Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=826421
images/icones/vatican.gif  ( 826421 )Principes non-négociables... par BK (2017-05-03 16:16:12) 

La note doctrinale rédigée par le cardinal Ratzinger et ajoutée au magistère de Jean-Paul II présente une curiosité de traduction :



Dans ce contexte, il faut ajouter que la conscience chrétienne bien formée ne permet à personne d’encourager par son vote la mise en œuvre d’un programme politique ou d’une loi dans lesquels le contenu fondamental de la foi et de la morale serait évincé par la présentation de propositions différentes de ce contenu ou opposées à lui.



Le français porte "encourager par son vote".
On peut lire "vouloir soutenir par son vote" (sens premier car encourager a d'abord un sens moral) ou "soutenir en pratique par son vote".

L'italien porte "favorire", l'allemand "unterstützen", dont le sens premier est concret (il faudrait donc inverser les deux sens ci-dessus).

Mais l'anglais est plus concis et radical (d'où sans doute la radicalité des prises de position des évêques anglo-saxons, et notamment américains) :


In this context, it must be noted also that a well-formed Christian conscience does not permit one to vote for a political program or an individual law which contradicts the fundamental contents of faith and morals.



Une conscience chrétienne bien formée n'autorise pas à voter pour un programme politique ou une loi particulière qui contredirait les contenus fondamentaux de la Foi et de la morale.





Une autre curiosité de cette note, dans un autre registre :


8. A ce propos, il est bon de rappeler une vérité qui n’est pas toujours perçue aujourd’hui ou qui n’est pas formulée de manière exacte dans l’opinion publique courante: le droit à la liberté de conscience, et spécialement à la liberté religieuse, proclamé par la Déclaration Dignitatis humanæ du Concile Vatican II, se fonde sur la dignité ontologique de la personne humaine, et en aucun cas sur une égalité qui n’existe pas entre les religions et entre les systèmes culturels humains[28]. Dans cette ligne, le Pape Paul VI a affirmé que «le Concile ne fonde en aucune manière ce droit sur le fait que toutes les religions et toutes les doctrines, même erronées, qui touchent à ce domaine, auraient une valeur plus ou moins égale. Ce droit, il le fonde sur la dignité de la personne humaine, qui exige de ne pas être soumise à des contraintes extérieures tendant à opprimer sa conscience dans la recherche de la vraie religion et dans l’adhésion à celle-ci»[29]. L’affirmation de la liberté de conscience et de la liberté religieuse ne contredit donc en rien la condamnation de l’indifférentisme et du relativisme religieux par la doctrine catholique[30], bien plus, elle est en parfaite syntonie avec elle.

images/icones/rose.gif  ( 826424 )Il va de soi qu'avec des traductions ambiguës par BK (2017-05-03 16:34:58) 
[en réponse à 826421]

les consciences morales des évêques et des prêtres français semblent bien mal formées...
images/icones/fleche3.gif  ( 826427 )des catholiques ne tiennent plus compte par jejomau (2017-05-03 18:48:25) 
[en réponse à 826421]

de ces principes non-négociables et appellent ouvertement à voter en faveur de Macron impliquant une riposte des paroissiens qui ne donneront plus le denier du culte aux diocèses dont les évêques font de même.

LIEN
images/icones/1a.gif  ( 826444 )Reconnaissez que dans ces conditions... par Paul Reveriche (2017-05-03 23:56:27) 
[en réponse à 826427]

On ne peut davantage voter MLP...
images/icones/attention.gif  ( 826445 )Au contraire par Regnum Galliae (2017-05-04 09:41:05) 
[en réponse à 826444]

Vous avez le choix entre quelqu'un qui annonce qu'il ira plus loin dans la violation de ces principes non négociables et quelqu'un qui n'aggravera pas la situation et même qui fera quelques pas en arrière. Vous ne pouvez pas mettre les deux sur le même plan sous prétexte que les quelques pas en arrière sont insuffisants. Marine, c'est un moindre mal. C'est même un léger mieux.
images/icones/bravo.gif  ( 826466 )Une précision sur le moindre mal par BK (2017-05-04 20:14:09) 
[en réponse à 826445]

"Choisir un moindre mal" est une expression un peu impropre :

ce n'est pas choisir le mal du moindre mal,

c'est choisir le bien laissé intact en empêchant la réalisation du mal plus grand.



