Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=822084
images/icones/carnet.gif  ( 822084 )FSSPX : La prélature personnelle survivra aux pontifes successifs par Jean Kinzler (2017-02-14 10:40:45) 

Rorate Caeli - 13 février 2017
Faut-il accepter la prélature personnelle présentée par Rome à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X ? Certains présentent leur avis négatif du fait des circonstances, mais la question est mal posée. Il faudrait plutôt demander : Peut-on refuser la reconnaissance canonique quand aucun préalable inacceptable n’est assorti à cette concession ? Mgr Lefebvre n'a jamais refusé de structure canonique en elle-même, de son vivant. Il a uniquement refusé les exigences conditionnant la structure qu'il avait originellement souhaitée et obtenue et qui lui a été injustement retirée. Jamais il n'a aspiré à rompre de son propre chef le lien canonique qui le liait officiellement à Rome et même à cette Rome pourtant infestée de modernistes. Bien au contraire, il a subi : il a contesté la publication de rupture de ce lien et a fait appel des décisions des autorités ecclésiastiques. Par conséquent, Mgr Lefebvre n'a jamais été confronté à la situation que nous vivons : la Fraternité se voit proposer une structure canonique sans condition. D'ailleurs sur quel motif la refuser si aucune condition n'est imposée (et même si les conditions étaient neutres) et que nous considérons que le pape, en vertu du mandat de droit divin que Notre Seigneur a confié à Pierre et à ses successeurs, continue à détenir le pouvoir surnaturel de lier et de délier, en dépit de toutes ses misères ? La crise ferait-elle de la primauté de Pierre et du pouvoir des clefs des vérités catholiques embarrassantes, optionnelles et superflues ?

Certains objecteront que le contexte ne permet pas cette régularisation et que sur le trône de Pierre n’a jamais régné pire progressiste. Mais une structure canonique ne dure pas le temps d’un seul pontificat, elle survit aux papes qui passent, et son acceptation n’est pas un placet pour le pontife du moment. On ne peut pas imaginer une régularisation sous Benoît XVI, sans prévoir qu'elle sera toujours effective sous son successeur. Quelle attitude faudra-t-il adopter demain ? Devrons-nous devenir sédévacantistes quand les pontificats seront calamiteux et « dénoncer le contrat » à notre guise au fil du temps ? Ce n’est guère cohérent. Même si un pontife bien traditionnel est attendu, il n’est jamais à l’abri d’être suivi par un successeur désastreux. La sécurité totale n’existe pas ici-bas et le statut canonique de la FSSPX doit pouvoir perdurer, quel que soit le pape régnant. C’est pour cette raison que son supérieur général s’assure préalablement de son étanchéité et de la pérennité de son administration pour tous les types de pontificats, malgré les assauts en tous genres.

Le jour où la Fraternité fondée par Mgr Lefebvre sera régularisée, on imagine bien que le pape actuel ne touchera pas au cours de son pontificat à cet équilibre qui a été recherché par tous les moyens depuis quarante ans. La curie a bien tenté la mise au pas de la Fraternité Saint-Pierre en 1999 et n’y est plus jamais revenue, après avoir essuyé un échec. En concédant, l’année dernière, une confirmation définitive des statuts de l’Institut du Christ-Roi, on peut même affirmer que le Saint-Siège a entériné le fait que le monde traditionnel n’était plus à démanteler et cela après la libération du missel traditionnel et la reconnaissance des confessions des prêtres de la Fraternité Saint-Pie X. Telle est la situation actuelle même si en soi, tout cela peut changer aussi.

L’objectif de Mgr Fellay est plutôt réaliste. Il est évident qu’il n’est pas aveuglé par la « kaspérite » ambiante et qu’il préfère Summorum pontificum à Amoris Laetitia… Néanmoins, il considère que c’est justice que soit rendue à la Fraternité la reconnaissance qui lui a été indûment retirée et que plus personne dans l’Église ne lui dénie désormais. Cela se fait sans doute avec le pontife du moment, mais lequel passera et sera suivi d’un meilleur ou d’un pire. Il se trouve que les conditions pour acter la régularisation n’ont jamais été aussi peu contraignantes qu'aujourd'hui. Il ne s’agit pas d’un accord avec ce que fait François, mais d’une régularisation par le Saint-Siège qui a été fondé, qu’on le veuille ou non, par Notre Seigneur Jésus Christ.
[Côme de Prévigny - Rorate Caeli]
Tradinews
images/icones/bravo.gif  ( 822086 )Je n'ai qu'un mot à dire ... par Exocet (2017-02-14 11:18:36) 
[en réponse à 822084]

Excellent !
images/icones/1n.gif  ( 822121 )Moi deux ! par Miserere (2017-02-14 15:26:48) 
[en réponse à 822086]


Misère et imprudence!
images/icones/hein.gif  ( 822087 )Ordre de Malte par Thomas (2017-02-14 11:25:22) 
[en réponse à 822084]

Je ne suis pas très au fait des lois canoniques et il me semble que, de toute façon, le Pape peut s'élever au-dessus de ces lois.

Mais une prélature personnelle pourrait-elle protéger la FSSPX contre une ingérence du Pape du type de celle qu'on peut voir auprès de l'Ordre de Malte ?

Thomas
images/icones/fleche2.gif  ( 822091 )C'est très différent par Philippilus (2017-02-14 12:06:19) 
[en réponse à 822087]

L'ordre de Malte est un ordre de chevalerie datant des croisades, et est un état souverain. L'action du Pape est une forme de "coup de force", visant à le mettre au pas. Il n'y a donc aucune justification juridique. L'ordre de Malte est Laïc, son chef n'est pas le pape. Il y a en revanche un long passé Romain d'intervention dans les nominations de souverains et organisation des états. Cela a rempli des siècles de conflits au moyen-âge.

Pour le cas que vous évoquez, aucun cadre juridique ne pourra protéger la FSSPX contre un coup de force. Ni qui que ce soit d'autre d'ailleurs.

Sur la notion d'ingérence, c'est un des risques qui doit être sérieusement pesé et qui pourrait (hypothèse) expliquer la prolongation des discussions actuelles. D'ailleurs, Mgr Lefebvre, en son temps avait demandé d'avoir une majorité dans les commissions romaines envisagées pour "superviser" la fraternité dans le cadre d'une régularisation.

Philippilus
images/icones/neutre.gif  ( 822092 )Quelques réflexions par Candidus (2017-02-14 12:08:39) 
[en réponse à 822087]

Je suis toujours surpris par ce genre de question. En quoi le fait de se trouver dans un cadre canonique officiel pourrait empêcher la FSSPX de s'opposer à une exigence romaine qu'elle jugerait illégitime ?

Aujourd'hui, la FSSPX reconnaît la légitimité de François ; officiellement elle se considère liée par les décisions de François tant que celles-ci ne sont pas dangereuses pour la foi. Je ne vois pas ce qu'une reconnaissance de la FSSPX changerait à cela ?

Par ailleurs, en reconnaissant la FSSPX, François prend un risque. Il a lui-même confié à Mgr Fellay qu'il faisait l'objet de fortes pressions pour le dissuader de reconnaître la FSSPX. Humainement, François n'aura aucun intérêt à faire échouer cette réintégration ; au contraire, ce serait un échec monumental qui donnerait à son pontificat l'aspect d'un monolithe idéologique, ce qu'il cherche à éviter.

Concernant ce dernier point, je pense que nous avons là l'explication du paradoxe de la reconnaissance de la FSSPX par François : cette reconnaissance a pour but de brouiller la perception qu'ont les conservateurs et les libéraux de François. C'est un pied-de-nez aux uns et aux autres : "AH VOUS CROYIEZ POUVOIR ME CLASSER DANS UNE CATÉGORIE ?... EH BIEN JE VAIS VOUS ÉTONNER..."

