Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=826595
images/icones/macos.gif  ( 826595 )Que vous suggère cette citation ? proposant la consécration de tout le monde par Glycéra (2017-05-07 16:10:11) 




" Devant un monde qui, n'en doutons pas un seul instant, court à sa ruine, le Vicaire * de Jésus-Christ éprouve le besoin de le donner en gage à Notre-Dame car elle seule peut le sauver de l'anéantissement."

Le père Molinié s'insurge contre ce commentaire de "tradis" ** .
Qu'est-ce que vous choque dans ces lignes ? Rien ? Quoi ?

Si le sujet vous intéresse, je mettrais au propre les réponses données par le père Molinié. Elles m'ont éclairée, cela a beaucoup précisé la manière utile de voir et de dire ces choses.

Glycéra
qui cogite les tenants et les buts des "prières pourla France" lancées en ce moment.


PS Ce message est annoncé dans une réponse d'un fil précédent


* Commentaire venu pour présenter un acte de Jean-Paul II
"A la mère du Christ et de l'Eglise, je consacre tout le monde, toutes les natiosn de la terre, tous les hommes, car elle est leur mère à tous.
Je lui consacre particulièrement ceux pour qui la vie est plus difficile, plus dure, ceux qui souffrent physiquement ou spirituellement, qui vivent dans la misère, qui subissent des injustices ou des dommages ..."

Vatican 2 mai 1979


** (traditionnalistes ne refusant pas la Papauté, note du père Molinié)
images/icones/neutre.gif  ( 826600 )Simplement que la.... par Pol (2017-05-07 19:17:30) 
[en réponse à 826595]

.....consecration de la Russie n'a pas été faite comme demandé par Notre Sainte Mère au Ciel.
images/icones/heho.gif  ( 826604 )Louis XIII par Aigle (2017-05-07 20:13:15) 
[en réponse à 826600]

Comme le Roi a consacré la France à la Très Sainte Vierge seul le Tsar pourrait faire de même pour la Russie.
images/icones/pelerouin1.gif  ( 826605 )Le vrai problème de la consécration de la Russie par BK (2017-05-07 20:52:39) 
[en réponse à 826604]

révélé ici.
images/icones/1w.gif  ( 827379 )C'est aux Russes de demander par PEB (2017-05-15 10:59:45) 
[en réponse à 826605]

Ce sont les Russes eux-mêmes qui devraient demander la consécration de leur sainte patrie. Les évêques, dont le Pape, n'en sont que les instruments disponibles.
L'Église catholique ne peut rien faire à ce sujet sans l'invitation, ou, du moins, le consentement bienveillant du prince, qui tient son diadème de la Providence. Le contraire serait interprété comme une ingérence dans la vie des nations et des Églises.
images/icones/neutre.gif  ( 827383 )Bien sur, ce serait un beau geste .... par Pol (2017-05-15 13:12:43) 
[en réponse à 827379]

....de prevenir les hautes Autorités Russes, mais strictement, le Pape peut consacrer qui il veut, quand il veut. Et qui sait, peut-etre que ce geste fera des conversions massives en Russie. Notre Dame de Fatima, touchez le Coeur des Autorités temporelles et Romaines...
Ave Maria.
images/icones/5a.gif  ( 827387 )On ne consacre pas un pays contre son gré par PEB (2017-05-15 13:33:34) 
[en réponse à 827383]

La consécration ne peut revêtir sa pleine efficacité que si elle est demandé par son bénéficiaire. Or, c'est bien tout son cœur qu'il faut donner au Cœur Immaculé. La consécration est d'abord un chemin.