Peut-être superflu, mais parfois cela va mieux en le disant.
images/icones/neutre.gif  ( 826477 )Plutôt que de parler de moindre mal par Meneau (2017-05-04 21:49:54) 
[en réponse à 826466]

il vaut mieux se référer aux règles du volontaire indirect.

Le fait de voter est en soi un acte moralement indifférent. Lorsqu'on vote pour un candidat "mieux" que l'autre, on ne veut pas directement le mal que porte son programme, mais on se propose d'atteindre le "mieux" possible, même si cela a comme corollaire le mal en question. Il me semble d'ailleurs que Benoît XVI ne dit pas autre chose dans les extraits par vous cités.

Reste à savoir si cela est réellement utile. C'est là que ma position évolue d'année en année...

Cordialement
Meneau
images/icones/1f.gif  ( 826485 )En l'espèce, je me pose la question dans ces termes par BK (2017-05-04 22:20:41) 
[en réponse à 826477]

Merci, je suivrai votre conseil de regarder de plus près les règles du volontaire indirect.

Pour le reste, voici le raisonnement que je me tiens (et soumets largement à la critique pour l'affiner).



Jean-Paul II, dont l'autorité est plus grande que celle de nos évêques, a rappelé "que ceux qui sont engagés directement dans les instances législatives ont «une obligation précise de s’opposer» à toute loi qui s’avère un attentat contre la vie humaine. Pour eux, comme pour tout catholique, il est impossible de participer à des campagnes d’opinion en faveur de telles lois, et il n’est permis à personne de les soutenir par son vote [ici l'anglais est plus précis : il n'est permis ni de les promouvoir ni de voter pour elles]".

Plus loin : "une conscience chrétienne bien formée ne peut permettre de soutenir de son vote [en allemand et anglais : de voter pour] un programme ou une loi qui contredit les contenus fondamentaux de la foi et de la morale." En premier lieu l'avortement, dont Mère Teresa disait qu'il est le plus grand destructeur de la paix.

Mais Il est permis (et c'est même un devoir) de choisir face à une alternative inéluctable le bien préservé d'un plus grand mal en rendant possible un moindre mal, tel en 2012 M. Sarkozy face à M. Hollande, et en 2017 Mme Le Pen face à M. Macron.

Il est en effet légitime, disait Jean-Paul II, d'apporter "son soutien à des propositions destinées à limiter les préjudices d’une [loi sur l'avortement] et à en diminuer ainsi les effets négatifs sur le plan de la culture et de la moralité publique".

Et c'est de bonne morale : "choisir le moindre mal",

ce n'est pas choisir le mal du moindre mal,

c'est choisir le bien laissé intact en empêchant la réalisation du mal plus grand.

Ici les vies sauvées par l'aide aux mères en détresse que propose Mme Le Pen, et dont M. Macron ne veut pas, bien au contraire.

Pensez... des femmes qui si Mme Le Pen était élue pourraient faire le choix libre de garder leur enfant, mais que l'élection de M. Macron condamne à rester enfermées dans la nécessité d'avorter...


Pour ma part, je ne suis pas prêt à dire dans l'au-delà à des enfants avortés : oui, j'ai préféré que tu meures, plutôt que l'Union européenne soit mise en cause, plutôt que les allocations des immigrés diminuent, plutôt que le fascisme risque de monter.
images/icones/neutre.gif  ( 826579 )Et de plus, par le torrentiel (2017-05-07 10:35:45) 
[en réponse à 826485]

Si Marine Le Pen était élue ce soir, il serait possible de lui soumettre des référendums d'initiative populaire. Contrairement à ce qui s'est passé au CESE pour la pétition mise au panier par M. Jean-Paul Dellevoye, aujourd'hui responsable des investitutres pour le mouvement En marche après avoir émargé au RPR et même avoir voulu en devenir le président, il serait possible à 500000 pétitionnaires de proposer un référendum sur l'abrogation ou l'aménagement de la loi Veil. Je trouve qu'on y a peu réfléchi au cours de cette campagne.
images/icones/1a.gif  ( 826492 )Je maintiens... par Paul Reveriche (2017-05-05 00:51:30) 
[en réponse à 826477]

Cela mène au moindre bien.

Le moindre mal devient la référence inconsciente, puis cette référence inconsciente devient obsolète devant un nouveau mal, d'où un nouveau moindre mal...

C'est sans fin.

