Le Forum Catholique

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images/icones/fsspx.gif  ( 827435 )Abbé Bouchacourt : Quelques pas vers l'effacement d'une injustice par Germain (2017-05-16 14:13:48) 

ICI
images/icones/interdit.gif  ( 827437 )Texte intéressant par Germain (2017-05-16 14:16:24) 
[en réponse à 827435]

Effectivement il y eut injustice en 1975 avec ce retrait du statut canonique de la FSSPX. Mais cette injustice canonique ne doit pas faire oublier l'injustice beaucoup plus grave faîte par le concile à la doctrine.

En fait l'injustice de 1975 est directement issue de cette première injustice, en découle naturellement en quelque sorte. Comme le souligne l'abbé Bouchacourt :


« Tant qu'on n'aura pas le courage de réaliser une révision de ces choix, les mêmes causes produiront les mêmes effets, et la Fraternité Saint-Pie X continuera d'être persécutée. »



Autrement dit une éventuelle reconnaissance canonique aujourd'hui aura nécessairement les mêmes effets qu'en 1975. Ou alors c'est que le conflit aura cessé entre Rome et la FSSPX. Sera-ce que la bonne doctrine aura été rétablie dans ses droits à son tour ? Ou sera-ce que la normalisation canonique de la FSSPX aura entraîné sa normalisation doctrinale ? Dans les années 70 l'ambiguïté n'avait duré que cinq ans (érection de la FSSPX en 1970, retrait du statut canonique dès 1975), et effectivement on voit mal comment elle aurait pu durer davantage. Que serait-ce en 2017 avec un pape comme François 1er ?

Le moins qu'on puisse dire c'est que la conclusion de l'abbé Bouchacourt démontre l'inutilité de faire les choses à l'envers et qu'il ne sert à rien de s'attaquer aux conséquences sans s'attaquer aux causes.

Ce dont ce texte ne parle pas, c'est, outre son inutilité, de la grave imprudence (si ce n'est pire...) que constituerait une telle démarche. Il est vrai qu'il s'agit d'un texte diplomatique à l'adresse des « frères prêtres »...
images/icones/heho.gif  ( 827440 )Erreur lien par Germain (2017-05-16 14:26:34) 
[en réponse à 827435]

Je me permets donc de reproduire le texte in extenso trouvé en première page de LPL.




En 1975, la Fraternité Saint-Pie X fut prétendument « supprimée » par l'évêque de Fribourg, sous la pression du cardinal Villot. Depuis plus de quarante ans, nous protestons contre cette évidente illégalité et cette incroyable injustice. Rappelons, en effet, que la Fraternité Saint-Pie X a été fondée dans le diocèse de Fribourg, et reconnue par l'évêque de ce diocèse le 1er novembre 1970, en respectant le droit canonique. Tous ses actes subséquents, jusqu'à l'illégale « suppression » de 1975, ont été réalisés dans le respect du droit canonique. Les maisons qui furent ouvertes à cette époque l'ont été avec l'autorisation de l'évêque du lieu, conformément au droit canonique. Les séminaristes qui recevaient les ordres étaient munis des lettres dimissoriales requises, etc. En réalité, la Fraternité Saint-Pie X fut illégalement « supprimée » principalement parce que ses membres continuaient à célébrer la liturgie traditionnelle. Or, on essayait alors de faire croire que cette liturgie était devenue interdite, qu'il n'était plus permis de la célébrer. Le fait d'un institut sacerdotal, même modeste, qui persistait à la célébrer, constituait un obstacle à cette manoeuvre. Voilà pourquoi fut lancé en 1973, par l'épiscopat français, à propos d'Écône, le mot de « séminaire sauvage », alors que ce séminaire jouissait de toutes les autorisations canoniques requises. Puis on passa à l'attaque directe, et finalement à cette illégale « suppression » de 1975. Le cardinal Ratzinger avait conscience de cette injustice de 1975. Devenu pape, il fit donc des gestes pour en effacer certaines conséquences. En 2007, il reconnut que la liturgie traditionnelle n'avait jamais été interdite : implicitement, cela invalidait la condamnation de 1975. Puis il annula en 2009 les prétendues excommunications de 1988. Le pape François a fait lui aussi des gestes, notamment en 2016 la reconnaissance de la juridiction des prêtres de la Fraternité Saint- Pie X pour la confession et l'onction des malades. Récemment, via le cardinal Muller, il a fait un petit geste (assez flou) sur la question des mariages célébrés par la Fraternité. Il y a donc eu quelques pas pour effacer l'injustice de 1975. Mais la justice et la vérité ne seront vraiment rétablies que lorsque sera reconnue à la Fraternité Saint- Pie X la plénitude de ses droits, notamment le statut canonique qu'elle possédait en 1975. Par ailleurs, ce combat des années 1970 contre la liturgie traditionnelle, donc contre la Fraternité Saint-Pie X, n'était pas le fruit du hasard. Il était le résultat direct de certains choix calamiteux posés lors de Vatican II. Tant qu'on n'aura pas le courage de réaliser une révision de ces choix, les mêmes causes produiront les mêmes effets, et la Fraternité Saint-Pie X continuera d'être persécutée. Abbé Christian BOUCHACOURT, Supérieur du District de France de la de la FSSPX Sources : Lettre à nos frères prêtres n° 73 / La Porte Latine du 16 mai 2017
images/icones/fleche2.gif  ( 827442 )De la désinformation à l'arbitraire, en attendant la justice par Goupillon (2017-05-16 14:40:57) 
[en réponse à 827440]

