Le Forum Catholique
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( 823238 )
Sur l'expression "les âmes" par Jean-Paul PARFU (2017-02-27 10:48:40)
J'ai choqué, paraît-il, certains "liseurs", en expliquant il y a quelques temps déjà, que les victimes de tels ou tels attentats n'étaient pas "des âmes", mais des êtres humains victimes d'attentats.
L'expression "les âmes" est justifiée dans le sens où on sait de quoi l'on parle quand on parle du "salut des âmes", c'est-à-dire de la vie surnaturelle, de la vie de la grâce, des fins dernières et de la vie éternelle. C'est clair, il ne s'agit pas d'un "salut des hommes" qui ferait référence à un messianisme et à un salut purement terrestre et humain, à une utopie millénariste et humaniste.
Cependant, ce ne sont pas "des âmes" qui sont mortes au Bataclan fin 2015, mais des "hommes" et nous devons prier pour leurs "âmes" désormais "séparées".
La terminologie n'est pas indifférente, car elle peut nous détourner des réalités et nous orienter vers un spiritualisme désincarné, abstrait et un peu "clérical", en fait vers une idéologie. Les hommes ne sont pas des anges !
Selon St Thomas d'Aquin, l'âme a, en effet, besoin du corps pour atteindre sa perfection propre, mais aussi que l'âme n'est pas l'homme entier et mon âme n'est pas moi.
On pourra lire, notamment sur ce sujet, l'ouvrage ci-dessous, (que le journal "Présent" nous recommandait le vendredi 16 décembre 2016, page 5)


( 823239 )
Que voulez-vous dire par par Regnum Galliae (2017-02-27 11:02:05)
[en réponse à 823238]
"mon âme n'est pas moi" ? Pourtant, après votre mort, c'est bien vous, Jean-Paul Parfu qui serez, je l'espère, au Ciel. Vous et pas quelqu'un d'autre, vous, avec vos souvenirs, vos goûts personnels, votre personnalité et , surtout, le degré de charité que vous aurez réussi à atteindre sur cette terre.

( 823240 )
Je cite le livre par Jean-Paul PARFU (2017-02-27 11:10:24)
[en réponse à 823239]
et l'article de "Présent". "Je ne veux rien dire" !
Selon St Thomas d'Aquin, d'après l'auteur du livre, ce qui est moi est mon âme et mon corps et non mon âme seule ! En un mot comme en cent, l'homme n'est pas une âme, mais un corps et une âme et c'est pourquoi les corps ressusciteront (pour une éternité de bonheur ou de malheur).

( 823256 )
Je rebondis sur ce sujet par Leopardi (2017-02-27 14:16:38)
[en réponse à 823240]
Quand on parle de la résurrection de NSJC et de l'assomption, corps et âme, cela signifie donc que le corps, physique, de NSJC et de la Ste Vierge sont au ciel et que donc le ciel n'est pas un état mais un lieu physique.
Sinon, comment faut-il le comprendre?

( 823258 )
Physique ? Matériel ? Terrestre ? Quelles relations entre ces trois aspects ? par Glycéra (2017-02-27 14:26:39)
[en réponse à 823256]
En effet, nous poussons toucher les pieds de jésus au Ciel.
Il pourra faire une partie de foot avec ses chers enfants...
Pour autant, ressuscité, un coprs n'est pas empêché de passer par la matière, par la matière terrestre seulement ? La céleste est-elle traversable ?
Savez-vous où trouver des développements, des détails, des précisions sur ces questions ?
Il me semble que cela répondra à nos questions d'anthropologie fondamentale : l'homme est corps, âme, esprit...
Mais sans âme, le corps n'est pas sauvable.
Sans esprit non plus... et l'âme n'est pas humaine sans esprit.
L'âme non humaine, animale, végétale ou autre, sera-t-elle au Ciel ?
Qu'est-ce que l'esprit angélique ?
Notre ange gardien est-il notre esprit ? ou un esprit qui remplit des missions, au fur et à mesure que le temps avance, et que Dieu lui confie tel ou tel homme ?
Questions qui en diront long sur notre constitution, et donc notre façon de se comporter, de se diriger vers Dieu, pour être rendu "semblable à Lui".
Questions autrement plus constructives de chacun de nous que les débats des "élections" qui ne sont pas dans notre réelle capacité de choix.
Un travail de toute une vie d'étudier dans ces sujets !
Avec mes bonnes salutations
Glycéra