Quant à l'extrait présenté, il demande de ne soutenir aucun programme qui occulterait les valeurs compatibles avec la doctrine catholiques, que son contenu y soit opposé ou simplement différent.
images/icones/1b.gif  ( 826494 )Moi aussi par Meneau (2017-05-05 01:15:07) 
[en réponse à 826492]

Mais ce n'est pas incompatible. Vous parlez de l'évolution des mentalité, de l'érosion des consciences, je vous parle de la moralité de l'acte lui-même.

Un acte moralement indifférent, qui a un effet bon et un effet mauvais, peu être posé, si :
- la fin poursuivie est bonne ou indifférente
- l'effet mauvais n'est pas voulu pour lui-même
- l'effet bon ne peut pas être atteint sans l'effet mauvais
- l'acte au départ en lui-même est moralement indifférent
- l'effet bon est proportionnellement égal ou supérieur à l'effet mauvais.

L'exemple classique, c'est l'ablation des trompes en cas de grossesse extra-utérine, qui conduit à un avortement ET à sauver la vie de la mère.

Cordialement
Meneau
images/icones/1a.gif  ( 826515 )Encore... par Paul Reveriche (2017-05-05 11:04:55) 
[en réponse à 826494]

Le problème c'est que le dernier critère notamment se mesure dans le temps...
images/icones/neutre.gif  ( 826544 )Non par Meneau (2017-05-06 09:41:42) 
[en réponse à 826515]

Le dernier critère se mesure au moment où on évalue la moralité de l'acte que l'on se prépare à poser.

Mais avec le recul du temps il évolue, c'est clair. Sans que cela influe sur la moralité des actes passés.

Cordialement
Meneau
images/icones/fleche2.gif  ( 826555 )Acte vertueux et vertu par Romanus (2017-05-06 12:11:44) 
[en réponse à 826544]

Je partage votre avis mais comme vous le soulignez, "avec le recul du temps il évolue".

C'est là qu'il faut s'apercevoir que le système est un piège. Il est vicié depuis son origine et c'est prévu à dessein.
Il n'y a plus aucune autre solution que d'en sortir. Depuis deux siècles nous nous contentons du moindre mal, sans aucune possibilité de retour. On peut parler d'effet de cliquet. Impossible de lutter contre.

Donc au-delà de l'acte moral de l'instant, il convient de prendre de la hauteur. La vertu est l'habitude d'un bien. Se contenter d'un petit acte vertueux isolé dans un océan de mal, est de la vertu?
images/icones/neutre.gif  ( 826562 )Un chien vivant vaut mieux qu' un lion mort par BK (2017-05-06 14:50:42) 
[en réponse à 826555]

Le bien réellement préservé ou réalisé vaut mieux que le meilleur idéal.

Il ne faut pas tomber dans la logique marxiste qui s'oppose à l'amélioration des conditions sociales pour hâter la révolution.

Et il reste certain qu'il faut chercher le plus grand bien possible.
images/icones/fleche2.gif  ( 826563 )Pas d'incompatibilité par Romanus (2017-05-06 16:03:39) 
[en réponse à 826562]

Ce qui est ici dénoncé c'est le fait de se contenter en terme de politique d'un moindre mal tous les cinq ans sans se livrer à la seule politique réaliste.
Si dans nos milieux on arrêtait de prétendre que cette seule politique réaliste est une illusion (une illusion qui a pourtant fonctionné pendant plus de mille ans), on s'en serait sorti depuis bien longtemps...parce que des créneaux inexploités il y en a eu beaucoup.

Gambetta a décidément raison :

l’esprit de démocratie a envahi toutes les cervelles et pénétré jusqu’à nos adversaires les plus avérés.



Comme le dit George Fonsegrive :

lutter révolutionnairement contre la révolution, c’est encore travailler pour elle.

images/icones/hein.gif  ( 826566 )Qu'appelez-vous la seule politique réaliste ? par BK (2017-05-06 19:17:35) 
[en réponse à 826563]

Pour un marxiste, c'est la société idéale où tout sera résolu.

Pour un chrétien, ce qui est réaliste, c'est le plus grand bien possible, pas l'utopie.
images/icones/fleche2.gif  ( 826572 )Nous sommes pleinement d'accord par Romanus (2017-05-06 22:06:52) 
[en réponse à 826566]

Mais la plus grande utopie aujourd'hui, c'est de croire que l'on peut établir le plus grand bien possible par le truchement de la démocratie moderne, puisqu'elle est fondée sur des bases qui la pervertisse.
Comme le disait saint Pie X, il n'y a rien à inventer, il n'y a pas à partir d'une utopie...il y a à rétablir la société chretienne selon les principes qui ont construit nos nations.

