dieu qui veut que tous les hommes soient sauvés et la tendresse de Jésus envers les enfants, qui lui a fait dire ‘Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas’ (Mc 10, 14), nous permettent d’espérer qu’il y ait un chemin de salut pour les enfants morts sans baptême



Votre mauvaise Foi est de dire "B16 autorisé la publication, mais ne l'a pas signé". Donc B16 a été en accord avec la commission en lui demandant de publier, mais ne l'aurait pas signer pour matérialiser son accord.

Et en plus vous dites que ce n'est pas un document du magistère. On a donc un document signé officiellement par un Pape , qui contredit ce que un autre pape a dit dans son catéchisme (St Pie 10 a clairement définie les limbes dans son catéchisme et sans réserve voir mon message précédent).
Quel est donc l'intérêt de sortir un tel document non magistériel sinon que de faire comprendre aux fidèles que c'est possible que st Pie 10 ce soit trompé?
images/icones/5b.gif  ( 828521 )Voyez par BK (2017-05-30 12:13:19) 
[en réponse à 828516]

Ceci

Je pense que le titre est faux et l'adjectif pontifical abusif.

La CTI n'est pas la CDF.
Et l'absence de signature de la CDF ou du pape sur la note confirme que ce document n'est pas magistériel.

Maintenant si vous préférez vous arc-bouter sur des dépêches de presse, libre à vous.
images/icones/neutre.gif  ( 828526 )Voilà ce qui est écrit dans ce que vous avee donné par Mboo (2017-05-30 12:26:12) 
[en réponse à 828521]


Les conclusions auxquelles a abouti la Commission théologique internationale, que ce soit en session plénière ou dans les sous-Commissions spéciales, de même que, si cela semble opportun, les vœux individuels des membres, devront être soumises au Souverain Pontife et mises à la disposition de la S. Congrégation pour la doctrine de la foi

.

Alors on soumet les travaux au Pape dans quel but? pour qu'il approuve ou rejette non? Mais B16 a approuvé les trvaux de ce conseil, et l'a signé lui même! c'est cela que vous niez (sans apporter une preuve contraire)
Et dans le fond, on est dans une situation ou B16 a clairement en tant que souverain pontife, remis en question une vérité dite par St Pie 10 en disant que ce n'était pas un dogme de Foi signifiant ainsi clairement que ce qui n'est pas un dogme de Foi peut être erroné même si cela à été dit dans un document du magistère!
images/icones/neutre.gif  ( 828534 )Oui, il est normal que le texte soit approuvé par BK (2017-05-30 13:20:44) 
[en réponse à 828526]

il n'est pour autant pas magistériel.

Le pape assure l'imprimatur de la CTI.

Mais le texte n'est pas signé de lui (il n'est même signé de personne, il est publié simplement au nom de la CTI).

Il ne fait donc pas partie des Actes du Souverain Pontife.





images/icones/neutre.gif  ( 828537 )Il faut prouvez cela par Mboo (2017-05-30 13:31:10) 
[en réponse à 828534]

Je vous ai donné une source qui prouve ce que je dis, mais vous me donnez juste une source qui publie le texte de cette commission, et cela n'est pas une preuve que par la suite B16 n'a pas lui même pris à son compte les travaux de cette commission!
Donnez moi une source qui dit que B16 n'a jamais fait sien les travaux de cette commission, que B16 n'a jamais signé lui même les travaux de cette commission!
Et dans le fond B16 autorise qu'on publie un texte qui nie clairement ce qu'un autre pape a dit dans un document ministériel! dans quel but? pour induire les fidèles en erreur? vous trouvez cela raisonnable?
images/icones/nul.gif  ( 828544 )Vous n'avez pas prouvé que le texte est magistériel. par BK (2017-05-30 14:54:19) 
[en réponse à 828537]

Et pour cause, il ne l'est pas.

Tout document approuvé à la publication par le Saint Père n'est pas magistériel. Le fonctionnement de la CTI est clair.

Prouvez donc qu'il l'est, puisque c'est votre thèse.
images/icones/neutre.gif  ( 828547 )Admettons! provisoirement par Mboo (2017-05-30 15:15:43) 
[en réponse à 828544]

Je vous ai donné une référence qui dit que B16 a signé ce document et en a fait un document pontificale, vous niez et j'attend toujours la preuve qu'il ne l'a jamais fait.
Mais admettons quand même qu'il a juste donné son accord et que ce n'est pas un document du magistère.
Imaginez qu'un pape donne son accord à la publication d'un document qui nie la présence réelle du Christ dans l'eucharistie ou qui nie la divinité du Christ et que ce document se trouve publié sur le site du Vatican! selon vous cela ne va pas créer un scandale sans précédent? cela va passer comme ça sous silence avec l'approbation de tous? ce n'est assez surréaliste?

Alors St Pie 10 dans un document du magistère a clairement affirmé l'existence du limbe des enfants, et selon vous c'est donc une vérité de Foi au même titre que l'incarnation du Christ ou la divinité du Christ, car écrit dans un document du magistère.
Et vous trouvez normale que B16 donne son accord à un document qui nie cette vérité de Foi et le publie sur le site officiel du Vatican et que cela se passe sans problème, sans scandale?
Un peu de bon sens ne tue pas svp.

images/icones/neutre.gif  ( 828590 )Cher Monsieur par BK (2017-05-31 10:18:16) 
[en réponse à 828547]

Voyez les archives

Et veuillez prouver que le document est magistériel.

L'absence de signature de Benoît XVI ou de la CDF risque de vous faire chercher longtemps.

Et si vous pouviez aussi chercher des textes où les papes ont autorisé à se défier des enseignements pontificaux (au nombre desquels ne figure pas la note que vous évoquiez, je le reprécise), et même autorisé à penser qu'il peut y avoir des contre-vérités dans les enseignements pontificaux, et les produire ici, votre position de fond gagnera en crédibilité.
images/icones/neutre.gif  ( 828592 )continuez votre fuite en avant par Mboo (2017-05-31 11:12:39) 
[en réponse à 828590]

Devant une évidence. J'ai donné un lien CRÉDIBLE (le Zénit est rattaché au Saint siège), donnez moi un lien qui dit explicitement que B16 n'a jamais signé ce document pour en faire un document pontificale. Mais mettons entre parenthèse ce problème de "magistère" car vous vous accrochez aux mots pour cacher une position absurde,
Si vous n'arrivez pas à comprendre, je vais le redire beaucoup plus simplement alors tenez:
Saint Pie 10 a dit que le limbe des bébé existe dans un document du magistère, B16 a donné son accord pour publier un document sur le site du vatican qui nie cela (admettons que ce n'est pas le magistère comme vous dites) alors
- Si le magistère ordinaire est infaillible comme vous le dites, vous êtes entrain d'accuser B16 d'avoir publier une hérésie sur le site officielle du Vatican! donc vous faites de B16 un hérétique, pour avoir donné son accord à la publication d'un document hérétique! peut importe que ce soit le magistère ou non, vous accusez B16, et toute la commission qui a travaillé sur ce sujet d'hérésie.
- Sinon, si vous admettez comme B16 lui même l'a admis que les limbes ne sont pas un dogme de Foi et juste une opinion théologique, alors le magistère ordinaire n'est pas infaillible

Mais votre mauvaise Foi c'est de vous accrocher sur la notion de "magistère", tant pis si on publie et qu'on enseigne des erreurs au peuple de Dieu, tant que ce n'est pas le magistère, l’essentiel est sauf! donc pour vous sauver le "magistère" est préférable aux salut des âmes! et pour cela vous êtes prêt à accepter des faits surréalistes comme le fait que le Vatican puisse avoir publier un texte hérétique sous l'accord de B16, un peu comme si c'était possible que le Vatican publie sur son site que Jésus n'est pas Dieu, tant que ce n'est pas le magistère pour vous c'est une possibilité ...

Alors allez y, continuez à rechercher le petite nuance ou le petit détail sur lequel vous allez vous accrochez...
images/icones/1e.gif  ( 828594 )Réponse par Regnum Galliae (2017-05-31 12:09:22) 
[en réponse à 828592]

MYSTICI CORPORIS CHRISTI

LETTRE ENCYCLIQUE
DE SA SAINTETÉ LE PAPE PIE XII

SUR LE CORPS MYSTIQUE DE JÉSUS-CHRIST
ET SUR NOTRE UNION EN LUI AVEC LE CHRIST



A nos Vénérables Frères les Patriarches, Primats, Archevêques, Evêques et autres ordinaires de lieux en paix et communion avec le Siège Apostolique

Vénérables Frères,
Salut et Bénédiction Apostolique

La doctrine du Corps mystique du Christ, qui est l'Eglise (1), recueillie primitivement des lèvres du
Rédempteur lui-même, et qui met dans sa vraie lumière ce bienfait, jamais assez exalté, de notre étroite union avec ce Chef si sublime, invite certainement, par son excellence et son élévation, tous les hommes mus par l'Esprit de Dieu à en faire l'objet de leurs réflexions, et par la lumière qu'elle projette dans leur esprit, les stimule fortement aux œuvres salutaires qui répondent à ces enseignements. C'est pourquoi Nous croyons de Notre devoir de vous entretenir de ce sujet dans cette Lettre encyclique, en développant spécialement ce qui concerne l'Eglise militante. Nous sommes poussé à le faire par la
grandeur exceptionnelle de cette doctrine, et aussi par les circonstances du temps où nous vivons.

Notre intention, en effet, est de parler des richesses cachées dans le sein de cette Eglise que le Christ s'est acquise par son propre sang (2), et dont les membres sont fiers d'avoir un Chef couronné d'épines. C'est là un éclatant témoignage que les plus belles gloires, les biens les meilleurs ne naissent que de la douleur, et que, par conséquent, nous devons nous réjouir d'avoir part aux souffrances du Christ, afin qu'au jour de la manifestation de sa gloire, nous soyons aussi dans la joie et dans l'allégresse (3).

Il faut le remarquer tout de suite: de même que le Rédempteur du genre humain fut accablé de calomnies et de tortures par ceux-là mêmes qu'il avait entrepris de sauver, ainsi la société instituée par lui doit en cela aussi ressembler à son divin Fondateur. Nous ne nions certes pas, bien au contraire, Nous avouons avec un sentiment de reconnaissance envers Dieu, qu'en nos temps troublés, un nombre considérable de ceux qui sont séparés du bercail de Jésus-Christ regardent vers l'Eglise comme vers l'unique port de salut; mais Nous n'ignorons pas non plus, cependant, que non seulement l'Eglise de Dieu est méprisée et calomniée avec une orgueilleuse hostilité par ceux qui, abandonnant la lumière de la sagesse chrétienne, retournent misérablement aux doctrines, aux mœurs, aux institutions de l'antiquité païenne; mais que souvent même beaucoup de chrétiens, se laissant attirer par l'apparence trompeuse de l'erreur ou charmer par les séductions et les dépravations du monde, ignorent l'Eglise, n'ont pour elle qu'indifférence, ou font comme si elle ne leur inspirait qu'ennui et dégoût. C'est pourquoi, Vénérables Frères, par devoir de conscience, et pour répondre aux désirs d'un grand nombre, Nous voulons remettre sous les yeux de tous et célébrer la beauté, les mérites et la gloire de notre Mère l'Eglise, à qui, après Dieu, nous devons tout.

Il faut espérer que Notre enseignement et Nos exhortations, dans les circonstances présentes, porteront des fruits abondants pour les fidèles; car Nous savons qu'en ces jours de tempête, tant d'infortunes et tant de souffrances, qui frappent cruellement un nombre presque incalculable d'hommes, à condition d'être acceptées avec paix et soumission comme de la main de Dieu, conduiront les âmes par une impulsion pour ainsi dire naturelle, des biens terrestres et passagers aux biens célestes et éternels, et susciteront une soif secrète des réalités spirituelles et un intense désir qui, sous la poussée de l'Esprit de Dieu, les stimulera, les forcera presque à rechercher avec plus de zèle le royaume de Dieu. Plus les hommes sont arrachés aux vanités de ce monde et à l'amour des biens présents, plus ils deviennent aptes à percevoir la lumière des mystères surnaturels. Or, aujourd'hui peut-être plus clairement que jamais, on saisit la vanité et le néant des biens de la terre, quand les royaumes et les cités s'écroulent, quand d'immenses ressources et des richesses de toutes sortes sont englouties dans les profondeurs de l'océan, quand les villes, les bourgades, les campagnes fertiles sont jonchées de ruines gigantesques et souillées de luttes fratricides.

En outre, Nous avons confiance que même à ceux qui sont séparés du giron de l'Eglise catholique, Notre exposé du Corps mystique de Jésus-Christ ne déplaira pas et ne sera pas inutile. Car, d'une part, leur bienveillance envers l'Eglise semble augmenter de jour en jour. D'autre part, lorsqu'ils voient actuellement se dresser nation contre nation, royaume contre royaume, croître indéfiniment les discordes, les haines et les semences de rivalité, s'ils jettent leurs regards vers l'Eglise, s'ils contemplent l'unité qu'elle tient de Dieu - et qui rattache au Christ par un lien fraternel les hommes de n'importe quelle descendance -, alors ils seront vraiment forcés d'admirer cette société inspirée par l'amour, et ils seront attirés, sous l'impulsion et avec l'aide de la grâce divine, à s'associer eux-mêmes à cette unité et à cette charité.

Une raison particulière, très agréable celle-là, Nous fait encore penser aux grandes idées de cette
doctrine, et non sans une joie extrême. Durant l'année écoulée, la 25e depuis Notre consécration
épiscopale, Nous avons vu avec une immense consolation un spectacle qui a fait resplendir d'un éclat
significatif dans toutes les parties de l'univers une image du Corps mystique de Jésus-Christ. Nous avons vu, en effet, au milieu d'une guerre longue et meurtrière qui avait malheureusement brisé la communauté fraternelle des peuples, tous Nos fils dans le Christ du monde entier, d'une même volonté et d'un même amour, porter leurs regards vers leur Père commun qui, chargé des soucis et des angoisses de tous, dirige en ces temps troublés la barque de l'Eglise catholique. Nous n'avons pas seulement constaté l'unité merveilleuse du peuple chrétien, mais aussi l'affirmation de ce fait: de même que Nous embrassons d'un amour paternel les peuples de n'importe quel pays, ainsi les catholiques à leur tour, bien qu'appartenant à des nations en guerre les unes contre les autres, tournent de partout leurs regards vers Nous comme vers le Père très aimant qui, guidé par une absolue impartialité et par un jugement intègre à l'égard des deux camps, domine l'agitation et les tempêtes des bouleversements humains pour prêcher et défendre de toutes ses forces la vérité, la justice et la charité.

Nous n'avons pas éprouvé une moindre consolation quand Nous avons appris la demande d'une
souscription volontaire pour ériger à Rome une église dédiée à Notre saint Prédécesseur et Patron, le
Pape Eugène Ier. Comme le temple, que feront surgir la décision et les aumônes de tous les fidèles,
perpétuera le souvenir de Notre Jubilé, Nous voulons de même donner un témoignage de Notre
reconnaissance par cette Lettre encyclique, où il est justement question de ces pierres vivantes qui,
placées sur le fondement de la pierre d'angle qu'est le Christ, forment ensemble un temple saint, de
beaucoup supérieur à tout temple construit de main d'homme, à savoir la demeure de Dieu dans l'Esprit Saint (4).

Mais Notre charge pastorale est le principal motif qui Nous invite à traiter actuellement avec une certaine ampleur cette éminente doctrine. De nombreux écrits ont été publiés sur ce sujet; et Nous n'ignorons pas que beaucoup s'adonnent aujourd'hui avec activité à ces études, où la piété des fidèles trouve également un attrait et un aliment. Il semble qu'il faille en chercher avant tout l'explication dans ce fait qu'un renouveau de zèle pour la liturgie sacrée, la réception plus fréquente du Pain eucharistique, enfin une dévotion plus ardente envers le Sacré Cœur de Jésus, que Nous constatons de nos jours avec joie, ont amené de nombreux esprits à méditer plus profondément les richesses insondables du Christ, conservées dans l'Eglise. En outre, les enseignements parus ces temps derniers à propos de l'Action catholique, en resserrant de plus en plus les liens des chrétiens entre eux et avec la hiérarchie ecclésiastique, surtout avec le Souverain Pontife, n'ont sans doute pas peu contribué à mettre en relief cette question. Néanmoins, si l'on peut se réjouir, à bon droit, de ce que Nous venons de rappeler, il n'est pourtant pas niable que non seulement des écrivains séparés de la véritable Eglise répandent de graves erreurs en cette matière, mais que même parmi les fidèles circulent parfois des opinions inexactes ou tout à fait erronées, qui entraînent les intelligences en dehors de la voie droite de la vérité.

Car, tandis que, d'une part, persiste un prétendu rationalisme, qui tient pour absurde tout ce qui dépasse et domine les forces de l'esprit humain, tandis que marche de pair avec lui une erreur du même genre appelée naturalisme commun, qui, dans l'Eglise de Dieu, ne considère et ne veut voir que des liens purement juridiques et sociaux, s'insinue d'autre part un faux mysticisme, qui falsifie les Saintes Ecritures en s'efforçant de supprimer les frontières immuables entre les créatures et le Créateur.

Ces fausses théories, qui s'opposent et se combattent, font que certains, frappés d'une crainte vaine,
voient dans cette doctrine plus élevée un danger et s'en détournent avec effroi comme du fruit du Paradis terrestre, beau certes, mais défendu. Il n'en est rien: les mystères révélés par Dieu ne peuvent être causes de mort pour les hommes, et ils ne doivent pas non plus rester sans fruit comme un trésor enfoui dans un champ; mais Dieu les a donnés pour servir au progrès spirituel de ceux qui les méditent avec piété. Car, nous enseigne le Concile du Vatican, " quand la raison éclairée par la foi cherche avec soin, piété et mesure, elle arrive, avec la grâce de Dieu, à une certaine intelligence des mystères qui lui est de très grand profit, soit par analogie avec ce qu'elle connaît naturellement, soit par connexion des mystères entre eux et avec la fin dernière de l'homme "; bien que jamais pourtant, comme le saint Concile nous en avertit, " elle ne devienne capable de pénétrer les mystères à l'instar des vérités qui constituent son objet propre (5) ".

Tout cela longuement pesé devant Dieu, pour que la beauté sans égale de l'Eglise brille d'un nouvel éclat, pour que la noblesse éminente et surnaturelle des fidèles unis à leur Chef dans le Corps du Christ, apparaisse avec plus de clarté, enfin pour barrer la route aux multiples erreurs en cette matière, Nous avons considéré comme un devoir de Notre charge pastorale d'exposer à tout le peuple chrétien, dans cette Lettre encyclique, la doctrine du Corps mystique de Jésus-Christ et de l'union, dans ce même Corps, des fidèles avec le divin Rédempteur; et de tirer en même temps de cette suave doctrine quelques enseignements, grâce auxquels une étude plus approfondie de ce mystère produira des fruits encore plus abondants de perfection et de sainteté.

Dès que nous nous mettons à réfléchir sur ce chapitre de la doctrine catholique, se présentent à nous les paroles de l'Apôtre: Là où le péché a abondé, la grâce a surabondé (6).