Encore une fois, la Providence trace des lignes droites avec nos courbes. En reconnaissant la FSSPX et en poursuivant son oeuvre de déstructuration de l'Eglise, François va drainer un grand nombre de conservateurs vers la FSSPX, et cela peut faire beaucoup de monde.
images/icones/1n.gif  ( 822095 )Vous avez raison mais. par Thomas (2017-02-14 12:31:02) 
[en réponse à 822092]



Je suis toujours surpris par ce genre de question. En quoi le fait de se trouver dans un cadre canonique officiel pourrait empêcher la FSSPX de s'opposer à une exigence romaine qu'elle jugerait illégitime ?



En rien, mis à part que cela pourrait refaire une division au sein de la FSSPX comme il y a eu à l'époque des sacres avec la création de la FSSP.

Thomas
images/icones/hein.gif  ( 822096 )Le pontife ? par Steve (2017-02-14 12:33:47) 
[en réponse à 822092]

Selon ce que vous en dites, le pontife veut enjoliver son image.

Mais, dans ce cas...
- Les prétendus "rigides" (pour faire court) seront-ils moins dénigrés publiquement ? Moins méprisés ?
Faudra-t-il, au contraire, donner des gages nouveaux aux modernos ?

Et dans d'autres domaines ...
- Les musulmans seront-ils moins arrosés d'eau de rose (bénite) ?
- Nos patries seront-elles sorties des oubliettes où elles ont été jetées ?

Si l'objectif du pontife n'est pas le bien commun pour l'Eglise, puis le monde chrétien, puis le monde, alors on ne sort pas de l'auberge.

images/icones/neutre.gif  ( 822150 )merci, Candidus.... par Pol (2017-02-14 20:34:52) 
[en réponse à 822092]

je pense que vous avez raison a 100%.
Mais je me repete: ce n'est pas pour demain, ou après-demain.
images/icones/neutre.gif  ( 822118 )Ingérences par Mingdi (2017-02-14 14:59:16) 
[en réponse à 822087]

Je ne dirai pas « hors de la FSSPX, point de salut », mais « loin de la FSSPX, que de temps et d’âmes perdus pour l’Eglise post-conciliaire ». L’Eglise post-conciliaire subsiste dans la FSSPX. Certes, les dinosaures, brontosaures, tyranosaures soixante-huitards sont petit à petit remplacés par des jeunes pleins de bonne volonté mais peu nombreux et mal formés. Et un mauvais pli moderniste, naturaliste, anthropologique a été pris. Pourtant, que de chemin parcouru depuis les propos de table de Jean XXIII, le caporalisme montinien, l’amuuur wojtylien, la roue libre ratzingérienne. Le tchatcheur argentin se dit prêt à faire un effort. Acceptons-en l’augure. Il y faut une règle à la Robert de Negro vu par les Inconnus : « if you dont fuck me, I dont fuck you ». La FSSPX l’ouvrira moins, publiquement, que par le passé, mais il faut reconnaître que les imprécations ont moins d’effet que l’exemple. En revanche, en interne, on ne laissera rien passer. Ok, le supérieur de l’Ordre de Malte a filé sa dem. Mais était-il soutenu par sa base ? Mgr Fellay a des réélections de maréchal. Je crois qu’il maîtrise bien sa boutique.
images/icones/1d.gif  ( 822119 )subsiste par Lycobates (2017-02-14 15:16:09) 
[en réponse à 822118]


L’Eglise post-conciliaire subsiste dans la FSSPX



C'est dans le n° 8 de la constitution drolatique Stridor Dentium, n'est-ce pas ?
images/icones/fleur.gif  ( 822167 )Excellent par Vassilissa (2017-02-14 21:47:32) 
[en réponse à 822119]

Merci de mettre un peu d’humour dans ce sujet fort préoccupant.
images/icones/fleche2.gif  ( 822088 )D'accord avec cette argumentation par Signo (2017-02-14 11:34:23) 
[en réponse à 822084]

Ily a un réel risque que les membres de la FSSPX, à force de rester à la marge des structures officielles, perdent de vue le fait que l'union à Rome n'est pas quelque chose de facultatif, et que la situation canonique de la Fraternité n'a pas à dépendre de la qualité doctrinale de tel ou tel Souverain Pontife.

De fait, cette situation de schisme de fait semble bien entérinée dans beaucoup d'esprits de la Fraternité, qui parlent d'"Eglise conciliaire" ou d'"Eglise progressiste" pour nommer les autorités romaines, ce qui, en plus d'être une qualification insultante et fausse, sous-entend déjà des positions à la frontière du sédévacantisme, et donc de l'hérésie. Il n'y a pas d"Eglise conciliaire", il y a seulement l'unique Eglise de Dieu, qui certes traverse une crise doctrinale, morale et spirituelle très profonde (qui n'est d'ailleurs pas la première de son histoire), mais qui n'en est pas moins la seule et unique Eglise catholique légitime. Il n'est peut-être pas inutile de le rappeler.

Dans un autre registre, je m'interroge sur les conséquences pratiques d'une éventuelle régularisation sur les prieurés de la Fraternité: pourront-ils bénéficier d'églises ou du moins de chapelles un peu plus dignes que les lieux de culte actuels, bien souvents abrités dans des entrepôts ou autres lieux désaffectés? Dans la plupart des diocèses, confier une église à la Fraternité ne devrait pas poser trop de problèmes, étant donné le nombre grandissant de sanctuaires inutilisés... Et cela permettra à la Fraternité d'entamer un vrai travail d'évangélisation de manière plus visible, plutôt que de se contenter d'entretenir spirituellement un petit noyau de fidèles -ce qui certes n'est pas en soi mauvais, mais n'est guère satisfaisant...

Reste à savoir si les soviets diocésains sauront faire preuve de cette "ouverture" dont ils se réclament sans cesse...
images/icones/1n.gif  ( 822089 )Sur certains termes par Jean-Paul PARFU (2017-02-14 11:51:12) 
[en réponse à 822088]

utilisés pour qualifier les autorités romaines au sein de la FSSPX, sachez que c'est Mgr Lefebvre qui les utilisaient déjà en 1978.

ici
images/icones/fleche3.gif  ( 822097 )Sauf que... par Signo (2017-02-14 12:46:03) 
[en réponse à 822089]

... jusqu'à nouvel ordre Mgr Lefebvre n'est pas docteur de l'Eglise et qu'il a pu lui aussi ce tromper sur bien des points, bien que je partage son analyse dans certains domaines et dans une certaine mesure.

Mais comment affirmer que Rome ne confesse plus la foi catholique? Que dire du Credo du Peuple de Dieu de Paul VI? Des constitutions dogmatiques du Concile qui ont réaffirmé de manière parfaitement claire la foi catholique sur le mystère de l'Eglise, sur l'Eucharistie, sur le sacerdoce? Que dire de Sacrosanctum Concilium qui reprend, non pas simplement quelques idées, mais des pans entiers, voire l'essentiel de l'enseignement de Pie XII publié dans Mediator Dei? Que dire du magistère post-conciliaire, de Dominus Iesus clarifiant la nature des confessions chrétiennes non-catholiques, de Veritatis Splendor rappelant les fondements traditionnels de la morale chrétienne,de Ecclesia de Eucharistica, de Familiaris Consortio, documents tous parfaitement orthodoxes? Tout cela ne compte-il donc pour rien? Que dire de l'assourdissant silence de la FSSPX à propos du travail monumental du Père Basile Valuet, de l'abbaye Sainte-Madeleine du Barroux (donc peu suspect de progressisme)qui a démontré de manière magistrale la parfaite continuité de l'enseignement conciliaire sur la liberté religieuse avec la Tradition de l'Eglise?

Certes, le libéralisme s'est infiltré dans l'Eglise, cela est incontestable. Paul VI l'avait d'ailleurs publiquement reconnu et regretté. Oui, les Papes ont commis des erreurs, parfois graves (Assise...). Oui le pape actuel pose problème. Mais on ne peut pas faire comme si Rome avait apostasié, car ce n'est tout simplement pas vrai.
images/icones/attention.gif  ( 822109 )Complément et correction par Philippilus (2017-02-14 14:04:37) 
[en réponse à 822089]

Le terme "Eglise conciliaire" a été inventé par Rome, c'est Mgr Bennelli qui l'emploie en 1976 au nom du Pape dans un courrier officiel à Mgr Lefebvre. Et lui intime l'ordre d'obéir à l'Eglise Conciliaire.