J'ai déjà publié ce lien récemment.
images/icones/neutre.gif  ( 826576 )Je ne suis pas du tout certain par BK (2017-05-07 09:06:52) 
[en réponse à 826572]

que la démocratie soit nécessairement pernicieuse, ni que la monarchie soit nécessairement vertueuse.

Il serait utopique de chercher à bâtir un régime chrétien, tout en laissant les moeurs se détériorer en se désintéressant des votes.
images/icones/macos.gif  ( 826585 )Y a-t-il un régime qui vaille ? Pour moi, non, c'est brin de paille ! par Glycéra (2017-05-07 15:13:11) 
[en réponse à 826576]


St Thomas dit que la forme du régime est déterminée par sa fin (sa cause finale) comme tout autre objet construit.

C'est facile à voir pour un véhicule, dont la forme dépend de son usage, de ses usagers, du but qu'ils cherchent avec ce véhicule. Moto, luge ou autocar, c'est selon le but.


Pour moi aucune forme de gouvernement ne vaut. Pourquoi ?

Parce que le gouverneur, le (tel se pense-t-il) chef de gouvernement, n'est pas celui qui tient le gouvernail. Il faudrait pour tenir la barre qu'il sache lire la carte de la destinée des hommes, de la route de leur salut.

Alors, quoi dire, quoi faire de cette foultitude de gens à vivre ensemble ?

D'abord, pourquoi une telle foultitude ?
Pour avoir un effet d'échelle = argument économique, rien d'autre. Argument terrestre, matériel, de pouvoir sur les voisins, économique ou industriel, pour tirer plus de profit par plus de production, ou plus de gains des ventes.

Admettons que notre monde ne sache sortir de cette entropie qui conduit au gigantisme, hors des qualités, des capacités de fond de l'homme,... il faut bien mettre une coordination. Admettons le pour notre époque, c'est contingent, temporaire donc.

Alors faut-il un gouverneur, un gouvernement ? Non !
Il faut un ad-ministrateur, un ministre-vers, un serviteur vers le but, qui est le salut, Dieu.
Administrer est une service, un talent reçu de Dieu.
Elu par ses administrés, à taille correcte du territoire administré, ou choisi par des pairs reconnus (par les mêmes administrés), n'importe. Son service, devant les hommes, pour Dieu, sera d'administrer, pas de mener le troupeau, juste de construire, nettoyer, organiser l'état des bergerie est des pâtures terrestres, pour que chacun puisse vivre sa route dans le temps sur terre.


Aucun système ne vaut en lui-même.

La société chrétienne n'existe pas.
Le Moyen-Âge et ses cathédrales n'ont eu qu'un temps, celui de voir se lever ceux qui l'ont détruit : répétition du péché d'Eden.
Rien su terre ne peut être stable, tout y passe, tout meurt.
De saint-Louis nous sommes tombés dans les bourdes de Louis XIV, pourtant Dieu-donné à sa conception, mais c'est celui qui a vidé les provinces de leurs administrateurs, et concentré les forces désoeuvrées à la capitale, faisant le lit de la Révolution ; le ciel est venu le dire... Sans le coeur sacré, sans le roi à genoux, et écouteur du Ciel, point de lieu-tenant de Dieu, et le troupeau tourne en rond, pour se disputer le foin.

L'administrateur est là pour coordonner les constructions, organiser les pâtures, jauger les conflits. Service ! Celui qui en profite pour se goinfrer de pouvoir, faire éclater sa puissance est mauvais serviteur. Le troupeau sera pourri par ceux qui feront comme le chef égotiste.



Alors ?

Et si voter était justement le leurre ?

Si personne ne votait,... où serait la validité, la respectabilité d'un président élu par 15, ou 5% de ses administrés ? La planète rirait de lui... et chercherait où sont les vrais décideurs. Non ?

Voter à taille de compétence, oui.
Voter ce qui est dans notre incompétence, non !
Voter au village, au canton, au département pour 10 % des gens qui sont capables de comprendre cette taille de gestion, oui, cela irait.

Le reste ressort d'un métier... qui s'apprend.

En passant : les "chefs" révolutionnaires avaient décidé que, sainte Egalité obligeant, tous pourraient soigner les autres, point de diplôme de médecin... Vous devinez où ils sont allés... Soigner s'étudie, et se valide par ses pairs soigneurs.