Tout le monde sait, en effet, que Dieu avait placé le père de tout le genre humain dans un tel état
d'excellence qu'il devait donner à ses descendants, en même temps que la vie d'ici-bas, la vie surnaturelle de la grâce céleste. Pourtant, après la chute désastreuse d'Adam, toute la famille humaine, souillée par la faute originelle, perdit la participation de la nature divine (7), et nous devînmes tous fils de colère (8). Mais Dieu, dans sa grande miséricorde, a tant aimé le monde qu'il lui a donné son Fils unique (9), et le Verbe du Père éternel, poussé par ce même amour divin, prit, pour lui, dans la descendance d'Adam, une nature humaine, mais innocente et exempte de toute souillure, afin que de lui, comme d'un nouvel Adam céleste, la grâce du Saint-Esprit découlât sur tous les fils du premier père, et que ceux-ci, privés par le péché du premier homme de l'adoption de la famille divine, mais devenus, par l'Incarnation du Verbe, frères selon la chair du Fils unique de Dieu, reçussent le pouvoir de devenir fils de Dieu (10). Voilà pourquoi, suspendu à la Croix, Jésus-Christ n'a pas seulement réparé les droits violés de la justice du Père éternel, mais il a encore mérité à nous, ses frères, une abondance ineffable de grâces. Ces grâces, il aurait pu les communiquer lui-même directement à tout le genre humain; toutefois, il ne voulut le faire que par l'intermédiaire d'une Eglise visible, qui grouperait les hommes; et cela pour leur permettre d'être, par elle, ses coopérateurs dans la distribution des fruits de la Rédemption. Car si le Verbe de Dieu a voulu se servir de notre nature pour racheter les hommes par ses souffrances et ses tourments, il se sert de même de son Eglise au cours des siècles pour perpétuer l'œuvre commencée (11).

Or, pour définir, pour décrire cette véritable Eglise de Jésus-Christ - celle qui est sainte, catholique,
apostolique, romaine (12) -, on ne peut trouver rien de plus beau, rien de plus excellent, rien enfin de plus divin que cette expression qui la désigne comme " le Corps mystique de Jésus-Christ "; c'est celle du reste qui découle, qui fleurit pour ainsi dire, de ce que nous exposent fréquemment les Saintes Ecritures et les écrits des saints Pères.

Que l'Eglise soit un corps, la Sainte Ecriture le dit à maintes reprises. Le Christ, dit l'Apôtre, est la Tête du Corps qu'est l'Eglise (13). Si l'Eglise est un corps, il est donc nécessaire qu'elle constitue un organisme un et indivisible, selon les paroles de saint Paul: Bien qu'étant plusieurs, nous ne faisons qu'un seul corps dans le Christ (14). Ce n'est pas assez de dire: un et indivisible; il doit encore être concret et perceptible aux sens, comme l'affirme Notre Prédécesseur d'heureuse mémoire, Léon XIII, dans sa Lettre encyclique Satis cognitum : " C'est parce qu'elle est un corps que l'Eglise est visible à nos regards (15). " C'est donc s'éloigner de la vérité divine que d'imaginer une Eglise qu'on ne pourrait ni voir ni toucher, qui ne serait que " spirituelle " (" pneumaticum "), dans laquelle les nombreuses communautés chrétiennes, bien que divisées entre elles par la foi, seraient pourtant réunies par un lien invisible.

Mais un corps exige encore une multiplicité de membres, qui soient reliés entre eux de manière à se venir mutuellement en aide. Que si, dans notre organisme mortel, lorsqu'un membre souffre, tous les autres souffrent avec lui, les membres sains prêtant leur secours aux malades, de même dans l'Eglise, chaque membre ne vit pas uniquement pour lui, mais il assiste aussi les autres, et tous s'aident réciproquement, pour leur mutuelle consolation aussi bien que pour un meilleur développement de tout le corps.

De plus, le corps dans la nature n'est pas formé d'un assemblage quelconque de membres, mais il doit être muni d'organes, c'est-à-dire de membres qui n'aient pas la même activité et qui soient disposés dans un ordre convenable. L'Eglise, de même, doit son titre de corps surtout à cette raison qu'elle est formée de parties bien organisées, normalement unies entre elles, et pourvue de membres différents et accordés entre eux. C'est bien ainsi que l'Apôtre représente l'Eglise, lorsqu'il dit : De même que nous avons plusieurs membres dans un même corps, et que tous les membres n'ont pas la même fonction, ainsi, nous qui sommes plusieurs, nous ne faisons qu'un seul corps dans le Christ, et chacun en particulier, nous sommes membres les uns des autres (16).

Mais il ne faudrait nullement s'imaginer que cette structure bien ordonnée, ou, comme on dit,
" organique ", du Corps de l'Eglise s'achève et se circonscrive dans les seuls degrés de la hiérarchie ; ou, comme le veut une opinion opposée, qu'elle soit formée uniquement des " charismatiques ", ces hommes doués de dons merveilleux dont par ailleurs la présence ne fera jamais défaut dans l'Eglise. Sans doute, il faut absolument maintenir que ceux qui, dans ce Corps, sont en possession des pouvoirs sacrés, en constituent les membres premiers et principaux, car c'est par eux que se perpétuent, selon le mandat du divin Rédempteur, les fonctions du Christ Docteur, Roi et Prêtre. A bon droit, néanmoins, lorsque les Pères de l'Eglise font l'éloge des ministères, des degrés, des conditions, des états, des ordres, des fonctions de ce Corps, ils n'ont pas seulement en vue ceux qui ont reçu les ordres sacrés, mais aussi avec eux tous ceux qui ont embrassé les conseils évangéliques, qu'ils mènent une vie active au milieu des hommes, ou une vie contemplative dans le silence du cloître, ou encore qu'ils s'efforcent d'unir les deux états selon leur propre institut; ceux qui, tout en restant dans le monde, se consacrent pourtant avec ardeur aux œuvres de miséricorde, pour le bien des âmes ou des corps; enfin, ceux aussi qui sont unis par les liens d'un chaste mariage. Bien plus, il importe de le remarquer, les pères et les mères de famille, surtout dans les circonstances présentes, les parrains et marraines, et nommément les laïques, qui collaborent avec la hiérarchie ecclésiastique à étendre le règne du divin Rédempteur, tiennent dans la société chrétienne une place d'honneur, encore qu'elle soit souvent très modeste; eux aussi peuvent, sous l'inspiration et avec le secours de Dieu, monter au sommet de la sainteté qui, d'après la promesse de Jésus-Christ, ne manquera jamais à l'Eglise.

Comme le corps humain se trouve muni de moyens propres pour pourvoir à sa vie, à sa santé, au
développement de chacun de ses membres, de même le Sauveur du genre humain, dans son infinie bonté, a pourvu son Corps mystique de moyens merveilleux en l'enrichissant de sacrements qui doivent soutenir les membres, comme par des degrés de grâce ininterrompus, depuis le berceau jusqu'au dernier soupir, et subvenir de même abondamment aux nécessités sociales de tout le Corps.

Par l'eau du Baptême, les hommes qui sont nés à cette vie mortelle non seulement renaissent de la mort du péché et deviennent des membres de l'Eglise, mais, de plus, ils sont revêtus d'un caractère spirituel qui les rend aptes à recevoir les autres sacrements.

Par le saint chrême de la Confirmation, les fidèles sont pénétrés d'une nouvelle force pour protéger et
défendre courageusement l'Eglise leur Mère et la foi qu'ils en ont reçue.

Par le sacrement de Pénitence, l'Eglise offre à ses membres tombés dans le péché un remède salutaire, non seulement pour veiller à leur propre salut, mais encore pour écarter des autres membres du Corps mystique tout danger de contagion, bien mieux pour les entraîner à la vertu par leur exemple.

Ce n'était pas encore suffisant: par la sainte Eucharistie, les fidèles sont nourris et fortifiés par une seule et même nourriture, et par un lien ineffable et divin ils sont reliés entre eux et avec la Tête de tout le Corps.

L'Eglise enfin, comme une pieuse Mère, se tient auprès de ses enfants mis en danger de mort par la
maladie; si par l'onction sacrée des malades elle ne rend pas toujours la santé au corps mortel, selon le vouloir de Dieu, elle procure du moins aux âmes blessées un remède surnaturel, peuplant ainsi le ciel, où ils jouissent d'un bonheur divin durant l'éternité, de nouveaux citoyens, qui deviennent en même temps pour la terre de nouveaux protecteurs.

Le Christ a pourvu d'une manière particulière aux nécessités sociales de l'Eglise par l'institution de deux sacrements. Par le Mariage, où les époux sont l'un pour l'autre ministres de la grâce, il a procuré l'accroissement extérieur et ordonné de la communauté chrétienne, et ce qui est mieux encore, la bonne éducation religieuse des enfants, sans laquelle son Corps mystique serait exposé aux plus grands dangers.

Par l'Ordre, se trouvent consacrés au service de Dieu des hommes chargés d'immoler l'Hostie
eucharistique, de nourrir le troupeau des fidèles du Pain des Anges et de l'aliment de la doctrine, de le diriger par les commandements de Dieu et les conseils, de l'affermir enfin par les autres dons surnaturels.

Remarquons-le à ce propos: comme Dieu au commencement du monde a muni l'homme du riche appareil de son corps pour lui permettre de se soumettre la création et de se multiplier pour peupler la terre, ainsi a-t-il procuré à l'Eglise au début de l'ère chrétienne les ressources nécessaires pour peupler, en triomphant de périls presque innombrables, non seulement l'univers terrestre, mais aussi le royaume du ciel. Pourtant, au sens plein de l'expression, seuls font partie des membres de l'Eglise ceux qui ont reçu le baptême de régénération et professent la vraie foi, qui, d'autre part, ne se sont pas pour leur malheur séparés de l'ensemble du Corps, ou n'en ont pas été retranchés pour des fautes très graves par l'autorité légitime. Tous, en effet, dit l'Apôtre, nous avons été baptisés dans un seul Esprit pour former un seul Corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit hommes libres (17).

Par conséquent, comme dans l'assemblée véritable des fidèles il n'y a qu'un seul Corps, un seul Esprit, un seul Seigneur et un seul Baptême, ainsi ne peut-il y avoir qu'une seule foi (18); et celui qui refuse d'écouter l'Eglise doit être considéré, d'après l'ordre du Seigneur, comme un païen et un publicain (19). Et ceux qui sont divisés pour des raisons de foi ou de gouvernement ne peuvent vivre dans ce même Corps ni par conséquent de ce même Esprit divin.

Qu'on n'imagine pas non plus que le Corps de l'Eglise, ayant l'honneur de porter le nom du Christ, ne se compose, dès le temps de son pèlerinage terrestre, que de membres éminents en sainteté, ou ne
comprend que le groupe de ceux qui sont prédestinés par Dieu au bonheur éternel. Il faut admettre, en effet, que l'infinie miséricorde de notre Sauveur ne refuse pas maintenant une place dans son Corps mystique à ceux auxquels il ne la refusa pas autrefois à son banquet (20). Car toute faute, même un péché grave, n'a pas de soi pour résultat - comme le schisme, l'hérésie ou l'apostasie - de séparer l'homme du Corps de l'Eglise. Toute vie ne disparaît pas de ceux qui, ayant perdu par le péché la charité et la grâce sanctifiante, devenus par conséquent incapables de tout mérite surnaturel, conservent pourtant la foi et l'espérance chrétiennes, et à la lumière de la grâce divine, sous les inspirations intérieures et l'impulsion du Saint-Esprit, sont poussés à une crainte salutaire et excités par Dieu à la prière et au repentir de leurs fautes.

Que tous aient donc en horreur le péché qui souille les membres mystiques du Rédempteur ; mais que le pécheur tombé et qui ne s'est pas rendu par son obstination indigne de la communion des fidèles, soit accueilli avec beaucoup d'amour; qu'on ne voie en lui avec une fervente charité qu'un membre infirme de Jésus-Christ. Car il vaut mieux, selon la remarque de l'évêque d'Hippone, " être guéri dans le Corps de l'Eglise, qu'être retranché de ce Corps comme des membres incurables (21)". " Tant que le membre est encore attaché au corps, il ne faut pas désespérer de sa santé; mais s'il en est retranché, il ne peut plus ni être soigné ni être guéri (22)".

Nous avons vu jusqu'ici, Vénérables Frères, que l'Eglise dans sa constitution peut être comparée à un
corps; il Nous reste à expliquer en détail pourquoi il faut l'appeler, non pas un corps quelconque, mais leCorps de Jésus-Christ. Et ceci se conclut de ce que Notre-Seigneur est le Fondateur, la Tête, le Soutien, le Sauveur de ce Corps mystique.

Au moment d'exposer brièvement comment le Christ a fondé son Corps social, la phrase de Notre
Prédécesseur d'heureuse mémoire, Léon XIII, se présente aussitôt à Notre esprit: " L'Eglise, déjà
conçue, et qui était sortie, pour ainsi dire, des flancs du nouvel Adam dormant sur la Croix, s'est
manifestée pour la première fois aux hommes d'une manière éclatante le jour solennel de la Pentecôte (23). " Car le divin Rédempteur commença à édifier le temple mystique de l'Eglise quand il livra son enseignement en prêchant ; il l'acheva quand il fut suspendu publiquement à la Croix; enfin, il en procura la manifestation et la promulgation quand il envoya visiblement l'Esprit Saint sur ses disciples.

Dans l'accomplissement de sa mission de prédicateur, il choisissait ses Apôtres, les envoyant comme
lui-même avait été envoyé par le Père (24), comme docteurs, guides, agents de sainteté dans l'assemblée des fidèles; il désignait leur Chef et son Vicaire sur la terre (25); il leur dévoilait tout ce qu'il avait entendu de son Père (26); il indiquait aussi le Baptême (27) comme moyen pour les futurs croyants d'être insérés dans le Corps de l'Eglise. Et quand enfin il fut parvenu au soir de sa vie, il célébra la dernière Cène, durant laquelle il institua l'Eucharistie, à la fois admirable sacrifice et admirable sacrement.

Qu'il ait consommé son œuvre sur le gibet de la Croix, les témoignages ininterrompus des saints Pères en font foi, eux qui font remarquer que l'Eglise est née du côté du Sauveur sur la Croix comme une nouvelle Eve, mère de tous les vivants (28). " C'est maintenant, dit saint Ambroise à propos du côté du Christ transpercé, qu'elle est fondée, maintenant qu'elle est formée, maintenant qu'elle est figurée, maintenant qu'elle est créée... C'est maintenant que la demeure spirituelle s'élève pour un sacerdoce saint (29). " Quiconque approfondit religieusement cette vénérable doctrine pourra sans difficulté voir les raisons sur lesquelles elle s'appuie.

D'abord la mort du Rédempteur a fait succéder le Nouveau Testament à l'Ancienne Loi abolie ; c'est alors que la Loi du Christ, avec ses mystères, ses lois, ses institutions et ses rites, fut sanctionnée pour tout l'univers dans le sang de Jésus-Christ. Car tant que le divin Sauveur prêchait sur un territoire restreint - il n'avait été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël (30) - la Loi et l'Evangile marchaient de concert (31); mais sur le gibet de sa mort il annula la loi avec ses prescriptions (32), il cloua à la Croix le " chirographe " de l'Ancien Testament (33), établissant une Nouvelle Alliance dans son sang répandu pour tout le genre humain (34). " Alors, dit saint Léon le Grand en parlant de la Croix du Seigneur, le passage de la Loi à l'Evangile, de la Synagogue à l'Eglise, des sacrifices nombreux à la Victime unique, se produisit avec tant d'évidence qu'au moment où le Seigneur rendit l'esprit, le voile mystique qui fermait aux regards le fond du temple et son sanctuaire secret, se déchira violemment et brusquement du haut en bas (35). "

Sur la croix, par conséquent, la Loi Ancienne est morte; bientôt elle sera ensevelie et elle deviendra cause de mort (36), pour céder la place au Nouveau Testament, dont le Christ avait choisi les Apôtres pour ministres qualifiés (37). Grâce à la vertu de la Croix, notre Sauveur qui déjà, il est vrai, dans le sein de la Vierge était le Chef de toute la famille humaine, en exerce pleinement dans l'Eglise la fonction. " Car par la victoire de la Croix, suivant l'opinion du Docteur angélique, il a mérité le pouvoir et le souverain domaine sur les peuples (38) "; par elle il a accru à l'infini le trésor de ces grâces que, dans la gloire du ciel, il distribue sans interruption à ses membres mortels; grâce au sang répandu sur la Croix, il a fait en sorte que, une fois enlevé l'obstacle de la colère divine, toutes les grâces surnaturelles, et surtout les dons spirituels du Testament Nouveau et Eternel, pussent s'écouler du côté du Sauveur pour le salut des hommes, et en premier lieu des fidèles; sur l'arbre de la Croix enfin il s'est acquis son Eglise, c'est-à-dire tous lesmembres de son Corps mystique, qui ne peuvent être incorporés à ce Corps dans l'eau du Baptême que par la vertu salutaire de la Croix et passer ainsi sous la dépendance absolue du Christ.

Si par sa mort notre Sauveur est devenu, au sens plein du mot, la Tête de l'Eglise, par son sang également l'Eglise a été enrichie de la communication surabondante de l'Esprit, qui lui fut faite par Dieu après l'élévation du Fils de l'homme sur le gibet de souffrances et sa glorification. Car alors, comme le remarque saint Augustin (39), après la déchirure du voile du temple, il arriva que la rosée des dons du Paraclet, qui s'était posée jusque là sur la seule toison de Gédéon, à savoir le peuple d'Israël, délaissant désormais la toison desséchée, irrigua largement et abondamment la terre entière, à savoir l'Eglise catholique, qui n'est limitée par aucune frontière ethnique ou territoriale.

De même qu'au premier instant de l'Incarnation, le Fils du Père Eternel combla la nature humaine qu'il
s'était substantiellement unie de la plénitude du Saint-Esprit, pour en faire un instrument apte de sa divinité dans l'œuvre sanglante de la Rédemption, ainsi voulut-il à l'heure de sa précieuse mort enrichir son Eglise de l'abondance des dons du Paraclet, pour la rendre un instrument efficace et à jamais durable du Verbe incarné dans la distribution des fruits divins de la Rédemption.

En effet, la mission dite juridique de l'Eglise, son pouvoir d'enseigner, de gouverner et d'administrer les sacrements, n'ont de vigueur et d'efficacité surnaturelle pour édifier le Corps du Christ que parce que le Christ sur la Croix a ouvert à son Eglise la source des dons divins, grâce auxquels elle peut enseigner aux hommes une doctrine infaillible, les diriger utilement par des pasteurs éclairés de Dieu et les inonder de la pluie de ses grâces surnaturelles.

Si nous considérons attentivement tous ces mystères de la Croix, nous ne trouverons plus obscures ces paroles de l'Apôtre qui enseigne aux Ephésiens que le Christ, par son sang, n'a fait qu'un peuple des Juifs et des païens, renversant... par l'immolation de sa chair... le mur mitoyen qui séparait les deux peuples; qu'il a aussi supprimé la Loi Ancienne afin que des deux il formât en lui un seul homme
nouveau, à savoir l'Eglise, et que fondus en un seul Corps il les réconciliât tous deux avec Dieu par sa
Croix (40).

Quand il eut fondé l'Eglise dans son sang, il la consolida le jour de la Pentecôte par une force spéciale venue du ciel. En effet, après avoir solennellement confirmé dans sa mission éminente celui qu'il avait déjà auparavant désigné comme son Vicaire, il était monté aux cieux; et assis à la droite du Père, il voulut manifester et proclamer officiellement son Epouse par la venue visible de l'Esprit Saint, accompagnée du bruit d'un vent violent et de langues de feu (41).

Comme au début de sa mission d'évangélisation, son Père Eternel l'avait manifesté par le moyen du
Saint-Esprit descendant sous la forme d'une colombe et se reposant sur lui (42), de même, au moment où les Apôtres allaient commencer leur fonction sacrée de prédication, le Christ Notre-Seigneur leur envoya du ciel son Esprit qui, les touchant sous forme de langues de feu, indiquait, comme du doigt même de Dieu, la mission et la fonction surnaturelles de l'Eglise.

Une seconde raison pour laquelle ce Corps mystique, l'Eglise, se glorifie de porter le nom du Christ, est qu'Il doit en être vraiment considéré par tous comme la Tête. Lui-même, dit saint Paul, est la Tête du Corps, c'est-à-dire de l'Eglise (43). Il est la Tête, dont tout le Corps, bien ordonné et composé, reçoit sa croissance et son développement en vue de sa parfaite constitution (44).

