Le Forum Catholique

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images/icones/iphone.jpg  ( 824235 )Travail le dimanche par XA (2017-03-15 21:30:40) 

Quelqu'un pourrait-il nous rappeler ici la discipline de l'Église relative au travail le Dimanche ? Quels sont les textes de référence tant pour le travailleur que le consommateur ?

D'avance, merci.

XA
images/icones/vatican.gif  ( 824237 )Repos dominical par Quodvultdeus (2017-03-15 21:50:55) 
[en réponse à 824235]

Voici ce qu'en dit le Catéchisme de l'Eglise Catholique :

Jour de grâce et de cessation du travail


2184 Comme Dieu "se reposa le septième jour après tout le travail qu’il avait fait" (Gn 2, 2), la vie humaine est rythmée par le travail et le repos. L’institution du Jour du Seigneur contribue à ce que tous jouissent du temps de repos et de loisir suffisant qui leur permette de cultiver leur vie familiale, culturelle, sociale et religieuse (cf. GS 67, § 3).

2185 Pendant le dimanche et les autres jours de fête de précepte, les fidèles s’abstiendront de se livrer à des travaux ou à des activités qui empêchent le culte dû à Dieu, la joie propre au Jour du Seigneur, la pratique des œuvres de miséricorde et la détente convenable de l’esprit et du corps (cf. ⇒ CIC, can. 1247). Les nécessités familiales ou une grande utilité sociale constituent des excuses légitimes vis-à-vis du précepte du repos dominical. Les fidèles veilleront à ce que de légitimes excuses n’introduisent pas des habitudes préjudiciables à la religion, à la vie de famille et à la santé.


L’amour de la vérité cherche le saint loisir, la nécessité de l’amour accueille le juste travail (S. Augustin, civ. 19, 19).



2186 Que les chrétiens qui disposent de loisirs se rappellent leurs frères qui ont les mêmes besoins et les mêmes droits et ne peuvent se reposer à cause de la pauvreté et de la misère. Le dimanche est traditionnellement consacré par la piété chrétienne aux bonnes œuvres et aux humbles services des malades, des infirmes, des vieillards. Les chrétiens sanctifieront encore le dimanche en donnant à leur famille et à leurs proches le temps et les soins, difficiles à accorder les autres jours de la semaine. Le dimanche est un temps de réflexion, de silence, de culture et de méditation qui favorisent la croissance de la vie intérieure et chrétienne.

2187 Sanctifier les dimanches et jours de fête exige un effort commun. Chaque chrétien doit éviter d’imposer sans nécessité à autrui ce qui l’empêcherait de garder le jour du Seigneur. Quand les coutumes (sport, restaurants, etc.) et les contraintes sociales (services publics, etc.) requièrent de certains un travail dominical, chacun garde la responsabilité d’un temps suffisant de loisir. Les fidèles veilleront, avec tempérance et charité, à éviter les excès et les violences engendrées parfois par des loisirs de masse. Malgré les contraintes économiques, les pouvoirs publics veilleront à assurer aux citoyens un temps destiné au repos et au culte divin. Les employeurs ont une obligation analogue vis-à-vis de leurs employés.

2188 Dans le respect de la liberté religieuse et du bien commun de tous, les chrétiens ont à faire reconnaître les dimanches et jours de fête de l’Église comme des jours fériés légaux. Ils ont à donner à tous un exemple public de prière, de respect et de joie et à défendre leurs traditions comme une contribution précieuse à la vie spirituelle de la société humaine. Si la législation du pays ou d’autres raisons obligent à travailler le dimanche, que ce jour soit néanmoins vécu comme le jour de notre délivrance qui nous fait participer à cette "réunion de fête", à cette "assemblée des premiers-nés qui sont inscrits dans les cieux" (He 12, 22-23).
images/icones/neutre.gif  ( 824245 )Saint Jean Paul II par penfen (2017-03-15 22:57:12) 
[en réponse à 824235]

a écrit une lettre apostolique sur la sanctification du dimanche, rappelant les principes qui doivent régir la question du travail du dimanche.

