Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=827950
images/icones/hein.gif  ( 827950 )Une brocante le dimanche par ami de la Miséricorde (2017-05-22 21:42:06) 

J'aurais besoin de votre avis sur le sujet qui suit s'il vous plait.

Participer à une brocante le dimanche est-ce un péché ?

J'ai un différent avec une amie à ce sujet. Je lui ai dit que c'était un péché de participer à une activité qui consiste à vendre et acheter le jour du Seigneur.

Elle me dit aussi avoir rempli son devoir en ayant été à la messe avancée du samedi, catholique conciliaire oblige.

Par charité me dit-elle, elle a accompagné la personne à cette brocante et y a participé.

Est-ce de la charité ou par respect humain pour ne pas la décevoir ou devoir lui dire non ?

Si au moins un abbé pouvait me donner son avis. Je vous remercie d'avance.
images/icones/fleche2.gif  ( 827952 )Pourquoi pas? par Romanus (2017-05-22 21:48:23) 
[en réponse à 827950]

Il me semble que la seule chose qui soit interdite, ce sont les travaux serviles, à l'exception de ceux nécessaires pour vivre (cuisiner notamment).
En revanche, il est toujours mieux de sanctifier son dimanche en faisant autre chose que vendre lors d'une brocante. Mais je ne crois pas que ce soit formellement interdit.

Comme vous, j'attends le verdict des prêtres du forum.
images/icones/livre.gif  ( 827958 )La notion de travail servile n'est plus pertinente par Candidus (2017-05-22 23:10:34) 
[en réponse à 827952]

Depuis 1983, c'est le canon 1247 qui définit la nature du travail interdit les dimanches et jours de fête :

"Le dimanche et les autres jours de fête de précepte, les fidèles [...] s'abstiendront de ces travaux et de ces affaires qui empêchent le culte dû à Dieu, la joie propre au jour du Seigneur ou la détente convenable de l'esprit et du corps."

Autrement dit, ne sont interdits que les travaux qui nous détournent de l'assistance à la messe (mais vous pouvez y assister le samedi soir), qui nous empêchent d'éprouver de la joie ou de nous détendre.

Nous pouvons donc tout à fait vendre des articles lors d'une brocante dominicale, et a fortiori en acheter, si cela ne nous empêche pas d'assister à la messe et si cette brocante constitue pour nous un moment de joie et de détente.

Ce qui a été à l'origine de l'abandon de la notion de travail servile est le fait que les travaux où l'esprit tient plus de place que le corps se sont généralisés. Désormais, l'Église met l'accent sur le repos et la relaxation de l'esprit.

Un informaticien ne réalise pas un travail servile ; selon l'ancienne définition des travaux interdits le dimanche, il pourrait passer le Jour du Seigneur à créer des programmes informatiques. Aujourd'hui, il ne le peut pas, à moins que ce soit pour lui un moment de détente, ce dont on peut douter si c'est ce qu'il fait durant toute la semaine.
images/icones/neutre.gif  ( 827966 )Et l'argent ? par Aigle (2017-05-23 07:01:33) 
[en réponse à 827958]

Manier de l'argent le jour du Seigneur serait donc admissible ?
images/icones/neutre.gif  ( 827968 )Et le jardinier du dimanche ? par Candidus (2017-05-23 07:55:53) 
[en réponse à 827966]

Même s'il ne vend pas ses tomates, c'est autant qu'il n'aura pas à débourser pour les acheter.

L'argent existe-t-il réellement ou n'est-ce finalement que ce qu'il permet d'acquérir ? Auquel cas, je ne vois pas vraiment de différence entre vendre des brocantes (lorsque c'est conciliable avec la joie et la détente) afin d'acquérir des tomates en puissance ou bien faire pousser des tomates en acte.

Franchement, vous les trouvez stressés les brocanteurs du dimanche sur leur chaise Ikea en train de siroter une bière ? Ils ne me paraissent pas moins dans la détente que les pêcheurs qui guettent une truite et s'éviteront un passage chez le poissonnier.
images/icones/1d.gif  ( 828049 )parlesz en au trésorier de votre paroisse ... par Stephdi (2017-05-23 21:33:37) 
[en réponse à 827966]

il raffole des boutons de culottes !
images/icones/fleche2.gif  ( 827972 )Servile vient de "servus" donc parle de sub-ordonné par Glycéra (2017-05-23 12:05:39) 
[en réponse à 827958]


Alors,

Serait-ce donc réservé aux tâches manuelles ?
Celui qui ne "performe" *(angli-français) de concert ou de conférences que le dimanche, est-il manuel ?

Serait-ce aussi interdit à l'argent ? Là il me semble que oui, car il y a servitude à Mammom, voire au Diable qui pousse à organiser la vie ainsi.


