Le Forum Catholique

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images/icones/neutre.gif  ( 826857 )L'état de nécessité et la juridiction de suppléance. par Meneau (2017-05-11 01:41:33) 

Au vu des réactions à la concession récente faite par le St Siège aux fidèles et prêtres de la FSSPX, et de sa mise en oeuvre par certains évêques déjà en France, il me paraît nécessaire de rappeler quelques points.

De droit divin, l'autorité légitime de l'Eglise promulgue des lois qui obligent en conscience tous les membres de l'Eglise. Le Droit Canonique en fait partie, lui qui régit l'exercice habituel et normal de l'autorité dans l'Eglise.

Dans ce cadre, l'Eglise donne mandat à ses ministres pour accomplir son oeuvre de sanctification, et c'est la juridiction. Remettre en cause l'essence hiérarchique de cette juridiction, c'est remettre en cause la consitution apostolique de l'Eglise. "Allez enseigner les nations, et baptisez-les ... Ce que vous lierez sur terre sera lié dans les cieux, ... etc"

Dieu qui veut sauver tous les hommes accorde toujours les moyens nécessaires à ce salut. Dans certains cas, les lois habituelles pourraient faire obstacle à ce salut, et donc l'Eglise prévoit dans ces cas-là une possible désobéissance, en vue du bien ultime qui est le salut des âmes. C'est ce qui fonde la juridiction de suppléance : l'état de nécessité dans lequel se trouve le fidèle quant aux moyens nécessaires à son salut.

Lorsque ces cas sont avérés, l'Eglise supplée à la juridiction que le ministre n'a pas, même lorsque cette juridiction est nécessaire à la validité d'un sacrement, de sorte que le sacrement devient quand même valide.

Il ressort de cela que :

- il n'y a pas, et il ne peut pas y avoir d'état de nécessité absolue, ou automatique, valable de façon durable ou en tous lieux. L'état de nécessité est à juger au cas par cas, personne par personne, et éventuellement acte par acte (dans le cas de la validité des sacrements). C'est le fait que le fidèle, au moment considéré, se trouve dans la nécessité et s'adresse donc à un prêtre non idoine, qui fait que ce prêtre reçoit, pour cet acte uniquement, une juridiction de suppléance et administre donc un sacrement valide.

- il est donc impossible de passer outre la concession faite par le St Père et de faire comme si de rien n'était : s'il y a moyen - j'entends un moyen qui ne mette pas en danger la Foi, j'y reviendrai - d'obtenir juridiction officielle, on ne peut le négliger sans perdre de facto toute légitimité à faire appel à la juridiction de suppléance.

- il reste donc à prouver - j'y reviens - que demander aux autorités légitimes si elles accordent la juridiction pour un mariage peut présenter un risque pour la Foi...? J'irai même plus loin, il reste à prouver que le fait de faire appel à un prêtre mandaté par l'évêque diocésain pour recevoir les consentements, en ayant par ailleurs fait toute la préparation au mariage avec un prêtre de la FSSPX et en faisant célébrer la messe par ce même prêtre de la FSSPX qui prononcera donc aussi l'homélie éventuelle, peut présenter un risque pour la Foi...?

Cordialement
Meneau


images/icones/bravo.gif  ( 826858 )C' était le but de mon message par Alanian (2017-05-11 02:55:42) 
[en réponse à 826857]

antérieur dans un fil justement censuré et dans lequel je faisais une lecture de la Lettre de la Comission "Ecclesia Dei" qui ne fait que rappeler le principe pour la validité et la licéité du Sacrament du Mariage (qu' il soit prononcé en présence d' un Prêtre ou de son délegué et de deux témoins) tout en permettant que dans certains cas, la délégation pourrait se faire aux Prêtres de la FSSPX (ce qui est nouveau et bienvenu).

Cette permission n' annule pas la juridiction de suppléance, qui est un moyen de l' Eglise valide en tout temps pourvu qu' il y ait une "juste cause" dans l' estimation du fidèle.

Toutefois, si dans un futur Rome octroie un cadre canonique à la FSSPX, celle-ci jouira d' une juridiction ordinaire dont les fidèles qui veulent garder la Tradition ne pourront s' affranchir sans pécher (sauf, bien entendu, des cas particuliers en dehors de la nécessité de garder la Foi).