Texte vraiment intéressant qui rappelle comment la subversion révolutionnaire opère. Appeler l'institut sacerdotal « séminaire sauvage » alors que la petite fondation disposait de toutes les autorisations canoniques requises s'appelle de la désinformation (j'allais dire malveillante, mais c'est quelque peu un pléonasme). Puis vient l'abus d'autorité, la décision arbitraire de supprimer la jeune congrégation. La régularisation de la FSSPX n'est qu'un retour à la normale : c'est revenir sur cette « suppression » en effet injuste, illégale et illégitime, et redonner ses droits à la Fraternité.
images/icones/neutre.gif  ( 827444 )Il me semble que le pape Benoit XVI par Donapaleu (2017-05-16 15:00:35) 
[en réponse à 827440]

n'a pas dit que la liturgie traditionnelle n'avait jamais été interdite, mais jamais abrogée. Elle a été interdite de fait (la nouvelle liturgie ayant été rendu obligatoire) sans être abrogée. Le pape Benoit XVI a levé l'interdiction en 2007.
C'est comme le terme de "suppression illégale de la FSSPX" en 75, ne devrait-on plutôt pas dire illégitime ?
images/icones/fleche3.gif  ( 827446 )C’est évident, le texte romain sur les mariages est une avancée par Ennemond (2017-05-16 16:40:06) 
[en réponse à 827440]

Certains prêtres et fidèles, visiblement craintifs que la situation du traditionalisme s’améliore, avaient déjà essayé, à mesure que les barrières étaient levées, de faire croire que le Motu Proprio était un piège ou un malheur (sous prétexte que le texte était imparfait). D’autres avaient essayé aussi de refuser l’évidence lors de la levée d’excommunication, en jouant sur les mots retrait/levée. Aujourd’hui, alors qu’il est indéniable que ce texte sur les mariages est une avancée, quelques-uns auraient voulu que leurs supérieurs n’y voient pas une amélioration de la situation, mais qu’ils refusent énergiquement auprès du Saint-Siège cette dernière faveur. Ce refus n’avait d’ailleurs qu’une visée : hypothéquer toute possibilité de reconnaissance canonique.

Quand on regarde a posteriori les textes de Mgr Williamson, on constate qu’en 2001, il acceptait d’envisager une régularisation si les deux préalables étaient concédés. Peut-être imaginait-il que ces demandes étaient tellement inouïes qu’elles ne seraient jamais acceptées. Mais avec le temps, les concessions se sont multipliées, ce qui était impensable hier est devenu envisageable et les plus craintifs ont peu à peu relevé leurs exigences. Après les préalables, nous avons engagé des discussions doctrinales. Le Saint-Siège l’a accepté. Dix ans après, on se réfugie maintenant dans mille et un préalables, que seraient la condamnation du Novus Ordo, l’abrogation du Concile et du nouveau code de droit canonique, l’ouverture de la cause de Mgr Lefebvre, etc. Il y a quelques années, nous sabrions le champagne avec nos prêtres à l’idée de voir Rome régulariser la Fraternité sans condition. Aujourd’hui que cette heure est arrivée, l’échauffement des esprits semble avoir transformé le breuvage de quelques-uns d’entre eux en un amer vinaigre.

