Le Forum Catholique
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( 826432 )
Au bureau par Aigle (2017-05-03 19:32:02)
Une remarque d'un collègue à propos de "sens commun" : "ce sont des intégristes qui militent contre l'avortement".
Mon interlocuteur n'évoquait point la liturgie extraordinaire ni Mgr Lefebvre ... Défendre la doctrine de Saint Jean Paul II ou de Benoit XVI est désormais assimilé à l'intégrisme !
Cette réaction m'a frappé non seulement pour son absurdité mais aussi parce qu'elle me semble révélatrice de la pensée déversée par la presse sur nos compatriotes.

( 826436 )
Malheureusement, Aigle, Sens commun est devenu le méchant par Athanase (2017-05-03 20:03:59)
[en réponse à 826432]
... la bête immonde, les réactionnaires, bref, l'épouvantail absolu, alors que politiquement et même religieusement, ils sont plus en queue de comète wojtylienne que dans les eaux d'Écône ou même de Civitas. Ils sont tout simplement devenus des bouc-émissaires, notamment pour un camp qui cherche en vain les responsables.
Fillon a tout simplement perdu parce que les règles du jeu sont compliquées à droite et que la primaire ne change rien à l'affrontement radical des chapelles internes de la droite...

( 826439 )
Malheureusement, par Al (2017-05-03 20:38:50)
[en réponse à 826436]
Beaucoup de gens pensent qu'être contre l'avortement est extrémiste.
Est ce vraiment de leur faute? S'ils voyaient la réalité de l'avortement ils ouvriraient les yeux. C'est plus facile de ne pas réfléchir et avaler la bouillie des médias que d'assumer une position contraire. ..

( 826448 )
Même le catholique progressiste par Clayve (2017-05-04 10:15:24)
[en réponse à 826439]
est en passe de devenir un "intégriste"...!!! C'est dire que les mots n'ont plus de sens...! Dans quelques années, le seul fait d'être de culture catholique et même si on ne pratique plus, relèvera de l'intégrisme...! Les juifs devaient se signaler par une étoile jaune pendant la guerre..! Les catholiques devront porter une petite croix pour s'identifier...!

( 826449 )
Pour les gens le Bien par Jean-Paul PARFU (2017-05-04 10:23:28)
[en réponse à 826432]
ne s'identifie pas à la loi morale naturelle ou à la vérité révélée par Dieu, mais seulement à ce qui est admis ou non dans la société.
Ce qui est admis par les médias, l'oligarchie en place, toute la culture environnante, est bien. Ce qui ne l'est pas, est mal ! Point !

( 826457 )
Hélas.... par Sombreval (2017-05-04 11:55:31)
[en réponse à 826449]
Beaucoup de catholiques ont tendance à utiliser la loi morale naturelle comme un argument imparable. Je ne crois pas ou plus que cet argument soit convaincant aujourd’hui, ni même pertinent. Il faut comprendre ce que recouvre ce concept de loi naturelle. N’est-il pas tributaire de ce que Pascal appelle la «coutume» ? N’oublions pas que Pascal est parfois présenté comme le premier penseur de la post-modernité. Ses réflexions sur la «coutume» sont très déstabilisantes et permettent de comprendre pourquoi nos interlocuteurs réagissent d’une manière virulente. Je pense que le «droit» à l’avortement, le droit à disposer de son corps, le mariage pour tous etc.. ressortissent maintenant à la «coutume», telle que Pascal la conçoit. Ils sont devenus constitutifs de la coutume. Pour Pascal, rappelons-le, le droit se ramène à la coutume, «la coutume est notre nature». La coutume peut créer une nature nouvelle qui détruit l’ancienne. Il aurait fallu que la Manif pour tous envahisse les Champs-Eysées pour empêcher que ce processus puisse se produire, que cette revendication sociétale devienne une «coutume», comme l’est maintenant le droit d'avorter. Protéger l’enfant à naître, c’est adopter une position qui n’est plus légitimée par la «coutume», donc… par la loi naturelle. «Qu’est‑ce que nos principes naturels, sinon nos principes accoutumés ?», écrivait Pascal.
Finalement la réaction du collègue d’Aigle n’est pas si surprenante. Elle s’inscrit dans une logique décrite et analysée dans des fragments de Pascal datant de plus de trois siècles. Je me permets d’en citer encore un passage : «Il n’est pas jusqu’à l’amour naturel des enfants pour les parents, dont on ne vienne à craindre qu’il ne s’efface… Quelle est donc cette nature sujette à être effacée ?» Ou encore ce passage d’une actualité brûlante : « Si c’est la coutume qui fait les maçons, les soldats et les couvreurs, c’est aussi la coutume qui fait tant de Turcs, d’hérétiques et d’infidèles qui suivent le train de leurs pères par cette seule raison qu’ils ont été prévenus chacun que c’est le meilleur»