Cette expression est effectivement scandaleuse et "pousse au schisme", comme le dit Signo. Mais le schisme de qui?

Mgr Lefebvre a bien noté le caractère incongru de cette expression, et s'en est servi comme un symbole et un aveu de l'occupation de l'Eglise Catholique par une nouvelle religion. La réaction de Signo est révélatrice de l'évolution des mentalités: En 1976, Rome est dans l'illusion du Concile tout puissant et évoque fièrement l'Eglise Conciliaire. En 2017, Signo a honte de cette expression, et en fait le reproche (sans certainement en connaître la genèse) aux traditionalistes.

Philippilus

images/icones/livre.gif  ( 822098 )"Ainsi sont les intentions de l'Eglise conciliaire." par Lycobates (2017-02-14 12:48:19) 
[en réponse à 822088]

ICI

Le "père" de l' "Église conciliaire", et de l'institution et du terme, à ma connaissance pour la première fois dans ce texte, est son co-fondateur même.

"Il n'est peut-être pas inutile de le rappeler."

Et il est dès lors parfaitement légitime d'utiliser ce terme pour dénominer l'entreprise en question.
images/icones/neutre.gif  ( 822099 )Sauf que... par Signo (2017-02-14 12:59:43) 
[en réponse à 822098]

...ern parlant d'Eglise conciliaire, Paul VI veut dire l'Eglise catholique telle que rénovée par le Concile, il ne sous-entend pas une autre Eglise qui aurait remplacée l'Eglise de toujours. On aurait en ce sens très bien pu employer l'expression, par exemple, pour qualifier l'Eglise à la suite de la réforme tridentine.

Par ailleurs ayez l'honnêteté de lire Paul VI tel qu'il est et non tel que vous le fantasmez: dans le même texte il écrit:

"Pourquoi tant d'insubordinations, tant d'oublis des règles canoniques, tant de tentatives de sécularisation, tant de désirs d'assimiler la vie catholique à la vie profane, tant de crédit aux considérations sociologiques au lieu de considérations théologiques et spirituelles? Crise de croissance disent beaucoup ... Il y a du vrai. Mais n'est-ce pas aussi une crise de foi? Une crise de confiance de quelques fils de l'Eglise dans l'Eglise elle-même?"


Autrement dit: sans prendre encore pleinement conscience de la profondeur de la crise, Paul VI à travers ses lignes prescent déjà que le Concile, en raison du contexte sociétal des années 1970, risque d'être incompris...
images/icones/1d.gif  ( 822100 )huhuhu par Lycobates (2017-02-14 13:13:12) 
[en réponse à 822099]


que le Concile, en raison du contexte sociétal des années 1970, risque d'être incompris...



un peu comme certains adolescents devenus délinquants ?
Oui, c'est ça : ce pauvre concile a dû avoir une jeunesse difficile ...

Mais libre à vous de continuer à regarder ce malheureux banqueroutier (pour être gentil) et son affreux machin à travers vos lunettes roses ...
Le débat est stéril, hélas.
images/icones/1y.gif  ( 822102 )Il n'y a pas de lunettes roses... par Signo (2017-02-14 13:18:31) 
[en réponse à 822100]

...puisque j'ai dit que l'Eglise traversait une crise morale et spirituelle très profonde et que celui que vous appelez avec mépris le "banqueroutier" l'avait reconnu en regrettant que "la fumée de Satan" soit entrée, par quelque fissure, dans l'Eglise. Je ne vois donc dans ces propos aucune lunette rose...
images/icones/neutre.gif  ( 822103 )Simple ellipse par Candidus (2017-02-14 13:39:34) 
[en réponse à 822098]

On a accordé beaucoup trop d'importance à l'expression "Église conciliaire". N'avez-vous jamais lu sous la plume d'historiens l'expression "l'Église du Concile de Trente" ?

Par exemple, voici ce que je lis dans un article universitaire intitulé "Les réseaux de marrainage en Italie du Nord du XVe au XVIIe siècle" : "les baptêmes n’étaient pas du tout les cérémonies simples et intimes que l’Église du Concile de Trente aurait voulu imposer".

De la même manière on parlera de "la France de Louis XIV", de "la France de la Belle Époque", de "la France du temps des colonies". C'est toujours la même France.

L'expression "Église conciliaire" est une figure de style, c'est une ellipse, le raccourci de l'idée : "l'Eglise catholique qui intègre les enseignements du Concile Vatican II". Après, on peut toujours argumenter sur les enseignements de ce concile, mais c'est un autre sujet.
images/icones/fleche2.gif  ( 822169 )Eglise conciliaire par Peregrinus (2017-02-14 22:18:09) 
[en réponse à 822103]

Il me semble que cette expression d'Eglise conciliaire peut s'employer dans au moins trois sens différents.

1° Le premier sens est strictement chronologique et historique. L'Eglise conciliaire, ou post-conciliaire, est l'Eglise des années ou des décennies qui ont suivi l'événement conciliaire dont il est difficile de nier qu'il revêt une importance capitale. Il y a incontestablement à ce titre une Eglise conciliaire comme il y a une Eglise médiévale.
En ce sens, tous nous appartenons sans aucun doute à l'Eglise conciliaire.

2° Le deuxième sens est davantage sociologique et renvoie plutôt aux éléments qui, dans l'Eglise de l'époque considérée, entretiennent le plus fort rapport de conformité à cet événement conciliaire.
L'Eglise conciliaire est alors l'Eglise en tant qu'elle correspond aux tendances identifiées comme conciliaires.
Il me semble que ce deuxième sens est lui aussi parfaitement justifié dans la mesure où il existe bel et bien des tendances, des pratiques, voire des mouvements organisés qui portent la marque du bouleversement consécutif au dernier Concile.
En ce sens, sont éminemment conciliaires le pontificat actuel ou le cardinal Kasper ; les traditionalistes quant à eux relèvent de l'Eglise conciliaire dans la mesure où ils entretiennent avec elle, sous des modalités diverses, un rapport d'opposition qui les rend, d'une manière originale, typiques de leur époque.

3° Le troisième sens est en quelque sorte théologique, il touche à la nature de l'Eglise, et il est certainement beaucoup plus difficilement acceptable : l'Eglise conciliaire serait l'Eglise nouvelle issue du dernier Concile, qui romprait à des titres divers avec l'Eglise catholique.
Ce troisième sens peut faire l'objet d'une interprétation progressiste et d'une interprétation traditionaliste : dans le premier cas, l'Eglise conciliaire est une sorte d'horizon d'attente, un projet à réaliser en "faisant Eglise", dans le second, l'Eglise conciliaire est un monstre qui tend dans les faits à se substituer à l'unique Eglise fondée par Jésus-Christ.
Il s'agit, dans un cas, de fonder une nouvelle Eglise, dans l'autre, de refuser à l'Eglise réelle sa qualité.
Dans les deux cas, on tend à supprimer l'Eglise.

C'est à cause de la troisième acception que l'usage de l'expression est devenu périlleux et risque de conduire à des malentendus et à des contresens.
Mais il me semble également que ce n'est pas nécessairement à la lumière de ce troisième sens qu'il faut lire tous les usages qui ont pu en être fait de manière légitime pour refuser l'attitude d'une part considérable des membres de l'Eglise.