Cet état d’esprit relève d’un doux romantisme où les commentateurs du net ou d’ailleurs ne cherchent même plus à se projeter sérieusement et à s’imaginer une sortie de crise réaliste. Ils ne semblent qu’épier et diaboliser ceux qui s’aventureraient à l’envisager quand ils ne les accusent pas, par un complotisme extrapolé, d’être des vendus à la solde ennemie. De ces postures sortent des critiques montées en épingle, quand elles ne sont pas déplacées, qui accusent Mgr Fellay de brader l’héritage qu’il a reçu. A vrai dire, ces accusations touchaient déjà Mgr Lefebvre de son vivant. Les critiques pourront toujours pleuvoir, il n’en restera pas moins, que le fondateur et ses deux successeurs n’ont pas varié d’un iota sur ce qui a entraîné l’opprobre de ces dernières années. Ni Mgr Lefebvre, ni l’abbé Schmidberger, ni Mgr Fellay, que ce soit en 1970, quand la Fraternité était « en règle », que ce soit en 1988 quand elle était en passe de l’être, ou encore aujourd’hui, quand le pape l’envisage à nouveau, n’ont eu l’idée de faire célébrer le Novus Ordo ou d’adopter les innovations répandues à la suite du dernier concile. La situation du monde et de l'Eglise est suffisamment difficile et l'état de la France grave pour qu'il n'y ait pas besoin de se réfugier dans des constats erronées car passionnées et dans des guerres fratricides inutiles.
images/icones/fleche2.gif  ( 827476 )Correctif par Germain (2017-05-17 02:03:05) 
[en réponse à 827446]

ou alors il faut préciser. Si vous parlez du plan doctrinal ou liturgique soit. En revanche dans les relations avec Rome les variations sont évidentes. A l'instar de Mgr Lefèbvre jusqu'aux sacres(ce qu' il est bon de préciser), Mgr Fellay autant que l'abbé Schmidberger ont varié sur le sujet d'un accord (appelez cela reconnaissance canonique si çà vous fait plaisir).

Il suffit de lire les conférences et textes de toutes sortes de Mgr Fellay dans les années 2000 où le mot préalables est d'ailleurs très bien expliqué.

Préalables à quoi ? Préalables à des discussions doctrinales et non à un réglement direct de la situation canonique. Discussions doctrinales qui ont d'ailleurs été interrompues, qui n'ont jamais été rendues publiques, ce qu'à titre personnel je déplore car, contrairement à ce que beaucoup disent, il y aurait eu beaucoup à en attendre (sans "doux romantisme" d'ailleurs, je ne me suis jamais fait beaucoup d'illusion sur la possibilité de convaincre Rome soudainement en un round de joutes théologiques.).

A l'époque (années 2000) Mgr Fellay envisageait juste de faire les choses dans l'ordre, en s'attaquant aux racines du mal (le problème doctrinal) avant la situation canonique qui n'en n'est qu'une conséquence. Doux romantisme ? Non, bon sens tout simplement. Le supérieur fait l'inférieur, non l'inverse, et cela, que vous le vouliez ou non est là aussi une maxime de bon sens. Et tant que le supérieur est dans l'erreur ou prêche l'erreur il est nécessaire de se protéger, c'est aussi simple que cela.

Le doux romantisme c'est de penser qu'en se mettant pieds et poings liés sous la coupe directe du pape et aussi des évêques (puisque sur le plan canonique Mgr Fellay a même lâché l'idée d'une administration apostolique universelle proposée par Rome dans les années 2000 qui aurait sans doute été un moindre mal), on arrivera à les ramener à la bonne doctrine.
images/icones/fleche3.gif  ( 827484 )Une remarque devenant un principe intangible par Ennemond (2017-05-17 10:16:12) 
[en réponse à 827476]

Le début des années 2000 marquait beaucoup moins nettement que vous ne le dites le fait que l'obtention des préalables déboucherait sur des discussions et non sur une régularisation. L'ambiguïté a peut-être entraîné des incompréhensions de part et d'autre. Au milieu des années 1980, lorsque la FSSPX demandait ces mêmes préalables, elle le faisait de façon explicite et conjointe avec l'obtention de la structure canonique.