Adminitrer aussi.
Et ce n'est pas l'ENA qui l'enseigne... hors de sa capacité à faire du théâtre blablatant ou des calculs de fric genre Monopoly pour élites cooptées dans et par les banquiers ...


C'était ma réponse du jour à une question qui me fut posée, essayent d'aller au fond, à la fin de l'homme dans sa vie.

Je viens d'entendre justement un bout de conférence du père Molinié, je le mets dans un autre message.

Avec mes bonnes salutations
Glycéra
images/icones/1e.gif  ( 826607 )Un régime qui vaille, avec un brin de paille par BK (2017-05-07 20:59:05) 
[en réponse à 826585]

voyez ici, chère Glycéra.
images/icones/1b.gif  ( 826624 )Voulez-vous dire que ... par Glycéra (2017-05-08 12:40:37) 
[en réponse à 826607]



Le régime moderne, c'est encore une histoire de blé, mis dans la poche ?

L'alimentation est la source de tout, et que nos modernes mangeant mal voient mal, votent mal, se conduisent et nous conduisent mal ? Les uns gardent le blé, et les autres sont sur la paille ?

La paille qui était avant les bidulicides * remplie de silice, venait d'une tige souple, longue, capable de résister au vent sans plier, et que maintenant, elle manque de structure, et rompt dès les coups d'air ?
Avant elle permettait les toits de chaume... maintenant plus, trop courte, trop cassante... et cela nous laisse sans abri...




J'ai bien aimé votre réplique, et apprécié aussi votre page : le régime paléo est très bien présenté. Elle me permettra d'expliquer aussi ce qu'il propose et produit. Merci à vous !

Glycéra
images/icones/fleche2.gif  ( 826672 )Personne ne dit ça non plus par Romanus (2017-05-08 20:34:36) 
[en réponse à 826576]

La démocratie n'est pas pernicieuse en soi. C'est un mode de designation des gouvernants comme un autre. C'est celle dont nous parlent Aristote ou saint Thomas. Mais pris dans sa définition simple, elle n'a jamais existé réellement nulle part, même pas chez les Grecs. Ce fut tout le temps et partout une oligarchie.

La monarchie n'a rien d'un régime nécessairement vertueux. On connaît des exceptions et la monarchie que nous souhaite l'AF après Maurras n'a rien à voir avec celle qui a bâti notre pays. Il en a presque fait une idéologie.

En revanche, la démocratie moderne, fondée sur la déclaration des Droits de l'Homme est intrinsèquement pernicieuse :
" Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d'´autorité qui n'en émane expressément" - "La loi est l'expression de la volonté générale."
Donc:
- la désignation des gouvernants par le peuple devient LE SEUL mode de désignation qui soit juste.
- la légitimité des gouvernants repose sur la SEULE désignation par les gouvernés.
- le pouvoir démocratique devient illimité.
Notre démocratie est donc totalitaire dans son principe fondateur. C'est pourtant en son sein que certains espèrent s'en sortir.
Comme le disait Madiran:

" On a remplacé une liberté réputée arbitraire, celle du prince, par un arbitraire réputé liberté, celui de la volonté générale."


Il remarque également et fort justement :

"depuis 1789, le christianisme a été impuissant à christianiser la démocratie; la démocratie n'a pas cessé de démocratiser le christianisme chaque jour davantage."



Voilà, il s'agit donc d'opposer la démocratie moderne à la monarchie très chretienne qui a bâti notre nation. Pas de jouer sur les mots, dans une discussion d'intellectuels.

Quant à Glycera qui cite saint Thomas, je l'invite à lire ou relire le De Regno sur ce sujet d'importance. Il remarque que la démocratie nécessite des gens vertueux. Voilà pourquoi ce mode de désignation peut être adapté quand un pape est élu par un collège de cardinaux, censés être vertueux. Cela s'avère plus difficile pour un peuple aussi divisé que l'a toujours été celui de France.

Une belle citation de mgr Gousset (1792-1866), archevêque de Reims, pour finir :

La démocratie est l'hérésie de notre temps. Elle sera aussi dangereuse et aussi difficile à extirper que le jansénisme.




Amicalement
Romanus
images/icones/nounours.gif  ( 826673 )Les premiers chrétiens par BK (2017-05-08 20:44:27) 
[en réponse à 826672]

ont d'autant mieux renversé l'empire païen qu'ils étaient soumis à l'empereur...
images/icones/nounours.gif  ( 826675 )Et? par Romanus (2017-05-08 20:54:51) 
[en réponse à 826673]

Je ne prêche pas la révolution mais le devoir d'améliorer les choses. Je suis moi-même un serviteur de l'Etat.
Le système de l'empire romain n'était pas intrinsequement mauvais. Seuls les empereurs l'étaient.
Et je me rassure en préférant les conseils de saint Pie X aux vôtres.