Peregrinus
images/icones/fleche2.gif  ( 822174 )"È questa la novella Pentecoste" par Lycobates (2017-02-15 00:22:44) 
[en réponse à 822169]

J'apprécie en géneral beaucoup vos messages, cher Peregrinus, ainsi que votre pseudo, qui témoigne d'une rare sagesse et maturité, rares chez quelqu'un de votre âge, car, si mes souvenirs de lecture de vos premiers messages ici ne me trahissent pas, vous êtes encore étudiant, et donc forcément plutôt jeune.
Ceci dit, et ce n'est pas une captatio benevolentiae inappropriée et incongrue (dont par ailleurs ni vous ni moi n'auriez besoin), mais une chose qu'il fallait dire une fois pour toutes, j'en viens à votre troisième point, capital à mon avis, mais peut-être à repenser partiellement.
(Les points 1 et 2, comme le message de ce cher Candide auquel vous répondez, sont évidents et se passent de commentaires) :


3° Le troisième sens est en quelque sorte théologique, il touche à la nature de l'Eglise, et il est certainement beaucoup plus difficilement acceptable : l'Eglise conciliaire serait l'Eglise nouvelle issue du dernier Concile, qui romprait à des titres divers avec l'Eglise catholique. Ce troisième sens peut faire l'objet d'une interprétation progressiste et d'une interprétation traditionaliste : dans le premier cas, l'Eglise conciliaire est une sorte d'horizon d'attente, un projet à réaliser en "faisant Eglise", dans le second, l'Eglise conciliaire est un monstre qui tend dans les faits à se substituer à l'unique Eglise fondée par Jésus-Christ. Il s'agit, dans un cas, de fonder une nouvelle Eglise, dans l'autre, de refuser à l'Eglise réelle sa qualité. Dans les deux cas, on tend à supprimer l'Eglise.



Votre dernière conclusion ("refuser à l'Eglise réelle [telle qu'elle existe de fait aujourd'hui] sa qualité" [de vraie Église] équivaudrait à "supprimer l'Eglise") n'est pas avérée, et c'est là que je vous invite à repenser ce que vous dites.
Mais vous avez mis le doigt sur une réalité souvent méconnue, notamment dans les milieux semi-catholiques, plutôt High Church post-moderniste qu'autre chose : que "l'Église conciliaire" (terme comme je l'ai indiqué datant d'au moins de l'audience générale de 1969, et pas de 1976) "est un monstre qui tend dans les faits à se substituer à l'unique Eglise fondée par Jésus-Christ".

C'est bien cela et c'est indéniable puisque l'ecclésiastique qui convoqua ce qu'on appelle abusivement "Vatican II" conçut explicitement et formellement cette assemblée comme "une nouvelle Pentecôte".
En témoignent les Discorsi, Messaggi, Colloqui del Santo Padre Giovanni XXIII 28 ottobre 1958–3 giugno 1963, 5 vols., Città del Vaticano 1959–1963,
exemples :
vol. I, 335 (et 469): "È infatti nella dottrina e nello spirito della Pentecoste que il grande avvenimento del Concilio Ecumenico prende sostanza e vita" ;
vol. IV, 221 : "L’avviarsi del Concilio sarà come un novello mattino di Pasqua [...] sarà come una novella Pentecoste" ;
vol. IV, 335 : "Ecco il Nostro gaudio sereno. Sulla fine di gennaio, nella festa della Conversione di San Paolo annunciavamo il progetto della celebrazione di un Concilium Oecumenicum, che dovrebbe convocare come a Pentecoste novella, innanzitutto tutti i Vescovi della Chiesa, aventi comunione con la Sede Apostolica" [et pas seulement ces derniers comme on allait voir] ;
vol. IV, 613 : "È questa la novella Pentecoste, che invochiamo ardentemente dello Spirito Santo, come frutto del Concilio Ecumenico Vaticano II." ;
vol. IV, 855 : "possa il Concilio essere una novella Pentecoste" ;
et à n'en pas finir : vol. III, 770sq. ; IV, 251, 266, 550, 875, 927 ; vol. V, 29, 460, 504, 516.


Nous savons, la Foi nous l'enseigne, que la Pentecôte, la vraie et la seule, l'unique, l'historique, qui introduisit les Apôtres "dans toute la vérité" (docebit vos omnem veritatem, Jn. 16,13), de la Nouvelle et Éternelle Alliance, une fois pour toutes, à ce point qu'à la mort du dernier apôtre la Révélation fut close, est la constituante de l'Église du Christ, une fois pour toutes, jusqu'à la fin des temps.

Une "nouvelle pentecôte", à part d'être de la rhétorique douteuse et terriblement blasphématoire, ne saurait, selon ces données, que constituer une nouvelle Église, forcément différente.
Ainsi de l'aveu même de celui qui voulut se nommer Jean XXIII son "concile" n'est autre chose que l'assemblée constituante d'une nouvelle église qui par le fait même n'est plus celle du Christ, ne saurait plus être celle de la première, de la seule, Pentecôte. C'est une déclaration d'apostasie, floue d'abord, pour se concrétiser après.

Et depuis presque 60 ans, depuis le terrible discours de clôture de son successeur, le 7.12.1965, célébrant le culte de l'Homme - changement de paradigme s'il en est - , en passant par le NOM, les nouveaux sacrements, la nouvelle ecclésiologie, Assise, et tout le reste, jusqu'aux dernières bergogliades, et ce n'est pas fini [nous en sommes à la morale, pour finir] : les faits ont amplement démontré, et continuent à le faire, pour qui veut la voir, la véracité douloureuse de cette constatation.

Cher Peregrinus, alea jacta est !
images/icones/fleche3.gif  ( 822111 )En parlant d'Eglise conciliaire, Mgr Lefebvre ne renonçait pas à reconnaître le pape comme chef de l'Eglise catholique par Ennemond (2017-02-14 14:25:05) 
[en réponse à 822098]

Mgr Lefebvre recourrait à des formules analogiques de temps à autre, mais qui ne devenaient pas des réalités théologiques pour autant. Il avait d'ailleurs fait plusieurs mises au point pour tordre le cou à ces tendances :


« Je ne dis pas que dans les paroles, on ne peut tirer une phrase et puis l’opposer à une autre, la tirer du contexte et, ainsi de suite, me faire dire des choses qui ne sont pas dans mon esprit. J’ai pu quelquefois dire des phrases assez fortes, par exemple que le Concile était plus ou moins schismatique. Dans un certain sens c’est vrai parce qu’il y a une certaine rupture avec la Tradition. Donc dans le sens selon lequel le Concile est en rupture avec la Tradition, on peut dire, dans une certaine mesure, qu’il est schismatique. Mais quand j’ai dit cela, ce n’était pas pour dire que le Concile est vraiment, profondément schismatique, définitivement. Il faut comprendre avec tout ce que je dis. Le Concile est schismatique dans la mesure où il rompt avec le passé, ça c’est vrai. Mais ça ne veut pas dire pour autant qu’il soit schismatique au sens précis, théologique du mot. » (Mgr Lefebvre, retraite sacerdotale, 1980)


De même il est évident que, même après avoir parlé d'Eglise conciliaire, Mgr Lefebvre ne considérait pas un instant son chef comme le pape d'une autre Eglise que l'Eglise catholique. Toute au long de sa vie, il a rappelé la nécessité de se raccrocher au pape, comme successeur de Pierre, même s'il en a dénoncé les dérives.
images/icones/neutre.gif  ( 822143 )C'est Paul VI par Eti Lène (2017-02-14 18:52:22) 
[en réponse à 822111]

Lui même cher Ennemond qui a été le premier à employer le terme "Eglise conciliaire" tout comme François l'utilise pour "Église synodale".
images/icones/vatican.gif  ( 822151 )Mgr Benelli par Ennemond (2017-02-14 20:37:36) 
[en réponse à 822143]

Comme l'a indiqué Philippilus plus haut, c'est Mgr Benelli qui a d'abord utilisé cette expression "d'Eglise conciliaire" lorsqu'il a adressé à Mgr Lefebvre un document dans lequel il lui demandait de se soumettre à "l'Eglise conciliaire". C'était en 1976. Ensuite, l'expression a été parfois utilisée parfois par Mgr Lefebvre pour désigner ce qu'il y a d'humain et de mauvais parmi les hommes d'Eglise de son temps, sans jamais affirmer que la hiérarchie catholique était pour autant devenue étrangère à l'Eglise catholique. Cette dernière a comme été habitée par un corps étranger. C'est sans doute l'abbé Simoulin qui a donné la meilleure explication de cette réalité :


"Qu’est-ce en effet que l’Eglise conciliaire ? Rien d’autre que la défiguration de l’Église catholique par le Concile et ce qu’il y a d’étranger à l’esprit catholique dans l’esprit du concile. Sous ce que nous appelons l’Eglise conciliaire, demeure toujours l’Église catholique, notre mère, ensevelie, endormie et plus ou moins réduite au silence."