La phrase "les supérieurs font les inférieurs et non l'inverse" est une remarque ponctuelle et bien fondée de Mgr Lefebvre, pour un bon nombre de cas, invitant d'ailleurs à la prudence. Mais on ne peut en faire un principe intangible, car Mgr Lefebvre s'en est affranchi bien des fois lorsqu'il a envisagé sérieusement la régularisation de la Fraternité, lorsqu'il l'a créée sous la juridiction des autorités romaines et diocésaines en 1970. Il l'a également bien vu quand il a abandonné la Congrégation des Pères du Saint-Esprit aux inférieurs qui ont fini par formater l'œuvre à son encontre. L'histoire de l'Eglise est également là pour montrer que bien des saints ont continué à agir saintement en dépit du gouvernement et des ordres de supérieurs corrompus tant moralement que doctrinalement.

D'ailleurs, les contestataires de la Fraternité imaginent eux-mêmes agir de l'intérieur pour changer l'ordre de choses. Il est d'ailleurs étonnant que cette remarque soit présentée depuis peu comme un principe intangible chez des subalternes qui expliquent qu'ils n'ont plus de confiance en leurs propres supérieurs. S'ils pensent pouvoir organiser des actes d'insubordination marquée, c'est, affirment-ils, que la foi serait en cause. Alors pourquoi se maintiennent-ils sous une hiérarchie en laquelle ils n'ont pas confiance et ne brandissent-ils pas cette remarque que vous présentez comme un principe intangible ?
images/icones/neutre.gif  ( 827481 )A Ennemond par Mingdi (2017-05-17 09:07:32) 
[en réponse à 827446]

Vous parlez d'or, probablement. Cela dit, j'ai un doyen limogé "qui ne regrette rien". Les prêtres du diocèse de France sont divisés sur le sujet. Une hémorragie de prêtres (et de fidèles) FSSPX en France serait dramatique pour la dite Fraternité. Il serait bon que le Supérieur pour la France abandonne la méthode à la hache. En ce qui me concerne, le statut de prélature personnelle ou pas, je m'en fiche un peu. Le petit jeu de "on avance braves gens", "le dialogue est constructif", "demain sera un autre jour", etc... a assez duré. Maintenant, il faut trancher, dans un sens ou dans un autre.
images/icones/hein.gif  ( 827482 )Faut-il trancher ou ne pas trancher ? par Ennemond (2017-05-17 09:41:50) 
[en réponse à 827481]

N'y a-t-il pas une contradiction entre vos deux phrases ?


Il serait bon que le Supérieur pour la France abandonne la méthode à la hache.




Maintenant, il faut trancher, dans un sens ou dans un autre.

images/icones/neutre.gif  ( 827502 )[réponse] par Mingdi (2017-05-17 18:05:07) 
[en réponse à 827482]

Vous avez raison, c'est confus. Je résume :
- trancher les têtes des prêtres : non
- trancher rapidement la question du statut : oui
images/icones/fsspx.gif  ( 827483 )Anarcho-traditionalisme par Peregrinus (2017-05-17 10:14:45) 
[en réponse à 827481]

Il me semble que si en conscience le supérieur du district de France avait pu prendre un autre parti que celui de sanctionner des confrères que certainement il estime, il n'est pas douteux qu'il l'aurait fait. Il suffisait à cet égard d'entendre M. l'abbé Bouchacourt pour percevoir combien la décision qu'il avait prise lui coûtait.

Lorsque l'on a été le témoin de la conduite lamentable de certains fidèles parisiens - qu'assurément les sept signataires n'auraient pas avouée, il est vrai - on doit hélas penser qu'il était urgent de crever l'abcès.

Il s'est répandu dans le milieu traditionnel français comme une forme d'anarcho-traditionalisme, qui se manifeste à deux niveaux : tout d'abord au niveau doctrinal et dans les rapports avec le reste de l'Eglise, où l'identification abusive de l'indéniable crise de l'Eglise avec un état de nécessité aussi universel qu'absolu et intégral - qu'on se donne rarement la peine de prouver - conduit à la négation dans les faits de l'Eglise et de sa juridiction.
Dès lors, on peut absolument tout justifier et il n'y a plus de limites.

