Le Forum Catholique
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( 823009 )
La conscience doit primer sur la Doctrine par Leopardi (2017-02-23 08:38:48)
Entretien avec le nouveau supérieur des Jésuites, le vénézuélien Abascal, un Bergoglien pur jus.
En résumé, l'Evangile doit être contextualisée et les paroles de NSJC interprétées par le discernement et ce discernement doit être éclairé par la conscience personnelle.
Ainsi, la loi de Moïse sur le mariage peut coexister avec la nouvelle exigence de l'Evangile. Cela dépend des cas...
Il faut distinguer les paroles de NSJC et la manière dont nous les interprétons. Cette interprétation peut varier au cours des siècles.
Le discernement doit s'appuyer sur la conscience personnelle et peut arriver en contradiction avec la Doctrine car cette dernière ne se substitue pas à la conscience et au Saint Esprit.
L'Eglise a toujours fait primer la conscience personnelle.
L'article souligne aussi comment, à deux reprises, lorsque l'Evangile sur l'indissolubilité du mariage était la lecture du jour, le pape n'a pas commenté ce passage.
LIEN

( 823014 )
On connaît... par Candidus (2017-02-23 09:18:58)
[en réponse à 823009]
C'est le raisonnement qui a conduit à la déliquescence des communautés historiques protestantes et à leur transformation en de vagues entités d'assistanat social dont les églises et les séminaires sont vides.
On trouve cet argument derrière tous les développements anti-bibliques du protestantisme contemporain qui ont abouti à la légitimation des actes contre-nature, à la dislocation de la famille, à la confusion des genres, etc.
Ce terrain n'est donc pas une terra incognita, on s'y engage en sachant où cela conduit : la dissolution de l'identité chrétienne.
Un tel comportement suicidaire laisse sans voix.

( 823017 )
C'est pourquoi les papes par Jean-Paul PARFU (2017-02-23 09:47:48)
[en réponse à 823009]
tout au long du XIXème siècle et dans la première moitié du XXème siècle avaient enseigné que "la liberté de conscience" était "un délire" (Grégoire XVI - "Mirari Vos"
ici) ce qui permit aux ennemis de l'Eglise d'affirmer que l'Eglise était contre la liberté, alors qu'il s'agissait de dénoncer "l'autonomie de la conscience" par rapport à la foi bien sûr, mais aussi par rapport à tout l'ordre naturel et notamment à la loi morale naturelle.
Le mal que vous dénoncez ne remonte pas seulement, malheureusement, à l'actuel pontificat. La liberté religieuse, et la liberté de conscience qui la suppose, sont contenues dans Vatican II et tout ce qui a suivi.
Encore une fois, s'agissant de la liberté religieuse ou de la liberté de conscience, oui pour une organisation ou des personnes orientées vers le bien, mais non s'il s'agit de proclamer des droits universels dans l'absolu, pour tout et tous, quoiqu'ils soient, quoiqu'ils disent et quoiqu'ils fassent, et donc non-conditionnés.

( 823018 )
Extraits par Jean-Paul PARFU (2017-02-23 10:20:28)
[en réponse à 823017]
de "Mirari Vos" :
"De cette source empoisonnée de l'indifférentisme, découle cette maxime fausse et absurde ou plutôt ce délire : qu'on doit procurer et garantir à chacun la liberté de conscience ; erreur des plus contagieuses, à laquelle aplanit la voie cette liberté absolue et sans frein des opinions qui, pour la ruine de l'Église et de l'État, va se répandant de toutes parts, et que certains hommes, par un excès d'impudence, ne craignent pas de représenter comme avantageuse à la religion. Eh ! " quelle mort plus funeste pour les âmes, que la liberté de l'erreur ! " disait saint Augustin (S. Aug. Ep. CLXVI). En voyant ôter ainsi aux hommes tout frein capable de les retenir dans les sentiers de la vérité, entraînés qu'ils sont déjà à leur perte par un naturel enclin au mal, c'est en vérité que nous disons qu'il est ouvert ce " puits de l'abîme " (Apoc. IX, 3), d'où saint Jean vit monter une fumée qui obscurcissait le soleil, et des sauterelles sortir pour la dévastation de la terre. De là, en effet, le peu de stabilité des esprits ; de là, la corruption toujours croissante des jeunes gens ; de là, dans le peuple, le mépris des droits sacrés, des choses et des lois les plus saintes ; de là, en un mot, le fléau le plus funeste qui puisse ravager les États ; car l'expérience nous l'atteste et l'antiquité la plus reculée nous l'apprend : pour amener la destruction des États les plus riches, les plus puissants, les plus glorieux, les plus florissants, il n'a fallu que cette liberté sans frein des opinions, cette licence des discours publics, cette ardeur pour les innovations."