C' est à quoi s' est réferé Mgr Fellay dans sa réponse à la question d' un fidèle à propos de si la juridiction ordinaire pourrait coexister avec une autre de suppléance, en disant que non, que c'est l' une ou l' autre: ils peuvent coexister séparément, mais non dans la récéption d' un même Sacrement.


images/icones/neutre.gif  ( 826859 )Les carences de l'autorité légitime de droit divin... par Limousin (2017-05-11 07:54:41) 
[en réponse à 826857]

...justifient parfois des décisions prises par des catholiques n'étant ni cardinaux ni évêques, dictées par une situation de nécessité absolue, un état qui oblige les fidèles, guidés par le sensus fidei, à prendre des initiatives qui, de toute apparence, passent pour de la désobéissance. La hiérarchie, fût-elle de droit divin n'est pas une fin en soi : elle est ordonnée à une utilité commune, celle de garder et de transmettre un Magistère dont Jésus-Christ est la source.
Il me semble que c'est le point de vue développé par R. de Mattei ou par M. Mosebach sous des angles différents.

Je ne serais pas surpris d'apprendre que dans les actes préparatoires de celui proclamant la canonisarion de Jeanne d'Arc, les autorités compétentes de l'Eglise y avaient pensé.
L'exhortation apostolique Amoris laetitia et la non réponse du pape François 1er aux Dubia ne peuvent- elles pas qualifier un état de nécessité absolue ?

images/icones/sacrecoeur.gif  ( 826865 )Traditionnellement on retient par BK (2017-05-11 09:48:05) 
[en réponse à 826859]

"Bienheureux les obéissants, car Dieu ne permettra jamais qu'ils s'égarent."

Ce n'est pas forcément la seule voie, mais c'est la plus sûre.
images/icones/hum2.gif  ( 826862 )L'état de necessité se juge au niveau mondial par Jean-Paul PARFU (2017-05-11 08:33:09) 
[en réponse à 826857]

Dans la situation actuelle de l'Eglise après la révolution conciliaire et liturgique.

Les fraternités créées comme réponse à cette situation ne peuvent à chaque fois examiner la situation locale pour dire si elles interviennent, donnent les sacrements ou non.

En outre, ce ne sont pas ces fraternités traditionnelles qui jugent finalement, mais le clergé local conciliaire qui s'opposent à elles et à leurs fidèles.

Votre légalisme impérieux est simplement bêbête et ne tient pas la route !
images/icones/fleche3.gif  ( 826863 )[réponse] par jejomau (2017-05-11 09:27:53) 
[en réponse à 826862]

Certes, ce ne sont pas les fraternités traditionnelles qui jugent finalement, mais que signifie ici chez vous : "le clergé local"? Sinon plus exactement l'évêque d'un diocèse.... qui possède les pouvoirs qui lui ont été attribués par le Seigneur lui-même ?

Je vous rejoins toutefois sur l'épineux problème que vous posez concernant l'orientation "idéologique" qui pourrait sous-tendre la position de l'évêque en question. Y-a-t-il encore une unité dans l' Eglise aujourd'hui, unité qui permettrait de remplir les conditions objectivement présentées par Meneau ?

Autre point. Le prêtre d'une Fraternité n'est-il pas confronté en réalité sur le terrain à l'obéissance dûe à son Supérieur (statuts) et en même temps à l'obéissance à laquelle on lui demande aujourd'hui d'adhérer concernant l'évêque vers lequel il se tourne maintenant pour ces questions ?
images/icones/neutre.gif  ( 827031 )Forcément par Meneau (2017-05-12 08:35:50) 
[en réponse à 826863]


Y-a-t-il encore une unité dans l' Eglise aujourd'hui, unité qui permettrait de remplir les conditions objectivement présentées par Meneau ?



Forcément. Dois-je vous rappeler que l'Eglise est Une, Sainte, Catholique et Apostolique ? Douteriez-vous de l'assistance divine promise à l'Eglise ?

Cordialement
Meneau
images/icones/fleche3.gif  ( 827046 )l'Eglise est Une.... par jejomau (2017-05-12 10:26:50) 
[en réponse à 827031]

Evidemment. Sur le plan théologique et mystique. Je n'ai aucun doute à ce sujet.