( 823274 )
Transubstantiation du corps glorieux par PEB (2017-02-27 16:21:03)
[en réponse à 823258]
Ce que manifeste la Communion sacramentelle, c'est que nous devenons Corps du Christ. Cela sera pleinement manifesté à la fin des temps. Notre humanité sera unie à la divinité. Notre chair elle-même sera celle du Ressuscité. Nous seront des hosties d'allégresse offerte en sacrifice d'action de grâce mais sous les espèces de nos personnalités singulières. Jésus nous dira à chacun son hoc est enim Corpus Meum lorsque sur son ordre l'ange sonnera de la trompette.
Les damnés subiront, pour leur malheur, le même traitement. Leurs âmes rejetteront violemment ce corps glorieux qui, non contents de les réjouir comme chez les élus, les fera affreusement souffrir.
Cependant que faire en attendant le retour du Messie? La mort est une dissolution de l'être. Or, l'espérance du Salut lui confère une dimension d'éternité. L'âme est donc la capacité de la personne à être en relation avec Dieu et son prochain. Elle est le temple de la Foi, de l'Espérance et de la Charité. C'est en elle que Dieu nous fait sa promesse d'éternité, c'est par elle que nous sommes immortels.

( 823261 )
Il s' agit de corps glorieux par Jean-Paul PARFU (2017-02-27 14:46:20)
[en réponse à 823256]
Un corps glorifié n'est plus soumis comme nous à l'espace-temps et à la matière. Et en outre, le Christ est la deuxième personne de la Trinité.
A l'Ile-Bouchard, aux enfants qui lui offraient des fleurs, la St Vierge a expliqué qu'elle ne pouvait pas les emporter avec elle. Elle leur a demandé de les déposer devant sa statue.

( 823264 )
Un corps glorieux par BK (2017-02-27 15:01:13)
[en réponse à 823261]
Reste matériel, fait de matière, mais de la matière de la création nouvelle, non de celle que nous connaissons.
Une vraie matière, mais transfigurée, et qui peut échapper aux lois de notre matière.
(Brève précision à vos belles perspectives)

( 823270 )
Désolé mais... par Leopardi (2017-02-27 16:03:19)
[en réponse à 823264]
...j'ai du mal à vous suivre.
Soit ces corps sont matériels, et on doit donc pouvoir les localiser, soit ils sont autre chose.
"Mets des mains dans mon côté"
Notre Seigneur a voulu manger du poisson pour montrer qu'il était bien en chair et en os, même si sa nouvelle nature ne répondait pas aux lois habituelles (se promener avec des plaies ouvertes).
Il est remonté vers le ciel, il n'a pas disparu comme un magicien.
Il y a donc peut-être un endroit où se trouve sa Personne?

( 823280 )
Le corps glorieux par Jean-Paul PARFU (2017-02-27 17:20:07)
[en réponse à 823270]
est un véritable corps, mais un corps spiritualisé, corps qui répond immédiatement à toutes les impulsions de l'esprit, qui se matérialise et se dématérialise, se rend visible ou invisible à telles ou telles personnes et pas à d'autres se situant pourtant au même endroit, et cela à volonté.
Mais le Ciel est évidemment une réalité surnaturelle, réalité qui ressortit, qui relève de l'être même et de la vie même de Dieu qui est Le Surnaturel même, le Surnaturel subsistant !

( 823263 )
Mgr Léonard par BK (2017-02-27 14:57:45)
[en réponse à 823256]
dans ses Raisons de croire, développait l'idée que le Paradis comme le Paradis terrestre échappent à notre expérience, restreinte au monde déchu.
La réalité la plus profonde du Paradis est spirituelle, car Dieu est Esprit.
Mais nous sommes appelés à la Vision de Dieu dans notre personne entière, corps et âme. D'où Job (je crois) disant qu'il verra Dieu avec ses yeux. D'où le verset du Psaume longuement commenté par Saint Thomas, car à ses yeux fondamental pour la vision chrétienne de l'homme, qui s'éclaire en partie à partir de l'eschatologie (des fins dernières) : mon cœur et ma chair exultent dans le Dieu vivant.
L'Église enseigne que le Christ est ressuscité dans sa Chair, que la Vierge Marie a été élevée aux Cieux dans son corps. (Le cardinal Mercier, je crois, était d'avis qu'il pourrait bien en être de même pour Saint Joseph, eu égard à sa proximité avec le Verbe fait chair et sa Mère, et notait qu'il n'y a ni relique ni même tradition d'un tombeau de saint Joseph).
Quant à donner un lien géographique (d'espace et de temps) entre ce monde et les Cieux... ce n'est pas possible.
Quoiqu'il soit certain qu'à la Communion nous touchons le Corps du Christ.