Vous connaissez parfaitement, Vénérables Frères, les brillants et lumineux exposés faits dans leurs traités sur cette matière par les Maîtres de la théologie scolastique, et en particulier par le Docteur angélique et universel ; vous savez aussi sans doute que les arguments apportés par saint Thomas répondent fidèlement à la pensée des saints Pères, lesquels ne faisaient du reste que rapporter et interpréter les paroles de Dieu dans les Saintes Ecritures.

Il Nous plaît pourtant d'en faire ici une rapide mention pour le profit de tous. Il est d'abord évident que le Fils de Dieu et de la Bienheureuse Vierge a droit à cette appellation de Tête de l'Eglise pour une raison tout à fait spéciale de prééminence. Car la tête, c'est ce qui se trouve au sommet. Et qui donc fut jamais plus haut placé que le Christ Dieu, qui, en tant que Verbe du Père Eternel, doit être regardé comme le premier-né de toute créature (45) ? Qui connut plus grande élévation que le Christ homme, qui, né d'une Vierge sans tache, est vraiment et par nature Fils de Dieu, et par sa merveilleuse et glorieuse résurrection, par son triomphe sur la mort, est devenu le premier-né d'entre les morts ? (46)

Qui enfin occupa une situation supérieure à celle du Christ, qui, en tant que Médiateur... unique entre
Dieu et les hommes (47), réussit d'une manière étonnante à relier la terre avec le ciel; sur la Croix, comme sur un trône de miséricorde, attire tout à lui (48); et comme fils d'homme choisi parmi des myriades, est aimé de Dieu plus que tous les hommes, tous les anges et toutes les créatures (49) ?

Puisque le Christ occupe une place si éminente, il est à bon droit le seul à conduire l'Eglise et à la
gouverner, et pour cette raison encore on doit le comparer à la tête. De même que la tête, en effet - pour nous servir des paroles de saint Ambroise -, est le " sommet royal " du corps (50) et que tous les membres, à qui elle préside pour pourvoir à leurs besoins (51), sont naturellement dirigés par elle, douée à cette fin de qualités supérieures, ainsi le divin Rédempteur tient en main le timon de toute la société chrétienne et en dirige le gouvernail. Et puisque régir la communauté des hommes n'est autre chose que les conduire à leur fin propre (52) par une providence efficace, par des secours convenables et des moyens adaptés, il est facile de constater que notre Sauveur, archétype et modèle des bons pasteurs (53), s'acquitte à merveille de toutes ces fonctions.

En personne d'abord, quand il était sur la terre, par ses lois, ses conseils, ses avis, il nous donna son
enseignement en paroles qui ne passeront jamais et qui seront pour les hommes de tous les temps esprit et vie (54). En outre, il a communiqué aux Apôtres et à leurs successeurs un triple pouvoir: celui d'enseigner, celui de gouverner et celui de mener les hommes à la sainteté; ces pouvoirs, précisés par des préceptes, des droits et des devoirs particuliers, constituent la loi fondamentale de toute l'Eglise.

Mais c'est directement aussi et par lui-même que notre divin Sauveur gouverne et dirige la Société qu'il a fondée. Car c'est lui qui règne sur les intelligences humaines, lui qui infléchit et soumet à son gré les volontés même rebelles. Le cœur du roi est dans la main de Dieu; il l'incline à tout ce qu'il veut (55). Par cette direction intérieure il ne prend pas seulement soin lui-même des individus, comme pasteur et évêque de nos âmes (56), mais il pourvoit encore aux besoins de l'Eglise entière, soit en éclairant et en fortifiant ses chefs pour leur faire remplir fidèlement et avec fruit leurs fonctions respectives, soit - surtout dans les circonstances plus graves - en suscitant du sein de l'Eglise leur Mère des hommes et des femmes brillant de l'éclat de la sainteté, en vue de les proposer en exemples aux autres fidèles pour l'accroissement de son Corps mystique. Ajoutez que le Christ, du haut du ciel, regarde toujours avec un amour spécial son Epouse immaculée qui peine ici-bas dans l'exil ; et quand il la voit en danger, par lui-même ou par ses anges (57), ou par Celle que nous invoquons comme le Secours des chrétiens et par les autres patrons célestes, il l'arrache aux flots de la tempête, et une fois le calme revenu sur la mer apaisée, il la console par cette paix qui surpasse toute intelligence (58).

Qu'on ne pense pas pourtant que sa direction se limite à un mode invisible (59) ou extraordinaire ; bien au contraire, le divin Rédempteur gouverne son Corps mystique visiblement et ordinairement par son Vicaire sur la terre. Vous savez, en effet, Vénérables Frères, que le Christ Notre-Seigneur, qui durant sa vie mortelle avait dirigé lui-même visiblement son petit troupeau (60), au moment de quitter ce monde pour retourner à son Père, confia au Prince des Apôtres le gouvernement visible de toute la société fondée par lui. Lui, si sage, ne pouvait nullement laisser sans tête le corps social de l'Eglise qu'il avait constitué.

Et l'on ne peut soutenir, pour nier cette vérité, que par un primat de juridiction établi dans l'Eglise, ce
Corps mystique serait pourvu d'une double tête. Car Pierre, par la vertu du primat, n'est que le Vicaire du Christ, et il n'y a par conséquent qu'une seule Tête principale de ce Corps, à savoir le Christ; c'est lui qui sans cesser de gouverner mystérieusement l'Eglise par lui-même, la dirige pourtant visiblement par celui qui tient sa place sur terre, car depuis sa glorieuse Ascension dans le ciel, elle ne repose plus seulement sur lui, mais aussi sur Pierre comme sur un fondement visible pour tous. Que le Christ et son Vicaire ne forment ensemble qu'une seule Tête, Notre immortel Prédécesseur, Boniface VIII, l'a officiellement enseigné dans sa Lettre apostolique Unam sanctam (61) et ses successeurs n'ont jamais cessé de le répéter après lui, Ceux-là se trompent donc dangereusement qui croient pouvoir s'attacher au Christ Tête de l'Eglise sans adhérer fidèlement à son Vicaire sur la terre. Car en supprimant ce Chef visible et en brisant les liens lumineux de l'unité, ils obscurcissent et déforment le Corps mystique du Rédempteur au point qu'il ne puisse plus être reconnu ni trouvé par les hommes en quête du port du salut éternel.

Ce que Nous venons de dire de l'Eglise universelle doit être également affirmé des communautés
particulières de chrétiens, tant orientales que latines, qui forment ensemble une seule Eglise catholique: c'est Jésus-Christ qui les gouverne par la voix et la juridiction de chaque évêque. C'est pourquoi les évêques ne doivent pas seulement être considérés comme les membres les plus éminents de l'Eglise universelle, ceux qui sont reliés à la Tête divine de tout le Corps par un lien tout particulier et par suite sont justement appelés " les premiers des membres du Seigneur " (62); mais en ce qui concerne son propre diocèse, chacun, en vrai Pasteur, fait paître et gouverne au nom du Christ le troupeau qui lui est assigné (63). Pourtant, dans leur gouvernement, ils ne sont pas pleinement
indépendants, mais ils sont soumis à l'autorité légitime du Pontife de Rome, et s'ils jouissent du pouvoir ordinaire de juridiction, ce pouvoir leur est immédiatement communiqué par le Souverain Pontife. Aussi doivent-ils être honorés par le peuple comme les successeurs des Apôtres par institution divine (64); et aux évêques, sacrés par le chrême du Saint-Esprit, s'appliquent mieux qu'aux dirigeants de ce monde, même les plus haut placés, les paroles du Psaume: Ne touchez pas à mes oints (65).

Aussi sommes-Nous rempli d'une immense tristesse quand on Nous annonce qu'un bon nombre de Nos Frères dans l'Episcopat, pour s'être faits les modèles du troupeau (66) et avoir gardé énergiquement, comme il convient, et fidèlement le saint dépôt de la foi (67) à eux confié, pour avoir réclamé le respect des saintes lois inscrites par Dieu dans le cœur des hommes et avoir défendu, à l'exemple du Pasteur suprême, leur troupeau contre des loups ravisseurs, ont à souffrir des attaques et des vexations exercées non seulement contre eux, mais - ce qui leur est plus cruel et plus pénible - exercées contre les brebis confiée à leur soin, contre les associés de leur apostolat et même contre des vierges consacrées à Dieu.

Cette injure, Nous la regardons comme infligée à Nous-même; et Nous reprenons ce noble langage de Notre immortel Prédécesseur, saint Grégoire le Grand: Notre honneur, c'est l'honneur de l'Eglise
universelle; Notre honneur, c'est la force intacte de Nos Frères; Nous sommes vraiment honoré quand on ne refuse à aucun d'eux l'honneur qui lui est dû (68).

Toutefois il ne faut pas penser que le Christ étant la Tête, occupant une place si élevée, ne requiert pas l'aide de son Corps. Car il faut affirmer du Corps mystique ce que saint Paul affirme du corps humain: La tête ne peut dire aux pieds : je n'ai pas besoin de vous (69). Il est tout à fait évident que les fidèles ont absolument besoin de l'aide du divin Rédempteur, puisque lui-même a dit : Sans moi vous ne pouvez rien faire (70), et que selon la doctrine de l'Apôtre tout l'accroissement de ce Corps mystique pour son édification dérive de sa Tête, le Christ (71). Il faut pourtant maintenir, bien que cela paraisse vraiment étonnant, que le Christ requiert le secours de ses membres. Tout d'abord, parce que le Souverain Pontife tient la place de Jésus-Christ, et il doit, pour ne pas être écrasé par la charge de son devoir pastoral, appeler un bon nombre de fidèles à prendre une part de ses soucis et être chaque jour soutenu par la prière secourable de toute l'Eglise. De plus, comme le Sauveur dirige invisiblement l'Eglise par lui-même, il veut recevoir l'aide des membres de son Corps mystique pour accomplir l'œuvre de la Rédemption. Cela ne provient pourtant pas de son indigence et de sa faiblesse, mais plutôt de ce que lui-même a pris cette disposition pour le plus grand honneur de son Epouse sans tache. Tandis qu'en mourant sur la croix il a communiqué à son Eglise, sans aucune collaboration de sa part, le trésor sans limite de sa Rédemption, quand il s'agit de distribuer ce trésor, non seulement il partage avec son Epouse immaculée l'œuvre de la sanctification des âmes, mais il veut encore que celle-ci naisse pour ainsi dire de son travail. Mystère redoutable, certes, et qu'on ne méditera jamais assez: le salut d'un grand nombre d'âmes dépend des prières et des mortifications volontaires, supportées à cette fin, des membres du Corps mystique de Jésus-Christ et du travail de collaboration que les Pasteurs et les fidèles, spécialement les pères et mères de famille, doivent apporter à notre divin Sauveur.

Aux raisons exposées ci-dessus pour légitimer le titre donné au Christ Notre-Seigneur de Tête de son Corps social, il faut en ajouter trois autres, qui sont du reste intimement liées entre elles.

Nous commençons par la conformité mutuelle que nous voyons exister entre la Tête et le Corps, puisqu'ils sont de même nature. Il faut remarquer à ce propos que notre nature, bien qu'inférieure à celle des anges, l'emporte pourtant, grâce à la bonté de Dieu, sur la nature angélique: " Car le Christ, dit saint Thomas, est le Chef des anges. Il commande en effet aux anges même selon, son humanité... En tant qu'homme également, il éclaire les anges et il agit sur eux. Mais au point, de vue de la conformité de nature, le Christ n'est pas le Chef des anges, car il n'a pas pris la nature angélique, mais, selon l'Apôtre, la descendance d'Abraham. " (72) Le Christ n'a pas seulement pris notre nature; il est aussi devenu notre frère par son corps fragile, passible et mortel. Or, si le Verbe s'est anéanti, prenant forme d'esclave (73), il l'a fait pour rendre ses frères selon la chair participants de sa nature divine (74), tant dans l'exil de cette terre par la grâce sanctifiante, que dans la patrie céleste par l'obtention d'un bonheur sans fin. Car le Fils unique du Père Eternel a voulu être fils d'homme pour nous rendre conformes à l'image du Fils de Dieu (75), et nous renouveler à la ressemblance de Celui qui nous a créés (76). Que tous ceux qui se glorifient de porter le nom de chrétiens ne regardent donc pas seulement notre divin Sauveur comme le modèle éminent et achevé de toutes les vertus, mais que, par la fuite vigilante du péché et la pratique fervente de la perfection, ils reproduisent si bien dans leur conduite sa doctrine et sa vie qu'au moment où le Seigneur paraîtra, ils lui soient semblables dans la gloire et le voient tel qu'il est (77).

Comme le Christ veut que chacun des membres lui soit semblable, ainsi le veut-il aussi pour le Corps de l'Eglise tout entier. C'est ce qui se fait lorsque l'Eglise, marchant sur les traces de son Fondateur, enseigne, gouverne, immole la divine Victime. En outre, lorsqu'elle embrasse les conseils évangéliques, elle reproduit en elle la pauvreté, l'obéissance et la virginité du Rédempteur. Par les Instituts multiples et variés, dont elle s'orne comme de joyaux, elle montre en quelque sorte le Christ priant sur la montagne, ou prêchant aux peuples, guérissant les malades et les infirmes, ramenant les pécheurs dans la bonne voie, ou enfin faisant du bien à tous. Rien d'étonnant, par conséquent, si, pendant son existence terrestre, elle est aussi soumise, à l'imitation du Christ, aux persécutions, aux vexations et à la souffrance.

Le Christ doit encore être regardé comme Chef de l'Eglise du fait qu'exerçant d'une façon éminente,
plénière et parfaite les fonctions surnaturelles, c'est à cette plénitude que puise son Corps mystique. En effet - c'est une remarque faite par quelques Pères -, comme la tête, dans notre corps mortel, a l'avantage de posséder tous les sens, tandis que les autres parties de l'organisme ne jouissent que du toucher, ainsi tout ce qu'il y a, dans la société chrétienne, de vertus, de dons, de charismes, brille avec perfection dans son Chef, le Christ. Il a plu (à Dieu) de faire habiter en lui toute la plénitude de l'être (78). Il est orné de tous les dons surnaturels qui accompagnent l'union hypostatique: car le Saint-Esprit habite en lui avec une telle plénitude de grâces qu'on ne peut en concevoir de plus grande. Dieu lui a donné autorité sur toute chair (79); et il possède surabondamment tous les trésors de la sagesse et de la science (80). Même la science qu'on appelle de vision a chez lui une telle perfection qu'elle surpasse absolument, tant par l'amplitude que par la clarté, la science de même genre de tous les saints du ciel. Il est enfin lui-même si rempli de grâce et de vérité que nous recevons tous de sa plénitude inépuisable (81).

Ces paroles du disciple que Jésus aimait particulièrement Nous amènent à développer une dernière raison qui démontre, et d'une manière spéciale, que le Christ Notre-Seigneur doit être déclaré Chef de son Corps mystique. Comme les nerfs partent de la tête pour se répandre dans tous les membres de notre corps et leur confèrent la faculté de sentir et de se mouvoir, ainsi notre Sauveur infuse à son Eglise sa vigueur et sa puissance qui font que les fidèles connaissent les réalités divines avec plus de clarté et les désirent avec plus d'ardeur. De lui dérivent dans le Corps de l'Eglise toute lumière par laquelle Dieu illumine les croyants, et toute grâce qui les rend saints comme lui-même est saint.

Le Christ donne la lumière à toute son Eglise: des passages presque innombrables des Saintes Ecritures et des saints Pères le prouvent. Personne n'a jamais vu Dieu; c'est le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui-même qui nous l'a fait connaître (82). Venant de la part de Dieu en qualité de maître (83), pour rendre témoignage à la vérité (84), il fit briller sa lumière sur la primitive Eglise constituée par les Apôtres, au point que le Prince des Apôtres s'écria: Seigneur, à qui irions-nous ? Vous avez les paroles de la vie éternelle (85); du haut du ciel il assista si bien les Evangélistes que ceux-ci écrivirent comme des membres du Christ ce qu'ils avaient appris pour ainsi dire sous la dictée du Chef (86). Et aujourd'hui encore, pour nous qui demeurons dans l'exil de cette terre, il est l'Auteur de la foi, comme il en sera le Consommateur (87) dans la patrie. C'est lui qui infuse dans les fidèles la lumière de la foi; lui qui enrichit divinement des dons surnaturels de science, d'intelligence et de sagesse ses Pasteurs et ses Docteurs, en premier lieu son Vicaire sur la terre, afin qu'ils conservent fidèlement le trésor de la foi, qu'ils le défendent énergiquement, qu'ils l'expliquent et le soutiennent avec piété et diligence ; lui enfin qui, bien qu'invisible, préside aux Conciles de l'Eglise et les guide par sa lumière (88).

Le Christ est l'auteur et l'artisan de la sainteté. Il ne peut y avoir aucun acte salutaire qui ne découle de lui, comme de sa source surnaturelle. Sans moi, dit-il, vous ne pouvez rien faire (89). Si, à cause de nos péchés, nous sommes touchés par le repentir et la pénitence, si nous nous tournons vers Dieu avec une crainte et une espérance filiales, c'est toujours grâce à lui que nous le faisons. La grâce et la gloire proviennent de son inépuisable plénitude. Notre Sauveur gratifie sans cesse principalement les membres les plus éminents de son Corps mystique des dons de conseil, de force, de crainte et de piété, afin que tout le Corps croisse chaque jour de plus en plus en sainteté et en pureté de vie. Et quand les sacrements de l'Eglise sont administrés extérieurement, c'est lui qui en produit les effets dans les âmes (90). C'est encore lui qui, nourrissant de sa propre chair et de son sang les hommes rachetés, apaise en eux les mouvements violents et troubles de l'âme; c'est lui qui augmente la grâce et prépare les âmes et les corps à atteindre la gloire. Ces trésors de la bonté divine, il faut dire qu'il les communique aux membres de son Corps mystique, non pas seulement parce que, hostie eucharistique sur la terre ou hostie glorifiée dans le ciel, il les sollicite de son Père éternel en montrant ses plaies et en répandant ses prières, mais encore parce qu'il choisit, détermine, distribue à chacun sa part de grâces suivant la mesure du don du Christ (91). D'où il résulte que du divin Rédempteur comme de la source première, tout le corps, ajusté et coordonné par toutes les jointures de l'organisme, selon l'énergie proportionnée à chaque partie, opère sa croissance pour son édification dans la charité (92).

Ce que Nous venons d'exposer, Vénérables Frères, en expliquant brièvement comment le Christ
Notre-Seigneur veut faire découler sur son Eglise les dons abondants qui proviennent de sa plénitude
divine, pour la conformer le plus possible à lui-même, Nous est d'une grande utilité pour développer la troisième raison, d'où l'on déduit encore pourquoi le Corps social de l'Eglise a l'honneur de porter le nom du Christ: cette raison est que notre Sauveur soutient divinement la société qu'il a fondée.

Comme Bellarmin le remarque finement et ingénieusement (93), il ne faut pas expliquer cette expression de Corps du Christ seulement par le fait que le Christ doit être appelé la Tête de son Corps mystique, mais aussi par le fait qu'il soutient l'Eglise, qu'il vit dans l'Eglise, si bien que celle-ci est comme une autre personne du Christ. C'est ce que le Docteur des Nations affirme dans son Epître aux Corinthiens lorsqu'il appelle l'Eglise le Christ, sans rien ajouter de plus (94), l'exemple du Maître lui-même qui, du ciel, l'avait interpellé, tandis qu'il persécutait l'Eglise: Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? (95) Bien plus, si nous en croyons Grégoire de Nysse, assez souvent l'Eglise est appelée Christ par l'Apôtre (96); et vous n'ignorez pas, Vénérables Frères, le mot de saint Augustin: " Le Christ prêche le Christ (97). "

Toutefois, il ne faut pas comprendre cette noble appellation comme si le lien ineffable par lequel le Fils de Dieu a pris une nature humaine concrète s'étendait à l'Eglise entière, mais bien en ce sens que notre Sauveur communique à son Eglise des biens qui lui sont tout à fait propres, pour qu'elle reproduise dans tout son mode de vivre, aussi bien visible que caché, avec toute la perfection possible, l'image du Christ. En effet, en vertu de cette mission " juridique ", par laquelle le divin Rédempteur envoya les Apôtres dans le monde comme lui-même avait été envoyé par son Père (98), c'est lui qui, par l'Eglise, baptise, enseigne, gouverne, lie, délie, offre, sacrifie.

