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images/icones/sacrecoeur.gif  ( 825480 )Samedi de la Passion par ami de la Miséricorde (2017-04-08 09:40:10) 



Samedi de la Passion
images/icones/marie.gif  ( 825481 )Traité de l’oraison et de la méditation de Saint Pierre d'Alcantara par ami de la Miséricorde (2017-04-08 09:41:10) 
[en réponse à 825480]

CHAPITRE IV
Manière de méditer la Passion

VENDREDI

Méditation sur le crucifiement et les sept dernières paroles de Notre-Seigneur


(...) Considère ensuite, ô mon âme, comment le Seigneur fut attaché à la croix avec des clous, et la douleur qu'il devait ressentir pendant qu'on faisait entrer ces clous si forts et si acérés dans les plus sensibles et les plus délicates parties du corps le plus délicat qui fut jamais. Considère aussi le martyre que devait endurer la Vierge, quand elle voyait de ses yeux, qu'elle entendait de ses oreilles, ces coups cruels et redoublés qui tombaient sur ces membres divins ; car il est vrai de dire que ces mêmes clous qui perçaient les mains du Fils, perçaient en même temps le cœur de la Mère.

Considère comment ils se hâtèrent d'élever la croix en haut, et comment ils allèrent l'enfoncer dans l'endroit qu'ils avaient creusé pour cela ; comment ces cruels bourreaux, lorsqu'ils voulurent la planter, la laissèrent tomber tout d'un coup, en sorte que ce saint corps suspendu en l'air en ressentit une effroyable secousse, et que les blessures faites par les clous s'agrandirent, ce qui dut causer au divin Maître d'intolérables douleurs.

Ô mon Sauveur, ô mon très doux Rédempteur, peut-il y avoir quelque cœur, si dur qu'il soit, qui ne se fende de douleur (car en ce jour les rochers même se fendirent) s’il considère ce que vous endurez sur cette croix ? « Les douleurs de la mort vous ont environné ; et tous les vents et tous les flots de la mer se sont déchaînés contre vous (6). Vous avez été submergé au plus profond des abîmes, et vous ne trouvez pas sur quoi vous appuyer (7). » Le Père vous a abandonné ; et en cet état, Seigneur, que pouvez-vous espérer des hommes ? Vos ennemis jettent des cris contre vous, vos amis vous brisent le cœur, votre âme est affligée, et par amour pour moi, vous ne voulez point recevoir de consolation. Mes péchés ont été véritablement bien grands, et il n'en faut point d'autre preuve que la pénitence que vous avez voulu en faire. Je vous vois, ô mon souverain Maître, attaché à un bois. Pour soutenir votre corps béni, il n'y a que trois clous ; eux seuls le tiennent suspendu, sans autre adoucissement. Quand vous voulez vous appuyer sur les pieds, les clous qui les traversent en élargissent les plaies ; et quand vous vous appuyez sur les mains, le poids du corps en élargit également les blessures. Et votre sainte tête, tourmentée et affaiblie par la couronne d'épines, quel oreiller a-t-elle pour la soutenir ? Oh ! Que vos bras, divine Vierge, lui rendraient bien cet office ! Mais ce n'est pas aux vôtres, c'est à ceux de la croix que cet office est réservé. C'est sur eux que s'appuiera la tête sacrée de votre Fils quand elle voudra chercher quelque repos ; et le soulagement qu'elle en retirera, sera d'enfoncer plus profondément les épines dans le cerveau. (...)

Source : Œuvres Spirituelles de Saint Pierre d'Alcantara (livres-mystiques.com)

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde