
( 827468 )
En essayant de comprendre... par Paul Reveriche (2017-05-16 22:42:11)
[en réponse à 827355]
Merci également de ce travail.
Je me demandais : c'est nous-mêmes qui sommes appelés à porter chaque jour notre croix, et non pas nos valeurs, non ? Les personnes parfois sauvées, les valeurs peuvent y aider.
Des valeurs crucifiées ?! Elles sont aussi, nécessairement humaines peut-être.

( 827490 )
Oui certainement... par Paul Reveriche (2017-05-17 14:15:49)
[en réponse à 827468]
Ce que je voulais dire c'est qu'il y a les personnes d'un côté, et les valeurs de l'autre, et que l'on peut parler de personne qui donnent vraiment leur vie, mais quant au fait de parler de valeurs crucifiées, cela me paraissait très différent, et peut-être une ambigüité.
Sans parler de la différence de sens : des personnes qui donnent véritablement leur vie, mais des valeurs qui se sacrifient ce serait des valeurs qui se nient (elles-mêmes ?!).
L'expression me semblait donc comporter un sens équivoque assez éloigné du "don de soi" !
Merci pour votre message.

( 827492 )
En creusant les formules ... par Glycéra (2017-05-17 15:52:47)
[en réponse à 827490]
Merci d'attirer l'attention là-dessus.
Je n'avais pas noté la crucifixion d'une chose, fut-elle une "grande valeur".
Je l'avais entendue : une grande aspiration qui nourrit au point de devenir une composante de soi. Et j'ai lu surtout la différence entre l'humain (fut-il beau, éthique, généreux etc.) et le spirituel (accroché, branché au Ciel à venir, ou déjà dans le coeur où vit Dieu).
Ainsi, il me semblait repérer la différence à ce que les unes étaient poussées d'en bas, par les hommes, exaltées, et les autres reçues d'en haut, donc aptes à être offertes, l'homme s'en détachant, se dépouillant en acceptant d'être crucifié, y compris dans ses valeurs spirituelles auxquelles il ne se cramponne pas pour se sauver lui-même.
Cela rejoint d'autres propos du père Molinié : -via la petite voie de Ste Thérèse- l'homme n'a pas à se sauver lui-même, à se mouvoir, se hisser par lui-même, mais à accepter d'être mû, hissé, attiré en haut. Il n'a pas à escalader, mais à se détendre, à se mettre en équilibre, à se rendre mobile, pour être plus aisément mû par Dieu. L'homme qui ne s'effeuille pas, ne se dépouille pas, ne lâche pas ses boulets, ne sera jamais sauvé, aspiré à Dieu.
Ainsi, - autre propos d'autres conférences- l'homme ne peut construire, à partir de quelque société humaine qu'elle soit, une vie salvatrice, un progrès vers le Ciel, une production spirituelle qui vienne de sa matière, et il voit là l'hérésie marxiste, poussant à font la logique de l'erreur de Teilhard de Chardin.
En effet, si on sépare les "valeurs" comme des objets manipulables, et non comme des composantes intrinsèques de l'âme humaine, on reste choqué par la phrase. Merci de votre perspicacité.
Que les mots sont délicats !
Vivement le jour où on peut voir sans les mots, et sans les idées.
C'est vivement le jour où on peut courir, voler, danser, sans béquilles ! Sera-ce cela se libérer de son corps, et mettre son âme, vers le monde éternel ?
Cela relativise toutes les élucubrations et tous les espoirs politiques, renvoyant l'administration sociale à sa juste petite place contingente.
Nous n'en sortirons jamais par nos moyens, fussent-ils nommés éthiques, sagesse, ou autres développements de relation au cosmos !
Seule la réponse au "Veux-tu ?" * de Dieu nous allège, et nous permet de décoller !
Se sacrifier n'est pas se nier, comme vous le proposez, mais se faire-sacré (étymologie), se préparer pour être donné, donc donner nos "valeurs" (pas les boursières pourrissables), mais les autres, même les forces des vertus pratiquées de la plus haute façon. Se détacher, abandonner tout dans les mains de Dieu, pour qu'il mette le feu à notre être devenu complètement combustible à Son amour. La cire ne brûle pas seule... L'Esprit est la flamme, qui fera monter la cire quand Dieu aura jugé le temps venu.
Jésus s'est sacrifié. Il ne s'est pas nié.
Qu'en pensez-vous, cette approche est-elle correctement vue ?
Encore merci de ce point où j'ai pu entrer.
Avec mes bonnes salutations
Glycéra
* Autre mot du père Molinié, il y insiste beaucoup : "Veux-tu ... te laisser faire, veux-tu ... tout donner,... tout : même et surtout ta pauvreté, car Moi Dieu, je n'ai pas cela en moi, et je désire l'avoir si tu M'aimes et m'en fais cadeau."