Et par cette donation plus haute, intérieure et absolument sublime, dont Nous avons parlé plus haut en décrivant comment la Tête exerce son influence sur ses membres, le Christ Notre-Seigneur fait vivre l'Eglise de sa vie surnaturelle, pénètre tout ce Corps de sa vertu divine, et il alimente, il entretient chaque membre selon la place qu'il occupe dans le Corps, à peu près de la même manière que la vigne nourrit les sarments qui lui sont attachés et les rend féconds (99).


Si nous considérons attentivement ce principe divin de vie et de force donné par le Christ, en tant qu'il constitue la source même de tout don et de toute grâce créée, nous comprenons facilement qu'il n'est pas autre chose que l'Esprit Saint, qui procède du Père et du Fils, et qu'on appelle spécialement l'Esprit du Christ ou l'Esprit du Fils (100). Car c'est de ce souffle de grâce et de vérité que le Fils a orné son âme dans le sein immaculé de la Vierge; c'est cet Esprit qui fait ses délices d'habiter dans l'âme sacrée du Rédempteur comme dans son temple très cher; c'est cet Esprit que le Christ nous a mérité sur la croix par l'effusion de son sang; c'est cet Esprit enfin qu'en soufflant sur les Apôtres il a donné à son Eglise pour la rémission des péchés (101); mais tandis que le Christ a reçu, lui seul, cet Esprit sans aucune mesure (102), il n'est départi aux membres du Corps mystique, en participation de la plénitude du Christ, que suivant la mesure du don du Christ (103). Et maintenant que le Christ a été glorifié sur la Croix, son Esprit est communiqué à l'Eglise avec profusion, pour qu'elle-même et chacun de ses membres soient de plus en plus conformés à notre Sauveur. C'est l'Esprit du Christ qui nous a faits fils adoptifs de Dieu (104), pour qu'un jour, nous tous, le visage découvert, réfléchissant comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous soyons transformés en la même image, de plus en plus resplendissante (105).

C'est à cet Esprit du Christ comme à un principe invisible qu'il faut attribuer que toutes les parties du
Corps soient reliées, aussi bien entre elles qu'avec leur noble Tête, puisqu'il réside tout entier dans la Tête, tout entier dans le Corps, tout entier dans chacun des membres; et selon leurs diverses fonctions et obligations, selon le degré plus ou moins parfait de santé spirituelle dont ils jouissent, il varie sa manière d'être présent et de prêter son assistance. C'est lui qui, en insufflant la vie surnaturelle dans toutes les parties du corps, doit être considéré comme le principe de toute action vitale et vraiment salutaire. C'est lui qui, tout en étant présent en personne dans tous les membres et en y exerçant son action divine, agit pourtant dans les membres inférieurs par le ministère des membres supérieurs; c'est lui enfin qui, donnant chaque jour à son Eglise, sous le souffle de la grâce, de nouveaux accroissements, refuse cependant d'habiter avec sa grâce sanctifiante dans les membres totalement coupés du Corps. Notre docte et immortel prédécesseur, Léon XIII, dans sa Lettre encyclique Divinum illud, exprime cette présence et cette opération de l'Esprit de Jésus-Christ par ces paroles concises et nerveuses: " Qu'il suffise d'affirmer que, si le Christ est la Tête de l'Eglise, le Saint-Esprit en est l'âme. " (106)

Si nous envisageons maintenant cette force vitale par laquelle le Fondateur soutient toute la communauté chrétienne, non plus en elle-même, mais dans les effets créés qui en proviennent, elle consiste dans les bienfaits surnaturels que notre Rédempteur, en union avec son Esprit, communique à l'Eglise, et qu'en union avec lui il opère comme source de lumière céleste et comme auteur de sainteté. L'Eglise, par conséquent, comme tous ses membres saints, peut s'appliquer cette phrase sublime de l'Apôtre: Si je vis, ce n'est plus moi qui vit; c'est le Christ qui vit en moi (107).

Nos paroles sur " le Chef mystique " (108) resteraient incomplètes si Nous ne disions au moins quelques mots de cette pensée du même Apôtre: Le Christ est le Chef de l'Eglise: il est le Sauveur de (celle qui est) son Corps (109). Car cette expression exprime une dernière raison pour laquelle le Corps qu'est l'Eglise reçoit le nom du Christ. Le Christ est en effet le divin Sauveur de ce Corps. C'est à bon droit que les Samaritains l'appellent Sauveur du monde (110); il faut même dire sans aucun doute : Sauveur de tous, en ajoutant avec saint Paul, surtout des fidèles (111). Car avant tous les autres, ce sont ses membres, qui constituent l'Eglise, qu'il s'est acquise par son sang (112). Cependant, comme Nous avons déjà longuement disserté sur l'Eglise née sur la Croix, sur le Christ illuminateur et producteur de sainteté, sur le Christ soutien de son Corps mystique, il n'y a pas lieu de développer davantage ce sujet, mais plutôt de nous adonner à une humble et attentive méditation, tout en rendant à Dieu d'immortelles actions de grâces. Or ce que notre Sauveur a commencé autrefois sur la Croix, il ne cesse de le continuer à jamais et sans interruption dans la béatitude du ciel: " Notre Chef, ditsaint Augustin, intercède pour nous : il reçoit certains membres, il en punit d'autres, il purifie ceux-ci, ilconsole ceux-là, il crée, il appelle, il rappelle, il corrige, il relève. " (113). Et dans cette œuvre de salut il nous est donné de collaborer avec le Christ, " en qui et par qui, seul, nous sommes à la fois sauvés et sauveurs "(114).

Passons maintenant, Vénérables Frères, à un autre développement, où Nous désirons expliquer que le Corps du Christ qui est l'Eglise doit être appelé mystique. Cette appellation, déjà employée par plusieurs écrivains anciens, est confirmée par un grand nombre de documents des Souverains Pontifes. Plus d'une raison du reste nous fait employer ce mot; car, grâce à lui, le Corps social qu'est l'Eglise, dont le Christ est la Tête et le Chef, peut être distingué de son Corps physique qui, né de la Vierge Marie, est assis maintenant à la droite du Père et est caché sous les voiles eucharistiques; il peut être distingué de même, ce qui est de grande importance à cause d'erreurs actuelles, de n'importe quel corps naturel, soit physique, soit moral.

Car, tandis que dans un corps naturel le principe d'unité unit les parties de telle sorte que chacune manque entièrement de ce qu'on appelle subsistance propre, dans le Corps mystique au contraire, la force de leur conjonction mutuelle, bien qu'intime, relie les membres entre eux de manière à laisser chacun jouir absolument de sa propre personnalité. En outre, si nous regardons le rapport mutuel entre le tout et chacun des membres, dans n'importe quel corps physique vivant, chacun des membres, en définitive, est uniquement destiné au bien de tout l'organisme; toute société humaine au contraire, pour peu qu'on fasse attention à la fin dernière de son utilité, est ordonnée en définitive au profit de tous et de chacun des membres, car ils sont des personnes. C'est pourquoi - pour revenir à Notre sujet -, comme le Fils du Père éternel est descendu du ciel pour le salut éternel de nous tous, ainsi il a fondé ce Corps qu'est l'Eglise et il l'a enrichi de l'Esprit divin pour donner aux âmes immortelles le moyen d'atteindre leur bonheur, selon ces mots de l'Apôtre: Tout est à vous ; mais vous, vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu (115). Car si l'Eglise est ordonnée au bien des fidèles, elle est destinée aussi à la gloire de Dieu et de Celui qu'il a envoyé, Jésus-Christ.

Que si nous comparons le Corps mystique avec ce qu'on appelle corps moral, il faut alors remarquer que la différence est grande, et même d'importance et de gravité extrêmes. Dans le corps moral en effet, il n'y a pas d'autre principe d'unité que la fin commune et, au moyen de l'autorité sociale, la commune poursuite de cette même fin; dans le Corps mystique dont Nous parlons, au contraire, à cette commune poursuite s'ajoute un autre principe intérieur qui, existant vraiment dans tout l'organisme aussi bien que dans chacune des parties, et y exerçant son activité, est d'une telle excellence que, par lui-même, il l'emporte sans aucune mesure sur tous les liens d'unité qui font la cohésion d'un corps physique ou social. Ce principe, Nous l'avons dit, n'est pas de l'ordre naturel, mais surnaturel; bien mieux, c'est en lui-même quelque chose d'absolument infini et incréé, à savoir l'Esprit de Dieu qui, selon saint Thomas, " un et unique, remplit toute l'Eglise et en fait l'unité " (116).

En conséquence, la signification exacte de ce mot nous rappelle que l'Eglise, qui doit être regardée comme une société parfaite en son genre, n'est pas seulement composée d'éléments et de principes sociaux et juridiques. Elle surpasse, et de beaucoup, toutes les autres communautés humaines (117); elle leur est supérieure autant que la grâce surpasse la nature, et que les réalités immortelles l'emportent sur toutes les réalités périssables (118). Les communautés de cette sorte, surtout la société civile, ne doivent pas être méprisées, certes, ni traitées comme des choses de peu de valeur; cependant l'Eglise ne se trouve pas tout entière dans des réalités de cet ordre, pas plus que l'homme ne consiste tout entier dans l'organisme de notre corps mortel (119). Ces éléments juridiques, il est vrai, sur lesquels l'Eglise, elle aussi, s'appuie et qui la composent, proviennent de la constitution divine donnée par le Christ et servent à atteindre la fin surnaturelle ; néanmoins ce qui élève la société chrétienne à un degré qui dépasse absolument tout l'ordre de la nature, c'est l'Esprit de notre Rédempteur qui, comme source des grâces, des dons et de tous les charismes, remplit à jamais et intimement l'Eglise et y exerce son activité. L'organisme de notre corps est, assurément, une œuvre merveilleuse du Créateur; mais combien est-il dépassé par la haute dignité de notre âme ! De même la structure sociale de la communauté chrétienne, qui proclame d'ailleurs la sagesse de son divin Architecte, est cependant d'un ordre tout à fait inférieur, dès qu'on la compare aux dons spirituels dont elle est ornée et dont elle vit, et à leur source divine.

De ce que Nous avons traité et expliqué jusqu'ici dans cette Lettre, Vénérables Frères, il apparaît avec évidence que ceux-là se trouvent dans une grave erreur qui se représentent à leur fantaisie une Eglise pour ainsi dire cachée et nullement visible ; de même ceux qui la regardent comme une institution humaine avec un certain corps de doctrine et des rites extérieurs, mais sans communication de vie surnaturelle (120). Tout au contraire: comme le Christ, Chef et Modèle de l'Eglise, " n'est pas tout entier si on ne voit en lui que la nature visible... ou la nature divine invisible, mais il ne fait qu'un par et dans l'une et l'autre natures; de même son Corps mystique " (121); car le Verbe de Dieu a pris une nature humaine sujette aux souffrances pour que, une fois la société visible fondée et consacrée par son sang divin, " l'homme fût rappelé par le gouvernement visible aux réalités invisibles " (122).

C'est pourquoi Nous déplorons et Nous condamnons l'erreur funeste de ceux qui rêvent d'une prétendue Eglise, sorte de société formée et entretenue par la charité, à laquelle - non sans mépris - ils en opposent une autre qu'ils appellent juridique. Mais c'est tout à fait en vain qu'ils introduisent cette distinction: ils ne comprennent pas, en effet, qu'une même raison a poussé le divin Rédempteur à vouloir, d'une part, que le groupement des hommes fondé par lui fût une société parfaite en son genre et munie de tous les éléments juridiques et sociaux, pour perpétuer sur la terre l'œuvre salutaire de la Rédemption (123); et, d'autre part, que cette société fût enrichie par l'Esprit Saint, pour atteindre la même fin, de dons et de bienfaits surnaturels. Le Père éternel a voulu qu'elle fût le royaume de son Fils bien-aimé (124); mais pourtant un royaume où tous les croyants feraient un hommage parfait de leur intelligence et de leur volonté (125), et se conformeraient avec humilité et soumission à Celui qui pour nous s'est fait obéissant jusqu'à la mort (126). Il ne peut donc y avoir aucune opposition, aucun désaccord réels entre la mission dite invisible du Saint Esprit et la fonction juridique, reçue du Christ, des Pasteurs et des Docteurs; car - comme en nous le corps et l'âme - elles se complètent et s'achèvent mutuellement, elles proviennent d'un seul et même Sauveur, qui n'a pas seulement dit en insufflant l'Esprit divin : Recevez le Saint-Esprit (127), mais qui a encore ordonné hautement et clairement: Comme mon Père m'a envoyé, ainsi je vous envoie (128) et Celui qui vous écoute, m'écoute (129).

Que si l'Eglise manifeste des traces évidentes de la condition de notre humaine faiblesse, il ne faut pas
l'attribuer à sa constitution juridique, mais plutôt à ce lamentable penchant au mal des individus, que son divin Fondateur souffre jusque dans les membres les plus élevés de son Corps mystique, dans le but d'éprouver la vertu des ouailles et des pasteurs, et de faire croître, en tous, les mérites de la foi chrétienne. Le Christ, en effet, comme Nous l'avons dit, n'a pas voulu que les pécheurs fussent exclus de la société formée par lui; si donc certains membres de l'Eglise souffrent de maladie spirituelle, ce n'est pas une raison de diminuer notre amour envers l'Eglise, mais plutôt d'augmenter notre piété envers ses membres.

Assurément notre pieuse Mère brille d'un éclat sans tache dans les sacrements où elle engendre ses fils et les nourrit; dans la foi qu'elle garde toujours à l'abri de toute atteinte; dans les lois très saintes qu'elle impose à tous et les conseils évangéliques qu'à tous elle propose ; enfin, dans les grâces célestes et les charismes surnaturels par lesquels elle engendre avec une inlassable fécondité (130) des troupes innombrables de martyrs, de confesseurs et de vierges.

Ce n'est cependant pas à elle qu'il faut reprocher les faiblesses et les blessures de certains de ses
membres, au nom desquels elle-même demande à Dieu tous les jours : Pardonnez-nous nos offenses (131), et au salut spirituel desquels elle se consacre sans relâche, avec toute la force de son amour maternel.

Lors donc que nous nommons " mystique " le Corps du Christ, le sens même de ce mot nous donne une grave leçon. C'est, en somme, l'avertissement qui résonne dans ces paroles de saint Léon: "Reconnais, ô chrétien, ta dignité; et, entré en participation de la nature divine, veille à ne pas retomber par une conduite indigne dans ton ancienne bassesse: souviens-toi de quelle Tête et de quel Corps tu es le membre ! " (132) Nous désirons maintenant, Vénérables Frères, parler très spécialement de notre union avec le Christ dans le Corps de l'Eglise. Si cette union, comme l'a fort bien dit saint Augustin (133), est une chose grande, mystérieuse et divine, c'est précisément pour cela que, trop souvent, elle est mal comprise et mal expliquée. Il est évident, tout d'abord, que cette union est très étroite: car, dans les Saintes Ecritures, non seulement elle est comparée au lien du chaste mariage, à l'unité vitale de la vigne et de ses sarments et à la solidarité organique de notre corps (134); mais elle nous est révélée comme si intime que - selon cette expression de l'Apôtre: Lui, le Christ, il est la Tête du Corps qui est l'Eglise (135) - la doctrine très ancienne et constante des Pères nous enseigne que le divin Rédempteur avec son Corps social constitue une seule personne mystique, ou, comme dit saint Augustin, le Christ total (136).

Bien plus, notre Sauveur lui-même, dans sa prière sacerdotale, n'a pas hésité à comparer cet organisme à cette sublime unité qui fait que le Fils est dans le Père et le Père dans le Fils (137).

Notre union, donc, avec et dans le Christ vient d'abord de ce que la société chrétienne, de par la volonté de son Fondateur, formant un corps social parfait, il y faut une union de tous les membres qui leur permette de conspirer à une même fin. Or, plus noble est la fin à laquelle tend cet accord, plus divine est la source d'où elle procède, plus sublime est aussi l'unité qui en résulte. Et précisément, la fin est ici très haute : c'est la sanctification continuelle des membres de ce Corps, à la gloire de Dieu et de l'Agneau qui a été immolé (138). Et la source est très divine: c'est non seulement le bon plaisir du Père éternel et la volonté expresse de notre Sauveur, mais, dans nos intelligences et nos cœurs, l'inspiration intérieure et l'impulsion du Saint-Esprit. Si l'on ne peut faire le moindre acte salutaire que dans l'Esprit Saint, comment les multitudes innombrables de toute nation et de toute origine peuvent-elles conspirer d'un même accord pour la gloire suprême du Dieu un et trine, sinon par la force de Celui qui procède du Père et du Fils par un amour unique et éternel ?

Mais parce que, comme Nous l'avons déjà dit, par la volonté de son Fondateur, ce Corps de nature
sociale qu'est le Corps du Christ doit être un corps visible, il faut que cet accord de tous les membres se manifeste aussi extérieurement, par la profession d'une même foi, mais aussi par la communion des mêmes mystères, par la participation au même sacrifice, enfin par la mise en pratique et l'observance des mêmes lois. Il est, en outre, absolument nécessaire qu'il y ait, manifeste aux yeux de tous, un Chef suprême, par qui la collaboration de tous en faveur de tous soit dirigée efficacement pour atteindre le but proposé: Nous avons nommé le Vicaire de Jésus-Christ sur la terre. En effet, de même que le divin Rédempteur a envoyé l'Esprit de vérité, le Paraclet, pour assumer à sa propre place (139) l'invisible gouvernement de l'Eglise, ainsi, à Pierre et à ses successeurs, il a confié le mandat de tenir son propre rôle sur terre pour assurer aussi le gouvernement visible de la cité chrétienne.

Mais à ces liens juridiques qui suffiraient déjà par eux-mêmes à surpasser de loin les liens de toute société humaine, fût-elle suprême, il faut nécessairement que s'ajoute une unité d'autre nature en raison de ces trois vertus par lesquelles nous sommes étroitement liés entre nous et avec Dieu: la foi, l'espérance et la charité.

En effet, comme nous en avertit l'Apôtre, il n'y a qu'un seul Seigneur, une seule foi (140), la foi par laquelle nous adhérons à un seul Dieu et à Celui qu'il a envoyé, Jésus-Christ (141). Et avec quelle intimité cette foi nous lie à Dieu, c'est ce que nous enseignent les paroles du disciple bien-aimé : Quiconque a confessé que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu habite en lui et lui en Dieu (142). Nous ne sommes pas moins fortement attachés entre nous et avec notre divin Chef par notre foi chrétienne : car, nous tous, les croyants, possédant le même esprit de foi (143), nous sommes éclairés de la même lumière du Christ, nous sommes nourris de la même nourriture du Christ, nous sommes gouvernés par la même autorité et le même magistère du Christ. Que si c'est le même esprit de foi qui passe en nous comme une sève, tous aussi, dès lors, c'est la même vie que nous vivons dans la foi du Fils de Dieu qui nous a aimés et qui s'est livré lui-même pour nous (144); et le Christ notre Chef, reçu en nous-mêmes par une foi vive et habitant dans nos cœurs (145), sera le consommateur de cette foi comme il en est l'auteur (146).

De même que, par la foi, nous nous attachons ici-bas à Dieu comme à la source de la vérité, ainsi, par la vertu de l'espérance chrétienne, nous tendons vers lui comme vers la source de béatitude, dans l'attente et le bienheureux espoir de la venue glorieuse de notre grand Dieu (147).