Au niveau pratique et dans la FSSPX, toujours au nom de la nécessité et du combat de la foi, on en vient à penser que tout prêtre doit continuellement prononcer sur tout, sans et même contre sa hiérarchie. Très curieusement, on adopte en pratique des positions très proches du conciliarisme richériste du XVIIIe siècle, selon lequel tout prêtre ayant reçu le sacrement de l'ordre est en tant que tel apte à donner son avis en toutes circonstances.
De là la manie des déclarations, des prises de positions de toutes sortes qu'on observe chez certains, tant clercs que laïcs. Sur ce point les contradictions ne manquent pas, car les mêmes reprocheront tantôt aux supérieurs de la Fraternité de pas s'en prendre aux erreurs dans leur prédication, tantôt d'avoir réservé leurs remarques pour un passage de leurs sermons au lieu d'avoir publié un communiqué. Dans l'affaire récente, on ne peut qu'être frappé de relever que les sept signataires n'ont pas jugé bon d'attendre avant de se prononcer les directives de la Maison générale ou du district, comme si celles-ci tardaient trop à venir.
On oublie, puisqu'on aime les comparaisons révolutionnaires, qu'il a fallu attendre mars 1791 pour que Pie VI publie le bref condamnant la Constitution civile du clergé du 12 juillet 1790 ; que le synode janséniste de Pistoie de 1786 n'a été condamné qu'en 1794, parce que les autorités attendaient les circonstances favorables et voulaient produire un document irréprochable. Qu'auraient dit de ces longs silences de Pie VI, à l'époque, nos actuels partisans du combat de la foi à outrance ?

Comme la subordination dans l'Eglise forme une longue chaîne dont on ne peut rompre un anneau sans que les conséquences s'en fassent partout ressentir, cet anarcho-traditionalisme ne laisse pas de se manifester également chez des laïcs très persuadés d'être investis de la mission de sauver une doctrine à laquelle il n'est pas rare qu'ils n'entendent rien : d'où les scènes peu édifiantes auxquelles on a pu assister à Saint-Nicolas-du-Chardonnet.

Il fallait donc trancher. Le supérieur de district l'a fait, cela lui a causé certainement une douleur bien vive, mais, comme il l'a dit, il l'a fait devant Dieu, pour le bien commun et le respect des principes de la discipline et de l'esprit ecclésiastiques.

Peregrinus
images/icones/fleche2.gif  ( 827486 )Et encore, le supérieur a été indulgent par Regnum Galliae (2017-05-17 11:33:56) 
[en réponse à 827483]

d'autres en leur temps avaient purement et simplement été exclus.

Plus globalement, les deux positions ne reflètent-elles pas une scission entre sédévacs et ceux qui reconnaissent la légitimité de François 1er ? En toute cohérence, les premiers ne pourraient jamais accepter une régularisation, pas plus que les seconds ne pourraient la refuser. Nous sommes donc face à deux parties totalement inconciliables et même incompatibles. Me trompé-je ?
images/icones/fleche2.gif  ( 827487 )Ce n'est pas aussi simple ! par Jean-Paul PARFU (2017-05-17 12:24:07) 
[en réponse à 827486]

1) des habitudes d'indépendance ont été prises, depuis maintenant plus de 40 ans, et beaucoup estiment qu'on ne s'en porte pas plus mal sans liens organiques avec Rome dans les circonstances actuelles et que, dès lors, il n'y a aucune raison que ça change ;

2) et surtout, il y a un énorme problème de confiance. Beaucoup ne croient pas à la bonne volonté de Rome et pensent que les propositions de Rome sont uniquement faites pour permettre un "baiser de la mort". C'est sur les propositions faites jusque-là et ce problème de confiance que tout butte depuis une trentaine d'années. Je parle d'une trentaine d'années, puisqu'auparavant Rome était uniquement dans le mode sanctions et non dans le mode négociations.

Comme l'explique l'abbé de Tanoûarn, Mgr Fellay est plutôt minoritaire sur sa position au sein de la FSSPX. Comme dans toute organisation confrontée à ce type de choix, il y a trois positions au sein de la FSSPX sur ce problème des négociations avec Rome : ceux qui sont "pour", qui sont minoritaires, mais qui ont le pouvoir, ceux qui sont "contre", qui sont plus nombreux, mais qui n'ont pas le pouvoir et la majorité qui reste silencieuse et qui attend de voir ce qui va se passer.
images/icones/francis2.gif  ( 827498 )C' est ce que j' avais envisagé par Alanian (2017-05-17 17:23:47) 
[en réponse à 827487]

lors d' un Communiqué de Mgr Fellay du 26 juin 2016 qui m' avais un peu deçu du fait qu' il semblait retrancher l' acceptation d' une reconnaissance canonique (moi même étant pour dans les conditions requises).

A ce moment j' avais évoqué la possibilité d' une autre cause de justification, différente à l' état de nécessité, la "crainte grave".