Si la Russie l'avait demandé dès 1917, il y aurait eu alors une vague de conversion. Or, il lui est arrivé ce qui arriva à Acaz: « Écoutez, maison de David ! Il ne vous suffit donc pas de fatiguer les hommes : il faut encore que vous fatiguiez mon Dieu ! » (Is 7, 13)

Donc Rome a rusé avec Moscou par une consécration inclusive: en mettant l'Univers entier aux pieds de la Sainte Vierge. Car l'Univers n'est pas une personne morale précise mais la communauté des hommes dans toute sa diversité.
images/icones/1h.gif  ( 827404 )ND doit être un peu stupide alors... par Romanus (2017-05-15 21:22:25) 
[en réponse à 827379]

Que n'a-t-elle pensé à tous ces arguments?

Quand Elle sollicite cette consécration, nous sommes en 1917. C'est sûr que le peuple russe allait la demander....et surtout ses dirigeants!
images/icones/1b.gif  ( 827434 )Elle est trop simple par PEB (2017-05-16 14:04:57) 
[en réponse à 827404]

La Sainte vierge est la simplicité immaculée. Sa Sagesse, dont le chemin n'est pas celui des hommes, est parfaite.

La diplomatie, tout ça, elle s'en fiche un peu. Les pécheurs sont de gros lourdeaux qui font tout compliqué. Et après, on s'étonne de ne jamais rien comprendre à rien. Mais n'est-ce pas l'attitude des disciples du début à la fin des Évangiles?

Notre bonne amie Gycéra saura compléter mon propos...
images/icones/livre.gif  ( 827445 )Judas était un fin diplomate... par Glycéra (2017-05-16 16:13:34) 
[en réponse à 827434]



en effet...
Connu pour cela.
Pour tenter d'esssspliquer, d'arranger, de parloter... **
Avec les meilleurs arguments scripturaires, lui de belle famille bien instruite, et de très bon miiiiiliiiieu !

Intéressant de lire, en langage actuel, les motivations des actes de Judas, sa longue habitude de manoeuvrer...

le "Judas"
de Lanza del Vasto *

Ce livre met en roman les pensées et les manoeuvres de Judas pour se faire bien voir, et même pour forcer le destin dans le sens de son idée à lui.

Qu'est-ce que la "diplomatie" ? Une vertu ou une manoeuvre ? Tout est là. La ruse est-elle simple ? Sûrement pas, si Jésus précise "soyez rusé comme des serpents, et simples comme des colombes". N'est-ce pas l'art d'arranger les choses sans les dire, ou sans qu'elles soient manifestement et tout de cru ce qu'elles sont ?

Marie est une, toute une. Unifiée.
Le contraire de notre Ennemi di-viseur.


Avec mes bonnes salutations
Glycéra


* J'étais très réticente quand j'ai vu ce livre, détestant fouiller dans les choses glauques, et finalement, je l'ai trouvé simple, direct, et bien analysé dans un sens très vraisemblable des combines humaines, et de là où elles mènent celui qui s'y plonge.

** A C Emmerich le raconte même, notant que c'est une des très rares fois où elle a entendu Marie intervenir, lui demandant de faire confiance à Jésus au lieu d'échaffauder dans son coin et à son style...
images/icones/heho.gif  ( 826606 )Non ! ! il faut sortir de ces débats : "elle" est / elle n'est pas faite ! C'est autre. par Glycéra (2017-05-07 20:56:50) 
[en réponse à 826595]

Non, non...
Il ne s'agit pas de reprendre con vieux vélo qui tourne tout seul dans les cervelles dès qu'on met "consécration et monde" dans la même phrase.


Un indice ?
J'ai donné le lien, vers une allocation de Jean-Paul II en Pologne en mai 1979.

Donc ce qui a fait réfléchir, et qui est bien plus profond, théologique même est ailleurs, et j'ai précisé que c'est DANS cette phrase qui commente les propos du pape.

Il faut aller bien plus à l'essentiel des concepts : pour notre monde, et son but.