C'est à cause de ce commun désir du royaume céleste, pour lequel nous avons renoncé à posséder ici une cité définitive, afin d'en chercher une à venir (148) et soupirer vers la gloire céleste, que l'Apôtre des Nations n'a pas hésité à dire: Il n'y a qu'un seul Corps et un seul Esprit, comme aussi vous appelés, par votre vocation, à une seule espérance (149); bien plus, c'est le Christ lui-même, comme une espérance de gloire, qui réside en nous (150).

Si les liens de la foi et de l'espérance qui nous attachent à notre divin Rédempteur dans son Corps
mystique sont d'un grand poids et d'une souveraine importance, non moins grandes sont l'importance et la force des liens de la charité. Car si déjà, dans la nature, c'est une chose excellente que l'amour, source de la véritable amitié, que dire de cet amour céleste répandu par Dieu même dans nos âmes ? Dieu est charité, et celui qui demeure dans la charité demeure en Dieu et Dieu en lui (151). Or, cette charité, comme par une loi établie par Dieu, a pour effet de le faire descendre par un retour d'amour en nous qui l'aimons, suivant ces paroles: Si quelqu'un m'aime... mon Père aussi l'aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons en lui notre demeure (152). La charité nous unit donc au Christ plus étroitement qu'aucune autre vertu; et c'est dans l'ardeur de cette flamme céleste que tant de fils de l'Eglise se sont réjouis de subir pour lui les opprobres, de tout affronter, de tout vaincre, jusqu'au dernier souffle de leur vie et à l'effusion de leur sang. C'est pourquoi notre Sauveur nous presse véhémentement par ces paroles: Demeurez dans mon amour. Mais comme la charité est sans force et sans vie si elle ne se manifeste et ne se réalise en bonnes œuvres, il ajoute immédiatement: Si vous gardez mes commandements, vous resterez dans mon amour; comme moi aussi j'ai gardé les commandements de mon Père et je reste en son amour (153).

A cet amour envers Dieu, envers le Christ, doit répondre pourtant la charité envers le prochain. Car
comment pouvons-nous affirmer que nous aimons le divin Sauveur si nous haïssons ceux qu'il a fait
membres de son Corps mystique en les rachetant lui-même de son sang précieux ? D'où cet avertissement que nous donne l'Apôtre que le Christ a aimé plus que les autres: Si quelqu'un prétend aimer Dieu et hait son frère, il est un menteur. Car celui qui n'aime pas son frère qu'il voit, comment peut-il aimer Dieu qu'il ne voit pas ? Et nous avons de Dieu ce commandement: que celui qui aime Dieu, aime aussi son frère (154). Bien plus, il faut encore l'affirmer, nous serons d'autant plus unis avec Dieu, avec le Christ, que nous serons davantage les membres les uns des autres (155), pleins de sollicitude les uns pour les autres (156); comme, d'autre part, nous serons d'autant plus unis entre nous et liés par la charité que plus fervent sera l'amour qui nous unira à Dieu et à notre divin Chef.
C'est dès avant l'origine du monde que le Fils unique de Dieu nous a embrassés de sa connaissance
éternelle et infinie et de son amour sans fin. Et c'est afin de manifester cet amour d'une manière visible et vraiment admirable qu'il s'est uni notre nature dans l'unité de sa personne ; faisant ainsi - comme le
remarquait avec une certaine candeur Maxime de Turin - que, " dans le Christ, c'est notre chair qui nous aime " (157).

Une telle connaissance toute aimante dont le divin Sauveur nous a poursuivis dès le premier instant de son Incarnation dépasse l'effort le plus ardent de tout esprit humain: par la vision bienheureuse dont il jouissait déjà, à peine conçu dans le sein de sa divine Mère, il se rend constamment et perpétuellement présents tous les membres de son Corps mystique, et il les embrasse de son amour rédempteur. Ô admirable condescendance envers nous de la divine tendresse ! Et dessein inconcevable de l'immense charité ! Dans la crèche, sur la Croix, dans la gloire éternelle du Père, le Christ connaît et se tient unis tous les membres de son Eglise, d'une façon infiniment plus claire et plus aimante qu'une mère ne fait de son enfant pressé sur son sein, et que chacun ne se connaît et ne s'aime soi-même.

De tout ce que Nous venons de dire, Vénérables Frères, il est facile de comprendre pourquoi saint Paul écrit si souvent que le Christ est en nous et que nous sommes dans le Christ. On peut encore le prouver par une raison plus subtile: le Christ est en nous, comme Nous l'avons exposé plus haut avec détail, par son Esprit même, qu'il nous communique et par lequel il agit en nous de telle sorte que tout ce que le Saint-Esprit opère en nous de divin, il faut dire que c'est le Christ aussi qui l'y opère (158). Si quelqu'un n'a pas l'Esprit du Christ, dit l'Apôtre, celui-là n'est pas du Christ ; mais si le Christ est en vous... votre esprit est vie à cause de la justice (159).

C'est par cette même communication de l'Esprit du Christ qu'il se fait que l'Eglise est comme la plénitude et le complément du Rédempteur; car tous les dons, toutes les vertus, tous les charismes qui se trouvent éminemment, abondamment et efficacement dans le Chef dérivent dans tous les membres de l'Eglise et s'y perfectionnent de jour en jour selon la place de chacun dans le Corps mystique de Jésus-Christ: ainsi peut-on dire d'une certaine façon que le Christ se complète à tous égards dans l'Eglise (160). Et par ces mots nous touchons la raison même pour laquelle, selon la pensée déjà brièvement indiquée de saint Augustin, le Chef mystique qu'est le Christ, et l'Eglise, qui sur terre est comme un autre Christ et en tient la place, constituent un homme nouveau unique dans lequel le ciel et la terre s'allient pour perpétuer l'œuvre de salut de la Croix: à savoir le Christ, Tête et Corps; le Christ total.

Assurément Nous n'ignorons pas que, dans l'intelligence et l'exposition de cette doctrine mystérieuse de notre union avec le divin Rédempteur et spécialement de l'habitation du Saint-Esprit dans les âmes, s'interposent bien des voiles qui enveloppent comme d'une nuée cette doctrine mystérieuse à cause de la faiblesse de l'intelligence qui l'étudie. Mais nous savons aussi que de l'étude sincère et constante de cette vérité, ainsi que du heurt des diverses opinions et du concours des diverses théories - pourvu que l'amour de la vérité et le respect dû à l'Eglise dirigent ces investigations - peuvent jaillir de précieuses lumières, qui constituent, en ce genre de disciplines sacrées comme ailleurs, un réel progrès. Nous ne désapprouvons donc pas ceux qui ouvrent diverses routes, tentent divers systèmes pour saisir et tâcher d'éclairer ce si profond mystère de notre union merveilleuse avec le Christ. Cependant, voici un principe qui s'impose à tous et doit rester inébranlable, s'ils ne veulent pas s'égarer loin de la doctrine authentique et de l'enseignement exact de l'Eglise: c'est qu'il faut rejeter tout mode d'union mystique par lequel les fidèles, de quelque façon que ce soit, dépasseraient l'ordre du créé et s'arrogeraient le divin au point que même un seul des attributs du Dieu éternel puisse leur être attribué en propre. Qu'ils maintiennent en outre fermement cet autre principe certain, qu'en cette matière, tout doit être tenu commun aux personnes de la Sainte Trinité de ce qui a rapport à Dieu envisagé comme cause efficiente suprême.

Il importe aussi de remarquer qu'il s'agit ici d'un mystère caché qui, dans l'exil de cette terre, recouvert qu'il est d'un certain voile, ne pourra jamais être totalement pénétré et exprimé en langage humain. Les Personnes divines sont dites habiter en nous, en tant que présentes d'une façon impénétrable dans les créatures vivantes douées d'intelligence, elles s'en laissent atteindre par voie de connaissance et d'amour (161), mais d'une manière qui dépasse toute la nature et qui est absolument intime et unique. Si nous voulons pourtant tenter d'en avoir au moins quelque idée, nous ne devons pas négliger cette méthode que dans de pareils sujets recommande le Concile du Vatican (162): pour s'efforcer de trouver la lumière qui permettra de discerner au moins un peu les secrets de Dieu, comparer les mystères entre eux et avec la fin dernière à quoi ils sont ordonnés.

Notre très sage Prédécesseur, Léon XIII, d'heureuse mémoire, a donc raison, en parlant sur le même
sujet de notre union au Christ et de l'habitation en nous du Saint-Esprit, de tourner nos regards vers cette vision béatifique où, dans le ciel, cette même union mystique trouvera sa consommation et son
achèvement. " Cette union admirable qu'on appelle " inhabitation ", dit-il, ne diffère que par la condition ou l'état de celle où Dieu embrasse ses élus en les béatifiant. " (163) C'est dans cette vision que, d'une façon inexprimable, il nous sera donné de contempler le Père, le Fils et l'Esprit divin des yeux de notre esprit renforcés d'une lumière divine, d'assister nous-mêmes de très près pendant toute l'éternité aux processions des Personnes divines, et d'être comblés d'une joie très semblable à celle qui fait le bonheur de la très sainte et indivisible Trinité.

Ce que Nous avons exposé jusqu'ici de cette très étroite union du Corps mystique du Christ avec son Chef Nous semblerait incomplet si Nous n'ajoutions au moins quelques mots sur la sainte Eucharistie, par laquelle une telle union trouve comme son sommet en cette vie mortelle. Car, par la volonté du Christ Notre-Seigneur, ce lien admirable, qu'on n'exaltera jamais assez, qui nous unit entre nous et avec notre divin Chef, est manifesté d'une manière spéciale aux fidèles par le Sacrifice eucharistique. Là, en effet, les ministres sacrés ne tiennent pas seulement la place de notre Sauveur, mais de tout le Corps mystique et de chacun des fidèles; là encore, les fidèles eux-mêmes, unis au prêtre par des vœux et des prières unanimes, offrent au Père Eternel l'Agneau immaculé, rendu présent sur l'autel uniquement par la voix du prêtre; ils le lui offrent par les mains du même prêtre, comme une victime très agréable de louange et de propitiation, pour les nécessités de toute l'Eglise. Et de même que le divin Rédempteur mourant sur la Croix s'est offert, comme Chef de tout le genre humain, au Père Eternel, ainsi, en cette offrande pure (164), non seulement il s'offre comme Chef de l'Eglise, au Père céleste, mais en lui-même il offre aussi ses membres mystiques, puisqu'il les renferme tous, même les plus faibles et les plus infirmes, dans son Cœur très aimant.

Le sacrement de l'Eucharistie, tout en constituant une vive et admirable image de l'unité de l'Eglise -
puisque ce pain destiné à la consécration est formé par l'union de beaucoup de grains (165) -, nous
communique l'auteur même de la grâce céleste, pour que nous puisions en lui cet Esprit de charité par
lequel nous vivons, non plus notre vie, mais la vie du Christ, et par lequel aussi, dans tous les membres de son Corps social, nous aimons notre Rédempteur lui-même.

Si donc, dans les circonstances si tristes qui nous angoissent à l'heure présente, beaucoup d'hommes
s'attachent au Christ Notre-Seigneur caché sous les voiles eucharistiques, au point que ni la tribulation, ni l'angoisse, ni la faim, ni la nudité, ni les périls, ni la persécution, ni le glaive ne puissent les séparer de son amour (166), alors, sans aucun doute, la sainte Communion, providentiellement ramenée de nos jours à un usage plus fréquent, même dès l'enfance, pourra devenir la source de cette force qui va souvent jusqu'à exciter et entretenir l'héroïsme chez les chrétiens.

Ce sont ces vérités, Vénérables Frères, qui, pieusement et correctement comprises des fidèles, et par eux diligemment gardées, les aideront aussi à éviter plus facilement les erreurs qui naissent de l'étude de cette doctrine difficile, menée par certains selon leurs propres idées, non sans grand danger pour la foi catholique et perturbation pour les esprits.

On en trouve, en effet qui, ne remarquant pas assez que saint Paul n'emploie ici les mots qu'au sens figuré, et ne distinguant pas, comme il le faut absolument, les sens particuliers et propres de corps physique, moral, mystique, introduisent une fausse notion d'unité, quand ils font s'unir et se fondre en une personne physique le divin Rédempteur et les membres de l'Eglise; et tandis qu'ils accordent aux hommes des attributs divins, ils soumettent le Christ Notre-Seigneur aux erreurs et à l'inclination au mal de l'humaine nature. Ce n'est pas seulement la foi et la doctrine des Pères qui répudient absolument cette doctrine erronée, mais aussi la pensée et l'enseignement de l'Apôtre des Gentils qui, tout en unissant d'un lien merveilleux le Christ et son Corps mystique, les oppose pourtant l'un à l'autre comme l'Epoux et l'Epouse (167).

Non moins éloignée de la vérité l'erreur dangereuse qui, de l'union mystérieuse du Christ avec nous tous, tente de dégager un quiétisme malsain, attribuant toute la vie spirituelle des chrétiens et leur progrès dans la vertu uniquement à l'action du divin Esprit, en excluant et négligeant la coopération qui doit lui être fournie de notre part. Personne assurément ne peut nier que l'Esprit de Jésus-Christ soit la source unique d'où toute force divine s'écoule dans l'Eglise et dans ses membres. C'est le Seigneur, dit le Psalmiste, qui donnera la grâce et la gloire (168).

Cependant, que les hommes persévèrent constamment dans les bonnes œuvres, qu'ils progressent
allégrement en grâce et en vertu, qu'enfin, non seulement ils marchent courageusement vers le sommet de la perfection chrétienne, mais excitent aussi les autres à y tendre autant qu'ils peuvent, tout cela l'Esprit divin ne veut pas l'opérer sans que les hommes y jouent leur rôle par leur effort quotidien. " Les bienfaits divins, dit saint Ambroise, ne sont pas pour ceux qui dorment, mais pour ceux qui agissent. " (169) Car si, dans notre corps mortel, nos membres se fortifient et deviennent vigoureux par un exercice incessant, c'est beaucoup plus vrai dans le Corps social de Jésus-Christ, où chaque membre jouit de sa liberté propre, de sa responsabilité et de son activité.

Aussi celui qui a dit : Si je vis, ce n'est plus moi qui vis; c'est le Christ qui vit en moi (170), ne craignait pas en même temps d'affirmer: La grâce de Dieu en moi n'a pas été vaine, mais j'ai travaillé plus qu'eux tous: non pas moi, mais la grâce de Dieu avec moi (171). Il est donc manifeste que, par ces doctrines fallacieuses, le mystère dont Nous traitons ne tourne pas au progrès spirituel des fidèles, mais, hélas ! à leur ruine.

C'est ce qui résulte aussi de la doctrine erronée d'après laquelle il ne faut pas faire tant de cas de la
confession fréquente des fautes vénielles, puisqu'elle le cède en valeur à cette confession générale que
l'Epouse du Christ, avec ceux de ses enfants qui lui sont unis dans le Seigneur, fait tous les jours par ses prêtres avant de monter à l'autel. Il est vrai qu'il est plusieurs façons, toutes très louables, comme vous le savez, Vénérables Frères, d'effacer ces fautes; mais pour avancer avec une ardeur croissante dans le chemin de la vertu, Nous tenons à recommander vivement ce pieux usage introduit par l'Eglise sous l'impulsion du Saint-Esprit, de la confession fréquente, qui augmente la vraie connaissance de soi, favorise l'humilité chrétienne, tend à déraciner les mauvaises habitudes, combat la négligence spirituelle et la tiédeur, purifie la conscience, fortifie la volonté, se prête à la direction spirituelle, et, par l'effet propre du sacrement, augmente la grâce. Que ceux donc qui diminuent l'estime de la confession fréquente parmi le jeune clergé sachent qu'ils font là une œuvre contraire à l'Esprit du Christ et très funeste au Corps mystique de notre Sauveur.

Il y en a aussi qui dénient à nos prières toute valeur d'impétration proprement dite, ou qui tentent de
répandre l'opinion que les prières privées ont peu de valeur, celles qui ont une vraie valeur étant plutôt les prières publiques présentées au nom de l'Eglise, puisqu'elles partent du Corps mystique même de Jésus-Christ. C'est là aussi une erreur; car le Sauveur ne s'unit pas seulement son Eglise comme une Epouse très chère, mais encore, en elle, les âmes de chacun des fidèles, avec lesquelles il est très désireux de s'entretenir intimement, surtout après la sainte Communion. Et quoique la prière publique, comme procédant de notre Mère l'Eglise, à cause de sa qualité d'Epouse du Christ, l'emporte sur toute autre, cependant toutes les prières, même les plus privées, ne manquent ni de valeur ni d'efficacité, et contribuent même beaucoup à l'utilité du Corps mystique dans lequel rien de bien, rien de juste n'est opéré par chacun des membres qui, par la communion des saints, ne rejaillisse aussi sur le salut de tous. Et, pour être membres de ce Corps, les chrétiens individuels ne perdent pas le droit de demander pour eux-mêmes des grâces particulières, même d'ordre temporel, tout en restant dépendants de la volonté de Dieu: ils demeurent, en effet, des personnes indépendantes, soumises chacune à des nécessités spéciales (172). Quant à l'estime que tous doivent avoir de la méditation des vérités célestes, ce ne sont pas seulement les documents de l'Eglise qui l'indiquent et la recommandent, mais aussi l'usage et l'exemple de tous les saints.

Enfin, certains prétendent que nos prières ne doivent pas être adressées à la personne même de
Jésus-Christ, mais plutôt à Dieu ou au Père Eternel par le Christ, puisque notre Sauveur, comme Chef de son Corps mystique, doit être considéré seulement comme médiateur de Dieu et des hommes (173). Cette manière de voir est cependant opposée non seulement à l'esprit de l'Eglise et à la coutume des chrétiens, mais même à la vérité. Le Christ, en effet, pour parler avec exactitude et précision, est la Tête de toute son Eglise à la fois selon sa nature divine et sa nature humaine (174); et d'ailleurs c'est lui-même qui a déclaré solennellement: Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai (175).

Et bien que, surtout dans le Sacrifice eucharistique - où le Christ étant à la fois prêtre et hostie, remplit spécialement le rôle de conciliateur -, les prières s'adressent la plupart du temps au Père Eternel par son Fils, cependant il n'est pas rare, même dans le saint Sacrifice, qu'elles soient adressées au divin Sauveur. Tous les chrétiens, en effet, doivent savoir clairement que l'homme qui est le Christ Jésus est en même temps le Fils de Dieu et Dieu même. Et par conséquent, lorsque l'Eglise militante adore et prie l'Agneau immaculé et la sainte Hostie, elle semble ne faire que répondre à la voix de l'Eglise triomphante qui chante sans cesse: A Celui qui siège sur le trône et à l'Agneau: bénédiction et honneur et gloire et puissance dans les siècles des siècles (176).

Après avoir, Vénérables Frères, dans l'explication de ce mystère qui embrasse notre union mystérieuse avec le Christ, éclairé les esprits de la lumière de la vérité, comme Docteur de l'Eglise universelle, Nous croyons conforme à Notre charge pastorale de stimuler aussi les âmes à aimer ce Corps mystique d'une charité si ardente qu'elle se traduise non seulement en pensées et en paroles, mais aussi en œuvres. Si, en effet, les fidèles de l'ancienne Loi ont pu chanter ceci de leur cité terrestre : Si jamais je t'oublie, Jérusalem, que ma main droite soit livrée à l'oubli; que ma langue se dessèche dans ma gorge si je ne me souviens plus de toi, si je ne fais pas de Jérusalem la première de mes joies (177), avec combien plus de fierté et d'allégresse ne devons-nous pas exulter d'habiter une cité bâtie de pierres vivantes et élues, sur la montagne sainte, avec le Christ Jésus comme pierre d'angle suprême ! (178)

On ne peut rien concevoir, en effet, de plus glorieux, de plus noble, de plus honorable que d'appartenir à l'Eglise sainte, catholique, apostolique et romaine, par laquelle nous devenons les membres d'un Corps si saint, nous sommes dirigés par un Chef si sublime, nous sommes pénétrés par un seul Esprit divin; enfin nous sommes nourris en ce terrestre exil d'une seule doctrine et d'un seul Pain céleste jusqu'à ce que finalement nous allions prendre part à une seule et éternelle béatitude dans les cieux.