( 826475 )
Avez-vous lu par BK (2017-05-04 21:26:10)
[en réponse à 826457]

( 826479 )
L’étude du thème « À la recherche d’une éthique universelle" par Glycéra (2017-05-04 21:52:41)
[en réponse à 826475]
L’étude du thème « À la recherche d’une éthique universelle" :
nouveau regard sur la loi naturelle » a été proposée à la Commission théologique internationale.
Pour préparer cette étude, une sous-commission a été formée. Elle était composée de S. Exc. Mgr Roland Minnerath, des Pères Serge-Thomas Bonino, o.p. (président), Geraldo Luis Borges Hackmann, Pierre Gaudette, Anthony Kelly, c.c.s.r., Jan Liesen, John Michael McDermott, s.j., et des professeurs Barbara Hallensleben et Johannes Reiter, avec la collaboration de S. Exc. Mgr Luis F. Ladaria, s.j., secrétaire général de la CTI, et les contributions des autres membres de la Commission.
La discussion générale a eu lieu lors des sessions plénières tenues à Rome en octobre 2006 et 2007 puis en décembre 2008. Le document a été approuvé à l’unanimité de la Commission et a été soumis à son président, S. Ém. le cardinal William J. Levada, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, qui a donné son approbation pour la publication le 27 mars 2009.

( 826481 )
Le discours de Benoît XVI sur la loi morale naturelle par Glycéra (2017-05-04 21:54:29)
[en réponse à 826475]
Le discours de Benoît XVI sur la loi morale naturelle ?
DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI
AUX PARTICIPANTS AU CONGRÈS INTERNATIONAL
SUR LA LOI MORALE NATURELLE,
ORGANISÉ PAR L'UNIVERSITÉ DU LATRAN
Salle Clémentine
Lundi 12 février 2007

( 826482 )
C'est agaçant... de ne rien indiquer du contenu... par Glycéra (2017-05-04 21:57:17)
[en réponse à 826475]
Pourquoi avoir mis un message aussi caché/sybillin/brut de décoffrage ?
Pourquoi n'avoir rien dit de ce que vous aviez trouvé en réponse dans ces documents ?
J'avoue trouver cela très désagréable, limite peu courtois.
Et je vous le dis
Glycéra

( 826483 )
Désolé... par BK (2017-05-04 22:05:53)
[en réponse à 826482]
je suis allé au plus vite, et il suffit de survoler le lien pour lire l'adresse et le titre du document auquel il renvoie...

( 826484 )
Que veut dire : "il suffit de survoler l'adresse." ? par Glycéra (2017-05-04 22:17:21)
[en réponse à 826483]
Survoler l'adresse, qu'est-ce à dire ?
Si vous pouvez indiquer la manoeuvre... merci à vous.

( 826488 )
Bien volontiers par BK (2017-05-04 22:51:31)
[en réponse à 826484]
vous placez votre souris sur le lien, et en principe s'affiche en bas à gauche l'adresse vers lequel il pointe.
Exemple :
http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_20021124_politica_fr.html
Site du document / Document de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (Faith) / sur la politique
Il est vrai que pour les documents de mon précédent message, on peut tout juste comprendre que le premier lien pointe vers un discours de Benoît XVI, et le deuxième vers un document de la même Congrégation (en fait quand on clique, une étude de la Commission Théologique Internationale).
Promis, je ferai attention à suivre vos bons conseils.

( 826512 )
Merci, je n'avais jamais remarqué ce truc tout en bas par Glycéra (2017-05-05 10:22:00)
[en réponse à 826488]
C'est bien peu visible aux ignares...
Maintenant, je saurais.
Il reste à décoder les lettres et les chiffres de la plupart des adresses de documents, sybillines au possible...
Merci à vous,
désolée de ma réaction directe si elle vous a blessé.
Glycéra
qui aime qu'on échange avec amabilité