Romanus
images/icones/neutre.gif  ( 826676 )Bien d'accord par BK (2017-05-08 21:08:11) 
[en réponse à 826675]

avec vos lignes 1 et 3.
images/icones/fleche2.gif  ( 826736 )D'accord mais... par Romanus (2017-05-09 19:58:51) 
[en réponse à 826676]

Qu'est ce qui ne vous convient pas dans mon deuxième point?

C'est pourtant historique. L'empire romain était un empire, avec un empereur...et c'est tout. C'était un régime normal, et il a suffi qu'un empereur finisse par se convertir pour que le monde change.
Notre système à nous est intrinsèquement anti-chretien. Il est né comme ça. Il a été inventé contre nous. RIen à voir avec la démocratie suisse.

Je ne me souviens pas que les papes aient appelé à la soumission totale dans l'empire sovietique (je connaissais à Rome un évêque slovaque très actif dans la lutte contre ces régimes) ni qu'ils se soient plaint que le nazisme ou le communisme aient été renversés. Ces situations n'ont rien à voir avec celles des premiers chrétiens.

Il faut arrêter une bonne fois pour toutes de considérer que notre démocratie aujourd'hui est celle dont nous parle les philosophes. Elle est un piège dont nous sommes les victimes. C'est sa nature. Il ne peut en être autrement, comme je l'ai dit dans d'autres fils récents.
Il est aussi illusoire de vouloir l'utiliser pour le Bien qu'il l'était de chercher à christianiser le communisme.

Romanus
images/icones/macos.gif  ( 826738 )Ne me convient pas par BK (2017-05-09 20:12:12) 
[en réponse à 826736]

1. l'idée que notre régime serait davantage anti-chrétien que d'autres (l'empire romain avait un culte d'état qui n'était pas forcément "mieux" que notre athéisme d'état pratique et militant, et dont l'empereur était le chef et parfois une quasi-divinité),

2. l'idée qu'il ne faudrait pas remplir ses devoirs civiques (notamment voter) pour se concentrer sur une rechristianisation (je ne vois pas en quoi les deux seraient incompatibles, du moment qu'on est lucide sur les biais idéologiques de notre société, en particulier de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen).

Mais je partage tout à fait vos reproches à ladite déclaration.

Tout en soulignant que la déclaration des droits de l'homme est plus juste que son homologue musulman.

images/icones/fleche2.gif  ( 826746 )Pas vraiment d'accord non plus par Romanus (2017-05-09 21:22:20) 
[en réponse à 826738]

Sur votre point 1:
Vous ne saisissez pas que notre régime est pervers dans sa nature même et par construction. L'empire romain l'était par accident. La meilleure preuve est qu'il a suffit que Constantin se convertisse (je l'admets, c'est un peu plus compliqué que ca).

Si Macron devient soudainement un catholique de stricte observance décidé à conduire une politique conforme à sa Foi, il sera paralysé, certes par son entourage mais surtout par un système parlementaire dont il n'y a rien à tirer. Inutile de rêver.
Notre démocratie française est un régime pervers par construction. L'empire romain l'était par la politique de ses empereurs.

Sur le point 2 :
Je ne dis pas qu'il ne faut pas remplir ses devoirs civiques. Je reproche juste aux catholiques de considérer le vote comme unique devoir civique, à chaque fois pour le moins pire...
Inutile de rêver changer quoi que ce soit par un vote. Il n'y a aucun exemple historique (sinon des résultats sans lendemain) et je pense que l'expérience a assez duré...

Votre lien ne donne rien mais je vais essayer de le trouver ailleurs.

Amicalement

Romanus
images/icones/carnet.gif  ( 826777 )Assez d'accord sur votre point 2 par BK (2017-05-10 11:13:16) 
[en réponse à 826746]

pour le point 1, votre parenthèse me convient tout à fait.