Mais afin de n'être pas trompés par l'ange de ténèbres transfiguré en ange de lumière (179), que ceci soit la suprême loi de notre amour: aimer l'Epouse du Christ telle que le Christ l'a voulue et l'a acquise de son sang.

Il faut donc que nous soient très chers, non seulement les sacrements dont nous sommes nourris par cette pieuse Mère, non seulement les solennités où elle nous console et nous réjouit, les chants sacrés et les rites liturgiques par lesquels elle élève nos âmes vers les choses du ciel, mais encore les sacramentaux et tous ces différents exercices de piété par lesquels elle pénètre suavement de l'esprit du Christ et console l'âme des fidèles. Nous avons le devoir non seulement de répondre, en bons fils, à son affection maternelle, mais aussi de révérer en elle l'autorité reçue du Christ qui assujettit nos intelligences à l'obéissance du Christ (180); nous devons enfin obéir à ses lois et à ses préceptes moraux parfois assez pénibles à notre nature déchue de l'innocence première ; de même, dompter notre corps rebelle par une pénitence volontaire; bien plus, il nous est recommandé de nous interdire parfois des plaisirs qui n'ont par ailleurs rien de coupable. Et il ne suffit pas d'aimer ce Corps mystique en raison du Chef divin et des célestes privilèges qui en font la gloire; il faut l'aimer également d'une ardeur efficace, tel qu'il se manifeste dans notre chair mortelle, constitué comme il l'est d'éléments humains et débiles, même si parfois ceux-ci sont indignes de la place qu'ils occupent dans ce Corps vénérable.

Or, pour que cet amour entier et total réside en nos âmes et croisse de jour en jour, nous devons nous accoutumer à voir dans l'Eglise le Christ en personne. C'est le Christ, en effet, qui vit dans son Eglise, c'est lui qui, par elle, enseigne, gouverne et communique la sainteté; c'est le Christ aussi qui se manifeste de façon diverse dans les divers membres de sa société. Dès lors donc que les chrétiens s'efforcent de vivre réellement de ce vivant esprit de foi, non seulement ils accorderont l'honneur et la soumission qui leur sont dus aux membres les plus élevés de ce Corps mystique, à ceux-là notamment qui, par ordre du Chef divin, auront un jour à rendre compte de nos âmes (181), mais ils affectionneront aussi ceux pour lesquels notre Sauveur a éprouvé un amour très particulier : Nous voulons dire les infirmes, les blessés, les malades, qui réclament des soins matériels ou spirituels ; les enfants dont l'innocence se trouve aujourd'hui si facilement en péril et dont l'âme délicate se modèle comme la cire ; les pauvres, enfin, en qui l'on doit, tandis qu'on les secourt, reconnaître avec une souveraine pitié la personne même de Jésus-Christ.

En effet, l'Apôtre a bien raison de nous en avertir : Bien plutôt, les membres du Corps qui paraîtront
les plus faibles sont plus nécessaires; et ceux que nous tenons pour les moins honorables du Corps
sont ceux que nous entourons de plus d'honneur (182). Affirmation très grave que, présentement, conscient de l'obligation impérieuse qui Nous incombe, Nous estimons devoir répéter, tandis qu'avec une profonde affliction Nous voyons les êtres difformes, déments ou affectés de maladies héréditaires, comme un fardeau importun pour la société, privés parfois de la vie; et cette conduite est exaltée par certains comme s'il s'agissait d'une nouvelle invention du progrès humain, tout à fait conforme à l'utilité générale. Or, quel homme de cœur ne comprend pas qu'elle s'oppose violemment non seulement à la loi naturelle et divine (183) inscrite au cœur de tous, mais aussi au sentiment de tout homme civilisé ? Le sang de ces êtres, plus chers à notre Rédempteur précisément parce qu'ils sont dignes de plus de commisération, crie de la terre vers Dieu (184).

Mais pour que ne s'affaiblisse point peu à peu cet amour sincère par lequel nous devons discerner notre Sauveur dans l'Eglise et ses membres, il est très opportun de considérer Jésus lui-même comme modèle suprême d'amour envers l'Eglise.

Et d'abord imitons l'immensité de cet amour. Unique est assurément l'Epouse du Christ, l'Eglise;
cependant l'amour du divin Epoux s'étend si largement que, sans exclure personne, il embrasse dans son Epouse le genre humain tout entier. Si notre Sauveur a répandu son sang, c'est afin de réconcilier avec Dieu sur la Croix tous les hommes, fussent-ils séparés par la nation et le sang, et de les faire s'unir en un seul Corps. Le véritable amour de l'Eglise exige donc non seulement que nous soyons dans le Corps lui-même membres les uns des autres, pleins de mutuelle sollicitude (185), membres qui doivent se réjouir quand un autre membre est à l'honneur et souffrir avec lui quand il souffre (186); mais il exige aussi que, dans les autres hommes non encore unis avec nous dans le Corps de l'Eglise, nous sachions reconnaître des frères du Christ selon la chair, appelés avec nous au même salut éternel. Sans doute il ne manque pas de gens, hélas ! aujourd'hui surtout, qui vantent orgueilleusement la lutte, la haine et la jalousie comme moyens de soulever, d'exalter la dignité et la force de l'homme. Mais nous, qui discernons avec douleur les fruits lamentables de cette doctrine, suivons notre Roi pacifique, qui nous a enseigné non seulement à aimer ceux qui n'appartiennent pas à la même nation ou à la même origine (187), mais à chérir nos ennemis eux-mêmes (188). L'âme pénétrée de la suave doctrine de l'Apôtre des Nations, célébrons avec lui la longueur, la largeur, la hauteur et la profondeur de l'amour du Christ (189); amour que la diversité de peuples ou de mœurs ne peut briser, que l'immense étendue de l'océan ne peut diminuer, que les guerres enfin, entreprises pour une cause juste ou injuste, ne peuvent désagréger.

En cette heure si grave, Vénérables Frères, où tant de douleurs déchirent les corps et tant de tristesses les âmes, il nous faut tous nous hausser à cet amour surnaturel, afin que, les forces de tous les gens de bien une fois associées - et Nous songeons spécialement à ceux qui travaillent dans les sociétés de secours de tout genre -, l'on subvienne à de si grandes nécessités spirituelles et matérielles dans une admirable émulation d'affection et de miséricorde; c'est ainsi que la libéralité généreuse et l'inépuisable fécondité du Corps mystique de Jésus-Christ resplendiront dans le monde entier.

Mais puisqu'à l'ampleur de l'amour dont le Christ a chéri l'Eglise répond la constance active de ce même amour, aimons, nous aussi, de la même volonté persévérante et empressée, le Corps mystique du Christ. Or, il n'est aucun moment dans la vie de notre Rédempteur où il n'ait travaillé jusqu'à s'épuiser de fatigue, encore qu'il fût le Fils de Dieu, pour fonder son Eglise et l'affermir: depuis son Incarnation, alors qu'il jetait les premières bases de l'Eglise, jusqu'au terme de sa course mortelle, par les exemples les plus resplendissants de sa sainteté, par sa prédication, ses conversations, ses appels, ses institutions. Nous désirons donc que tous ceux qui reconnaissent l'Eglise pour mère considèrent attentivement que, non seulement les ministres des autels et ceux-là qui se sont consacrés au service de Dieu dans la vie religieuse, mais tous les autres membres du Corps mystique de Jésus-Christ, chacun pour sa part, ont le devoir de travailler avec énergie et diligence à l'édification et à l'accroissement de ce Corps. Nous souhaitons voir y prêter une attention particulière - ce que d'ailleurs ils font de manière louable - ceux qui, militant dans les rangs de l'Action catholique, collaborent avec les évêques et les prêtres dans l'apostolat; et ceux-là aussi qui, dans de pieuses associations, apportent leur aide à la même fin. Qui ne voit, en effet, que l'industrieuse activité de tous ces chrétiens dans les circonstances présentes est du plus haut intérêt et de la plus grande importance ?

Nous ne saurions non plus passer ici sous silence les pères et mères de famille à qui notre Sauveur a
confié les membres les plus tendres de son Corps mystique ; Nous les pressons instamment pour l'amour du Christ et de l'Eglise de veiller avec le soin le plus diligent sur les enfants qui leur sont remis en dépôt, et de les mettre en garde contre les embûches de tout genre dans lesquelles il est aujourd'hui si facile de tomber.

Notre Rédempteur a manifesté l'amour brûlant qu'il portait à son Eglise spécialement par les pieuses
supplications qu'il adressa pour elle à son Père céleste. Tout le monde sait, Vénérables Frères - et Nous Nous contentons de le rappeler -, que, peu avant de subir le supplice de la Croix, il adressa les prières les plus ardentes pour Pierre (190), pour les autres apôtres (191), pour tous ceux enfin qui devaient croire en lui grâce à la prédication de la parole de Dieu (192). Nous aussi, à l'exemple du Christ, supplions chaque jour le Seigneur de la moisson d'envoyer des ouvriers dans son champ (193); chaque jour notre commune supplication doit s'élever vers le ciel et recommander tous les membres du Corps mystique: d'abord les évêques auxquels est confié le soin particulier de chaque diocèse; ensuite les prêtres, les religieux et religieuses qui, appelés au service de Dieu, dans leur propre pays ou dans les terres païennes, défendent, accroissent, dilatent le royaume du divin Rédempteur. Que cette commune supplication n'oublie aucun membre de ce Corps vénérable; qu'elle se souvienne spécialement de ceux qu'accablent les douleurs et les angoisses de ce séjour terrestre ou que purifie, après leur mort, le feu expiatoire. Qu'elle n'omette point non plus ceux qui s'initient à la doctrine chrétienne, afin qu'au plus tôt ils puissent être sanctifiés par l'eau du Baptême.

Et Nous désirons instamment que ces prières communes visent aussi dans un ardent amour ceux qui ne seraient pas encore éclairés de la vérité de l'Evangile ni entrés dans le bercail de l'Eglise; ou qui, par une malheureuse déchirure de l'unité et de la foi, se trouvent séparés de Nous qui, malgré Notre indignité, représentons ici-bas la personne de Jésus-Christ. Aussi, répétons-Nous la divine prière de notre Sauveur à son Père céleste: Qu'ils soient un, comme toi, mon Père, tu es en moi et moi en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous; pour que le monde croie que tu m'as envoyé (194).

Pour ceux-là mêmes qui n'appartiennent pas à l'organisme visible de l'Eglise, vous savez bien, Vénérables Frères, que, dès le début de Notre Pontificat, Nous les avons confiés à la protection et à la conduite du Seigneur, affirmant solennellement qu'à l'exemple du Bon Pasteur Nous n'avions qu'un seul désir: Qu'ils aient la vie et qu'ils l'aient en abondance (195). Cette assurance solennelle, Nous désirons la renouveler, après avoir imploré les prières de toute l'Eglise dans cette Lettre encyclique, où Nous avons célébré la louange du " grand et glorieux Corps du Christ " (196), les invitant tous et chacun de toute Notre affection à céder librement et de bon cœur aux impulsions inTimes New Roman de la grâce divine et à s'efforcer de sortir d'un état où nul ne peut être sûr de son salut éternel (197); car, même si, par un certain désir et souhait inconscient, ils se trouvent ordonnés au Corps mystique du Rédempteur, ils sont privés de tant et de si grands secours et faveurs célestes, dont on ne peut jouir que dans l'Eglise catholique. Qu'ils entrent donc dans l'unité catholique, et que, réunis avec Nous dans le seul organisme du Corps de Jésus-Christ, ils accourent tous vers le Chef unique en une très glorieuse société d'amour (198). Sans jamais interrompre nos prières à l'Esprit d'amour et de vérité, Nous les attendons les bras grands ouverts, comme des hommes qui se présentent à la porte, non d'une maison étrangère, mais de leur propre maison paternelle.

Mais si Nous désirons que monte vers Dieu la commune supplication de tout le Corps mystique, afin que toutes les brebis errantes rejoignent au plus tôt l'unique bercail de Jésus-Christ, Nous déclarons pourtant qu'il est absolument nécessaire que cela se fasse librement et de plein gré, puisque personne ne croit sans le vouloir (199).

C'est pourquoi s'il en est qui, sans croire, sont en réalité contraints à entrer dans l'édifice de l'Eglise, à
s'approcher de l'autel et à recevoir les sacrements, ceux-là, sans aucun doute, ne deviennent pas de vrais chrétiens (200); car la foi sans laquelle on ne peut plaire à Dieu (201) doit être un libre " hommage de l'intelligence et de la volonté " (202). Si donc il arrive parfois que, contrairement à la doctrine constante du Siège apostolique (203), quelqu'un soit amené malgré lui à embrasser la foi catholique, Nous ne pouvons Nous empêcher, conscient de Notre devoir, de réprouver un tel procédé. Car, étant donné que les hommes jouissent d'une volonté libre et peuvent, sous l'impulsion des passions et des convoitises mauvaises, abuser de leur liberté, il est nécessaire que le Père des lumières, par l'Esprit de son Fils bien-aimé, les attire efficacement à la vérité. Que si beaucoup, hélas ! errent encore loin de la vérité catholique et ne veulent pas céder au souffle de la grâce divine, la raison en est que, non seulement eux-mêmes (204), mais les chrétiens également, n'adressent pas à Dieu à cette fin des prières plus ferventes. Nous exhortons donc instamment tous ceux qui brûlent d'amour pour l'Eglise à s'y appliquer sans cesse, à l'exemple du divin Rédempteur.

Bien plus, surtout dans les conjonctures présentes, il semble non seulement opportun, mais nécessaire, d'adresser à Dieu des prières ardentes pour les rois et les princes et pour tous ceux qui, préposés au gouvernement des peuples, peuvent aider l'Eglise en lui accordant la protection extérieure, afin que tout rentrant dans l'ordre, la paix œuvre de la justice (205), au souffle de l'amour divin, surgisse pour le genre humain fatigué des flots affreux de cette tempête, et que notre Mère la sainte Eglise puisse mener une vie paisible et tranquille en toute piété et honnêteté (206).

Il faut demander à Dieu que tous ceux qui commandent aux peuples aiment la sagesse (207), de telle façon que ce grave verdict du Saint-Esprit ne les atteigne jamais: Le Très-Haut examinera vos cœurs et sondera vos pensées, parce que, étant les ministres de sa royauté, vous n'avez pas jugé avec
droiture, ni observé la loi de la justice, ni marché selon la volonté de Dieu. D'une façon terrible et
soudaine, vous comprendrez qu'un jugement très sévère s'exercera sur ceux qui commandent. Car
aux petits on pardonne par pitié, mais les puissants sont puissamment châtiés. Dieu, en effet, ne
cédera devant personne et ne respectera nulle grandeur; parce qu'il a créé lui-même le petit et le
grand et prend également soin de tous; mais aux plus puissants est réservé un tourment plus
rigoureux. C'est donc à vous, ô rois, que s'adressent mes discours, afin que vous appreniez la
sagesse et ne veniez à tomber (208).

Mais ce n'est pas seulement par son travail incessant et sa prière constante que le Christ Notre-Seigneur a manifesté son amour envers son Epouse immaculée, c'est aussi par les douleurs et les angoisses qu'il voulut de plein gré et amoureusement endurer pour elle. Comme il avait aimé les siens... il les aima jusqu'à la fin (209). Et il ne s'est acquis l'Eglise que par son propre sang (210). Acceptons donc de marcher sur les traces sanglantes de notre Roi, comme le réclame la sécurité de notre salut: Si, en effet, nous lui avons été unis pour croître avec lui en reproduisant sa mort, nous le serons aussi pour reproduire sa résurrection (211), et si nous sommes morts avec lui, nous vivrons avec lui (212). C'est ce que requiert également la véritable et active charité envers l'Eglise comme envers les âmes qu'elle enfante au Christ. En effet, quoique notre Sauveur, par ses cruels tourments et sa mort douloureuse, ait mérité à son Eglise un trésor de grâces absolument infini, cependant, par un dessein de la Providence divine, ces grâces ne nous sont communiquées que par degrés, et leur abondance plus ou moins grande dépend largement de nos bonnes actions qui obtiennent spontanément de Dieu pour les hommes la rosée des faveurs célestes.

Or, cette pluie des grâces célestes sera certainement très abondante si, non contents d'offrir à Dieu
d'ardentes prières, notamment en participant pieusement, même chaque jour s'il est possible, au Sacrifice eucharistique, non contents de nous efforcer, par les devoirs de la charité chrétienne, de soulager les infortunes de tant d'indigents, nous préférons aux intérêts passagers du monde les biens impérissables, si nous maîtrisons ce corps mortel par la pénitence volontaire en lui refusant les plaisirs défendus, en le traitant même avec sévérité et austérité; si enfin nous acceptons humblement, comme de la main de Dieu, les travaux et souffrances de la vie présente. Ainsi, selon l'Apôtre, nous compléterons ce qui manque à la passion du Christ dans notre chair pour son Corps qui est l'Eglise (213).

Tandis que Nous écrivons, Nous avons sous les yeux la multitude, hélas ! presque infinie, des malheureux sur qui Nous pleurons douloureusement: les infirmes, les pauvres, les mutilés et tant de gens qu'à cause de leurs propres souffrances ou de celles des leurs il n'est pas rare de voir s'épuiser jusqu'à mourir. Nous invitons donc paternellement tous ceux qui, pour quelque motif que ce soit, se trouvent dans la tristesse et l'angoisse à regarder le ciel avec confiance et à offrir leurs peines à Celui qui, un jour, leur accordera en retour une abondante récompense. Que tous se souviennent que leur souffrance n'est point vaine, mais qu'elle leur sera très avantageuse à eux-mêmes et à l'Eglise si, les regards tournés vers le but, ils la supportent avec patience. A réaliser efficacement ce dessein concourt très particulièrement l'offrande quotidienne de soi-même à Dieu, telle que la pratiquent les membres de la pieuse association appelée Apostolat de la Prière, association que Nous avons à cœur de recommander spécialement ici comme très agréable à Dieu.

Si à toute époque nous devons associer nos souffrances à celles du divin Rédempteur pour procurer le salut des âmes, que tous aujourd'hui plus que jamais s'en fassent un devoir, tandis que la gigantesque conflagration de la guerre embrase la terre presque entière et engendre tant de morts, tant de misères, tant de détresses; que tous aujourd'hui se fassent un devoir de renoncer aux vices, aux séductions du monde, aux plaisirs effrénés du corps, ainsi qu'à la vanité et à la futilité des biens de la terre, qui ne servent de rien pour la formation chrétienne de l'esprit, de rien pour la conquête du ciel. Nous devons bien plutôt graver en nos intelligences les paroles si autorisées de notre immortel Prédécesseur, Léon le Grand, quand il affirmait que par le Baptême nous étions devenus la chair du Crucifié (214), et la splendide prière de saint Ambroise: " Porte-moi, ô Christ, sur la Croix, qui est le salut des égarés, en laquelle seule se trouvent le repos de ceux qui sont fatigués et la vie de ceux qui meurent. " (215)

Avant de terminer, Nous ne pouvons Nous retenir d'exhorter à nouveau tous les chrétiens à chérir leur Mère la sainte Eglise d'un amour empressé et actif. Pour sa sécurité et son développement de plus en plus heureux, offrons chaque jour au Père Eternel nos prières, nos travaux et nos angoisses, si vraiment nous avons à cœur le salut de l'universelle famille humaine rachetée par le sang divin. Et tandis que le ciel s'assombrit de nuages chargés d'éclairs, et que de grands périls menacent la communauté humaine tout entière et l'Eglise elle-même, confions-nous, ainsi que tous nos intérêts, au Père des miséricordes, en lui adressant cette prière: " Abaissez. vos regards, nous vous en prions, Seigneur, sur votre famille pour laquelle Notre-Seigneur Jésus-Christ n'a pas hésité à se livrer aux mains des impies et à subir le supplice de la Croix. " (216)

Puisse la Vierge Mère de Dieu, Vénérables Frères, réaliser Nos vœux qui sont assurément aussi les
vôtres, et nous obtenir à tous le véritable amour envers l'Eglise ! Puisse nous exaucer la Vierge Mère,
dont l'âme très sainte fut, plus que toutes les autres créatures de Dieu réunies, remplie du divin Esprit de Jésus-Christ; elle qui accepta " à la place de la nature humaine tout entière " qu'" un mariage spirituel unît le Fils de Dieu et la nature humaine " (217).