( 823019 )
"De" ou "en" conscience? par PEB (2017-02-23 10:28:15)
[en réponse à 823017]
La "liberté de conscience" au sens du Syllabus est celle de changer de culte à volonté voire de changer la religion. Les Papes s'opposaient alors aux libertins, dont le mouvement remonte au moins au XVIIème siècle.
La "liberté de conscience" au sens de la déclaration universelle de 1948 est celle du citoyen libre qui est capable "en" conscience de poser des actes responsables. C'est on ne peut plus thomiste. Ce principe juridique s'oppose au totalitarismes qui transformèrent le sujet de la loi commune en jouet de la puissance publique.
L'enseignement de Vatican II se situe manifestement dans ce contexte post-moderne et non pas dans les combats, certes légitimes, du bienheureux Pie IX.
Les débats de ce forum buttent souvent sur cette homonymie: un même mot pour définir deux réalités disjointes.

( 823023 )
Non ! par Jean-Paul PARFU (2017-02-23 10:50:15)
[en réponse à 823019]
"La liberté de conscience" combattue par les papes n'est pas seulement la liberté de choisir n'importe quelle religion et de les mettre toutes sur le même plan.
Les Papes ont certes d'abord lutté contre "la liberté de conscience" qui nuisait à la seule vraie religion, mais ils ont aussi lutté contre "la liberté de conscience", en tant que telle, dans tous ces aspects, c'est-à-dire en fait contre "l'autonomie de la conscience", notamment en matière de morale élémentaire, ce que précisément nous voyons aujourd'hui et sur quoi Leopardi et Candidus attiraient notre attention !
"La liberté de conscience", ce n'est pas, ça n'a jamais été d'agir en conscience et selon sa conscience ou faire les choses "en conscience" !
En outre, "ne pas agir contre sa conscience" ou "agir selon sa conscience", ne peut être un absolu, car ces maximes ne nous garantissent pas, ne nous préservent pas contre l'erreur. La conscience peut, en effet, être trompée et de fait, elle l'est très souvent, notamment à cause du péché originel que vous semblez avoir oublié ! Bien sûr, un médecin qui est contre l'avortement doit agir selon sa conscience et opposer sa "clause de conscience" à ceux qui voudraient le contraindre à commettre un meurtre. Mais il peut et il doit le faire précisément parce que sa conscience est conforme au bien. "Liberté religieuse" ou "liberté de conscience", si et seulement si l'intelligence et la volonté sont droites ; pas comme droits proclamés dans l'absolu, pour tous et pour tout ! C'est précisément ce que nous soulignions dans le post précédent !
Ce type de considérations, d'objections, est précisément ce qui a endormi les chrétiens contre des principes dont nous voyons aujourd'hui, effarés et écoeurés, les résultats effrayants !

( 823024 )
Même chose chez les papes du XXe siècle... par BK (2017-02-23 10:52:21)
[en réponse à 823017]
Du moins quand on ne fait pas de son traditionnalisme un rejeton du modernisme...
Donum Veritatis
38. Enfin le recours au devoir de suivre la conscience ne peut légitimer le dissentiment. Tout d'abord parce que ce devoir s'exerce lorsque la conscience éclaire le jugement pratique en vue d'une décision à prendre, alors qu'il s'agit ici de la vérité d'un énoncé doctrinal. Ensuite parce que si le théologien doit, comme chaque croyant, suivre sa conscience, il est aussi tenu de la former. La conscience n'est pas une faculté indépendante et infaillible, elle est un acte de jugement moral porté sur un choix responsable. La conscience droite est une conscience dûment éclairée par la foi et la loi morale objective, et suppose aussi la rectitude de la volonté dans la poursuite du vrai bien.
C'est pourquoi la conscience droite du théologien catholique suppose la foi dans la Parole de Dieu dont il doit pénétrer les richesses, mais aussi l'amour de l'Église dont il tient sa mission et le respect du Magistère divinement assisté. Opposer au magistère de l'Église un magistère suprême de la conscience, c'est admettre le principe du libre examen, incompatible avec l'économie de la Révélation et de sa transmission dans l'Église, comme avec une conception correcte de la théologie et de la fonction du théologien. Car les énoncés de la foi ne résultent pas d'une recherche purement individuelle et d'une libre critique de la Parole de Dieu, mais constituent un héritage ecclésial. Si on se sépare des Pasteurs qui veillent à maintenir vivante la tradition apostolique, c'est le lien avec le Christ qui se trouve irréparablement compromis.