Bene tibi

Dies Domini
images/icones/tao.gif  ( 824251 )Bonne question ! par Abbé Jacques Olivier (2017-03-16 00:30:43) 
[en réponse à 824245]

En fait, au-delà des vénérables textes cités qui restent très génériques, il me semble que la question de XA est très pertinente : quelles prescriptions concrètes pour ce qu'il faut / ou ne faut pas / faire dans la dimension du travail ?

Pour avoir pas mal lu il y a quelques années pour une étude, il me semble surtout qu'il y a un très grand flou sur la question de ce qui peut être fait ou non : dès qu'on rentre dans les cas pratiques...

Pour ma part, j'estime que des pistes de réponses sont sans doute dans une définition réaliste et réactualisée de ce que l'on nomme "travail" et que l'on vit comme tel aujourd'hui. Mais je serais heureux de lire des avis éclairés sur ce sujet !

Abbé J. Olivier
images/icones/fleche3.gif  ( 824255 )le travail du dimanche en 1774..... par jejomau (2017-03-16 07:07:25) 
[en réponse à 824251]

Voilà comment est présenté le Travail le dimanche (Liturgia) dans l'Eglise juste avant la Révolution. C'est très concret . Les pasteurs avaient le souci d'instruire la population en expliquant les choses et en usant de termes simples. Il y a trois grandes demandes et trois fruits à retirer du dimanche que l'on retrouvera dans le corpus catéchétique sur le travail du dimanche ci-dessous:

Demande. Que signifie le mot Dimanche ?
Réponse. Le mot de Dimanche signifie le jour du Seigneur.

D. Pourquoi dites-vous que le dimanche est le jour du Seigneur ?
R. Parce que le dimanche est un jour que Dieu s’est réservé, pour être consacré à son culte et aux exercices de Religion.

D. L’observance du dimanche est-elle bien ancienne ?
R. L’observance du dimanche est aussi ancienne que la Religion chrétienne.

D. Y a-t-il une obligation particulière de sanctifier le dimanche ?
R. Oui : Dieu en fait un commandement exprès.

D. Que faut-il faire pour sanctifier le dimanche ?
R. En général, il faut pratiquer les œuvres de la Religion, s’abstenir des œuvres serviles et des œuvres mauvaises.

D. Quels sont, en particuliers, les devoirs qu’il faut remplir pour sanctifier le dimanche ?
R. Il y en a plusieurs.

D. Quel est le premier devoir qu’il faut remplir pour sanctifier le dimanche ?
R. Le premier et le principal est d’assister à la sainte messe.

D. Quelle est la messe à laquelle on doit principalement assister le dimanche ?
R. On doit, autant qu’on le peut, assister à la messe de sa paroisse.

D. Est-on obligé d’assister à la messe de sa paroisse ?
R. Oui, on y est obligé.

D. Quel est le second devoir qu’il faut remplir pour sanctifier le dimanche ?
R. Il faut assister aux instructions qui se font à la messe de paroisse, c’est-à-dire au prône.

D. Que remarquez-vous encore de particulier à la messe de paroisse ?
R. L’aspersion de l’eau bénite et le pain bénit.

D. Qu’est-ce que l’eau bénite ?
R. L’eau bénite est de l’eau commune, sanctifiée par les prières de l’Eglise.

D. Que faut-il faire pendant l’aspersion de l’eau bénite ?
R. Il faut former un acte de contrition, demander à Dieu la pureté du cœur et la grâce d’entendre saintement la messe.

D. Que signifie le pain que l’on bénit chaque dimanche à la messe de paroisse ?
R. Le pain bénit signifie l’union et la charité qui doivent régner parmi les Chrétiens.

D. Quel est le troisième devoir qu’il faut remplir pour sanctifier le dimanche ?
R. Il faut assister aux vêpres, et aux autres exercices de piété qui se font dans les paroisses.

D. Quelles sont les autres pratiques de piété par lesquelles on sanctifie le dimanche ?
R. Ce sont les congrégations, les conférences et les catéchismes.

D. Quelles sont les choses qu’il faut éviter le dimanche ?
R. Il faut éviter les œuvres serviles et les œuvres mauvaises.

D. Qu’entendez-vous par œuvres serviles ?
R. J’entends par œuvres serviles, celles par lesquelles on a coutume de gagner sa vie, comme font les artisans et manouvriers.

D. N’est-il jamais permis de travailler les dimanches et fêtes ?
R. Il est permis de travailler les dimanches et les fêtes, en cas de nécessité pressante.