Ce fut elle qui, par un enfantement admirable, donna le jour au Christ Notre-Seigneur, source de toute vie céleste et déjà revêtu en son sein virginal de la dignité de Chef de l'Eglise; ce fut elle qui le présenta nouveau-né aux premiers d'entre les Juifs et les païens qui étaient venus l'adorer comme Prophète, Roi et Prêtre. En outre, son Fils unique, cédant à ses maternelles prières, à Cana de Galilée, opéra le miracle merveilleux par lequel ses disciples crurent en lui (218). Ce fut elle qui, exempte de toute faute personnelle ou héréditaire, toujours très étroitement unie à son Fils, le présenta sur le Golgotha au Père Eternel, en y joignant l'holocauste de ses droits et de son amour de mère, comme une nouvelle Eve, pour tous les fils d'Adam qui portent la souillure du péché originel; ainsi celle qui, corporellement, était la mère de notre Chef, devint spirituellement la mère de tous ses membres, par un nouveau titre de souffrance et de gloire. Ce fut elle qui obtint par ses prières très puissantes que l'Esprit du divin Rédempteur, déjà donné sur la Croix, fût communiqué le jour de la Pentecôte en dons miraculeux à l'Église qui venait de naître. Ce fut elle enfin qui, en supportant ses immenses douleurs d'une âme pleine de force et de confiance, plus que tous les chrétiens, vraie Reine des martyrs, compléta ce qui manquait aux souffrances du Christ... pour son Corps qui est l'Eglise (219); elle qui entoura le Corps mystique du Christ, né du Cœur percé de notre Sauveur (220), de la même vigilance maternelle et du même amour empressé avec lesquels elle avait réchauffé et nourri de son lait l'Enfant Jésus de la Crèche.

Supplions donc la très sainte Mère de tous les membres du Christ (221), au Cœur immaculé de laquelle Nous avons consacré avec confiance tous les hommes et qui maintenant au ciel resplendit dans la gloire de son corps et de son âme et règne avec son Fils, de multiplier ses instances auprès de lui, pour que les plus abondants ruisseaux de grâces découlent sans interruption de la Tête dans tous les membres du Corps mystique et que son patronage très efficace protège l'Eglise aujourd'hui comme jadis et lui obtienne enfin de Dieu, ainsi qu'à l'universelle communauté humaine, des temps plus tranquilles.

Fort de cet espoir d'En Haut, comme gage des grâces célestes et témoignage de Notre particulière
bienveillance, Nous accordons de tout Notre cœur, à chacun d'entre vous, Vénérables Frères, et aux
troupeaux confiés à vos soins, la Bénédiction Apostolique.

Donné à Rome, près St-Pierre, en la fête des saints Apôtres Pierre et Paul, le 29 juin de l'an 1943, le cinquième de Notre Pontificat.



NOTES

(1) Cf. Col. I, 24.

(2) Actes XX, 28.

(3) Cf. S. PIERRE, I Epître, IV, 13.

(4) Cf. Eph. II, 21-22 ; S. PIERRE, I Epître, II, 5.

(5) Concile du Vatican, sess. III : Const. De fide cath., ch. 4. Denzinger n. 1796.

(6) Rom. V, 20.

(7). Cf. S. PIERRE, II Epître, I, 4.

(8) Eph. II, 3.

(9) S. JEAN III, 16.

(10) S. JEAN I, 12.

(11) Cf. Conc. du Vatican : Const. de Eccl., prol. Denzinger n. 1821.

(12) Cf. Concile du Vatican : Const. de fid. cath., cap. 1. Denzinger n. 1782.

(13) Col. I, 18.

(14) Rom. XII, 5.

(15) Léon XIII, Lettre encyclique Satis cognitum du 29 juin 1896. ASS XXVIII (1895-1896) 710. Cf. SVS n. 605.

(16) Rom. XII, 4-5.

(17) I Cor. XII, 13.

(18) Cf. Eph. IV, 5.

(19) S. MATTH. XVIII, 17.

(20) Cf. S. MATTH. IX, 11 ; S. MARC II, 16 ; S. LUC XV, 2.

(21) S. AUGUSTIN, Epist. CLVII, 3, 22. PL 33, 686.

(22) S. AUGUSTIN, Sermo CXXXVII, 1. PL 38, 754.

(23). LÉON XIII, Lettre encyclique Divinum illud du 9 mai 1897. ASS XXIX (1897) 649. Cf. SVS n. 9.

(24) Cf S. JEAN XVII, 18.

(25) Cf. S. MATTH. XVI, 18-19.

(26) Cf. S. JEAN XV, 15 ; XVII, 8 et 14.

(27) Cf. S. JEAN III, 5.

(28) Cf. Gen. III, 20.

(29) S. AMBROISE, In Lucam II, 87. PL 15, 1585.

(30) Cf. S. MATTH. XV, 24.

(31) Cf. S. THOMAS, Somme théol. I-II, q. 103, art. 3 ad 2.

(32) Cf. Eph. II, 15.

(33) Cf. Col. II, 14.

(34) Cf. S. MATTH. XXVI, 28, et I Cor. XI, 25.

(35) S. LÉON LE GRAND, Sermo LXVIII, 3, PL 54, 374.

(36) Cf. S. JÉRÔME et S. AUGUSTIN, Epist. CXII, 14 et CXVI, 16. PL 22, 924 et 943; S. THOMAS, Somme théol. I-II, q. 103, art. 3 ad 2; art. 4 ad 1; Concile de Florence: Décret pro Iacobitis, MANSI XXXI, 1738. Denzinger n. 712.

(37) Cf. II Cor. III, 6.

(38) S. THOMAS, Somme théol. III, q. 42, art. 1.

(39) Cf. S. AUGUSTIN, De gratia Christi et peccato originali, XXV, 29. PL 44, 400.

(40) Cf. Eph. II, 14-16.

(41) Cf. Actes II, 1-4.

(42) Cf. S. LUC III, 22 ; S. MARC I, 10.

(43) Col. I, 18.

(44) Cf. Eph. IV, 16 ; Col. II, 19.

(45) Col. I, 15.

(46) Col. I, 18; Apoc. I, 5.

(47) I Tim. II, 5.

(48) Cf. S. JEAN XII, 32.

(49) Cf. S. CYRILLE d'Alexandrie, Comm. in Joannem, I, 4. PG 73, 69 ; S. THOMAS, Somme théol. I, q. 20. art. 4 ad 1.

(50) S. AMBROISE, Hexaem., VI, 55. PL 14, 265.

(51) Cf. S. AUGUSTIN, De Agone christiano, XX, 22. PL 40, 301.

(52) Cf. S. THOMAS, Somme théol. I, q. 22, art. 1-4.

(53) Cf. S. JEAN, X, 1-18 ; S. PIERRE, I Epître, V, 1-5.

(54). Cf. S. JEAN, VI, 64.

(55) Proverbes XXI, 1.

(56) S. PIERRE, I Epître, II, 25.

(57) Cf. Actes VIII, 26 ; IX, 1-19 ; X, 1-7 ; XII, 3-10.

(58) Phil. IV, 7.

(59) Cf. LÉON XIII, Lettre encyclique Satis cognitum du 29 juin 1896. ASS XXVIII (1895-1896) 725. Cf. SVS n. 630.

(60). S. LUC XII, 32.

(61). BONIFACE VIII, Bulle Unam sanctam du 18 novembre 1302. Cf. Corp. Iur. Can., Extr. comm., I, 8, 1. Denzinger n. 468.

(62). S. GRÉGOIRE LE GRAND, Moralia, XIV, 35, 43. PL 75, 1062.

(63). Cf. Concile du Vatican : Const. de Eccl., sess. IV, ch. 3. Denzinger n. 1828.

(64). Cf. Code de Droit Canon, c. 329, 1.

(65). I Paral. XVI, 22 ; Ps. CIV, 15.

(66). Cf. S. PIERRE, I Epître, V, 3.

(67). I Tim. VI, 20.

(68). Cf. S. GRÉGOIRE LE GRAND, Ep. ad Eulog., 30. PL 77, 933.

(69). I Cor. XII, 21.

(70). S. JEAN XV, 5.

(71). Cf. Eph. IV, 16 ; Col. II, 19.

(72) S. THOMAS, Comm. in ep. ad Eph., cap. I, lect. 8; Hebr. II, 16-17.

(73) Phil. II, 7.

(74) S. PIERRE, II Epître, I, 4.

(75) Rom. VIII, 29. (76) Col. III, 10.

(76) Col. III, 10.

(77) S. JEAN, I Epître, III, 2.

(78) Col. I, 19.

(79) S. JEAN, XVII, 2.

(80) Col. II, 3.

(81) Cf. S. JEAN I, 14-16.

(82) S. JEAN I, 18.

(83) S. JEAN III, 2.

(84) S. JEAN XVIII, 37.

(85) S. JEAN VI, 69.

(86) Cf. S. AUGUSTIN, De cons. evang., I, 35, 54. PL 34, 1070.

(87) Hebr. XII, 2.

(88) Cf. S. CYRILLE d'Alexandrie, Ep. 55 de Symb. PG 77, 293.

(89) S. JEAN XV, 5.

(90) Cf. S. THOMAS, Somme théol. III, q. 64. art. 3.

(91) Eph. IV, 7.

(92) Eph. IV, 16 ; cf. Col. II, 19.

(93) Cf. S. ROBERT BELLARMIN, De Rom. Pont., I, 9 ; De Concil., II, 19.

(94) I Cor. XII, 12.

(95) Actes IX, 4; XXII, 7; XXVI, 14.

(96) Cf. S. GRÉGOIRE de Nysse, De vita Moysis. PG 44, 385.

(97) S. AUGUSTIN, Sermo CCCLIV, 1. PL 39, 1563.

(98) Cf. S. JEAN XVII, 18; XX, 21.

(99) Cf. LÉON XIII, Lettre encyclique Sapientiae christianae du 10 janvier 1890. ASS XXII (1889-1890) 392 ; Lettre encyclique Satis cognitum du 29 juin 1896. ASS XXVIII (1895-1896) 710. Cf. SVS n. 875 et n. 605.

(100) Rom. VIII, 9; Gal. IV, 6. Cf. II Cor. III, 17.

(101) Cf. S. JEAN XX, 22.

(102) Cf. S. JEAN III, 34.

(103) Cf. Eph. I, 8; IV, 7.

(104) Cf. Rom. VIII, 14-17; Gal. IV, 6-7.

(105) II Cor. III, 18.

(106) LÉON XIII, Lettre encyclique Divinum illud du 9 mai 1897. ASS XXIX (1897) 650. Cf. SVS n. 11.

(107) Gal. II, 20.

(108) Cf. S. AMBROISE, De Elia et jejunio 10, 36-37. PL 14, 710; In Psalm. CXVIII, Sermo 20, 2. PL 15, 1483.

(109) Eph. V, 23.

(110) S. JEAN IV, 42.

(111) I Tim. IV, 10.

(112) Actes XX, 28.

(113) S. AUGUSTIN, Enarr. in Ps. LXXXV, 5. PL 37, 1085.

(114) CLÉMENT d'Alexandrie, Strom. VII, 2. PG 9. 413.

(115) I Cor. III, 22-23 ; PIE XI, Lettre encyclique Divini Redemptoris du 19 mars 1937. AAS XXIX (1937) 80.

(116) S. THOMAS, De Veritate, q. 29, art. 4, c.

(117) Cf. LÉON XIII, Lettre encyclique Sapientiæ christianæ du 10 janvier 1890. ASS XXII (1889-1890) 392. Cf. SVS n. 875.

(118) Cf. LÉON XIII, Lettre encyclique Satis cognitum du 29 juin 1896. ASS XXVIII (1895-1896) 724. Cf. SVS n. 637.

(119) Cf. LÉON XIII, Lettre encyclique Satis cognitum du 29 juin 1896. ASS XXVIII (1895-1896) 710. Cf. SVS n. 605.

(120) Cf. LÉON XIII, Lettre encyclique Satis cognitum du 29 juin 1896. ASS XXVIII (1895-1896) 710. Cf. SVS n. 606.

(121) LÉON XIII, ibidem, p. 710. Cf. SVS n. 606.

(122) S. THOMAS, De veritate, q. 29, art. 4 ad 3.

(123) Cf. Concile du Vatican, sess. IV : Const. dogm. de Eccl., prol. Denzinger n. 1821.

(124) Col. I, 13.

(125) Cf Concile du Vatican, sess. III : Const. de fide cath., ch. 3. Denzinger n, 1790.

(126) Phil. II, 8.

(127) S. JEAN XX, 22.

(128) S. JEAN XX, 21.

(129) S. LUC X, 16.

(130) Cf. Concile du Vatican, sess. III : Const. de fide cath., ch. 3. Denzinger n. 1794.

(131) S. MATTH. VI, 12.

(132) S. LÉON LE GRAND, Sermo XXI, 3. PL 54, 192-193.

(133) Cf. S. AUGUSTIN, Contra Faustum, 21, 8. PL 42, 392.

(134) Cf Eph. V, 22-23 ; S. JEAN XV, 1-5 ; Eph. IV, 16.

(135) Col. I, 18.

(136) S. AUGUSTIN, Enarr. in Ps. XVII, 51, et XC, II, 1. PL 36, 154 et 37, 1159.

(137) Cf. S. JEAN XVII, 21-23.

(138) Cf. Apoc. V, 12-13.

(139) Cf. S. JEAN XIV, 16 et 26.

(140) Eph. IV, 5.

(141) Cf. S. JEAN XVII, 3.

(142) S. JEAN, I Epître, IV, 15.

(143) II Cor. IV, 13.

(144) Gal. II, 20.

(145) Eph. III, 17.

(146) Hebr. XII, 2.

(147) Tit. II, 13.

(148) Cf. Hebr. XIII, 14.

(149) Eph. IV, 4.

(150) Cf. Col. I, 27.

(151) S. JEAN, I Epître, IV, 16.

(152) S. JEAN XIV, 23.

(153) S. JEAN XV, 9-10.

(154) S. JEAN, I Epître, IV, 20-21.

(155) Rom. XII, 5.

(156) I Cor. XII, 25.

(157) MAXIME de Turin, Sermo XXIX. PL 57, 594.

(158) Cf. S. THOMAS, Comm. in Ep. ad Eph., cap. II, lect. 5.

(159) Rom. VIII, 9-10.

(160) Cf. S. THOMAS, Comm. in Ep. ad Eph., cap. 1, lect. 8.

(161) Cf. S. THOMAS, Somme théol. I, q. 43, art. 3.

(162) Concile du Vatican, sess. III : Const. de fide cath., ch. 4. Denzinger n. 1795.

(163) LÉON XIII, Lettre encyclique Divinum illud du 9 mai 1897. ASS XXIX (1897) 653. Cf. SVS n. 17.

(164) MALACHIE I, 11.

(165) Cf. Didachè IX, 4. Cf. BILLMEYER, Die apostolischen Vater, 1924, p. 6.

(166) Rom. VIII, 35.

(167) Cf. Eph. V, 22-23.

(168) Ps. LXXXIII, 12.

(169) S. AMBROISE, Expos. Evang. sec. Lucam IV, 49. PL 15, 1626.

(170) Gal. II, 20.

(171) I Cor. XV, 10.

(172) Cf. S. THOMAS, Somme théol. II-II, q. 83, art. 5 et 6.

(173) I Tim. II, 5.

(174) Cf. S. THOMAS, De Veritate, q. 29, art. 4, c.

(175) S. JEAN XIV, 14.

(176) Apoc. V, 13.

(177) Ps. CXXXVI, 5-6.

(178) Eph. II, 20 ; S. PIERRE, I Epître, II, 6.

(179) Cf. II Cor. XI, 14.

(180) Cf. II Cor. X, 5.

(181) Cf. Hebr. XIII, 17.

(182) I Cor. XII, 22-23.

(183) Cf. Décret du Saint-Office du 2 déc. 1940. AAS XXXII (1940) 553.

(184) Gen. IV, 10.

(185) Cf. Rom. XII, 5 ; I Cor. XII, 25.

(186) I Cor. XII, 26.

(187) Cf. S. LUC X, 33-37.

(188) Cf. S. LUC VI, 27-35 ; S. MATTH. V, 44-48.

(189) Eph. III, 18.

(190) Cf. S. LUC XXII, 32.

(191) Cf. S. JEAN XVII, 9-19.

(192) Cf. S. JEAN XVII, 20-23.

(193) S. MATTH. IX, 38 ; S. LUC X, 2.

(194) S. JEAN XVII, 21.

(195) PIE XII, Lettre encyclique Summi Pontificatus du 20 octobre 1939. AAS XXXI (1939) 419 ; S. JEAN X, 10.

(196) S. IRÉNÉE, Adv. Hær., IV, 33, 7. PG 7, 1076.

(197) Cf. PIE IX, Iam vos omnes, 13 sept. 1868. Act. Conc. Vat., CL VII, 10.

(198) Cf. S. GÉLASE I, Epist. XIV. PL 59, 89.

(199) Cf. S. AUGUSTIN, In Ioann. Ev. tract., XXVI, 2. PL 30, 1607.

(200) Cf. S. AUGUSTIN, In Joann. Ev. tract., XXVI, 2. PL 30, 1607.

(201) Hebr. XI, 6.

(202) Concile du Vatican: Const. de fide cath., sess. III, ch. 3. Denzinger n. 1790.

(203) Cf. LÉON XIII, Lettre encyclique Immortale Dei du 1er novembre 1885. ASS XVIII (1885) 174-175; Code de Droit Canon, c. 1351.

(204) Cf. S. AUGUSTIN, loc. cit.

(205) ISAÏE XXXII, 17.

(206) I Tim. II, 2.

(207) Cf. Sagesse VI, 23.

(208) Sagesse VI, 4-10.

(209) S. JEAN XIII, 1.

(210) Actes XX, 28.

(211) Rom. VI, 5.

(212) II Tim. II, 11.

(213) Col. I, 24.

(214) Cf. S. LÉON LE GRAND, Sermo LXIII, 6 ; Sermo LXVI, 3 PL 54, 357 et 366.

(215) S. AMBROISE, In Ps. CXVIII, XXII, 30. PL 15, 1521.

(216) Office de la Semaine Sainte.

(217) S. THOMAS, Somme théol. III, q. 30, art. 1.

(218) S. JEAN II, 11.

(219) Col. I, 24.

(220) Cf. Office de la fête du Sacré-Cœur, hymne des Vêpres.

(221) Cf. PIE X, Lettre encyclique Ad diem illum du 2 février 1904. ASS XXXVI (1903-1904) 453.


Pardonnez-moi chez BK, voyez-y un "chambrage" amical !
images/icones/4a.gif  ( 828598 )Hélas... par BK (2017-05-31 12:49:53) 
[en réponse à 828594]

Hélas
images/icones/interdit.gif  ( 828597 )A vous la preuve par BK (2017-05-31 12:48:38) 
[en réponse à 828592]

Benoît XVI par exemple a donné l'ordre de publier son Jésus de Nazareth, tout en précisant qu'il n'était pas magistériel.

Vous trouverez dans le fil auquel je vous avais renvoyé, dans les statuts de la CTI, dans tous les articles traitant du statut magistériel des notes de la CTI qu'une note de la CTI est toujours publiée avec l'approbation du pape, sans pour autant être magistérielle.