Que la Fraternité Saint-Pie X soit en règle canonique ou non, elle se trouve toujours soumise à l'Eglise catholique, à son chef, dans ce qu'il fait de bon, d'infaillible, quand il bénéficie des promesses faites par Notre Seigneur à saint Pierre, et ce malgré toutes les réformes qui s'avérèrent mauvaises (pas toutes cependant) et qui relèvent de ce corps étranger qu'on a dénommé "Eglise conciliaire". Mais, il faut admettre que cette réalité et ces termes sont complexes, au point que même Mgr Lefebvre s'est un jour emmêlé les pinceaux, en disant qu'il souhaitait rejoindre l'Eglise officielle, tout en affirmant qu'il ne s'agissait pas de l'Eglise réelle. Il est évident qu'il a fait dans son esprit une erreur d'utilisation en prenant l'Eglise officielle, tantôt pour l'Eglise catholique, tantôt pour "l'Eglise conciliaire".


"Quand le Bon Dieu le voudra, quand Il le décidera, nous rentrerons dans l'Eglise officielle, puisque l'on nous a jetés hors de cette Eglise officielle qui n'est pas l'Eglise réelle, une Eglise qui a été infestée de modernisme. (sermon du 27 juin 1980)"


images/icones/1n.gif  ( 822156 )Donc! par Miserere (2017-02-14 20:47:40) 
[en réponse à 822151]


Le Bon Dieu a décidé que c'est le bon moment?

Rome est devenue soudainement catholique grâce à Super François?

images/icones/fleche3.gif  ( 822184 )Dieu a de toute évidence des plans éloignés de vos schémas par Romanus (2017-02-15 10:03:46) 
[en réponse à 822156]

Dieu a peut être l'intention de faire ce qu'il a déjà fait : il a peut être l'intention de remettre la FSPX aux mains de François, quelle que soit la fidélité de celui-ci, comme il a jadis souhaité remettre la France entre les mains de Charles VII, le plus mauvais de nos rois et le premier avoir vécu avec une maîtresse officielle.
images/icones/hein.gif  ( 822192 )autre solution... par Anaclet (2017-02-15 11:56:32) 
[en réponse à 822184]

La FSSPX a pu être un instrument voulu par la Providence jusqu'à un certain temps. N'étant pas une organisation doté du charisme de l'infaillibilité, il est aussi très probable que malgré plusieurs avertissements-ou signes-voulus par Dieu, celle-ci choisisse finalement une solution de facilité (par lassitude, obstination dans sa position ecclésiale incohérente ou que sais-je encore), refusant les signes qui lui sont envoyés.
La Providence peut alors très bien se réserver d'autres choix ou instruments par la suite, et pas forcément là où on peut l'attendre...
Enfin, nous sommes dans le domaine religieux, surnaturel et non politique.
Imagine-t-on un Saint Athanase "s'accorder" avec les évêques ariens ou semi-ariens tout en prétendant garder son pré-carré alors que la crise de l'arianisme battait son plein?

Anaclet


images/icones/hein.gif  ( 822211 )Étrange solution de facilité dont vous nous parlez là par Romanus (2017-02-15 15:29:30) 
[en réponse à 822192]

Il ne s'agit pas d'accord avec l'ennemi, il s'agit d'une reconnaissance canonique par le siège apostolique. Et jusquà preuve du contraire, on nous affirme des deux côtés qu'il n'y a pas de conditions autres que la reconnaissance du Credo et de la validité de la messe NOM. IL faudra évidemment être un peu plus précis sur ce dernier point mais on ne voit pas en quoi Athanase aurait refusé une reconnaissance par Rome si celle ci lui avait proposé de se contenter de continuer à affirmer sa Foi sans adhésion à l'arianisme.

Au regard de la situation mondiale et des inévitables troubles à venir au regard de la situation pré conflictuelle, je pense que cette reconnaissance, si elle advient, se fera au bon moment. Quoi qu'il en soit, ce sera le plan de Dieu.

On nom de quoi refuserait-on une simple reconnaissance de la part du successeur de Pierre tant que rien de contraire à la Foi ne nous est demandé ? Je ne suis nullement naïf et si le pape a des projets pervers en le faisant, cela pourrait tout aussi bien se retourner contre lui et contre toute la clique moderniste qui occupe le Vatican.
images/icones/1a.gif  ( 822116 )d'accord avec vous par Arnaud.B. (2017-02-14 14:42:12) 
[en réponse à 822088]

entièrement d'accord :

un réel risque que les membres de la FSSPX, à force de rester à la marge des structures officielles, perdent de vue le fait que l'union à Rome n'est pas quelque chose de facultatif, et que la situation canonique de la Fraternité n'a pas à dépendre de la qualité doctrinale de tel ou tel Souverain Pontife.
images/icones/1n.gif  ( 822154 )Ah! par Miserere (2017-02-14 20:42:44) 
[en réponse à 822088]

Il n'a pas de soviets à Rome?

Tout est limpide?
images/icones/bravo.gif  ( 822115 )très bien, c'est le bon sens par Arnaud.B. (2017-02-14 14:39:29) 
[en réponse à 822084]

cette prélature permettra de mieux combattre les hérésies
images/icones/1n.gif  ( 822155 )Oui c'est ça! par Miserere (2017-02-14 20:44:25) 
[en réponse à 822115]


C'est le bon sens dans le mauvais sens!
images/icones/bravo.gif  ( 822120 )une démarche judicieuse par Luc Perrin (2017-02-14 15:20:08) 
[en réponse à 822084]

Je l'ai déjà écrit à de nombreuses reprises et dès les premiers signaux donnés par le pape François, le Kasperic coulera et son nauffrage sera douloureux : on voit déjà les souffrances (FMI, Ordre de Malte, des cardinaux etc.) qui accompagnent l'eau qui a commencé à envahir le navire.

Le kaspéro-catholicisme n'entraîne aucun renouveau nulle part : il paralyse les forces vives qui avaient revitalisé l'Église de 1975 à 2013, ne suscite aucun réveil des vocations là où elles manquent - bien au contraire -, sème le trouble chez les catholiques engagés et la confusion dans le grand public.

Il est juste de bien étudier le statut, ses stipulations dans le détail : la secousse infligée à l'Ordre de Malte ne manque pas d'inquiéter, comme la destruction des FMI et SMI.
Certains ont noté que la destruction de la Prélature de la même façon serait "politiquement" plus difficile puisque le pape aurait engagé au préalable tout son poids pour cette reconnaissance. Notons que les gestes du pape ont été constants depuis son élection en 2013 et sans les hésitations ou les zigzags de Benoît XVI.

On peut penser que le pape aura en effet à surmonter pour cela de grosses oppositions : Jean-Paul II a reculé devant elles à plusieurs reprises (1984-1986), en 1988, en 2001-2002 ; Benoît XVI a multiplié les hésitations et temporisations comme on sait jusqu'à une débandade complète en 2012 prélude à sa démission annoncée en février suivant.

Ce n'est pas mince : François est peut-être en capacité de vaincre ce mur curial, épiscopal et venant d'ordres/congrégations religieuses, sans parler de lobbies catholiques laïcs puissants (ex. les media dits catholiques). 3 papes, si on compte quelques velléités de Paul VI, ont capitulé en partie devant ce mur du refus. De petites portes ont été cependant ouvertes (les instituts E.D., SP) dans ce mur, les papes ont continué à parler à la FSSPX par dessus ce mur.

L'idée d'avoir fait une place, bien entourée de barrières, à une réserve d'Indiens tradis peut satisfaire les pragmatiques de la Curie et parmi les évêques. Comme les kaspérites sont persuadés d'être dans le vent de l'histoire et que les tradis sont condamnés à dépérir par eux-mêmes, François pourrait leur faire accepter sa politique de réconciliation canonique.