Je retente un lien vers la

Déclaration islamique universelle (sic) des droits de l'homme de 1981

Bien à vous
images/icones/1b.gif  ( 826832 )Au moins... par Romanus (2017-05-10 20:13:21) 
[en réponse à 826777]

Au moins, cela vous évite pour la deuxième fois de répondre au point 1.
😉
images/icones/1b.gif  ( 826833 )Puisque vous m'en priez... par BK (2017-05-10 20:35:05) 
[en réponse à 826832]

Il est vrai que l'empire romain s'est fait avant le christianisme, tandis que la république s'est faite contre la monarchie chrétienne et l'Eglise.

Et on peut trouver des erreurs philosophiques (notamment anthropologiques) graves chez les romains (esclavage) comme dans la déclaration que vous citiez (l'autorité émanant de l'assemblée des citoyens).

Pour autant, je ne suis pas certain que l'on puisse dire que l'empereur pontife suprême de la religion latine laisse un chemin plus aisé au christianisme que (malgré tout) la laïcité revendiquée, ou la liberté, même mal fondée.

Je reste cependant tout à fait d'accord avec vous pour dire que la déclaration est erronée et porte en elle-même les germes d'un effrayant totalitarisme.

Au fond, je ne crois pas que notre situation soit plus difficile que celle des premiers chrétiens.

A ceci près... qu'ils avaient peut-être de meilleurs pasteurs.

Mais la vie est pleine de surprises et d'incertitudes, puisque le dernier prêtre dont nous puissions être fier sans arrière-pensée est le P. Jacques Hamel.
images/icones/bravo.gif  ( 826856 )Nous terminons (presque) d'accord par Romanus (2017-05-11 00:07:06) 
[en réponse à 826833]

Je vous rejoints sur ces points mais, encore une fois, dans votre deuxième phrase une chose vous échappe et vous ne répondez donc pas : il y a plein d'erreurs philosophiques et anthropologiques graves chez les Romains, et pas que l'esclavage. J'en conviens. Mais elles ne touchent pas à l'essence du régime.
Tandis que de nos jours, Le totalitarisme des Droits de l'homme est l'essence même de notre régime democratique. C'est ce que peu de personnes discernent lorsqu'elle nous font de grands sermons sur la démocratie qui serait un régime comme les autres. C'est vrai, sauf si l'on parle de la démocratie moderne que nous subissons.

Merci en tout cas de cet échange.
À bientôt sur le FC
images/icones/neutre.gif  ( 826734 )Intimidé devant vos références, par le torrentiel (2017-05-09 19:14:16) 
[en réponse à 826672]

je prends la liberté de soulever une hypothèse que j'ai souvent risquée sans qu'elle "imprime":


La démocratie ne mesure pas la vérité, mais exprime le degré d'adhésion à la vérité, et le degré d'adhésion de la volonté d'un peuple à la Volonté de dieu.


La démocratie moderne entend que la loi soit l'expression de la volonté générale et que nulle souveraineté n'émane d'autre organe que la nation, parce que ce peuple, cette nation dont certains soutiennent qu'ils peuvent être baptisés, sont sujets de droit divin, et doivent exercer leur libre arbitre face à leur créateur, individuellement et collectivement.



Maurras a certes "comtisé" (pour ne pas dire positivé) la monarchie Très-chrétienne, qu'il a en partie dénaturée dans un thomisme athée, bien qu'il lui ait rendu ses épées.


Le drame de la démocratie moderne est d'être devenu moins un régime qu'une idéologie de régime. La République doit redevenir la chose de la démocratie. Aujourd'hui, elle est la chose de la démocratie orientée.
images/icones/fleche2.gif  ( 826737 )Relire saint Thomas par Romanus (2017-05-09 20:08:20) 
[en réponse à 826734]

Je n'en dispose pas ici pour pouvoir vous en extraire les meilleurs passages, mais je crois que toutes les réponses que vous cherchez sont dans le De Regno de saint Thomas.
C'est un texte assez bref mais limpide sur ces questions.

Sinon, la démocratie ne s'est pas imposée chez nous de manière naturelle. C'est la monarchie qui s'est construite naturellement. La démocratie est née d'une construction intellectuelle de philosophe anti-chrétiens.
Ce qui est naturel en France, c'est la monarchie, et c'est pour cela que la démocratie au sens noble n'y a jamais été envisagée et ne s'y est jamais épanouie.