Glycéra

images/icones/neutre.gif  ( 826611 )Glycéra, voulez-vous nous eclairer.... par Pol (2017-05-08 08:16:24) 
[en réponse à 826606]

....encore un peu? Je ne vois pas clair encore. Merci.Le sujet est pivotal...
images/icones/1a.gif  ( 826616 )J'aurais dû titrer : commentant la proposition de consacrer... par Glycéra (2017-05-08 10:39:32) 
[en réponse à 826595]


J'ai (pourtant) cherché, pour cette boîte réduite qu'est une ligne de 80 caractères, comment rédiger le titre, et j'ai induit vers une voie de côté.

Pardon.

Les lignes du Pape donne le point de départ.
La critique éclairante du père Molinié cible le commentaire...

Est-ce un indice ?



Quand je l'ai entendu lire, j'ai sursauté d'abord à sa critique de "tradis". Petite case où il allait assaisonner des gens sur une faille où je suis peut-être ? Car j'ai tant et tant appris, reçu, été nourrie par les paroles qu'il a données que j'avais un peu peur d'une coupure, si j'ose dire, entre nos âmes.

J'ai donc arrêté l'écoute, et j'ai noté, pour travailler, sur la phrase qu'il allait démonter... Qu'est-ce qui pouvait bien le choquer la-dedans au point qu'il sorte de sa discrétion approbative des positions "tradies".



J'ai repéré :

° le côté passif, automatique ? presque subjectif prêté au Pape : "il a éprouvé le besoin de..." car un besoin ne s'éprouve pas, une tentation, oui, est un sujet d'épreuve, on n'éprouve pas une pensée, mais un sentiment, une pulsion ; un besoin est, c'est tout, il est là, et à nous de le repérer pour le satisfaire ou le redresser. Mais, je n'ai pas pris cela avec gravité, pas assez pour déranger le père Molinié

° le côté mercantile ? donner en gage, sauver du néant... qui est repasser à Notre-Dame "la patate chaude" dont on ne sait quoi faire, c'est à la fois voir la glissade où le monde (et les tradis chrétiens avec) s'est fourré, et cela n'exprime pas de repentir, ni de participation autre que lui refiler le boulot ! (Comme certains disent : - Jésus a payé pour moi, évidemment, puisque je ne sais pas faire tout seul. Mais Lui est Dieu, Il lui est possible de payer à taille de Dieu. -- Position protestante, ou janséniste). Mais le père Molinié aurait seulement critiqué le manque de confiance exprimée, et dans l'urgence d'une situation, on peut parfaitement être gauche dans ses formules.

° le côté sûr de soi ? de ses pensées, de ses constructions, de ses blocages fatalistes chez les tradis péremptoires : - tout est foutu, et il va falloir le subir, et quelque part un peu c'est la faute des autres... Mais critiquer les comportements de forme n'est pas dans la ligne du père Molinié non plus...




Alors j'ai posé le crayon, et j'ai remis la conférence en route...
Et ce fut une révélation, intime, certaine, évidente...

En même temps qu'une simplification de la vue sur notre tâche de chrétien.


Je vais commencer à mettre ses notes au propre, pour vous livrer cette analyse, fine, profonde, théologique, et donc très positive pour nos actes à venir, pour notre vie intérieure dès aujourd'hui...

Sont-ce là des pistes qui vous suffisent pour chercher ce qu'il a pu cibler ?



Merci de votre question
En communion pour vivre en conformité avec le coeur de Dieu !

Glycéra
images/icones/neutre.gif  ( 826620 )Laissez nous savoir vos vues.... par Pol (2017-05-08 11:48:48) 
[en réponse à 826616]

....car je traine un peu sur internet et en plus je suis sourd. MERCI.
( Je n'oublie pas que vous etiez une des premieres a m'accueillir sur le FC et je n'oublie pas ceux/celles là...)
images/icones/info2.gif  ( 826623 )D'ici deux ou trois jours, vous aurez les notes par Glycéra (2017-05-08 12:33:55) 
[en réponse à 826620]


que je vais prendre en réécoutant pour transcrire la conférence du Père Molinié.

Très éclairant dans nos choix d'actes, et particulièrement dans les choix civiques... Quelle est notre vie de chrétien ?