A priori, les intervenants du FC font le pari contraire - la Tradition est solide et pérenne, correspond à l'évolution historique et se trouve plus adaptée à une survie du christianisme dans le contexte d'une modernité sécularisatrice aggressive - aussi la consolidation canonique, pour peu qu'elle soit bien faite, devrait rallier leurs suffrages.
images/icones/hein.gif  ( 822148 )Très bien, mais pourquoi Agnès Sorel par Philippilus (2017-02-14 19:47:12) 
[en réponse à 822084]

Fait-elle systématiquement la une de "Tradinews" ?

Si c'est vraiment l'époque qui compte, sainte Jeanne d'Arc eut été préférable, non?

A vrai dire, ce que je crains surtout est que fort de cet exemple l'on retrouve en l'an de grâce 2500 mesdames Trierweiler ou Pingeot comme égérie du catholicisme...

Philippilus
images/icones/1b.gif  ( 822152 )Mais n'est-ce pas Notre Dame ? par Ennemond (2017-02-14 20:38:37) 
[en réponse à 822148]

lien
images/icones/1e.gif  ( 822163 )Oui, mais pas seulement par Philippilus (2017-02-14 21:09:04) 
[en réponse à 822152]

Voir ici

Mais peut-être est-ce pour signaler aux visiteurs que l'on trouve à boire et à manger sur tradinews, et qu'un certain discernement y est nécessaire...

Votre dévoué,

Philippilus
images/icones/mitre4.png  ( 822149 )Mgr Lefebvre suite par Jean-Paul PARFU (2017-02-14 20:33:38) 
[en réponse à 822084]

Je n'ai pas trouvé d'autres liens pour cette conférence de 1987 ici
images/icones/fleche2.gif  ( 822153 )Je précise par Jean-Paul PARFU (2017-02-14 20:39:11) 
[en réponse à 822149]

que je ne suis pas d'accord avec ce qui est écrit sur l'écran, mais que je recherchais ces propos de Mgr Lefebvre que je n'ai trouvés que là. Ce qui est écrit, ce sont des gamineries.
images/icones/attention.gif  ( 822160 )Mgr Lefebvre a repris son analyse différemment un mois après par Ennemond (2017-02-14 21:04:26) 
[en réponse à 822149]

Cette conférence a été prononcée le 4 septembre 1987 en conférence privée par Mgr Lefebvre après avoir relaté son entrevue avec le cardinal Ratzinger le 14 juillet 1987. Il faut reconnaître que le fondateur de la FSSPX prononce des paroles très dures, qui tranchent avec le reste de ses analyses et qui, si elles ne sont pas entières, peuvent presque laisser la porte ouverte au sédévacantisme : "Ils quittent l'Eglise". Il est évident qu'il serait absurde de comprendre ainsi les propos de Mgr Lefebvre tant les mises en garde contre le sédévacantisme sont légion dans ses sermons, conférences et écrits par ailleurs. Mais évidemment, c'est à ce petit jeu là que jouent quelques blogeurs qui résument la pensée de Mgr Lefebvre a ce petit passage privé et qui n'est pas représentatif de toute la pensée de l'archevêque.

Il se trouve que le même Mgr Lefebvre a prononcé le 3 octobre 1987 un sermon à l'occasion de ses 40 ans d'épiscopats, dans lequel il relate la même entrevue avec le cardinal Ratzinger du 14 juillet 1987. Il n'y est pas question de n'avoir aucun rapport avec Rome. Bien au contraire, Mgr Lefebvre dit espérer une régularisation canonique :


Alors, je pense qu'il y a eu des instances fortes qui ont été faites auprès de Rome et c'est ainsi que jamais comme le 14 juillet, on nous a présenté des solutions qui sont extraordinaires.
Alors je pense qu'il y a un dialogue nouveau qui s’instaure. Priez, mes bien chers frères, priez pour que ce dialogue aboutisse à une solution qui soit pour le bien de l'Eglise. Nous ne recherchons pas autre chose. Nous ne recherchons pas le bien de la Fraternité. Il ne s'agit pas de la Fraternité, il s'agit du bien de l'Eglise, du salut des âmes, du salut des familles chrétiennes, du salut des Sociétés chrétiennes.
Alors nous espérons que dans ce climat nouveau qui s'est instauré depuis quelques semaines, eh bien des solutions nouvelles pourront surgir. C'est un petit espoir. Oh, je ne suis pas d'un optimisme exagéré, parce que précisément ces deux courants qui s'opposent, il est bien difficile de les accorder.
Mais si Rome veut bien nous donner une véritable autonomie, celle que nous avons maintenant, mais avec la soumission... nous voudrions l'avoir, nous l'avons toujours souhaité : être soumis au Saint-Père. Il n'est pas question de mépriser l'autorité du Saint-Père, au contraire, mais on nous a comme jetés dehors parce que nous étions traditionalistes.
Eh bien, si comme je l'ai si souvent demandé, Rome accepte de nous faire faire l'expérience de la Tradition, eh bien, il n'y aura plus de problème. Nous serons libre de continuer le travail que nous faisons maintenant, comme nous le faisions maintenant, sous l'autorité du Souverain Pontife.


Vous avez la version audio ici.

Mgr Lefebvre n'était pas schyzophrène. Les auditoires sont différents, les contextes aussi. Il semble qu'il faille lire ces deux interventions relatives au rapport de la même entrevue avec le cardinal Ratzinger à l'aune de ce qui fut toujours l'attitude de Mgr Lefebvre : refus des nouveautés qui rompent avec la Tradition, refus de rompre avec l'Eglise et ses pasteurs légitimes.
images/icones/1n.gif  ( 822168 )Certes par Jean-Paul PARFU (2017-02-14 22:05:15) 
[en réponse à 822160]

Mais il y a eu le 5 mai 1988.

Que se passera t-il lorsque la FSSPX voudra consacrer un nouvel évêque ?
images/icones/fleche2.gif  ( 822171 )Ces points sont prévus par Ennemond (2017-02-14 22:47:28) 
[en réponse à 822168]

Imaginez-vous que Mgr Fellay n'ait pas songé à cet aspect en affirmant ceci ?


"En soi, vous ne pouvez pas imaginer quelque chose de mieux que ce qui nous est offert là. Et l’offre est telle que vous ne pouvez pas penser que c’est un piège." (Mgr Fellay, 24 août 2016)



Pendant 16 ans de discussions, la pérennité de l'épiscopat transmis par Mgr Lefebvre aurait donc été oublié ? Quand Mgr Fellay demande à ce que la FSSPX continue à fonctionner telle qu'elle est aujourd'hui, c'est évidemment pas en lui retirant ses évêques, ou en les remplaçant par des gens parachutés de l'extérieur. Si tel était le cas, il n'y aurait pas grand monde (à commencer par Mgr Fellay et l'abbé Schmidberger) pour souligner les intérêts de la prélature proposée.
images/icones/1n.gif  ( 822172 )[réponse] par Miserere (2017-02-14 23:01:23) 
[en réponse à 822168]

Rappels sur les conditions que Mgr Lefebvre a données jusqu'à sa mort pour pouvoir se rallier à la Rome actuelle :

1. Un Pape parfaitement catholique (Lettre aux futurs évêques, 29 août 1987, Itinéraires 325 p 67). Ce n'est pas encore le cas de François, qui n'a pas renié les erreurs, voire hérésies…

2. Que la hiérarchie actuelle recouronne Notre-Seigneur Jésus-Christ. (Conférence à Flavigny, décembre 1988, Fideliter 68 p 16) . C'est notre « vraie opposition fondamentale » avec le Vatican : la royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ. (Sel de la Terre 8 p 12)

Actuellement, aucun changement : le Vatican continue de prôner la séparation de l’Église et de l’État, le droit commun pour toutes les religions à égalité, ...

3. Que la hiérarchie actuelle reconnaisse et applique les encycliques contre les erreurs modernes d'avant Vatican II :

- libéralisme : Mirari vos de Grégoire XVI

- laïcisme : Quas primas de Pie XI

- liberté religieuse , faux œcuménisme : Mortalium animos de Pie XI ...

(Article « Je poserai mes conditions à une reprise éventuelles des colloques avec Rome », Fideliter 66, p 1 )

4. Que Rome accepte à nouveau le serment anti-moderniste. (Fideliter 66) Et que l'on ne soit pas obligé de faire le serment de 1989, où le paragraphe 3 oblige le prêtre à adhérer au magistère conciliaire.