( 823260 )
Il y a chez Saint Thomas par BK (2017-02-27 14:44:12)
[en réponse à 823240]
Une vision de l'unité du corps et de l'homme rarement atteinte avant, et presqu'aussitôt rejetée et oubliée, sous la poussée des divers dualismes (cartésien et puritain, pour ne dîner que deux exemples).
En ce sens, les catéchèses de Jean-Paul II sur l'homme et la femme reprennent et prolongent les plus profondes intuitions de l'anthropologie de Saint Thomas.
(De la même façon qu'avec Veritatis Splendor, Jean-Paul II reviendra par-delà le poids des siècles à la sève originale de la doctrine morale de Saint Thomas.)
Une soeur Dominicaine du Saint-Esprit a résumé l'anthropologie de Saint Thomas dans la formule 'l'Homme, personne corporelle'.
Et de mémoire - et je n'ai malheureusement pas le temps de revenir aux sources - pour Saint Thomas (ou dans la ligne de son anthropologie) l'âme séparée n'est pas une personne au sens métaphysique du mot. Ce qui n'empêche qu'elle soit l'âme de la personne décédée, et que la Béatitude puisse commencer avant la résurrection de la chair.

( 823265 )
Coquilles par BK (2017-02-27 15:15:37)
[en réponse à 823260]
Unité du corps et de l'âme
'Donner' au lieu de 'dîner'

( 823285 )
SOB... SOB... SOB... par Sabaoth (2017-02-27 17:39:22)
[en réponse à 823238]
Alors, les appels de détresse ne doivent plus être morsés SOS... (Save Our Souls - sauvez nos âmes), mais SOB... (Save Our Bodies - sauvez nos corps)...

( 823286 )
Pas tout à fait par Jean-Paul PARFU (2017-02-27 17:42:00)
[en réponse à 823285]
Mais plutôt "Sauvez nos Corps et nos Âmes" !

( 823289 )
En anglais par Yves Daoudal (2017-02-27 18:07:23)
[en réponse à 823285]
le mot a un sens plus étendu qu'en français.
"The poor soul !" c'est simplement: "le pauvre !"
"He's a jolly soul": c'est un joyeux luron. (Et "happy soul".)
"A living soul", c'est un être vivant. (On l'a aussi en frnaçais: "âme qui vive".)
Et quand on dit d'une personne qu'elle est "the very soul of", c'est qu'elle est... l'incarnation de.
Save our souls, c'est sauvez nos vies. Ce qui renvoie à la signification du mot "anima" dans la Bible, qui veut souvent dire "vie"... Celui qui veut sauver sa vie la perdra...

( 823323 )
Au départ, ce code morse n'avait aucune signification par Père M. Mallet (2017-02-27 23:07:14)
[en réponse à 823289]
Il s'agissait d'une simple suite de ...---...
à envoyer comme une seule lettre, c'est à dire sans espaces.
On lui a attribué après coup un sens (au passage, les Anglais utilisaient plutôt "CQD" et les Allemands ce futur "SOS") ; on aurait pu le fractionner autrement, même si ça aurait été beaucoup moins intuitif :
on aurait pu le décomposer en :
.. / .-- / -. / .. par exemple.
Voir
https://fr.wikipedia.org/wiki/SOS