C'est une des conférences dans la série :
Le Curé d'Ars et Vatican II - 1979

Une mine de paroles d'Or !
images/icones/neutre.gif  ( 826641 )Merci beaucoup.... par Pol (2017-05-08 14:45:34) 
[en réponse à 826623]

.... bonne fin de journée et salutations du Grand Sud...
images/icones/carnet.gif  ( 827354 )Enfin transcrite, cette réponse par le Père Molinié... par Glycéra (2017-05-14 23:00:43) 
[en réponse à 826595]


Je vous prie d'excuser le délai...Pas réussi à faire plus tôt !

Je résume le propos, puis je donne quelques lignes extraites in extenso de la conférence du père Molinié en 1979, mais les mots n'ont pas vieillis...



Voici la teneur :

Le problème ainsi posé (avec « le monde va à sa ruine ») n’est pas doctrinal.

La difficulté est une différence de sensibilité spirituelle entre gens qui n’aiment pas Jésus : Jésus crucifié.

Ce que nous voyons dans le monde va à deux choses : cela va au martyre, ou bien à la mort, à l’Enfer. Le monde ne va pas à l’anéantissement.

Les uns veulent des valeurs humaines, non crucifiées, les autres des valeurs spirituelles, également non crucifiées. Les saints, eux, veulent Jésus crucifié, et eux avec !

Et cela change tout dans les débats et les choix de vie d’un chrétien véridique. Dans la vie des saints qui ont entendu la musique du Ciel, ces témoins-là ne veulent pas entendre parler du monde sans entendre de Jésus, et vivre comme Lui.

Le monde se construit, par les martyres nécessaires, (avec des persécuteurs nécessaires), de ceux qui suivent Jésus, joyeux, et pardonnant comme Lui.

Cela choque ? Cela fait peur à notre faiblesse ? Certes, et c’est grande douleur, mais c’est cela qui est prévu, annoncé, que nous savons arriver. C’est cela qu’un chrétien, en tremblant, doit dire au nom de sa Foi.

==========================


Voici un peu de détails des mots du père Molinié:

On parle de valeurs humaines. Penser, pour comprendre, au martyre, à la persécution, aux maltraitances des enfants. Cela fait mal dans le cœur, quelque chose y crie que c’est Jésus-Christ crucifié ; un chrétien est sensible devant des valeurs humaines crucifiées, et non des valeurs humaines exaltées, idéalisées.

Ce monde que nous voyons ne court pas à sa ruine : il court à deux choses, il court au martyre chez ceux qui se sauvent, et il court à la mort chez ceux qui se perdent, mais il ne court pas à l’anéantissement. Cela n’existe pas.

On accusera ceux qui veulent défendre les valeurs humaines de s’intéresser aux choses temporelles, eh bien on dira que les traditionnalistes eux sont pour la foi, les…. Et je constate que ce n’est pas vrai : ils sont obsédés par le temporel tout autant que les autres

Ceux qui sont mobilisés dans toute leur énergie chrétienne parce que le monde court à sa ruine, je dis, ils ne sont pas mobilisés par ce qui faisait l’inspiration du Curé d’Ars, et ce qui fait l’inspiration de toute l’Eglise, et ce qui fait l’inspiration de l’Evangile à savoir : deux femmes sont dans un champ, l’une sera prise, l’autre sera … détruite : où est le monde qui court à sa ruine là-dedans ? il court à la transfiguration, il court à la transformation, il court à la gloire ou il court à l’Enfer, mais il ne court pas du tout à son anéantissement,

Ce que nous prêchons, ce que nous contemplons, ce que nous aimons, ce que nous annonçons, c’est un homme qui est dans la gloire après avoir traversé la mort et qui a arrangé les choses ; à moins d’une erreur grave de la part de l’Eglise depuis deux mille ans, qui se fonde sur les Ecritures elles-mêmes, sur St Paul lui-même : nous prêchons un messie crucifié, qui demande qu’on le contemple dans la gloire, sans oublier la croix.