Mais celle ci n' est pas évidente. Tout d'abord, elle est subjective (ce n` était pas le cas de l' état de nécessité de Mgr Lefebvre qui, elle, était objective: necéssité de poursuivre la Tradition, et donc de consacrér des Evêques). Ensuite, elle peut retomber sur un fait présent ou futur, mais non pas hypothétique.

De là ma question: est ce qu' on peut recheter une reconnaissance canonique du seul fait de prévoir que celle ci serait une piège? Pour ma part, je ne le vois pas. Je penche plutôt pour faire valoir la cause de justification, quelle qu' elle soit, au moment précis.

Par exemple, j' estime que les Franciscains de l' Immaculée se sont trouvés face à un état de nécessité lorsqu' on leur a interdit de célébrer la Messe traditionnelle. Bien entendu, ils ne l' on pas vu ainsi car ils étaient bi ritualistes, mais il auraient pu invoquer la dite cause.
images/icones/neutre.gif  ( 827564 )[réponse] par Mingdi (2017-05-18 11:18:37) 
[en réponse à 827487]

Excellente analyse, Maître. Permettez-moi une remarque au sujet du point 2 : la méfiance. Paul VI c'était les gros yeux : obéissez! Jean-Paul II laissait faire le cardinal Ratzinger : vous aurez un évêque; à la Saint Michel?; non, à la Saint Glin Glin. D'où la méfiance de Mgr Lefebvre, et la rupture après une nuit blanche. Pour rétablir la confiance, surtout celle des ED, le même Ratzinger, devenu Benoît XVI, a accordé la messe tridentine et levé les sanctions. Mais, voyant que la FSSPX continuait son bonhomme de chemin hors statut, il lui a présenté un ultimatum : "signez ce parchemin ou je vous réexcommunie". Et de refiler l'exécution de la chose à son successeur François, qui s'est bien gardé de le faire. Lui c'est l'argentin, jésuite, mais qui veut être ami avec tout le monde, en bon démagogue péroniste. On va signer, on va signer, c'est comme si c'était fait, aujourd'hui peut-être ou peut-être demain, ... Et pendant ce temps-là le petit monde FSSPX s'agite. Sept doyens sur dix, mais a t-on réussi à joindre les trois autres?, expriment publiquement leurs doutes. On est au bord du schisme interne. Etait-ce cela le but recherché? Je me garderai bien de confirmer. En tout cas, la confiance ne règne pas.
images/icones/hein.gif  ( 827448 )Ce texte est volontairement erroné (mensonger?) par Raoul (2017-05-16 17:01:34) 
[en réponse à 827440]


En 2007, il reconnut que la liturgie traditionnelle n'avait jamais été interdite : implicitement, cela invalidait la condamnation de 1975. Puis il annula en 2009 les prétendues excommunications de 1988



Les excommunications fulminées en 1988 n'ont pas été annulées mais levées. Or juridiquement cela n'a pas la même signification (http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cbishops/documents/rc_con_cbishops_doc_20090121_remissione-scomunica_fr.html)

L'annulation revient a dire qu'elles n'ont jamais eu lieu (position de la FSSPX jusqu'en 2009).
La levée revient à dire que l'excommunication était réelle et que l'on pardonne un acte effectivement schismatique.

Ce n'est évidemment pas la même chose et Monsieur l'abbé BOUCHACOURT ne peut ignorer cette différence.

C'est ce mépris du droit et de la vérité qui cause les problèmes d'aujourd'hui (comme ceux d'hier).

Raoul (qui en reste à la position de la Fraternité Saint Pie X: Ni schismatiques, ni excommuniés).

Pour ceux que cela intéresse: http://www.livresenfamille.fr/p1041-christophe_hery_non_lieu_sur_un_schisme.html

images/icones/neutre.gif  ( 827473 )S'agissant... par Meneau (2017-05-17 01:44:39) 
[en réponse à 827448]

d'une excommunication latae sententiae, je ne vois pas vraiment ce qu'on cherche à montrer lorsqu'on introduit cette subtile distinction entre levée et annulation.

Même une excommunication injuste doit être levée par l'absolution.

Si l'on invoque la nullité ex causa (ce qui est me semble-t-il le cas lorsqu'on fait appel aux canons 1323 et 1324), Gratien considère qu'on n'est pas lié devant Dieu tant qu'on respecte cette excommunication, mais que si l'on n'en tient pas compte, on rend justifiée cette excommunication jusque là injuste et on se lie devant Dieu. Or une fois lié devant Dieu, on ne peut être délié que par l'absolution...

Cordialement
Meneau