( 823320 )
le corps et l'âme, l'esprit et la chair; quelle place pour notre mens? par baudelairec2000 (2017-02-27 22:32:40)
[en réponse à 823238]
Merci Parfu pour cette invitation à lire un livre a priori intelligent et intéressant, celui de Jérôme Baschet, "Corps et âmes. Une histoire de la personne au Moyen Age". Un livre que, je l'avoue, je n'ai pas encore acheté, ni lu; mais un livre qui, si j'en crois ce qu'en ont dit les critiques, a le mérite de combattre l'idée selon laquelle le christianisme médiéval aurait contribué à mépriser le corps. Cette époque, saint Thomas au premier rang, ne tombe pas dans le piège d'un dualisme qui verrait le combat du corps contre l'âme; c'est qu'en effet les penseurs de cette époque, époque qui s'enracine dans les Ecritures et les Pères, se gardent de bien de confondre le corps avec la chair et l'âme avec l'esprit.
Une brève incursion dans une épître de saint Paul s'impose. La liturgie nous remet en mémoire chaque année (quatorzième et quinzième dimanche après la Pentecôte)les termes fondamentaux du débat ou les protagonistes d'un vaste combat que tout chrétien doit mener: l'esprit contre la chair (caro et spiritus).
Galates, 5, 16-18:
" Frères, marchez selon l'Esprit, et vous n'accomplirez les désirs de la chair. Car les désirs de la chair s'opposent à l'esprit, et ceux de l'esprit à la chair; ils se contredisent l'un l'autre, si bien que vous ne faites pas ce que vous voulez. Mais si vous êtes guidés par l'esprit, vous n'êtes pas sujets de la loi."
Galates, 5, 25 et 6, 7-8:
" Frères, si nous vivons par l'Esprit, marchons aussi selon l'Esprit... Ne vous y trompez pas: on ne se joue pas de Dieu. On récolte ce qu'on sème: qui sème dan sa chair récoltera dans sa chair, la corruption; qui sème dans l'Esprit récoltera de l'Esprit, la vie éternelle."
Ainsi, nous rappelle à sa façon l'apôtre Paul, "nul ne peut servir deux maîtres".
Résumons -nous: au plan psychologique, l'homme est corps et âme (l'âme étant la forme du corps), un tout substantiel qui se verra reconstitué pleinement le jour de notre résurrection. Sur le plan moral et spirituel, ce n'est pas le corps qui conspire contre l'âme, car, dans cette hypothèse, le corps conspirerait contre lui-même, c'est la chair qui, par ses tendances et ses désirs, aspire à prendre une direction opposée à celle de l'Esprit; la tyrannie du monde et de la chair qui nous fait sujets de la Loi contre la liberté des enfants de Dieu.
Rappelons ce que c'est que la concupiscence:
Première épître de Saint Jean 2, 15-17 "N'aimez ni le monde ni ce qui est du monde. Si quelqu'un aime le monde, l'amour du Père n'est pas en lui. Car tout ce qui est dans le monde - la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l'orgueil de la richesse - vient non pas du Père, mais du monde. Or le monde passe avec ses convoitises ; mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement."
Dernière remarque: avez-vous remarqué, les uns et les autres, comment les traducteurs de nos missels se trompent lourdement quand ils traduisent la plupart des collectes, secrètes et postcommunions? Ainsi pas plus tard qu'hier, dimanche de la Quinquagésime, dans la Secrète:
"Haec hostia, Domine, quaesumus, emundet nostra delicta; et, ad sacrificium, celebrandum, subditorum tibi corpora mentesque sanctificet."
Ce que le Feder, pour ne prendre que ce missel, traduit ainsi:
"Que ces offrandes, Seigneur, nous purifient de nos péchés, et qu'elles donnent à vos serviteurs la sainteté de l'âme et du corps pour célébrer ce sacrifice."
Je pourrais vous citer des dizaines d'autres exemples; je vous invite tout simplement à ouvrir vos yeux et à comparer le latin et le français dans vos missels...
Traduire "mens" par "âme" me semble abusif, même si on peut excuser d'une certaine manière l'emploi de la métonymie, car on introduit alors une opposition artificielle entre l'âme et le corps. Le Gaffiot nous indique trois sens pour "mens":
1/ faculté intellectuelle, intelligence
2/ esprit, pensée, réflexion
3/ disposition d'esprit.
Le "mens", comme je suis incliné à le penser à la suite du dictionnaire, , est la partie raisonnable de l'âme, la partie proprement spirituelle -l'homme a été créé à l'image de Dieu - celle qui opère sans avoir besoin du corps; il y a bien pour le corps, un moteur ou une forme, c'est l'âme végétative et l'âme animale qui permettent les différentes opérations de la vie biologique et animale. Autre doit être cette partie de l'homme qui consiste dans la connaissance raisonnable et l'exercice du libre-arbitre. Cette notion de "mens" désigne également les dispositions intérieures de l'homme, d'où des expressions courantes comme: "puris mentibus", "pura mente", "fideli mente", "libera mente", "secura mente" ou "devota mente".

( 823322 )
Merci par Jean-Paul PARFU (2017-02-27 23:06:17)
[en réponse à 823320]
pour votre post très intéressant !