S’ils s’attachent à des valeurs chrétiennes, de civilisation chrétienne, et de société convenablement policées par des constitutions, par des institutions dans lesquelles le pouvoir temporel respecte comme il convient le pouvoir spirituel : roi très chrétien, Pologne très chrétienne, (mais qui n’est pas spécialement sous un régime chrétien en ce moment bien sûr) et par conséquent martyre. Mais ce qui intéresse les Polonais justement,, ce n’est pas une cité chrétienne non crucifiée, ce sont des valeurs chrétiennes surnaturelles crucifiées, et non des valeurs surnaturelles confortablement installées dans le monde sous le nom de civilisation chrétienne, monde occidental.

Tout cela est très passionné et très passionnel ; c’est un dialogue de sourds parce que justement on n’est pas du tout entre gens courtois qui discutent de questions objectives ou mathématiques, mais entre gens passionnés qui s’envoient à la figure des valeurs qu’ils considèrent comme incompatibles les unes avec les autres et qu’ils considèrent le voisin vraiment comme le mal, comme l’ennemi, eh bien, on est entre gens qui veulent des valeurs humaines non crucifiées contre des gens qui veulent des valeurs chrétiennes non crucifiées. Alors, évidemment cela peut durer longtemps.

Un chrétien qui avance, qui vit, même s’il est déchiré dans son corps, en disant « qui me délivrera de ce corps de mort ? » parce que le corps ne suit pas, l’intendance ne suit pas du tout, mais alors, vraiment pas du tout, c’est quelqu’un qui a commencé à entendre la musique du Ciel, la saveur du Ciel, la saveur de la gloire à travers la croix du Christ. On peut le dire « drogué » de la musique du Ciel, il y tient, sans elle, rien ne vaut à vivre.

Comme le dit St Bernard : « vous pouvez me parler de tout ce que vous voulez, s’il n’y a pas le nom de Jésus au milieu de ces valeurs humaines, cela ne m’intéresse pas. »

Il ne peut pas y avoir l’Eucharistie si le Christ n’est pas crucifié. Il a donné sa chair à manger à travers le sacrement de la messe qui commémore efficacement le mystère de la passion, si je comprends bien tout ça, ça se tient. Si vous m’enlevez le Christ crucifié, vous m’enlevez tout ce qui fait le sel de la terre, le sel de la vie, le sel des valeurs humaines, y a les valeurs humaines, mais c’est … un régime sans sel… malgré le sucre et le reste, s’il n’y a pas de sel… Un monde comme ça, les chrétiens qui aiment Jésus… ce n’est pas possible pour eux.

Je fais appel à ceux au nom de qui je parle, à ces témoins de Jésus crucifié, je ne parle pas en mon nom…

c’est ceux-là les témoins de l’amour du Christ cela fait deux mille ans que cela n’arrête pas ; trouvez m’en un qui accepterait un monde meilleur, construire un monde meilleur sans Jésus-Christ et malheureusement, pour que Jésus soit crucifié, il faut qu’il y ait … le péché ; parce que Jésus n’a pas seulement voulu être crucifié et être contemplé , Il a estimé en tant que Verbe dans le Conseil Commun que les Trois ont tenus avant de décider l’Incarnation, il a décidé qu’il ne serait pas tout seul, parce que c’était tellement beau – je prononce ces mots en tremblant – beau pour un homme de subir ce sort d’être crucifié pour la gloire qu’il a voulu offrir ce cadeau invraisemblable à une multitude de frères, il est premier-né d’une multitude de frères. Par conséquent, si Jésus a eu besoin, Lui, pour être crucifié du péché de ses bourreaux animés par Satan, les chrétiens ont, sans interruption jusqu’à la fin des temps, jusqu’à la Parousie, besoin des persécuteurs qui feront, et qui font déjà, l’Eglise de Pologne, les martyrs…

Ce n’est pas un monde qui s’en va, c’est un monde qui se construit, c’est effectivement un monde meilleur qui est en train de se construire mais à travers la seule loi que les Evangiles nous ait donnée, qui est la loi du crucifiement et du martyre. Je n’en connais pas d’autre, moi, en tant que chrétien.