(Profession de foi - Serment de fidélité)

En 2001, Rome n'exigeait que cette seule contrepartie à une reconnaissance canonique : que les prêtres de la FSSPX fassent ce serment. (voir Cor unum 68, p 1,2)

Mgr Lefebvre a toujours dit que c'était impossible. (Fideliter 70 p 16, 73 p 12, 79 p 4)

5. Pouvoir continuer à refuser et critiquer les innovations conciliaires (Nouvelle messe, nouveau catéchisme, nouveau code de droit canon, ...) ; même si cela peut se négocier en théorie(comme dans les statuts du Bon Pasteur), en pratique, c'est impossible une fois ralliés (expérience du même Institut du Bon Pasteur).

Mgr Lefebvre y tenait : « S'ils nous demandent de ne plus condamner l'erreur, ils nous demandent par le fait même de ne plus dire la vérité. C'est impossible. Cela se tient. » (COSPEC 3 novembre 1987)

Cette leçon s'est toujours vérifiée depuis 1988 : « Après le ralliement, la liberté de critique est perdue ». (Fideliter 80 p 5, 75 p 18, 79 p 3, 86 p 7)






images/icones/fleche3.gif  ( 822173 )Il en manque ! par Ennemond (2017-02-14 23:15:12) 
[en réponse à 822172]

Au cours de sa vie, Mgr Lefebvre a donné plusieurs conditions pour la régularisation de la FSSPX. Elles ont varié au cours du temps et il n'en a jamais fait des exigences sine qua non. Certaines qui étaient d'abord demandées étaient ensuite abandonnées par le même Mgr Lefebvre lui-même. Il a par ailleurs signé en mai 1988 sans attendre qu'aucune de ces conditions que vous avez énumérées ne soit réuni. En 1985, les conditions envoyées à Rome étaient la levée des sanctions et la libération du missel tridentin (correspondant aux préalables de 2000). Cette réalité est due au fait que Mgr Lefebvre était d'abord un pragmatique et non un doctrinaire. Il a demandé la fidélité à ses successeurs, certain qu'ils n'abandonneraient pas la liturgie et la doctrine traditionnelle, ce qu'ils n'ont jamais délaissé. En tout cas celui qui a travaillé à l'établissement de cette liste a fait une piètre besogne. Car s'il voulait lister toutes les conditions, pensées, suggestions que Mgr Lefebvre a émises au cours de sa vie en les mettant bout à bout, il y en a d'autres, que j'ai en tête et qui ne sont pas retranscrites ici. Il faut continuer à lire l'oeuvre du fondateur de la FSSPX !
images/icones/1h.gif  ( 822203 )Ce que vous ne semblez pas comprendre par Jean-Paul PARFU (2017-02-15 14:11:52) 
[en réponse à 822173]

C'est que François se moque des accords signés ou des règles.

Lorsque la FSSPX aura signé, à la première occasion, il tentera de démolir la FSSPX. Il le fera en ne respectant pas les accords, en nommant telle ou telle personne à la tête de la Fraternité, comme il l'a fait pour les Franciscains et pour l'ordre de Malte.

Il divisera ainsi la Fraternité entre les pro-autorités légitimes de la Fraternité et les pro-nommés par François. Et c'en sera fini de la FSSPX !
images/icones/neutre.gif  ( 822214 )Vous raisonnez trop humainement par Candidus (2017-02-15 15:38:24) 
[en réponse à 822203]

Si la FSSPX est une oeuvre d'Église, Dieu ne permettra pas que, parce qu'elle a accepté de recouvrer ce qui n'aurait jamais dû lui être ravi, elle en soit pénalisée.

Tous les raisonnements ne peuvent occulter le fait que :

- Mgr Lefebvre a voulu un cadre canonique pour sa fondation,
- il a déploré qu'on le prive de ce cadre,
- il a toujours réclamé qu'on le lui rende.

S'il n'y a pas de contrepartie doctrinale à cette régularisation, refuser d'être en communion canonique avec celui que l'on reconnaît comme le Vicaire de Jésus Christ a un nom : schisme.

Votre position abouti a un sédévacantisme pratique. Jusqu'à présent la position de la FSSPX, conforme à celle de son fondateur, a toujours été : nous n'obéissons au pape que lorsque ce qu'il nous ordonne est compatible avec notre foi.

Je sais que l'on peut discuter ce point de vue, je l'ai assez fait sur ce forum en d'autres temps, mais si l'on en arrive même à s'opposer à la volonté du pape dans ce qui est en soi neutre (accepter un cadre canonique) parce qu'on anticipe un piège, on aura beau proclamer que l'on n'est pas schismatique, cela en aura le goût, la couleur, l'odeur et la texture.
images/icones/hum2.gif  ( 822215 )Attention. par Rémi (2017-02-15 15:43:11) 
[en réponse à 822214]

"s'opposer à la volonté du pape dans ce qui est en soi neutre (accepter un cadre canonique) parce qu'on anticipe un piège" c'est précisément ce qu'a fait Mgr. Lefebvre en 1988 en reniant sa signature, pourrait-on vous objecter.
images/icones/fleche2.gif  ( 822216 )Pas exactement par Ennemond (2017-02-15 15:56:46) 
[en réponse à 822215]

Mgr Lefebvre avait accepté la régularisation le 5 mai 1988. Et plusieurs faits concrets l’ont conduit à revenir sur sa décision. Le cardinal Ratzinger n’a jamais voulu lui donner de date précise pour le sacre, lui laissant penser que cette promesse ne serait jamais tenue. Sans doute est-ce subjectif, mais c’est bien réellement ainsi que l’a perçu l’archevêque. Ensuite, Mgr Lefebvre s’est entendu demander par le cardinal que des messes selon le Novus Ordo soient célébrées à Saint-Nicolas du Chardonnet, ce qui était inacceptable pour le fondateur de la Fraternité qui a, par ces éléments, perçu que la Fraternité ne pourrait continuer sa route telle qu’elle fonctionnait jusque-là.
images/icones/fleche2.gif  ( 822218 )Eh bien par Rémi (2017-02-15 16:31:42) 
[en réponse à 822216]

n'est-ce pas cela qu'on appelle "anticiper un piège" ?

Pour ce qui est de proposer fermement une date, le cardinal écrit le 30 mai (lettre publiée dans Présent le 23 juin suivant): "Pour ce qui regarde le second point, le Saint-Père confirme ce que je vous ai déjà indiqué de sa part, à savoir qu'il est disposé à nommer un évêque membre de la Fraternité (au sens du point II/5.2 du Protocole), et à faire accélérer le processus habituel de nomination, de manière à ce que la consécration puisse avoir lieu pour la clôture de l'Année mariale le 15 août prochain." mais bien entendu il était déjà trop tard, nous sommes d'accord.
images/icones/fleche2.gif  ( 822225 )Eh bien justement par Romanus (2017-02-15 17:32:41) 
[en réponse à 822218]

Il ne s'agissait pas vraiment d'anticiper un piège. Celui-ci était évident, au sens premier du mot.

Aujourd'hui, les conditions offertes à la FSPX semblent largement plus favorables qu'en 1988. Et tout semble avoir été fait pour éviter le piège. Mais ne glosons pas sur une réconciliation dont nous ne connaissions pas encore tous les termes.
En tout cas, refuser par principe tout accord sous prétexte que le pape n'est pas conforme à la Tradition, c'est être schismatique.
images/icones/bravo.gif  ( 822226 )Je crois par Rémi (2017-02-15 17:36:20) 
[en réponse à 822225]

que nous nous rejoignons tout à fait là.
images/icones/neutre.gif  ( 822221 )oui il me semble que c'est exact par Luc Perrin (2017-02-15 16:46:54) 
[en réponse à 822216]

Ennemond rappelle que, dans un climat de défiance qu'il ne faut pas oublier et que Me Parfu rappelle d'une certaine façon, c'est bien sur les conditions pratiques de mise en oeuvre de l'accord que la rupture est intervenue.
Pas sur l'accord lui-même.