Mais de même que la tunique du Seigneur qui recouvrait son corps a été déchirée, de même on peut vérifier plusieurs fois dans l'histoire que l'Eglise a subi le même sort : orthodoxes, protestantismes, etc...

Or il convient de bien remarquer que ces déchirures ne se font jamais à un instant T mais bien dans un laps de temps qui peut durer plusieurs décennies avant qu'à un instant T on enregistre cette déchirure, l'Eglise catholique se séparant alors officiellement d'un membre qu'elle ne considère plus comme étant un rameau sain puisant à la sève du cep.

Ne sommes nous pas dans une telle situation en ce XXI° siècle avec , au plan mondial, des Eglises locales très partagées en leur sein témoignant en ceci de ce manque d'unité certain en particulier sur le plan doctrinal où le relativisme s'est inséré à tous les niveaux ?
images/icones/1y.gif  ( 826890 )C'est votre réponse... par Jipé (2017-05-11 14:21:17) 
[en réponse à 826862]

... qui est simplement bêbête et ne tient pas la route !
images/icones/neutre.gif  ( 827028 )Une juridiction de suppléance Urbi et Orbi ? C'est vous qui êtes ridicule par Meneau (2017-05-12 07:47:46) 
[en réponse à 826862]

Légalisme parce que je vous parle de droit canon ? Voyez-vous cher Maître, je vais peut-être vous apprendre quelque chose, mais l'Eglise n'est pas une anarchie. Elle a un gouvernement, promulgue des lois, et les fidèles y sont tenus en conscience. Est-ce qu'on vous traite souvent de légaliste lorsque vous citez une loi (de la République...) au prétoire ?

L'état de nécessité peut certes, en soi, être évalué un peu plus largement que fidèle par fidèle lorsqu'on parle du "désert" de la Foi. Mais qu'il se juge au niveau mondial, nego. Ou alors il vous faut admettre que toute la hiérarchie légitime de l'Eglise a disparu et que plus personne dans l'Eglise conciliaire n'a le souci du salut des âmes. Ce que même Mgr Williamson ne fait pas.

La juridiction de suppléance, quant à elle ne s'étend certainement pas, ni dans le temps, ni dans l'espace. La FSSPX n'a pas de juridiction sur un ensemble de fidèles. Cette juridiction de suppléance est restreinte à l'acte sollicité par le fidèle.

C'est dans la mesure et pour le cas précis où le fidèle demande au prêtre son ministère sacerdotal : les sacrements, la doctrine, que le prêtre a juridiction, cas par cas.

Mgr Tissier... oui oui, celui de la FSSPX.

Le fait que de nombreux fidèles se pressent régulièrement autour d'un prêtre de la FSSPX ne lui donne pas une juridiction ordinaire sur ces fidèles pris en tant que communauté. Cela lui donne, de façon ordinaire, une juridiction extraordinaire. La nuance est de taille.


Les fraternités créées comme réponse à cette situation ne peuvent à chaque fois examiner la situation locale pour dire si elles interviennent, donnent les sacrements ou non.


Eh bien si, elles devraient. Ou plutôt non, théoriquement elles n'ont pas à le faire puisque c'est au fidèle d'examiner cette situation locale et de s'adresser ou non à cette fraternité. Mais quand ces mêmes fraternités s'installent à plusieurs, à 50m l'une de l'autre, dans un lieu où il y a au max 50 fidèles, il y a effectivement un problème.

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 827030 )Mgr Lefebvre par Meneau (2017-05-12 08:00:31) 
[en réponse à 827028]


C'est pourquoi il me semble que nous devons surtout nous rendre là où l'on nous appelle et ne pas donner l'impression que nous avons une juridiction universelle, ni une juridiction sur un pays ou sur une région. Ce serait baser notre apostolat sur une base fausse et illusoire.

C'est pourquoi également, si d'autres prêtres subviennent normalement aux besoins des fidèles, nous n'avons pas à nous immiscer dans leur apostolat mais nous réjouir que d'autres prêtres catholiques se lèvent pour sauver les âmes.