Il s’agit … de compatir, com-passire, de connaître si peu que ce soit, connaître une petite goutte de cette drogue extraordinaire, de ce flash invraisemblable qui s’appelle goûter à la saveur de la passion du Christ, chacun à sa petite mesure. S’il y a le plus faible désir de ça en vous, je maintiens que vous devez vous réjouir qu’il y ait des martyrs ; parce que nous savons que ceux-là triomphent en ce moment même, et ils le savent, et ils le chantent, en disant : nous pardonnons ; ce sont des martyrs, je l’ai déjà dit d’ailleurs récemment dans un sermon. Mais, je les envie ! Je les envie tout en me sentant complètement incapables de les suivre, mais je les envie, et un chrétien c’est d’abord quelqu’un qui les envie.

Qui dit autrement se trompe de monde, et de Dieu…

Ce qui déclenche une certaine colère de ma part ce sont tous ceux qui, aussi bien du côté des partisans d’une civilisation chrétienne et des valeurs chrétiennes d’abord, et hors de l’Eglise point de salut, du triomphe de l’Eglise, que du côté de ceux qui veulent avant tout les valeurs humaines, c’est s’organiser une existence de rampants dans lesquels ne passe pas le grand vent de cette folie. Je suis obligé de dire que la sagesse de Dieu c’est une gloire, c’est une victoire, c’est le moment où Dieu a triomphé plus que jamais de celui qui nous en écrase en ce moment tellement de la persécution de tous les chrétiens dans le monde comme il n’y en a jamais eu depuis le début du monde. Je crois pouvoir le dire, c’est une grande joie pour Dieu, voilà ! Et si je me permets de dire ça, c’est qu’il y a un certain saint Léon qui après le Vendredi-Saint dit aux chrétiens : « C’est fini, on ne va plus continuer à pleurer sur la croix, maintenant, il faut se réjouir car la croix c’est notre salut, c’est notre victoire. » Si on a chanté cela pour Jésus-Christ, on est bien obligé de le chanter aussi pour les serviteurs de Jésus-Christ qui ont la grâce infinie de Lui ressembler. Si on n’ose pas le chanter pour les serviteurs, sous prétexte qu’ils sont de notre temps, mais c’est qu’on n’ose pas le chanter pour Jésus-Christ non plus et c’est qu’on n’y croit pas

Si un monde persécute le maitre, ils vous persécuteront aussi . Le vrai problème est le suivant : est-ce que nous devons, est-ce que nous pouvons espérer que cesse la persécution ? C’est pas le problème de savoir si c’est des valeurs humaines ou des valeurs surnaturelles, quand il y a persécution, c’est tout qui est persécuté, et justement, nous nous en apercevons bien en Occident où soi-disant au nom des valeurs humaines, on persécute bien plus de valeurs humaines que de valeurs surnaturelles, puisqu’on fait l’avortement, tandis que chez les marxistes, je ne sais pas si on persécute évidemment les valeurs humaines, mais on persécute surtout les valeurs surnaturelles. Tout ça est de la persécution. Est-ce que cela s’en ira ? Oui, au dernier jour.

Mais, en attendant ? en attendant, il faut continuer à aimer Jésus crucifié, c’est cela ma réponse.

Désirez tout ce que vous voudrez, mais ne perdez pas le goût de Jésus crucifié et par conséquent aimez les persécuteurs ; aimez-les non seulement parce que ce sont des hommes, qu’il faut aimer tout homme et pardonner à tout homme mais parce qu’ils accomplissent une fonction sacrée, liturgique, nécessaire. Heureuse faute d’Adam, nécessaire péché des persécuteurs, voilà ce que j’ose dire au nom de la Foi mais évidemment pas au nom de ma faiblesse humaine à moi.