Le reste, je ne comprends pas.
Je le reçois comme un pointillisme pharisien.

Pourquoi la maîtresse de maison devrait-elle tout faire le diamnche et les jours de fêtes sans recevoir d'aide ? Pourquoi serait-il interdit de rémunérer l'aide appréciable, même demandée au plus juste ?

C'est autre chose de faire exprès de faire cuisiner ou bêcher le dimanche...

Que faisaient les serviteurs des Romains qui ne pratiquaient pas le dimanche ? Ils ne péchaient pas.

Nous avons de plus en plus une difficulté, qui est de choisir de se mettre peu ou prou en marge de la lourdeur sociale qui ne dépend pas de nous. Choisir de ne jamais participer ? faire des exceptions, en connaissance de cause, et en en parlant à Dieu ? Savoir ce qu'on vit et ce qu'on fait, cela me semble l'Esprit à vivre.

Je ne fais jamais les courses le dimanche, et m'arrange même en voyage pour faire travailler les pompistes au minimum. Les gens de l'Est ou de Suisse ne sont pas en faillite parce qu'ils ferment les commerces ce jour-là !

Il me semble qu'il y a eu des fils assez clairs sur le sujet.
Je ne susi pas allée consulter les Canons ecclésiaux, mais s'ils sont déviés, l'Eglise saura aussi les corriger.


Avec mes bonnes salutations
Glycéra


* je ne trouve pas de mot en français, car on ne "donne" pas une conférence ni un concert si on est payé, ou si on est en service subordonné, on ne dit pas pas non plus exécuter (pauvre morceau musical), ni non plus jouer une conférence... Alors j'aime bien le "perform" en ce sens.
images/icones/1e.gif  ( 828008 )S'il en était ainsi ... par Balbula (2017-05-23 16:11:23) 
[en réponse à 827958]

Je pense que c'est un peu réducteur de parler de détente et de repos pour savoir ce qu'on peut ou ne peut pas faire le dimanche, ou alors, en ce cas, je ne sanctifie jamais mes dimanches ...

En effet, une mère de famille, de surcroît une organiste et une doctorante trouve bien peu de moments de détente dans sa journée dominicale ! Ça commence tôt avec la préparation partielle du repas de midi, pour que le maximum soit prêt en arrivant de la messe. Ensuite, petite revue des pièces plus difficiles que je vais jouer à la messe. Ensuite, départ pour l'église en n'oubliant rien ni pour les enfants, ni pour la chorale, ni pour l'orgue, ni pour la paroisse, et répétition d'une heure pour réchauffer la chorale avant la messe. Durant la messe, attention soutenue pour tout le déroulement liturgique et musical, aucune détente là-dedans. Après la messe, l'action de grâces, quand l'église est vide après la sortie pour laquelle j'ai souvent tout donné, je peux avoir quelques minutes de détente, effectivement.

Un peu de social, quelques petits problèmes à régler avec les uns et les autres, puis je file cuisiner pour ma nombreuse nichée. Service, vaisselle, il est souvent trois-quatre heures de l'après-midi quand je peux m'arrêter un peu. Et là, il y a les travaux universitaires à rendre, les courriels à répondre, la comptabilité à mettre à jour, les programmes musicaux à dresser et mille autres urgences intellectuelles ...

Détente ? Repos ? Dans la soirée peut-être, mais pas sûr, parce qu'il y a encore le souper à faire et la cuisine à ranger. Et quand les enfants étaient plus jeunes, c'était un feu roulant toute la journée! Le papa, luì, peut aller à la pêche, faire la sieste, mais la maman ?
Le repos dominical n'est pas fait pour elle. Ce sera pour l'au-delà. Requiescat in pace !

Union de prières,
Balbula
images/icones/neutre.gif  ( 828011 )C'est pour ça que le Catéchisme de l'Eglise catholique précise : par Candidus (2017-05-23 16:24:44) 
[en réponse à 828008]

2185 Pendant le dimanche et les autres jours de fête de précepte, les fidèles s’abstiendront de se livrer à des travaux ou à des activités qui empêchent le culte dû à Dieu, la joie propre au Jour du Seigneur, la pratique des œuvres de miséricorde et la détente convenable de l’esprit et du corps (cf.can. 1247). LES NÉCESSITÉS FAMILIALES OU UNE GRANDE UTILITÉ SOCIALE constituent des excuses légitimes vis-à-vis du précepte du repos dominical.
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 828027 )Et les kermesses de nos abbés ou chanoines par MG (2017-05-23 18:44:50) 
[en réponse à 827950]

elles ont bien lieu le dimanche ou un jour de fête (comme jeudi de l'Ascension à l'ICV).

On y vend de presque tout et donc l'argent circule.