C'est à vous de prouver votre prétention que ce document est magistériel, que Benoît XVI a fait plus que la simple approbation pour publication des notes d'étude de la CTI, qui est normale dans les statuts de la CTI.



Par ailleurs, vous gagneriez à enrichir votre réflexion si personnelle en creusant les références de la note de la CTI :


Durant cette période, d’une part, les papes (Paul III, Benoît XIV, Clément XIII)[78] défendirent le droit qu’avaient les catholiques d’enseigner l’austère conception d’Augustin, selon laquelle les enfants qui meurent avec le seul péché originel sont damnés et punis par les tourments éternels du feu de l’enfer, encore que ce soit avec une « peine très douce » (Augustin) par rapport à ce que souffrent les adultes punis pour leurs péchés mortels. D’autre part, lorsque le synode janséniste de Pistoie (en 1786) dénonça la théorie médiévale des « limbes », Pie VI défendit le droit qu’avaient les écoles catholiques d’enseigner que ceux qui meurent avec le seul péché originel sont punis par la privation de la vision béatifique (« peine du dam ») mais non pas par la peine du sens (« peine du feu »). Dans sa bulle Auctorem fidei (1794), le pape condamna comme « fausse, téméraire et injurieuse pour les écoles catholiques » la doctrine janséniste « qui rejette comme une fable pélagienne (fabula pelagiana) ce lieu des enfers (que les fidèles appellent “les limbes des enfants”) dans lequel les âmes de ceux qui sont morts avec la seule faute originelle sont punies de la peine du dam, sans la peine du feu, comme si ceux qui écartent la peine du feu introduisaient par là ce lieu et cet état intermédiaire, sans faute et sans peine, entre le royaume de Dieu et la damnation éternelle dont fabulaient les pélagiens[79] ». Les interventions pontificales durant cette période protégèrent donc la liberté des écoles catholiques de discuter cette question. Elles n’ont pas assumé la théorie des limbes comme une doctrine de foi. La théorie des limbes fut cependant la doctrine catholique commune jusque vers la moitié du xxe siècle.



Ce sera mon seul conseil - pour essayer de manifester un intérêt poli à vos propres questionnements - et ma dernière intervention sur ce non-sujet des limbes.


Je m'attache pour ma part à essayer de comprendre le ministère et les enseignements du magistère.

Quant à la mauvaise foi que vous m'imputez :
où les papes ont-ils appris à se défier des enseignements des papes, autorisé à juger des enseignements pontificaux, enseigné qu'un particulier pouvait se croire une sûreté de jugement supérieure à celle du pape ?

En l'absence de référence, je ne pourrai que vous laisser juger en conscience de votre libre examen.
images/icones/neutre.gif  ( 828600 )Ne tournons pas en rond par Mboo (2017-05-31 13:03:21) 
[en réponse à 828597]

C'est un problème de logique:
- Soit B16 est hérétique pour avoir autorisé la publication des textes de cette commission et entrainement ainsi des millions de catholique dans son hérésie
- Soit le magistère ordinaire n'est pas infaillible

Voilà! laissons les histoires de CTI, magistère non magistère. Vous vous accroché aux détails futiles, alors que le vrais problème c'est cette absurdité dont je parle depuis!

images/icones/attention.gif  ( 828602 )Un liseur à contacter sur les limbes par BK (2017-05-31 13:35:37) 
[en réponse à 828600]

M. Yves Daoudal.

Quant à prétendre que le caractère magistériel ou non d'un enseignement est "futile" (sic), cela va tout à fait bien avec votre vision - protestante - d'une Eglise qui n'a pas besoin du pontife régnant.

Et j'attends toujours avec intérêt vos références :

où les papes ont-ils appris à se défier des enseignements des papes, autorisé à juger des enseignements pontificaux, enseigné qu'un particulier pouvait se croire une sûreté de jugement supérieure à celle du pape ?
images/icones/neutre.gif  ( 828604 )je remet encore la balle au centre par Mboo (2017-05-31 14:07:37) 
[en réponse à 828602]

- Soit B16 est hérétique
- Soit le magistère ordinaire n'est pas infaillible.

Voilà les faits! rien que les faits! vérifiables par tout le monde!


Oui, dans le contexte de cette discussion où il est question de résoudre d'abord un problème de simple logique pour manifester une vérité élémentaire, s'accrocher sur ce qui serait du magistère et ce qui ne l'est pas est futile car hors sujet et n'est qu'une piteuse dérobade.
images/icones/neutre.gif  ( 828615 )Remarques de méthode par BK (2017-05-31 17:37:37) 
[en réponse à 828604]

1. Vous avez une thèse : Benoît XVI était hérétique.

C'est téméraire, impudent ou hérétique.

(Au passage, reconnaissez-vous que Benoît XVI était pape ? Sinon, ce serait une autre thèse, occulte)

2. Vous proposez une alternative, mais il existe d'autres possibilités :

- matière non dogmatique (ce que propose la note de la CTI)

- note non magistérielle (un fait que vous avez du mal à reconnaître)

3. Où les papes ont-ils enseigné que l'on pouvait douter de l'orthodoxie du Pontife Romain ? Léon XIII, par exemple, que vous n'appréciez pas, présente toujours le pape comme un guide sûr.

4. Quel pape promeut le libre examen auquel vous êtes hélas très attaché ?
images/icones/neutre.gif  ( 828605 )Tous ceux qui disent que les bébés morts ne vont pas aux limbe par Mboo (2017-05-31 14:27:59) 
[en réponse à 828602]

De même, tous ceux qui émettent l'hypothèse selon la quelle les bébés morts sans baptême ne vont pas aux limbes mais au Ciel, sont aussi selon votre vision de l'infaillibilité du magistère des hérétiques!
Et ça va faire beaucoup d'hérétiques actuellement dans l'Eglise, et pas seulement B16
images/icones/neutre.gif  ( 828513 )Et vous en rajoutez en disant par Mboo (2017-05-30 11:18:09) 
[en réponse à 828507]


Et au surplus, si vous relisez l'article et la note, vous verrez que les limbes n'ont jamais été présentées comme de Foi.



Et pourtant les limbes ont a été présentés dans plusieurs document du magistère, voici ce que le pape pie 10 dit dans son catéchisme dans le chapitre V, on demande à la question no 100 : « Où vont les enfants morts sans baptême ? » et on répond : « Les enfants morts sans baptême vont aux Limbes, où il n'y a ni récompense surnaturelle ni peine ; car, souillés du péché originel, et celui-là seul, ils ne méritent ni le paradis ni non plus l'enfer ou le purgatoire »

Voilà ce que le pape pie10 a écrit dans son catéchisme! il n'a dit nul part dans ce catéchisme que c'est une opinion théologique! continuez à nier des évidences
images/icones/neutre.gif  ( 828517 )Et pourtant par Mboo (2017-05-30 11:38:17) 
[en réponse à 828513]

Dans ce même catéchisme de st Pie 10, il parle de l'assomption de la vierge Marie, en précisant que c'est une opinion théologique (c'était le cas à cette époque), mais concernant les limbes il en a parlé sans émettre la moindre réserve.
images/icones/neutre.gif  ( 828523 )Catéchisme de Saint Pie X par BK (2017-05-30 12:19:16) 
[en réponse à 828513]

Voyez ceci.
images/icones/neutre.gif  ( 828527 )je n'ai rien vu... par Mboo (2017-05-30 12:28:04) 
[en réponse à 828523]

Soignez plus précis...
images/icones/op2.gif  ( 828439 )Saint Thomas d'Aquin vous répond, M. l'Abbé par BK (2017-05-29 20:51:04) 
[en réponse à 828394]

" L'objet formel de la foi est la vérité première, en tant qu'elle est manifestée dans les Saintes Ecritures et dans la doctrine de l'Eglise, qui procèdent de la vérité première. Il suit de là que quiconque n'adhère pas, comme à une règle infaillible et divine, à la doctrine de l'Eglise, qui procède de la vérité première manifestée dans les Saintes Ecritures, n'a pas la foi habituelle, mais possède autrement que par la foi les choses qui sont de son domaine... Or, il est manifeste que celui qui adhère à la doctrine de l'Eglise comme à une règle infaillible donne son assentiment à tout ce que l'Eglise enseigne; autrement, si, parmi les choses que l'Eglise enseigne, il retient ce qui lui plaît et exclut ce qui ne lui plaît pas, il adhère à sa propre volonté et non à la doctrine de l'Eglise, en tant qu'elle est une règle infaillible. La foi de toute l'Église doit être Une, selon cette parole de saint Paul aux Corinthiens (I Cor., 1) : "Ayez tous un même langage et qu'il n'y ait pas de division parmi vous". Or, cette unité ne saurait être sauvegardée qu'à la condition que les questions qui surgissent sur la foi soient résolues par celui qui préside à l'Eglise tout entière, et que sa sentence soit acceptée par elle avec fermeté. C'est pourquoi à l'autorité du Souverain Pontife seul il appartient de publier un nouveau symbole, comme de décerner toutes les autres choses qui regardent l'Eglise universelle ".


La citation était déjà plus haut, mais manifestement vous ne l'avez pas lue ou comprise.

Vos messages montrent que vous essayez d'appuyer sur Saint Thomas la vision protestante d'une Église sans pape.
images/icones/neutre.gif  ( 828466 )Tiens, je la note celle là par Meneau (2017-05-30 01:11:59) 
[en réponse à 828439]


Or, cette unité ne saurait être sauvegardée qu'à la condition que les questions qui surgissent sur la foi soient résolues par celui qui préside à l'Eglise tout entière



Cordialement
Meneau
images/icones/fleche2.gif  ( 828317 )Quel est donc le terrain d'entente doctrinale potentiel ? par Scrutator Sapientiæ (2017-05-29 07:47:41) 
[en réponse à 828276]

Bonjour et merci, Jean-Paul PARFU.

Je vous remercie pour votre renvoi vers un texte que je cherchais depuis longtemps et que grâce à vous j'ai enfin lu ou relu.

Compte tenu de ce qu'est la position de principe de la FSSPX ou, en tout cas, du District de France, sur le Catéchisme de l'Eglise catholique et sur le Compendium, quel est donc le terrain d'entente doctrinale potentiel entre Ecône et Rome ?

C'est à se demander si ce terrain d'entente doctrinale potentiel existe, ou à se demander si une véritable volonté, une volonté sincère, d'identifier puis d'utiliser ce terrain d'entente doctrinale potentiel, existe vraiment, d'un côté comme de l'autre.

Comment certains comptent-ils "préparer les esprits en interne", en amont et en vue de la concrétisation d'une éventuelle perspective d'entente, notamment doctrinale, avec "Rome", s'ils ne prennent pas appui sur le Catéchisme de l'Eglise catholique, et s'ils ne tirent pas parti de ses fondements et de son contenu, qui ne se limitent certes pas à ce qu'il y a d'équivoque dans le Concile Vatican II, pour commencer à procéder à cette légitime préparation des esprits ?

Un positionnement intransigeant, en présence d'un Catéchisme qui est considéré comme conservateur donc dogmatique, ou comme rétrograde car traditionnel, par les pires adversaires de l'Eglise catholique, n'est-il pas, par nature, auto-bloquant, au sens de : légitimateur mais insularisant ?

Je vous remercie pour toute réponse, et je vous souhaite une bonne journée.

Scrutator.
images/icones/fleche3.gif  ( 828300 )Quel est l' objet par Alanian (2017-05-28 23:42:53) 
[en réponse à 828257]

de cet article?

Refléter la position du Superieur Général en la matière? On pourrai le penser, car reproduit dans le site officiel du District de France (sinon, il serait une sorte de mutinerie, sauf que moins évidente que celle qui a eu lieu dernièrement).

Donner des leçons aux mutins? du type: "voyez, vous avais fait tout ce bruit pour rien" ou "voyez, on peut émettre des différences et rester en bons termes dans l' institution"

Dans le premier cas, s' il réflète l' opinion du Supérieur Général, il est temps qu' il invoque une fois pour toutes la seule cause de justification valable, sous-jacente dans l' article: la crainte grave (et cela au risque des nouvelles excommunications: je pense à une reconnaissance unilatérale qui serait rejetée).

Dans le second cas, après tant des allez-retour, il serait temps de devenir sérieux.

images/icones/fleche2.gif  ( 828306 )Ou sinon par Romanus (2017-05-29 00:30:22) 
[en réponse à 828300]

L'objet de cet article est peut être tout simplement, de la part de son auteur, de faire un point sur la question sans idée sous-jacente de communication vers telle ou telle tendance.
Pourquoi toujours voir mal?

Ce qui a été reproché à ceux que vous appelez mutins, ce ne fut pas d'avoir émis un avis divergent, mais de l'avoir fait d'une manière par laquelle ils se sont peu honorés et contre l'avis de leur supérieur. Avec mise en cause direct de leur supérieur.

Romanus
images/icones/fleche2.gif  ( 828407 )Il y a de bons par Alanian (2017-05-29 16:56:17) 
[en réponse à 828306]

points dans l' article, je ne le nie pas. Mais la conclusion est hasardeuse.

Le points bons:

1) le fait de considérer les documents Vatican II comme un tout, à prendre ou à laisser (point 1).

2) la définition du Magistère en tant qu' intérprète de la Revélation et non du prope magistère (point 5)

3) l' illicité de la nouvelle messe et du nouveau code de droit canon. Cela est juridiquement vrai, toutefois qu' une loi et telle ou, de part son illicité, nulle ou inexistente. Il faudrait quand même préciser que l' on est face à des illégitimités d' exercise, non point d' origine (l' autorité qui les promulgue) (points 6 et 7)

La conclusion est hasardeuse du fait qu' il y voit un effet bon (la régularisation) et deux effets mauvais (le risque de relativer la Tradition en tant que bien particulier pour la seule FSSPX et le risque trahir ce même bien).

Je me permets de n' être pas d' accord avec ce constat d' un double effet mauvais: une reconnaissance ne crée pas ce bien particulier, il existe déjà dans une partie minime de l' Eglise qui a gardée la Tradition, et puis, le risque de trahir ce bien est une hypothèse (mais je laisse ouverte la subjectivité de la "crainte grave" et je ne tranche pas la dessus).

D' ailleurs les circonstances actuelles rentrent dans les critères de ce qui est prudent ou non, mais l ' autorité reste la même. Ce qui faut analyser est si l' ordre est en soi légitime ou illégitime et bien entendu, une reconnaissance sans conditions est parfaitement légitime.
images/icones/neutre.gif  ( 828308 )Lassant par Mingdi (2017-05-29 00:48:10) 
[en réponse à 828300]

Ce petit jeu a assez duré. Tout se passe comme si on acceptait au compte-gouttes des petites concessions sur les confessions et mariages mais comme si on rejetait a priori tout accord global donnant statut de prélature personnelle. Menzingen et Suresnes ne pourraient-ils pas préciser leur position et leur stratégie? Ce serait mieux pour le moral des fidèles et des prêtres. Quelqu'un sait-il où est muté M l'abbé de la Rocque?
images/icones/fleche2.gif  ( 828584 )Il ne faut pas oublier les aspects ou enjeux suivants. par Scrutator Sapientiæ (2017-05-31 08:11:36) 
[en réponse à 828257]

Bonjour à La Porte Latine,

Je crois qu'il ne faut pas passer à côté des aspects ou enjeux suivants.

1. Il ne faut pas passer à côté du fait que, dans le texte de Monsieur l'abbé Jean-Michel Gleize, il est écrit, une demi-douzaine de fois, voire une dizaine de fois : "Au contraire, la Tradition affirme" ; or

- cette notion de Tradition recouvre quel contenu, qui se distingue de quoi, qui est précis en quoi ?

- cette notion de Tradition ne désigne-t-elle pas plutôt le Magistère antérieur au début du Concile ?

- si tel est bien le cas, à chaque fois que, "au contraire, la Tradition affirme" quoi que ce soit, n'est-il pas absolument indispensable de préciser ou de rappeler davantage les références ou les sources des textes de la Tradition (ou du Magistère antérieur) dans lesquels celle-ci (ou celui-ci) affirme ce qui suit le recours à l'expression "Au contraire, la Tradition affirme" ?

2. Il ne faut pas non plus passer à côté du fait que le Concile Vatican II, là où il "pèche", ne pèche pas avant tout, ou pas seulement, à cause de ses expressions, mais pèche aussi par certaines omissions. Certes, un Concile ne peut pas "tout dire", mais le moins que l'on puisse dire est que sur certains sujets, abordés au Concile, ou sur certains thèmes, non abordés au Concile, les omissions sont presque aussi caractéristiques que les expressions.

(Je connais suffisamment l'histoire du déroulement du Concile pour pouvoir dire que dès la troisième session, et depuis l'intérieur de l'aula conciliaire, des critiques ont été exprimées en ce sens, contre le schéma qui a fini par devenir Gaudium et Spes.)

3. Il ne faut pas davantage passer à côté du fait que le plus choquant n'est pas "le renouveau dans la continuité", en l'occurrence "le renouveau dans la continuité de l'unique-sujet Eglise", ce renouveau dans la continuité n'ayant de sens que s'il porte en lui un optimum de "renouveau dans la conformation à l'Ecriture" et de "renouveau dans la continuité" de la Tradition, en tant que modèle et en tant que processus, ou, si l'on préfère, en tant que contenu et en tant que contenant, la Tradition étant vivante notamment dans la mesure où elle est reçue et transmise, et n'étant que "bougiste" si elle est seulement changeante et mouvante.

4. Le plus choquant est que ce "renouveau dans la continuité" (avec, évidemment, davantage de renouveau que de continuité...) se soit effectué hier, et s'effectue, encore aujourd'hui, sous le signe du "renouveau dans la contiguïté", du renouveau dans la contiguïté culturelle entre l'Eglise catholique et le monde contemporain, en ce sens que les hommes d'Eglise semblent vraiment vouloir de moins en moins porter un regard et tenir un discours explicitement et spécifiquement contra-positionnels, notamment et surtout dans l'ordre du croire, face aux confessions chrétiennes non catholiques, face à l'homme et au monde contemporains, ou, en tout cas, à coup sûr, face aux religions non chrétiennes.

(C'est un peu comme si l'Eglise catholique, telle la FED, dans un autre domaine, était devenue la garante, ou la gardienne, du maintien en vigueur d'une certaine forme de "forward guidance" et de "quantitative easing", dans le cadre du dialogue interreligieux...)

5. Compte tenu du fait que la crise que le catholicisme contemporain inflige à lui-même, disons depuis 1945, est avant tout une crise de foi, une crise de la foi, qui découle de la source de mutation ou débouche sur le risque de mutation dont j'ai déjà parlé, je suis convaincu depuis longtemps que ce qui est prioritaire, l'annonce de la vérité dans le domaine de la religion, est consolidé par ce qui est complémentaire, le rappel explicite et spécifique, ad intra et ad extra, à temps et à contre-temps, de ce qui éloigne de la vérité, ou oppose à la vérité, dans le domaine de la religion, et je suis également convaincu que telle n'est pas du tout, ou plus du tout, la vision des choses de bon nombre de clercs catholiques.

6. C'est ce "renouveau dans la contiguïté" culturelle qui pose aujourd'hui un problème majeur : comment peut-il y avoir, catholiquement et optimalement, "renouveau dans la conformation" à l'Ecriture, et "renouveau dans la continuité" de la Tradition, (si je puis m'exprimer ainsi) là il semble vraiment qu'il y ait, prioritairement, "renouveau dans la contiguïté" culturelle, entre l'Eglise catholique et son "environnement extérieur", dans l'esprit de bon nombre de clercs ?

(On rappellera ici que ce problème majeur se pose aussi au protestantisme, et que la prise en charge "an-orthodoxe" ou "post-orthodoxe" de ce problème majeur, par le protestantisme contemporain, permet de comprendre bien des choses sur son évolution actuelle.)

Je vous prie de bien vouloir m'excuser, si jamais ce qui précède n'est pas assez (ou pas du tout...) clair, et je vous souhaite une bonne journée.

Scrutator.