( 826578 )
Coutume ou habitus ? par le torrentiel (2017-05-07 10:21:02)
[en réponse à 826457]
Bonjour, Sombreval,
Sur ce point, le classique Pascal a été précédé par le sceptique (ou humaniste) Montaigne, qui estimait qu'il valait mieux pratiquer la religion de son pays et que le cannibalisme des Indiens était compensé par des vertus morales.
La coutume, c'est la nature ? En tout cas, la loi naturelle se rapproche du décalogue, mais ne se confond pas avec lui. Et l'exemple de Pascal sur cette affection des parents pour les enfants qui pourrait bien disparaître est parlant, Élisabeth Badinter l'a théorisé dans L'amour en plus. Les catholiques se bercent de l'illusion d'une loi morale naturelle qui serait commune à l'humanité, je crois qu'ils ont tort en exagérant cette affirmation.
Pour autant, peut-on dire que "le droit, c'est la coutume" ? À l'époque de Pascal, le droit était coutumier.
Qu'Est-ce qui peut transformer la coutume de façon à la faire passer pour naturelle ? Je crois que c'est l'habitus, c'est-à-dire l'instillation d'une croyance opposée à la croyance commune, qui ne la remet pas en cause entièrement, mais ne déchire qu'un coin du voile.
Dans le cas de l'avortement, on a moins changé une coutume par la voie de l'habitus qu'on n'a procédé à un bourrage de crâne qui a fonctionné à une vitesse qui ne s'était jamais vue, au point que l'avortement est passé en moins de quarante ans d'une exception à une "loi fondamentale" (de la République, singeant les lois fondamentales du royaume). Je m'étonne que l'émerveillement qui continue toujours de parcourir "le cercle de famille" qui "applaudit à grands cris" "lorsque l'enfant paraît" puisse s'accompagner si facilement de l'idée, a priori antinomique, que son corps appartient à la femme et que c'est "la maternité, quand je veux".
Les féministes ont assurément montré une force de frappe exceptionnelle pour conduire à marche forcée ce changement de mentalité. Mais sans doute l'Eglise doit-elle aussi faire son examen de conscience. Les mauvais traitements qu'on infligeait aux filles-mères ou aux "enfants naturels" ne sont pas pour rien dans la rapidité de ce retour de balancier.
Je me souviens de ma grand-mère me disant que, si elle avait eu le malheur d'être enceinte, son père l'aurait poussée dans l'escalier et chassée de la maison. Et elle n'avait pas l'air de trouver cela particulièrement cruel ou disproportionné.
Bien à vous,
Le torrentiel

( 826590 )
Quand les mots servent de véhicules aux arguments pernicieux... par Glycéra (2017-05-07 15:44:46)
[en réponse à 826578]
On entend répéter : "Le corps du foetus appartient à la femme"
A la ... femme ?
Et si le foetus est féminin, à laquelle des femmes ?
Pourquoi a-t-on instillé ce terme : à la femme ? Parce qu'on savait qu'il était révulsant de dire
Le bébé appartient à ... la mère.
Nul n'aurait eu le coeur, les tripes à saccager la maternité.
Et ainsi fit-on, et les gobeurs ont gobé.
La balance : avancée d'une âme vers son ciel // ennuis de la "femme"
n'a jamais été affichée avec ces mots.
Les féministes avaient tapis rouge tissé par les machismes bourgeois du XIX°. C'est logique, c'est prévisible, c'est la descente des consciences de ceux qui se croient avancés, grands, évolués, intelligents et enfin maîtres d'eux-mêmes... enfin tyrans des enfants non-nés en l'occurence...et esclaves de leurs incapacités à assumer leurs propres actes.
Cette manière de dévier en changeant le contenu me rappelle les révolutionnaires, il y a 200 ans :
ils ne veulent plus obéir à Dieu...
Mais on ne peut le tuer, il est trop loin, et trop insaississable.
Alors, on cherche un autre coupable (à la guillotine toute neuve) une autre autorité : le père de famille... Mais cela prend trop aux tripes de tous, on ne tue pas son père. Cela n'est pas faisible.
Donc ?
On a trouvé : le roi,
1 - assez loin pour ne pas être affectivement connu d'une société sans journaux sauf tenus en main, et sans télé pour savoir la figure habituelle de la famille du roi.
2 - assez proche pour que ses décisions soient perceptibles dans tout le pays, ne serait-ce que par qu'il a levé des fonds ou fait lever des troupes par ses nobles, pour raison d'état, qui devient ainsi sensible dans les campagnes.
Donc on va tuer le roi.
Mais le but était bien de tuer Dieu.
Pour prendre sa place et vouloir gouverner... Tentation de jouissance, de pouvoir et de puissance, les trois tentations de Jésus au désert se sont retrouvées là.

( 826489 )
Votre collègue a tout compris par Babakoto (2017-05-04 22:52:25)
[en réponse à 826432]
L'acceptation de l'avortement est un marqueur de la modernité.
Militer contre l'avortement est une objection à l'ensemble de l'endoctrinement subi depuis des années dans tous les médias. C'est l'équivalent d'un doigt d'honneur à l'ensemble de la bienséance politique. C'est mettre ses valeurs à soi au dessus de celles des autres, dans leur catégorie mentale, c'est de l'intégrisme.
Mais surtout, condamner l'avortement, c'est affirmer que les avorteurs sont des criminels, que la société est complice. C'est dénigrer toute une frange de la population pour implicitement la qualifier de monstre infanticide. La violence de cette position est proportionnelle à la barbarie de l'acte.
Le pire, c'est que les Jean-Paul II et benoît XVI que vous évoquez en réalité ont contribué à banaliser la condamnation de l'avortement en n'en tirant aucune conséquence pratique à la hauteur de le violence de l'acte. Si quelqu'un est en train de vous tuer et qu'un témoin se contente de dire "oh que c'est pas bien" et s'en va...Je caricature mais la réalité n'est pas très éloignée.