Même Macron le reconnait :

La démocratie comporte toujours une forme d'incomplétude, car elle ne se suffit pas à elle-même. Il y a un processus démocratique et dans son fonctionnement un absent. Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n'a pas voulu la mort. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le roi n'est plus là ! (...) On a ensuite essayé de réinvestir ce vide, d'y placer d'autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste notamment. Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l'espace. On le voit bien avec l'interrogation permanente sur la figure présidentielle, qui vaut depuis le départ du Général De Gaulle. Après lui, la normalisation de la figure présidentielle à réinstallé un siège vide au cœur de la vie politique. Pourtant, ce qu'on attend du président de la République , c'est qu'il occupe cette fonction. Tout s'est construit sur ce malentendu. Si l'on veut stabiliser la vie politique et la sortir de la situation névrotique actuelle, il faut, tout en gardant l'équilibre délibératif, accepter un peu plus de verticalité." (Hebdomadaire "Le 1" - 08/07/2015).




Romanus
images/icones/carnet.gif  ( 826428 )Remarques à la volée soumises à votre lecture critique par BK (2017-05-03 18:53:06) 
[en réponse à 826421]

Dans son discours de 2006, Benoît XVI évoque trois principes non-négociables. Le programme de M. Macron enfreint les deux premiers (respect de la vie et de la famille).

Dans sa note doctrinale (Magistère de Jean-Paul II, fin d'année 2002), le cardinal Ratzinger donne une série de repères, allant des "lois civiles en matière d'avortement et d'euthanasie" au "grand thème de la paix".


Quelques éléments de discernement :

A. Le cardinal Ratzinger reconnaît la possibilité morale d'apporter "son soutien à des propositions destinées à limiter les préjudices d’une [loi sur l'avortement] et à en diminuer ainsi les effets négatifs sur le plan de la culture et de la moralité publique".

B. Mais il ajoute "que la conscience chrétienne bien formée ne permet à personne d’encourager par son vote la mise en œuvre d’un programme politique ou d’une loi dans lesquels le contenu fondamental de la foi et de la morale serait évincé par la présentation de propositions différentes de ce contenu ou opposées à lui. Parce que la foi est un tout indivisible, il n’est pas logique d’isoler un de ses éléments au détriment de la totalité de la doctrine catholique."

1. Il va de soi que la prohibition de lois est plus contraignante que le respect d'un principe plus général (par exemple : le respect de la justice sociale).

2. Il est clair que le programme de M. Macron est gravement contraire aux demandes de l'Eglise (PMA, GPA à l'étranger, promotion de l'avortement, dissolution de la famille dans "les familles" (sic)).

3. Le programme de Mme Le Pen ne promeut sans doute sur aucun point de désordre plus grand que le programme de M. Macron.

4. Le programme de Mme Le Pen ne promeut ni ségrégation, ni déportation, ni extermination.

5. Sur l'avortement (seul point bloquant du programme de Mme Le Pen - que je n'ai pas lu, mais je crois ce que la Croix m'en a dit :-), M. Macron souhaite le promouvoir ; Mme Le Pen n'entend pas le restreindre, mais souhaite mettre en place une politique nataliste qui devrait commencer d'en limiter l'effet (voir la remarque A. du cardinal ci-dessus).

Quelques remarques, sur les discours d'Eglise :

- il semblerait qu'en 2002, contrairement à ce qui est aujourd'hui rapporté par la CEF, celle-ci ait pris position officiellement contre Jean-Marie Le Pen (il faudrait donc une fois ôtée l'indigeste langue de buis comprendre "la CEF ne donne pas de consigne de vote" comme "la CEF a toujours laissé libre de voter tout sauf FN") ;

- il semble qu'en 2012, la CEF, qui a présenté comme licite de voter pour François Hollande (proposait de renforcer l'avortement et mettre en place un "mariage" homosexuel) face à Nicolas Sarkozy qui ne proposait "pas si pire", n'ait pas été fidèle aux éléments de discernement proposés par Jean-Paul II et Benoît XVI ;

- il semble qu'en 2017, les évêques et les prêtres qui disent qu'un catholique doit voter ou même peut voter pour M. Macron trompent, qu'ils se trompent ou trahissent ;

- il semble que ceux qui ont lu Jean-Paul II et Benoît XVI au début des années 2000 n'aient retenu que "l'Eglise ne donne pas de consignes de vote" - sans réaliser qu'en 2012 et 2017 le contexte est tellement différent que toutes les options de vote ne sont plus moralement admissibles ;

- reste à savoir si, comme le présente Mgr Ravel, il convient de faire un choix ;

-et si, d'un point de vue moral, pour s'opposer au pire (et inacceptable) que représente M. Macron, il n'est pas du devoir d'une conscience chrétienne, de voter pour Mme Le Pen.