Si comme il est dit dans le fil, le pape volpisait la FSSPX il y aurait peut-être une fracture mais je doute que le gros des prêtres et des fidèles demeurent dans une structure volpisée. Le pape prendrait le risque de détruire ce qu'il aurait obtenu : la réconciliation canonique ne passera pas inaperçue dans les media, sauf guerre trumpienne et crise financière mondiale cataclysmique (qui s'annonce) ou Frexit ou autre événement désastreux majeur qui mobiliserait notre attention. Volpiser la FSSPX serait particulièrement contre-productif et annihilerait tout le succès légitimement escompté par le pape dans sa démarche.

Je vois davantage une tactique d'usure sur du long terme d'une part, de "containment" immédiat d'autre part. La Prélature sera sûrement étroitement circonscrite comme l'Administration apostolique de Campos l'a au final été : qui s'en souvient aujourd'hui ? On me rétorquera que les gens heureux ne font pas de bruit ...

La ligne anti-"restaurationiste" affichée par le pape François régulièrement depuis 2013 vise d'abord les groupes conciliaires qui voudraient trop faire de Jean-Paul II et de Benoît XVI : le kaspérisme a toujours été une opposition à l'herméneutique de réforme dans la continuité au sein du mainstream conciliaire.
La FFI n'a jamais été une congrégation traditionaliste, l'Ordre de Malte non plus même si Mgr Ducaud-Bourget en avait été un chapelain.
Il me semble que la réserve d'Indiens tradis ne dérange pas substantiellement la ligne pontificale actuelle. SP est toujours là comme chacun sait.

Est-il bon pour la FSSPX d'être dans une pleine communion avec l'Église au plan canonique tout en poursuivant sa mission, en des temps où l'engloutissement des chrétiens européens dans l'insignifiance - déjà largement réalisée dans nos sociétés de l'U.E. - ne fait que s'aggraver ? J'ai la faiblesse de le penser aujourd'hui comme hier. C'est un service qu'elle rend à l'Eglise dans son entier et pas une question interne.

images/icones/neutre.gif  ( 822224 )Votre attitude démontre la nécessité d'une régularisation de la FSSPX par Candidus (2017-02-15 17:31:53) 
[en réponse à 822203]

Vous et moi avons quasiment le même âge. Nous étions adolescents lorsque Mgr Lefebvre a commencé à faire parler de lui dans l'Église. A cette époque, il n'y avait aucune ambiguïté : les traditionalistes ne demandaient qu'une seule chose : qu'on les laisse faire en paix "l'expérience de la Tradition", et cela leur fut refusé.

La condamnation de 1976 fut douloureuse pour ces catholiques qui étaient encore très romains, voire de tradition ultramontaine. Puis Jean-Paul II est venu et après un moment d'optimisme (visite canonique du cardinal Gagnon) où l'on a cru que la situation allait se rétablir et que l'on obtiendrait la possibilité de faire cette "expérience", on a dû déchanter. La situation de l'Église ne s'améliorait que marginalement, et une série d'actes problématiques tel que celui d'Assise furent à l'origine des consécrations de 1988 et des excommunications.

Plus encore que les actes et enseignements problématiques de Jean-Paul II, ce qui a entraîné l'évolution du monde traditionaliste fut l'apparition d'une nouvelle génération. Des néo-tradis qui n'avaient aucune expérience de la romanité, qui ne savaient qu'abstraitement que l'Église était fondée sur un ordre canonique objectif.

Ces néo-tradis ont grandi dans une Tradition assiégée. Ils ont vécu en vase clos, ont fréquenté les "écoles de la Tradition", les mouvements de jeunes de la Tradition, etc. Insensiblement ils se sont habitués à se passer de Rome et à vivre dans une paisible et réconfortante autarcie. La Tradition est devenue un microcosme où l'on grandissait ensemble, se mariait ensemble et partageait les même codes vestimentaires et sociologiques. Rome était considérée comme l'ennemi et la marginalité canonique comme un bien qui nous permettait de "vivre notre vie". C'est là le côté paradoxalement très "moderne" de la Tradition : l'individualisme et la revendication autonomiste, le refus de la dépendance.

Les Tradis avaient tout : des séminaires, des couvents et monastères, des écoles et universités, des mouvements de jeunesse, des maisons de retraite et des évêques pour pérenniser l'ensemble.

Dans ce cas, pourquoi s'embarrasser d'une reconnaissance canonique qui ne pouvait que troubler la quiétude de notre train-train ecclésial ?

Et pour justifier ce résistancialisme, on a avancé que seulement après la "conversion" de Rome (mais y croyait-on vraiment ?) on réintégrerait le cadre de la légalité canonique.

La "conversion" de Rome, cela signifiait : l'imposition du VOM et le banissement du NOM, l'anathématisation du Concile Vatican II, de nombreuses "décanonisations", le retour à l'ancien code de droit canonique, etc. Exigerait-on l'exhumation de Paul VI, Jean-Paul Ier et Jean-Paul II pour jeter leurs cadavres dans le Tibre ? Cela n'était pas clairement précisé...

Le mouvement traditionaliste était sur le point de tomber dans un piège mortel : l'autocéphalie. Mais la Providence veillait. Elle connaissait la ferveur de ces fidèles et la souffrance déstabilisatrice qu'avaient endurée leurs pères de la part d'un monde et d'une Église qui leur étaient hostiles depuis les années 60. Mgr Fellay a fini par percevoir le danger qui menaçait sa Fraternité et la personnalité atypique du nouveau pontife (vaste sujet) a fait le reste.

Voilà rapidement esquissé comment je vois les choses.
images/icones/1n.gif  ( 822233 )Il s'agit de prudence et non de schisme par Jean-Paul PARFU (2017-02-15 18:46:57) 
[en réponse à 822224]

Je comprends bien sûr ce que vous dites avec Luc, Ennemond, Romanus et Rémi. Mais, moi, qui ne représente que moi-même, je n'ai pas confiance. Je crois qu'avec François, la FSSPX a le choix, à plus ou moins long terme, entre la "volpisation" et le sort des communautés ED que l'on n'entend plus, à ceci près que les communautés ED bénéficient jusqu'à maintenant de la présence hors cadres de la FSSPX. Une fois celle-ci régularisée, il en sera autrement.

Je ne crois pas qu'un refus signifierait le schisme. Le schisme, c'est autre chose. Le désir bourgeois d'être en ordre, d'être propre sur soi, n'est pas forcément de bon conseil.
images/icones/fleche2.gif  ( 822242 )À l'inverse de vous... par Romanus (2017-02-15 20:22:56) 
[en réponse à 822233]

Je crois que le désir bourgeois d'être propre sur soi semble plutôt du côté de ceux qui veulent se maintenir dans la situation actuelle à tout prix. Ça peut aussi avoir un côté beaucoup plus confortable.
Mais vraiment il ne s'agit pas de cela.
Il s'agit juste de dire qu'il est tout simplement impossible de refuser une reconnaissance si on ne vous demande rien en échange, sauf à penser que Rome n'est plus Rome. Et dans ce cas en tirer les conséquences.
Je n'ai pas plus confiance que vous, mais ce n'est pas ça le problème.
La FSPX qui entre aujourd'hui par la grande porte en pouvant affirmer, avec raison, qu'elle ne change rien à ses convictions, c'est quand même un autre message que les divers ralliements de 1988 et ceux qui ont suivi.
Et Dieu sait si je suis très méfiant vis à vis de Rome et si j'ai été heurté par certains flous de mgr Fellay il y a quelques temps.
images/icones/1n.gif  ( 822229 )Voyez Maître! par Miserere (2017-02-15 18:06:02) 
[en réponse à 822203]

Comment l'être humain peut se faire embobiner pour une simple gratification?

Vouloir à tout prix une reconnaissance au prix des risques qui vont se présenter par une autorité négative à la Tradition.

L’inconsciente de l'être humain pour arriver à ses fins.

Et pourtant l'histoire se répètent par l'Abbé Bisig de la FSSP, Don Gérard, Campos, l'IBP etc...

On voit aussi le résultat chez les Conciliaires qui prônent l’obéissance aveugle.