Le Forum Catholique
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( 822512 )
Dimanche de la Sexagésime par ami de la Miséricorde (2017-02-19 00:58:07)

( 822513 )
Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli par ami de la Miséricorde (2017-02-19 01:00:23)
[en réponse à 822512]
CHAPITRE LIX La dévotion sensible et la sécheresse spirituelle
La dévotion sensible procède tantôt de la nature, tantôt du démon, tantôt de la grâce. Vous en reconnaîtrez l'origine aux fruits qu'elle produira. Si elle ne rend pas votre vie meilleure, vous avez sujet de craindre qu'elle ne vienne du démon ou de la nature ; et cette crainte sera d'autant plus fondée que vous prendrez plus de goût et de plaisir à cette dévotion, que vous vous y attachez davantage et qu'elle vous donnera une plus grande estime de vous-même. Lorsque vous sentirez les consolations spirituelles abonder en votre âme, ne vous amusez point à examiner quel en peut être le principe ; gardez-vous de mettre en elles votre confiance et de perdre de vue la connaissance de votre néant ; mais, redoublant de vigilance et de haine à l'égard de vous-même, efforcez-vous vous de tenir votre cœur libre de tout attachement, même spirituel, et de ne désirer que Dieu seul et son bon plaisir. De cette manière, la douceur que vous ressentez, dût-elle son origine à l'action de la nature ou du démon, deviendra un effet de la grâce. La sécheresse spirituelle peut procéder pareillement des trois principes que nous venons de mentionner : - Du démon qui espère par là nous porter au relâchement et nous faire abandonner les exercices spirituels pour les amusements et les plaisirs du monde ; - De nous-mêmes, qui y donnons lieu par nos fautes, notre attachement aux choses de la terre et notre négligence ; - De l’Esprit Saint, qui nous envoie cette épreuve, soit pour nous avertir d'être plus diligents à nous détacher de tout ce qui n'est pas Dieu ou qui ne tend pas à lui ; soit pour nous convaincre, par notre propre expérience, que tout ce qu'il y a de bien en nous vient de Dieu ; soit pour nous faire estimer davantage les dons du Ciel et nous les faire garder avec plus d'humilité et de vigilance ; soit pour nous unir plus étroitement à sa divine majesté, en nous faisant renoncer à tout, même aux délices spirituelles, de peur que les aimant trop nous ne leur donnions une part de ce cœur que le Seigneur veut tout entier pour lui ; soit enfin parce qu'il se plaît, pour notre bien, à nous voir combattre de toutes nos forces et mettre sa grâce à profit. Lors donc que vous sentirez cette sécheresse spirituelle, rentrez en vous-même, examinez quel est le défaut qui vous a fait perdre, non pour recouvrer les consolations de la grâce, mais pour bannir de votre âme tout ce qui déplaît aux yeux de Dieu. Si vous ne découvrez pas en vous ce défaut, efforcez-vous d'acquérir, au lieu de la dévotion sensible, la dévotion véritable qui consiste dans une prompte résignation à la volonté de Dieu. Gardez-vous bien surtout d'abandonner vos exercices spirituels ; employez au contraire toute votre énergie à les continuer, quelque infructueux et insipides qu'ils vous paraissent, et acceptez de bon cœur le calice d'amertume que vous présente l'amoureuse volonté de Dieu. Et si la sécheresse est accompagnée de tant et de si épaisses ténèbres spirituelles que vous ne sachiez où vous tourner, ni quel parti prendre, ne vous découragez moins pour cela, mais demeurez fermement attaché à la croix, ne recherchez point les consolations terrestres, repoussez-les même, si le monde et les créatures venaient vous les offrir. (...)
Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde

( 822532 )
"Attachés à la croix" petite réflexion par Glycéra (2017-02-19 11:26:51)
[en réponse à 822513]
« Demeurez attachés à la croix »
Qu’est-ce à dire ?
Est-ce la douleur réaliste sanguinolente des crucifix à l’espagnole ? Est-ce d’être cloué, innocent, par d’autres affreux méchants ? Est-ce la fin de toute vie donnée ? Ce ne sont que des actes, des faits, externes à notre « fiat » qui œuvre avec Dieu.
La croix est une croisée : l’essentiel est en son centre, en son 5ème point après les quatre directions (1). Trouver ce centre, et, comme Dieu rentrer en ce centre, au cœur des choses, là où est le Sacré-cœur.
La croix est faite de deux barres, une haute, et une plantée.
L’horizontale embrasse le monde, les frères, les œuvres humaines : elle est en haut, pas à ras de terre, il faut déjà monter pour y accéder. L’autre, verticale est plantée au lieu du crâne (Golgotha) où la Tradition a mis la tombe d’Adam. Elle passe par l’écriteau écrit par un Romain : Jésus est Roi, et pointe vers le Ciel où Jésus disparaîtra des yeux 10 jours après.
« Quand j’élèverais tout de terre » dit Jésus. Voilà l’exemple qu’il donne : ne pas condamner qui torture, admettre, mettre en soi la douleur, y compris l’immense travail d’obéir à ce à quoi on est destiné, faire sa part : en conscience le plus possible selon nos compétences, et notre exercice pour les acquérir. Jésus n’a pas fait le travail à notre place, et il n’a pas dit non plus de se faire clouer. Il s’agit de comprendre son propre chemin, de croiser l’aspiration céleste et l’acte terrestre. D’agir chaque geste de manière juste, précise, consciente et donnée à Sa gloire. (2)
Evidemment, on repensera à Mama Marguerita, quand elle se décourage des filous de la maison qu’elle tient pour son saint de fils, Don Bosco. Il ne lui dit rien, quand il la voit en train d’enlever son tablier, pour partir, rien que : Lui ne peut pas partir de là… en montrant le crucifix. Et elle remit son tablier. Autrement dit par St François de Sales ? « Un arbre porte fruit au verger où Il l’a planté. »
Sachons aimer trouver la croisée de nos routes, et garder le cœur brûlant pendant le service et les récompenses divines en nos cœurs !
Voilà ce que cette petite phrase « attachés à la croix » m’a fait penser…
Glycéra
(1) St Paul cite : hauteur, largeur, longueur et profondeur. Ce n’est pas une erreur géométrique de sa part, c’est vérité divine à comprendre.
(2) Comme dit le Père Molinié : Gloire = Présence, Shekinah en hébreu

( 822533 )
Le même texte, mais aéré par Glycéra (2017-02-19 11:27:52)
[en réponse à 822513]
sinon, je n'arrive pas vraiment à lire à l'écran...
Glycéra
CHAPITRE LIX La dévotion sensible et la sécheresse spirituelle
La dévotion sensible procède tantôt de la nature, tantôt du démon, tantôt de la grâce. Vous en reconnaîtrez l'origine aux fruits qu'elle produira.
Si elle ne rend pas votre vie meilleure, vous avez sujet de craindre qu'elle ne vienne du démon ou de la nature ; et cette crainte sera d'autant plus fondée que vous prendrez plus de goût et de plaisir à cette dévotion, que vous vous y attachez davantage et qu'elle vous donnera une plus grande estime de vous-même.
Lorsque vous sentirez les consolations spirituelles abonder en votre âme, ne vous amusez point à examiner quel en peut être le principe ; gardez-vous de mettre en elles votre confiance et de perdre de vue la connaissance de votre néant ; mais, redoublant de vigilance et de haine à l'égard de vous-même, efforcez-vous vous de tenir votre cœur libre de tout attachement, même spirituel, et de ne désirer que Dieu seul et son bon plaisir. De cette manière, la douceur que vous ressentez, dût-elle son origine à l'action de la nature ou du démon, deviendra un effet de la grâce.
La sécheresse spirituelle peut procéder pareillement des trois principes que nous venons de mentionner :
- Du démon qui espère par là nous porter au relâchement et nous faire abandonner les exercices spirituels pour les amusements et les plaisirs du monde ;
- De nous-mêmes, qui y donnons lieu par nos fautes, notre attachement aux choses de la terre et notre négligence ;
- De l’Esprit Saint, qui nous envoie cette épreuve, soit pour nous avertir d'être plus diligents à nous détacher de tout ce qui n'est pas Dieu ou qui ne tend pas à lui ; soit pour nous convaincre, par notre propre expérience, que tout ce qu'il y a de bien en nous vient de Dieu ; soit pour nous faire estimer davantage les dons du Ciel et nous les faire garder avec plus d'humilité et de vigilance ; soit pour nous unir plus étroitement à sa divine majesté, en nous faisant renoncer à tout, même aux délices spirituelles, de peur que les aimant trop nous ne leur donnions une part de ce cœur que le Seigneur veut tout entier pour lui ; soit enfin parce qu'il se plaît, pour notre bien, à nous voir combattre de toutes nos forces et mettre sa grâce à profit.
Lors donc que vous sentirez cette sécheresse spirituelle, rentrez en vous-même, examinez quel est le défaut qui vous a fait perdre, non pour recouvrer les consolations de la grâce, mais pour bannir de votre âme tout ce qui déplaît aux yeux de Dieu. Si vous ne découvrez pas en vous ce défaut, efforcez-vous d'acquérir, au lieu de la dévotion sensible, la dévotion véritable qui consiste dans une prompte résignation à la volonté de Dieu.
Gardez-vous bien surtout d'abandonner vos exercices spirituels ; employez au contraire toute votre énergie à les continuer, quelque infructueux et insipides qu'ils vous paraissent, et acceptez de bon cœur le calice d'amertume que vous présente l'amoureuse volonté de Dieu. Et si la sécheresse est accompagnée de tant et de si épaisses ténèbres spirituelles que vous ne sachiez où vous tourner, ni quel parti prendre, ne vous découragez moins pour cela, mais demeurez fermement attaché à la croix, ne recherchez point les consolations terrestres, repoussez-les même, si le monde et les créatures venaient vous les offrir. (...)