( 823022 )
La vérité... par BK (2017-02-23 10:48:52)
[en réponse à 823009]
Donum Veritatis
38. Enfin le recours au devoir de suivre la conscience ne peut légitimer le dissentiment. Tout d'abord parce que ce devoir s'exerce lorsque la conscience éclaire le jugement pratique en vue d'une décision à prendre, alors qu'il s'agit ici de la vérité d'un énoncé doctrinal. Ensuite parce que si le théologien doit, comme chaque croyant, suivre sa conscience, il est aussi tenu de la former. La conscience n'est pas une faculté indépendante et infaillible, elle est un acte de jugement moral porté sur un choix responsable. La conscience droite est une conscience dûment éclairée par la foi et la loi morale objective, et suppose aussi la rectitude de la volonté dans la poursuite du vrai bien.
C'est pourquoi la conscience droite du théologien catholique suppose la foi dans la Parole de Dieu dont il doit pénétrer les richesses, mais aussi l'amour de l'Église dont il tient sa mission et le respect du Magistère divinement assisté. Opposer au magistère de l'Église un magistère suprême de la conscience, c'est admettre le principe du libre examen, incompatible avec l'économie de la Révélation et de sa transmission dans l'Église, comme avec une conception correcte de la théologie et de la fonction du théologien. Car les énoncés de la foi ne résultent pas d'une recherche purement individuelle et d'une libre critique de la Parole de Dieu, mais constituent un héritage ecclésial. Si on se sépare des Pasteurs qui veillent à maintenir vivante la tradition apostolique, c'est le lien avec le Christ qui se trouve irréparablement compromis.

( 823036 )
le général des Jésuites va beaucoup plus loin ! par jejomau (2017-02-23 14:40:41)
[en réponse à 823009]
IL va beaucoup plus loin que ce que vous résumez en quelques mots. D'ailleurs, Sandro Magister dit dès le début de l'interview qu'il propose concernant le nouveau supérieur des Jésuites, le vénézuélien Abascal que celle-ci se passe de commentaires ! En effet, Abascal nie La Vérité en tant que telle, proposant plutôt le "relativisme" combattue par Benoît XVI comme une hérésie qui s'insinue dans l'Eglise. Voilà le début de l'interview:
Q: Le cardinal Gerhard L. Mûller, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, a dit en ce qui concerne le mariage que les paroles de Jésus sont très claires et «aucun pouvoir au ciel et sur terre, ni ange ni pape, Ni un conseil, ni une loi des évêques n'a la faculté de les modifier.
R: Il y aurait beaucoup de réflexion sur ce que Jésus a vraiment dit. À cette époque, personne n'avait un magnétophone pour enregistrer ses mots. Ce qui est connu, c'est que les paroles de Jésus doivent être contextualisées, elles sont exprimées dans une langue, dans un contexte spécifique, elles s'adressent à quelqu'un en particulier.
Q: Mais si toutes les phrases de Jésus doivent être examinés et ramenés à leur contexte historique, elles n'ont plus de valeur absolue ?
R: Au cours du dernier siècle, dans l'Église, il y a eu une grande floraison d'études qui cherchent à comprendre exactement ce que Jésus voulait dire ... Ce n'est pas le relativisme, mais il atteste que le mot est relatif, que l'Évangile est écrit par les êtres humains, Est acceptée par l'Église qui est composée de personnes humaines ... Il est vrai que personne ne peut changer la parole de Jésus, mais il faut savoir ce qu'elle était!
Eloquent non ?

( 823049 )
Si vous me relisez par Leopardi (2017-02-23 16:00:42)
[en réponse à 823036]
J'ai écrit
Il faut distinguer les paroles de NSJC et la manière dont nous les interprétons. Cette interprétation peut varier au cours des siècles.
ce qui correspond à vôtre
c'est que les paroles de Jésus doivent être contextualisées
Pour le reste, j'ai fait un résumé, pas une traduction. C'est pourquoi vous avez le lien.

( 823059 )
Vous avez raison par Steve (2017-02-23 21:08:06)
[en réponse à 823049]
Vous avez raison l'un et l'autre.
Et même ce que dit le pape noir n'est pas absolument faux. Sauf que, dans le contexte et dans les termes utilisés par lui, on peut craindre une volonté malsaine de relativiser le message du Christ.
Sans avoir la compétence pour isoler les "ipsis verbis" de notre Seigneur, on peut cependant constater que (dans les extraits cités) le pape noir ne parle pas
- du contexte dans lequel s'inscrit le texte considéré.
- de la comparaison qu'il faut faire entre les textes qui abordent des sujets comparables.
Enfin, il ne considère pas qu'il faille se référer à la tradition, c'est-à-dire le lecture faite par nos anciens.
Or, il aurait dû le faire : ici, sur un sujet pareil (comme très souvent), les raccourcis désinvoltes sont révélateurs de l'intention de celui qui s'exprime.

( 823102 )
L'interview traduite du pape noir : par Davidoff2 (2017-02-24 15:04:32)
[en réponse à 823059]

( 823114 )
Sorry par Steve (2017-02-24 17:42:29)
[en réponse à 823102]
Le lien ne veut pas passer.
Allons voir sur "dieuetmoilenul".

( 823123 )
Effectivement, un bug dans le lien... ? par Davidoff2 (2017-02-24 20:17:42)
[en réponse à 823114]

( 823125 )
Il fonctionne, et un deuxième article traduit sur ce sujet : par Davidoff2 (2017-02-24 20:20:17)
[en réponse à 823123]