Mais s'il fallait un jour consacrer des évêques, ceux-ci n'auraient pour fonction épiscopale que d'exercer leur pouvoir d'ordre et n'auraient pas de pouvoir de juridiction, n'ayant pas de mission canonique.

images/icones/1h.gif  ( 827044 )Ce que vous affirmez n'est ni souhaitable ni praticable par Jean-Paul PARFU (2017-05-12 10:21:21) 
[en réponse à 827028]

La FSSPX et autres instituts se battent contre l'esprit Vatican II et la réforme liturgique.

1) Or, toute l'Eglise est touchée, plus ou moins, par ces réformes.

2) En outre, un institut ne peut décider de son installation, ou non, quelque part, seulement eu égard à la personnalité de tel ou tel prêtre ou de tel ou tel évêque qui bientôt seront d'ailleurs remplacés !

Je vous rappelle enfin que le droit de l'Eglise est au service de la foi et non la foi au service du droit de l'Eglise.
images/icones/neutre.gif  ( 826909 )On en revient toujours là par Eti Lène (2017-05-11 16:03:31) 
[en réponse à 826857]

Le problème est que la messe de st Pie V est toujours et officiellement interdite dans certains diocèses, et cela malgré le Motu Proprio Summorum Pontificum. On peut déblatérer sur les documents offciels tant qu'on veut, il y les autorisations de droit et les autorisations de fait, qui n'ont pour l'instant été que rarement appliquées. J'ai été moi-même en Savoie où la première messe de st Pie V était à 3/4 d'heure de route, et c'était une messe FSPX la messe Ecclesia Dei la plus proche étant à 1h15 de route. Et quand je me forçais à aller à la messe de Paul VI, quelle misère...

Or cette messe personne ne peut l'interdire. Mais il n'y a pas que la messe. Tout ce qui gravite autour relève aussi de ce problème d'interdiction.

Pourquoi alors que l'on n'a plus voulu condamner les autres confessions, et définir notamment l'Eglise orthodoxe comme "soeur", condamner la FSSPX à l'invalidité des sacrements?

Cette incohérence crasse si elle n'est pas réfutée de manière vraie, justifie à elle seule l'état de nécessité. Mais il n'y a pas que cette incohérence malheureusement pour le justifier.
images/icones/neutre.gif  ( 826949 )Lu et approuvé par Limousin (2017-05-11 18:35:59) 
[en réponse à 826909]

Merci pour votre réponse.
images/icones/fleche2.gif  ( 827001 )Eti Lène, la réponse est simple par BK (2017-05-11 21:03:32) 
[en réponse à 826909]


Pourquoi alors que l'on n'a plus voulu condamner les autres confessions, et définir notamment l'Eglise orthodoxe comme "soeur", condamner la FSSPX à l'invalidité des sacrements?



Tout simplement parce que tout le monde a l'espoir que la fsspx ne finisse pas dans le schisme, comme les orthodoxes. L'Eglise supplée au schisme des orthodoxes en leur concédant la juridiction qui leur manque.

La fsspx n'a pas été condamnée à l'invalidité des sacrements, le droit canonique préexistait, il s'est appliqué, et son application était tout à fait prévisible.

Cela dit, il est vrai que l'on peut lire les décisions du pape François sur confessions et mariages comme pouvant préparer autant un ralliement que la consommation d'un schisme.

Tout dépendra des choix faits.

Un abbé de la fsspx m'a bien dit un jour que le schisme des orthodoxes vaut mieux que l'hérésie du pape.

Pourtant... la thèse de l'hérésie du pape est osée, et incompatible avec les paroles du Christ dans l'Evangile.

Et Pie IX, dans son magistère infaillible, rappelle une doctrine éminemment traditionnelle :

" La condition première du salut est de garder la règle de la foi orthodoxe... On ne peut, en effet, négliger la parole de notre Seigneur Jésus-Christ qui dit : 'Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église' [Mt 16, 18]. Cette affirmation se vérifie dans les faits, car la religion catholique a toujours été gardée sans tache dans le Siège apostolique. Désireux de ne nous séparer en rien de sa foi et de sa doctrine... nous espérons mériter de demeurer unis en cette communion que prêche le Siège apostolique, en qui réside, entière et vraie, la solidité de la religion chrétienne "