D. Qu’entendez-vous par les œuvres mauvaises qu’il faut éviter, surtout les dimanches et les fêtes ?
R. J’entends principalement les spectacles, les jeux, les danses et la fréquentation des cabarets.

D. Comment faut-il finir la journée du dimanche ?
R. Il faut, le dimanche sur le soir, autant qu’il est possible, faire une visite au Saint-Sacrement.

D. Quels fruits devons-nous tirer de ce catéchisme sur le dimanche ?
R. Trois principaux.

D. Quel est le premier fruit ?
R. C’est d’assister dévotement à la messe de paroisse, au prône, à vêpres, au catéchisme, et à tous les exercices de piété qui se font en commun.

D. Quel est le second fruit ?
R. C’est de réparer, par une sincère douleur et une conduite plus chrétienne, la profanation que nous avons faite d’un si saint jour, en le donnant aux affaires temporelles, à la dissipation, aux amusements, et souvent au péché.

D. Quel est le troisième fruit ?
R. C’est de pratiquer les œuvres de piété que notre état et le temps nous permettront : comme la visite des malades, le soulagement des pauvres, les visites au St. Sacrement, la lecture des livres de piété.

Abbé Meusy, Cathéchisme des Fêtes, Besançon, 1774



images/icones/marie.gif  ( 824285 )Trois apparitions de Notre Dame qui abordent ce thème par Ewondo (2017-03-16 13:53:09) 
[en réponse à 824235]

- Pèlerinages à Notre-Dame de la Salette

Notre-Dame de la Salette

- Notre-Dame de l'Osier

Note-Dame-de-l'Osier

- Notre-Dame du Dimanche à Saint-Bauzille-de-la-Sylve

Notre-Dame-du-Dimanche

Il en existe peut être d'autres de par le monde.

Pierre.
images/icones/ancre2.gif  ( 824311 )Deux idées qui peuvent servir... par Paterculus (2017-03-16 21:07:41) 
[en réponse à 824235]

... de base pour une discussion.

1) Ne jamais consulter son compte en banque via internet le dimanche, et ne rien commander par internet non plus.
Il me semble que cela nuirait à la quiétude dominicale, faite pour penser à Dieu et s'occuper de ses proches.

2) Ne pas aller dans les commerces le dimanche. Au jugement, ceux qui sont obligés de travailler le dimanche dans les commerces parce que c'est le jour où des clients viennent, se lèveront pour accuser ces derniers de les avoir empêchés de sanctifier le jour du Seigneur et de s'occuper de leurs proches.

Votre dévoué Paterculus
images/icones/neutre.gif  ( 824315 )Puis-je compléter ? par penfen (2017-03-16 21:42:56) 
[en réponse à 824311]

À ces deux disciplines très judicieuses, j'ajouterai ceci:
Le dimanche étant le Jour du Seigneur, les activités doivent lui faire une large place, en famille : la messe, évidemment, mais aussi un temps de "repos", c'est-à-dire un temps où l'on repose les choses dans leur bon ordre.
Quant à la question précise du travail, la Tradition a toujours parlé du travail servile comme ne respectant pas le repos dominical. Longtemps, on a considéré comme travail servile le seul travail physique. Il me semble plus juste de dire que l'on doit éviter le travail se rapprochant trop du travail de la semaine. Exemple : un professeur qui préparerait ses cours le dimanche, un étudiant qui "bosserait" ses cours le dimanche, etc... Bref, un travail qui serait dans la continuité du travail de la semaine. Il faut une coupure.
Bien entendu, je n'inclue pas ici tout travail qui correspond à un "service public": hôpitaux, ou autre. Un magasin qui ouvrirait le dimanche le fait-il vraiment pour un "service" public, ou pour faire des affaires ?
Un autre point : il arrive que l'on choisisse d'aller à la messe du samedi soir. Le motif réel peut déterminer si c'est en harmonie avec une réelle sanctification du dimanche, ou pour "accomplir" matériellement le devoir dominical, et se laisse le dimanche pour ses propres affaires. J'ai connu des jeunes qui allaient à la messe du samedi soir pour sortir en soirée après la messe et dormir tout le dimanche ! No comment.
Réflexions non exhaustives !